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Numéro 28 - 26
février 2014
Des actes criminels au nom de la
démocratie
L'essence de la question en Ukraine

Manifestations
antigouvernementales à Kiev en Ukraine le 22 février 2014.
Des
actes criminels au nom de la démocratie
• L'essence de la question en Ukraine
• Les sales jeux de coulisse des
impérialistes étasuniens en Ukraine
• Des liens de longue date entre les
États-Unis, le Canada et les fascistes ukrainiens
Des actes criminels au nom de la
démocratie
L'essence de la question en Ukraine
Les événements se succèdent
rapidement en Ukraine en conséquence de l'ingérence
directe et ouverte des États-Unis et de l'Union
européenne avec la participation de hauts représentants
de l'ONU.
En date du 26 février, les médias
rapportent que le gouvernement du président Viktor Ianoukovitch
a été renversé. Ianoukovitch aurait quitté
la capitale le 21 février, quelques heures à peine
après avoir conclu une entente avec les leaders de l'opposition
pour résoudre la crise. Dans une déclaration
télévisée le lendemain, Ianoukovitch a
qualifié la crise politique de l'Ukraine de coup d'État
et dit que la situation ressemblait à la montée des nazis
dans les années 1930. Il a également dit qu'il ne
quittera pas son poste et ne fuira pas le pays.
Le samedi 22 février, les agences de
nouvelles rapportaient que le président Ianoukovitch
était abandonné de ses ministres. Le parlement a
voté de tenir des élections présidentielles le
25 mai. Également le 22 février, la chef de
l'opposition pro-Europe et ancienne première ministre Ioulia
Timochenko a été libérée de prison et s'est
adressée à un rassemblement sur la place Maidan. Elle
avait été emprisonnée en 2011 pour des
accusations de corruption.
Les actes de violence des multiples factions que les
médias occidentaux appellent « manifestants
pacifiques » comprennent des enlèvements, de la
torture et des attaques armées contre les soldats. Le
ministère de la Santé fait état de 82 morts
et les médias monopolisés parlent de centaines de
blessés.
Durant l'éclatement de la violence le
18 février, qui a fait de nombreux morts, des armes et des
véhicules de l'armée ont été volés
et utilisés dans les combats de rue. Pendant ce temps, les
États-Unis faisaient pression pour un changement de
régime et menaçaient le gouvernement de sanctions s'il
utilisait la violence pour défendre l'ordre constitutionnel.
Le 18 février, l'ambassadeur
américain en Ukraine Geoffrey Pyatt a dit que les
États-Unis étaient d'avis que la crise pouvait être
résolue par le dialogue et que des sanctions pourraient
être imposées à ceux qui, des deux
côtés, encouragent la violence. Le lendemain,
l'ambassadeur a dit que le gouvernement devait garantir le droit de
manifester pacifiquement et a annoncé qu'il avait refusé
d'accorder un visa à plusieurs représentants du
gouvernement ukrainien.
Le vice-président américain Joe Biden
s'est entretenu avec le président Ianoukovitch au
téléphone et lui a demandé de retirer les forces
de sécurité des rues de la capitale pendant que les
« manifestants pacifiques » prenaient d'assaut
plusieurs édifices militaires et postes de police.
Entre-temps, José Manuel Barroso,
président de la Commission européenne, a averti
Ianoukovitch que le Conseil des affaires étrangères de
l'Union européenne s'était réuni le 20
février pour adopter des mesures contre les représentants
du gouvernement ukrainien qui ont pris part aux décisions qui
ont mené à la perte de vies. Les ministres des affaires
étrangères de la Suède, de la Lettonie, de la
Pologne, de la Lituanie et de l'Allemagne ont amorcé les
discussions sur l'envoi possible d'une force de maintien de la paix en
Ukraine.
Dietmar Stüdemann, ancien ministre des Affaires
étrangères de l'Allemagne, a laissé savoir que la
mission de paix était en réalité une
« opération de coercition » pour forcer
l'Ukraine à se joindre à l'Union européenne.
N'ayant pas réussi à obtenir un changement
de régime au départ, les États-Unis et l'Union
européenne ont incité une guerre civile pour
démanteler l'État ukrainien tel qu'il existe
présentement.
