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Numéro 173 - 28
novembre 2013
Besoin urgent d'arrêter de
payer les riches et
de défendre les droits des travailleurs
Le sauvetage de GM montre comment
l'État
sert les intérêts privés étroits
Besoin
urgent d'arrêter de payer les riches et de défendre les
droits des travailleurs
• Le sauvetage de GM montre comment
l'État sert les intérêts privés
étroits
Fermeture
annoncée de l'usine Heinz à Leamington
• L'Ontario assiégé
Convention-cadre des
Nations unies sur le changement climatique
• Dégoûtés, les
représentants de 132 pays claquent la porte
• Le Canada ouvre la voie à des
catastrophes climatiques à COP19 (Extrait) -
Stephen Leahy, DeSmog Canada
Besoin urgent d'arrêter de payer
les riches et de
défendre les droits des travailleurs
Le sauvetage de GM montre comment l'État
sert les intérêts privés étroits
Il
est temps de donner une nouvelle direction à l'économie.
Le Trésor des États-Unis a annoncé
le 21 novembre que ce qui reste des actions de General Motors
appartenant au gouvernement serait vendu avant la fin de cette
année. La vente bouclera le sauvetage de GM par le gouvernement
des États-Unis, opération qui a commencé en
2009 quand le Trésor américain a mis 50
milliards $ des fonds publics à la disposition de GM et que
les gouvernements du Canada et de l'Ontario y ont ajouté un
autre 10,6 milliards $. En retour de leur 60
milliards $, les trois gouvernements ont reçu de nouvelles
actions de GM. La vente finale de toutes les actions appartenant au
Trésor des États-Unis accusera un manque à gagner
de 10 milliards $ par rapport au montant versé pour le
sauvetage.
Le Canada et l'Ontario détiennent toujours leur
part des actions qui représentent 8 % de toutes les actions
en cours. À moins que le prix de leurs actions n'augmente
considérablement, l'effort de sauvetage des deux gouvernements
se soldera par un manque à gagner.
Le sauvetage de GM faisait partie du programme de
sauvetage appelé « Troubles Asset Relief
Program » (TARP) mis sur pied par le Congrès
américain lorsqu'a frappé la crise économique
à l'automne de 2008. Le gouvernement canadien et le gouvernement
ontarien ont participé au programme TARP pour venir en aide
à GM, Chrysler et certaines entreprises financières et
d'assurances.
 
Les travailleurs de
l'automobile protestent contre le sauvetage des monopoles de
l'automobile au Salon de l'auto international à Détroit
le 8 janvier 2012.
Le premier appel public à l'épargne
(PAPE) de GM
Le Trésor américain a reçu
912 millions d'actions en échange du sauvetage de 50
milliards $. En novembre 2010, il a lancé un premier appel
public à l'épargne (PAPE) à la Bourse de New-York
et y a vendu 412 millions d'actions GM à 33 $ pour un
total de 13,596 milliards $. Le pire est que le gouvernement
Obama a confié la tâche d'organiser le PAPE de GM et
d'avoir la priorité sur l'achat des actions à ces
entreprises mêmes, dont plusieurs avaient été
accusées de pratiques irrégulières menant à
la crise de 2008. Il les a grassement récompensées pour
ce « service ». Sans grande surprise, il s'agit
de Morgan Stanley, J.P. Morgan, Bank of America, Citicorp, Goldman
Sachs, Barclays Capital, Credit Suisse et Deutsche Bank.
Le PAPE a remis la compagnie aux intérêts
privés à un prix nominal et avec une dette minimale. Le
fait particulièrement important à noter est que le
nouveau GM ne reconnaissait plus sa responsabilité sociale
envers ses obligations contractuelles vis-à-vis les
assurances-vie touchant à 340 000 travailleurs retraités
et leurs conjointes. Obama avait fait chanter les travailleurs de
l'automobile en les obligeant à accepter des concessions sans
quoi il n'y aurait pas de sauvetage et la compagnie
s'écroulerait. Aussi les travailleurs de l'auto ont dû
accepter des salaires et un régime d'avantages sociaux à
deux vitesses, réduisant les salaires à 14 $ pour
les nouveaux employés et liquidant le régime de retraite
à prestations déterminées. Aucune alternative
à ce sauvetage et aux concessions des travailleurs n'a
été discutée ni proposée à la
conscience publique.
