Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 173 - 28 novembre 2013

Besoin urgent d'arrêter de payer les riches et
de défendre les droits des travailleurs

Le sauvetage de GM montre comment l'État
sert les intérêts privés étroits


Besoin urgent d'arrêter de payer les riches et de défendre les droits des travailleurs
Le sauvetage de GM montre comment l'État sert les intérêts privés étroits

Fermeture annoncée de l'usine Heinz à Leamington
L'Ontario assiégé

Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique
Dégoûtés, les représentants de 132 pays claquent la porte
Le Canada ouvre la voie à des catastrophes climatiques à COP19 (Extrait) - Stephen Leahy, DeSmog Canada


Besoin urgent d'arrêter de payer les riches et de
défendre les droits des travailleurs

Le sauvetage de GM montre comment l'État
sert les intérêts privés étroits

Il est temps de donner une nouvelle direction à l'économie.

Le Trésor des États-Unis a annoncé le 21 novembre que ce qui reste des actions de General Motors appartenant au gouvernement serait vendu avant la fin de cette année. La vente bouclera le sauvetage de GM par le gouvernement des États-Unis, opération qui a commencé en 2009 quand le Trésor américain a mis 50 milliards $ des fonds publics à la disposition de GM et que les gouvernements du Canada et de l'Ontario y ont ajouté un autre 10,6 milliards $. En retour de leur 60 milliards $, les trois gouvernements ont reçu de nouvelles actions de GM. La vente finale de toutes les actions appartenant au Trésor des États-Unis accusera un manque à gagner de 10 milliards $ par rapport au montant versé pour le sauvetage.

Le Canada et l'Ontario détiennent toujours leur part des actions qui représentent 8 % de toutes les actions en cours. À moins que le prix de leurs actions n'augmente considérablement, l'effort de sauvetage des deux gouvernements se soldera par un manque à gagner.

Le sauvetage de GM faisait partie du programme de sauvetage appelé « Troubles Asset Relief Program » (TARP) mis sur pied par le Congrès américain lorsqu'a frappé la crise économique à l'automne de 2008. Le gouvernement canadien et le gouvernement ontarien ont participé au programme TARP pour venir en aide à GM, Chrysler et certaines entreprises financières et d'assurances.


Les travailleurs de l'automobile protestent contre le sauvetage des monopoles de l'automobile au Salon de l'auto international à Détroit le 8 janvier 2012.

Le premier appel public à l'épargne (PAPE) de GM

Le Trésor américain a reçu 912 millions d'actions en échange du sauvetage de 50 milliards $. En novembre 2010, il a lancé un premier appel public à l'épargne (PAPE) à la Bourse de New-York et y a vendu 412 millions d'actions GM à 33 $ pour un total de 13,596 milliards $. Le pire est que le gouvernement Obama a confié la tâche d'organiser le PAPE de GM et d'avoir la priorité sur l'achat des actions à ces entreprises mêmes, dont plusieurs avaient été accusées de pratiques irrégulières menant à la crise de 2008. Il les a grassement récompensées pour ce « service ». Sans grande surprise, il s'agit de Morgan Stanley, J.P. Morgan, Bank of America, Citicorp, Goldman Sachs, Barclays Capital, Credit Suisse et Deutsche Bank.

Le PAPE a remis la compagnie aux intérêts privés à un prix nominal et avec une dette minimale. Le fait particulièrement important à noter est que le nouveau GM ne reconnaissait plus sa responsabilité sociale envers ses obligations contractuelles vis-à-vis les assurances-vie touchant à 340 000 travailleurs retraités et leurs conjointes. Obama avait fait chanter les travailleurs de l'automobile en les obligeant à accepter des concessions sans quoi il n'y aurait pas de sauvetage et la compagnie s'écroulerait. Aussi les travailleurs de l'auto ont dû accepter des salaires et un régime d'avantages sociaux à deux vitesses, réduisant les salaires à 14 $ pour les nouveaux employés et liquidant le régime de retraite à prestations déterminées. Aucune alternative à ce sauvetage et aux concessions des travailleurs n'a été discutée ni proposée à la conscience publique.