Selon l'analyste Alexander Boytsov, « les
géostratégistes américains veulent que l'Ukraine
soit déstabilisée. Leur véritable intention n'est
pas de forcer le pays à intégrer l'Union
européenne, mais plutôt de bloquer toute
intégration de l'Union eurasienne. Les Américains sont
convaincus que s'ils réussissent, tous les efforts de Moscou
pour réaliser l'intégration de l'espace
postsoviétique seront automatiquement perdus. Il ne fait pas de
doute qu'avec des ambitions géopolitiques de cette envergure,
les faucons américains ne s'arrêteront pas au bain de sang
que pourrait entraîner une guerre civile en Ukraine. »

Les sales jeux de coulisse des
impérialistes étasuniens en Ukraine
Les jeux de coulisses des impérialistes
étasuniens en ce moment en Ukraine visent à placer
« leur homme » en position de pouvoir
plutôt que celui de l'Union européenne. On peut voir
comment les contradictions interimpérialistes s'exacerbent sur
la question de qui contrôlera l'Ukraine et on est à
même de voir les crimes qui sont perpétrés par les
grandes puissances des États-Unis et de l'Europe contre le
peuple ukrainien.
Ce qui suit est une transcription de ce qui est une
conversation téléphonique sur écoute entre la
secrétaire d'État adjointe américaine, Victoria
Nuland, et l'ambassadeur des États-Unis en Ukraine, Geoffrey
Pyatt. La conversation a eu lieu vraisemblablement le jeudi
6 février 2014. Les États-Unis accusent la Russie
d'avoir enregistré l'échange et, en dépit du
contenu de la conversation, prétendent que les États-Unis
ne sont toujours qu'un médiateur impartial en Ukraine. Tout cela
expose la dangereuse situation d'anarchie qui existe internationalement
et qui est fomentée par les États-Unis et les puissances
impérialistes européennes par le biais de leurs agences
de sécurité, leurs cinquièmes colonnes et leurs
représentants aux Nations unies. Les Canadiens doivent
dénoncer cette ingérence dans les affaires de l'Ukraine
d'autant plus que les Canadiens sont bien conscients que les
impérialistes se livrent au même genre d'activités
criminelles au Canada et ailleurs dans le monde.
Nuland : Qu'en
penses-tu ?
Pyatt : Je
pense qu'on est dans la partie. La pièce Klitschko [Vitaly
Klitschko, l'un des trois principaux chefs de l'opposition] est sans
doute l'électron le plus volatile ici. Surtout qu'on a
annoncé qu'il serait premier ministre adjoint. Tu as pris
connaissance de mes notes sur comment le mariage ne tient qu'à
un fil, alors nous essayons de saisir rapidement où il se situe
sur toutes ces questions. Je pense que le raisonnement que tu devrais
lui faire, et ce devrait être sans doute ton prochain coup de
téléphone, devrait être exactement le même
que tu as fait à Yats [Arseniy Yatseniuk, un autre chef de
l'opposition]. Et je suis content que tu lui aies dit franchement quel
est le rôle qu'il doit jouer dans ce scénario. Ce qu'il a
répondu m'a plu.
Nuland : Bien.
Je ne pense pas que Klitsch doit faire partie du gouvernement. Je ne
pense pas que ce soit nécessaire, et même, ce n'est pas
une bonne idée.
Pyatt : Oui. Je
pense que tu as raison sur ce point. Il ne devrait pas faire partie du
gouvernement. Il devrait rester à l'extérieur tout
vaquant à ses affaires politiques et autres. J'essaie de voir
comment on devrait procéder, parce que nous voulons que les
démocrates modérés restent ensemble. C'est
Tyahnybok [Oleh Tyahnybok, l'autre chef de l'opposition] et son groupe
qui risquent d'être un problème et je suis certain qu'ils
font partie du calcul de [président Viktor] Ianoukovitch dans
toute cette histoire.
Nuland : [l'interrompant]
Je
pense
bien
que
Yats
est celui qui a toute l'expérience économique,
l'expérience en gouvernance. C'est le...c'est mieux pour lui que
Klitsch et Tyahnybok travaillent à distance. Il faudra qu'il
leur parle quatre fois par semaine, tu sais. Je pense que si Klitsch
fait partie du gouvernement, s'il travaille pour Yatseniuk à ce
niveau, ça ne fonctionnera pas.
Pyatt : Euh,
oui, je pense que tu as raison. OK. Bien. Veux-tu qu'on organise un
appel avec lui comme la prochaine chose qu'on fait ?
