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Numéro 30 - 28
février 2014
166e anniversaire du Manifeste du Parti
communiste
Le front prolétarien apparaît dans
toute
sa splendeur et détermination

Les dirigeants
révolutionnaires Friedrich Engels et Karl
Marx, auteurs du Manifeste du Parti communiste
qui
fait de
façon décisive le bilan de
l'expérience et de la
conception du monde communistes, et trace
le rôle historique de la classe
ouvrière.
Le Manifeste du Parti communiste
déclare : « Un spectre
hante l'Europe : le
spectre du communisme. [...]
« Il est grand temps que les
communistes
exposent, à la face du monde entier, leurs
conceptions, leurs
buts et leurs tendances ; qu'ils opposent au
conte du spectre
communiste un manifeste du Parti lui-même.
[...]
« Les communistes ne s'abaissent pas
à
dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils
proclament ouvertement
que leurs buts ne peuvent être atteints que
par le renversement
violent de tout l'ordre social passé. Que
les classes
dirigeantes tremblent à l'idée d'une
révolution
communiste ! Les prolétaires n'y ont
rien à perdre
que leurs chaînes. Ils ont un monde à
y gagner.
« Prolétaires
de
tous
les
pays,
unissez-vous ! »

Couverture
de la
première édition du
Manifeste en allemand
|
Par ces paroles héroïques le
Manifeste
résuma la pratique du front
prolétarien et
énonça son but,
l'émancipation de la classe
ouvrière et l'élimination des
classes sociales et de la
société de classes.
Rédigé par les deux
révolutionnaires les plus actifs et les
plus avancés
d'Europe, Karl Marx et Friedrich Engels, le
Manifeste analyse les
conditions de l'époque et revoit l'histoire
des classes et de la
lutte des classes avec une portée
saisissante. Il lance un appel
de clairon : le prolétariat doit
s'organiser en un front
politique capable de conquérir le pouvoir
pour devenir
lui-même la nation et la libérer du
pouvoir bourgeois.
« Le but immédiat des
communistes est
le même que celui de tous les autres partis
prolétariens : constitution des
prolétaires en
classe, renversement de la domination bourgeoise,
conquête du
pouvoir politique par le prolétariat.
« Les conceptions théoriques
des
communistes ne reposent nullement sur des
idées, des principes
inventés ou découverts par tel ou
tel réformateur
du monde.
« Elles ne sont que l'expression
générale des conditions
réelles d'une lutte de
classes existante, d'un mouvement historique qui
s'opère sous
nos yeux. » (Le Manifeste du Parti
communiste)
Marx et Engels ont présenté au
monde une
dialectique vivante de l'histoire et les
tâches à
réaliser en utilisant comme guide les
considérations
philosophiques du matérialisme dialectique
et historique tout
juste mises au point dans leur ouvrage L'idéologie
allemande.
Tous deux avaient participé consciemment
pendant
de nombreuses années à des actes
révolutionnaires
pour organiser le mouvement émancipateur du
prolétariat
sur les fronts politique, économique,
social et
théorique. Ils étaient des
dirigeants de la Ligue
communiste, qui avait tenu son IIe Congrès
à Londres du
29 novembre au 8 décembre 1847.
Le IIe Congrès
fut une grande victoire du front
prolétarien et c'est lui qui
confia à Marx et Engels la tâche de
faire le bilan du
mouvement et de présenter dans une forme
écrite sa
conception du monde révolutionnaire et son
programme
théorique et pratique dans un manifeste du
parti communiste.
Le résultat est une dialectique vivante et
une
riche analyse des conditions, des tâches et
des buts du mouvement
émancipateur du prolétariat. La
dialectique actuelle est
dans le titre du premier chapitre :
« Bourgeois et
prolétaires ».
« L'histoire de toute
société
jusqu'à nos jours n'a été que
l'histoire de luttes
de classes.
