Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 174 - 29 novembre 2013

Nouveau régime forestier et crise forestière

Les travailleurs forestiers manifestent contre
la dégradation des conditions du travail en forêt


À Saint-Félicien le 21 novembre 2013

Nouveau régime forestier et crise forestière
Les travailleurs forestiers manifestent contre la dégradation des conditions du travail en forêt
« Si les gouvernements avaient voulu améliorer la loi, ils auraient pu le faire » - Entrevue avec Ubald Desgagné, président de la section 3000-Q de Unifor
Le gouvernement doit demander des garanties avant d'accorder plus de bois à Produits forestiers Résolu - Entrevue avec Bernard Plante, président de la section locale 22 de Unifor, représentant les travailleurs de la scierie des Outardes

Un revenu décent pour tous et toutes !
L'aide sociale ne couvre que 52,5 % des besoins fondamentaux


Nouveau régime forestier et crise forestière

Les travailleurs forestiers manifestent contre la dégradation des conditions du travail en forêt

Le 21 novembre dernier, plus de 100 travailleurs forestiers ont manifesté à Saint-Félicien, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour protester contre la dégradation des conditions du travail en forêt, qui a de graves répercussions sur les conditions de vie et de travail dans les régions déjà affectées par la crise forestière. La manifestation avait lieu à l'occasion du Rendez-vous national de la forêt québécoise, une initiative du gouvernement du Québec regroupant entreprises, syndicats, représentants de Premières nations, environnementalistes et municipalités. Les manifestants ont exprimé on ne peut plus clairement que le gouvernement doit prendre ses responsabilités et protéger les conditions de vie et de travail des travailleurs forestiers et non les aggraver comme cela se passe en ce moment. Le même jour, des travailleurs forestiers de Baie-Comeau ont occupé le bureau du député de la circonscription pour faire valoir les mêmes demandes.

Les actions étaient dirigées en particulier contre la dégradation des conditions du travail en forêt suite à l'adoption du nouveau régime forestier du Québec le 1er avril dernier, qui a été adopté à l'unanimité par tous les partis à l'Assemblée nationale. Les manifestants s'opposaient en particulier à la mise aux enchères d'environ 25 % du bois alloué par le gouvernement à la récolte au nom d'une mise en marché libre du bois. Ce qui se produit, c'est que la désyndicalisation massive qui s'est produite dans le secteur forestier depuis les vingt dernières années s'aggrave encore alors que les accréditations syndicales des travailleurs ne sont pas protégées quand ils travaillent à la coupe du bois remporté aux enchères. C'est du bois qui auparavant était alloué à des entreprises en vertu des Contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier (les CAAF) qui est maintenant vendu aux enchères. Les CAAF eux-mêmes ont été éliminés et remplacés par des garanties d'approvisionnement où le lien traditionnel entre récolte du bois et sciage dans une entreprise de la communauté est beaucoup plus ténu. Pour le bois vendu aux enchères, il n'y a plus de lien du tout et les travailleurs doivent suivre le bois et y perdent toute sécurité d'emploi et leur accréditation syndicale, tout en travaillant dans des conditions très inférieures, sans régime de retraite ni avantages sociaux.


À Baie Comeau le 21 novembre 2013

Les manifestants ont rappelé au gouvernement actuel et au gouvernement libéral précédent qu'ils sont responsables des conditions du travail en forêt et des conditions générales de vie et de travail en région et qu'ils ne peuvent pas se défiler de leurs responsabilités avec de grandes phrases sur un Québec forestier moderne.

Les monopoles comme Produits forestiers Résolu utilisent le nouveau régime pour désyndiquer le secteur encore plus, y abaisser toutes les conditions et y tuer encore plus de joueurs.

Le PMLQ se tient fermement aux côtés des travailleurs forestiers qui accomplissent un travail important pour les régions et la société et doivent voir leurs droits reconnus, le droit à des conditions qui correspondent au travail qu'ils font et le droit à la représentation dans des collectifs de défense qui défendent leurs intérêts. La crise de l'industrie forestière montre clairement que le Québec a besoin de diriger l'économie dans une nouvelle direction qui sert les intérêts du peuple plutôt que ceux des monopoles étrangers.

(Tiré de Chantier politique)

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« Si les gouvernements avaient voulu améliorer
la loi, ils auraient pu le faire »

Le Marxiste-léniniste : Qui la section locale 3000-Q d'Unifor représente-t-elle ?