Nuland : Ce que
je comprends de cette communication - mais tu sauras me le dire - c'est
que les trois chefs ont l'intention de faire une réunion entre
eux et que dans ce contexte Yats va offrir l'occasion d'une discussion
trois plus un ou encore trois plus deux, en t'incluant. Est-ce que
c'est ce que tu as compris ?
Pyatt : Non. Je
pense...oui, c'est ce qu'on a proposé, mais je pense qu'en
tenant compte de la dynamique entre eux alors que Klitschko a une
longueur d'avance sur les autres, il ne s'empressera pas de participer
à quelque réunion que ce soit. Il discute sans doute avec
son monde en ce moment donc je pense que le fait que tu lui tendes
directement la main assistera à gérer le conflit de
personnalités entre les trois et te donnera l'opportunité
d'agir rapidement dans tout cela et de nous assurer une influence avant
qu'ils ne s'assoient tous et qu'il n'explique pourquoi il n'aime pas la
situation.
Nuland : D'accord,
bien,
je
suis
satisfaite.
Pourquoi
n'essaies-tu pas de l'approcher et de voir s'il ne veut pas te parler
soit avant ou après la rencontre.
Pyatt : Bonne
idée. Merci.
Nuland :
D'accord...mais j'ai une autre petite embûche pour toi, Geoff.
[on entend un clic] je ne me souviens pas de te l'avoir dit ou si je
l'ai seulement dit à Washington, mais lorsque j'ai
discuté avec Jeff Feltman [secrétaire
général adjoint des Nations unies en matière
d'Affaires politiques] ce matin, il m'a dit qu'il avait un nouveau nom
à filer au type de l'ONU, Robert Serry. Est-ce que je t'en ai
parlé ce matin ?
Pyatt : Oui je
suis au courant.
Nuland :
D'accord. Cette nouvelle personne a convaincu Serry et [le
secrétaire général de l'ONU] Ban Ki-moon à
l'effet que Serry pourrait rentrer lundi ou mardi. Ce serait excellent,
je pense, question de consolider l'affaire, de faire en sorte que l'ONU
y mette son grain de sel et, voilà, que l'Union
européenne aille se faire foutre.
Pyatt :
Exactement. Et je pense que nous allons devoir faire quelque chose pour
que le tout ne s'effondre pas parce que, comme tu le sais, si nous
arrivons à décoller, c'est certain que les Russes vont
travailler en coulisses pour tout détruire. Et il faut tenir
compte du fait que tout cela a lieu au moment où on se parle et
je me demande toujours pourquoi Ianoukovitch a dit ça.
Entretemps, il y a présentement une réunion d'une faction
du Parti des régions et je suis certain que ça doit
brasser dans ce groupe en ce moment. Nous pourrions bien nous en tirer
sur cette question si nous agissons rapidement. Ça fait que
laisse moi approcher Klitschko et toi, entretemps, continue d'essayer
de dénicher quelque personnalité internationale qui
pourrait venir ici et nous assister à mener ce plan à
terme. L'autre question, c'est de se rapprocher d'Ianoukovitch mais
nous allons sans doute nous reparler demain à mesure que les
pièces vont se mettre en place.
Nuland :
À ce sujet, Geoff, lorsque je lui ai fait parvenir une note, [le
conseiller de sécurité nationale du vice-président
des États-Unis Jake] Sullivan m'est revenu directement en me
disant que j'avais besoin de [vice-président des
États-Unis Joe] Biden et je lui ai dit que demain serait un jour
approprié pour des petites tapes dans le dos et pour voir
à ce que tout se mette en place. Biden est prêt.
Pyatt :
D'accord, c'est bon. Merci.

Des liens de longue date entre les États-Unis,
le Canada et les fascistes ukrainiens
Le 18 février, le Huffington Post
a publié un article provenant de la Presse canadienne qui
décrit comment des « activistes »
ukrainiens se seraient « réfugiés »
à l'intérieur de l'ambassade canadienne à Kiev.
Dans la photo qui accompagne l'article, on peut clairement identifier
le drapeau bleu et or de Svoboda, le parti néonazi de l'Ukraine.
Ce parti détient 50 sièges au parlement ukrainien.

