Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 187 - 16 décembre 2013

Des défis pour le mouvement ouvrier

L'effondrement d'une autorité publique qui défend l'intérêt public et le droit public



Des défis pour le mouvement ouvrier

L'effondrement d'une autorité publique qui défend l'intérêt public et le droit public

Postes Canada
Coupures drastiques dans le service postal
Postes Canada essaie de justifier son offensive de destruction - Louis Lang



Des défis pour le mouvement ouvrier

L'effondrement d'une autorité publique qui défend l'intérêt public et le droit public

L'histoire a chargé la classe ouvrière
de la responsabilité sociale de l'édification nationale.

Le début d'une nouvelle année est une bonne occasion de réfléchir aux défis qui se posent au mouvement ouvrier. La classe ouvrière a le devoir envers elle-même et envers le pays d'assumer les responsabilités de l'édification nationale. Le gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec et les gouvernements des provinces et des territoires privent le peuple d'une autorité publique qui puisse le défendre contre la rapacité des monopoles mondiaux. De puissants intérêts privés qui dictent les affaires de l'État ont accaparé l'autorité publique.

L'autorité publique actuelle défend les intérêts privés dominants et le droit de monopole. En attestent la destruction de l'économie qui se fait impunément, l'accaparement des ressources publiques pour payer les riches, la privatisation et la réduction des programmes sociaux et des services publics, la conclusion d'ententes de libre-échange sous le contrôle de monopoles mondiaux et l'élimination des règles et règlements qui restreignent l'action des monopoles prédateurs, ce qui permet l'usurpation du pouvoir politique par des intérêts privés.

Le bien-être et la sécurité du peuple et son environnement social et naturel sont mis en péril par sa marginalisation politique et la destruction de sa cohésion politique, sociale, culturelle et organisationnelle. Il ne se passe pas une semaine sans que les monopoles mondiaux n'annoncent des fermetures, comme Kellogg, Heinz et US Steel. Il ne se passe pas une semaine sans qu'on apprenne l'avènement d'une catastrophe naturelle ou l'existence de risques pour la santé de la population à cause de la pollution. Les projets de loi omnibus et les lois rétrogrades se succèdent eux aussi.

La classe ouvrière est la seule force sociale qui a le nombre, la détermination, le but et la conscience sociale nécessaires pour renverser la destruction et tracer une nouvelle direction pour l'économie. Les intérêts de la classe ouvrière sont servis en faisant avancer le pays vers de nouveaux arrangements qui harmonisent l'intérêt individuel avec l'intérêt collectif et l'intérêt individuel et collectif avec l'intérêt général de la société. Grâce à la place décisive qu'elle occupe au centre de la production de produits et services, la classe ouvrière peut, par l'action organisée avec analyse, obliger la société à reprendre la défense du droit public et l'édification nationale en opposition au droit de monopole et à la destruction nationale.


Un défi important qui se pose pour la classe ouvrière dans les conditions d'aujourd'hui est comment organiser la défense collective de salaires et avantages sociaux qui correspondent au travail qui est fait. Les réclamations des travailleurs à la valeur qu'ils produisent devraient refléter le haut niveau de productivité atteint par l'économie socialisée moderne. Le devoir de la classe ouvrière comprend également la défense des pensions que les travailleurs ont gagnées et le droit à une pension pour tous pour que nos aînés puissent vivre dans la dignité. Il est aussi très important de défendre le travail et les endroits de travail pour arrêter la destruction de la production de biens et services par les monopoles et la perte de valeur à l'économie provoquée par les fermetures et mises à pied et contrer le fléau du chômage et du sous-emploi.

La classe ouvrière s'attaque au problème de comment s'acquitter en pratique de sa responsabilité sociale de lutter pour des conditions de travail modernes et sécuritaires qui permettent aux travailleurs de produire des biens et services de la plus haute qualité. Les conditions de travail des travailleurs du rail sont les conditions sécuritaires des passagers et des communautés dans lesquelles les trains passent. Les conditions de travail des employés des entreprises aériennes sont les conditions sécuritaires des passagers et il en est de même pour les travailleurs de la production alimentaire pour ce qui est de la qualité et de la sécurité des aliments que les gens consomment et de la sécurité alimentaire collective. Les conditions de travail des enseignants et des travailleurs de soutien en éducation sont les conditions d'apprentissage des élèves et des étudiants, notre ressource la plus précieuse. Les conditions de travail dans les hôpitaux, les centres de soins infirmiers et les résidences pour personnes âgées sont une question de vie et de mort pour les patients, les aînés et tous ceux qui doivent recourir à des soins. Le travail et les conditions de travail de la classe ouvrière en général sont l'assise de l'économie socialisée de laquelle les individus et le pays dépendent pour leur bien-être et leur sécurité.