Ubald Desgagné : La section locale représente des travailleurs qui font la coupe du bois en forêt, des sous-contracteurs avec de la machinerie forestière. Moi-même je suis opérateur de machinerie forestière. Nous sommes un local composé, avec 14 accréditations, de tous les travailleurs de la forêt pour Produits forestiers Résolu. La grande majorité de nos membres travaillent au Saguenay-Lac-Saint-Jean, que ce soit à Girardville, Saint-Félicien, Roberval, etc., et nous avons aussi quelques membres sur la Côte-Nord et en Abitibi, notamment à Senneterre. Nous représentons aussi les travailleurs de l'usine de cogénération de Saint-Félicien. Nous sommes environ 700 membres en ce moment dans la section locale. Depuis l'introduction du nouveau régime forestier, nous avons perdu à peu près 400 membres.

LML : Comment avez-vous perdu tous ces membres ?

UD : Nous les avons perdus à cause de la crise forestière et la situation s'aggrave maintenant avec le nouveau régime forestier, avec la vente du bois aux enchères. Dans notre région, en plus de la perte de 10 % du bois alloué dans le passé à l'exploitation qui a été transformé en aires protégées, il y a maintenant 30 % du bois qui est vendu aux enchères. Cela veut dire que n'importe qui peut soumissionner pour le bois aux enchères. En ce qui concerne le camp Jean-Charles par exemple, c'est 110 000 mètres cubes de bois que Produits forestiers Résolu a remportés aux enchères. Ce bois, ils le font couper par d'autres travailleurs que leurs travailleurs syndiqués. C'est du bois aux enchères qui auparavant était alloué à Produits forestiers Résolu à travers les contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestiers, les CAAF.

Ce bois-là ne va pas être coupé par nous, Produits forestiers Résolu a fait venir des travailleurs de la Beauce pour venir couper le bois ici. Avec la mise aux enchères du bois, tu peux couper du bois disons à Saint-Félicien et il n'y a rien qui dit que le bois va aller à la scierie de Saint-Félicien, il peut aller dans n'importe quelle autre scierie.

Lorsque nous avons connu la baisse de 40 % du bois, 10 % aux aires protégés et 30 % aux enchères, nous avons perdu 40 % de nos travailleurs. La compagnie a gardé uniquement 60 % de ses travailleurs. Les travailleurs qui étaient avec nous se sont placés ailleurs, ils sont allés travailler dans la coupe d'autre bois mis aux enchères, notamment des petites compagnies qui étaient déjà là ou se sont formées.

Évidemment ils ne travaillent plus du tout aux mêmes conditions. Ils n'ont pas d'avantages sociaux. Les entreprises peuvent payer les travailleurs au taux qu'elles veulent et n'ont pas à payer le temps supplémentaire. Il n'y a pas de régimes de retraite, pas d'assurance-salaire.

Il y a une grande différence de conditions entre un travailleur syndiqué et un travailleur non syndiqué. Prenons par exemple un travailleur chez qui se déclare un cancer, un cancer sans complications qui prend entre 6 et 9 mois pour guérir. Le travailleur qui n'a pas d'assurance-salaire va toucher 15 semaines d'assurance-emploi-maladie et après, s'il n'a pas d'assurance-salaire, il va puiser dans son argent, l'argent qu'il a accumulé pour sa retraite. Il va utiliser cet argent pour se faire soigner et non pour sa retraite. Cela arrive souvent des cas comme ça. C'est le travailleur qui paie de sa poche en bout de ligne. C'est déplorable.

LML : Le nouveau régime forestier a aggravé la crise forestière.

UD : Oui. Ce qui arrive avec les diminutions de 30 % du bois qui va maintenant aux enchères, c'est qu'il y a des travailleurs qui ont pris leur retraite et vendu leur machinerie. Plus ça va et plus c'est difficile de rester en forêt et de trouver de la relève. Pour les jeunes travailleurs qui veulent aller travailler en forêt, acheter leur machinerie qui coûte environ 1,2 million $, c'est très difficile de recouvrer leurs coûts de machinerie. Et cela recommence d'année en année, les contrats doivent être renouvelés chaque année. Alors il n'y a aucune sécurité. Les enchères reviennent à tous les ans. Qui va faire cet investissement-là dans une machinerie aussi coûteuse alors que l'incertitude est totale ? La main-d'oeuvre vieillit, la relève n'est pas là. Tu ne sais pas d'année en année si tu vas travailler pour telle ou telle compagnie. C'est complètement flou, il n'y a aucune sécurité d'emploi.

