Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 189 - 18 décembre 2013

Assaut continu contre la base manufacturière

Pourquoi devrait-on laisser les décisions
d'affaires privées nuire à l'économie?


Assaut continu contre la base manufacturière
Pourquoi devrait-on laisser les décisions d'affaires privées nuire à l'économie?

Fermeture de la production d'acier à Hilton Works à Hamilton
Il faut maintenir la production à Stelco! – Rolf Gerstenberger, président de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos

Fermeture de l'usine de céréales Kellogg à London
L'assaut contre l'industrie manufacturière en Ontario se poursuit et l'autorité publique se tourne les pouces - K. C. Adams

Fermeture de Heinz en Ontario
Prétexte frauduleux à propos de « consolider les activités de production »

Secteur forestier en Colombie-Britannique
Canfor ferme une scierie en Colombie-Britannique et en ouvre un autre en Chine - Peter Ewart


Assaut continu contre la base manufacturière

Pourquoi devrait-on laisser les décisions
d'affaires privées nuire à l'économie?

Que les monopoles se le tiennent pour dit : sans équilibre basé sur la reconnaissance
de l'intérêt public, pas de droit de faire des affaires au Canada!

Des décisions récentes de monopoles étrangers opérant au Canada auront des effets désastreux sur l'économie locale et nationale. La première est la décision de US Steel de fermer définitivement les hauts fourneaux de l'aciérie de Hilton Works à Hamilton. La deuxième est l'annonce du capital financier américain de fermer l'usine agro-alimentaire de Heinz à Leamington en Ontario, et la dernière est celle de fermer l'usine Kellogg à London en Ontario.

Ces sociétés américaines disent que leurs décisions sont des décisions d'affaires privées qui concernent leurs investissements et ne sont pas négociables. Elles disent que ces décisions sont dans le meilleur intérêt des propriétaires privés et que leur but n'est pas de détruire l'économie canadienne, même si cela en est le résultat. Selon elles, leur responsabilité première est envers leurs groupes de propriétaires qui s'attendent au plus haut rendement possible de leurs investissements.

Pour Heinz à Leamington, ce sont les milliardaires William Buffett et Bill Gates qui détiennent la plus grande part des actions et la plus grande participation dans la moitié de la société Berkshire Hathaway. L'autre moitié est détenue par 3G Capital, une société internationale d'investissement dont les propriétaires principaux sont Jorge Paulo Lemann, Marcel Telles et Carlos Alberto Sicupira de New York et de Rio de Janeiro. Lemann serait l'homme le plus riche du Brésil. Après l'acquisition de Heinz par ces deux groupes en février 2013, les nouveaux propriétaires ont nommé Bernardo Hees à la tête de Heinz. Hees est l'ancien PDG de Burger King Worldwide Inc., une société détenue par 3G Capital.

Le PDG de US Steel est Mario Longhi, un ancien haut dirigeant du monopole international Alcoa.

Ce sont ces personnes qui ont pris la décision de fermer les hauts fourneaux de Hamilton et l'usine de Leamington, bien qu'aucune d'entre elles n'aient de liens connus avec les deux communautés concernées ou même le Canada autres que l'exploitation de leur économie.

Le gouvernements fédéral et celui de l'Ontario ont déclaré que ces décisions qui détruisent la production en Ontario sont une affaire privée. Ils affirment qu'ils n'ont ni le droit, ni le pouvoir, ni l'intention d'intervenir ou de faire changer les décisions que prennent les entreprises privées. Les médias, à l'exception des tribunes de la classe ouvrière comme LML, répètent le mantra que la nature privée de la propriété des entreprises fait que les décisions d'affaires relèvent de leurs compétences et de leur droit de servir leurs propres intérêts privés étroits, même si ces décisions peuvent aggraver l'état de l'économie et nuire au bien-être de la population.

