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Numéro 189 - 18
décembre 2013
Assaut continu contre la base
manufacturière
Pourquoi devrait-on laisser les
décisions
d'affaires privées nuire à l'économie?
Assaut
continu
contre
la base manufacturière
• Pourquoi devrait-on laisser les
décisions d'affaires privées nuire à
l'économie?
Fermeture de la
production d'acier à Hilton Works à Hamilton
• Il faut maintenir la production à
Stelco! – Rolf Gerstenberger, président de la section
locale 1005 du Syndicat des Métallos
Fermeture de l'usine
de céréales Kellogg à London
• L'assaut contre l'industrie
manufacturière en Ontario se poursuit et l'autorité
publique se tourne les pouces - K. C. Adams
Fermeture de Heinz en
Ontario
• Prétexte frauduleux à propos de
« consolider les activités de production »
Secteur forestier en
Colombie-Britannique
• Canfor ferme une scierie en
Colombie-Britannique et en ouvre un autre en Chine - Peter
Ewart
Assaut continu contre la base
manufacturière
Pourquoi devrait-on laisser les décisions
d'affaires privées nuire à l'économie?
Que
les monopoles se le tiennent pour dit : sans équilibre
basé sur la reconnaissance
de l'intérêt public, pas de droit de faire des affaires au
Canada!
Des décisions
récentes de monopoles étrangers opérant au Canada
auront des effets désastreux sur l'économie locale et
nationale. La première est la décision de US Steel de
fermer définitivement les hauts fourneaux de l'aciérie de
Hilton Works à Hamilton. La deuxième est l'annonce du
capital financier américain de fermer l'usine agro-alimentaire
de Heinz à Leamington en Ontario, et la dernière est
celle de fermer l'usine Kellogg à London en Ontario.
Ces sociétés américaines disent que
leurs décisions sont des décisions d'affaires
privées qui concernent leurs investissements et ne sont pas
négociables. Elles disent que ces décisions sont dans le
meilleur intérêt des propriétaires privés et
que leur but n'est pas de détruire l'économie canadienne,
même si cela en est le résultat. Selon elles, leur
responsabilité première est envers leurs groupes de
propriétaires qui s'attendent au plus haut rendement possible de
leurs investissements.
Pour Heinz à Leamington, ce sont les
milliardaires William Buffett et Bill Gates qui détiennent la
plus grande part des actions et la plus grande participation dans la
moitié de la société Berkshire Hathaway. L'autre
moitié est détenue par 3G Capital, une
société internationale d'investissement dont les
propriétaires principaux sont Jorge Paulo Lemann, Marcel Telles
et Carlos Alberto Sicupira de New York et de Rio de Janeiro. Lemann
serait l'homme le plus riche du Brésil. Après
l'acquisition de Heinz par ces deux groupes en février 2013, les
nouveaux propriétaires ont nommé Bernardo Hees à
la tête de Heinz. Hees est l'ancien PDG de Burger King Worldwide
Inc., une société détenue par 3G Capital.
Le PDG de US Steel est Mario Longhi, un ancien haut
dirigeant du monopole international Alcoa.
Ce sont ces personnes qui ont pris la décision de
fermer les hauts fourneaux de Hamilton et l'usine de Leamington, bien
qu'aucune d'entre elles n'aient de liens connus avec les deux
communautés concernées ou même le Canada autres que
l'exploitation de leur économie.
Le gouvernements fédéral et celui de
l'Ontario ont déclaré que ces décisions qui
détruisent la production en Ontario sont une affaire
privée. Ils affirment qu'ils n'ont ni le droit, ni le pouvoir,
ni l'intention d'intervenir ou de faire changer les décisions
que prennent les entreprises privées. Les médias,
à l'exception des tribunes de la classe ouvrière comme LML,
répètent
le
mantra que la nature privée de la
propriété des entreprises fait que les décisions
d'affaires relèvent de leurs compétences et de leur droit
de servir leurs propres intérêts privés
étroits, même si ces décisions peuvent aggraver
l'état de l'économie et nuire au bien-être de la
population.