À ce moment-là, le président Obama
avait dit que la restructuration de GM exigerait des travailleurs des
Travailleurs unis de l'automobile (TUA) « encore davantage
de compressions à leur compensation et à leur avantages
sociaux liés à la santé - de pénibles
sacrifices en surcroît de ce qu'ils ont déjà
sacrifié ». La conception que les travailleurs
doivent accepter des concessions et que les ressources publiques
doivent être mises à la disposition des
intérêts privés pour assurer à tous un
avenir prospère est profondément enracinée dans
cette vision centrée sur le capital, et c'est cette vision qui
doit être remise en question. La pratique consistant à
payer les riches et à exiger des concessions ne résout
aucun problème économique. Elle concentre la richesse et
le pouvoir en quelques mains et appauvrit une partie de plus en plus
grande de la classe ouvrière, créant encore plus
d'insécurité. La problématique fondamentale d'une
économie qui est socialisée, mais soumise à des
intérêts privés se faisant concurrence reste
entière.
Suite au PAPE, ce qui reste des 500 millions d'actions
de GM au Trésor américain devra atteindre environ
73 $ l'action pour que les 50 milliards $ soient
remboursés en entier. Or, même au cours de la
présente bulle spéculative qui affecte en particulier le
secteur technologique, la nouvelle action de GM n'a jamais atteint que
38 $. Au moment de l'annonce du 21 novembre déclarant
la liquidation finale de toutes actions avant la fin de l'année,
le Trésor américain tenait toujours 31,1 millions
d'actions et avoue que le manque à gagner lié au
sauvetage serait d'environ 10 milliards $.

Les travailleurs de
l'automobile aux États-Unis protestent contre le régime
du gouvernement qui permet à GM de se
dégager de ses obligations envers les retraités pour ce
qui est des prestations pour soins de santé pour être
admissible au fonds de sauvetage.
Discussion sur le sauvetage de GM
Timothy Massad, l'assistant secrétaire du
Trésor des États-Unis en matière de
Stabilité financière, a dit que l'abandon de
l'investissement dans GM « est conforme à notre
double objectif de clore le TARP aussi tôt que praticable et de
protéger les intérêts des
consommateurs. »
« Si nous n'étions pas intervenus pour
appuyer l'industrie de l'automobile, le coût à payer par
le pays aurait été faramineux - en termes d'emplois
perdus, de revenus fiscaux perdus, de réduction de la production
économique et d'autres conséquences », a dit
le vice-secrétaire du Trésor des États-Unis, Tim
Bowler.
Les analystes économiques des États-Unis
ainsi que les propriétaires d'actions de GM étaient
emballés par l'annonce du Trésor américain. Une
des restrictions imposées aux actions gouvernementales
était que GM ne devait pas verser un dividende.