L'acceptation de cette destruction et la conciliation avec le droit de monopole font partie de la politique du néolibéralisme. Alors que sous le capitalisme du laissez-faire, la démocratie libérale avait créé une société civile dans laquelle les droits basés sur la propriété privée dominaient, aujourd'hui, sous le néolibéralisme, ce sont les intérêts privés monopolistes qui dominent et l'emportent sur tous les autres intérêts.

Il n'est pas possible d'assimiler les intérêts privés des monopoles aux intérêts généraux de la société, que la mainmise des monopoles détruit et démantèle. Les néolibéraux déclarent que les décisions des entreprises privées doivent servir le groupe de propriétaires et non pas les intérêts généraux de la société. Le contrôle des monopoles est entre les mains de petits groupes de capitalistes financiers qui sont en concurrence avec d'autres groupes de propriétaires et se battent pour des profits énormes. Pour qu'un groupe de propriétaires réussisse, le secret, la confidentialité et le droit de décider ce qui est dans le meilleur intérêt d'un groupe de propriété particulier sont nécessaires, nous dit-on, sinon ils peuvent perdre leurs profits énormes et leurs concurrents triompheront.

La classe ouvrière, qui ne détient aucun pouvoir politique actuellement, fait face à une mafia politique qui impose les arrangements néolibéraux de la concurrence inter-monopoliste où le droit de monopole l'emporte sur le droit public et où les gouvernements sont pris en charge directement par des monopoles privés. Non seulement la fonction publique est-elle remplacée par des entrepreneurs privés, mais le fonctionnement de nombreux ministères et même les forces armées et de sécurité, les prisons et d'autres institutions se fait en sous-traitance.

Les monopoles sont devenus des monstres d'une taille mondiale prodigieuse, comme Berkshire Hathaway qui possède et contrôle des sociétés ayant des actifs combinés de 428 milliards $, un revenu annuel brut de 163 milliards $ et qui emploient 290 000 employés. Certains de ces monopoles comme KPMG, Deloitte et UBS, malgré leurs lourds dossiers de fraude et de conseils et de rapports intéressés, sont payés par le Trésor public pour parachever la destruction de financement public des régimes de retraite, de l'assurance-emploi, de la commission des accidents du travail, etc. En même temps, la mafia politique présente son rôle dans le gouvernement comme parfaitement légitime, malgré les preuves du contraire.

Les monopoles ont pris la décision de fermer des usines parfaitement bonnes à Hamilton, à Leamington et à London et de détruire l'économie locale et nationale pour servir leurs propres intérêts privés étroits. Aucune solution de rechange au service de l'économie locale et canadienne et de l'intérêt public n'a été proposée et soumise à la discussion parce que les entreprises concernées ne veulent pas d'alternative ou d'un plan d'action qui pourrait très bien être viable. Les Canadiens, avec l'assentiment odieux de leurs gouvernements, sont privés de leur droit public d'avoir leur mot à dire et de contrôler leur propre économie et dans ces cas, leurs secteurs de l'acier et de l'agro-alimentaire, qui sont fondamentaux pour leur bien-être, leur souveraineté et leur survie même.

Les rapports avec les monopoles sont devenus totalement biaisés en faveur du droit de monopole. L'absence d'avantages réciproques avec les monopoles mondiaux est particulièrement préoccupante. Il n'existe aucun avantage réciproque dans les rapports entre les monopoles et les travailleurs, aucun équilibre basé sur la reconnaissance de l'intérêt public, car les intérêts privés étroits l'emportent sur l’intérêt public plus large et le droit de monopole l'emporte sur le droit public. C'est non seulement injuste, mais aussi dangereux.

Quelle doit être la position de la classe ouvrière face à cette situation ? Clairement, la prise de contrôle de l'intérêt public par les intérêts privés étroits des monopoles doit cesser. Cette spirale descendante est une catastrophe pour l'économie et le peuple.

