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Numéro 21 - 17
février 2014
Colombie-Britannique
Hausse des tarifs d'hydro pour payer les
riches
Colombie-Britannique
• Hausse des tarifs d'hydro pour payer les
riches
• Les faux prétextes du gouvernement
libéral - Edith Cohen
• La privatisation est une escroquerie
Justice pour les
travailleurs de la scierie de Produits forestiers Babine, leurs
familles et la communauté!
• Non à l'impunité! Les
propriétaires doivent rendre des comptes pour les
décès, les blessures et la destruction matérielle
- Charles Boylan
• Pour que justice soit rendue : un
procès aux termes de la Loi Westray
• La Loi Westray gagne de plus en plus d'appuis
partout au Canada
Colombie-Britannique
Hausse des tarifs d'hydro pour payer les
riches
Le ministre libéral de l'Énergie, Bill
Bennett, et le PDG de BC Hydro, Charles Reid, ont annoncé en
novembre dernier une hausse des tarifs d'électricité de
28 % répartie sur cinq ans. La première hausse de
9 % sera en vigueur dès le premier avril 2014. Cette
augmentation imposée au peuple et aux entreprises sera de
45 % pour les dix prochaines années.
L'augmentation des tarifs d'hydro est une
conséquence directe de la manoeuvre de privatisation que le
gouvernement libéral a faite dans le but de payer les riches en
2002 avec le projet « L'énergie garante de notre
avenir : un projet pour la Colombie-Britannique ». Ce
projet a interdit à l'entreprise publique BC Hydro de
développer tout nouveau projet hydroélectrique, à
l'exception du site C de la rivière Peace. La privatisation a
obligé BC Hydro à acheter à prix fort
l'électricité produite par les capitalistes
privés, les Producteurs d'énergie indépendants
(PEI).
L'objectif des PEI dans la
production d'énergie est d'obtenir le taux de rendement sur
leurs investissements le plus élevé possible le plus
rapidement possible. Cet objectif est contraire à celui du
peuple, qui est de produire de l'électricité afin de
servir l'intérêt public, l'économie
socialisée et l'environnement social et naturel. Une fois que
l'objectif privé des PEI a été mis aux commandes
de ce secteur public essentiel à l'économie - et dont
dépend le bien-être de tous les résidents et
entreprises -, on a vu le développement rapide de projets
« au fil de l'eau » très contestables sur
les rivières de la Colombie-Britannique et une montée en
flèche des prix de marché de l'électricité.
Le gouvernement libéral de la
Colombie-Britannique a forcé BC Hydro à acheter à
long terme de l'électricité produite privément
à des taux aussi élevés que 124 $ le
mégawatt-heure (Mwh). Ce taux est outrageusement plus
élevé que le coût de production de BC Hydro qui est
de 5 $ à 6 $ le Mwh dans ses principales installations
hydroélectriques des rivières Peace et Columbia. Au cours
de la dernière décennie, pendant que le gouvernement
privatisait l'énergie publique avec ses contrats à
124 $ le Mwh avec les PEI, le tarif de BC Hydro pour les
principaux consommateurs industriels (les mines et les usines de
pâtes) a été d'environ 40 $ le Mwh.
Les contrats privés de l'État de
fourniture d'électricité avec les PEI se traduisent non
seulement par une perte énorme de revenus pour le trésor
public, mais par un lourd fardeau supplémentaire pour le peuple
et les entreprises qui doivent payer des tarifs plus
élevés. Le transfert de valeur et d'argent du public et
des entreprises aux principaux détenteurs du capital des PEI est
considérable. Le Rapport annuel de BC Hydro (2013) parle
d'engagements contractuels à venir de
52,4 milliards $. De ce montant, 51 milliards $
sont destinés à des achats à long terme
d'énergie au prix fort provenant d'investisseurs privés.
