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Numéro 23 - 19
février 2014
À la défense des
droits de tous les travailleurs
Il faut mettre fin au programme
des
travailleurs étrangers temporaires!
À la défense des droits de
tous les travailleurs
• Il faut mettre fin au
programme des travailleurs étrangers
temporaires !
• Non au trafic des
travailleurs par la dictature Harper!
- Peggy Askin
• La lutte des monteurs
d'acier montre la nécessité de
mettre fin au Programme des travailleurs
étrangers temporaires - Un
correspondant du LML
À la défense des
droits de tous les travailleurs
Il faut mettre fin au programme des
travailleurs étrangers temporaires!
Les arrangements complexes impliquant
contracteurs et sous-traitants sur les chantiers
des sables bitumineux de l'Alberta sont monnaie
courante. À chaque fois que des
travailleurs canadiens syndiqués sont mis
à pied et que des travailleurs
étrangers temporaires (TET) poursuivent le
travail sur ce chantier à des salaires
inférieurs, les propriétaires du
projet et les compagnies responsables de la
construction déclarent tout simplement que
les TET ont été embauchés par
un sous-traitant différent. Les monopoles
de l'énergie et de la construction nient
toute responsabilité dans ce qui se passe
tout en continuant de se servir du programme de
TET. Ils le font pour faire baisser les salaires
et les avantages sociaux, s'emparer d'une plus
grande partie de la valeur que les travailleurs
produisent, refuser de mettre sur pied des
programmes publics de formation pour les milliers
de travailleurs canadiens qui ont besoin
d'améliorer leurs compétences. Ils
le font aussi pour exploiter les travailleurs
étrangers par des salaires
inférieurs et des emplois à salaire
minimum où ils subissent des mauvais
traitements de toutes sortes.
L'exemple
récent de la compagnie Pacer Promec, qui a
congédié 65 monteurs d'acier,
est loin d'être un cas isolé. La
violation des droits est au centre du Programme
des travailleurs étrangers temporaires. En
septembre 2013, 270 soudeurs et tuyauteurs au site
Sunrise de Husky Energy au nord de McMurray ont
été remplacés par des
travailleurs étrangers temporaires. L'autre
cas très médiatisé est celui
du personnel de la RBC qui a été
obligé de former le personnel engagé
au Canada dans le cadre du PTET puis s'est fait
remplacer par lui. Ces situations contre
lesquelles les travailleurs ont mené une
résistance organisée ne sont que la
pointe de l'iceberg parce que la plupart de ces
incidents ont lieu dans des milieux de travail non
organisés. Le programme des TET montre
à quel point les institutions politiques
servent les intérêts privés
étroits des monopoles et nient les droits
des travailleurs canadiens et étrangers.
Les travailleurs savent qu'ils ont la
responsabilité de veiller à ce que
les droits de tous soient défendus.
Aujourd'hui, la nécessité historique
est de s'organiser pour priver les monopoles et
leurs agents politiques du pouvoir de servir les
intérêts privés étroits
à l'encontre de l'intérêt et
du bien publics. En termes concrets, il faut
forcer la dictature Harper à mettre fin au
programme de travailleurs étrangers
temporaires et forcer Harper lui-même
à démissionner ! Cela peut se
faire ! Cela doit se faire !

Non au trafic des travailleurs par la dictature
Harper !
- Peggy Askin -
Lorsque des exemples scandaleux éclatent
au grand jour qui révèlent comment
le programme des travailleurs étrangers
temporaires (PTET) fonctionne, la dictature Harper
prétend s'indigner des mauvais traitements
que le programme cause aux travailleurs. Un
porte-parole de Jason Kenney, le ministre de
l'Emploi et du Développement social, a
ressorti la même rengaine quand il a
commenté le plus récent incident
où les membres de la section locale 720 du
Syndicat des métiers de l'acier travaillant
au chantier d'Imperial Oil à Kearl Lake ont
été mis à pied et
remplacés à un salaire réduit
de moitié par des travailleurs temporaires
étrangers originaires de la Croatie.