Les gouvernements refusent d'agir pour défendre le droit public. Clairement, la classe ouvrière doit, avec ses organisations et ses médias, rallier le peuple pour changer la situation. Les décisions d'affaires privées qui touchent à l'intérêt public doivent être placées sous le contrôle politique du peuple. Il ne faut pas permettre aux monopoles de se cacher derrière l'imposture de la confidentialité quand une décision a des conséquences publiques et affecte directement l'économie locale et nationale, l'intérêt public et l'environnement naturel et social.

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Fermeture de la production d'acier à Hilton Works à Hamilton

Il faut maintenir la production à Stelco!


 
Les métallos et leurs alliés manifestent devant le bureau de circonscription de MP David Sweet,
Ancaster-Dundas-Flamborough-Westdale le 16 novembre 2013.

Le samedi 16 novembre, les métallos manifestaient devant le bureau de circonscription de David Sweet, le député de Ancaster-Dundas-Flamborough-Westdale suite à quoi nous avons distribué Information Update, le bulletin de notre section locale aux résidents de Dundas dont plusieurs sont reliés au secteur de l'acier.

Les députés doivent utiliser leur autorité pour interdire à US Steel de stopper la production d'acier à Hilton Works sous peine de perdre leurs propriétés à Hamilton et celle de Lake Erie Works. Ils doivent utiliser leur position d'autorité pour demander à US Steel de rénover Hilton Works plutôt que de le détruire. Le Canada a besoin d'acier et celui-ci devrait être produit au Canada.

Les députés doivent faire quelque chose qui va en pratique défendre les pensions des milliers de travailleurs de Stelco qui sont menacés par les actions de rapaces de US Steel. Les députés doivent insister pour que US Steel soit forcé de financer à 100 % les régimes de retraite de Stelco sinon la compagnie doit perdre ses propriétés canadiennes et celles-ci doivent être utilisées pour garantir les pensions.

La dernière chose que veulent les gens c'est se faire servir des balivernes idéologiques qui reviennent à justifier le refus de défendre les travailleurs et la communauté contre ces attaques qui nous viennent des États-Unis. Ce que nous voulons, ce sont des plans de solutions pratiques qui défendent les droits et le bien-être des Canadiens qui ont besoin d'un gouvernement qui agit en leur nom.

Nous ne voulons pas nous faire dire que l'économie va bien et que le marché devrait rester soumis à la loi de la jungle. Notre expérience directe de ce qui se passe en Ontario nous dit que notre économie est en état de siège de la part de forces qui n'ont rien à voir avec l'Ontario.

Juste la semaine dernière, le groupe Warren Buffett Berkshire Hathaway/G3 des États-Unis a annoncé la fermeture de l'usine d'aliments Heinz à Leamington en Ontario. L'usine Heinz est le plus gros employeur de la région qui est un district agricole splendide et magnifique. Sept cent quarante travailleurs vont être mis à pied sans parler des centaines d'autres qui seront aussi affectés.

L'an dernier, la compagnie Smucker de l'Ohio a fermé son usine de condiments Bick's Pickles près de Dunnville et ses réservoirs de cornichons à Delhi causant 150 mises à pied. Une autre compagnie américaine, Snyder's-Lance va fermer sa boulangerie de Cambridge en Ontario en mai prochain ce qui va détruire les emplois de 130 travailleurs et plus encore compte tenu des emplois indirects. Les centaines de mises à pieds à Blackberry à Waterloo nous fendent le coeur et sont destructrices elles aussi. Monsieur Sweet et son gouvernement ont le pouvoir d'arrêter l'hécatombe et de défendre les droits et le bien-être des gens de la province et de notre économie dont nous dépendons tous.