L'acceptation de cette destruction
et la conciliation avec le droit de monopole font partie de la
politique du néolibéralisme. Alors que sous le
capitalisme du laissez-faire, la démocratie libérale
avait créé une société civile dans laquelle
les droits basés sur la propriété privée
dominaient, aujourd'hui, sous le néolibéralisme, ce sont
les intérêts privés monopolistes qui dominent et
l'emportent sur tous les autres intérêts.
Il n'est pas possible d'assimiler les
intérêts privés des monopoles aux
intérêts généraux de la
société, que la mainmise des monopoles détruit et
démantèle. Les néolibéraux déclarent
que les décisions des entreprises privées doivent servir
le groupe de propriétaires et non pas les intérêts
généraux de la société. Le contrôle
des monopoles est entre les mains de petits groupes de capitalistes
financiers qui sont en concurrence avec d'autres groupes de
propriétaires et se battent pour des profits énormes.
Pour qu'un groupe de propriétaires réussisse, le secret,
la confidentialité et le droit de décider ce qui est dans
le meilleur intérêt d'un groupe de propriété
particulier sont nécessaires, nous dit-on, sinon ils peuvent
perdre leurs profits énormes et leurs concurrents triompheront.
La classe ouvrière, qui ne détient aucun
pouvoir politique actuellement, fait face à une mafia politique
qui impose les arrangements néolibéraux de la concurrence
inter-monopoliste où le droit de monopole l'emporte sur le droit
public et où les gouvernements sont pris en charge directement
par des monopoles privés. Non seulement la fonction publique
est-elle remplacée par des entrepreneurs privés, mais le
fonctionnement de nombreux ministères et même les forces
armées et de sécurité, les prisons et d'autres
institutions se fait en sous-traitance.
Les monopoles sont devenus des monstres d'une taille
mondiale prodigieuse, comme Berkshire Hathaway qui possède et
contrôle des sociétés ayant des actifs
combinés de 428 milliards $, un revenu annuel brut de
163 milliards $ et qui emploient 290 000 employés.
Certains de ces monopoles comme KPMG, Deloitte et UBS, malgré
leurs lourds dossiers de fraude et de conseils et de rapports
intéressés, sont payés par le Trésor public
pour parachever la destruction de financement public des régimes
de retraite, de l'assurance-emploi, de la commission des accidents du
travail, etc. En même temps, la mafia politique présente
son rôle dans le gouvernement comme parfaitement légitime,
malgré les preuves du contraire.
Les monopoles ont pris la décision de fermer des
usines parfaitement bonnes à Hamilton, à Leamington et
à London et de détruire l'économie locale et
nationale pour servir leurs propres intérêts privés
étroits. Aucune solution de rechange au service de
l'économie locale et canadienne et de l'intérêt
public n'a été proposée et soumise à la
discussion parce que les entreprises concernées ne veulent pas
d'alternative ou d'un plan d'action qui pourrait très bien
être viable. Les Canadiens, avec l'assentiment odieux de leurs
gouvernements, sont privés de leur droit public d'avoir leur mot
à dire et de contrôler leur propre économie et dans
ces cas, leurs secteurs de l'acier et de l'agro-alimentaire, qui sont
fondamentaux pour leur bien-être, leur souveraineté et
leur survie même.
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Les rapports avec les monopoles sont devenus totalement
biaisés en faveur du droit de monopole. L'absence d'avantages
réciproques avec les monopoles mondiaux est
particulièrement préoccupante. Il n'existe aucun avantage
réciproque dans les rapports entre les monopoles et les
travailleurs, aucun équilibre basé sur la reconnaissance
de l'intérêt public, car les intérêts
privés étroits l'emportent sur l’intérêt
public plus large et le droit de monopole l'emporte sur le droit
public. C'est non seulement injuste, mais aussi dangereux.
Quelle doit être la position de la classe
ouvrière face à cette situation ? Clairement, la
prise de contrôle de l'intérêt public par les
intérêts privés étroits des monopoles doit
cesser. Cette spirale descendante est une catastrophe pour
l'économie et le peuple.