« Notre gouvernement ne peut
tolérer aucun recours abusif au programme
des travailleurs étrangers temporaires.
Notre gouvernement a récemment
adopté des réformes au programme des
travailleurs temporaires étrangers afin de
veiller à ce que les Canadiens soient les
premiers embauchés pour les emplois
disponibles, et ce programme est toujours sous
examen. »
Cette
déclaration est juste un écran de
fumée pour éviter que le
gouvernement n'ait à rendre des comptes
pour sa participation au trafic mondial des
travailleurs.
En décembre 2013, le gouvernement
fédéral a annoncé des
règlements qui, disait-il, autorisaient des
fonctionnaires gouvernementaux à mener sans
mandat des inspections en milieu de travail et
à sévir auprès d'employeurs
qui enfreignaient les règles. En fait, ces
règlements ne sont que du
réchauffé de règlements
déjà entrés en vigueur en
avril 2011 qui interdisaient pendant deux ans
l'accès au programme aux employeurs pour
non-respect d'un contrat de travail avec un
travailleur temporaire étranger. Qu'est-il
advenu de ces règlements et pourquoi les
réintroduire avec tambours et trompettes ?
Le gouvernement prétend qu'il exerce un
contrôle sur ce programme et le voilà
maintenant qui dit ne pas être
autorisé à faire une inspection en
milieu de travail sans mandat. Il contrôle
quoi exactement et comment sommes-nous
censés croire qu'il est sérieux
maintenant ?
Pendant la poursuite en justice entamée
par deux syndicats contre HD Mining qui avait
embauché 200 travailleurs étrangers
temporaires et avait fait de la maîtrise du
mandarin une condition d'emploi, le gouvernement
fédéral avait déclaré
qu'il n'avait pas le pouvoir de forcer HD à
rendre publiques les demandes d'emploi qu'il avait
reçues de travailleurs canadiens. Autrement
dit, le gouvernement fédéral a dit
qu'il n'était pas en mesure de
vérifier si la compagnie avait bel et bien
agi de façon conforme à la loi. Tout
un contrôle vraiment ! Cela en dit long
sur le genre d'autorité publique qui est en
place. La dictature Harper a dit avoir passe de
nouveaux règlements en réponse
à l'exemple de HD Mining. Qu'en-est il
advenu, et surtout, à quoi sont-ils bons si
l'autorité publique n'a pas la
volonté ou la capacité de les faire
appliquer ?
Ce que tout cela nous montre c'est que le PTET
n'est pas un programme légitime dont
abuseraient certains employeurs. C'est une forme
de trafic humain de travailleurs à
l'échelle du globe qui vise à
étendre le marché du travail pour
exercer une pression à la baisse sur les
salaires, les avantages sociaux et les conditions
de travail et affaiblir les organisations de la
classe ouvrière canadienne.
Le président de la
Fédération du travail de l'Alberta,
Gil McGowan, a mis cette réalité en
lumière quand il a exposé les
évènements de Lake Kearl où
65 monteurs d'acier ont été
congédiés et remplacés
à des salaires deux fois moins
élevés par des travailleurs
temporaires étrangers.
« Stephen Harper dit qu'il ne
tolérera pas qu'on abuse du PTET, mais en
réalité, les employeurs ne font
qu'avoir recours au programme conformément
à son esprit initial... En matière
de PTET, Stephen Harper n'est qu'un parfait
hypocrite. »
« Il ne s'agit pas d'un cas
isolé », a ajouté
McGowan. « De plus en plus, de tels
incidents deviennent la norme. » Il a
dit que deux autres groupes de travailleurs des
sables bitumineux avaient été mis
à pied récemment et remplacés
par des travailleurs temporaires étrangers
gagnant des salaires beaucoup plus bas.
La classe ouvrière ne doit pas permettre
que de tels incidents deviennent la « norme
» pour les monopoles. Le PTET est un exemple
flagrant de la façon dont les
détenteurs du capital se servent des
institutions politiques pour passer des lois qui
servent leurs intérêts privés.