L'impact de la privatisation sur les tarifs se voit maintenant dans la
décision du gouvernement libéral d'imposer pour dix ans
des hausses draconiennes dans le prix de marché de
l'électricité. Nous devons arrêter cette
destruction nationale faite pour payer les riches !
Non
aux hausses de tarifs d'hydro !
Défendons un BC Hydro public !
Arrêtez de payer les riches !

Les faux prétextes du gouvernement libéral
- Edith Cohen -
Bill Bennett, le ministre de l'Énergie de la
Colombie-Britannique, essaie de justifier son « projet
décennal » annoncé le 26 novembre et
prévoyant des hausses de tarifs de BC Hydro de 45 %. La
nouvelle augmentation de tarifs, qui s'ajoute à une forte hausse
déjà en vigueur depuis 2013, sera de 9 % en avril
2014, suivie d'une hausse de 6 % en 2015 et de hausses
annuelles moyennes de 2 % à 3 % jusqu'en 2024. Cette
décision irresponsable va imposer un grand fardeau aux individus
et aux divers secteurs de l'économie et affecter en particulier
les travailleurs à faible revenu, les familles ou individus
à revenu fixe ainsi que les programmes sociaux comme
l'éducation et les soins de santé.
Bennett a cherché à justifier sa hausse en
disant qu'elle est inférieure à celle qui avait
été proposée le 11 août dans une
étude du Groupe de travail sur les tarifs de BC Hydro qui avait
été révélée au public par la section
locale 378 du Syndicat canadien des employées et
employés professionnels et de bureau. La hausse proposée
était de 26,4 % pour 2014-2015.
Cette comparaison de la part de Bennett fondée
sur les chiffres d'une agence gouvernementale est uniquement mise de
l'avant pour faire accepter le nouveau tarif. Elle n'est pas
crédible et n'explique rien du tout.
Bennett affirme aussi que les installations de BC Hydro
requièrent des rénovations et qu'on ne peut comparer la
nouvelle énergie qui est produite aujourd'hui avec celle
produite à partir d'installations construites dans les
années soixante. En fait, les coûts liés à
la production d'énergie d'aujourd'hui devraient être
à la baisse grâce aux nouvelles technologies et à
une production à la hausse face aux technologies et aux
installations vieilles de plus d'un demi-siècle. Ce
deuxième prétexte n'a pas plus de valeur que le premier
et n'explique rien lui non plus, d'autant plus que le gouvernement
libéral a décrété en 2002 que BC Hydro
devait cesser de construire de nouvelles usines hydroélectriques
aux techniques modernes et à la productivité accrue.
La vraie raison des hausses de tarifs réside dans
la privatisation et dans l'offensive néolibérale qui vise
à égorger le peuple et ses institutions
économiques et sociales au profit d'intérêts
privés privilégiés. Ce n'est rien de moins qu'un
saccage néolibéral de BC Hydro et de tout ce que le
peuple a bâti dans la province au cours des décennies. La
hausse de tarifs est le résultat direct des politiques et des
mesures du gouvernement libéral depuis 2002, au profit
principalement d'investisseurs privés comme les Producteurs
d'énergie indépendants (PEI) et des entreprises comme
Fortis Inc., qui contrôle la comptabilité et la
facturation de BC Hydro.
En 2002, le parti libéral au pouvoir a
annoncé le nouveau Projet énergétique de la
Colombie-Britannique. La pierre angulaire de ce projet était en
essence un projet de destruction nationale pour servir les
intérêts privés étroits de certains
investisseurs au détriment des intérêts publics. En
effet, le Parti libéral avait interdit à BC Hydro
d'entreprendre la construction de nouvelles sources d'énergie
publique, à l'exception d'un barrage - le site C - et d'autres
installations possibles sur la rivière Peace. Le gouvernement
avait alors décrété que tout nouveau projet
hydroélectrique serait dorénavant construit sur une base
privée et financé à même
l'électricité fournie à BC Hydro par le biais de
nouveaux contrats qui garantissent des tarifs élevés et
forcent BC Hydro à acheter l'électricité qu'elle
en ait besoin ou non.