En plus, pour les petites entreprises qui gagnent le bois aux enchères, elles ont beau être capables de le payer pour le moment, mais il faut qu'elles le vendent. Il y a des situations où des grandes compagnies comme Produits forestiers Résolu vont aller voir l'entrepreneur qui a obtenu le bois et lui dire « je te donne tant pour ton bois ». C'est un marché libre, l'entrepreneur va le vendre là où il le peut. Où est-ce qu'il va prendre l'argent pour pouvoir vivre avec le prix qu'il va obtenir pour son bois, il va le prendre au travailleur, en baissant ses conditions, c'est clair. Le gars qui remporte le bois aux enchères ne sait pas s'il va être capable de le vendre, le marché n'est pas fiable du tout, tu ne sais pas d'année en année si tu vas être capable de le vendre ni à combien. Le gars peut être pris avec son bois, incapable de le vendre.

LML : Comment le syndicat essaie-t-il de changer la situation ?

UD : En commission parlementaire, nous avons demandé que les enchères soient réservées à ceux qui ont des scieries, que les enchères ne soient pas ouvertes à n'importe qui. On a tout fait pour essayer de faire changer la loi 7 qui a mis en vigueur le nouveau régime, laquelle a été précédée de la loi 57 du gouvernement libéral. Nous avons expliqué notre position. Le gouvernement du Parti Québécois a trouvé que notre position était pleine de bon sens, il a dit qu'il allait regarder cela de près, comment améliorer la loi, mais il a refusé de le faire et la loi a été adoptée telle quelle. Avant eux, c'étaient les libéraux qui étaient au pouvoir, et eux aussi trouvaient que ce que nous disons a bien du bon sens, mais personne n'a amélioré la loi, ni le PQ, ni les libéraux. Ils auraient pu améliorer la loi s'ils l'avaient voulu. En fait, le nouveau régime forestier a été adopté à l'unanimité.

Nous essayons de syndiquer ces travailleurs-là mais c'est très difficile parce que les travailleurs sont tellement dispersés et c'est encore plus difficile quand les gouvernements ne sont pas de notre côté. Il faudrait qu'on soit capable de faire en sorte que n'importe où au Saguenay-Lac-Saint-Jean le taux horaire des opérateurs de machinerie forestière soit le même et il faudrait que tout le monde soit syndiqué.

C'est pour ça qu'on a fait une manifestation jeudi à Saint-Félicien. Le but de la manifestation était de dénoncer le fait que 30 % des emplois de qualité protégés sont disparus en raison de la mise aux enchères.

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Le gouvernement doit demander des garanties avant d'accorder plus de bois à Produits forestiers Résolu

Le Marxiste-Léniniste : Ta section locale comprend les quelque 120 travailleurs qui sont à l'emploi de la scierie des Outardes à Baie-Comeau sur la Côte-Nord. Les travailleurs de la Côte-Nord font face à des menaces continuelles de fermeture. Comment le problème se présente-t-il chez vous ?

Bernard Plante : Nous faisons face à beaucoup de problèmes. D'une part on a un problème de manque de bois, qui est un problème de diminution de la quantité de bois qui est allouée à l'usine. On estime que pour que la scierie opère de façon profitable, nous devons avoir trois quarts de travail. Nous sommes présentement à deux quarts de travail, soit le jour et le soir. La décision sur la quantité de bois qui est allouée, c'est le forestier en chef du Québec qui la prend. Je ne saurais pas vous dire sur quelle base il décide de la quantité de bois qui est allouée. On n'a pas vraiment d'explications là-dessus. À l'époque, on avait 1,5 million de mètres cubes par année. On avait deux usines de sciage et 430 travailleurs. C'était en 2005. Ensuite, l'approvisionnement de l'usine en bois a été réduit à 800 000 mètres cubes. Présentement on est rendu à 500 000 mètres cubes de bois garanti à l'usine. Il y a 225 000 mètres cubes qui sont allés aux enchères publiques en vertu du nouveau régime forestier. À une époque pas si lointaine, il y avait un grand nombre de scieries sur la Côte-Nord. Maintenant il n'en reste que trois, dont celle des Outardes.