« Homme libre et esclave, patricien et
plébéien, baron et serf,
maître de jurande et
compagnon, en un mot oppresseurs et
opprimés, en opposition
constante, ont mené une guerre
ininterrompue, tantôt
ouverte, tantôt dissimulée, une
guerre qui finissait
toujours, soit par une transformation
révolutionnaire de la
société tout entière, soit
par la destruction des
deux classes en lutte. [...]
« La société bourgeoise
moderne, élevée sur les ruines de la
société féodale, n'a pas
aboli les antagonismes de
classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles
formes de lutte
à celles d'autrefois.
« Cependant, le caractère
distinctif
de notre époque, de l'époque de la
bourgeoisie, est
d'avoir simplifié les antagonismes de
classes. La
société se divise de plus en plus en
deux vastes camps
ennemis, en deux grandes classes
diamétralement
opposées : la bourgeoisie et le
prolétariat. »
Jamais auparavant la classe opprimée de la
société avait-elle vu avec autant de
clarté la
nécessité de renverser son
oppresseur, jamais la
réalité du monde objectif et la voie
vers l'avant
avaient-elles été
présentées avec autant de
précision. Les contradictions de classes
objectives
mènent la société soit
à leur
résolution, soit à la destruction de
la
société. Avec le Manifeste du
Parti communiste,
avec la pensée marxiste-léniniste
contemporaine, la
classe ouvrière se dote des outils
nécessaires pour
amener les conditions subjectives au niveau des
conditions objectives
pour faire avancer l'histoire dans une
unité consciente et avec
détermination.
« Dans la société
bourgeoise,
le travail vivant n'est qu'un moyen
d'accroître le travail
accumulé. Dans la société
communiste, le travail
accumulé n'est qu'un moyen
d'élargir, d'enrichir et
d'embellir l'existence des travailleurs.
« Dans la société
bourgeoise,
le passé domine donc le
présent ; dans la
société communiste, c'est le
présent qui domine le
passé. Dans la société
bourgeoise, le capital est
indépendant et personnel, tandis que
l'individu qui travaille
n'a ni indépendance, ni
personnalité. [...]
« [L]e prolétariat de chaque
pays doit
en premier lieu conquérir le pouvoir
politique, s'ériger
en classe nationale, devenir lui-même la
nation [...] »
Non seulement le Manifeste présente-t-il
ouvertement le but du front prolétarien,
mais il incarne le
matérialisme dialectique et historique, la
philosophie de la
classe ouvrière. Il montre comment analyser
les conditions
objectives du présent et se servir du
passé pour jeter
une lumière sur les contradictions du
présent et les
résoudre. C'est ce qui en fait un document
vivant dont la
signification se réaffirme à mesure
que les conditions
changent. Il montre en pratique comment le front
prolétarien
doit analyser les conditions actuelles telles
qu'elles se
présentent à lui.
Par sa dialectique vivante, le marxisme
évolue
continuellement avec le changement et l'analyse
des conditions. Le
présent qui domine le passé. Cela
s'applique au Manifeste
qui, avec le développement de la lutte de
classe, évolue
pour devenir encore plus irrésistible.
Vingt-trois ans
après sa publication, Marx et Engels firent
allusion au
caractère durable du Manifeste tant que le
front
prolétarien se base sur l'analyse
concrète des conditions
concrètes. Dans leur préface de
1872 à
l'édition allemande du Manifeste, ils
rappellent la
correspondance entre le développement de
leur pensée et
celui des conditions objectives :
« Le Manifeste explique lui-même
que
l'application des principes dépendra
partout et toujours des
circonstances historiques données, et que,
par suite, il ne faut
pas attribuer trop d'importance aux mesures
révolutionnaires
énumérées à la fin du
chapitre II. Ce
passage serait, à bien des égards,
rédigé
tout autrement aujourd'hui. Étant
donné les
progrès immenses de la grande industrie
dans les vingt-cinq
dernières années et les
progrès parallèles
qu'a accomplis, dans son organisation en parti, la
classe
ouvrière, étant donné les
expériences,
d'abord de la révolution de février,
ensuite et surtout
de la Commune de Paris qui, pendant deux mois, mit
pour la
première fois aux mains du
prolétariat le pouvoir
politique, ce programme est aujourd'hui vieilli
sur certains points. La
Commune, notamment, a démontré que
« la classe
ouvrière ne peut pas se contenter de
prendre telle quelle la
machine de l'État et de la faire
fonctionner pour son propre
compte » (voir Der
Bürgerkrieg in Frankreich.