« D'abord, il y aura sans doute un
dividende », selon Michelle Krebs, analyste pour auto
researcher Edmunds.com. « Ceci rétablirait de
façon importante le cours normal des choses alors que GM
deviendrait une société ouverte. GM pourrait ainsi mieux
rémunérer ses cadres supérieurs, ce qui est depuis
longtemps un objet de litige. »
« Cette nouvelle marge de manoeuvre pourrait
permettre à GM de remettre du capital aux actionnaires
dès 2014 », écrit Joseph Amaturo, un analyste
du groupe de recherche de New-York, Buckingham Research Group, dans une
note aux clients. « Un dividende annuel de 80 cents l'action
demeure une possibilité, ce qui représenterait un
versement de 1,2 milliards $ par année. »
« Ce conseil d'administration est conscient
que les actionnaires s'attendent à ce que leur argent
fructifie », a dit Dan Akerson, PDG de GM, aux analystes
lors d'une conférence en octobre. « Nous savons
pourquoi nous sommes ici et, en grande partie, c'est pour retourner de
l'argent à nos actionnaires. Et c'est un thème qui se
poursuivra au-delà de ce trimestre et pour les années
à venir. »
« Si GM n'agit pas rapidement pour verser de
l'argent aux actionnaires, que ce soit par dividende ou par rachat
d'actions, le fabriquant pourrait être confronté à
des investisseurs activistes tentant de forcer l'action », a
dit Harry J. Wilson, fondateur de la firme Maeva Group LLC à
Westchester, New York. Wilson faisait partie du groupe de travail sur
l'automobile d'Obama, groupe de travail qui a contribué à
restructurer GM.
« Notre but n'a jamais été de
faire un profit, a dit une source anonyme du Trésor
américain citée dans les médias. Notre but
était de sauver l'industrie de l'automobile. »
Nécessité d'une nouvelle direction pour
l'économie
La baisse de la réclamation des travailleurs
actuels et retraités de l'automobile, aux États-Unis et
au Canada, à la valeur qu'ils produisent et la hausse des ventes
de véhicules depuis la crise ont fait en sorte que GM avait un
solde en caisse de 32 milliards $ en septembre. Ainsi, servir
l'industrie de l'automobile des États-Unis jusqu'au prochain
effondrement est mis sur le même pied que servir les
intérêts privés étroits du capital
financier. Aucun des experts ou des porte-parole gouvernementaux n'a
proposé que le surplus de 32 milliards $ de GM serve
à renflouer le régime de retraite des travailleurs de
l'automobile, qui est présentement sous-financé de
27 milliards $. Ils n'ont pas non plus proposé
d'éliminer le système salarial à deux vitesses ni
d'augmenter les salaires pour qu'ils atteignent un niveau
étasunien et canadien acceptable. Ni n'ont-ils proposé de
restaurer les avantages sociaux liés à la santé
pour les retraités. Ni, évidemment, que la moindre des
choses serait que GM rembourse tout l'argent issu des fonds publics,
que ce soit aux États-Unis ou au Canada.
Le refus des directeurs, experts et représentants
gouvernementaux d'utiliser le surplus en caisse de GM dans
l'intérêt public et de défendre les droits des
travailleurs prouve que l'intervention de l'État dans
l'économie ne sert pas à résoudre les
problèmes d'intérêt public et de trouver une
nouvelle direction pour l'économie pour la sortir de ce cycle de
crises avec leurs conséquences destructrices. Au contraire,
l'intervention dans l'économie est pour servir des
intérêts privés étroits, et d'abord et avant
tout pour préserver le statu quo capitaliste et le
privilège de classe. Ainsi, ils nient le fait que TARP ainsi que
les autres mesures pour servir les intérêts privés
telles que l'assouplissement quantitatif servant à donner de
l'argent aux grandes entreprises financières et à payer
une guerre outre-mer après l'autre ont poussé le
gouvernement à la faillite et ont aussi siphonné les
programmes sociaux et les services publics des fonds d'investissement
dont ils ont besoin.
L'annonce à l'effet que le Trésor des
États-Unis compte vendre ce qui lui reste de ses actions de GM
interpelle la classe ouvrière. Le fait d'exposer le capitalisme
monopoliste d'État et l'utilisation du pouvoir politique pour
attaquer la classe ouvrière et lui soutirer des concessions
à l'avantage des monopoles, pour aussi utiliser les fonds
publics dans l'intérêt privé étroit, montre
la nécessité d'une alternative prosociale et d'une
nouvelle direction pour l'économie et les affaires politiques.
