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Numéro 25 - 21
février 2014
Nouvelle mouture de la Loi sur
l'éducation des Premières Nations
Les Premières Nations
refusent de
se laisser berner

Nouvelle
mouture
de
la Loi sur l'éducation des
Premières Nations
• Les Premières
Nations refusent de se
laisser berner
• Opposition au projet de
loi : des
réactions
• Résolution du
Caucus iroquois
- le 6 février 2014
À titre d'information
• Les propositions du
gouvernement Harper
Nouvelle mouture de la Loi sur
l'éducation des Premières Nations
Les Premières Nations refusent de se
laisser
berner
Le 7 février, à l'école
secondaire de la première nation Kainah
(les Gens-du-sang), la
plus grande réserve autochtone au Canada
située à
environ 200 km au sud de Calgary, le premier
ministre Stephen Harper,
accompagné du ministre des Affaires
autochtones et du
Développement du Nord, Bernard Valcourt, et
du chef national
de l'Assemblée des Premières
Nations, Shawn Atleo, a
annoncé une
« refonte » de la loi sur
l'éducation des Premières Nations
pour tenter d'apaiser
la résistance à la Loi
sur l'éducation des
Premières Nations et d'autres
projets de loi visant
l'élimination des titres, droits et
réclamations des
Premières Nations au Canada.
Selon Harper, les dispositions incluses dans la
nouvelle loi, maintenant appelée Loi
donnant aux Premières Nations
le contrôle de l'éducation des
Premières Nations,
donneraient
aux Premières Nations un contrôle
sans
précédent sur l'éducation de
leurs enfants. Elles
seraient le fruit d'une nouvelle entente
résultant
d'« un processus sans
précédent de consultation et de
discussion »,
selon un communiqué émis par le
bureau du premier
ministre.
À
l'extérieur
de l'endroit où l'annonce a
été faite, des gens
manifestaient à l'appel du groupe Idle No
More de la
première nation Kainah. Les invités
choisis par le
gouvernement étaient installés
à l'auditorium en
présence des représentants du
gouvernement, tandis que
les forces de sécurité ont
dirigé les
« non invités » comme
Idle
No more et d'autres qui s'opposent à Harper
dans un gymnase pour
voir les procédures via un appareil de
télévision.
Parmi les invités, il y avait plusieurs
représentants du
monde des affaires venus représenter
l'« industrie » et garantir
un auditoire
réceptif et accueillant. L'annonce ne
concernait pas du tout une
augmentation immédiate
du financement de l'éducation des
Premières Nations pour
pallier aux écarts qui ne cessent de
grandir depuis 1996. Ce
sous-financement a créé un
sérieux
désavantage pour les enfants et les jeunes
des Premières
Nations. Le gouvernement a plutôt promis un
financement futur qui
sera lié à l'emploi et à la
formation pour
répondre au « marché
de l'emploi », ce que le ministre
Valcourt appelle observer
les changements par « la lunette
économique ».
La veille, le chef et le conseil de la
première
nation Kainah avaient émis un
communiqué
dénonçant la manière
unilatérale dont la Loi a été
conçue et ensuite imposée aux
Premières Nations. Le communiqué
disait que la Loi
était inacceptable et qu'elle ne
répondait pas aux
préoccupations de la première nation
Kainah en ce qui
concerne ses
besoins en éducation.
Le même jour, le Caucus iroquois, qui
représente 55 000 personnes et
regroupe les
représentants élus de sept
communautés iroquoises
de l'Ontario et du Québec, a adopté
une résolution
unanime rejetant « intégralement
la Loi sur
l'éducation des Premières Nations, y
compris toutes ses
composantes et son contenu, ainsi que toute
législation tant fédérale que
provinciale qui
serait imposée de cette
façon » et affirmant
que le Caucus iroquois prendra « toutes
les mesures
nécessaires pour travailler avec ses
alliés en opposition
à la Loi sur l'éducation des
Premières
Nations » telle que proposée.
(Voir le texte de la
résolution ci-dessous)
Plusieurs autres Premières Nations ont par
la
suite pris position contre la proposition de
Harper, certaines se
disant sceptiques face à cette
« annonce
historique », d'autres la qualifiant
carrément
d'« opportunisme
politique ».
L'annonce d'une « refonte »
de la Loi est une tentative maladroite du
gouvernement Harper de berner les
Premières Nations et de créer entre
elles des divisions
politiques en promettant quelques dollars de plus.
