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Numéro 179 - 6
décembre 2013
In
Memoriam
L'ex-président de l'Afrique du Sud
Nelson Mandela est décédé
18 juillet 1918 - 5 décembre 2013
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In
Memoriam
• L'ex-président de l'Afrique du Sud
Nelson Mandela est décédé
Sanction de l'usage de
la force et de la violence de l'État contre les travailleurs du
secteur public
• L'Assemblée législative de
l'Alberta commet un crime
• Les lois 45 et 46 : Affirmons le droit de
dire non aux
salaires et aux conditions de travail inacceptables !
• Rassemblements partout en Alberta pour dire
Non ! aux projets de loi 45 et 46
• Le gouvernement Redford commet un outrage au
principe du gouvernement responsable - Peggy Morton
In Memoriam
L'ex-président de l'Afrique du Sud
Nelson Mandela est décédé
Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) transmet ses plus sincères
condoléances à la famille Mandela, au peuple d'Afrique du
Sud et au Congrès national africain à la triste nouvelle
du décès de Nelson Mandela.
Nelson Mandela est décédé le
5 décembre à sa demeure à Johannesburg
à l'âge de 95 ans. Le président de l'Afrique
du Sud Jacob Zuma a annoncé que « notre bien
aimé Nelson Mandela, le fondateur de notre nation
démocratique, est parti », ajoutant
qu'« il est décédé en paix
entouré de sa famille ».
Nelson Mandela a joué un rôle
légendaire dans la lutte de son peuple contre le colonialisme et
pour mettre fin au régime cruel de l'Apartheid. Il est devenu le
premier président noir de l'Afrique du Sud. Il est
demeuré fidèle à ses principes et il est
resté jusqu'à la fin aux côtés de tous ceux
qui ont aidé l'Afrique du Sud à conquérir sa
liberté.
« Notre nation a perdu son plus grand fils.
Notre peuple a perdu un père », a dit le
président Zuma. « Nos pensées vont aux
millions de personnes dans le monde qui considèrent Nelson
Mandela comme un des leurs et qui voyaient sa cause comme leur propre
cause. C'est le moment de notre plus profonde
tristesse. »
Il a annoncé que Mandela aura des
funérailles d'État et que tous les drapeaux de la
République seront en berne à compter du
6 décembre.

Sanction de l'usage de la force et de la
violence de l'État
contre les travailleurs du secteur public
L'Assemblée législative de l'Alberta
commet un crime
Grande manifestation
devant la législature albertaine contre les projets de loi
anti-ouvriers de 45 et 26
le 2 décembre 2013. (T.
Merrill)
Le 4 décembre, l'Assemblée
législative de l'Alberta a adopté les deux projets de loi
du gouvernement conservateur d'Alison Redford qui enlèvent aux
travailleurs du secteur public le droit de négocier et de faire
la grève pour faire valoir leurs revendications, les projets de
loi 45 et 46(voir détails ci-dessous).
Le gouvernement et les médias s'appuient sur les
définitions anticommunistes de la guerre froide pour accuser
d'extrémismes ceux qui résistent et exigent leurs droits
et dire qu'ils sont contre un règlement pacifique. Ils ne
considèrent pas comme extrêmes les mesures que prend le
gouvernement pour imposer les intérêts privés des
monopoles ni les
mesures antisociales néolibérales qui ont de graves
conséquences pour le bien-être de la population et
l'intérêt public.
Avec les projets de loi 45 et 46, le gouvernement
et les médias sanctionnent l'utilisation de la force et de la
violence de l'État contre les travailleurs du secteur public
pour imposer unilatéralement les conditions d'emploi. C'est de
l'extrémisme et c'est la classe ouvrière qui en est la
cible.
Selon certains
politicologues, dans une démocratie la violence de l'État
n'est justifiée que dans les cas rares où cela est
nécessaire pour défendre l'intérêt public.