Les gouvernements refusent d'agir pour défendre
le droit public. Clairement, la classe ouvrière doit, avec ses
organisations et ses médias, rallier le peuple pour changer la
situation. Les décisions d'affaires privées qui touchent
à l'intérêt public doivent être
placées sous le contrôle politique du peuple. Il ne faut
pas permettre aux monopoles de se cacher derrière l'imposture de
la confidentialité quand une décision a des
conséquences publiques et affecte directement l'économie
locale et nationale, l'intérêt public et l'environnement
naturel et social.

Fermeture de la production d'acier
à Hilton Works à Hamilton
Il faut maintenir la production à Stelco!
- Rolf Gerstenberger, président
de la section locale
1005 du Syndicat des Métallos -

Les
métallos et leurs alliés manifestent devant le bureau de
circonscription de MP David
Sweet,
Ancaster-Dundas-Flamborough-Westdale
le
16
novembre
2013.
Le samedi 16 novembre, les métallos
manifestaient devant le bureau de circonscription de David Sweet, le
député de Ancaster-Dundas-Flamborough-Westdale suite
à quoi nous avons distribué Information Update,
le bulletin de notre section locale aux résidents de Dundas dont
plusieurs sont reliés au secteur de l'acier.
Les députés doivent utiliser leur
autorité pour interdire à US Steel de stopper la
production d'acier à Hilton Works sous peine de perdre leurs
propriétés à Hamilton et celle de Lake Erie Works.
Ils doivent utiliser leur position d'autorité pour demander
à US Steel de rénover Hilton Works plutôt que de le
détruire. Le Canada a besoin d'acier et celui-ci devrait
être produit au Canada.
Les députés doivent faire quelque chose
qui va en pratique défendre les pensions des milliers de
travailleurs de Stelco qui sont menacés par les actions de
rapaces de US Steel. Les députés doivent insister pour
que US Steel soit forcé de financer à 100 % les
régimes de retraite de Stelco sinon la compagnie doit perdre ses
propriétés canadiennes et celles-ci doivent être
utilisées pour garantir les pensions.
La dernière chose que veulent les gens c'est se
faire servir des balivernes idéologiques qui reviennent à
justifier le refus de défendre les travailleurs et la
communauté contre ces attaques qui nous viennent des
États-Unis. Ce que nous voulons, ce sont des plans de solutions
pratiques qui défendent les droits et le bien-être des
Canadiens qui ont besoin d'un gouvernement qui agit en leur nom.
Nous ne voulons pas nous
faire dire que l'économie va bien et que le marché
devrait rester soumis à la loi de la jungle. Notre
expérience directe de ce qui se passe en Ontario nous dit que
notre économie est en état de siège de la part de
forces qui n'ont rien à voir avec l'Ontario.
Juste la semaine dernière, le groupe Warren
Buffett Berkshire Hathaway/G3 des États-Unis a
annoncé la fermeture de l'usine d'aliments Heinz à
Leamington en Ontario. L'usine Heinz est le plus gros employeur de la
région qui est un district agricole splendide et magnifique.
Sept cent quarante travailleurs vont être mis à pied sans
parler des centaines d'autres qui seront aussi affectés.
L'an dernier, la compagnie Smucker de l'Ohio a
fermé son usine de condiments Bick's Pickles près de
Dunnville et ses réservoirs de cornichons à Delhi causant
150 mises à pied. Une autre compagnie américaine,
Snyder's-Lance va fermer sa boulangerie de Cambridge en Ontario en mai
prochain ce qui va détruire les emplois de 130 travailleurs et
plus encore compte tenu des emplois indirects. Les centaines de mises
à pieds à Blackberry à Waterloo nous fendent le
coeur et sont destructrices elles aussi. Monsieur Sweet et son
gouvernement ont le pouvoir d'arrêter l'hécatombe et de
défendre les droits et le bien-être des gens de la
province et de notre économie dont nous dépendons tous.