C'est aussi pour
saper l'unité politique qui existe entre
les Canadiens et les
Premières Nations. Mais personne n'est
dupe : les Premières Nations et les
Canadiens ont une
expérience directe de la brutalité
de l'offensive
antisociale de ce gouvernement qui ne respecte les
droits de personne.
On ne sait même pas s'il s'agit de nouveau
financement et de
sommes enlevées à d'autres
programmes.
Le gouvernement Harper a présenté
l'annonce du 7 février comme un
événement
« historique ». Cela n'a de
sens que si l'on
entend par « historique »
que cela appartient au
XIXe siècle. Cela appartient à la
conception coloniale
raciste de l'État canadien que poursuit le
gouvernement Harper,
comme les
gouvernements provinciaux et territoriaux
d'ailleurs, qui refusent de
reconnaître les conventions internationales
et les obligations
découlant de traités touchant aux
peuples autochtones,
ainsi que les droits ancestraux, historiques,
constitutionnels et de
traités des Premières Nations au
Canada.
À l'approche du 150e anniversaire de la
Confédération en 2017, ce qui
revient de plus en plus au
premier plan, c'est la nécessité que
les Premières
Nations, la nation du Québec et la nation
canadienne
entreprennent de renouveler les institutions et
processus politiques
pour établir une nouvelle constitution, une
constitution moderne
basée sur la
reconnaissance des droits des Premières
Nations, de la nation du
Québec et du reste du Canada. Le Canada ne
peut pas se
défaire de son passé colonial si
l'État canadien
persiste à traiter les Premières
Nations comme des
peuples sujets plutôt que des nations
souveraines ayant le droit
de décider de toutes leurs affaires. Dans
ce sens, l'avenir des
Premières Nations, du peuple
québécois et du
peuple canadien se trouve dans notre unité
politique et dans la
lutte pour les droits de tous !

Opposition au projet de loi : des
réactions
Le grand chef
adjoint de
la nation Nishnawbe Aski Goyce Kakagamic
s'adresse aux médias
à Thunder Bay lors d'un rassemblement
contre la Loi sur
l'éducation des Premières Nations
le 4 décembre
2013.
Beaucoup d'organisations et d'individus des
Premières Nations se sont prononcés
contre les
dispositions de la Loi sur l'éducation
des Premières
Nations, maintenant appelée Loi
donnant aux
Premières Nations le contrôle de
l'éducation des
Premières Nations, annoncées
par le premier ministre
Stephen
Harper le 7 février.
Le groupe Idle No More de la première
nation
Kainah (les Gens-du-Sang) a noté :
« Il s'agit
de la plus récente d'une série
d'amendements
unilatéraux du gouvernement
fédéral à la Loi
sur
les
Indiens pour assimiler les Premières
Nations dans
le tronc canadien en niant leurs droits
inhérents, autochtones
et de traités. Le
passé du gouvernement Harper ne laisse pas
le choix aux gens
à la base : ils doivent se lever et
dire Non ! au
projet de loi et aux autres lois, accords et
politiques qui sapent
notre souveraineté et notre droit à
l'autodétermination. »
Le
chef adjoint de la
Fédération des nations indiennes de
la Saskatchewan Bobby
Cameron a dit : « Les
1,25 millions $
annoncés par le premier ministre Harper
n'arrivent pas assez
vite. Les programmes d'éducation des
Premières Nations
connaissent un manque à gagner de
335 millions $ en ce
moment.
