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Numéro 26 - 24
février 2014
Sommet des dirigeants
nord-américains
Non à l'expansion des
États-Unis
des monopoles de l'Amérique du Nord!
Manifestation contre le
sommet des chefs d'État nord-américains et la visite du
président américain Barack Obama
devant l'ambassade des États-Unis à Mexico le 19
février 2014.
Sommet
des dirigeants nord-américains
• Non à l'expansion des
États-Unis des monopoles de l'Amérique du Nord!
• Le peuple mexicain accueille le sommet des
chefs d'État nord-américains au cri de : 20 ans
d'ALÉNA! No Más! - Claude Brunelle
• Ne laissons pas le Canada agir comme cheval
de Troie pour l'impérialisme américain dans les
Amériques! - Enver Villamizar
Sommet des dirigeants
nord-américains
Non à l'expansion des États-Unis
des monopoles de l'Amérique du Nord!
Le sommet des dirigeants nord-américains a eu
lieu à Toluca, au Mexique, le 19 février,
réunissant le premier ministre du Canada, Stephen Harper, le
président des États-Unis, Barack Obama, et le
président du Mexique, Enrique Peña Nieto. Ce sommet a eu
lieu à tous les ans depuis 2005, à l'exception de 2013.
Sous le gouvernement Harper, le Canada a
été de plus en plus intégré à la
machine de guerre des impérialistes étasuniens.
L'appareil de sécurité et militaire du Canada, ses
agences d'espionnage et ses divers ministères sont tombés
de plus en plus sous la coupe d'intérêts privés qui
sont engagés dans des conflits intermonopolistes pour le
contrôle des états canadiens et étasuniens, ce qui
a donné lieu aux États-Unis des monopoles de
l'Amérique du Nord. Tout cela a été mis en oeuvre
sur la base d'ententes formelles conclues sans l'approbation du
parlement du Canada ni du congrès des États-Unis, sans
parler des peuples du Canada, des États-Unis ou du Mexique. La
prérogative royale l'emporte sur tout obstacle aux efforts
cherchant à placer le Canada sous le commandement direct de
structures étasuniennes. Par le biais de projets de loi omnibus
et autres méthodes « légales », le
gouvernement Harper agit comme une cinquième colonne de la
rivalité interimpérialiste, faisant adopter de force les
pouvoirs lui permettant de tenter d'empêcher le peuple canadien
de rejeter de tels arrangements.
Dans cet élan, les
gouvernements des États-Unis et du Canada ainsi que les
monopoles qui en ont pris le contrôle tendent à
étendre ce nouvel appareil militaire de sécurité
d'État au Mexique et jusqu'en Amérique centrale afin
d'empêcher l'Amérique latine et les Caraïbes de
s'intégrer économiquement et politiquement d'une
façon qui soit bénéfique à leur
développement économique et qui soutienne leur droit
d'être. Tout cela a comme objectif de contrôler leurs
ressources naturelles et leur territoire et d'empêcher le peuple
d'affirmer son droit de décider de la direction que doit prendre
leur société, sans coercition, chantage, coups
d'États et terreur organisée par l'État.
Cette direction s'est accélérée
depuis deux ans, surtout depuis que les pays de l'Amérique
latine et des Caraïbes ont mis sur pied de nouvelles institutions
qui bloquent la domination de l'hémisphère par les
impérialistes étasuniens et qui permettent à leurs
gouvernements de s'unir dans un climat d'égalité et de
diversité, de régler leurs différends sans
manipulation et ingérence d'aucune sorte. C'est ainsi que dans
des pays comme le Nicaragua et le Salvador, des gouvernements ont
été élus qui reflètent la
détermination des peuples des Amériques à
défier le diktat étasunien dans les conditions
présentes. Les tentatives de déstabilisation du Venezuela
démontrent à quel point les États-Unis sont
devenus désespérés.