La privatisation de BC Hydro
La privatisation de BC Hydro a changé
radicalement la façon dont la valeur produite est
distribuée. Avant la privatisation, dès la
réalisation de la valeur produite, celle-ci était
réclamée par l'entreprise publique à des fins
d'investissements, ainsi que par le gouvernement sous forme de taxes et
d'une redevance annuelle non négligeable. Elle était
aussi refilée aux acheteurs d'électricité aux taux
les plus bas en Amérique du Nord. Une partie de la valeur
ajoutée était aussi réclamée par les
prêteurs à des taux d'intérêt
reflétant le faible niveau de risque.
Suite à la privatisation d'une partie de BC
Hydro, la valeur produite, lorsque réalisée, est
réclamée par les détenteurs du capital
d'investissement, principalement les PEI et par des monopoles comme
Fortis Inc. Une certaine valeur est toujours réclamée par
l'entreprise publique et par les gouvernements tandis que les acheteurs
d'électricité doivent payer des tarifs de plus en plus
exorbitants. Une partie de la valeur produite liée aux PEI est
réclamée par les prêteurs à des taux
d'intérêt qui se rapprochent des taux payés par les
entreprises non gouvernementales.
Bennett tente d'obscurcir les vraies raisons
derrière la hausse des tarifs parce qu'il veut masquer la
réalité de la privatisation et du vol par les
intérêts privés de la valeur produite ainsi que les
dommages que cela cause à BC Hydro et à
l'intérêt public. Entre-temps, le gouvernement
néolibéral oblige le peuple et les entreprises de la
province à payer l'électricité plus cher, le tout
se traduisant par un transfert de la richesse aux intérêts
monopolistes privés. Les prétextes mis de l'avant par
Bennett pour cette régression sont un effort grossier pour
masquer la réalité.

La privatisation est une escroquerie
Dès le début, les actions du gouvernement
pour créer des producteurs indépendants d'énergie
(PIE) ont été des manoeuvres frauduleuses faites pour
servir les intérêts privés au détriment de
l'intérêt public.

Carte de la
production privée d'électricité en
Colombie-Britannique. Cliquer sur la carte pour l'agrandir |
Le parti libéral au pouvoir, par le biais de BC
Hydro, a donné aux PIE de propriété privée
des contrats garantissant la fourniture de pouvoir électrique
à BC Hydro à des taux gonflés que BC Hydro en ait
besoin ou non. Le gouvernement a également fourni aux PIE des
informations recueillies aux frais du public détaillant dans
quelles rivières de la Colombie-Britannique la production
d'électricité au fil de l'eau est
considérée comme réalisable. Que ces projets
soient durables au sens économique ou causent des dommages
à l'environnement naturel n'a pas été
examiné lors des études.
Les propriétaires des PIE ont
présenté leurs contrats gouvernementaux garantis à
des taux gonflés aux institutions financières afin
d'obtenir des prêts pour construire les projets. Les banques ont
été heureuses de prêter l'argent puisque les
producteurs indépendants ont des contrats garantis par
l'État. En outre, les taux d'intérêt exigés
ont été plus élevés que ce que les banques
et autres prêteurs pourraient recevoir directement des
entreprises publiques comme BC Hydro ou le gouvernement.
Une comparaison des tarifs énergétiques
gonflés garantis aux PIE
avec les tarifs énergétiques moyens du marché
Le tarif gonflé, garanti par le gouvernement
libéral, qui a été donné aux PIE est de
124 $ pour un MégaWatt-heure (MWh). BC Hydro vend de
l'électricité aux grands clients industriels à un
taux de 40 $ par MWh. Acheter de l'énergie des PIE à
un tarif de 124 $ par MWh et le revendre à 40 $ par
Mwh, peut difficilement être qualifié d'opération
économique durable. La différence entre les deux montants
est une subvention directe à des intérêts
privés, ce qui est totalement inutile et rétrograde.