Ces décisions ne sont pas des décisions privées d'affaires. Elles affectent directement notre économie et les Ontariens. Justifier de telles attaques en les qualifiant de décisions d'affaires privées c'est nier sa responsabilité en tant que représentants du peuple au Parlement. Si quelqu'un faisait sauter ces usines dans un attentat terroriste ou volait l'argent des pensions, le gouvernement Harper et ses forces de sécurité n'auraient pas le choix que de défendre les gens contre des actions aussi criminelles. Et bien c'est ça que nous vivons en ce moment sous prétexte de décisions d'affaires privées. Ce sont des actes terroristes qui sont commis contre les Ontariens et présentées comme de simples décisions d'affaires privées. Cela ne doit pas passer et les députés doivent prendre leurs responsabilités en défendant le peuple.

Comment est-ce possible que le Parlement du Canada soit aussi inepte quand il est question de la défense des droits, des moyens d'existence et des pensions des travailleurs du pays ? Les Canadiens s'attendent à ce que les gouvernements prennent des actions au Parlement pour protéger notre économie de la ruine et de la destruction que nous causent ces monopoles pour la plupart étrangers.

Les gens en Ontario demandent que ses gouvernements à Toronto et à Ottawa défendent leur économie, leurs droits, leur sécurité et leur bien-être. Si les gouvernements ne le font pas alors qu'est-ce que nous, on est supposé faire alors ? On ne va pas se laisser rayer de la carte comme ça. Notre sécurité est dans la défense des droits de tous ! Nous sommes déterminés à défendre notre économie dont nous dépendons tous. Nous sommes déterminés à défendre les pensions que nous avons et à lutter pour des pensions pour tous !

Oui à la base manufacturière! Non à la destruction nationale!
Il faut maintenir la production à Stelco!

(Information Update, numéro 38, 21 novembre 2013)

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Fermeture de l'usine de céréales Kellogg à London

L'assaut contre l'industrie manufacturière en Ontario se poursuit et l'autorité publique se tourne les pouces


Lock-out des travailleurs de Kellogg en 2009 pour leur extorquer des concessions (D. Starchuk )

De façon succincte, par voie de communiqué, le monopole étasunien Kellogg a annoncé que l'an prochain il allait progressivement fermer son usine de fabrication de céréales prêtes à consommer à London, en Ontario, et complètement fermer sa production alimentaire avant la fin de 2014. Plus de 550 membres du syndicat local 154G du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la boulangerie, de la confiserie, du tabac et des minoteries ainsi que 65 employés non syndiqués perdront leur emploi. Kellogg avait déjà annoncé le 5 novembre que 110 travailleurs syndiqués allaient être mis à pied le Jour de l'An 2014 et onze gestionnaires ont été congédiés sur le champ.

Kellogg a aussi annoncé qu'il allait fermer son usine de fabrication de collations à Charmhaven en Australie, tandis que son usine de transformation alimentaire à Rayong en Thaïlande serait agrandie. Tout indique que le monopole a l'intention de transférer la fabrication de céréales de London vers des usines au Michigan et en Pennsylvanie. Quand à savoir si ce transfert se fera avec le pillage des moyens de production de l'usine de London, cela reste à voir.

Les travailleurs de l'usine Kellogg à London produisent une grande variété de céréales bien connues telles que Corn Flakes, Frosted Flakes, Bran Buds, All Bran, Bran Flakes et Raisin Bran. L'usine existe depuis 1907 et a bénéficié en 1985 d'une expansion et de rénovations de l'ordre de 223 millions $.

Selon le communiqué : « La compagnie Kellogg a annoncé aujourd'hui un certain nombre de changements visant à optimiser son réseau mondial de production..., à favoriser les économies de coût... Le PDG John Bryant a dit : 'Nous prenons des mesures pour veiller à ce que notre réseau de production ait le nombre désiré d'usines et de lignes de production -- aux bons endroits — pour mieux répondre à nos besoins de production actuels et à venir, ainsi qu'aux besoins en constante évolution de nos clients.' »

Le « nombre désiré », selon les intérêts privés étroits du monopole, exclut l'usine syndiquée de London mais non l'usine plus petite, non syndiquée et subventionnée par le gouvernement située à Belleville, en Ontario, et qui a ouvert ses portes en 2008 dans le but de « favoriser les économies de coût » en accaparant une partie des réclamations des travailleurs à la valeur qu'ils produisent. Le crime contre les travailleurs consiste en cette propagande mensongère à l'effet que leur réclamation à la valeur qu'ils produisent est un coût de production.