Cette violence de l'État doit être perçue par tous
comme étant dans l'intérêt public et ne doit pas
être perçue comme servant à atteindre des objectifs
privés étroits sans un bien-fondé.
Or, contrairement à ce que prétendent ces politicologues,
le recours à la violence de l'État pour défendre
des intérêts privés a été la norme
plutôt que l'exception tout au long du vingtième
siècle et aujourd'hui elle échappe à tout
contrôle, ces intérêts privés ayant
directement usurpé l'autorité d'État.
L'adoption de lois qui autorisent l'utilisation de la
force et de la violence pour réprimer ceux qui défendent
le bien public et le droit public, ceux qui travaillent pour le bien
public et le droit public comme durant les tempêtes actuelles,
est inadmissible. Les Canadiens n'accepteront jamais cette sanction
légale de l'utilisation de la violence et de
la répression de l'État pour taire la dissidence, taire
ceux qui défendent le droit public et le bien public.
Certains disent qu'il est
extrémiste de qualifier
d'hitlérien l'utilisation de la force et de la violence de
l'État contre la classe ouvrière. Nous ne sommes pas de
cet avis, mais cela montre que l'important n'est pas de donner des
épithètes à ces projets de loi mais bien de ne pas
les laisser passer en pratique. Ce qui est important, c'est que la
classe
ouvrière reconnaisse l'urgence de s'opposer à cette
violence et à cet extrémisme sanctionnés par
l'État.
L'élimination des options qui s'offrent aux
citoyens pour exprimer leurs points de vue et lutter pour leurs droits
est la voie la plus dangereuse que puisse prendre une
société démocratique. Les Canadiens ne pourront
jamais s'y réconcilier. Les ministres et les
députés doivent être forcés d'expliquer
où ils s'en vont avec ces projets de loi. Cela ne
doit pas passer. Les travailleurs doivent se réunir dans les
communautés et les endroits de travail, discuter avec leurs
collègues et leurs voisins des ramifications de ces mesures
extrémistes et de ce qu'ils peuvent faire pour s'assurer
qu'elles ne réussissent pas.
Réduire une population au silence, c'est
éliminer la négociation pacifique comme moyen de
résoudre les problèmes, c'est mettre fin à la
non-violence de l'État. Les Canadiens ne l'accepteront jamais.
Ils refusent d'être intimidés et d'être
réduits au silence. Ils ont toujours refusé d'être
privés de leurs droits. Le désir des êtres humains
de prendre
le contrôle de leur condition est ce qui fait avancer la
société. Les Canadiens doivent saisir l'occasion et
priver ces extrémistes au gouvernement, et dans la
communauté des affaires qui représentent les
intérêts monopolistes, et les médias qui
prêchent et pratiquent la violence contre le peuple, de leur
pouvoir de priver les citoyens de leurs
droits.

Les lois 45 et 46 : affirmons le droit de
dire non
aux salaires et conditions de travail inacceptables !
Edmonton le 27
novembre
2013
Le projet de loi 46, la Loi visant à
restreindre les salaires du service public,
adopté par l'Assemblée législative de l'Alberta le
4 décembre, retire
le droit de négociation des employés du gouvernement de
l'Alberta
représentés par le Syndicat albertain des employés
provinciaux (AUPE).
Si l'AUPE ne peut en
arriver à une convention collective avant le 31 janvier
2014, un
« entente » sera imposée. Le projet de loi
45, la Loi de la continuation des services dans le secteur public,
affecte
tous
les
travailleurs du secteur public. Il prévoit
d'imposantes sanctions et amendes pour toute grève et menaces de
grève,
et tout arrêt de
travail ou ralentissement de travail que le gouvernement juge
illégaux
en vertu de ses propres projets de loi.