Adresse des Generalrats der Internationalen
Arbeiterassoziation,
édition allemande, S. 19, où cette
idée est plus
longuement développée). »
Barricades
dressées par les travailleurs de la
Commune de Paris le 18 mars
1871
Le Manifeste enseigne à la classe
ouvrière
la vigilance dans la défense de la
conception du monde, la
théorie et la pratique du front
prolétarien dans toutes
les conditions. Il présente de façon
claire et succincte
les différentes tendances politiques de
l'époque qui
concurrençaient le front
prolétarien, pour empêcher
la classe ouvrière de devenir une force
organisée et
pensante agissant dans ses propres
intérêts et capable de
résoudre les contradictions de classe
objectives. Il analyse les
principales tendances socialistes du
présent et du passé
pour armer le front prolétarien face aux
luttes à
venir :
« Chapitre III. Littérature
socialiste
et communiste
« 1. Le socialisme
réactionnaire
« 2. Le socialisme conservateur et
bourgeois
« 3. Le socialisme et le communiste
critico-utopiques »
Ce contenu enseigne au front prolétarien
à
être conscient des subterfuges politiques de
la bourgeoisie.
L'ennemi de classe met sur pied à la fois
consciemment et
spontanément des groupes et des tendances
se présentant
socialistes et marxistes pour saper le
prolétariat sur les
fronts politique, théorique et
idéologique. À cet
égard, la bourgeoisie qui gagne en
expérience en vient
même à se présenter comme
étant marxiste.
Engels reprend le célèbre
commentaire de Marx à
propos d'un groupe
« marxiste » en
France :
« Ce que l'on appelle 'marxisme' en
France est certes un
article tout spécial, au point que Marx a
dit à
Lafargue : « Ce qu'il y a de
certain, c'est que moi je
ne suis pas marxiste. » » (Lettre
de Engels à E.
Bernstein, novembre 1882)
Le socialisme européen révise et
diffame
le Manifeste
L'importance d'un front prolétarien
pensant qui
est conscient des tendances socialistes et de la
nécessité de défendre le
marxisme est devenue
encore plus grande après la mort de Marx et
Engels, avec la
montée de l'impérialisme au tournant
du siècle. Le
socialisme européen a révisé
l'idéologie du
marxisme et le Manifeste du Parti communiste
pour les rendre
acceptables à la bourgeoisie
impérialiste. Le pire
exemple de cette trahison du Manifeste est la
capitulation du
socialisme européen durant la guerre
impérialiste de 1914.