Ces décisions ne sont pas des décisions
privées d'affaires. Elles affectent directement notre
économie et les Ontariens. Justifier de telles attaques en les
qualifiant de décisions d'affaires privées c'est nier sa
responsabilité en tant que représentants du peuple au
Parlement. Si quelqu'un faisait sauter ces usines dans un attentat
terroriste ou volait l'argent des pensions, le gouvernement Harper et
ses forces de sécurité n'auraient pas le choix que de
défendre les gens contre des actions aussi criminelles. Et bien
c'est ça que nous vivons en ce moment sous prétexte de
décisions d'affaires privées. Ce sont des actes
terroristes qui sont commis contre les Ontariens et
présentées comme de simples décisions d'affaires
privées. Cela ne doit pas passer et les députés
doivent prendre leurs responsabilités en défendant le
peuple.
Comment est-ce possible que
le Parlement du Canada soit aussi inepte quand il est question de la
défense des droits, des moyens d'existence et des pensions des
travailleurs du pays ? Les Canadiens s'attendent à ce que
les gouvernements prennent des actions au Parlement pour
protéger notre économie de la ruine et de la destruction
que nous causent ces monopoles pour la plupart étrangers.
Les gens en Ontario demandent que ses gouvernements
à Toronto et à Ottawa défendent leur
économie, leurs droits, leur sécurité et leur
bien-être. Si les gouvernements ne le font pas alors qu'est-ce
que nous, on est supposé faire alors ? On ne va pas se
laisser rayer de la carte comme ça. Notre sécurité
est dans la défense des droits de tous ! Nous sommes
déterminés à défendre notre économie
dont nous dépendons tous. Nous sommes déterminés
à défendre les pensions que nous avons et à lutter
pour des pensions pour tous !
Oui
à la base manufacturière! Non à la destruction
nationale!
Il faut maintenir la production à Stelco!
(Information Update, numéro 38,
21 novembre 2013)

Fermeture de l'usine de
céréales Kellogg à London
L'assaut contre l'industrie manufacturière en
Ontario se poursuit et l'autorité publique se tourne les pouces
- K. C. Adams -

Lock-out des travailleurs
de Kellogg en 2009 pour leur extorquer des concessions (D. Starchuk )
De façon succincte, par voie de
communiqué, le monopole étasunien Kellogg a
annoncé que l'an prochain il allait progressivement fermer son
usine de fabrication de céréales prêtes à
consommer à London, en Ontario, et complètement fermer sa
production alimentaire avant la fin de 2014. Plus de 550 membres du
syndicat local 154G du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la
boulangerie, de la confiserie, du tabac et des minoteries ainsi que
65 employés non syndiqués perdront leur emploi.
Kellogg avait déjà annoncé le 5 novembre que
110 travailleurs syndiqués allaient être mis à pied
le Jour de l'An 2014 et onze gestionnaires ont été
congédiés sur le champ.
Kellogg a aussi annoncé qu'il allait fermer son
usine de fabrication de collations à Charmhaven en Australie,
tandis que son usine de transformation alimentaire à Rayong en
Thaïlande serait agrandie. Tout indique que le monopole a
l'intention de transférer la fabrication de
céréales de London vers des usines au Michigan et en
Pennsylvanie. Quand à savoir si ce transfert se fera avec le
pillage des moyens de production de l'usine de London, cela reste
à voir.
Les travailleurs de l'usine Kellogg à London
produisent une grande variété de céréales
bien connues telles que Corn Flakes, Frosted Flakes, Bran Buds, All
Bran, Bran Flakes et Raisin Bran. L'usine existe depuis 1907 et a
bénéficié en 1985 d'une expansion et de
rénovations de l'ordre de 223 millions $.
Selon le communiqué : « La
compagnie Kellogg a annoncé aujourd'hui un certain nombre de
changements visant à optimiser son réseau mondial de
production..., à favoriser les économies de coût...
Le PDG John Bryant a dit : 'Nous prenons des mesures pour veiller
à ce que notre réseau de production ait le nombre
désiré d'usines et de lignes de production -- aux bons
endroits — pour mieux répondre à nos besoins de
production actuels et à venir, ainsi qu'aux besoins en constante
évolution de nos clients.' »
Le « nombre
désiré », selon les intérêts
privés étroits du monopole, exclut l'usine
syndiquée de London mais non l'usine plus petite, non
syndiquée et subventionnée par le gouvernement
située à Belleville, en Ontario, et qui a ouvert ses
portes en 2008 dans le but de « favoriser les
économies de coût » en accaparant une partie
des réclamations des travailleurs à la valeur qu'ils
produisent. Le crime contre les travailleurs consiste en cette
propagande mensongère à l'effet que leur
réclamation à la valeur qu'ils produisent est un
coût de production.