À ce moment-là, le président Obama avait dit que la restructuration de GM exigerait des travailleurs des Travailleurs unis de l'automobile (TUA) « encore davantage de compressions à leur compensation et à leur avantages sociaux liés à la santé - de pénibles sacrifices en surcroît de ce qu'ils ont déjà sacrifié ». La conception que les travailleurs doivent accepter des concessions et que les ressources publiques doivent être mises à la disposition des intérêts privés pour assurer à tous un avenir prospère est profondément enracinée dans cette vision centrée sur le capital, et c'est cette vision qui doit être remise en question. La pratique consistant à payer les riches et à exiger des concessions ne résout aucun problème économique. Elle concentre la richesse et le pouvoir en quelques mains et appauvrit une partie de plus en plus grande de la classe ouvrière, créant encore plus d'insécurité. La problématique fondamentale d'une économie qui est socialisée, mais soumise à des intérêts privés se faisant concurrence reste entière.

Suite au PAPE, ce qui reste des 500 millions d'actions de GM au Trésor américain devra atteindre environ 73 $ l'action pour que les 50 milliards $ soient remboursés en entier. Or, même au cours de la présente bulle spéculative qui affecte en particulier le secteur technologique, la nouvelle action de GM n'a jamais atteint que 38 $. Au moment de l'annonce du 21 novembre déclarant la liquidation finale de toutes actions avant la fin de l'année, le Trésor américain tenait toujours 31,1 millions d'actions et avoue que le manque à gagner lié au sauvetage serait d'environ 10 milliards $.


Les travailleurs de l'automobile aux États-Unis protestent contre le régime du gouvernement qui permet à GM de se
dégager de ses obligations envers les retraités pour ce qui est des prestations pour soins de santé pour être
admissible au fonds de sauvetage.

Discussion sur le sauvetage de GM

Timothy Massad, l'assistant secrétaire du Trésor des États-Unis en matière de Stabilité financière, a dit que l'abandon de l'investissement dans GM « est conforme à notre double objectif de clore le TARP aussi tôt que praticable et de protéger les intérêts des consommateurs. »

« Si nous n'étions pas intervenus pour appuyer l'industrie de l'automobile, le coût à payer par le pays aurait été faramineux - en termes d'emplois perdus, de revenus fiscaux perdus, de réduction de la production économique et d'autres conséquences », a dit le vice-secrétaire du Trésor des États-Unis, Tim Bowler.

Les analystes économiques des États-Unis ainsi que les propriétaires d'actions de GM étaient emballés par l'annonce du Trésor américain. Une des restrictions imposées aux actions gouvernementales était que GM ne devait pas verser un dividende.

« D'abord, il y aura sans doute un dividende », selon Michelle Krebs, analyste pour auto researcher Edmunds.com. « Ceci rétablirait de façon importante le cours normal des choses alors que GM deviendrait une société ouverte. GM pourrait ainsi mieux rémunérer ses cadres supérieurs, ce qui est depuis longtemps un objet de litige. »

« Cette nouvelle marge de manoeuvre pourrait permettre à GM de remettre du capital aux actionnaires dès 2014 », écrit Joseph Amaturo, un analyste du groupe de recherche de New-York, Buckingham Research Group, dans une note aux clients. « Un dividende annuel de 80 cents l'action demeure une possibilité, ce qui représenterait un versement de 1,2 milliards $ par année. »

« Ce conseil d'administration est conscient que les actionnaires s'attendent à ce que leur argent fructifie », a dit Dan Akerson, PDG de GM, aux analystes lors d'une conférence en octobre. « Nous savons pourquoi nous sommes ici et, en grande partie, c'est pour retourner de l'argent à nos actionnaires. Et c'est un thème qui se poursuivra au-delà de ce trimestre et pour les années à venir. »

« Si GM n'agit pas rapidement pour verser de l'argent aux actionnaires, que ce soit par dividende ou par rachat d'actions, le fabriquant pourrait être confronté à des investisseurs activistes tentant de forcer l'action », a dit Harry J. Wilson, fondateur de la firme Maeva Group LLC à Westchester, New York. Wilson faisait partie du groupe de travail sur l'automobile d'Obama, groupe de travail qui a contribué à restructurer GM.

