Le

                              Marxiste-Léniniste

Numéro 176 - 3 décembre 2013

Affaires politiques

Les résultats des élections partielles du 25 novembre


Affaires politiques
Les résultats des élections partielles du 25 novembre

Les Haïtiens dominicains refusent d'être privés de leur nationalité
L'opposition à la décision de dénationaliser les Dominicains d'origine haïtienne se poursuit - Christine Dandenault
Le massacre du Persil de 1937

Le Venezuela résiste aux tentatives de déstabilisation intérieure et extérieure
Le président Maduro passe à l'offensive avec un ensemble de réformes économiques - Ryan Mallett-Outrim, Venezuela Analysis
Preuve documentée d'un plan de déstabilisation - Eva Golinger, Postcard from the Revolution

Libérez les cinq antiterroristes cubains!
Jeudi le 5 décembre à Ottawa: Ligne de piquetage en solidarité avec les Cinq


Affaires politiques

Les résultats des élections partielles du 25 novembre

Le 25 novembre, des élections partielles ont eu lieu dans quatre circonscriptions fédérales : Bourassa à Montréal, Toronto-Centre en Ontario et Provencher et Brandon-Souris au Manitoba. Les libéraux détenaient Bourassa et Toronto-Centre et les conservateurs détenaient les deux sièges vacants du Manitoba, dont un qui avait été remporté par une très faible marge. Comme c'est souvent le cas dans les élections partielles, le taux de participation a été faible, en particulier dans Bourassa (26 %) et Toronto-Centre (38 %), ce qui prouve que les électeurs ne se reconnaissent pas dans les candidats gagnants.

Les experts cités dans les médias et les libéraux eux-mêmes disent que le Parti libéral est « sur un élan » pour les élections de 2015, mais les résultats ne corroborent pas du tout leur prétention. C'est sans parler des conservateurs et des néodémocrates. La seule chose qu'on puisse conclure de l'élection générale de 2015, c'est qu'il y a urgence à ce que la classe ouvrière et le peuple s'unissent contre la dictature Harper pour y mettre fin tout en continuant de s'opposer à l'offensive néolibérale antisociale. Les travailleurs et tous ceux qui combattent l'offensive antisociale doivent trouver comment cela doit être accompli. Sinon Harper pourrait très bien se servir du pouvoir et de l'argent encore une fois pour monter un autre coup électoral et le mouvement d'opposition s'en trouverait davantage affaibli. Devant la destruction nationale et l'assaut contre les droits sous couvert de grands idéaux, et même sous une nouvelle étiquette, l'échec n'est pas une option.

Il faut comparer l'expérience de ces élections partielles à celle de l'élection provinciale partielle à Kitchener-Waterloo, en Ontario, en septembre 2012. Dans cette élection les enseignants, les travailleurs de l'éducation et le mouvement large de la classe ouvrière se sont mobilisés pour défendre leurs droits et ont exprimé clairement leur opposition au régime d'austérité néolibérale imposé à l'ensemble de la province par les libéraux de Dalton McGuinty avec la connivence des conservateurs. Les électeurs ont refusé de donner aux libéraux la majorité qu'ils espéraient aller chercher et l'élection a contribué à exposer davantage la corruption et les manoeuvres des libéraux. L'expérience de Kitchener-Waterloo a montré que lorsque les travailleurs et la population s'organisent sur la base de leurs propres intérêts, mettent au point leurs tactiques et défendent leurs droits, ils peuvent intervenir pour infliger une défaite aux riches et à leurs gouvernements et contrer leurs visées politiques, tout en se donnant un pouvoir d'avancer.

Dans le cas des élections partielles fédérales du 25 novembre, elles ont tout simplement montré l'emprise du système de cartel de partis sur le processus politique, qui comprend la duperie par le biais des médias. Elles ont montré que, quand les partis en lice ne sont pas perçus comme des défenseurs de leurs intérêts, ce système est incapable de convaincre les électeurs ne serait-ce que d'aller voter.

Les résultats

Dans la circonscription de Bourassa, à Montréal, six candidats se sont présentés aux élections. Le candidat libéral Emmanuel Dubourg a gagné avec 8767 (48,1 % des suffrages exprimés). La candidate néodémocrate Stéphane Moraille est arrivée en deuxième position avec 5716 votes, soit 31,4 %. Le Bloc québécois a reçu 2387 votes tandis que les conservateurs ont reçu 852 votes. Le taux de participation a été de 26,2 % (18 230 des 69 527 électeurs inscrits ont voté, sans compter ceux qui se sont inscrits le jour du scrutin). Ce siège était auparavant détenu par Denis Coderre, qui est maintenant le maire de Montréal.