En 2008, le gouvernement libéral de l'Ontario a
accordé à Kellogg une subvention de
2,4 millions $ et un prêt sans intérêt de
9,7 millions $, pour qu'il construise la nouvelle usine non
syndiquée de Belleville dans le but de « favoriser
les économies de coût ». Le prêt
gouvernemental représentait 10 % des investissements de
capitaux de la compagnie dans cette nouvelle usine, qui produit les
céréales Mini-Wheats. Cette année, le gouvernement
libéral a annoncé une autre subvention de
4,5 millions $ pour l'usine de Belleville. Le gouvernement
n'a pas encore dit si la fermeture de l'usine de London allait affecter
cette subvention.
Dans un communiqué sur la fermeture de l'usine de
London, la première ministre libérale de l'Ontario,
Kathleen Wynn, s'est dite « déçue »
pour ensuite énumérer les divers monopoles s'étant
engagés à injecter de nouveaux investissements dans la
province. Pour sa part, le gouvernement fédéral de Harper
n'a rien dit.
Un autre exemple de
la destruction de Kellogg des communautés: lockout des
travailleurs à Memphis, Tennessee
pour forcer des concessions qui ont commencé le 22 octobre 2013.
Cette nouvelle fermeture d'usine, annoncée
quelques jours seulement avant l'annonce de la destruction massive
à Postes Canada, est des plus déconcertantes pour la
classe ouvrière, et c'est le moins qu'on puisse dire. Sous le
prétexte frauduleux d' « économies de
coût », la production de la valeur est à
même d'être détruite au Canada dans les secteurs de
production de biens et de services. Comment les Canadiens doivent-ils
vivre sans la production de la valeur au sein de leur propre
économie ? Les céréales prêtes à
consommer produites à London devront dorénavant
être achetées aux États-Unis. C'est donc dire
qu'une valeur équivalente quittera le pays tandis que les
travailleurs ne produiront pas cette valeur ici, privant ainsi le pays
d'emplois et de richesse.
L'autorité publique ne lève pas le petit
doigt pour empêcher cette attaque contre les Canadiens et cette
destruction de la valeur. Les gouvernements et leurs porte-parole
déforment la réalité et se réfèrent
quotidiennement à la destruction de la production de la valeur
et au vol des réclamations des travailleurs à la valeur
qu'ils produisent dans les secteurs des biens et des services comme
favorisant « les économies de coût ».
Le gouvernement fédéral de Harper et le
gouvernement libéral de l'Ontario remettent d'énormes
quantités de fonds publics à ces vandales monopolistes,
ce qui leur permet ensuite de détruire l'économie, de
voler les réclamations des travailleurs, de détruire le
travail et la production de la valeur et même de
transférer la production aux États-Unis et ailleurs. Si
les travailleurs et l'ensemble du peuple ne résistent pas
à cela, l'avenir restera passablement sombre. Une
résistance organisée est non seulement possible mais elle
est nécessaire pour défendre l'économie, le
bien-être et la sécurité de la population. Pour
cela il faut entreprendre la tâche de s'armer d'un pouvoir
politique. Le peuple doit être investi du pouvoir de créer
une autorité publique qui défend l'économie, le
bien-être et la sécurité de tous, une
autorité publique qui s'engage à édifier la nation
et non à la détruire. Une telle autorité publique
sera l'oeuvre du peuple lui-même par le biais de sa propre
organisation, de sa propre pensée et de ses propres actions avec
analyse.