Le programme en soi est un abus de la classe
ouvrière et il met en relief l'importance
de développer de nouvelles façons de
penser et d'organiser. Les Canadiens doivent se
dresser à la défense des droits de
tous, contre les travaux forcés et le
trafic humain et contre un système qui
considère comme étant acceptables le
chômage et les attaques contre les
chômeurs au Canada et à
l'échelle mondiale.
Un programme de travailleurs étrangers
temporaires serait acceptable uniquement en
tant que programme de permis de travail
temporaires dans des projets
bénéfiques à la
société comme les échanges
académiques et culturels. Le PTET doit
être aboli et tout nouveau programme devrait
se limiter à des permis de travail pour des
objectifs légitimes. Un statut de
résident permanent avec tous les droits qui
s'y rattachent doit être accordé
à tous les travailleurs sans papiers
présentement au Canada et à tous les
travailleurs temporaires étrangers qui
résident au Canada suivant le principe
moderne d'un statut pour tous et que les gens ont
des droits en vertu du fait qu'ils sont humains.
La dictature Harper doit rendre des comptes pour
son trafic des travailleurs et sa corruption
ouverte au service des monopoles mondiaux et pour
ses attaques contre les droits des travailleurs.
L'élection partielle fédérale
qui se tiendra dans un proche avenir à Fort
McMurray-Arthabasca fournira une nouvelle occasion
d'exiger que Harper rende des comptes.
Mettons fin au Programme des
travailleurs étrangers temporaires !
Harper doit démissionner maintenant !

La lutte des monteurs d'acier montre la
nécessité
de mettre fin au Programme des travailleurs
étrangers temporaires
- Un correspondant du LML -
Le 4 février, soixante-cinq monteurs
de charpentes métalliques employés
par Pacer Promec Joint Venture (PPJV) ont
été licenciés à la
mine de sables bitumineux Kearl de la
société pétrolière
Impériale. Le gérant d'affaires de
la section locale 720 du Syndicat des
métiers de l'acier, Harry Tostowaryk, a
informé le LML que les
travailleurs ont été
remplacés par des travailleurs de la
Croatie embauchés en vertu du Programme des
travailleurs étrangers temporaires (PTET)
à environ la moitié du salaire en
vigueur en Alberta pour un travail similaire.
Le porte-parole de la pétrolière
Impériale, Pius Rolheiser, a dit qu'il ne
pouvait pas faire de commentaires sur la question
parce que les travailleurs étaient
employés par une entreprise tierce.
« Nous ne sommes vraiment pas en mesure
de commenter ce changement
d'employés », a-t-il dit.
« Nos propres employés
effectuent des services miniers et d'extraction,
pas de la construction. »
La société pétrolière
Imperiale dit n'avoir aucune responsabilité
envers ses sous-traitants qui s'engagent dans des
pratiques antiouvrières illégales.
Elle prétend ne rien voir quand il s'agit
d'attribuer des contrats à des
entrepreneurs qui établissent leurs plans
sur la base de l'exploitation des travailleurs
étrangers temporaires. De cette
façon, autant les entrepreneurs que les
monopoles mondiaux de l'énergie peuvent
s'emparer d'une plus grande partie de la valeur
créée par les travailleurs qui
construisent les projets et réduire la
valeur réclamée par les
travailleurs.
PPJV affirme également avoir agi
correctement et a dit que ses actions sont
conformes à la loi, mais qu' en raison des
protestations, elle va
« réembaucher des Canadiens aux
postes qui ont été comblés
par des travailleurs étrangers
temporaires ». Dans une tentative pour
atténuer la critique du programme
antiouvrier et de ses propres actions,
l'entrepreneur a dévié la
responsabilité vers son sous-traitant, pas
pour s'être engagé dans des
activités antitravailleurs, mais pour avoir
commis une gaffe de relations publiques. PPJV a
répété le gros mensonge qui
sous-tend le programme antiouvrier antisocial en
affirmant que « Les travailleurs
temporaires auraient dû été
affectés à d'autres projets
où il y a une pénurie de main-d'
oeuvre. »
En
dépit de cette annonce que les travailleurs
seraient réembauchés, la
Fédération des travailleurs de
l'Alberta (AFL), les monteurs de charpentes
métalliques eux-mêmes et leur section
locale 720 ont rapporté qu'aucun des
travailleurs licenciés n'a
été réembauché et que
les travailleurs croates sont toujours sur le site
du projet à des salaires équivalents
à la moitié des normes canadiennes.