Dans Toronto-Centre, 11 candidats ont pris part au scrutin. La candidate libérale Chrystia Freeland a gagné avec 17 801 votes (49,1 % des suffrages exprimés). La candidate du NPD Linda McQuaig a obtenu 12 643 votes (36,4 %) et les conservateurs ont reçu 3024 votes (8,7 %). Le taux de participation a été de 38 % (34 775 électeurs sur 91 612 inscrits avant le jour de l'élection).

Provencher est principalement une circonscription rurale qui occupe le coin sud-est du Manitoba et son plus grand centre est la ville de Steinbach. Quatre candidats ont concouru et le conservateur Ted Falk a gagné avec 13 021 votes (58,1 % des suffrages exprimés), suivi du candidat libéral Terry Hayward qui a reçu 6706 votes. Le nombre total de suffrages exprimés a été de 22 413 sur une possibilité de 66 624 électeurs inscrits avant le jour du scrutin, soit un taux de participation de 33,6 %. Le siège était précédemment détenu par l'ancien ministre de la Sécurité publique Vic Toews.

À Brandon-Souris, cinq candidats se sont affrontés. Le candidat conservateur Larry Maguire a remporté le siège avec 12 205 votes, 44,1 % des suffrages exprimés, 459 voix de plus que le candidat libéral Rolf Dinsdale qui a reçu 11 814 votes. Le taux de participation a été de 44,7 %, soit 27 681 électeurs sur une possibilité de 61 910 inscrits avant le jour de l'élection. Pour conserver la circonscription, le premier ministre Harper a lui-même envoyé une lettre personnelle aux électeurs en leur disant qu'il « a besoin de » McGuire dans son gouvernement. Beaucoup d'électeurs de la circonscription ont dit ne pas savoir comment le premier ministre a obtenu leur nom et adresse. Beaucoup se sont également opposés aux annonces bien orchestrées du type attaque personnelle servant à semer le doute sur la personnalité des adversaires et à marginaliser les électeurs.

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Les Haïtiens dominicains refusent d'être privés de leur nationalité

L'opposition à la décision de dénationaliser les Dominicains d'origine haïtienne se poursuit


Manifestation à Montréal le 18 novembre contre la décision du Tribunal constitutionnel dominicain de dénationaliser
des centaines de milliers de Dominicains d'ascendance haïtienne.

Un deuxième rassemblement pour dénoncer la décision du tribunal constitutionnel dominicain de dénationaliser les personnes nées de parents étrangers depuis 1929 a eu lieu le 18 novembre dernier à Montréal. Réunis devant le consulat de la République dominicaine, les manifestants ont dénoncé vigoureusement la décision xénophobe et raciste du tribunal.

De 16 heures à 20 heures, ils ont scandé « À bas la déportation en République dominicaine ! À bas le racisme en République dominicaine ! 1937, le massacre Je me souviens ! Un Dominicain d'origine haïtienne est un Dominicain ! Il est né en Dominicani, il est Dominicain ! Les droits de l'homme sont violés en République dominicaine ! Québécois Canadiens solidarité ! » et plusieurs autres slogans. Il y a eu beaucoup de vie à l'heure de pointe sur la rue Peel, les passants saluant de la main, les chauffeurs de voiture et de taxi ralentissant pour klaxonner avec insistance, sous les applaudissements des manifestants. Des personnes de la communauté haïtienne ont aussi pris la parole pour condamner le racisme en République dominicaine et ce geste du gouvernement de créer des apatrides par milliers.

Dès la décision du 23 septembre, la communauté haïtienne de Montréal s'est mobilisée pour s'opposer à cette décision, lançant l'appel à toutes les personnes éprises de paix et de justice de la dénoncer. La décision du tribunal constitutionnel dominicain a été condamnée internationalement. Cette disposition touche entre autres plus de 250 000 descendants d'Haïtiens.

Dans son communiqué, le Comité d'action contre la décision 168/13 du tribunal constitutionnel de la République dominicaine réitère que : « La Déclaration universelle des droits de l'homme en son article 15 stipule : 15. 1 : tout individu a droit à une nationalité ; 15.2 : nul ne peut-être arbitrairement privé de sa nationalité. » Depuis, « malgré le tollé mondial suscité par cette décision, le gouvernement de la République dominicaine pour consacrer la barbarie et la cruauté de cette iniquité, demande à ses victimes dominicaines de faire une demande de résidence pour rester en République dominicaine ».