Vladimir Lénine écrit au sujet de
la
dégénérescence du socialisme
européen en
révisionnisme et social-chauvinisme en
1915 :
« Le social-chauvinisme, c'est la
« défense de la
patrie » dans la guerre
actuelle. De cette position découlent, par
voie de
conséquence, la renonciation à la
lutte de classe pendant
la guerre, le vote des crédits militaires,
etc. [...] Les
social-chauvins reprennent à leur compte la
mystification du
peuple par la bourgeoisie, selon laquelle la
guerre serait menée
pour la défense de la liberté et de
l'existence des
nations, et se rangent ainsi aux
côtés de la bourgeoisie
contre le prolétariat. [...] Le
social-chauvinisme, qui
prône en fait la défense des
privilèges, des
avantages, des pillages et violences de
« sa
propre » bourgeoisie
impérialiste (ou de toute
bourgeoisie, en général), constitue
une trahison pleine
et entière de toutes les convictions
socialistes et de la
résolution du Congrès socialiste
international de
Bâle [...] Le Manifeste sur la guerre,
adopté à
l'unanimité à Bâle en 1912,
vise justement la
guerre qui a éclaté en
1914 entre l'Angleterre et
l'Allemagne avec leurs alliés actuels. Le
manifeste
déclare nettement que nul
intérêt du peuple ne peut
justifier une telle guerre, menée pour
« le profit
des capitalistes ou l'orgueil des
dynasties », sur la base
de la politique impérialiste, spoliatrice,
des grandes
puissances. [...] Par conséquent, le
Manifeste de Bâle
indique, précisément pour la guerre
actuelle, la tactique
de la lutte révolutionnaire des ouvriers
à
l'échelle internationale contre leurs
gouvernements, la tactique
de la révolution prolétarienne. Le
Manifeste de
Bâle reprend les termes de la
résolution de Stuttgart
disant qu'au cas où la guerre
éclaterait, les socialistes
devraient exploiter « la crise
économique et
politique » créée par la
guerre pour
« précipiter la chute de la
domination
capitaliste », c'est-à-dire
mettre à profit
les difficultés suscitées aux
gouvernements par la
guerre, ainsi que la colère des masses, en
vue de la
révolution socialiste. »
« La politique des social-chauvins,
qui
justifient la guerre du point de vue bourgeois sur
le mouvement de
libération, qui admettent la
« défense de la
patrie », qui votent les
crédits, qui entrent dans
les ministères, etc., est donc une trahison
pure et simple du
socialisme, qui ne s'explique, comme on le verra
plus loin, que par la
victoire de l'opportunisme et de la politique
ouvrière
national-libérale au sein de la
majorité des partis
européens. [...] Aucun marxiste ne doutait
que l'opportunisme
fût l'expression de la politique bourgeoise
au sein du mouvement
ouvrier, l'expression des intérêts de
la petite
bourgeoisie et de l'alliance avec
« leur »
bourgeoisie d'une partie minime d'ouvriers
embourgeoisés contre
les intérêts de la masse des
prolétaires, de la
masse des opprimés. [...] Le contenu
politique et
idéologique de l'opportunisme est le
même que celui du
social-chauvinisme : remplacement de la lutte
des classes par leur
collaboration, renonciation aux moyens
révolutionnaires de
lutte, soutien de « son »
gouvernement en
difficultés au lieu d'une utilisation de
ces difficultés
pour la révolution. [...] L'opportunisme
s'est pleinement
« épanoui », il a
joué jusqu'au
bout son rôle d'émissaire de la
bourgeoisie dans le
mouvement ouvrier. [...] L'unité avec les
opportunistes,
n'étant rien d'autre que la scission du
prolétariat
révolutionnaire de tous les pays, marque en
fait aujourd'hui la
subordination de la classe ouvrière
à
« sa » bourgeoisie
nationale, l'alliance avec
celle-ci en vue d'opprimer d'autres nations et de
lutter pour les
privilèges impérialistes. [...] [Les
socialistes
européens vident] le marxisme de son
âme vivante,
révolutionnaire. On admet tout dans le
marxisme, excepté
les moyens révolutionnaires de lutte, la
propagande en leur
faveur et la préparation de leur mise en
oeuvre,
l'éducation des masses dans ce sens. [...]
La classe
ouvrière ne peut jouer son rôle
révolutionnaire
mondial sans mener une lutte implacable contre ce
reniement, cette
veulerie, cette servilité à
l'égard de
l'opportunisme et cet incroyable avilissement de
la théorie
marxiste. [...] [Le socialisme européen
est] la
fidélité en paroles au marxisme
alliée à la
soumission de fait à
l'opportunisme. » (Le
socialisme et la guerre — L'attitude du Parti
ouvrier
social-démocrate de Russie à
l'égard de la guerre,
1915)
La fidélité du Parti ouvrier
social-démocrate de Russie
(bolchéviques) au marxisme en
paroles et en actes et aux principes du Manifeste
du Parti
communiste a permis à la classe
ouvrière de Russie
de jouer son rôle révolutionnaire
mondial avec la victoire
du front prolétarien en alliance avec la
paysannerie dans la
Grande révolution socialiste d'octobre de
1917. La formation du
premier projet d'édification nationale de
la classe
ouvrière a montré la
véracité de la
thèse révolutionnaire du Manifeste.