En outre, la plupart des contrats signés avec les
PIE l'ont été alors que le gouvernement et BC Hydro
savaient que les prix de référence sur le fleuve Columbia
où les surplus d'électricité de la
Colombie-Britannique sont souvent écoulés, oscillaient
comme suit :
« Indice moyen annuel des tarifs quotidiens
bilatéraux à terme, en période de pointe :
Tarif de référence tel que défini
par la bourse intercontinentale (ICE) et fixé à la
frontière entre la Californie et l'Oregon (COB) :
51,68 $/MWh (en 2006 ), 59,86 $/MWh (en
2007), 73,42 $/MWh (en 2008 ), 35,40 $/MWh (en 2009)
Tarif de référence défini par ICE
pour la région intermédiaire de la rivière
Columbia (Mid-C) :
47,98 $/MWh (en 2006), 53,59 $/MWh (en 2007) ,
64,48 $/MWh (en 2008), 35,25 $/MWh (en 2009) »[1]
Outre le prix gonflé garanti, les projets
« au fil de l'eau » des PIE sont mal
adaptés aux besoins en électricité de la
Colombie-Britannique. La production maximale
d'électricité provenant des PIE se produit pendant le
ruissellement de la période entre le printemps et
l'été, précisément au moment où les
réservoirs des grands barrages de BC Hydro sont remplis à
pleine capacité en eau et l'ensemble du nord-ouest des
États-Unis est inondé en électricité. Les
tarifs d'électricité pour l'exportation sont à des
taux bas. Au cours de la période de ruissellement du
printemps-été 2013, les grands barrages de BC Hydro
délestaient « l'excédent d'eau »
au-dessus des barrages parce que le gouvernement avait obligé BC
Hydro d'utiliser à prix élevé
l'électricité produite par les PIE privés.
Lorsque les contrats gonflés garantis se
termineront dans 15 à 25 ans d'ici, toutes les
installations des PIE deviendront la propriété
privée des monopoles qui les ont achetées. Il s'agit
notamment des géants mondiaux comme General Electric et Siemens
qui les ont achetés des investisseurs initiaux des PIE. De cette
façon, les monopoles mondiaux ont étendu leur
contrôle sur l'économie de la Colombie-Britannique, ce qui
se reflète dans leur contrôle de l'appareil gouvernemental
et de l'État.
Le moment est venu d'organiser pour investir le peuple
du pouvoir et intensifier la résistance à la
régression néolibérale et lutter pour une nouvelle
direction pour l'économie qui servira l'intérêt
public.
Note
1.
http ://www.ferc.gov/market-oversight/mkt-electric/northwest/elec-
nw-reg-des.pdf

Justice pour les travailleurs de la
scierie de Produits forestiers Babine,
leurs familles et la communauté!
Non à l'impunité! Les
propriétaires de Produits forestiers Babine doivent rendre des
comptes pour les décès, les blessures et la destruction
matérielle
- Charles Boylan -
À Burns Lake le 28
avril, Jour de deuil pour les travailleurs blessés ou
tués au travail (Worksafe BC)
Lors du quart de travail fatidique de
l'après-midi du 20 janvier 2012 à la scierie de
Produits forestiers Babine de Burns Lake en Colombie-Britannique, une
explosion suivie d'un feu a tué deux travailleurs, Robert Luggi
et Karl Charlie, et causé des blessures à 19 autres
travailleurs. La scierie a été à un tel point
endommagée que 250 travailleurs se sont retrouvés sans
travail du jour au lendemain. WorksafeBC a mené une longue et
onéreuse enquête pour trouver la cause de la
tragédie. Il a publié son rapport le 16 janvier
2014. Même si selon celui-ci l'accident aurait pu être
« évité », justice n'est pas pour
autant rendue aux travailleurs de la scierie, aux familles et au peuple
de la Colombie-Britannique. Au contraire, le rapport sert plutôt
d'entrave à la justice.