« Ensemble, nous allons exiger le retrait immédiat de la décision 168/13 du 23 septembre 2013 du tribunal constitutionnel de la république dominicaine, qui a dénationalisé des centaines de milliers de dominicains d'origine haïtienne. Ensemble, nous allons exprimer notre indignation, et d'une seule voix nous allons dénoncer et exiger des autorités dominicaines, le retrait de cette décision inique. Sinon, nous, citoyens et citoyennes, Québécois et Canadiens, mènerons une campagne massive de boycottage des produits dominicains et de l'industrie touristique pour dire non à ce nettoyage ethnique en Amérique. »

Vague possibilité de régularisation conditionnelle

Les résultats de la révision des livres de registre civil, par une commission de la Junte centrale électorale (JCE) dominicaine, feraient état de la possibilité pour « 13 672 enfants d'Haïtiens non résidents » (parmi les 24 392 personnes enregistrées depuis 1929, avec des documents non valides) de voir se régulariser leur situation, moyennant certaines preuves fournies à l'État dominicain.

Cette annonce a été faite le 7 novembre par la JCE, à la veille de l'arrivée d'une équipe d'enquête de la Cour interaméricaine de droits humains (CIDH) en décembre, suite à la demande du gouvernement de Saint-Vincent et Grenadines. La JCE devait procéder à une vérification des cahiers d'enregistrement des naissances, de 1929 à date, selon la sentence 0168/13 du tribunal constitutionnel dominicain.

Aux mêmes fins, il est exigé au ministère dominicain de l'intérieur et de la police d'accorder une période de 90 jours au Conseil national de l'immigration pour élaborer le Plan national pour la régularisation des étrangères et étrangers. Dans ces circonstances, « le Conseil national de l'immigration a accordé un délai de 30 jours, à la junte centrale électorale, pour déterminer l'impact de la sentence sur les personnes inscrites dans le registre d'état civil, régulièrement ou irrégulièrement », a déclaré la junte centrale.

Ces chiffres signifieraient que la décision de rendre apatrides des Dominicaines et Dominicains d'ascendance étrangère ne toucherait que 13 672 citoyennes et citoyens d'origine haïtienne. Or, les statistiques, régulièrement mentionnées par les organisations de droits humains, évoquent toujours plus de 200 000 Dominicaines et Dominicains susceptibles d'être affectés par la sentence de septembre 2013 de la cour constitutionnelle dominicaine. Les autorités dominicaines tentent d'expliquer cette contradiction par une « absence de culture registraire » en Haïti.

De son côté, le gouvernement canadien publie sur son site Relations Canada — République dominicaine le texte suivant : « La République dominicaine est un partenaire important du Canada dans les Caraïbes, les deux pays partageant le même engagement envers la démocratie, la primauté du droit, les droits de la personne et le libre-marché. Le Canada a d'importants intérêts commerciaux en République dominicaine, surtout dans les secteurs miniers et financiers, et il est l'investisseur étranger le plus actif dans le pays. En 2011, les deux pays ont conclu leurs négociations relativement à un Accord de coopération dans le domaine du travail. L'accord, qui constitue l'une des ententes de ce genre les plus complètes jusqu'à présent, est le premier au monde à imposer des obligations en matière de travail qui ne sont pas rattachées à un accord de libre-échange. »

(Sources : Comité d'action contre la décision 168/13 du tribunal constitutionnel de la République dominicaine, AlterPresse, Haïti Progrès)

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Le massacre du Persil de 1937

À chaque rassemblement contre la décision du tribunal constitutionnel de la République dominicaine, la communauté haïtienne rappelle « pour la mémoire et pour l'histoire qu'en 1937 le général dictateur Trujillo de la République dominicaine avait fait tuer plus de 30 000 Haïtiens » et clame : « Non au génocide en République dominicaine ! 1937 le massacre ! Je me souviens ! »