Lorsque la nouvelle s'est répandue que les
travailleurs licenciés n'ont pas
été réembauchés, les
médias de masse ont rapporté que
PPJV se venge sur les travailleurs
licenciés pour avoir soulevé la
question publiquement. L'entreprise dit qu'elle a
réembauché certains monteurs
canadiens, mais pas ceux qui ont été
licenciés. Ses actions visent à
décourager les autres travailleurs de
défendre leurs droits, mais les monteurs de
charpentes métalliques refusent de se
taire.
Vic Nilson, un des travailleurs licenciés
de la section locale 720 des monteurs de
charpentes métalliques a dit à
Radio-Canada que la compagnie les a trahis.
« Ils ont dit que nous allions tous
être réintégrés et
retrouver nos emplois... Et je n'ai rien entendu.
Nous avons été jetés à
la rue et je ne pense pas que c'est juste. Pas du
tout », a-t-il dit.
Gil McGowan, le président de l'AFL a
ajouté : « Alors, ces
Canadiens qui ont perdu leur emploi sont toujours
sans travail .... Je pense que les Canadiens
doivent être outrés par la
façon dont l'entreprise a utilisé un
programme pour se débarrasser d'une
poignée de gens de métier canadiens
hautement qualifiés. »
Les monteurs de charpentes métalliques
refusent d'être licenciés dans le
silence ; ils mènent une
résistance organisée et gagnent la
bataille de l'opinion publique en leur faveur pour
mettre fin au PTET. Est-ce que Harper pense que
les travailleurs vont se taire en vertu de ce
camouflage maladroit et des phrases vides de sens
à l'effet qu'il ne tolérera pas
« d'abus » des travailleurs
canadiens et étrangers temporaires ?
Le silence n'a pas sa place quand il s'agit des
droits des travailleurs. Félicitations aux
monteurs de charpentes métalliques et
à tous les travailleurs de la
construction ! Leur résistance
continue contre cette injustice peut être un
facteur important pour forcer la dictature Harper
à rendre des comptes et la forcer à
plier bagage lors de la prochaine élection
partielle à Fort McMurray-Arthabasca.
Appuyons les monteurs de charpentes
métalliques et leurs alliés qui
exigent la fin immédiate du Programme des
travailleurs étrangers temporaires !
Notes
Pacer Promec Joint Venture est une coentreprise
entre la firme Pacer de l'Alberta et la firme
québécoise Promec. Pacer a à
son actif environ 300 millions $ de contrats
dans divers projets, y compris des travaux de
remplacement du pont Walterdale, à
Edmonton. La plupart des travaux de l'entreprise
sont dans les sables bitumineux, où elle
est engagée à Kearl dans la
construction de fermes de réservoirs
d'entreposage, des travaux de bétonnage et
de construction souterraine pour le compte de CBI
Horton. CBI Horton est un énorme monopole
mondial dont le siège est au Texas. Pacer
effectue aussi des travaux de pilotis pour Fluor
sur le projet des sables bitumineux de la
pétrolière Impérial et des
travaux dans le cadre de l'expansion du projet
Horizon des sables bitumineux de Ressources
Naturelles Canada.
Seulement pour le dernier trimestre 2013, la
société pétrolière
Impériale a déclaré des
revenus nets de plus de 1 milliard $. En
2012, elle a connu des profits presque record de
3,766 milliards $ tandis que sa
société mère, Exxon Mobil, a
déclaré des revenus nets de plus de
44 milliards $.

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