« Notre but n'a jamais été de faire un profit, a dit une source anonyme du Trésor américain citée dans les médias. Notre but était de sauver l'industrie de l'automobile. »

Nécessité d'une nouvelle direction pour l'économie

La baisse de la réclamation des travailleurs actuels et retraités de l'automobile, aux États-Unis et au Canada, à la valeur qu'ils produisent et la hausse des ventes de véhicules depuis la crise ont fait en sorte que GM avait un solde en caisse de 32 milliards $ en septembre. Ainsi, servir l'industrie de l'automobile des États-Unis jusqu'au prochain effondrement est mis sur le même pied que servir les intérêts privés étroits du capital financier. Aucun des experts ou des porte-parole gouvernementaux n'a proposé que le surplus de 32 milliards $ de GM serve à renflouer le régime de retraite des travailleurs de l'automobile, qui est présentement sous-financé de 27 milliards $. Ils n'ont pas non plus proposé d'éliminer le système salarial à deux vitesses ni d'augmenter les salaires pour qu'ils atteignent un niveau étasunien et canadien acceptable. Ni n'ont-ils proposé de restaurer les avantages sociaux liés à la santé pour les retraités. Ni, évidemment, que la moindre des choses serait que GM rembourse tout l'argent issu des fonds publics, que ce soit aux États-Unis ou au Canada.

Le refus des directeurs, experts et représentants gouvernementaux d'utiliser le surplus en caisse de GM dans l'intérêt public et de défendre les droits des travailleurs prouve que l'intervention de l'État dans l'économie ne sert pas à résoudre les problèmes d'intérêt public et de trouver une nouvelle direction pour l'économie pour la sortir de ce cycle de crises avec leurs conséquences destructrices. Au contraire, l'intervention dans l'économie est pour servir des intérêts privés étroits, et d'abord et avant tout pour préserver le statu quo capitaliste et le privilège de classe. Ainsi, ils nient le fait que TARP ainsi que les autres mesures pour servir les intérêts privés telles que l'assouplissement quantitatif servant à donner de l'argent aux grandes entreprises financières et à payer une guerre outre-mer après l'autre ont poussé le gouvernement à la faillite et ont aussi siphonné les programmes sociaux et les services publics des fonds d'investissement dont ils ont besoin.

L'annonce à l'effet que le Trésor des États-Unis compte vendre ce qui lui reste de ses actions de GM interpelle la classe ouvrière. Le fait d'exposer le capitalisme monopoliste d'État et l'utilisation du pouvoir politique pour attaquer la classe ouvrière et lui soutirer des concessions à l'avantage des monopoles, pour aussi utiliser les fonds publics dans l'intérêt privé étroit, montre la nécessité d'une alternative prosociale et d'une nouvelle direction pour l'économie et les affaires politiques. La classe ouvrière a la responsabilité de tracer une voie vers l'avant en partir de sa perspective centrée sur l'être humain pour garantir les droits de la classe ouvrière et défendre en pratique l'intérêt public et l'intérêt général de la société.

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Fermeture annoncée de l'usine Heinz à Leamington

L'Ontario assiégé

Il est temps de riposter!


Oeuvre d'un employé de Heinz sur la fermeture (Facebook)

Les monopoles étasuniens ont encore une fois frappé, sans avertissement, plongeant leur glaive dans le coeur de la ville de Leamington en Ontario. Sans crier gare la compagnie Heinz, qui appartient maintenant au milliardaire notoire Warren Buffet et à son Berkshire Hathaway Group en partenariat avec le groupe d'investissement de New-York 3G Capital, a annoncé le 14 novembre que l'usine de traitement des aliments fermera ses portes au mois de juin prochain. Aucune discussion. Aucun arrangement proposé qui serait favorable aux travailleurs ou à la société. Interdiction de toute autre alternative. Seulement une justification éhontée : qu'il est nécessaire de consolider les opérations aux États-Unis pour rendre la compagnie plus compétitive.

L'usine de traitement des aliments Heinz à Leamington existe depuis 1909. Leamington est situé à l'extrémité sud du Canada, tout près de Point Pelee dans le compté d'Essex, et est l'une des régions les plus fertiles de l'Ontario. L'usine emploie 740 travailleurs à temps plein et 350 travailleurs saisonniers qui produisent du ketchup, du jus de tomate, de la moutarde, du vinaigre, des aliments pour bébés, des sauces, des pâtes en boîte, des haricots et des soupes, tous de catégorie A. Heinz Canada est aussi le principal fournisseur de contenants flexibles et individuels de condiments pour la plupart des chaînes de restauration rapide au Canada. La population de Leamington est de 28 000 et l'usine Heinz est le plus important employeur de la ville. La vaste majorité des résidents ont un lien direct avec la compagnie, soit en tant qu'employés, soit en tant que fournisseurs ou agriculteurs.