Depuis le 12 février, la violence
instiguée par les États-Unis s'est poursuivie au
Venezuela dans le but de renverser le gouvernement du président
Nicolas Maduro. Le gouvernement du Venezuela a pris d'importantes
mesures pour maintenir la paix, dont l'expulsion de trois diplomates
étasuniens pour avoir participé à l'incitation
à la violence.
Au sommet des dirigeants nord-américains, le
président Obama a fait le commentaire suivant :
« Plutôt que de tenter de détourner l'attention
de ses propres échecs en accusant nos diplomates, le
gouvernement vénézuélien devrait répondre
aux revendications légitimes du peuple
vénézuélien. »
Le président Maduro a condamné les
commentaires d'Obama au Mexique, disant que le fait qu'Obama continue
d'attaquer un pays libre et souverain en Amérique latine est une
insulte au pays héroïque des Aztèques, de Villa et
de Zapata, ainsi qu'au noble peuple mexicain.
Maduro a fait valoir que les gouvernements souverains
à travers le monde s'attendent à ce que la Maison Blanche
explique pourquoi elle finance, encourage et défend les forces
d'opposition qui ne font qu'encourager la violence au Venezuela.
Il a aussi dit que le
vice-secrétaire d'État adjoint Alex Lee n'a aucun droit
d'imposer des conditions au gouvernement du Venezuela ou de le menacer
tout simplement parce que celui-ci a décidé de poursuivre
en justice les responsables des récents actes de violence.
Le gouvernement du Venezuela, a-t-il
déclaré, réitère sa ferme intention de
continuer de surveiller la situation de près et de prendre
toutes les mesures nécessaires pour empêcher les agents
étasuniens de répandre la violence et la
déstabilisation, et d'informer tous les pays de la politique
interventionniste du président Obama contre le Venezuela.
Les sommets des dirigeants du Canada, des
États-Unis et du Mexique leur ont servi d'occasions
d'élaborer de nouveaux arrangements dans cette direction et de
coordonner leurs efforts pour empêcher que le Mexique ne
consolide ses liens avec la direction nouvelle que prennent les choses
en Amérique du Sud et centrale. Ces arrangements
reflètent entre autres la détermination des
impérialistes étasuniens à tuer dans l'oeuf les
relations amicales qui se développent entre les peuples du
Canada, des États-Unis et du Mexique avec Cuba. On exerce ainsi
un chantage économique et politique sur les peuples canadien et
mexicain et sur leurs deux pays pour qu'ils ne cherchent pas à
rejeter cette pression selon laquelle ils devraient se tenir à
l'écart de la tendance progressiste de défense des droits
qui prend de l'ampleur en Amérique latine.
Développements au cours de cette année
Il est important de noter que le sommet de 2014 met
en relief la grande préoccupation des chefs d'État
vis-à-vis le transport des ressources naturelles, en particulier
l'énergie sous forme de pétrole et de gaz ainsi que
l'électricité. Le sommet a approuvé le
développement d'un « plan de transport
nord-américain, en commençant par un plan régional
de transport des marchandises, en nous fondant sur les initiatives
existantes ».
En surcroît, on s'est concentré sur la mise
sur pied d'un plan de travail sur la compétitivité
nord-américaine semblable au Conseil de coopération en
matière de réglementation créé comme partie
intégrante de l'entente Canada-États-Unis sur le
périmètre de sécurité. Ces ententes
permettent aux monopoles les plus importants d'avoir un rôle
décisionnel en matière de règlements touchant aux
industries dans lesquelles ils opèrent ainsi qu'aux conditions
de vie et de travail de la classe ouvrière du Canada, des
États-Unis et du Mexique.