Le deuxième problème, c'est la main-d'oeuvre. La main-d'oeuvre est très rare. Les gens ne croient pas à l'industrie du bois. Les gens ont peur de la gestion de Produits forestiers Résolu, de son endettement, de la manière dont il gère ses entreprises. Ils peuvent dire que ça va bien puis le lendemain ils peuvent vous fermer. Toutes les décisions sont prises à Montréal. Avant on avait un certain pouvoir décisionnel ici sur la Côte-Nord mais maintenant on n'en a plus. C'est le siège social qui mène la partie. Ils peuvent vous fermer à tout moment. On ne sait pas leur plan à moyen ou à long terme. À court terme, on marche de semaine en semaine. Les gens préfèrent regarder d'autres emplois que d'aller dans le milieu forestier et celui-ci a beaucoup de misère à retenir des travailleurs.

Aussi ce qu'on a vécu comme problématique, étant donné que Produits forestiers Résolu s'est mis sous la protection des créanciers, c'est qu'on a eu des baisses de salaires et ça non plus ça n'aide pas à attirer la main-d'oeuvre. Les jeunes sont beaucoup plus instruits que les gens dans la quarantaine ou la cinquantaine alors ils quittent le milieu, ils ne restent pas. Tout cela a un effet d'entraînement.

Il y a un phénomène d'exode, les jeunes ont tendance à vouloir s'en aller vers Montréal ou Québec.

L'impact sur la main-d'oeuvre, on le voit aussi avec Alcoa à Baie-Comeau qui a annoncé des mises à pied de 550 travailleurs. Cela va avoir un impact sur la ville, c'est certain. Et maintenant il y a cette question-là qu'ils soulèvent au sujet des tarifs d'hydroélectricité qui crée encore plus d'incertitude.

Il y a un impact également sur les pensions. S'il y a dix ans ils étaient disons 25 000 travailleurs à contribuer dans les fonds de pension de Résolu et aujourd'hui il en reste 10 000, cela n'aide pas non plus.

LML : Comment vivez-vous le nouveau régime forestier et en particulier la mise d'une partie du bois aux enchères.

BP : Je pense que c'est eux, les employeurs, les compagnies forestières, qui se sont mises dans le trouble avec ça parce qu'au départ ils étaient favorables à la mise aux enchères du bois. Ils se sont dit, je pense, que le gouvernement veut avoir plus de libre marché, et que cela ne les affectera pas. Les employeurs pensaient qu'ils n'auraient plus de syndicats dans les jambes parce que le bois va être donné à des sous-traitants à moindre coût. Ils vont aller bûcher le bois, ils vont l'amener à l'usine, l'employeur n'aura plus besoin de ses travailleurs syndiqués pour couper le bois.

Je pense qu'ils se sont mis le pied dans la bouche lorsque le gouvernement a ajouté quelque chose à quoi ils ne s'attendaient pas. Le gouvernement a dit que si le prix du bois est de 60 $ le mètre cube mais qu'aux enchères il sort à un prix de 68 $ le mètre cube, tout le bois qui en ce moment est encore garanti aux usines va leur être fourni à 68 $. Personne ne sait combien va coûter le bois qui est encore alloué en vertu des garanties d'approvisionnement. En plus de cela, ils investissent au compte-goutte. Ils attendent que les équipements tombent avant d'investir. On ne sait pas s'ils vont investir. Eux nous disent que chose certaine s'ils ont moins de bois ils ne vont pas investir, mais que s'ils ont plus de bois ce n'est pas certain qu'ils vont investir. C'est une pression constante sur nous qu'ils vont fermer les usines de sciage s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent du gouvernement.

Nous serions d'accord si cela pouvait être organisé avec le gouvernement qu'il leur fournisse un peu plus de bois mais qu'en contrepartie ils doivent s'engager à investir ou à respecter notre fonds de pension. Le gouvernement devrait leur dire que s'ils veulent nos ressources, les arbres du Québec ou son minerai de fer, alors en retour il faut garantir des emplois et des investissements. Mais c'est l'inverse qui se passe. Ils veulent avoir l'arbre du Québec, ils veulent le minerai mais ne rien garantir en retour, ni les emplois ni les investissements. Les conditions dans les régions sont en train de se dégrader.