Dans le cas de cette fermeture de Kellogg,
l'autorité publique pourrait immédiatement empêcher
la fermeture de l'usine de London et empêcher le vol ou la
destruction des moyens de production. Il s'agirait alors de trouver une
alternative à la fermeture. Advenant que le monopole Kellogg
rejette tout arrangement, le gouvernement pourrait lui dicter que
dorénavant seulement les produits Kellogg produits au Canada
pourront être vendus au Canada. Aussi, on doit garder en
tête la possibilité de saisir les avoirs de l'usine Kellog
à London pour rembourser les dons du gouvernement à
l'usine de Belleville et obtenir réparation pour bris de
confiance ou fraude par cette destruction d'une composante
significative de l'économie canadienne ?
Si Kellogg refuse toujours de mettre fin à sa
destruction, la transformation de produits céréaliers
pourrait quand même se poursuivre sous de nouvelles appellations
et en utilisant des céréales produites localement sur la
base d'une initiative conjointe travailleurs/gouvernement ou de
quelqu'autre arrangement. Après tout, si les gouvernements
mettent tant de fonds publics à la disposition des monopoles
pour servir leurs intérêts privés étroits au
point de donner 220 millions $ à Cisco Systems, par
exemple, ils devraient pouvoir dénicher des montants
équivalents pour servir les vastes intérêts publics
des Canadiens et ainsi protéger leurs emplois, leur
bien-être et leur sécurité alimentaire ainsi que la
base manufacturière du pays.
Défendons
la
production
de la valeur au Canada!
L'usine Kellogg de London doit poursuivre sa production!
Oui à l'industrie manufacturière! Non à la
destruction nationale!

Fermeture de Heinz en Ontario
Prétexte frauduleux à propos de
« consolider les activités de production »
Un des arguments avancés par les nouveaux
propriétaires de Heinz
pour justifier leur décision de mettre fin à la
production à Leamington
c'est la consolidation des activités afin d'améliorer la
productivité
et la rentabilité. « Le problème est d'avoir une
usine rentable et de
concentrer la production dans une usine plus rentable. La même
chose
s'est passée dans l'industrie automobile », a
déclaré Warren Buffet
dont la société d'investissement est l'un des
propriétaires de Heinz.
Lorsque les capitalistes financiers parlent de «
consolider la
production » et d'accroître « les profits »,
cela n'a rien à voir avec
la production réelle, dans ce cas-ci, les 740 travailleurs de
Heinz qui
produisent divers produits alimentaires et les agriculteurs qui
produisent des récoltes pour soutenir les besoins alimentaires
du
Canada. Pour les
capitalistes financiers, les travailleurs ne sont qu'un coût et
« les
profits » peuvent être augmentés en attaquant les
salaires, les
avantages sociaux et les pensions des travailleurs, ou même en
éliminant tout simplement la production comme dans le cas de
Heinz,
d'Electromomotive Diesel à London ou de la conserverie CanGro
à
Saint-Davids dans
la péninsule du Niagara, toutes des installations hautement
productives
avec une main d'oeuvre hautement qualifiée, toujours ouverte
à la
rénovation et la modernisation.
Ce qu'on essaie de nier ici, c'est que le but n'est pas
de
rationaliser la production mais de réussir un gros coup
d'argent. Cela
se fait par une forme d'escroquerie ou une autre, comme les
procédures
de protection de la faillite où les travailleurs perdent leur
accréditation syndicale et leurs pensions et les entreprises
sont
achetées acquises dans le
but de tuer la production ou transformées pour en tirer un grand
coup
de fortune, au détriment des travailleurs et de leurs familles,
des
communautés, des économies locales et nationales. Cela se
fait
également par du chantage pour obtenir des gouvernements des
concessions en taxes ou en sauvetage par l'injection de nouvel argent,
ou toute autre
forme d'escroquerie à laquelle on peut penser.
Dire que ces manoeuvres frauduleuses ont quelque chose
à voir avec
la production c'est commettre un assaut contre la conscience et la
pensée des travailleurs et contre la dignité du travail.