Il a aussi été
annoncé aux médias suite à la rencontre que les
dirigeants des trois pays allaient dorénavant inclure le Mexique
dans l'arrangement de « voyageur fiable » entre
le Canada et les États-Unis. Cet arrangement facilite le
mouvement de personnes « fiables » d'un pays
à l'autre sur la base de critères qui n'ont rien à
voir avec les droits de la personne. Cet arrangement donnera
vraisemblablement naissance à un mécanisme dans les mains
des monopoles pour qu'ils puissent choisir à volonté qui
ils veulent déplacer le plus rapidement possible d'un pays
à l'autre pour se doter d'une main-d'oeuvre esclave en
Amérique du Nord à qui on
« permettrait » de se mouvoir librement là
où les monopoles en ont besoin. Il deviendrait donc possible aux
monopoles d'Amérique du Nord de mettre à pied des
travailleurs qualifiés dans un pays et de les expédier le
lendemain dans une usine d'un autre pays. On lit dans le
communiqué conjoint : « Nous faciliterons la
circulation des personnes grâce à l'établissement,
en 2014, d'un programme nord-américain des voyageurs fiables, en
commençant par la reconnaissance mutuelle des programmes NEXUS,
Global Entry, SENTRI et Viajero Confiable. »
Les dirigeants n'ont pas épargné leurs
efforts pour étendre les opérations du Homeland Security
des États-Unis en Amérique centrale et dans les
Caraïbes sous prétexte d'arrêter le trafic de drogue
et le commerce illégal d'armes, même s'il a
été amplement démontré que les agences de
sécurité des États-Unis opèrent au sein de
ces organisations criminelles dans le but de déstabiliser ces
pays en y incitant le chaos et l'anarchie et s'y présenter
ensuite comme les sauveurs de la situation.
Selon le bureau du premier ministre, les faits saillants
du sommet comprennent un engagement :
« À
élaborer un plan de travail sur la compétitivité
nord-américaine axé sur les investissements, l'innovation
et la participation accrue du secteur privé ;
« À élaborer un plan sur les
transports en Amérique du Nord, premièrement au moyen
d'un plan sur le transport régional des marchandises et
l'établissement d'un programme nord-américain de
voyageurs fiables en 2014, ce qui facilitera les déplacements
des personnes ;
« À développer notre
capacité à favoriser l'innovation, à donner
à nos citoyens accès à la technologie et à
des possibilités de formation de grande qualité ainsi
qu'à permettre à la main-d'oeuvre d'acquérir les
aptitudes dont elle a besoin pour réussir dans l'économie
mondiale du 21e siècle ;
« À collaborer en ce qui concerne les
assurances et la prévention des risques liés aux
catastrophes, la gestion des incendies de forêt, l'accès
à des sources d'énergie propres et abordables et la
promotion du développement social durable ;
« À continuer à coordonner et
à chercher de nouveaux secteurs de coopération pour
contrer le trafic de stupéfiants, le trafic d'armes et les
autres commerces illicites et à coopérer avec des
partenaires de l'Amérique centrale et des Caraïbes ainsi
qu'avec d'autres pays de l'hémisphère pour favoriser le
développement, la croissance économique et la
sécurité des citoyens.
« Afin de favoriser la transparence, la
reddition de comptes et l'inclusivité, les dirigeants ont
demandé aux responsables de rendre compte des progrès des
efforts conjoints avant chaque Sommet des dirigeants
nord-américains. Ils leur ont aussi demandé
d'élaborer un nouveau mécanisme en 2014 qui
permettra aux experts et aux parties concernées
d'échanger leur point de vue sur le programme et les
activités. »
Il a aussi été décidé que le
premier ministre Harper soit l'hôte du prochain Sommet.
(Source ; correspondant du LML, agences
de nouvelles, Bureau du premier ministre)

Le peuple mexicain accueille le sommet des
chefs d'État nord-américains au cri de :
20 ans d'ALÉNA! No Más!
- Claude Brunelle -
Le 19 février,
la ville de Toluca, capitale de l'État de Mexico, était
l'hôte du sixième sommet des chefs d'État
nord-américains. Elle a reçu le président des
États-Unis, Barack Obama, le premier ministre du Canada, Stephen
Harper, et le président du Mexique, Enrique Peña Nieto.