Avec l'effondrement d'une autorité publique qui défend le droit public et l'intérêt public, les syndicats, qui font partie de cette autorité publique, ont eux-mêmes un défi à surmonter pour ce qui est de leur incapacité à jouer le rôle qu'ils sont censés jouer. Les travailleurs doivent discuter de ce grave problème. Comment rénover le rôle que les syndicats doivent jouer en tant qu'organisations de défense à l'heure où ils sont criminalisés quand ils jouent leur rôle, alors qu'ils sont menacés d'élimination à cause des lois antisyndicales ? C'est une tâche qui requiert une approche consciente et organisée. Dans la bataille collective pour défendre les droits de tous, les travailleurs peuvent réussir à trouver une voie vers l'avant. Dans le cadre de cette lutte, ils peuvent et doivent défendre leur dignité et affirmer la dignité d'un pays moderne qui garantit les droits, le bien-être et la sécurité de tous ses membres et humanise l'environnement social et l'environnement naturel.

Pour ce faire, la classe ouvrière doit apprécier la situation et lutter pour préserver son unité contre les tentatives de l'État de semer le doute dans ses rangs. Les travailleurs doivent se garder contre les agents de l'État qui, quand la classe ouvrière est confrontée à un échec à apporter des solutions historiques à des problèmes historiques, choisissent de s'en prendre à ceux qui luttent pour s'organiser et trouver les solutions requises.

Le besoin d'une organisation moderne basée sur une conscience moderne a à voir avec l'activation du facteur humain/conscience sociale. C'est une autre façon de dire que ce qui est requis, c'est d'engager les gens à la base dans la discussion des problèmes pour qu'ils puissent élaborer les plans qu'ils veulent pour résoudre les crises à leur avantage. L'effort organisé pour priver les monopoles de leur pouvoir de faire des ravages dans l'économie et de priver le peuple de ses droits doit être reconnu et alimenté. Il doit être encouragé et développé dans l'année qui vient.

Tenons les gouvernements responsables!
Défendons le droit public, pas le droit de monopole!
Oui à la base manufacturière! Non à la destruction nationale!
Un Canada populaire est nécessaire!

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Coupures drastiques dans le service postal

Le 11 décembre dernier, six mois avant l'examen prévu du Protocole du service postal canadien, Postes Canada a annoncé un programme dévastateur de coupures dans le service postal et d'augmentation du prix des timbres pour la population. Dans un document intitulé « Postes Canada présente un plan d'action en cinq points », la Société des Postes propose des mesures qui « jetteront les bases d'un nouveau système postal ».

Bien que les propositions soient assorties de grandes phrases comme « mieux servir tous ses clients » et « en mettant l'accent sur la commodité et la livraison en toute sécurité », il est clair que l'intention est d'aligner encore plus le service postal sur les besoins des monopoles et des grands expéditeurs de courrier et de faciliter la privatisation du service postal au détriment d'un service postal universel servant tous les Canadiens.

Les cinq propositions principales sont les suivantes :

1) L'élimination de la livraison du courrier à domicile par les facteurs et son remplacement par des boîtes postales communautaires. Cela va mener à l'élimination de 8000 emplois au cours des cinq prochaines années et mettre fin au service de livraison par facteur comme on l'a connu depuis plus de 150 ans. Cela va causer une baisse énorme de production de valeur et frapper de plein fouet la nation et le niveau de services que les Canadiens attendent de leur service postal public.

2) La hausse drastique du prix des timbres. Le prix du timbre selon la proposition montera de 0.63 $ à 0.85 $ pour le timbre de 0 à 30 grammes livré au Canada. Ce prix va s'appliquer uniquement aux timbres achetés en carnets ou en rouleaux. Les timbres achetés à l'unité pourraient coûter jusqu'à 1 dollar. Les tarifs du courrier surdimensionné, à destination des États-Unis et du régime international ainsi que ceux du courrier pesant plus de 30 g seront également augmentés. Postes Canada va continuer d'offrir des « tarifs très réduits » aux gros expéditeurs de courrier qui paieront des prix beaucoup plus bas pour le service de première classe. Selon Postes Canada, agir ainsi va « encourager » les entreprises à préparer leur courrier en fonction de ses normes de tri. Les entreprises et les autres organisations qui utilisent des machines à affranchir jouiront aussi de baisses de prix.