Le ministre des Finances, Doug Horner, prétend
que le projet de loi
46 vise à « forcer l'AUPE à s'asseoir
à la table de négociations »
alors que c'est lui qui refuse de négocier de bonne foi. Les
travailleurs des services du gouvernement provincial sont sans
convention collective depuis le 31 mars. Lorsque l'AUPE a
fait une requête d'arbitrage obligatoire -- le seul recours
légal
laissé au syndicat depuis que le droit des travailleurs des
services
publics de l'Alberta de retirer leur force de travail a
été criminalisé
-- le gouvernement a rejeté la demande. Celui-ci a enfin de
compte été
obligé de fixer des dates et veut maintenant adopter un projet
de loi
qui
remplacerait l'arbitrage par une entente dictée par la loi.
Invoquant le prétexte du besoin
d'austérité, Horner a déclaré :
« Le
projet de loi 46 offrira des balises qui permettront au
gouvernement de
l'Alberta de négocier avec l'AUPE une nouvelle convention
collective de
quatre ans qui serait raisonnable pour les employés et qui
refléterait
les comptes que nous devons rendre à nos
contribuables. »
Ce qui est « raisonnable », selon
Horner, est le fait d'imposer une
convention collective avec un gel de salaire dès les deux
premières
années et une augmentation salariale de 1 % pour chacune
des deux
années suivantes, convention par laquelle les salaires
réels
diminueront considérablement sur quatre ans. Ce qui est
raisonnable pour les gouvernements représentant les monopoles
privés
est que les travailleurs devraient accepter l'austérité
pendant que le
gouvernement ne cesse d'inventer de nouvelles manoeuvres pour payer les
riches.
Un contrat imposé par diktat n'est pas une
« entente » collective.
Le gouvernement refuse de négocier une entente. Il refuse de
reconnaître le droit qu'ont les travailleurs d'avoir un mot
à dire sur
leurs salaires et sur leurs conditions de travail et d'accepter une
entente qui a été négociée en bonne et due
forme. Le gouvernement
cherche plutôt, en vertu de son pouvoir politique, à
priver les
travailleurs de leurs droits et à dicter aux travailleurs leurs
salaires, leurs avantages sociaux et leurs conditions de travail. Cela
ne doit pas passer !
Les projets de loi rétrogrades du gouvernement
visent à réprimer les
syndicats et les travailleurs individuels s'ils exercent leur droit de
dire non à des salaires et à des conditions de travail
inacceptables.
Des projets de loi antiouvriers privant les travailleurs de leurs
droits sont inacceptables dans une Alberta. Le fait d'adopter de tels
projets de loi
en Assemblée législative indique que le gouvernement
n'est pas apte à
gouverner.
Une Loi du travail esclavagiste dans les services du
secteur public
La loi 45 devrait s'appeler la Loi du travail
esclavagiste dans les services du secteur public.
Elle impose des amendes faramineuses aux syndicats, aux
représentants
élus du syndicat et aux travailleurs pour des
« crimes » tels défendre
leur droit d'avoir un mot à dire sur leurs salaires, leurs
avantages
sociaux et leurs conditions de travail.
La loi stipule : « Tout
refus de travailler, tout refus de continuer
de travailler, tout ralentissement ou autre diminution des services, ou
toute activité qui a pour conséquence de restreindre ou
de perturber la
production ou un service. » Elle prévoit aussi des
sanctions pour toute
menace de grève, y compris un vote de grève. Est
même considéré criminel le fait d'exprimer un appui
aux travailleurs
qui recourent à de telles actions.
Les sanctions comprennent des amendes d'un minimum de
1 millions $
par jour, la suspension de la perception des cotisations syndicales,
tenir les travailleurs responsables pour les pertes estimées par
l'employeur et occasionnées par un « refus de
travailler », et des
sanctions administratives contre des travailleurs
individuels. Voilà que la société retourne au XIXe
siècle alors
qu'avaient libre-cours des lois qui criminalisaient les travailleurs
qui exerçaient leur droit de se défendre collectivement
et de défendre
leurs salaires et leurs conditions de travail. Plutôt que
progresser en
affirmant les droits de tous, la dictature Redford nous ramène
à
l'époque sombre de
la suppression totale des droits des travailleurs et de leurs
collectifs pour « restriction et entrave au
commerce ».