En 2008, le gouvernement libéral de l'Ontario a accordé à Kellogg une subvention de 2,4 millions $ et un prêt sans intérêt de 9,7 millions $, pour qu'il construise la nouvelle usine non syndiquée de Belleville dans le but de « favoriser les économies de coût ». Le prêt gouvernemental représentait 10 % des investissements de capitaux de la compagnie dans cette nouvelle usine, qui produit les céréales Mini-Wheats. Cette année, le gouvernement libéral a annoncé une autre subvention de 4,5 millions $ pour l'usine de Belleville. Le gouvernement n'a pas encore dit si la fermeture de l'usine de London allait affecter cette subvention.

Dans un communiqué sur la fermeture de l'usine de London, la première ministre libérale de l'Ontario, Kathleen Wynn, s'est dite « déçue » pour ensuite énumérer les divers monopoles s'étant engagés à injecter de nouveaux investissements dans la province. Pour sa part, le gouvernement fédéral de Harper n'a rien dit.



  Un autre exemple de la destruction de Kellogg des communautés: lockout des travailleurs à Memphis, Tennessee
pour forcer des concessions qui ont commencé le 22 octobre 2013.

Cette nouvelle fermeture d'usine, annoncée quelques jours seulement avant l'annonce de la destruction massive à Postes Canada, est des plus déconcertantes pour la classe ouvrière, et c'est le moins qu'on puisse dire. Sous le prétexte frauduleux d' « économies de coût », la production de la valeur est à même d'être détruite au Canada dans les secteurs de production de biens et de services. Comment les Canadiens doivent-ils vivre sans la production de la valeur au sein de leur propre économie ? Les céréales prêtes à consommer produites à London devront dorénavant être achetées aux États-Unis. C'est donc dire qu'une valeur équivalente quittera le pays tandis que les travailleurs ne produiront pas cette valeur ici, privant ainsi le pays d'emplois et de richesse.

L'autorité publique ne lève pas le petit doigt pour empêcher cette attaque contre les Canadiens et cette destruction de la valeur. Les gouvernements et leurs porte-parole déforment la réalité et se réfèrent quotidiennement à la destruction de la production de la valeur et au vol des réclamations des travailleurs à la valeur qu'ils produisent dans les secteurs des biens et des services comme favorisant « les économies de coût ».

Le gouvernement fédéral de Harper et le gouvernement libéral de l'Ontario remettent d'énormes quantités de fonds publics à ces vandales monopolistes, ce qui leur permet ensuite de détruire l'économie, de voler les réclamations des travailleurs, de détruire le travail et la production de la valeur et même de transférer la production aux États-Unis et ailleurs. Si les travailleurs et l'ensemble du peuple ne résistent pas à cela, l'avenir restera passablement sombre. Une résistance organisée est non seulement possible mais elle est nécessaire pour défendre l'économie, le bien-être et la sécurité de la population. Pour cela il faut entreprendre la tâche de s'armer d'un pouvoir politique. Le peuple doit être investi du pouvoir de créer une autorité publique qui défend l'économie, le bien-être et la sécurité de tous, une autorité publique qui s'engage à édifier la nation et non à la détruire. Une telle autorité publique sera l'oeuvre du peuple lui-même par le biais de sa propre organisation, de sa propre pensée et de ses propres actions avec analyse.