Même avant que le rapport ne soit rendu public, le
bureau du procureur de la Couronne avait annoncé le vendredi 10
janvier qu'il n'engagerait aucune poursuite contre qui que ce soit pour
la tragédie en vertu des lois régissant l'indemnisation
des accidents du travail ou la santé et la
sécurité au travail. Aucune accusation de
culpabilité n'a été retenue contre les personnes
responsables, les propriétaires et les principaux dirigeants de
Hampton Affiliates d'Orégon, qui sont devenus
propriétaires à 89 % de la scierie en 2006.
Si les personnes en position d'autorité ne sont
pas tenues responsables et obligées de rendre des comptes bien
que les preuves démontrent sans l'ombre d'un doute que
l'explosion aurait pu être évitée, comment est-ce
possible pour le peuple et la communauté de tirer les
leçons de cette tragédie, de prévenir de futurs
incidents et de tourner la page comme société ? Si
les raisons de cette terrible destruction ne sont pas mises en
évidence et qu'il n'y a pas de conséquences pour une
négligence et un acte criminel d'une telle ampleur, alors
comment les gens peuvent-ils rebâtir leur scierie, leur
économie et leur vie en ayant pleinement confiance qu'un tel
incident ne se reproduira plus ? Le fait que les responsables de
cette tragédie ne sont pas forcés d'assumer les
conséquences de leurs gestes est contraire aux normes qui
régissent comment une société moderne doit
fonctionner, apprendre, se développer et évoluer.
Neil Mackenzie, un porte-parole de la section de justice
criminelle de la Colombie-Britannique qui a abandonné toute
poursuite au criminel, a dit que certaines erreurs commises par
WorksafeBC, comme de ne pas avoir informé les témoins de
leur droit à l'assistance d'un avocat et ne pas avoir
respecté la procédure en recueillant les preuves sur le
site de l'explosion, empêchent que des accusations ne soient
portées. Jeff Dolan, le directeur des enquêtes à
WorksafeBC, a réfuté cette affirmation. Il a dit à
la CBC : « Les questions de loi qui ont
été soulevées par la Couronne lors de cette
enquête n'ont jamais été soulevées lors
d'enquêtes précédentes. » Dolan a dit
que cela fait 10 ans qu'on recueille les preuves de la façon
dont cela a été fait sur le site de l'explosion de Burns
Lake et que ce genre de preuves « ont été
acceptées » dans d'autres procès.
Le refus d'engager des poursuites pénales a
bouleversé les survivants de l'explosion, la communauté
de Burns Lake, la classe ouvrière de la Colombie-Britannique
ainsi que tout le pays. Ces incidents ne peuvent pas rester impunis
sinon ils ne vont que se répéter comme c'est
déjà le cas dans les milieux de travail partout au pays,
causant décès et blessures. Ne pas faire porter leurs
responsabilités aux autorités impliquées dans
cette explosion est une insulte aux droits et à la
dignité des personnes tuées ou blessées et
à tous ceux qui ont perdu leur emploi dans cette
tragédie, et cela laisse un vide immense dans le coeur des gens.
Le Syndicat des Métallos, qui représente
les travailleurs des scieries du nord de la Colombie-Britannique, les
Premières Nations, les travailleurs forestiers et leurs
communautés et tout le corps politique de la
Colombie-Britannique unissent leur voix pour mettre fin à
l'impunité pour les détenteurs du capital qui
défendent leur colonne de profits en mettant la vie, la
sécurité et les moyens de production en danger. Le peuple
exige que le procureur général Susan Anton porte des
accusations contre les propriétaires et les principaux
gestionnaires de Produits forestiers Babine pour violation de la loi
Westray, le projet de loi C-45.