Ils ne peuvent pas attendre à
2016 [...] Nous profiterions
tous du respect et de la réalisation des
traités et de
l'avancement de nos droits en tant que peuples
autochtones reconnus
mondialement et de notre droit inhérent
à
l'autodétermination. »
L'Assemblée des Premières Nations
du
Québec et Labrador affirme dans un
communiqué du
11 février que les mesures
annoncées par le premier
ministre sont « de l'opportunisme
politique à son
meilleur. Le soi-disant engagement ne
représente qu'un
changement de nom accompagné de promesses
recyclées. » L'Assemblée
note que l'annonce ne contient pas de mesures
concrètes qui
permettraient aux Premières Nations d'avoir
un contrôle
réel de l'éducation de leurs enfants
et semble avoir pour
objectif d'« arracher la
compétence en
éducation des mains des Premières
Nations et la
conférer au ministre ». Le chef
de l'Assemblée
Ghislain Picard a
expliqué : « Nous
espérions impliquer le
gouvernement du Canada de manière
respectable et par le biais
d'un effort de collaboration. Nous avons
écrit au ministre
Valcourt afin d'établir ce que nous croyons
être des
conditions gagnantes pour obtenir notre appui. Non
seulement le
ministre n'a pas répondu à nos
appels, il a choisi de
poursuivre avec son approche
unilatérale. »
Le chef régional de l'Ontario Stan Beardy
a
déclaré le 10 février :
« Bien que
l'annonce de vendredi affirme que le Canada et les
Premières
Nations s'accordent pour travailler ensemble pour
l'adoption de la
nouvelle 'Loi donnant aux Premières
Nations le
contrôle de l'éducation des
Premières Nations',
et
de
mettre au
point conjointement les règlements qui
doivent en
découler, on ne sait pas exactement comment
cet accord est
survenu ni comment se fera le travail
conjoint. » Il a
ajouté : « En
annonçant la 'nouvelle
approche', le gouvernement Harper continue de
couper et d'appliquer des
lignes directrices restrictives dans tout
financement de
nos organisations représentatives, y
compris pour
l'éducation. Nos enfants subissent le
sous-financement et se
voient nier les possibilités et
l'équité depuis
trop longtemps. »
Le grand chef Ford Peters de l'Association des
Indiens
alliés de l'Ontario, responsable de
l'éducation pour les
chefs de l'Ontario, a dit le 10
février : « Nos
gens sont d'accord : nous devons continuer
d'affirmer nos
compétences inhérentes en
matière
d'éducation en développant et en
appliquant nos propres
lois et règlements
sur l'éducation qui mèneront
à
l'établissement de nos propres standards et
systèmes en
éducation. »
Le
7 février, la
Confédération des Six Nations du
traité de
l'Alberta, qui regroupe une partie de la
première nation Onion
Lake en Saskatchewan et représente 18
Premières Nations au total, affirme dans un
communiqué :
« Les Premières Nations et les
Canadiens ont
appelé maintes et maintes fois à la
coopération
entre
le gouvernement et les Premières Nations.
Un changement
réel n'est possible que par une
coopération
réelle. Non seulement l'éducation
est-elle une
nécessité pour les Premières
Nations du Canada,
mais la participation accrue des Premières
Nations à
l'économie canadienne ne peut qu'être
bénéfique pour le pays dans son
ensemble. Le fait de
continuer à prendre des décisions
unilatéralement
nuit à tous les Canadiens, pas seulement
aux Premières
Nations, et c'est contraire aux droits de
traités et droits
inhérents tels qu'enchâssés
dans la Constitution
(1982). L'application du droit de traité en
éducation ne
peut plus être ignorée. »
Tyrone McNeal, président du comité
de
direction sur l'éducation des
Premières Nations en
Colombie-Britannique, affirme dans un
communiqué du
12 février concernant l'accord entre
le gouvernement Harper
et l'Assemblée des Premières
Nations :
« Nous aimerions beaucoup
connaître les détails
de l'accord pour mieux
comprendre le processus dans lequel nous nous
engageons. Par exemple,
s'agit-il de la proposition antérieure du
Canada qui est
ramenée sous un nouveau nom et avec des
modifications mineures,
ou le Canada s'engage-t-il dans un nouveau
processus pour la mise au
point en commun d'un nouveau projet de loi ?
Nous avons besoin de
garanties que les Premières Nations de
toutes les régions
auront une possibilité réelle de
participer. [...] Ce
sont des questions cruciales auxquelles il faut
des réponses.
Nous notons que le premier ministre propose
d'inclure dans la nouvelle loi plusieurs
éléments qui étaient dans la
promotion d'octobre 2013. Les Premières
Nations ont
rejeté cette
proposition à l'unanimité et ont
demandé un
nouveau processus pour développer un
nouveau projet de loi d'un
commun accord. »
 
Rassemblement
contre la
Loi sur l'éducation des Premières
Nations à
Toronto le 4 décembre 2013.