Photo de la Presse
canadienne avec vignette disant: « Un petit groupe de
protestataires antigouvernementaux se sont abrités dans
l’ambassade canadienne dans la capitale ukrainienne [...}». On
peut voir nettement à l’arrière les drapeaux bleu et or
du parti néonazi Svoboda. |
Par la suite, on a voulu laisser entendre qu'il ne
s'agissait que d'une poignée d'activistes qui sont restés
dans le hall d'entrée. Un gazouillis de Rick Roth, directeur des
communications du ministre des Affaires étrangères, John
Baird, a affirmé : « Les manifestants sont
entrés dans la salle de réception [de l'ambassade
canadienne en Ukraine] aujourd'hui pour fuir la violence du
gouvernement contre les manifestants. » S'il est vrai qu'il
peut s'agir de photos tirées d'une banque de données,
néanmoins d'autres déclarations confirment que les
activistes étaient bel et bien dans le hall d'entrée de
l'ambassade. Baird a déclaré que les néonazis qui
étaient à l'ambassade canadienne
« s'exprimaient de façon pacifique en faveur de la
démocratie ». Cet incident démontre une fois
de plus comment la dictature Harper participe ouvertement à la
campagne de désinformation à l'effet que le coup
d'État /guerre civile instigué par l'Union
européenne en Ukraine est mû par la démocratie.
Cette ingérence dans les affaires internes de
l'Ukraine a par contre exposé les harpé riens comme
étant pro-néonazis, comme l'expose l'incident de
l'ambassade. Les néonazis, soutenus par les États-Unis,
l'Union européenne et le Canada, sont impliqués dans de
la violence gratuite y compris des meurtres. Et on appelle ça la
démocratie.
Rien de tout cela n'est dans l'intérêt ni
du peuple ukrainien ni du peuple canadien ni de qui que ce soit. Les
travailleurs canadiens doivent fermement s'opposer à la
dictature Harper et à son appui flagrant au néonazisme,
ainsi qu'à son ingérence continue dans les affaires
internes de l'Ukraine. Le peuple ukrainien est parfaitement en mesure
de régler ses propres affaires sans intervention
étrangère.
Ci-dessous, vous trouverez des extraits d'un article,
« Comment la CIA a toujours recours aux stratégies
nazies en ce qui concerne les nationalistes ukrainiens de droite depuis
la guerre froide ». L'auteur de cet article est Wayne
Madsen, un journaliste d'enquête étasunien, et l'article a
été publié sur le web le 20 février par la
Fondation de la culture stratégique. Cet article explique la
montée du néonazisme en Ukraine, alimentée par les
impérialistes étasuniens, et sa relation avec ce qui
passe actuellement dans ce pays. Madsen est un ancien officier naval
qui a aussi travaillé pour l'Agence de sécurité
nationale et le département d'État. Il contribue
régulièrement à RT et à PressTV.
***
L'agence centrale d'intelligence semble être
figée dans le temps. Au coeur du mouvement de
« résistance » de la CIA et de George
Soros en Ukraine, il y a les fascistes et les pro-nazis ukrainiens, les
précurseurs idéologiques du parti fasciste de droite
ukrainien, Svoboda, et d'autres groupes d'extrême-droite et
antirusses qui sont en grande partie établis dans l'ouest de
l'Ukraine.
Un document de la CIA datant d'août 1950
révèle que dès le début de la guerre
froide, l'agence de renseignement des États-Unis s'est
inspirée d'agences de renseignement et de stratégies
nazies qui ont été utilisées au sein de plusieurs
groupes nationalistes ukrainiens au cours de la Deuxième Guerre
mondiale. La cueillette de renseignements ayant appartenu aux agences
de renseignement nazies en Ukraine a été prise en main
par le bureau précurseur de la CIA, le Bureau des services
stratégiques (OSS), dans les derniers jours de la
Deuxième Guerre mondiale. Cette révélation sur la
prise en main d'informations recueillies par les agences de
renseignement nazies par la CIA prend toute son importance à la
lumière de l'appui actuel du gouvernement étasunien de
groupes nationalistes ukrainiens antirusses, dont la plupart ont une
orientation soit néonazie ou fasciste.
Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les
Nazis ont appuyé de nombreux groupes nationalistes ukrainiens
contre l'Union soviétique. Après la guerre, ces groupes
ont commencé à recevoir de l'appui de la CIA pour un
mouvement de résistance clandestin contre l'Union
soviétique, en particulier dans l'Ukraine de l'ouest.