La révolution
socialiste d'octobre a été le
témoignage vivant du
Manifeste et l'a fait avancer au stade du
marxisme-léninisme,
conforme aux conditions objectives du capitaliste
monopoliste.
V.I,
Lénine
proclame le pouvoir soviétique à
la rencontre historique
du Deuxième congrès panrusse des
Soviets
au quartier général
bolchévique (l’Institut
Smolny) à Saint-Pétersbourg en
Russie, le 7 novembre
1917. Se tiennent aux
côtés de Lénine d’autres
membres du leadership
bolchévique : Joseph Staline,
Félix Dzherzhinsky et Yakov
Sverdlov
(de gauche à droite). (Détail
du
tableau «Lénine proclame le
pouvoir soviétique
» de Vladimir Serov, 1947)
Régler les comptes avec le
révisionnisme
moderne et la lutte
pour réaliser le facteur humain/conscience
sociale
Un trait caractéristique du
révisionnisme
moderne est qu'il a introduit la politique et la
conception du monde
bourgeoises dans le mouvement communiste et
ouvrier en substituant les
racontars au sujet des individus et
événements et la
diffamation de la personne de Staline aux
tâches cruciales du
présent, pour la résolution des
problèmes de la
société, et surtout à
l'élaboration
théorique de la voie vers l'avant sous le
socialisme. Il
détournait ainsi l'attention des efforts
héroïques
et des victoires des peuples soviétiques
dans
l'édification du socialisme et la
défense du projet
d'édification nationale de la classe
ouvrière contre
l'invasion et la subversion impérialistes.
Sous
l'autorité du révisionnisme moderne,
l'Union
soviétique a
dégénéré en
social-impérialisme soviétique en
rivalité avec
l'impérialisme américain, soumettant
le monde au danger
de guerre nucléaire. Le trait principal de
ce
révisionnisme est qu'il entravait l'effort
du front
prolétarien pour résoudre les
problèmes surgis
avec le passage de la révolution socialiste
à une
nouvelle étape et son extension à
toute la planète.
Hardial Bains a dirigé la formation du
mouvement
anti-impérialiste de la jeunesse et des
étudiants, les Internationalistes,
à
Vancouver en 1963, pour régler les comptes
avec le
révisionnisme moderne et rebâtir le
front
prolétarien. Pour défendre la
thèse et les
principes du Manifeste du Parti communiste
et régler
les comptes avec le révisionnisme moderne,
il faut organiser et
bâtir le front prolétarien et mettre
au point des
définitions modernes pour les affaires
politiques,
économiques, culturelles et sociales
d'aujourd'hui selon les
conditions objectives. Cela requiert la
participation consciente
à des actes individuels pour
découvrir comment faire
avancer le mouvement émancipateur du
prolétariat ;
cela requiert le travail collectif et la
responsabilité
individuelle pour bâtir les institutions du
front
prolétarien et approfondir et
disséminer la pensée
marxiste-léniniste contemporaine.
Dans une préface écrite pour
l'édition de 1998 de la brochure Nécessité
de
changement, Hardial Bains
écrit :
« [La brochure des Internationalistes]
présente
l'analyse qui fait de la refonte
idéologique la
clé du développement ininterrompu et
de la victoire de la
révolution. Prenant pour point de
départ la situation
concrète contemporaine et les
problèmes du mouvement
ouvrier, les Internationalistes
abordèrent les
questions de l'organisation et du rôle de
l'individu dans la
transformation révolutionnaire dans le
contexte du travail du
collectif. Ils lancèrent une offensive
résolue contre les
formes idéologiques et sociales de la
culture dominante,
préparant les forces subjectives de la
révolution dans le
cours de batailles de classe
révolutionnaires.