Massacre d'Haïtiens en République dominicaine en 1937

Le génocide de 1937 est connu sous le nom de massacre Perejil ou massacre de Persil. Plus de 30 000 personnes ont été tuées durant une semaine, du 2 au 8 octobre 1937, sous les ordres du président dominicain Rafael Trujillo qui a régné de 1931 à 1961. Ce dernier a ordonné à ses troupes de procéder à l'extermination de masse de gens d'origine haïtienne résidant sur le territoire dominicain, en particulier dans les exploitations agricoles situées le long de la frontière entre la République dominicaine et Haïti. Dajabon, ville frontalière, a aussi connu les heures terribles de cette tuerie, notamment près de la rivière qui coule dans la zone, d'où son nom depuis, rivière Massacre. Le massacre s'est propagé à Samana et dans la zone occidentale de Cibao et était réalisé avec des couteaux, plus précisément des machettes, sous le conseil du président, pour donner ainsi l'impression qu'il s'agissait d'une émeute entre les Haïtiens et les paysans dominicains.

Les soldats dominicains avaient un brin de persil qu'ils présentaient aux suspects. « Perejil » (persil) est le mot que les Haïtiens pourchassés sur ordre de Trujillo devaient prononcer pour permettre à leurs bourreaux de confirmer qu'ils étaient bien de nationalité haïtienne. Des Haïtiens, Haïtiano-dominicains et même des Dominicains incapables de prononcer le mot « persil » en espagnol, à cause de la lettre « r », étaient tués. Persil, le mot qui tue.

Le gouvernement haïtien a préféré ne pas protester : les victimes, bien que nombreuses, étaient des immigrés pauvres et sans influence politique réelle. Le président Sténio Vincent se contenta de réclamer à Trujillo 750 000 $US en compensation. La demande était soutenue par le président américain Franklin Delano Roosevelt. Trujillo, prodigue des américains, a su négocier pour réduire l'indemnité à 525 000 $. Mais cet argent n'a jamais atteint les rares survivants rentrés en Haïti.

Ce massacre appelé par les survivants haïtiens « kout kouto a » (le coup de couteau) était dirigé contre les Haïtiens et les descendants d'Haïtiens à la peau noire nés dans le pays, et ceux-là qui travaillaient sur les plantations sucrières et caféières de la République dominicaine dont le marché était en déclin durant la période du massacre.

Chaque année, des événements commémoratifs sont organisés dans divers pays en mémoire des victimes et pour que plus jamais ne se produise un tel massacre.

(Sources : bigbangblog.net, Wikipedia, touthaiti.com)

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Le Venezuela résiste aux tentatives de déstabilisation intérieure et extérieure

Le président Maduro passe à l'offensive avec un ensemble de réformes économiques


Le président vénézuélien Nicolas Maduro annonce
des réformes économiques le 6 novembre 2013.

Le président du Venezuela Nicolas Maduro a annoncé une panoplie de réformes économiques visant à combattre la spéculation et le stockage et à mettre sur pied de nouvelles institutions gouvernementales pour réglementer le commerce et contrôler les services de change des devises étrangères.

« Nous devons prendre des décisions concrètes dans l'intérêt de l'économie et de la société, peu importe les coûts et peu importe les conséquences », a déclaré le président vénézuélien du palais Miraflores le 6 novembre.

Il a dit de cet ensemble de réformes qu'il s'agissait d'une « offensive économique » et qu'il voulait « porter un dur coup » aux spéculateurs et aux responsables du stockage.

Il a annoncé la création d'un nouveau groupe de travail national qui aura comme tâche d'inspecter les entreprises partout au pays pour assister l'agence gouvernementale de protection du consommateur, Indepabis, dans ses efforts pour débusquer les responsables du stockage.

Ces derniers mois, les consommateurs vénézuéliens ont subi les conséquences du stockage de produits tels le lait et le papier de toilette. Tandis que l'opposition accuse la politique gouvernementale, Maduro pointe du doigt les entreprises qui stockent des produits à des fins politiques.

Indepabis a réagi à ce stockage en menant une campagne nationale contre les stockeurs et les spéculateurs plus tôt cette année et de nombreuses entreprises ont reçu des contraventions du protecteur des consommateurs.

« Dans la période de novembre à décembre nous établirons une opération spéciale permettant de protéger et de garantir des prix de vente équitables à la population pour un certain nombre de produits que nous jugeons indispensables », a dit Maduro.

« Le textile, les chaussures, les appareils ménagers, les véhicules, les jouets entre autres... et nous commencerons à mettre en oeuvre ces mesures dès aujourd'hui. »

« Nous allons passer la chaîne d'approvisionnement au peigne fin. Nous allons vérifier chaque inventaire de ce pays », a-t-il ajouté.