À ce sommet les chefs d'État ont
célébré les 20 ans de l'Accord de
libre-échange nord-américain (ALENA) entré en
vigueur le 1er janvier 1994. Ce sommet qui sert depuis sa
création en 2005 à développer des politiques
d'intégration dans les domaines de la sécurité, de
l'énergie et des structures politiques et judiciaires des trois
pays est un levier important pour garantir la prospérité
non pas des peuples, comme il est prétendu, mais bien des grands
monopoles au détriment des peuples d'Amérique du Nord et
également de ceux à travers le monde. Il sert
également à négocier derrière des portes
closes de nouveaux accords qui favorisent encore les grands monopoles,
comme c'est le cas du Partenariat Transpacifique (PTP) appelé
à actualiser l'ALÉNA aux besoins actuels des monopoles.
Pour l'opposition organisée au Canada et aux
États-Unis et l'ensemble du peuple mexicain, il n'y a rien
à célébrer sinon la lutte de toutes les sections
du peuple contre la misère, la violence,
l'insécurité, la privatisation de l'éducation et
de l'énergie, la destruction de l'agriculture et des centres
manufacturiers et la spoliation des ressources naturelles. En 20 ans
d'ALÉNA, le Mexique a quintuplé le niveau
d'échange économique avec les États-Unis, selon
son ministère de l'Industrie. Mais pour le peuple mexicain,
cette augmentation du niveau des échanges se caractérise
par l'exportation massive des ressources humaines du pays, puisque
c'est par millions que chaque année des travailleurs et
professionnels mexicains doivent s'exiler vers les États-Unis et
le Canada afin d'y travailler comme esclaves modernes et de pouvoir
envoyer de l'argent afin d'assurer la survie de leur famille. Le taux
de croissance économique du Mexique n'a pas
dépassé les 1 % depuis l'entrée en vigueur de
l'ALÉNA. Le pays a été transformé en pays
exportateur de matières premières et doit maintenant
importer des produits alimentaires de base comme le maïs et payer
des redevances au monopole Monsanto, alors qu'il était
autosuffisant auparavant.
Aussi depuis le 15 février, de nombreuses
organisations de travailleurs de l'énergie, des mines, de
l'éducation et des organisations sociales et de défense
des droits et des communautés autochtones ont entrepris une
série d'actions à travers le pays afin de dire : 20
d'ALÉNA no Más ! ! Basta 30 ans de politiques
néolibérales ! Basta aux réformes
structurales ! Arrêtons la vente du pays !
Le samedi 15 février, des milliers de
personnes ont participé à une manifestation devant les
bureaux de la maison mère de l'entreprise minière Groupe
Mexico, pour par la suite se diriger au monument de l'Ange de
l'indépendance sur l'avenue Réforma pour s'y regrouper et
marcher jusqu'à l'ambassade américaine sur la même
rue. Le lundi 17 février, des milliers d'enseignants ont
pris d'assaut l'autoroute Mexico-Toluca en direction de Toluca afin d'y
manifester leur opposition à la privatisation du système
d'éducation et aux autres conséquences de l'ALÉNA.
Ils ont été bloqués à quelques
kilomètres de la ville par la police et l'armée, qui leur
ont refusé l'entrée dans la ville transformée en
bunker pour l'occasion.
Durant la fin semaine des 15 et
16 février, Andres Manuel Obrador, dirigeant du mouvement
Morena qui regroupe plus de deux millions de personnes, s'est
adressé à des milliers de manifestants à San Luis
Potosi, leur disant que les chefs d'État des États-Unis
et du Canada venaient fêter avec le président mexicain
Peña Nieto le vol de l'or, de l'argent et du cuivre du pays
ainsi que la remise du pétrole mexicain entre les mains des
monopoles étrangers comme Exxon, Chevron et autres. La ville de
San Luis Potosi étant un centre de lutte très active
contre les conséquences de l'exploitation minières, a
rappelé Obrador, précisant que 25 % du territoire
nationale, soit 50 millions d'hectares sur les 250 millions que compte
la république, était aux mains des compagnies
minières étrangères, principalement canadiennes.