Résolution du Caucus iroquois
- le 6 février
2014 -
ATTENDU QUE les peuples iroquois sont des peuples
autonomes, qui ont toujours à travers
l'histoire affirmé
leurs droits de gouverner leurs propres
affaires ;
ATTENDU
QUE les peuples
iroquois agissent selon les philosophies, les
valeurs, les traditions,
les concepts et les principes de la paix, du
pouvoir et de la rectitude
en vertu du Kaianere'ko :wa [la Grande
Loi de la paix de la
confédération iroquoise - ndlr] ;
ATTENDU QUE ces principes ont gouverné, et
gouvernent toujours, la vie des peuples iroquois
depuis des temps
immémoriaux ;
ATTENDU QUE les peuples iroquois ont un droit
à
l'éducation, droit historique, inné
et
inaliénable ;
ATTENDU QUE les peuples iroquois n'ont jamais
cédé leur territoire ancestral, ni
leurs titres ni leurs
droits, et qu'ils continuent d'affirmer leurs
droits en tant que
peuples ;
ATTENDU QUE la déclaration des Nations
unies sur
les droits des peuples autochtones affirme le
droit des peuples
iroquois de choisir et de contrôler leurs
systèmes
d'éducation et leurs institutions ainsi
qu'une éducation
dans les langues qui leur sont propres et conforme
à leurs
méthodes culturelles d'enseignement et
d'apprentissage ;
ATTENDU QUE la déclaration appelle aussi
le
Canada à travailler avec les peuples
iroquois, à
« prendre les mesures
nécessaires permettant aux
autochtones en tant qu'individus, en particulier
les enfants, y compris
ceux qui vivent à l'extérieur de nos
communautés,
d'avoir accès, lorsque possible, à
une éducation
conforme à leur propre
culture et à leur propre
langue » ;
ATTENDU QUE « mesures
nécessaires » comprend la
garantie d'un financement
répondant aux coûts réels
d'une éducation
responsable sur le plan linguistique et culturel,
et ce, du
préscolaire au postsecondaire ;
ATTENDU QUE les communautés membres du
Caucus
iroquois ont pris connaissance des plans du
gouvernement
fédéral de mettre en oeuvre un
projet de loi du nom de
« Loi sur l'éducation des
Premières
Nations » ;
ATTENDU QUE le gouvernement fédéral
n'a
pas assumé de façon adéquate
et significative sa
responsabilité d'engager les
communautés membres du
Caucus iroquois dans le développement de
tout projet de loi en
éducation ;
ATTENDU QUE les communautés membres du
Caucus
iroquois s'opposent nettement à
l'imposition de projets de loi
fédéraux ou provinciaux aux
communautés
autochtones et, en particulier, aux
communautés iroquoises, qui
ne reconnaissent pas la juridiction exclusive de
nos
communautés ;
ATTENDU QUE les communautés membres du
Caucus
iroquois réitèrent que le
gouvernement
fédéral a, de façon
constante, sous-financé
nos systèmes d'éducation
communautaires, ce qui affecte
cruellement le succès et les
résultats de nos
étudiants ;
IL EST
RÉSOLU QUE les
communautés membres du Caucus iroquois
rejettent
intégralement la Loi sur
l'éducation des
Premières Nations, y compris toutes
ses composantes et son
contenu, ainsi que toute législation tant
fédérale
que provinciale qui serait imposée de cette
façon ;
IL EST RÉSOLU QUE les communautés
membres
du Caucus iroquois exigent que le Canada cesse
immédiatement
tout développement ultérieur,
adoption ou mise en oeuvre
de projets de loi sur l'éducation des
Premières
Nations ;
IL EST DE PLUS RÉSOLU QUE les
communautés
membres du Caucus iroquois exigent que le Canada
reconnaisse et
respecte le droit des peuples autochtones au
contrôle
juridictionnel de leurs systèmes
d'éducation et qu'il
rencontre nos communautés qui en sont les
titulaires
légitimes afin de discuter et de prendre
les mesures qui
s'imposent
pour régler le sous-financement chronique
de nos systèmes
d'éducation ;
ENFIN, IL EST AUSSI RÉSOLU QUE les
communautés membres du Caucus iroquois
prennent toutes les
mesures nécessaires pour travailler avec
leurs alliés
pour s'opposer à la Loi sur
l'éducation des
Premières Nations.

À titre d'information
Les propositions du gouvernement Harper
Selon l'information provenant du Cabinet du
premier
ministre et publiée le
7 février souligne, le
gouvernement donne suite à
« l'entente historique
entre le gouvernement du Canada et
l'Assemblée des
Premières Nations »,
annoncée chez la
première nation Kainah, avec la
rédaction finale et la
présentation de la Loi donnant aux
Premières Nations
le
contrôle de l'éducation des
Premières Nations.