Afin d'éviter les sanctions, les syndicats sont
appelés à tout
mettre en oeuvre pour empêcher toute action que leurs membres
pourraient prendre pour se défendre. La loi 45 criminalise
les
dirigeants syndicaux et les représentants élus s'ils
cherchent à
défendre les décisions prises par leurs membres et s'ils
agissent dans
les intérêts de ces
derniers. L'intention est de forcer les dirigeants syndicaux à
devenir
partie-prenante de ces attaques organisées par l'État
contre les
travailleurs sous menace de voir le syndicat asphyxié
financièrement ou
les chefs syndicaux et les membres jetés en prison pour avoir
défendu
leurs droits.
Les travailleurs du secteur public et leur lutte
à la défense de
leurs droits constituent un rempart contre l'ordre du jour de
privatisation du gouvernement Redford et contre la destruction des
services publics. Les lois 45 et 46 visent à
réduire tous les
travailleurs du secteur public au silence alors que le gouvernement
prépare les
conditions pour la dégradation des services publics en
général,
intensifie l'assaut organisé par l'État contre les droits
des
travailleurs de l'Alberta et donne libre cours aux monopoles, en
particulier les monopoles des secteurs de l'énergie, pour qu'ils
effacent l'intérêt public et les droits de tous.
En ce moment, les gouvernements partout au Canada
prennent comme
prétexte la fraude de
l'« austérité » pour priver les
travailleurs de
leurs droits. Cela ne doit pas passer !

Rassemblements partout en Alberta pour dire
Non ! aux projets de loi 45 et 46
Le 4 décembre était le
cinquième jour de manifestations contre les lois
antiouvrières antiouvrières t antidémocratiques
adoptées à toute vapeur par le gouvernement Redford. En
dépit du froid extrême, des vents violents et des
conditions de blizzard dans la province, les Albertains sont descendus
dans la rue pour manifester leur opposition aux projets de loi
45 et 46.
En plus de ceux qui se sont joints aux protestations
devant l'assemblée législative à Edmonton, des
centaines de travailleurs et des Albertains profondément
préoccupés par cette atteinte à la
démocratie se sont rassemblés à Calgary,
Lethbridge et Lac La Biche pour dire Non ! Les travailleurs ont
indiqué que
les actions auraient été beaucoup plus importantes mais
de nombreuses routes et autoroutes étaient impraticables ou
fermées en raison des tempêtes de neige.
L'esprit militant des travailleurs et leur
détermination en dépit du mauvais temps ne laissent aucun
doute qu'ils ne vont pas accepter cette attaque contre leurs droits, ni
les tentatives de réduire au silence les dissidents. Le
gouvernement a échoué dans sa tentative de semer un
sentiment de résignation que rien ne peut être fait.
Edmonton
Des centaines de travailleurs se sont rassemblés
trois jours d'affilée devant
l'assemblée législative à Edmonton alors que le
projet de loi 45, la Loi sur le
maintien des services du
secteur public et le projet de loi 46, la Loi sur le gel des salaires de la
fonction publique étaient adoptés en
troisième lecture.
Le président du syndicat des employés
publics de l'Alberta (AUPE ), Guy Smith, a animé le
rassemblement. Tous les orateurs ont dénoncé les abus de
pouvoir du gouvernement Redford. Ils ont souligné que ce
gouvernement n'a pas de mandat comme il le prétend pour lancer
cette attaque contre les travailleurs qui fournissent des
services publics. C'est un fait bien connu que Redford a fait appel aux
travailleurs du secteur public pour l'appuyer afin de bloquer Wildrose
lors de l'élection mais elle prétend maintenant que les
conservateurs ont été élus pour
« exiger le respect » de la part des travailleurs
du secteur public et poursuivre le programme d'austérité
bidon.