Cela revient à
dire que s'opposer à la fermeture de Heinz c'est s'opposer
à la
rentabilité et à la productivité alors que dans
les faits la fermeture
n'a rien à
voir ni avec l'un ni avec l,autre. Que ce soit dans l'industrie
automobile, l'industrie alimentaire ou toute autre industrie, les
monopoles prennent leurs décisions sur qui subsiste et qui
disparaît
sur la base de critères hautement égocentriques. Ces
monopoles
utilisent leur domination des secteurs de l'économie et leur
pouvoir
sur les affaires politiques
afin d'extorquer les gouvernements à tous les niveaux et diviser
les
travailleurs les uns contre les autres tout en abaissant les salaires
et les conditions de travail.

Dans la même veine, les gouvernements lâches
ou serviles qui ne
défendent pas le droit public mais servent les monopoles
favorisent
également ces notions irrationnelles et frauduleuses de la
rentabilité
et de la productivité pour justifier les magouilles pour payer
les
riches afin « d'attirer les investissements ». Au lieu que
les
gouvernements
s'unissent aux travailleurs et disent Non! à l'extorsion et
développent
plutôt des alternatives pour édifier la nation qui
profitent à toutes
les parties concernées, ils se rangent du côté des
monopoles en offrant
parfois même plus que ce qui est exigé!
Par exemple, des extraits d'un rapport tiré de
Ohio.com concernant
la décision de Heinz « d'investir » dans une usine
à Massillon, en Ohio
révèlent la manière dont les gouvernements de la
ville et de l'État ont
dû fournir des « incitatifs » pour que Heinz «
investisse » là, tandis
qu'il « consolide » ailleurs.
Steve Paquette, président et chef de la direction
du Conseil de
développement du comté de Stark, a déclaré
que « il y a environ trois
mois, les responsables du développement économique du
comté, la ville
et l'Etat se sont associés et ont commencé à
développer un ensemble de
propositions d'incitatifs financiers dans l'espoir que Heinz prenne
de l'expansion ici. » L'article poursuit en disant que le conseil
municipal de Massillon discute d'une proposition d'un crédit
d'impôt
municipal sur les revenus étalé sur neuf ans pour
l'entreprise, ainsi
que d'un crédit d'impôt pour la création d'emplois.
Il est aussi dit
que l'Etat envisage de donner un crédit d'impôt pour la
création
d'emplois.
Les travailleurs doivent rejeter ces arguments
frauduleux et
irrationnels centrés sur le capital, qui justifient l'abus de
pouvoir
des monopoles et le refus des gouvernements de prendre position et de
les forcer à rendre des comptes. Ils doivent suivre leur
instinct que
de telles destructions de l'économie sont criminelles et
inacceptables
et que des
alternatives peuvent et doivent être trouvées.

Secteur forestier en Colombie-Britannique
Canfor ferme une scierie en Colombie-Britannique
et en ouvre une autre en Chine
- Peter Ewart* -
Le 24 octobre, le géant forestier Canfor a
annoncé qu'il allait fermer définitivement son usine de
Quesnel et mettre à pied 209 employés en raison du
manque de bois causé par l'infestation du dendroctone du pin
ponderosa. La scierie Quesnel était l'une des rares usines de la
Colombie-Britannique qui coupe le bois en taille métrique pour
le marché chinois.
Fait intéressant, le 26 novembre, soit un
peu plus d'un mois plus tard, Canfor a annoncé son intention
d'investir dans un projet conjoint pour une nouvelle scierie en Chine
sur la côte nord du pays. Cette usine importera du bois de la
Colombie-Britannique et le coupera en dimensions métriques pour
les acheteurs chinois.
Le partenaire de Canfor dans cette entreprise est une
société chinoise, Tangshan Caofeidian Wood Industry Inc.,
qui est une division de l'important groupe industriel Hebei Wenfeng. Le
groupe industriel a mis sur pied Caofeidian Wood avec l'objectif
précis « d'utiliser le Canada et les ressources
forestières mondiales pour alimenter la demande croissante de la
Chine en produits forestiers ». Le Groupe dispose d'une
filiale canadienne, LJ Resources Ltd et possède actuellement
16 % des actions de Conifex basé en Colombie-Britannique.