Heinz Canada a des contrats avec 46 agriculteurs qui cultivent des tomates sur 5 000 acres dans un rayon de 100 km de l'usine de Leamington, ce qui représente la moitié de la récolte de tomates de transformation en l'Ontario, évaluée à 52 millions $. Quarante pour cent des tomates des champs cultivées en Ontario sont expédiées à l'usine Leamington, qui consomme, en moyenne, 225 000 tonnes de tomates par année à 93 $-95 $ la tonne.

Heinz est l'un des plus importants contribuables de Leamington ainsi que l'un des plus grands consommateurs d'eau. Une fermeture aurait comme conséquence une énorme réduction de revenus pour les écoles, pour l'éducation en général et pour plusieurs services publics. Selon le maire John Paterson, Heinz verse entre 1 million $ et 1,5 millions $ en taxes municipales, scolaires et de comté.

Les travailleurs de l'usine ont réagi avec stupeur et incrédulité à la fermeture. Il en va de même pour les agriculteurs de tomates de la région, les fournisseurs, les travailleurs du transport, les chefs politiques municipaux et les résidents. Comment est-ce possible ? Comment Berkshire/3G a-t-il pu prendre une décision aussi dévastatrice sans tenir de longues consultations auprès des principaux intéressés, sans discuter des conséquences d'une telle décision et sans mettre en place un nouvel arrangement approprié ? Des voix indignées se font entendre : C'est inacceptable ! Ce n'est pas juste ! Où est notre gouvernement ? Nous devons venir à la rescousse de notre communauté !

Le président de la section locale 459 du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) représentant les travailleurs de Heinz à Leamington a déclaré : « La fermeture de la compagnie H.J. Heinz à Leamington a laissé les membres et la communauté bouche bée. Cette usine est la deuxième en importance de la compagnie, et nous produisons des centaines de variétés et de formats de produits différents. Nous sommes aussi très déçus du fait que cette décision ait été prise sans aucune consultation avec notre section locale. Aussi, nos questions au sujet de cette fermeture sont-elles restées sans réponse. »

Un enseignant de Leamington appelle les membres de la communauté à contester la fermeture en se rassemblant devant l'usine pour exprimer leur inquiétude face au sort réservé à l'industrie locale et à l'économie et « pour exprimer publiquement notre compassion pour les travailleurs de Heinz ainsi que le mépris de la communauté envers la cupidité des entreprises ».

Les gens pensent avec justesse que le fait que l'usine existe depuis plus de cent ans représente un engagement et une responsabilité, un arrangement avec les travailleurs, les agriculteurs, la communauté et la province, lesquels ne peuvent être tout simplement rompus de façon unilatérale ou changés sans qu'un nouvel arrangement ne soit mis en place qui est acceptable pour les travailleurs et la population. Il s'agit après tout d'un équilibre centenaire fondé sur l'avantage réciproque entre le monopole et les gens de la région. Personne n'a le droit de tourner le dos de façon unilatérale à un tel arrangement si long et chargé d'histoire et de rompre cet équilibre.

Et puisqu'il s'agit aussi d'un soi-disant partenaire commercial ami venant des États-Unis, les agissements de Berkshire/3G sont d'autant plus hostiles et inacceptables. Si les nouveaux propriétaires veulent laisser tomber l'arrangement actuel, ils devront s'engager à discuter comment mettre en place un nouvel arrangement pour remplacer l'ancien. Ils ne peuvent pas simplement partir et briser de façon unilatérale et impunément cet arrangement. Les coupables doivent rendre des comptes.