L'intention du projet de loi est
« d'améliorer les
résultats du programme d'éducation
de la maternelle
à la 12e année pour les
élèves des
Premières Nations, et offrir aux enfants
des Premières
Nations qui vivent dans une réserve une
éducation
de grande qualité, comme à tous les
autres
Canadiens ». Cela mérite qu'on
s'attarde un instant
à cette déclaration parce que
l'éducation de
« tous les autres
Canadiens » est
sérieusement sous-financée et
privatisée et est un
échec pour tous les autres jeunes
Canadiens.
En outre, Harper a annoncé plus de
1,9 milliards $ qui compte pour
« les programmes
linguistiques et culturels ».
Ces propositions, dont les détails seront
mis au
point pour avoir la nouvelle législation en
place pour la
nouvelle année scolaire en 2014, seront
appliquées
« tout en établissant des normes
minimales en
matière d'éducation, qui
correspondront aux normes
provinciales en vigueur à
l'extérieur des
réserves ». En vertu de cette
entente,
les Premières Nations seront tenues de
suivre « un
programme de base dont le niveau sera égal
ou supérieur
aux normes provinciales ». En outre,
les étudiants
des Premières Nations devront
fréquenter l'école
régulièrement et les enseignants des
Premières
Nations seront « correctement
certifiés »
par les autorités
provinciales.
Selon Harper, cela résoudrait le
problème
des élèves des Premières
Nations
diplômés des écoles des
Premières Nations
sans les qualifications préalables
reconnues pour entrer sur le
marché du travail ou se faire admettre dans
les
établissements postsecondaires. Rien n'est
mentionné sur
le sous-financement des écoles des
Premières Nations
durant les 20 dernières années,
années durant
lesquelles les élèves de ces
écoles ont
reçu, en moyenne, 25 % moins de
financement par habitant
que leurs pairs non autochtones.
En outre, la Loi va « améliorer
aussi
la transparence et favorisera la reddition de
comptes en
définissant clairement les rôles et
responsabilités
des administrateurs scolaires des Premières
Nations, et en
exigeant le dépôt de rapports
annuels ». Les
Premières Nations seront également
« autorisées »
à établir les
administrations scolaires des Premières
Nations tout comme les
conseils scolaires provinciaux.
Le gouvernement Harper a déclaré
qu'il
« abrogera également les
dispositions de la Loi
sur les Indiens portant sur les
pensionnats ». Il
affirme que cette mesure « revêt
une grande importance
symbolique et est conforme aux objectifs de ce
projet de loi qui
consistent, en l'occurrence, à tourner la
page sur le
chapitre sombre du régime des pensionnats,
et à fournir
un cadre qui permettra aux Premières
Nations d'élaborer
et de mettre en oeuvre un système
d'éducation de
qualité sous le contrôle des
Premières
Nations ».
La même vision paternaliste raciste qui a
donné lieu à l'établissement
par l'État
canadien du système de pensionnats au XIXe
siècle pour
assimiler les Premières Nations et qui a
continué presque
jusqu'à XXIe siècle, va maintenant
donner lieu à la
Loi donnant aux Premières Nations le
contrôle de
l'éducation des Premières Nations.
Ça ne pourrait être plus clair.
La proposition contient également des
dispositions pour former un « conseil
conjoint de
professionnels de l'éducation »
pour fournir
« des conseils et du
soutien » au gouvernement du
Canada et aux Premières Nations afin de
mettre en oeuvre la
nouvelle Loi.
Le gouvernement Harper propose également
de
s'engager à raison de
1,25 milliards $ sur trois ans
pour le financement de base qui inclurait les
développements
linguistiques et culturels et d'augmenter ce
budget de 4,5 %,
à compter de la période 2016-17. Il
s'engage à
mettre 500 millions $ sur une période
de sept ans
pour le financement des infrastructures à
compter de la
période 2015-16 et un montant
supplémentaire de 160
millions $ sur quatre ans à partir de
2015-16 pour la
mise en oeuvre des propositions.
Il importe de souligner que le chef
régional de
l'Ontario, Stan Beardy, a fait remarquer que
l'engagement à
financer les infrastructures ne suffit même
pas à couvrir
les besoins en infrastructure des écoles
des Premières
Nations de l'Ontario et encore moins partout au
pays. Quand on
considère qu'il y a environ 630
collectivités des
Premières
Nations au Canada et que les Premières
Nations ont la plus forte
croissance démographique au Canada, et le
fait que les
Premières Nations ont été
sous-financées
à tous les niveaux en matière
d'éducation, de
bien-être des enfants, de logement et des
autres besoins en
violation de leurs droits issus des
traités, la proposition du
gouvernement Harper
est tout simplement criminelle.

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