Dans le cas de cette fermeture de Kellogg, l'autorité publique pourrait immédiatement empêcher la fermeture de l'usine de London et empêcher le vol ou la destruction des moyens de production. Il s'agirait alors de trouver une alternative à la fermeture. Advenant que le monopole Kellogg rejette tout arrangement, le gouvernement pourrait lui dicter que dorénavant seulement les produits Kellogg produits au Canada pourront être vendus au Canada. Aussi, on doit garder en tête la possibilité de saisir les avoirs de l'usine Kellog à London pour rembourser les dons du gouvernement à l'usine de Belleville et obtenir réparation pour bris de confiance ou fraude par cette destruction d'une composante significative de l'économie canadienne ?

Si Kellogg refuse toujours de mettre fin à sa destruction, la transformation de produits céréaliers pourrait quand même se poursuivre sous de nouvelles appellations et en utilisant des céréales produites localement sur la base d'une initiative conjointe travailleurs/gouvernement ou de quelqu'autre arrangement. Après tout, si les gouvernements mettent tant de fonds publics à la disposition des monopoles pour servir leurs intérêts privés étroits au point de donner 220 millions $ à Cisco Systems, par exemple, ils devraient pouvoir dénicher des montants équivalents pour servir les vastes intérêts publics des Canadiens et ainsi protéger leurs emplois, leur bien-être et leur sécurité alimentaire ainsi que la base manufacturière du pays.

Défendons la production de la valeur au Canada!
L'usine Kellogg de London doit poursuivre sa production!
Oui à l'industrie manufacturière! Non à la destruction nationale!

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Fermeture de Heinz en Ontario

Prétexte frauduleux à propos de
« consolider les activités de production »

Un des arguments avancés par les nouveaux propriétaires de Heinz pour justifier leur décision de mettre fin à la production à Leamington c'est la consolidation des activités afin d'améliorer la productivité et la rentabilité. « Le problème est d'avoir une usine rentable et de concentrer la production dans une usine plus rentable. La même chose s'est passée dans l'industrie automobile », a déclaré Warren Buffet dont la société d'investissement est l'un des propriétaires de Heinz.

Lorsque les capitalistes financiers parlent de « consolider la production » et d'accroître « les profits », cela n'a rien à voir avec la production réelle, dans ce cas-ci, les 740 travailleurs de Heinz qui produisent divers produits alimentaires et les agriculteurs qui produisent des récoltes pour soutenir les besoins alimentaires du Canada. Pour les capitalistes financiers, les travailleurs ne sont qu'un coût et « les profits » peuvent être augmentés en attaquant les salaires, les avantages sociaux et les pensions des travailleurs, ou même en éliminant tout simplement la production comme dans le cas de Heinz, d'Electromomotive Diesel à London ou de la conserverie CanGro à Saint-Davids dans la péninsule du Niagara, toutes des installations hautement productives avec une main d'oeuvre hautement qualifiée, toujours ouverte à la rénovation et la modernisation.

Ce qu'on essaie de nier ici, c'est que le but n'est pas de rationaliser la production mais de réussir un gros coup d'argent. Cela se fait par une forme d'escroquerie ou une autre, comme les procédures de protection de la faillite où les travailleurs perdent leur accréditation syndicale et leurs pensions et les entreprises sont achetées acquises dans le but de tuer la production ou transformées pour en tirer un grand coup de fortune, au détriment des travailleurs et de leurs familles, des communautés, des économies locales et nationales. Cela se fait également par du chantage pour obtenir des gouvernements des concessions en taxes ou en sauvetage par l'injection de nouvel argent, ou toute autre forme d'escroquerie à laquelle on peut penser.

Dire que ces manoeuvres frauduleuses ont quelque chose à voir avec la production c'est commettre un assaut contre la conscience et la pensée des travailleurs et contre la dignité du travail. Cela revient à dire que s'opposer à la fermeture de Heinz c'est s'opposer à la rentabilité et à la productivité alors que dans les faits la fermeture n'a rien à voir ni avec l'un ni avec l,autre. Que ce soit dans l'industrie automobile, l'industrie alimentaire ou toute autre industrie, les monopoles prennent leurs décisions sur qui subsiste et qui disparaît sur la base de critères hautement égocentriques. Ces monopoles utilisent leur domination des secteurs de l'économie et leur pouvoir sur les affaires politiques afin d'extorquer les gouvernements à tous les niveaux et diviser les travailleurs les uns contre les autres tout en abaissant les salaires et les conditions de travail.