Ce que Berkshire/3G Group annonce de façon aussi crue c'est que tout ce que nous avons bâti ensemble - toute la prospérité, la stabilité et la sécurité alimentaire dont nous avons bénéficié depuis cent ans - ne rime à rien. Berkshire/3G déclare qu'il part et que pour lui l'usine, les travailleurs, l'équipement et les champs ne sont d'aucune importance. Il déclare du même coup qu'il se fiche de ce qui advient des Canadiens et du Canada. Berkshire/3G dit qu'il rompt de façon unilatérale l'arrangement, et qu'il est de son droit de monopole de le faire, et de son droit de monopole de prendre une décision d'entreprise privée qui ne relève aucunement du public, même si cette décision affecte directement la vie et la sécurité des gens ainsi que l'approvisionnement du pays en aliments.

La dictature des monopoles et des gouvernements soumis du Canada et de l'Ontario est un problème qui doit être confronté et surmonté. Cette question ne peut plus être évitée en déclarant qu'il ne s'agit que d'une autre aberration néolibérale. Le pays est en train d'être démantelé et le peuple doit s'unir pour le défendre ainsi que pour se défendre lui-même. La discussion doit être amorcée sur comment traiter de cette problématique.

Les gens sont déterminés à ne pas permettre que Heinz aille de l'avant avec sa fermeture. Le Berkshire Hathaway/3G Capital Group doit entamer des négociations avec les travailleurs, avec la communauté et avec le gouvernement fédéral et le gouvernement ontarien afin de mettre en place un nouvel arrangement qui est satisfaisant pour le peuple. Moins que ça est inacceptable ! Si Berkshire/3G refuse de discuter et de trouver un arrangement sur la base de l'avantage réciproque, alors Heinz devra être déclaré persona non grata au Canada et doit être saisi d'interdiction de vendre ses produits. Toutes ses propriétés et ses possessions au Canada doivent être saisies afin de remédier au tort causé et de garantir un minimum de sécurité et d'avenir aux personnes affectées. Aux yeux des gouvernements, le Canada et les Canadiens acceptent tout ce qu'on leur impose, et ce, au nom du sacro-saint libre échange. Nous n'avons pas bâti ce pays depuis cent ans pour qu'il soit détruit en un seul jour par des barons pilleurs et inhumains. Le droit public et la justice doivent triompher !


L'usine de transformation alimentaire de plus de 100 ans dans le centre de Leamington.

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Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique

Dégoûtés, les représentants
de 132 pays claquent la porte


Les participants non gouvernementaux à la conférence sur le changement climatique de l'ONU à Varsovie, en
Pologne, se joignent aux représentants qui ont claqué la porte.

Du 11 au 22 novembre, s'est tenue à Varsovie, en Pologne, la 19e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Les contradictions entre les pays riches et les pays pauvres, entre les petits pays et les grands, ainsi que les tentatives des gouvernements des pays dits développés au service des monopoles de dicter les priorités mondiales aux autres pays et la façon de procéder quant au développement et à l'industrialisation sont nettement apparues à cette conférence.

Les débats sont devenus de plus en plus acrimonieux quand les États-Unis, le Canada, l'Union européenne, l'Australie et d'autres pays développés aient insisté pour que la question de l'aide financière pour contrer les événements climatiques extrêmes soit discutée seulement après 2015. La discussion a abouti à des pourparlers sur « les pertes et dommages » en ce qui a trait à la façon dont les pays devraient répondre aux impacts du changement climatique auxquels il est difficile sinon impossible de s'adapter, comme le typhon Haiyan. Cependant, le refus des pays développés de négocier de bonne foi a fait que le Groupe des 77, une coalition de 132 pays, et la Chine ont claqué la porte le 21 novembre, un jour avant la clôture de la conférence. Des représentants du bloc des G77 et de la Chine ont dit qu'ils avaient fait preuve de souplesse afin de parvenir à un résultat acceptable et, jusqu'aux petites heures du matin, il y avait eu des progrès dans les négociations.

Le scientifique Saleemul Huq, dont les travaux sur les pertes et les dommages ont permis de mettre la question des compensations à l'ordre du jour de la conférence, a déclaré : « Les discussions se sont bien déroulées, dans un esprit de coopération, mais à la fin de la session sur les pertes et dommages, l'Australie a mis tout ce qui avait été convenu entre parenthèses, ce qui a eu comme résultat que tout le débat a été une perte de temps. »

L'Australie a été accusée de ne pas prendre les négociations au sérieux. « Les délégués portaient des t-shirts et se sont empiffrés de collations tout au long des négociations. Cela donne une idée de la manière dont ils se sont comportés », a déclaré un porte-parole du Réseau Action Climat.