« La création d'une nouvelle
classe,
la classe ouvrière, a conduit à la
création d'une
nouvelle idéologie et d'une nouvelle forme
sociale, une nouvelle
cohérence propre à cette nouvelle
classe. La nouvelle
classe ascendante laisse sa marque dans la mesure
où elle lutte
pour ses intérêts et pour
réaliser sa
cohérence nouvelle. Le trait le plus
caractéristique de
la classe ouvrière, qui la distingue si
radicalement des autres
classes, est qu'elle ne peut s'émanciper
sans du même coup
émanciper l'humanité tout
entière. La nouvelle
cohérence à laquelle elle donne
naissance doit donc
refléter ce but :
l'émancipation de
l'humanité tout entière.
« Dans son déclin, la vieille
classe,
la classe capitaliste, introduit ses propres
notions
d'émancipation, sa propre corruption dans
le mouvement ouvrier.
Elle appelle les travailleurs à lutter pour
« une
plus grande part du gâteau »,
à réclamer
une redistribution de la richesse sans remettre en
cause la vieille
société. Elle a créé
une situation
intenable où la classe ouvrière
finance elle-même
ses dirigeants qui luttent contre ses
intérêts.
« En 1967, un vaste mouvement
d'opposition
surgit contre ces tendances bourgeoises qui
s'étaient
également retranchées dans le
mouvement communiste, le
menant au bord de la liquidation. Plusieurs
tendances apparurent,
allant du pur intellectualisme sur « la
position
juste » au simple alignement sur un
centre quelconque —
Moscou, Belgrade, Beijing, l'Europe et ainsi de
suite.
« Les Internationalistes
lièrent la lutte idéologique et la
lutte contre la
culture bourgeoise au travail concret pour
bâtir une organisation
et la renforcer. L'analyse Nécessité
de changement se
voulait une contribution à la
création d'une conscience
collective de cette approche. Elle offrit par sa
grande portée
une vision inspirant tous et chacun à mener
le travail
idéologique et à épouser les
formes sociales
correspondant aux tâches qu'ils devaient
accomplir. Ce fut un
appel de clairon pour les activistes, les
communistes et ceux et celles
qui voulaient devenir communistes, un appel
à rompre avec la
vieille conscience, l'anticonscience, les
« préjugés particuliers
de la
société, transmis par les parents et
les institutions
sociales ». Cela se faisait en rapport
avec l'appel à
« chercher la vérité pour
servir le
peuple ». L'analyse
Nécessité de changement
présentait avec force une conception du
monde qui prenait le
matérialisme dialectique et historique de
Marx comme guide
à l'action et proposait une façon de
s'attaquer aux
problèmes de la lutte idéologique et
des formes sociales.
[...]
« L'analyse Nécessité de
changement part de ce qui est donné. Elle
analyse ce qui est
donné pour le surmonter et établir
ce qu'il renferme
vraiment. Elle établit une méthode
valable et propose une
façon concrète d'aborder la
réalité. Elle
commence en s'attaquant à la question de
l'histoire. Au chapitre L'histoire-en-tant-que-telle,
elle fait
découvrir le rôle profondément
vivant de
l'histoire, par opposition à ce qui ne fait
qu'exister dans le
présent.
« Selon notre historicisme à
nous,
l'histoire part du présent. Elle
révèle
précisément le problème
posé et à
résoudre. C'est la résolution de ce
problème
spécifique qui crée l'histoire. Si
le problème, en
tant que problème historique, ou si les
contradictions qui sont
historiques, ne sont pas résolus, il n'y a
pas de marche vers
l'avant, donc pas d'histoire. [...]