Dans la même veine, les gouvernements lâches ou serviles qui ne défendent pas le droit public mais servent les monopoles favorisent également ces notions irrationnelles et frauduleuses de la rentabilité et de la productivité pour justifier les magouilles pour payer les riches afin « d'attirer les investissements ». Au lieu que les gouvernements s'unissent aux travailleurs et disent Non! à l'extorsion et développent plutôt des alternatives pour édifier la nation qui profitent à toutes les parties concernées, ils se rangent du côté des monopoles en offrant parfois même plus que ce qui est exigé!

Par exemple, des extraits d'un rapport tiré de Ohio.com concernant la décision de Heinz « d'investir » dans une usine à Massillon, en Ohio révèlent la manière dont les gouvernements de la ville et de l'État ont dû fournir des « incitatifs » pour que Heinz « investisse » là, tandis qu'il « consolide » ailleurs.

Steve Paquette, président et chef de la direction du Conseil de développement du comté de Stark, a déclaré que « il y a environ trois mois, les responsables du développement économique du comté, la ville et l'Etat se sont associés et ont commencé à développer un ensemble de propositions d'incitatifs financiers dans l'espoir que Heinz prenne de l'expansion ici. » L'article poursuit en disant que le conseil municipal de Massillon discute d'une proposition d'un crédit d'impôt municipal sur les revenus étalé sur neuf ans pour l'entreprise, ainsi que d'un crédit d'impôt pour la création d'emplois. Il est aussi dit que l'Etat envisage de donner un crédit d'impôt pour la création d'emplois.

Les travailleurs doivent rejeter ces arguments frauduleux et irrationnels centrés sur le capital, qui justifient l'abus de pouvoir des monopoles et le refus des gouvernements de prendre position et de les forcer à rendre des comptes. Ils doivent suivre leur instinct que de telles destructions de l'économie sont criminelles et inacceptables et que des alternatives peuvent et doivent être trouvées.

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Secteur forestier en Colombie-Britannique

Canfor ferme une scierie en Colombie-Britannique
et en ouvre une autre en Chine

Le 24 octobre, le géant forestier Canfor a annoncé qu'il allait fermer définitivement son usine de Quesnel et mettre à pied 209 employés en raison du manque de bois causé par l'infestation du dendroctone du pin ponderosa. La scierie Quesnel était l'une des rares usines de la Colombie-Britannique qui coupe le bois en taille métrique pour le marché chinois.

Fait intéressant, le 26 novembre, soit un peu plus d'un mois plus tard, Canfor a annoncé son intention d'investir dans un projet conjoint pour une nouvelle scierie en Chine sur la côte nord du pays. Cette usine importera du bois de la Colombie-Britannique et le coupera en dimensions métriques pour les acheteurs chinois.

Le partenaire de Canfor dans cette entreprise est une société chinoise, Tangshan Caofeidian Wood Industry Inc., qui est une division de l'important groupe industriel Hebei Wenfeng. Le groupe industriel a mis sur pied Caofeidian Wood avec l'objectif précis « d'utiliser le Canada et les ressources forestières mondiales pour alimenter la demande croissante de la Chine en produits forestiers ». Le Groupe dispose d'une filiale canadienne, LJ Resources Ltd et possède actuellement 16 % des actions de Conifex basé en Colombie-Britannique.