Des orateurs de tous les partis de l'opposition ont
exprimé leur position contre la législation. Le chef du
NPD Brian Mason a déclaré que les projets de loi
45 et 46 bafouent encore les droits et causent
des torts à plus de personnes que toute loi qu'il a vue depuis
qu'il est député. Il a expliqué que dans
la
législature ce jour-là, le président a
déclaré que le gouvernement a commis un outrage à
l'assemblée législative avec la production d'une brochure
disant qu'il avait légiféré le gel des salaires
avant même que les projets de loi soient présentés
à l'assemblée législative. Le fait que le
gouvernement ait été reconnu coupable d'outrage aux
privilèges de l'assemblée n'est pas surprenant, a-t-il
dit, parce que le gouvernement n'a que du
mépris pour les Albertains.
Les représentants du Syndicat canadien de la
fonction publique, de l'Association en sciences de la santé de
l'Alberta, des Infirmières unies de l'Alberta et de la
Fédération des travailleurs de l'Alberta se sont unis
pour s'opposer à ces projets de loi.
Le président de la Fédération des
travailleurs de l'Alberta, Gil McGowan, a clôturé le
rassemblement en appelant les gens à revenir à 19h30 pour
occuper la galerie des visiteurs de l'Assemblée
législative afin de voir, être témoins et se
rappeler de ce qui se passera. « Ce matin, j'ai fait une
recherche. J'ai regardé la définition d'un tyran.
Un tyran est celui qui utilise sa position de pouvoir ou
d'autorité pour imposer sa volonté aux autres [...] Que
faites-vous face à un tyran ? vous vous tenez
debout ! » Non seulement les travailleurs, mais aussi
des gens de tous les horizons et convictions politiques
ont dénoncé ce projet de loi, a-t-il dit.
« Le gouvernement est peut-être en mesure d'utiliser
sa majorité pour contrecarrer la volonté des Albertains.
Il est peut-être en mesure d'abuser de cette majorité mais
nous ne l'accepterons pas », a-t-il conclu.
À 19h30, lorsque la législature a repris
ses travaux pour une séance du soir, les galeries
étaientremplies de travailleurs.
Calgary
Le 2 décembre, près de 300 personnes se
sont rassemblées
à Calgary sur les marches du Centre McDougall, le centre
gouvernemental albertain pour le sud de l'Alberta. Clarke McChesney,
président du syndicat local 003 de l'AUPE, qui
représente les agents correctionnels qui ont organisé un
débrayage de cinq jours au printemps
dernier face aux préoccupations de sécurité, a
parlé lors de la manifestation à Calgary. Il a dit:
« Même avec le mauvais temps, il est important de
parler publiquement maintenant. Parce que dans les prochains jours ou
presque, ce gouvernement, dans sa sagesse infinie, va nous imposer
cela en adoptant à la vapeur ce projet de loi. Il n'est pas
juste qu'il se serve de ces projets de loi pour nous imposer nos
conditions de travail et faire taire les Albertains qui les
dénoncent.»