« L'analyse Nécessité de
changement a fait l'histoire. Elle a
révélé
comment les forces révolutionnaires
pouvaient partir d'un point
A et arriver au point B en faisant de chaque
étape une pierre
angulaire du développement de l'histoire.
Aujourd'hui, comme
dans les années soixante, la lutte
idéologique et la
culture dans la forme sociale assument la
première position dans
la construction d'une organisation
révolutionnaire et dans la
création des conditions subjectives de la
révolution. Par
exemple, un parti communiste peut-il se renforcer
s'il se retire de la
lutte idéologique contre l'ennemi de classe
ou s'il la
mène de manière non professionnelle,
versant dans
l'amateurisme et la
spontanéité ? La réponse
est non. [...] Un parti communiste peut-il
accomplir ses tâches
s'il a des membres dont la culture dans la forme
idéologique et
sociale est bourgeoise ? Encore une fois la
réponse est
non. Pour s'acquitter de ses tâches d'une
manière
professionnelle et soutenue, avec maturité,
le parti communiste
doit, d'une part, développer la culture
révolutionnaire
dans la forme idéologique et, d'autre part,
révolutionner
la culture dans la forme sociale. L'analyse
Nécessité de
changement établit
précisément le cadre de
référence nécessaire. [...]
« Le facteur dominant,
c'est-à-dire
tout ce qui contribue à préserver la
classe capitaliste,
peut se résumer dans le facteur
antihumain-anticonscience. [...]
Selon la classe capitaliste, ni les êtres
humains ni leur
conscience sociale ne jouent de rôle dans la
résolution
des problèmes. C'est la
propriété privée et
les institutions établies pour la
préserver qui occupent
le premier plan, de pair avec l'idéologie
de l'irrationalisme.
Elle leur subordonne les êtres humains et le
facteur
humain-conscience sociale. Elle se sert du facteur
antihumain-anticonscience comme d'une arme contre
toutes les forces
sociales qui favorisent le changement, le
développement et le
mouvement. [...]
« Dans toute activité, le
PCC(M-L)
accorde l'attention première au facteur
humain-conscience
sociale. Aucun travail ne peut être
mené à bien
sans lui. Le PCC(M-L) doit être perçu
comme le parti
politique dont l'intérêt premier est
d'élever le
niveau idéologique, théorique et
politique de la classe
ouvrière et du peuple pour qu'ils puissent
concevoir et
bâtir le système qui leur permettra
d'avoir un
contrôle sur leur vie. Qu'il s'agisse de la
consolidation d'un
aspect du travail du PCC(M-L), de la lutte contre
l'offensive
antisociale ou de la lutte pour un programme
prosocial, le premier
problème qui se pose est celui du facteur
humain-conscience
sociale. Où en est le facteur
humain-conscience sociale ?
Que faut-il faire pour qu'il s'élève
à la hauteur
de la tâche ? Le fait de poser ces
questions et de trouver
les moyens de faire ce qu'il faut est le
début du
développement du facteur humain-conscience
sociale. L'analyse
Nécessité de changement apporte une
solution à ce
problème. »
À la rencontre historique de Chertsey en
1989, le
camarade Bains a déclaré :
« Nous
déclarons ouvertement que nous voulons le
règne de la
classe ouvrière et de personne d'autre.
[...] parce que la
classe ouvrière est la classe productive,
c'est la classe la
plus complètement révolutionnaire
dont les buts ne
peuvent être réalisés sans le
renversement du
capitalisme par la révolution. [...]
Aujourd'hui, peu importe la
question abordée, [...] la bourgeoisie ne
peut trouver une
solution. Seule la classe ouvrière peut
trouver une solution.