En effet, à travers tout le Mexique de nombreuses
luttes se mènent contre le vol des terres des communautés
autochtones par les entreprises minières, qui en plus de
s'enrichir du vol des ressources du peuple mexicain, détruisent
l'environnement et empoisonnent les communautés par la
contamination au cyanure des nappes phréatiques, et ce, en toute
impunité. Il s'agit d'une des conséquences directes de
l'application de l'ALÉNA. Les monopoles utilisent le tribunal
extraterritorial de cet accord pour soumettre les pays membres à
leur diktat, sous menace de leur soutirer des millions en dommages et
intérêts pour perte de revenu, comme ce fut le cas dans
l'État du Chiapas au Mexique, mais également au Salvador
et au Costa Rica. Il s'agit d'une atteinte directe à la
souveraineté des pays.
Des milliers
d'enseignants mexicains marchent sur l'autoroute en direction du sommet
de Toluca le 17 février 2014.
Parmi les revendications importantes du peuple mexicain
actuellement se trouve l'annulation de la réforme
énergétique que vient d'adopter le gouvernement de
Peña Nieto.
Suivant cette
réforme, il sera désormais possible pour des entreprises
étrangères d'investir dans l'entreprise nationale du
pétrole PEMEX et d'en recevoir des dividendes, de faire de
l'exploration et de participer à l'extraction. Ceci contrevient
en sa totalité à la constitution du pays, qui stipule que
le pétrole et ses dérivés sont un bien national
qui appartient au peuple mexicain et qui ne peut être
spolié ou cédé à des intérêts
étrangers en tout ou en partie. Plus de deux millions de
personnes ont signé une pétition demandant la tenue d'un
référendum national sur la question afin que le peuple
puisse se prononcer.
Mais le gouvernement du Parti révolutionnaire
institutionnel (PRI) en alliance avec l'ancien parti au pouvoir, le
Parti de l'action nationale (PAN), a usé de la majorité
que cette alliance lui donne pour passer outre à ce droit que la
constitution accorde au peuple et a fait adopter sa réforme. Ce
processus de privatisation du pétrole mexicain a commencé
avec l'imposition des politiques néolibérales il y a
trente ans et n'a cessé de s'intensifier depuis.
Premièrement, l'Institut de recherches scientifique de PEMEX fut
éliminé, détruisant ainsi tout le centre
d'expertise du pays en la matière. Puis le réseau de
distribution a été privatisé, les services
d'entretien donnés à des sous-traitants, la construction
de nouvelles raffineries bloquée et le pétrole brut vendu
directement aux monopoles américains qui l'expédient aux
États-Unis, le raffinent et en revendent les
dérivés au Mexique à des prix exorbitants.
Ayant donc placé l'entreprise nationale dans une
telle situation de perte de revenu, le gouvernement
néolibéral de Peña Nieto a dit que pour
éliminer le déficit, il fallait exploiter les grandes
ressources pétrolières que possède le pays, dont
celles du golfe du Mexique. Or, le pays n'a pas l'expertise pour le
faire et il doit donc s'associer à des entreprises
étrangères dans ce travail de modernisation des
équipements d'exploration et d'exploitation et d'extraction.
Le mouvement de lutte contre
cette privatisation ne cesse de se développer dans tout le pays.
Toutes sortes d'actions sont menées pour bloquer la
réforme en question, comme l'intensification des mesures pour
exiger que le gouvernement respecte le droit du peuple d'exiger la
tenue d'un référendum sur la question ou encore le
dépôt à la Cour suprême d'une demande pour
trahison de la nation contre le président Peña Nieto et
tous ceux qui ont voté en faveur de la réforme. Tout cela
s'accompagne de manifestations et de rencontres dans lesquelles
avancent la discussion et l'organisation des différentes
sections du peuple pour changer la situation.