Karen Craik,
secrétaire-trésorière de United Nurses of Alberta,
a dit : « Ces projets de loi sont mis en place alors
que l'Alberta a déjà une loi pour sanctionner les
syndicats lors d'une grève illégale . La nouvelle
législation est une tactique de despote. Non seulement le projet
de loi 45 va accroître les amendes pour les
syndicats et les membres des syndicats mais il va aussi imposer des
amendes à nos voisins, peut-être même à ma
petite-fille qui pourrait dire que les travailleurs du secteur public
devraient avoir le droit de grève. Les travailleurs du secteur
public négocient la sécurité pour tous les
Albertains, que ce soit le ratio infirmières/patients, les
questions
entre les travailleurs sociaux et les patients, l'infrastructure, ou
les gens dans les coulisses qui traitent des formulaires
d'allégements suite à des inondations. Les travailleurs
du secteur public se préoccupent des Albertains, contrairement
au gouvernement qui refuse de s'attaquer à la question de la
fiscalité et des redevances justes afin d'augmenter les
revenus pour tous. Les prochains projets de loi pourraient être
les projets de loi 47 et 48, tout autre syndicat du secteur public
en négociation pourrait être le prochain. »
Peggy Askin, ancienne présidente du Conseil du
travail du district de Calgary, a dit , « Nous sommes tous
ici ce soir pour dire Non ! aux projets de lois antiouvriers et
non démocratiques 45 et 46. En étant ici
présents, nous montrons notre opposition au gouvernement qui
adopte à toute vapeur ces projets de lois antiouvriers
et non démocratiques. Nous ne voulons pas et n'accepterons pas
que des lois nous soient dictées afin de priver les travailleurs
de leur droit d'avoir un mot à dire sur leurs conditions de
travail et les services qu'ils fournissent. Nous n'accepterons jamais
que l'Assemblée législative soit utilisée pour
forcer les dissidents à se taire. »

Le gouvernement Redford commet un outrage au principe
du gouvernement responsable
- Peggy Morton -
Edmonton le 2
décember 2013 (UNA)
Lorsque le gouvernement a déposé les
projets de loi 45 et 46 à
l'assemblée législative le 27 novembre, Brian Mason,
leader de
l'opposition néo-démocrate, a soulevé une question
de privilège,
ensuite reprise par la députée Rachel Notley.
L'échange était à savoir
si le gouvernement Redford a enfreint le principe
qui dit que le Conseil exécutif (conseil des ministres) est
redevable à
l'assemblée législative.
Notley a rappelé que le 26 novembre, un jour
avant le dépôt des
projets de loi 45 et 46, le gouvernement a donné un avis
verbal de ses
intentions au parlement. Or, le même jour les Albertains
commençaient à
recevoir par la poste une brochure du gouvernement intitulée Building
Alberta
Plan
dans laquelle il est écrit
que « les employés du secteur public, y compris les
enseignants, les
médecins, les gestionnaires du gouvernement et les
députés, mènent par
l'exemple avec un gel des salaires s'étendant sur plusieurs
années
parce que c'est la chose responsable à faire pour notre
province ».
Cette affirmation du gouvernement est fausse. Les
employés du
secteur public n'avaient pas accepté le gel de trois ans, le
projet de
loi n'avait pas même encore été
déposé et le Comité des services
n'avait pas encore approuvé le gel pour les
députés. Les enseignants
avaient publiquement rejeté le programme de fausse
austérité.
« La primauté du droit dit qu'avant
que quelque chose soit déclaré
loi, il faut adopter un projet de loi, a dit la
néo-démocrate Rachel
Notley. Nous adoptons une loi ou du moins nous la déposons
à
l'assemblée législative pour que les gens puissent
l'examiner. Nous ne
contournons pas le processus pour la remettre à
39 bureaucrates
du Bureau des Affaires publiques, alors que personne d'autre ne sait ce
qui se passe, pour qu'ils puissent produire leur petite
brochure. »
Le 2 décembre, le président de
l'assemblée a jugé qu'il y avait en
effet eu violation du privilège du parlement et que
l'exécutif a commis
un outrage à l'assemblée. Il a dit : « Le
président a également
déterminé que la brochure crée l'impression que la
loi était en vigueur
concernant les salaires dans la fonction publique alors
qu'en réalité les projets de loi n'avaient pas encore
été déposés. La
pré-publication est un signe de manque de respect pour notre
processus
législatif et, par extension, pour la présente
assemblée. Il doit être
clair que dans notre forme de gouvernement démocratique,
l'assemblée a
droit au respect complet du Conseil exécutif, de tous les
membres du
gouvernement, de tous les députés à la Chambre,
quelle que soit leur
fonction. »
Le président
d'Assemblée a par ailleurs rappelé qu'il avait
donné un
avertissement au gouvernement au sujet d'une infraction semblable il
n'y a pas longtemps, ajoutant : « Par
conséquent, le président de cette
assemblée juge que la pré-publication faite par le
gouvernement à la
page 6 de la brochure en question, The
Building Alberta Plan, est un cas prima facie
de privilège. Il s'agit d'une infraction à ce
privilège au règlement
15(6) puisque c'est une forme d'outrage à cette assemblée
et à ses
comités. Cela conclut mon jugement dans cette affaire. J'invite
quiconque du gouvernement à se lever s'il le désire pour
faire une
déclaration à ce
sujet, et je poursuivrai à partir de là. »
Le vice-premier ministre Thomas Lukaszyk a ensuite pris
la parole.