Les preuves présentées dans le rapport de
WorksafeBC permettent amplement de déterminer que les
propriétaires et les gestionnaires de la scierie Babine n'ont
pas pris les « mesures adéquates permettant
d'éviter des blessures à cette personne ou à toute
autre personne liée à ce travail ou à cette
tâche. » Pour que justice soit rendue, et pour apaiser
l'âme des gens et permettre à la société
d'aller de l'avant, ceux qui sont responsables de la
sécurité des travailleurs de Burns Lake doivent
être arrêtés, accusés et jugés pour
leurs crimes.

Pour que justice soit rendue :
Un procès en vertu de la Loi Westray
Les survivants de l'explosion de la scierie de Produits
forestiers Babine, la communauté de Lake Burns et le peuple de
la Colombie-Britannique exigent que justice soit rendue. Tous se
demandent pourquoi aucune accusation n'a été
portée en vertu du code criminel. Le procureur
général de la Colombie-Britannique n'a même pas
tenu compte de la loi Westray, qu'on nomme aussi le projet de loi
C-45 :Projet de loi visant à amender le code criminel
(la responsabilité criminelle d'organisations) et ayant
reçu la sanction royale le 7 novembre 2003.
Dans cette loi, on peut lire :
« Quiconque gère comment une tierce personne doit
travailler ou accomplir une tâche, ou quiconque a
l'autorité de le faire, a l'obligation légale de prendre
les mesures voulues pour empêcher tout dommage corporel envers
cette tierce personne ou toute autre personne, dommage qui serait
lié directement au travail ou à la tâche en
question. »

Jour de deuil
à Burns Lake le 28 avril (Worksafe
BC)
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Le rapport émis par WorksafeBC au sujet de
l'explosion de la scierie dit entre autres que les patrons de la
scierie savaient depuis quelque temps déjà que le
système d'aspiration et de récupération des
poussières était insuffisant pour le travail qui s'y
faisait. Le rapport fait porter le blâme directement aux
gestionnaires de l'usine. On peut y lire :
« L'accumulation de déchets de bois avant l'explosion
indique que les superviseurs ne suivaient pas de façon
adéquate ou efficace le travail qui se faisait. La
poussière était compactée et soumise à une
friction due aux courroies et aux réas en rotation quasi
constante. La poussière de bois a pris feu et celui-ci s'est
propagé à la poussière de bois dispersé
dans l'air ambiant. Il s'est ensuivi une explosion et le feu s'est
propagé partout dans la scierie, secouant et dispersant la
poussière de bois accumulée et occasionnant d'autres
explosions qui ont presque complètement détruit la
scierie, tuant deux travailleurs et en blessant vingt, dont plusieurs
grièvement. »
Le rapport ajoute que l'alimentation électrique
de la scierie n'était pas suffisante pour le nouveau
système de récupération de poussière en
place et fait le constat accusateur suivant : « Une
amélioration des installations électriques était
prévue, mais plutôt que de suspendre la production
jusqu'à ce que l'installation du nouveau système soit
complétée, on a choisi d'augmenter les niveaux de
production. »
Il ne faut pas davantage d'information aux juridictions
pénales pour que celles-ci déposent des accusations en
vertu du projet de loi C-45. Cette preuve prima facie à l'effet
que les gestionnaires de la scierie n'ont pas créé un
milieu de travail sécuritaire pour les travailleurs est
suffisante pour que des accusations soient portées contre les
responsables. Contrairement à ce que prétend le bureau du
procureur de la Couronne, les gens contre qui on porterait les
accusations auraient toutes les garanties à l'effet que leurs
droits constitutionnels seront protégés devant un juge ou
un juge et jury devant la Cour suprême de la
Colombie-Britannique. Chacun aurait le droit de se faire lire ses
droits. Les avocats de la défense pourraient remettre en cause
toute preuve recueillie par WorksafeBC. Par contre, point important,
les travailleurs eux-mêmes pourraient alors témoigner sous
serment pour expliquer ce que la compagnie a fait pour rendre cette
tragédie presque inévitable.