Le rapport de l'agence de renseignement nazie
trouvé dans les archives de la CIA s'intitule :
« Die national-ukrainische
Widerstandssbewegung » ou « Résistance
nationale ukrainienne ». La CIA avait marqué le
rapport comme étant confidentiel.
Plusieurs des groupes ukrainiens sur la liste du rapport
de la CIA issu des nazis faisaient partie du soi-disant mouvement des
« nations captives » basé à
Washington qui tentait de mobiliser des partisans nationalistes contre
l'Union soviétique en Europe centrale et occidentale
après la Deuxième Guerre mondiale. Plusieurs des
précurseurs idéologiques de l'opposition ukrainienne
actuelle au président Viktor Ianoukovitch proviennent de ces
forces de la période de la Guerre froide.
Parmi les groupes ukrainiens identifiés par les
Nazis comme étant des alliés possibles de la CIA se
trouvait l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN). L'un des
héritiers du dogme politique de l'OUN est le mouvement
néonazi d'extrême-droite Svoboda d'Oleh Tyahnybok.
Tyanhnybok a été l'un des invités
réguliers de l'ambassadeur étasunien en Ukraine, Geoffrey
Pyatt, qui est juif et un ardent sioniste ayant passé beaucoup
de temps à fréquenter les événements
commémorant l'holocauste en Ukraine depuis qu'il a
accédé à son poste. Tyahnybok, de même que
les chefs de l'opposition Vitali Kitschko, un ancien boxeur, et Arseniy
Yatsenyuk, sont tous des candidats potentiels devant constituer un
gouvernement post-Ianoukovitch, un gouvernement qui recevra ses ordres
de Washington et de l'Union européenne.
D'autres groupes ukrainiens ayant été
identifiés par les nazis et embrassés par la CIA sont le
Sluzhba Bezopasnosti ou le service de sécurité de l'OUN,
le groupe Bandera, le groupe Mel'nik, l'unité de partisans Taras
Bulba (Borovets) en Galicie, l'Armée révolutionnaire
ukrainienne de l'Ukraine de l'ouest et de la Galicie (dont le drapeau
rouge et noir a été ressuscité par des groupes
financés par George Soros au cours des récentes
manifestations en Ukraine), le mouvement Hetman, l'Union pour la
libération de l'Ukraine (qui était basé à
Paris), et le mouvement national cosaque ukrainien (qui était
basé à Berlin). Le dirigeant de l'Union pro-nazie pour la
libération de l'Ukraine à Paris se nommait Levitsky, un
juif ukrainien.
Le rapport de l'agence de renseignement nazi
révèle aussi que plusieurs nationalistes ukrainiens, dont
certains ont plus tard intégré les rangs de la CIA,
étaient entraînés dans les « camps de
l'armée et de la police allemande à Cracow, Neuhammer,
Branenburg et Frankfurt-Oder » et ont plus tard
été « assignés à l'est dans la
guerre partisane ».
L'agent de liaison entre le renseignement britannique et
le mouvement de libération cosaque ukrainien s'appelait
« Markotun ». La Gestapo avait identifié
Markotun comme étant un franc-maçon connu.
La CIA a aussi fait usage des renseignements de la
Gestapo sur la franc-maçonnerie en Europe de l'Est et en Europe
centrale afin d'établir des liens avec des personnalités
clandestines pouvant les servir par leur antisoviétisme et leur
anticommunisme. La CIA avait découvert que pendant la
Deuxième Guerre mondiale et après, les
franc-maçons avaient évité de se faire prendre en
communiquant les uns avec les autres par le biais d'un code
téléphonique spécial, en particulier en Roumanie.
La CIA, selon un rapport d'information du 12 mai 1952, avait
été informée à l'effet que des membres
roumains du Grand conseil de loge maçonnique s'apprêtaient
à mener des actes de sabotage contre le gouvernement roumain et
des cibles soviétiques dans le pays.
Le principal architecte de sabotage de la CIA et
d'autres opérations clandestines contre les pays de l'Europe de
l'Est et de l'Europe centrale était le Docteur Lev Dobriansky,
un expatrié ukrainien et le père du soi-disant mouvement
des « nations captives ». Dobriansky et ses
alliés de la droite, en particulier ceux du Conseil de
sécurité étasunien dont Dobriansky était un
officier, ont rallié des Ukrainiens en exil contre l'Union
soviétique. Le Conseil de sécurité
étasunien disposait de fonds sans fin pour financer les
saboteurs ukrainiens puisque parmi ses membres se trouvaient US Steel,
Motorola, General Electric, American Zinc et Eversharp. La propagande
de Dobriansky et de ses collègues se faisait entendre
régulièrement dans les années soixante sur les
ondes de radio WMAL-AM à Washington, DC, et leur leadership
maintenait des liens serrés avec la CIA et son directeur,
l'amiral William F. Raborn, Jr.