IBON International, une organisation non-gouvernementale des Philippines, a assisté au déroulement de la conférence et avec près de 800 membres de la société civile mondiale a également claqué la porte. Arborant les messages « les pollueurs de la COP19 parlent, nous débrayons » et « volveremos, nous serons de retour » sur leurs chandails, les représentants des mouvements sociaux, des organisations populaires, des syndicats, les femmes, les jeunes, les groupes autochtones et d'autres organisations non gouvernementales (ONG) sont sortis en masse. Dans la déclaration lue à la conférence de presse précédant leur sortie en masse, les ONG ont expliqué que la société civile se retirait volontairement des négociations sur le climat de Varsovie pour mettre l'accent sur la mobilisation afin de forcer les gouvernements à faire preuve de leadership et prendre des actions rigoureuses pour lutter contre le changement climatique.

« Les pollueurs et les entreprises ont dominé cette conférence avec leurs discours vides, donc nous avons claqué la porte pour protester. Les pollueurs parlent, nous sortons », a déclaré Jagoda Munic, présidente des Amis de la Terre International.

« Alors que les gens du monde entier paient de leur vie et de leur moyen de subsistance, et que le risque d'un emballement climatique incontrôlable du changement climatique devient imminent, nous ne pouvions tout simplement pas rester les bras croisés devant cette inaction flagrante. Les profits des entreprises ne doivent pas passer avant la vie des gens », a déclaré Munic.

« Les peuples et les communautés à travers le monde qui ont déjà mis en oeuvre des systèmes énergétiques locaux ne portant pas atteinte au climat sont les véritables leaders sur le climat. Ensemble, nous devons maintenant exercer des pressions politiques afin que nos gouvernements respectent ces dirigeants au lieu des pollueurs industriels », a-t-elle ajouté.

Tetet Lauron, d'IBON International, écrit : « La Conférence sur le climat de Varsovie a vu des pays développés comme le Canada, le Japon, les États-Unis, l'Australie et l'Union européenne faire marche arrière face à leurs engagements envers les changements climatiques et l'aide financière. Le mécénat entrepreneurial des grands pollueurs, un sommet de haut niveau sur le charbon appuyé par le gouvernement du pays hôte, la Pologne - ce sont des signes non seulement de l'absence d'engagement envers une transition vers un avenir durable, mais aussi de l'influence croissante des entreprises sur la CCNUCC, qui a été dénoncée par la société civile.[ ... ]

« Lors du bilan de la séance plénière de ce soir [le 21 novembre], la Chine a exprimé sa solidarité envers la société civile pour faire pression sur un processus qui est censé « assurer un avenir viable. Elle a déclaré également que Varsovie qui aurait dû être une étape importante n'a rien donné de concret ».

La ministre du Changement climatique des Philippines, Lucille Sering, dans son discours passionné lors de la plénière, a souligné que près de deux décennies après le début des négociations de l'ONU sur le changement climatique, peu de progrès ont été fait dans le développement d'actions à l'échelle mondiale. « Chaque fois que nous participons à cette conférence, je commence à sentir que nous négocions qui doit vivre et qui doit mourir. Serait-ce correct de ma part de conclure que nous avons lamentablement échoué ? », a-t-elle dit.

La conférence s'est terminée avec peu de progrès réalisés. IBON International rapporte que « peu avant la fin des travaux de COP19, on est arrivé à des compromis ouvrant une voie vers un nouvel accord mondial qui est censé résoudre le changement climatique, ces compromis ont été précédé par des échanges serrées entre les négociateurs des pays développés et des pays en voie de développement sur qui doit prendre plus de responsabilité pour réduire les émissions et fournir une aide financière aux pays qui souffrent de l'impact du changement climatique.

« Cette impasse s'est quelque peu dénouée, grâce à une maigre concession exigeant des pays des « contributions fixées selon un plan national », au lieu d'« engagements » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre avant l'accord climatique mondial de 2015.