Maduro a aussi servi une mise en garde au président de la Fédération vénézuélienne des Chambres de commerce (Fedecamaras), Jorge Roig, à qui il reproche d'être engagé dans une « guerre économique ».

En 2002, l'ancien président de Federcamaras, Pedro Carmona, avait fomenté un coup d'État qui avait, pour l'espace de quelques jours, évincé le prédécesseur de Maduro, le regretté Hugo Chavez. La relation entre le gouvernement et Fedecamaras n'a jamais été la même depuis.

La semaine dernière, les syndicats favorables au gouvernement on manifesté dans les rues de Caracas pour contester les présumées activités de la fédération d'affaires.

« J'ai les preuves : Jorge Roig est responsable de la guérilla économique », a dit Maduro.

Les sites web qui publieront la valeur d'échange du bolivar sur le marché noir seront aussi susceptibles de pénalités, a dit le président.


Des travailleurs vénézuéliens marchent à Caracas contre la «guerre économique» menée par des forces néolibérales
soutenues par les États-Unis. (VTV)

La réforme des devises et du commerce

En même temps qu'il compte serrer la vis aux stockeurs, Maduro a annoncé la création d'un Centre national du commerce extérieur qui doit contrôler les diverses activités de change à l'étranger, ainsi que les importations et les exportations menées par les entreprises publiques. Cette tâche sera prise en main par la Corporation nationale de commerce extérieur, qui semble être soumise au Centre national du commerce extérieur.

Le président a expliqué qu'il s'agissait d'un centre de commandement pour gérer et planifier le tout. La nouvelle agence « mettra sur pied de nouveaux mécanismes facilitant la transition au socialisme ».

Face aux griefs des importateurs privés portant sur la pénurie de dollars US, cette année le gouvernement a mis en oeuvre plusieurs réformes du système de change extérieur du Venezuela, bien que la valeur du bolivar sur le marché noir ait chuté de plus de la moitié depuis le début de cette année.

En mars, en tant que président par intérim, Maduro avait dit qu'il « viendrait à bout du marché parallèle » en créant le Système complémentaire d'acquisition de devises étrangères » (Sicad).

Sicad fait maintenant régulièrement la vente aux enchères de dollars US à des compagnies et à des individus. Et plus tôt ce mois-ci, dans un geste généralement perçu comme étant une tentative d'éloigner les visiteurs internationaux du marché noir des devises, Maduro a dit qu'un nouveau taux de change pour « touristes » verrait le jour à la banque centrale.

La principale instance d'échange extérieur du gouvernement, la Commission d'administration des devises (Cadivi), ainsi que la Sicad et les opérations bancaires publiques liées au change extérieur seront dorénavant gérées par le Centre national du commerce extérieur.

Cependant Maduro a indiqué que son administration cherche actuellement à mieux distribuer la monnaie étrangère plutôt que d'en augmenter l'approvisionnement.

« Venezuela a les dollars qu'il lui faut pour le bon fonctionnement de toute l'économie », a dit Maduro.

La réorganisation des initiatives de change extérieur verront aussi la mise sur pied d'un budget national de change extérieur.

« Je mets en place aujourd'hui le budget de change extérieur dans le but d'administrer correctement le change extérieur du pays et les dépenses gouvernementales et de l'État », a-t-il dit.

« Nous devons optimiser chaque dollar », a affirmé Maduro. Il a expliqué que c'est le budget qui déterminera la demande en devises étrangères par l'économie vénézuélienne, et qui assistera à mieux distribuer l'argent aux entreprises et aux institutions gouvernementales.

En plus des initiatives permettant de faciliter l'accès aux devises étrangères, Maduro a dit que son gouvernement cherche à développer des moyens d'inciter les Vénézuéliens à épargner.

« Tout cela doit être coordonné avec toutes les banques... pour la mise en place de mesures spéciales accompagnées de diverses actions pour encourager le retour du capital étranger au Venezuela », a-t-il dit.