3) Une nouvelle expansion des franchises postales, ce qui va éliminer encore plus de bureaux de postes de vente au détail et la privatisation complète du service de vente au détail de Postes Canada.

4) La consolidation plus poussée du tri du courrier et de sa distribution. Cela veut dire de nouvelles fermetures de centres de tri et la centralisation du tri dans 3 ou 4 grands centres de tri à travers le pays. Ce processus a déjà été mis en place à Québec, Windsor, North Bay, causant des dommages aux économies locales et la détérioration du service postal pour la grande majorité des Canadiens.

5) L'intensification des attaques contre les salaires et avantages sociaux des travailleurs des postes, ce que Postes Canada appelle trouver des « solutions au problème des coûts de main-d'oeuvre ». On lit au cinquième point des propositions de Postes Canada : « La Société continuera d'aligner ses coûts de main-d'oeuvre sur ceux de ses concurrents, grâce à l'attrition et par la négociation collective au fil des ans... Postes Canada prendra également les mesures nécessaires pour régler définitivement les problèmes qui touchent la viabilité de son régime de retraite. »

Le document indique clairement que ces mesures drastiques ne s'arrêteront pas là. La Société est en train de planifier d'autres attaques contre le service postal public et contre les salaires, les conditions de travail, les avantages sociaux et le régime de retraite des travailleurs des postes. Dans une section intitulée « Options futures à l'étude », la Société suggère que la fréquence et la vitesse de la livraison du courrier soient réexaminées l'an prochain dans le cadre de l'examen du Protocole du service postal canadien. C'est une menace non voilée contre la livraison du courrier sur cinq jours et les standards actuels de livraison que Postes Canada ne va pas pouvoir respecter lorsque le tri du courrier sera centralisé dans quelques grands centres à travers le pays.

Même s'il est possible que le « plan d'action en 5 points » mette la question des régimes de retraite au second plan pendant un certain temps, Postes Canada ne manque pas de dire à la fin du document qu'elle entend « restructurer le régime de retraite ». Ça n'est pas un hasard que la veille même de la présentation de ce « Plan d'action », le ministre Jim Flaherty ait annoncé que le gouvernement a accordé à Postes Canada un allègement temporaire permettant à la Société de continuer de ne pas faire ses paiements de solvabilité pendant un autre 4 ans. Cela permet à la Société de déplacer les revenus qui devaient aller au régime de retraite vers l'application du « Plan d'action » et d'accélérer le démantèlement du service postal.

On lit dans le document : « L'allégement temporaire permet à Postes Canada de disposer d'un court laps de temps au cours duquel elle pourra s'employer à sa transformation. Durant cette période, Postes Canada travaillera aussi à restructurer rapidement le Régime afin d'assurer sa viabilité à long terme. »

Les travailleurs des postes savent très bien ce que Postes Canada entend par sa viabilité à long terme. Au cours des 6 derniers mois, la Société a déjà augmenté unilatéralement et par deux fois les primes que les travailleurs paient au régime de retraite. Postes Canada continue de nier que la pression sur le régime de retraite provient du fait que le service postal a été et est en train d'être systématiquement démantelé et privatisé, ce qui réduit les services et le nombre de travailleurs produisant de la valeur par dizaines de milliers. Selon Postes Canada, les problèmes du régime de retraite viennent du fait « que les gens sont en meilleure santé et qu'ils vivent plus longtemps » et de « taux d'intérêt à long terme chroniquement bas ». L'attitude négative de la Société envers le régime de retraite est un avertissement aux travailleurs qu'ils doivent faire appel à toute la force et à toute l'organisation dont ils sont capables et se préparer à défendre la sécurité de leur régime de retraite.

Ce plan le plus récent de Postes Canada fait partie des efforts continus du gouvernement Harper pour détruire le service postal public au bénéfice des monopoles les plus puissants. La ministre des Transports Lisa Raitt a émis un communiqué de presse le 11 décembre dans lequel elle dit qu'elle va suivre attentivement les progrès que Postes Canada va faire dans la réalisation de son plan. Elle y répète le mensonge à l'effet que « le volume de courrier a chuté d'environ 25 pour cent par adresse depuis 2008 » et elle appuie dans ce contexte l'idée de « l'élimination de la livraison du courrier à domicile dans les centres urbains ».