Sous serment, les travailleurs pourraient dire si oui ou
non Hampton avait réduit la récupération des
poussières dans la scierie, mesure qui avait été
respectée par les propriétaires précédents.
Ils pourraient dire si les superviseurs avaient bel et bien
été informés de l'odeur d'« oeufs
pourris » qu'on associe généralement à
des fuites de gaz naturel, ou encore si les superviseurs ont eu recours
aux services de spécialistes en fuite de gaz pour qu'ils
vérifient le fondement de ces plaintes ou s'ils ont plutôt
demandé à des mécaniciens qui n'ont pas
l'expertise pour ce genre d'inspection. Ils pourraient clarifier si en
fait des travailleurs avaient été suspendus juste avant
la tragédie parce qu'ils avaient refusé de travailler
avec de l'équipement qu'ils jugeaient dangereux dans des
conditions de froid extrême. Les travailleurs pourraient aussi
témoigner de ce qui s'est passé les jours
précédant l'explosion et exposer l'attitude de la
compagnie en matière de sécurité. Ils pourraient
aussi exposer l'hypocrisie des déclarations de la compagnie
à l'effet que « si seulement elle avait
su », elle aurait pris des mesure préventives pour
assurer la sécurité des travailleurs.
Par le biais d'un tel procès en vertu du projet
de loi C-45, les travailleurs, les familles et la communauté
obtiendraient au moins une certaine satisfaction, peu importe la
tournure du procès. Ainsi la vérité serait
exposée par les travailleurs et il y aurait au moins apparence
de justice.

La Loi Westray gagne de plus en plus
d'appuis partout au Canada
La demande d'avoir des accusations criminelles
portées en vertu du projet de loi C-45 pour les
responsables de l'explosion à la scierie des Produits forestiers
Babine est conforme aux aspirations du mouvement ouvrier. Le
5 février, le conseil municipal de Hamilton en Ontario a
adopté à l'unanimité une résolution en
appui à la campagne nationale du Syndicat des Métallos
pour exiger que les procureurs généraux des provinces
mettent en application le projet de loi C-45.
La Loi Westray est une loi sur la responsabilité
suite à la mort ou à des blessures de travailleurs en
raison d'une négligence de la part des propriétaires
et/ou de la direction. Le syndicat des Métallos a d'abord
lutté pour qu'une loi soit promulguée et il lutte
maintenant pour qu'elle soit mise en application.
La campagne du syndicat pour le projet de loi
C-45 est le résultat de la catastrophe qui a eu lieu
tôt le matin du 9 mai 1992 lorsque 26 mineurs ont
été tués à la mine Westray, en
Nouvelle-Écosse. La tragédie a été
clairement identifiée comme étant le résultat de
la négligence des propriétaires de la mine cherchant
cupidement à maximiser leurs profits. Pourtant, depuis que le
Parlement a adopté la loi C-45, pas un seul propriétaire
ou directeur n'a passé une journée en prison pour avoir
violé cette loi. Cette absence de poursuites se perpétue
malgré le fait que 1000 travailleurs canadiens meurent
d'accidents ou de maladies liés au travail chaque année,
soit environ quatre par jour.
La campagne du syndicat des Métallos pour mettre
en application le projet de loi C-45 doit être prise en main
par l'ensemble des travailleurs de la Colombie-Britannique. Un
progrès dans la direction de s'assurer que la
responsabilité est reconnue dans les cas de décès
et de blessures au travail serait de déposer des chefs
d'accusation dans le cadre de la catastrophe à la scierie des
Produits forestiers Babine.
(Source :
DISCUSSION Vancouver Co-op Radio, Radio-Canada, Globe and Mail)

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