(Traduction : LML)

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Preuve documentée d'un plan de déstabilisation

Au cours des derniers mois, le gouvernement vénézuélien dirigé par le président Nicolas Maduro a dénoncé plusieurs incidents de sabotage contre les infrastructures électriques du pays, de pair avec une campagne visant à saper l'économie de la nation. La majorité des médias internationaux, ainsi que des médias privés au Venezuela, ont ridiculisé les accusations du président vénézuélien et ont tenté de rejeter la responsabilité sur le gouvernement pour l'instabilité et les dommages causés dans le pays par ces actions. Néanmoins, un document interne rédigé par trois organisations de la Colombie et des États-Unis, met en évidence un plan sinistre contre l'État vénézuélien afin de provoquer de la violence - même des morts - avec l'intention de justifier une intervention internationale en prévision des élections municipales prévues pour le 8 décembre prochain.

Le document, intitulé « Plan stratégique vénézuélien », a été préparé par la Democratic Internationalism Foundation (http ://fidauv.org), dirigée par l'ancien président colombien Alvaro Uribe, de concert avec la First Columbia Think Tank (http ://www.pensamientocolombia.org) et la firme consultante américaine, FTI Consulting (http ://www.fticonsulting.com). En fait, le 13 juin 2013, le plan a été élaboré lors d'une réunion entre les représentants de ces trois organisations, les dirigeants de l'opposition vénézuélienne, y compris Maria Corina Machado, Julio Borges et Ramon Guillermo Avelado, l'expert en opérations psychologiques J.J. Rendon et le directeur de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) pour l'Amérique latine, Mark Feierstein.

Le plan stratégique de déstabiliser le Venezuela a comme objectif principal de rendre impuissant le gouvernement avant les élections municipales du 8 décembre, comme l'a révélé le document : « Les objectifs mis de l'avant dans le plan actuel sont essentiellement axés en fonction des élections municipales prévues pour le 8 décembre, tout en y incluant en même temps la détérioration accélérée du gouvernement, ce qui facilite une victoire de l'opposition lors de cet événement ... » Le texte précise en outre : « ... mais si cela pouvait se produire avant tout cela, ce serait encore mieux ».

Le document détaille également la stratégie de saboter le réseau électrique au Venezuela, dans le but de blâmer le gouvernement pour une infrastructure qui faillit et projeter ainsi à l'échelle internationale une image de crise au Venezuela. Dans le cadre du plan, les auteurs proposent « de maintenir et d'accroître les sabotages qui affectent les services publics, en particulier le réseau électrique, qui permettra de montrer du doigt le gouvernement comme celui qui est responsable de la supposée inefficacité et négligence ». Depuis quelques mois, les pannes et autres coupures de courant ont affecté différentes régions dans tout le Venezuela, entraînant un mécontentement général et reflétant négativement sur le gouvernement. Il y a quelques semaines, les autorités vénézuéliennes ont détenu différents individus impliqués dans le sabotage du réseau électrique et à la fin de septembre, le président Maduro a expulsés trois diplomates américains de l'ambassade américaine à Caracas pour leur rôle présumé dans les plans de déstabilisation contre l'État.

Dans la section intitulée « Actions », les auteurs du document détaillent leurs prochaines étapes visant à miner le gouvernement vénézuélien. En plus de « parfaire le discours incendiaire de Henrique Capriles », le candidat de l'opposition qui a perdu contre Maduro à l'élection présidentielle d'avril, ils parlent aussi de « créer un climat tendu avec de courts messages qui atteignent le plus grand nombre de personnes et mettent l'accent sur les problèmes sociaux, provoquant le mécontentement social. Accroître les problèmes d'approvisionnement en produits de consommation de première nécessité ».

Tout au long de l'année, le Venezuela a connu des problèmes d'approvisionnement en produits de base, tels que le papier hygiénique, le sucre, le lait, l'huile, le beurre, la farine et d'autres denrées alimentaires de base. Les autorités vénézuéliennes ont confisqué des tonnes de ces produits illégalement détenus à l'intérieur des entrepôts appartenant à des entreprises de l'opposition. Ils ont aussi capturé de grandes quantités de ces produits à la frontière avec la Colombie où ils sont vendus en contrebande.

Selon le document, « Le plan stratégique vénézuélien », sur lequel se sont entendus les représentants de l'opposition au gouvernement de Nicolas Maduro, est orienté vers ces objectifs avec le soutien ferme et constant de diverses personnalités du monde entier qui cherchent à ce que le Venezuela retourne à la vraie démocratie et à l'indépendance qui ont été kidnappées pendant plus de 14 ans. »

Pendant les 14 années de la gouvernance démocratique du président Hugo Chavez, les menaces contre son administration ont été nombreuses et les plans de déstabilisation n'ont jamais cessé. Après l'échec du coup d'État en 2002 contre Chavez, qui a été défait par ses millions de partisans et a été organisé par le gouvernement des États-Unis, il y a eu de nombreuses tentatives pour l'évincer par des sabotages économiques, des interventions électorales, des tentatives d'assassinat, la guerre psychologique, le financement de plusieurs millions de dollars des groupes d'opposition par les agences des États-Unis et un plan pour isoler le Venezuela au niveau international, qui n'ont jamais eu de succès.