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes a tenu une conférence de presse le 11 décembre à Ottawa pour dénoncer l'annonce de Postes Canada. Le président national du syndicat, Denis Lemelin, a déclaré que cette action unilatérale va mener au déclin de Postes Canada. Il a dit que le syndicat a été informé de ce « Plan d'action » à 7 heures du matin le jour même et a tout de suite appelé Postes Canada à retirer son document et à considérer d'autres options que le démantèlement des services. Lemelin a appelé les Canadiens à prendre position et à combattre pour un service postal public et il s'est engagé à leur fournir tout l'appui du syndicat. « Le service postal appartient à la population, a-t-il dit en terminant, et celle-ci doit avoir son mot à dire sur le genre de service postal qu'elle désire. Nous devons saisir cette occasion pour tenir un débat à l'échelle nationale pour que les gens expriment leur point de vue au sujet des compressions unilatérales effectuées par le gouvernement Harper et Postes Canada. »

Organiser cette discussion est une urgente priorité. À l'échelle du pays, cela fait longtemps que les travailleurs des postes ont présenté leurs opinions. Ils ont également souffert des conséquences de la réorganisation de Postes Canada. On a même rapporté plusieurs suicides de travailleurs qui n'en pouvaient plus de ces abus. La situation nous montre que la discussion ne peut pas se tenir à partir d'un point de vue de conciliation avec une réorganisation des postes qui repose sur un plan de destruction de la production de la valeur, la privatisation du service ou l'extorsion de concessions aux travailleurs par laquelle on les prive toujours plus du régime de retraite, des avantages sociaux et des salaires qui correspondent au travail qu'ils font et des conditions de travail sécuritaires qui sont dignes d'un pays moderne civilisé.

Le gouvernement Harper est en train de causer autant de dommages que possible avant l'élection prochaine de 2015. Les travailleurs et leurs alliés dans toutes les sections de la société devraient forcer le gouvernement à appeler une élection avant 2015 tant il est corrompu et en train de prendre les mesures de destruction les plus outrageantes. Dans leur lutte contre le démantèlement de Postes Canada et pour leurs droits, un démantèlement qui est facilité par le gouvernement Harper, les travailleurs doivent se concentrer sur leurs demandes pour un service postal public moderne et non sur les manoeuvres des dirigeants de la Société des postes visant à établir une institution privée qui ne profite qu'à une petite minorité.

(Photos : TML, CUPW, UFCW)

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Postes Canada essaie de justifier
son offensive de destruction

L'annonce par Postes Canada de son « Plan d'action en 5 points » a été assortie d'une avalanche de statistiques visant à convaincre les gens que Postes Canada est en train de s'effondrer et qu'un service postal public est chose du passé. Les médias monopolisés se sont saisis de l'occasion pour présenter des reportages exagérés appelant à l'élimination du service postal universel et à la déréglementation totale du service postal.

Des affirmations aussi exagérées ont pour but de convaincre les gens que Postes Canada s'effondre ce qui ne lui laisse d'autre choix que de couper dans les services, augmenter les prix des timbres et attaquer les salaires et avantages sociaux des travailleurs des postes. Les médias tracent un portrait alarmant de baisse totale du courrier de première classe. Selon le Conference Board du Canada, Postes Canada va connaître un déficit opérationnel de 1 milliard de dollars par année à partir de 2020. Il affirme que le régime de retraite fait face à un déficit de solvabilité de 5,9 milliards $ et doit donc être « restructuré ». Avec ces propos désespérés, on cherche à paralyser la capacité du peuple à penser à une nouvelle direction, prosociale, qui peut être donnée au service postal public afin qu'il serve le peuple et l'édification nationale.

Un examen des rapports financiers des dernières années de la Société des Postes montre que ces statistiques et ces projections ne sont pas seulement des exagérations, mais dans bien des cas des mensonges purs et simples.

Mis à part les statistiques, il reste que ni Postes Canada ni le gouvernement Harper n'ont été capables d'expliquer comment il se fait que plus de 2 milliards $ ont été investis depuis quelques années pour moderniser le tri et la livraison du courrier si les postes sont à l'agonie. Croient-ils les Canadiens si naïfs qu'ils vont gober qu'on puisse investir des milliards de dollars dans un secteur de l'économie qui est « mourant » et « chose du passé » ?