Le président a interrompu ce qui allait clairement être
une tentative
de justifier le geste du gouvernement et a dit qu'il s'attendait
plutôt
à des excuses. Lukaszyk a alors offert une échappatoire
classique :
« Monsieur le président, comme je le disais
précédemment,
jamais ce gouvernement ne porterait atteinte à la dignité
de cette
assemblée législative et si, à votre avis, cela
s'est produit, je m'en
excuse sincèrement. »
Le président a ensuite déclaré le
débat clos. Il n'a pas permis la
poursuite des échanges et a conclu qu'il n'y avait pas eu de
véritable
dommage.
L'abus de pouvoir évident dans le contenu des
projets de loi 45 et
46, et la façon dont ce gouvernement se sert de sa
majorité pour faire
passer des lois, cause au contraire un grand tort à notre
société. Cela
fait partie de la destruction nationale et c'est une indication de la
mesure dans laquelle les institutions publiques au Canada sont
privatisées et détruites.
Toutes les institutions du Canada essuient
présentement les feux de
gouvernements qui ont été accaparés par les
monopoles les plus
puissants et qui ne respectent plus les formes du processus
démocratique. Ils s'emparent des prérogatives
ministérielles de la
façon la plus arrogante pour accaparer les avoirs publics. Ce
plus
récent exemple de
corruption du gouvernement Redford montre à quel point
même les normes
les plus fondamentales de la démocratie parlementaire, comme le
fait
que vous ne pouvez pas annoncer une mesure quand la loi la promulguant
n'a pas même été déposée au
parlement, sont enfreintes impunément.
Les travailleurs et leurs allies qui manifestent,
signent des
pétitions, téléphonent à leurs
députés et discutent de l'état des
affaires en Alberta avec leurs collègues, leurs voisins et
familles,
apprennent beaucoup de leur expérience sur comment s'organiser
dans les
conditions nouvelles. Le besoin de s'organiser politiquement pour
bloquer ces
gouvernements, investir le peuple du pouvoir de décider et de
contrôler
ses affaires et exiger que les gouvernements défendent
l'intérêt public
est plus évident que jamais.
Note
Voici ce qu'a dit le président d'assemblée
en référence au règlement :
« En Alberta et partout au Canada, nous avons
une forme de
gouvernement responsable. Comme mon prédécesseur, le
président
Kowalski, le faisait remarquer le 1er mai 1997, à la page
319 du
journal des débats : le principe de redevabilité de
l'exécutif envers
l'Assemblée est la pierre angulaire du gouvernement responsable
dans ce pays. Dans son Constitutional Law of Canada,
troisième édition, l'auteur Peter Hogg va jusqu'à
dire : 'Le
gouvernement responsable est sans doute la caractéristique non
fédérale
la plus importante de la Constitution canadienne.' Dans la province de
l'Alberta, l'exécutif est constitué des membres du
Conseil exécutif qui
ont tous fait le serment ministériel.
« Dans son jugement de 1989, à la page
4461 des Débats de la Chambre
des communes, le président Fraser demande aux ministères
d'étudier
soigneusement ce jugement, notant que 'Nous sommes une
démocratie
parlementaire et non une démocratie de type exécutif ou
de type
administratif.' »

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