C'est donc la classe ouvrière qui est au
centre, et nos points
de vue sont ceux de la classe
ouvrière. »
Il a
souligné que le
problème le plus important pour ce qui est
du travail
spécifique est de gagner les masses des
travailleurs du
côté de l'histoire :
« Il faut y aller
avec passion, comme quand on essaie de gagner le
coeur d'un être
aimé [...] parce que notre être
aimé, la classe
ouvrière, est la seule force sociale qui
puisse sauver
l'humanité. »
« Nous ne sommes plus à
l'époque des chevaliers et des héros
individuels. Nous
sommes à l'époque du travail
collectif de la classe
ouvrière et de ses alliés. Nous
sommes à
l'époque du Parti, l'ère de
l'impérialisme et de
la révolution sociale du
prolétariat, comme le disait le
camarade Lénine. Avec cette rencontre, nous
célébrons donc les
développements, le mouvement
progressiste, le renforcement, la stabilisation et
la consolidation
d'un mouvement politique. Ce mouvement politique,
il est ici, c'est
notre Parti, ses alliés, ses organisations
de masse, surtout la
presse de masse du Parti dont nous sommes
très
fiers. »
La pensée marxiste-léniniste
contemporaine
est faite d'un seul bloc d'acier qui
s'étend du présent
jusqu'à l'époque du Manifeste
du Parti communiste
et à tout ce que l'humanité a
produit dans sa lutte pour
s'affirmer. La classe ouvrière est une
seule classe avec un seul
programme autour duquel elle mobilise le peuple
dans la défense
des droits de tous et se prépare
subjectivement, surtout
idéologiquement, en tant que force
organisée,
déterminée et unie pour priver la
classe capitaliste
monopoliste de son pouvoir politique,
économique et
idéologique de priver la classe
ouvrière de son droit
d'assumer son rôle et de devenir la nation,
d'investir le peuple
du pouvoir souverain et de laisser
s'épanouir le facteur
humain/conscience sociale.
L'histoire et la vie exigent que le
prolétariat
pensant s'engage dans des actes de participation
consciente à
l'acte de découvrir pour régler les
comptes avec le
révisionnisme moderne et résoudre
les problèmes
liés à l'organisation du front
prolétarien
à l'échelle du pays. La classe
ouvrière
canadienne, en tant que contingent du
prolétariat international,
est l'héritière du Manifeste du
Parti communiste
et de la Grande Révolution socialiste
d'octobre. Le front
prolétarien s'engage à ne pas ternir
ce précieux
héritage. Les travailleurs pensants,
organisés
consciemment et engagés dans des actes de
découverte,
sont déterminés à jouer leur
rôle
révolutionnaire mondial de renverser
l'impérialisme et de
faire avancer l'humanité vers
l'émancipation
complète de la classe ouvrière et
l'élimination
des classes et de la société de
classes.
Vive le Manifeste du Parti
communiste !
Vive la Grande Révolution socialiste
d'octobre !
Vive le marxisme-léninisme !
Vive le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) !
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous
!

Disponibles du Centre national de
publications
Le Manifeste
du Parti communiste de
Karl Marx et Friedrich Engels —
5,00 $
Nécessité
de changement
de Hardial Bains, 1998 — 10,00 $
Cette brochure part d'une offensive
résolue
et totale contre la subversion
idéologique et le blocage du
développement par les formes
sociales.
Elle le fait en lançant l'appel le
plus
révolutionnaire qui soit :
« la
compréhension requiert un acte de
participation consciente de
l'individu, l'acte de
découvrir »,
plaçant
l'action en premier et la
compréhension à son service.
(Bientôt
disponible
en français)
Le
communisme moderne de Hardial
Bains, 1996 — 10,00 $
Le PCC(M-L) se présente aux
travailleurs,
femmes, jeunes et étudiants,
peuples autochtones et
minorités nationales, il les invite
à s'informer sur ce
qu'est le PCC(M-L). Il les appelle
à regarder les conditions de
vie pour établir la
vérité sur ce que
défend le PCC(M-L) et à
tirer les conclusions qui
s'imposent sur cette base.
Le prix
comprend la
TPS et la TVQ et les frais de poste et
manutention.
Envoyez chèque ou mandat à
l'ordre de :
Centre national de publications, C.P. 521,
Station
« C »,
Montréal (Québec) H2L
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