« L'aide financière et les compensations sont une autre question litigieuse, les pays riches prennent encore des engagements pour aider les pays en développement à faire face aux impacts des événements météorologiques extrêmes, à l'élévation du niveau de la mer, à la désertification, et d'autres. Les États-Unis ont catégoriquement bloqué tout progrès substantiel sur cette question, en particulier sur la façon dont les pays développés vont tenir leur promesse d'augmenter les contributions annuelles à 100 milliards $ d'ici 2020. Ils ont même réussi à ce que le financement privé soit reconnu comme un engagement de l'aide financière. » Dans l'entente provisoire, les pays développés sont encouragés à établir des « niveaux croissants » d'aide, qui seront révisés tous les deux ans, rapporte Xinhua.

Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, Fidji a dit : « En ce moment, il n'y a absolument rien de valable à rapporter ».

(Guardian, IBON International, Xinhua Photos : Amis de la Terre, reclaimpower.net , Push Europe)

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Le Canada ouvre la voie à des catastrophes climatiques à COP19 (Extrait)

Le Canada a ouvert la voie au sabotage des négociations des Nations unies sur les changements climatique à Varsovie, gâchant ainsi presque tous les espoirs de limiter le réchauffement climatique à 2°C, disent les membres de diverses organisations internationales.

Avec plus de 190 pays, le gouvernement Harper avait signé un accord international pour maintenir les émissions de carbone en dessous de 2°C à la Conférence de l'ONU sur les changements climatiques à Cancún en 2011. Et pourtant ici à ces négociations très difficiles sur les changements climatiques pour arriver à un nouveau traité pour protéger le climat, la délégation canadienne considère la cible de 2°C comme « souhaitable » et non pas comme absolument essentielle.

Sur la page web officielle 19e Conférence des Parties - Questions et réponses du gouvernement canadien, la cible de 2°C n'est pas mentionnée.

Le Canada a renié unilatéralement ses engagements internationaux sur les changements climatiques, notamment le Protocole de Kyoto et l'Accord de Copenhague de 2009, a déclaré Bill Hare, directeur de Climate Analytics, un organisme allemand de recherche scientifique sur le climat.

Suivant l'exemple du Canada, le Japon a abandonné son objectif de Copenhague vendredi dernier (15 novembre). L'Australie, sous le gouvernement Abbott, a également abandonné ses politiques climatiques, il lui sera impossible d'atteindre son objectif, déjà insuffisant, de Copenhague, a déclaré Bil Hare au DeSmog ici à Varsovie.

Le gouvernement Harper a félicité le gouvernement Abbott pour cela.

« Les engagements et les promesses de ces pays ne valent pas le papier sur lequel ils sont écrits », dit Bill Hare.

Cela crée une « ambiance viciée » ici. Pourquoi un pays devrait-il faire confiance au Canada, au Japon ou à l'Australie, alors que ces pays n'ont aucun problème à renier leurs engagements antérieurs, dit-il.

« Nous sommes dans une spirale descendante qui nous entraîne sur la voie d'une augmentation de la température de 5°C que la planète n'a pas connu depuis 55 millions d'années », ajoute-t-il.

Si à l'avenir, la température moyenne globale s'élevait de 4°C, cela se traduirait pour le sud du Canada par des journées plus chaudes de 10°C et 12°C de plus que les journées les plus chaudes que nous connaissons. La production alimentaire s'effondrera ainsi que la plupart des pays, dit Alice Bows-Larkin, une spécialiste du climat du Tyndall Climate Centre de Grande-Bretagne.

« Un monde plus chaud de 4°C doit être évité à tout prix », dit Alice Bows-Larkin.

Cet avenir sombre peut être évité, mais pour cela des pays comme le Canada doivent réduire leurs émissions de carbone de 10 pour cent par an à partir de maintenant, dit-elle.

Au lieu de cela, les émissions du Canada ne cessent d'augmenter, principalement à cause des sables bitumineux. Et le gouvernement Harper dit aux Canadiens qu'il prend les changements climatiques au sérieux et qu'il agit. [...]

* Stephen Leahy est le co-récipiendaire 2012 du Prix mondial de la Fondation Prince Albert II de Monaco et de l'Association des correspondants de presse de l'ONU (UNCA) pour le meilleur reportage sur les changements climatiques. De nationalité canadienne, Stephen Leahy correspondant scientifique et de l'environnement à Inter Press Service Agence Nouvelles (IPS) à Rome. Ses articles sont publiés dans le National Geographic, The Guardian, New Scientist, Al Jazeera, Earth Island Journal. Traduction : LML

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