[...]

Lors d’une visite
en Ukraine en décembre dernier, le sénateur
américain John McCain a été photographié
à maintes reprises avec Oleh Tyahnybok, le dirigeant du parti
nationaliste de droite Svoboda. McCain, au centre, est
accompagné à sa droite de Chris Murphy et à sa
gauche de Tyahnybok lors d’un rassemblement pro-Unité
européenne à Kiev le 15 décembre 2013.
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La coopération intime de la CIA avec des groupes
d'extrême-droite ukrainiens était un projet spécial
personnel de Richard Helms, le directeur adjoint puis directeur de
l'agence. Helms a témoigné devant le Congrès qu'au
sein des groupes d'exilés de la CIA se trouvaient
« de bonnes sources de renseignement qui existent et qui
sont développées » par le biais de groupes
d'immigrants de l'Ukraine, des pays baltes et d'autres pays.
L'Assemblée des nations captives européennes (ASEN) avait
à sa solde de nombreuses personnes de droite, dont le
président de l'ACEN Vaclovas Sidzikauskas de la Lituanie, le
vice-président Stefan Korbonski de la Pologne, George M.
Dimitrov de la Bulgarie, Josef Lettrich de la Tchécoslovaquie,
Ferenc Nagy de la Hongrie, et le docteur Dobriansky qui
représentait son Ukraine natale. Si l'ACEN entretenait des liens
avec les partis démocrates et républicains aux
États-Unis, elle avait aussi des liens avec le Parti de
l'indépendance américaine du candidat présidentiel
de 1968 George Wallace et du candidat vice-présidentiel de
l'extrême-droite, le général Curtis LeMay.
Via le Conseil de sécurité
étasunien, Dobriansky et ses acolytes, parfois affiliés
au John Birch Society ou au Young Americans for Freedom, maintenaient
des liens étroits avec des dictateurs et des groupes
paramilitaires de l'Amérique latine. Tout indique que ces liens
sont toujours aussi solides aujourd'hui depuis que la violence a
éclaté en Ukraine, précédée par une
violence similaire au Venezuela. Il a été établi
que les manifestations violentes contre le gouvernement élu du
président vénézuélien Nicolas Maduro ont
été financées par plusieurs groupes de droite
liés aux paramilitaires en Colombie. Certains de ces groupes
sont liés aux mêmes éléments fascistes et
sionistes qui sont responsables d'inciter la violence en Ukraine. Parmi
ces éléments on trouve l'American Enterprise Institute et
le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS).
La soi-disant problématique des
« nationalités » en Russie et dans les
anciennes républiques de l'Union soviétique a souvent
servi d'arme à la CIA et à ses organisations et
supporters paravents. Un jour, Dobriansky a parlé au
Congrès des États-Unis d'endroits que les
étasuniens ne connaissaient même pas et qui faisaient
partie de son plan pour semer la discorde ethnique en Eurasie.
Dobriansky s'était moqué des commentateurs des
États-Unis qui avaient demandé :
« Où se trouve la Ruthénie blanche ?
Où se trouve la Cosaquie ? » Il avait dit que
« la plupart n'ont jamais entendu parler d'Idel-Ural, de
l'Azerbaïdjan ou même du Turkestan. »
Aujourd'hui, les héritiers de Dobriansky, dont
fait partie sa fille Paula Dobriansky, une fonctionnaire du
département d'État de l'administration Bush et une
ardente néoconservatrice, invoquent l'image du sang versé
pour justifier l'ingérence occidentale en Ukraine et dans la
fédération russe. Leurs prétentions sont aussi
insensées et ridicules aujourd'hui qu'elle ne l'étaient
au cours des années cinquante et soixante alors que leurs
précurseurs ne se trouvaient comme alliés que des
extrémistes de droite, comme des vedettes de cinéma
vieillissantes telles Ronald Reagan et Adolphe Menjou, ainsi que les
ex-nazis.

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