Une autre fait intéressant de cette nouvelle
coentreprise Canfor/Caofeidian Wood est que Caofeidian Wood est
également impliqué dans le développement à
proximité d'un immense port en eau profonde dans le nord de la
Chine qui, entre autres vocations, sera une plaque tournante pour
l'importation de bois d'œuvre et de grumes (billots) provenant de la
Colombie-Britannique et d'autres endroits. Ce « port
forestier », comme on l'appelle, comprendra un centre de
fumigation, ce qui est important, parce que, sans lui, le bois ne peut
être expédié à ce port que durant les mois
d'hiver. Comme l'indique Russ Taylor du Groupe Wood Markets, de
Vancouver, « le secteur de l'exploitation forestière
de la Colombie-Britannique a maintenant la possibilité
d'exporter des grumes vers un nouveau port à l'année
longue ».[1]
Bien sûr, les
exportations de grumes sont le sujet de controverses en
Colombie-Britannique, ainsi que d'autres juridictions, comme
l'État de Washington et la Nouvelle-Zélande. Au cours des
dernières années l'exportation de grumes de la
Colombie-Britannique en particulier vers la Chine et surtout à
partir des zones côtières de la Colombie-Britannique, a
atteint des niveaux record avec l'exportation de 47 millions de
mètres cubes entre 2002 et 2012. En même temps, des
dizaines de scieries ont fermé en Colombie-Britannique et
environ 35 000 emplois dans le secteur forestier ont
été perdus.
L'annonce de la scierie Canfor/Caofeidian coïncide
avec d'autres annonces faites lors de la visite en Chine de la
première ministre Christy Clark. Selon une dépêche,
une ébauche d'accord conclu entre un groupe d'investisseurs
chinois (sous l'égide de la Chambre de commerce de la Chine pour
les nouvelles énergies) et le gouvernement de la
Colombie-Britannique « pourrait entraîner des
investissements au Canada de près de 1 milliard $ par
des entreprises chinoises », en particulier dans le domaine
des usines de boulettes de bois. Les boulettes de bois peuvent
être utilisées pour remplacer le charbon en Chine
où la pollution de l'air par la combustion du charbon est un
problème majeur. Au Canada, on estime que la moitié
« du bois récolté provenant du nord-ouest de
la Colombie-Britannique est trop pauvre pour être utilisé
comme bois d'oeuvre », mais pourrait être
utilisé en tant que boulettes.[2]
Cependant,
la
production de boulettes nécessite moins de
travailleurs que la production de scieries.
Serait-ce le signe précurseur des choses à
venir en Colombie-Britannique ? Y a-t-il une division mondiale du
travail à l'oeuvre ici, dans laquelle la Colombie-Britannique
exportera vers la Chine plus de grumes ainsi que des planches de bois
relativement à l'état brut et des boulettes de bois,
tandis que la Chine en arrivera à traiter les grumes et le bois
semi-transformé en une vaste gamme de produits à valeur
ajoutée qui seront vendus sur les marchés domestiques et
à l'étranger ?
Tout cela est sans doute bon pour Canfor et ses
partenaires chinois. Mais la question se pose : en quoi les
collectivités de la Colombie-Britannique et nos ressources
forestières font-elles partie de cette vision mondialiste ?
Est-ce que le secteur forestier de la transformation de la
Colombie-Britannique sera renforcé et développé,
ou est-ce que la province sera encore réduite à
dépendre de l'exportation de ressources naturelles brutes ou
semi-transformées, une espèce de plantation pour les
entreprises géantes mondiales ?
C'est une chose pour la première ministre, Canfor
et les investisseurs chinois de conclure à Beijing des ententes
derrière des portes closes sur les ressources forestières
de la province. Mais qu'en est-il de l'apport des collectivités
et du public ? Ou est-ce que toutes les décisions doivent
être dans les mains des entreprises géantes mondiales qui
ne pensent pas deux fois avant de fermer des usines dans un pays tout
en les ouvrant dans un autre ?
Notes
1. St.Denis, Jen,
« Canfor planning wood joint venture in China »,
dans Business Vancouver, édition du 27 novembre
2013.
2. Vanderklippe, Nathan,
« China, Canadian groups sign pacts as Beijing targets
forestry sector », Globe and Mail, édition
du 26 novembre 2013

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