L'un des visages les plus visibles dans les tentatives pour subvertir le gouvernement de Chavez a été l'ancien président colombien Alvaro Uribe. L'ancien chef de l'État colombien a terminé son mandat présidentiel en 2010 appelant à une intervention internationale au Venezuela afin de détruire Chavez et sa révolution bolivarienne. Uribe s'est consacré depuis à diffamer Chavez et son héritage, ainsi qu'à renforcer ses liens avec des groupes anti-Chavez à l'intérieur et à l'extérieur du Venezuela.

La mort de président Chavez en mars 2013 n'a pas empêché Uribe de poursuivre ses actions contre le Venezuela. Avec l'élection de Nicolas Maduro à la présidence et la poursuite du processus socialiste initié par Chavez, Uribe a maintenu son programme agressif contre le Venezuela.

Or, ce document interne, le produit d'une rencontre entre l'extrême droite en Colombie et au Venezuela, ainsi que des représentants du gouvernement des États-Unis, est la preuve des plans de déstabilisation en marche contre Maduro.

Dans le cadre de ce complot dangereux contre le Venezuela, les auteurs proposent de « créer des situations de crise dans les rues qui faciliteront l'intervention des États-Unis, ainsi que celle des forces de l'OTAN, avec le soutien du gouvernement colombien. Dans la mesure du possible, la violence devrait se traduire par des morts ou des blessés. »

Des Vénézuéliens, des représentants de l'opposition, collaborent avec des intérêts étrangers pour entraîner la mort de citoyens innocents dans leur propre pays, dans le but de justifier une invasion militaire de leur nation. Cela représente une grave menace et un crime ignoble contre la souveraineté du Venezuela.

En outre, en plus de promouvoir une campagne internationale pour marginaliser, discréditer et ternir le gouvernement Maduro, le document recommande « une insurrection militaire » contre l'État vénézuélien. Ils proposent « de contacter des groupes militaires actifs et ceux à la retraite pour amplifier la campagne visant à discréditer le gouvernement au sein des forces armées ... Il est essentiel de préparer les forces militaires de sorte que lors d'un scénario de crise et de conflit social, ils mènent une insurrection contre le gouvernement ou au moins appuient une intervention étrangère ou une insurrection civile ».

C'est une preuve documentée confirmant la véracité - et la gravité - des accusations portées contre le président Nicolas Maduro. Le Venezuela est l'objet d'attaques, comme il l'a été tout au long des 14 dernières années depuis le début de la révolution bolivarienne et depuis que le Venezuela a retrouvé sa souveraineté, son indépendance et sa dignité. N'oublions pas que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole de la planète. Les intérêts puissants qui cherchent à contrôler ces ressources ne s'arrêteront pas jusqu'à ce qu'ils atteignent leur objectif.

(Traduction : LML)

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Libérez les cinq antiterroristes cubains!

Jeudi le 5 décembre à Ottawa: Ligne
de piquetage en solidarité avec les Cinq

L'Association d'amitié Outaouais-Cuba vous invite à participer, quelles que soient les conditions météoroligiques, à une ligne de piquetage le 5 décembre 2013 en solidarité avec les Cinq antiterroristes cubains : Gerardo Hernandez, Ramon Labañino, Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez et René Gonzalez, injustement emprisonnés aux États-Unis pour avoir lutté contre le terrorisme.

Ligne de piquetage en solidarité avec les Cinq
Jeudi 5 décembre 2013 - de 17 h 30 à 18 h 30

Ambassade des États-Unis
Sur le trottoir au Parc Major, face à l'entrée de l'ambassade

Apportez vos vos pancartes, drapeaux et banderolles.
Après cette manifestation, nous aurons un rassemblement social avec des sandwichs et breuvages, à un endroit qui sera bientôt.
Cet événement est le premier d'un événement mensuel pour protester contre l'emprisonnement injuste de quatre des cinq héros cubains

Organisé par le Sous-comité Libérez les 5 d'Ottawa Cuba Connections

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