Le 19 février, des milliers de personnes se
sont donné rendez-vous dans la ville de Toluca devant l'endroit
où s'est tenu le sommet et ont fait savoir aux « tres
amigos » que 20 ans d'ALÉNA No Más !

Ne laissons pas le Canada agir comme cheval de Troie
pour l'impérialisme américain dans les Amériques!
- Enver Villamizar -
Avant le Sommet des dirigeants nord-américains de
cette année, le premier ministre canadien Stephen Harper a
effectué sa première visite officielle au Mexique pour
s'entretenir avec le président mexicain Enrique Peña. En
outre, il a rencontre les représentants du monopole canadien de
l'énergie TransCanada qui opère au Mexique.
Selon ce qu'on sait de cette
rencontre, tout indique que l'accent a été mis sur
l'intégration de l'armée mexicaine au U.S. Northern
Command (Commandement nord-américain) en augmentant la
participation des militaires mexicains aux diverses activités
des forces armées canadiennes. Cela fait partie
intégrante des nouveaux arrangements pour mettre en place
à l'échelle continentale de nouvelles institutions parmi
les trois forces armées. C'est d'autant plus important que
l'armée mexicaine ne fonctionne pas encore de la même
manière que les forces armées canadiennes et
américaines, c'est-à dire avec un commandement
centralisé pour toutes les branches, au moyen d'arrangements
tels que les chefs d'état-major. L'armée et la marine
mexicaines relèvent de deux ministères distincts, le
secrétariat de la Défense nationale et le
secrétariat de la Marine, et maintiennent deux chaînes
indépendantes de commandement, sans direction conjointe autre
que celle du président du Mexique.
Il y a une autre différence notable entre la
façon dont les forces armées du Mexique ont
traditionnellement fonctionné par rapport à celles des
États-Unis et, de plus en plus, le Canada, par sa participation
à l'OTAN et en tant qu'appendice de l'armée
américaine. L'armée mexicaine a opéré
presque exclusivement à l'intérieur du pays plutôt
que comme une force expéditionnaire. C'est également un
fait connu que, selon la Constitution mexicaine, les forces
armées ne peuvent quitter le territoire mexicain sans une
déclaration de guerre et l'approbation du Congrès. C'est
en 1942 que cette disposition a été invoquée
la dernière fois et cela concernait l'envoi d'une force
expéditionnaire aux Philippines, alors que la guerre avait
été déclarée à l'Allemagne et au
Japon, suite au naufrage de deux navires mexicains par des sous-marins
allemands. En 1990, le président Carlos Salinas de Gortari a
demandé l'autorisation du Congrès pour envoyer des
troupes participer à la guerre du Golfe, mais la demande a
été refusée car il n'y avait pas de
déclaration de guerre contre l'Irak.
En 2012, le Canada a accueilli la réunion
inaugurale des Rencontres des ministres de la Défense de
l'Amérique du Nord (MDAN) « pour discuter des
défis de défense et de sécurité
continentales et régionales, ainsi qu'explorer les
possibilités de collaboration dans les tribunes
hémisphériques sur la défense ». Depuis
la réunion inaugurale, une évaluation de la menace
continentale est maintenant complétée et une simulation
d'exercice trilatéral d'aide humanitaire et de réponse
aux catastrophes est prévue pour mars 2014 au Mexique.
Le but de ces exercices est de simuler des
scénarios d'urgence pour voir comment les politiques et
protocoles, ainsi que les limites constitutionnelles, peuvent
être transformer afin que l'armée et des agences civiles
puissent fonctionner sous un commandement centralisé,
c'est-à-dire sous NORAD /U.S. Northern Command.
Lors d'une rencontre
préliminaire avec le président Peña, Harper a
annoncé que le Canada et le Mexique signeront en avril
2014 une déclaration d'intention sur la coopération
de défense, visant à « renforcer davantage les
relations bilatérales de défense ». Les
autorités qui la mettront à exécution sont les
Forces armées canadiennes (FAC), le ministère canadien de
la Défense nationale (MDN), le secrétariat de la
Défense nationale du Mexique et la marine mexicaine.