Une autre fait intéressant de cette nouvelle coentreprise Canfor/Caofeidian Wood est que Caofeidian Wood est également impliqué dans le développement à proximité d'un immense port en eau profonde dans le nord de la Chine qui, entre autres vocations, sera une plaque tournante pour l'importation de bois d'œuvre et de grumes (billots) provenant de la Colombie-Britannique et d'autres endroits. Ce « port forestier », comme on l'appelle, comprendra un centre de fumigation, ce qui est important, parce que, sans lui, le bois ne peut être expédié à ce port que durant les mois d'hiver. Comme l'indique Russ Taylor du Groupe Wood Markets, de Vancouver, « le secteur de l'exploitation forestière de la Colombie-Britannique a maintenant la possibilité d'exporter des grumes vers un nouveau port à l'année longue ».[1]

Bien sûr, les exportations de grumes sont le sujet de controverses en Colombie-Britannique, ainsi que d'autres juridictions, comme l'État de Washington et la Nouvelle-Zélande. Au cours des dernières années l'exportation de grumes de la Colombie-Britannique en particulier vers la Chine et surtout à partir des zones côtières de la Colombie-Britannique, a atteint des niveaux record avec l'exportation de 47 millions de mètres cubes entre 2002 et 2012. En même temps, des dizaines de scieries ont fermé en Colombie-Britannique et environ 35 000 emplois dans le secteur forestier ont été perdus.

L'annonce de la scierie Canfor/Caofeidian coïncide avec d'autres annonces faites lors de la visite en Chine de la première ministre Christy Clark. Selon une dépêche, une ébauche d'accord conclu entre un groupe d'investisseurs chinois (sous l'égide de la Chambre de commerce de la Chine pour les nouvelles énergies) et le gouvernement de la Colombie-Britannique « pourrait entraîner des investissements au Canada de près de 1 milliard $ par des entreprises chinoises », en particulier dans le domaine des usines de boulettes de bois. Les boulettes de bois peuvent être utilisées pour remplacer le charbon en Chine où la pollution de l'air par la combustion du charbon est un problème majeur. Au Canada, on estime que la moitié « du bois récolté provenant du nord-ouest de la Colombie-Britannique est trop pauvre pour être utilisé comme bois d'oeuvre », mais pourrait être utilisé en tant que boulettes.[2] Cependant, la production de boulettes nécessite moins de travailleurs que la production de scieries.

Serait-ce le signe précurseur des choses à venir en Colombie-Britannique ? Y a-t-il une division mondiale du travail à l'oeuvre ici, dans laquelle la Colombie-Britannique exportera vers la Chine plus de grumes ainsi que des planches de bois relativement à l'état brut et des boulettes de bois, tandis que la Chine en arrivera à traiter les grumes et le bois semi-transformé en une vaste gamme de produits à valeur ajoutée qui seront vendus sur les marchés domestiques et à l'étranger ?

Tout cela est sans doute bon pour Canfor et ses partenaires chinois. Mais la question se pose : en quoi les collectivités de la Colombie-Britannique et nos ressources forestières font-elles partie de cette vision mondialiste ? Est-ce que le secteur forestier de la transformation de la Colombie-Britannique sera renforcé et développé, ou est-ce que la province sera encore réduite à dépendre de l'exportation de ressources naturelles brutes ou semi-transformées, une espèce de plantation pour les entreprises géantes mondiales ?

C'est une chose pour la première ministre, Canfor et les investisseurs chinois de conclure à Beijing des ententes derrière des portes closes sur les ressources forestières de la province. Mais qu'en est-il de l'apport des collectivités et du public ? Ou est-ce que toutes les décisions doivent être dans les mains des entreprises géantes mondiales qui ne pensent pas deux fois avant de fermer des usines dans un pays tout en les ouvrant dans un autre ?

Notes

1. St.Denis, Jen, « Canfor planning wood joint venture in China », dans Business Vancouver, édition du 27 novembre 2013.
2. Vanderklippe, Nathan, « China, Canadian groups sign pacts as Beijing targets forestry sector », Globe and Mail, édition du 26 novembre 2013

* Peter Ewart est un chroniqueur et écrivain basé à Prince-George, en Colombie-Britannique. Il peut être contacté à : peter.ewart@shaw.ca

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