Les faits disent le contraire. Les profits de UPS, FedEx, Pitney Bowes et autres monopoles du secteur des communications sont en progression constante. La demande pour la privatisation et la déréglementation de Postes Canada n'est pas une réponse à son effondrement. Bien au contraire, c'est l'élimination du service postal public qui est une source potentielle de super profits pour ces monopoles.

C'est plus que malhonnête de la part de Postes Canada de prétendre que son « Plan d'action » et les coupures drastiques qu'il comprend sont rendus nécessaires par la perte des volumes de courrier et la crise financière de Postes Canada. Ce qui se passe est la poursuite de la « Transformation postale » qui a été mise en place par Moya Greene qui a été nommée présidente et PDG de Postes Canada en 2005. Avant même qu'on fasse tout ce bruit sur la baisse des volumes de courrier, et pendant une période où la Société faisait des centaines de millions de dollars de profit chaque année, Moya Greene a expliqué son projet de modernisation des postes. Elle a dit que le but de la Société était de « moderniser et revitaliser Postes Canada », de la réorienter afin qu'elle serve la grande entreprise. Elle a dit que l'investissement des deux milliards de dollars visait à profiter du fait qu'un tiers des employés allaient prendre leur retraite dans les prochaines années. « Voilà l'occasion, avait-elle dit, de synchroniser les plans de modernisation avec le rythme des départs à la retraite. »

C'est depuis ce temps que nous avons connu les effets désastreux des nouvelles machines de tri et des restructurations des routes des facteurs. Des milliers de positions ont déjà été éliminées dont presque toutes les positions de courriers des services postaux (chauffeurs de camion) là où la « Transformation postale » a été mise en oeuvre. La pression constante sur les travailleurs s'est traduite par un nombre croissant de blessures et, dans la seule région de Montréal, on a rapporté plusieurs suicides de facteurs causés par des conditions de travail complètement intenables.

De concert avec la « Transformation postale », la Société des Postes a mis en oeuvre la privatisation et la déréglementation main dans la main avec le gouvernement Harper. Deepak Chopra est passé du poste de président de Pitney Bowes pour le Canada et l'Amérique latine au poste de PDG de Postes Canada, en 2011, nommé à cette position par le gouvernement Harper. La destruction du service postal public n'a fait que s'accélérer depuis. Plus de 60 grands bureaux de vente au détail ont été fermés dans les grands centres urbains du pays et remplacés par des centaines de franchises postales situées dans les grandes chaînes de pharmacies et les dépanneurs.

Avec la loi C-9, une loi de mise en oeuvre du budget de 2010, le gouvernement Harper a réussi à éliminer le monopole de Postes Canada sur le courrier international. En vertu de cette loi, le gouvernement a légalisé les opérations jusqu'alors illégales des entreprises connues sous le nom de « reposteurs » qui traitaient le courrier destiné à des adresses hors du pays. En incluant sournoisement cette déréglementation dans une loi budgétaire afin d'éviter un débat, le gouvernement Harper a permis à de grandes entreprises privées des postes de soutirer chaque année des millions de dollars de revenus à Postes Canada.

Stephen Harper et Deepak Chopra ne sont pas en train de moderniser le service postal ; ils sont en train de le démanteler au bénéfice des monopoles qu'ils représentent. L'investissement de milliards de dollars, les attaques contre les salaires, conditions de travail et avantages sociaux des postiers font tous partie des plans du gouvernement Harper de vendre les actifs du service postal à bas prix, avec le minimum de risques pour l'acheteur. Le « Plan d'action en 5 points » est un pas de plus vers la destruction du service postal public et de l'économie nationale canadienne.

La lutte des travailleurs des postes pour des conditions de travail viables et des salaires et avantages sociaux qui correspondent au travail qu'ils font est un bâton dans les roues pour les plans de destruction du gouvernement Harper. Les plus de 50 000 travailleurs des postes actifs et les plus de 20 000 retraités doivent s'unir aux autres travailleurs du pays pour exiger que leurs droits soient reconnus et qu'un standard de vie canadien leur soit fourni à la hauteur de l'économie hautement productive qui s'est développée. Les travailleurs des postes, les autres travailleurs et leurs alliés dans les sections les plus larges de la société sont déterminés à ne pas permettre aux intérêts privés de s'accaparer des actifs du service postal public que les travailleurs ont bâtis au fil des années par leur dur labeur. Il faut arrêter Harper !

(Photos : CUPW, TML)

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