Pour donner un sens aux activités en cours pour
amener l'armée mexicaine sous le commandement des
États-Unis, il a été annoncé qu'en juin
2012, deux fonctionnaires de la marine mexicaine ont participé
au Programme des observateurs internationaux de l'exercice Maple Flag
45 (série 1) des observateurs internationaux, à Cold
Lake, en Alberta. C'était la première fois qu'un navire
de la marine mexicaine participait à un exercice au Canada.
Le gouvernement Harper a également
souligné les liens permanents suivants qui sont renforcés
par la nouvelle déclaration d'intention :
« Direction de l'instruction et de la
coopération militaires — Le Mexique est membre du Programme
d'instruction et de coopération militaires (PICM) du Canada
depuis 2004. Jusqu'à maintenant, 168 étudiants
mexicains ont reçu de l'instruction dans le cadre du PICM. La
Direction de l'instruction et de la coopération militaires, qui
administre le PICM, et le Commandement des opérations
interarmées du Canada se penchent sur des moyens innovateurs
d'élargir la coopération de base avec le
Mexique. »
« Discussions politico-militaires entre le
Canada et le Mexique — Établis en 2006, ces rendez-vous
réguliers entre les ministères des Affaires
étrangères et de la Défense au Canada et au
Mexique servent de point de départ pour développer la
coopération en matière de défense et de politique
étrangère sur les questions de sécurité
hémisphériques ou internationales. La septième
ronde de pourparlers a eu lieu au mois de décembre 2013 au
Mexique et des discussions fructueuses sur la sécurité
régionale, l'instruction militaire et la justice militaire s'y
sont tenues. »
« Discussions Canada-Mexique au niveau de
l'état-major — En misant sur la réussite des discussions
politico-militaires, le Canada et le Mexique ont entamé au mois
de mai 2011 des discussions Canada-Mexique au niveau de
l'état-major pour maintenir une relation efficace et durable
entre les forces armées des deux pays. La troisième ronde
d'entretiens au niveau de l'état-major a eu lieu au Canada, au
mois de mai 2013 ».
« Initiative nord-américaine de
sécurité maritime (INASM) — Cette initiative
trilatérale a été établie pour permettre
aux États-Unis, au Mexique et au Canada d'échanger de
l'information et d'améliorer l'interopérabilité
maritime, la connaissance de la situation et l'intervention conjointe
face à des menaces maritimes. »
Dans le cadre de la
rencontre préliminaire, il a été annoncé
que le Canada et le Mexique ont signé un accord visant à
établir « un cadre ouvert pour les vols directs de
tous les transporteurs aériens canadiens ou mexicains ; une
plus grande souplesse pour les transporteurs aériens qui
souhaiteront offrir de nouveaux prix en réponse à la
demande des consommateurs ; de solides dispositions pour garantir
la sûreté et la sécurité des vols entre les
deux pays. ».
Des accords ont également été
signés entre Exportation et Développement Canada (EDC) et
la Banco Nacional de Comercio Exterior, S.N.C. (Bancomext) afin
d'améliorer les possibilités de financement pour les
entreprises canadiennes et mexicaines, ainsi que d'un
« accord-cadre de coopération (ACC) »
entre EDC, Bancomext, la Banque Scotia, la Banque de Montréal,
HSBC Mexique, Banorte, BBVA Bancomer, Banamex et un fonds de capitaux
privés administré par les institutions financières
mexicaines appartenant à l'État. L'accord mettra en place
« une collaboration » visant à fournir un
soutien financier, des garanties, du capital-investissement et de
l'aide aux projets et aux entreprises mexicaines et canadiennes,
« en mettant particulièrement l'accent sur la
promotion des exportations des petites et moyennes entreprises des deux
pays ».

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