Il faut qu'on bâtisse un rapport de force beaucoup plus fort pour forcer les entreprises à négocier. C'est pour ça qu'on a formé Unifor. On voit que la moyenne des augmentations de salaire dans la plupart des secteurs sont de 2-2,5 % par année alors que nous on a reculé de 15 % au niveau du salaire. Nous avons fait de grosses concessions pour que les employeurs se sortent du pétrin et maintenant on veut rattraper ce qu'on a perdu et continuer à revenir à un taux qui nous est dû.

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Un revenu décent pour tous et toutes !

L'aide sociale ne couvre que 52,5 %
des besoins fondamentaux

« La ministre [de l'Emploi et de la Solidarité sociale] Agnès Maltais nous avait parlé d'une augmentation substantielle pour les personnes seules et qui reçoivent la prestation de base de 604 $. Nous dénonçons cette faible augmentation qui ne touche qu'un nombre restreint de prestataires », a déclaré Solange Laliberté de l'Association de défense des droits sociaux du Montréal métropolitain. L'augmentation de 20 $ prévue pour le 1er février 2014 et atteignant un maximum de 50 $ par mois en 2017 ne profitera qu'à 59 000 des 457 000 prestataires de l'aide financière de dernier recours. Cette mesure cible les personnes sans contrainte, vivant seules en logement privé et qui ne reçoivent pas l'allocation logement.

Outrés par l'annonce récente d'une hausse de 20 $ par mois, près d'une centaine de personnes assistées sociales ont tenu une action le 19 novembre en avant-midi devant les bureaux du ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, situés près du Square Victoria.

Les manifestants ont scandés : « Vingt dollars de plus par mois, c'est 66 cents par jour. Une poignée de change, ça ne change rien ! »

De façon ludique, par le théâtre, ils ont illustré une situation intenable, une hausse de 3 % qui ne permettra pas de combler la hausse des loyers, des tarifs d'Hydro-Québec, du panier de nourriture et des tarifs du transport en commun à Montréal.

Les nombreux organismes présents, soit la Table régionale des organismes volontaires en éducation populaire de Montréal, le Projet Genèse, l'Association de défense des droits sociaux du Montréal métropolitain, le Groupe ressource du Plateau, Passages, l'Organisation d'aide aux sans-emploi, l'Association coopérative d'économie familiale du nord de Montréal, le Regroupement des organismes familles de Montréal et le Collectif montréalais de lutte à la pauvreté ainsi que le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), reprochent au gouvernement de ne pas avoir de plan cohérent pour lutter contre la pauvreté des personnes assistées sociales.

« Après avoir coupé des couples prestataires avec enfants en bas âge et haussé le seuil pour obtenir l'allocation en raison de l'âge à 58 ans au printemps, le gouvernement ne choisit d'intervenir qu'auprès des prestataires qui sont dans les conditions les plus extrêmes de pauvreté. Mais même avec la hausse, en 2017, ces personnes n'atteindront qu'une couverture de 52,5 % de leurs besoins de base selon la mesure du panier à la consommation. Pourtant, le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, une instance créée par l'Assemblée nationale, faisait part en 2009 de l'importance d'atteindre 80 % de la couverture des besoins essentiels pour l'ensemble des prestataires », a déclaré Jean Lalande du Welfare Rights Committee de Pointe-Saint-Charles.

« On hausse les revenus d'une partie des prestataires qui ne reçoivent aucune aide au logement, mais sans prévoir d'investissements supplémentaires pour du logement social en dehors des 3000 unités pour l'ensemble de la province. À Montréal, le loyer moyen d'un studio est de 543 $ selon la Société canadienne d'hypothèque et de logement. Au final, la hausse à l'aide sociale ne servira qu'à couvrir l'augmentation des coûts de la vie pour les personnes, surtout si on considère les hausses des tarifs d'Hydro-Québec dans le calcul », a souligné Florence Richer du groupe Projet Genèse.

Le maintien d'un demi-million de personnes, dont de nombreux enfants, dans des conditions indignes d'une société civilisée est une très grave violation des droits humains. Le PMLQ demande au gouvernement du Québec de mettre fin immédiatement à cette situation en haussant les prestations d'aide sociale à un niveau permettant à toutes les personnes assistées sociales de mener une vie digne d'un être humain, c'est-à-dire en exerçant pleinement tous leurs droits.

Un revenu décent pour tous et toutes !

(Tiré de Chantier politique)

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