La classe ouvrière a la responsabilité de tracer une voie
vers l'avant en partir de sa perspective centrée sur
l'être humain pour garantir les droits de la classe
ouvrière et défendre en pratique l'intérêt
public et l'intérêt général de la
société.

Fermeture annoncée de l'usine
Heinz à Leamington
L'Ontario assiégé
Il
est temps de riposter!

Oeuvre d'un employé de Heinz sur la fermeture (Facebook)
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Les monopoles étasuniens ont encore une fois
frappé, sans avertissement, plongeant leur glaive dans le coeur
de la ville de Leamington en Ontario. Sans crier gare la compagnie
Heinz, qui appartient maintenant au milliardaire notoire Warren Buffet
et à son Berkshire Hathaway Group en partenariat avec le groupe
d'investissement de New-York 3G Capital, a annoncé le
14 novembre que l'usine de traitement des aliments fermera ses
portes au mois de juin prochain. Aucune discussion. Aucun arrangement
proposé qui serait favorable aux travailleurs ou à la
société. Interdiction de toute autre alternative.
Seulement une justification éhontée : qu'il est
nécessaire de consolider les opérations aux
États-Unis pour rendre la compagnie plus compétitive.
L'usine de traitement des aliments Heinz à
Leamington existe depuis 1909. Leamington est situé à
l'extrémité sud du Canada, tout près de Point
Pelee dans le compté d'Essex, et est l'une des régions
les plus fertiles de l'Ontario. L'usine emploie 740 travailleurs
à temps plein et 350 travailleurs saisonniers qui produisent du
ketchup, du jus de tomate, de la moutarde, du vinaigre, des aliments
pour bébés, des sauces, des pâtes en boîte,
des haricots et des soupes, tous de catégorie A. Heinz Canada
est aussi le principal fournisseur de contenants flexibles et
individuels de condiments pour la plupart des chaînes de
restauration rapide au Canada. La population de Leamington est de
28 000 et l'usine Heinz est le plus important employeur de la
ville. La vaste majorité des résidents ont un lien direct
avec la compagnie, soit en tant qu'employés, soit en tant que
fournisseurs ou agriculteurs.
Heinz Canada a des contrats avec 46 agriculteurs
qui cultivent des tomates sur 5 000 acres dans un rayon de 100 km
de l'usine de Leamington, ce qui représente la moitié de
la récolte de tomates de transformation en l'Ontario,
évaluée à 52 millions $. Quarante pour
cent des tomates des champs cultivées en Ontario sont
expédiées à l'usine Leamington, qui consomme, en
moyenne, 225 000 tonnes de tomates par année à
93 $-95 $ la tonne.
Heinz est l'un des plus importants contribuables de
Leamington ainsi que l'un des plus grands consommateurs d'eau. Une
fermeture aurait comme conséquence une énorme
réduction de revenus pour les écoles, pour
l'éducation en général et pour plusieurs services
publics. Selon le maire John Paterson, Heinz verse entre
1 million $ et 1,5 millions $ en taxes municipales,
scolaires et de comté.
Les travailleurs de l'usine ont réagi avec
stupeur et incrédulité à la fermeture. Il en va de
même pour les agriculteurs de tomates de la région, les
fournisseurs, les travailleurs du transport, les chefs politiques
municipaux et les résidents. Comment est-ce possible ?
Comment Berkshire/3G a-t-il pu prendre une décision aussi
dévastatrice sans tenir de longues consultations auprès
des principaux intéressés, sans discuter des
conséquences d'une telle décision et sans mettre en place
un nouvel arrangement approprié ? Des voix indignées
se font entendre : C'est inacceptable ! Ce n'est pas
juste ! Où est notre gouvernement ? Nous devons venir
à la rescousse de notre communauté !
Le président de la section locale 459 du
syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC)
représentant les travailleurs de Heinz à Leamington a
déclaré : « La fermeture de la compagnie
H.J. Heinz à Leamington a laissé les membres et la
communauté bouche bée. Cette usine est la deuxième
en importance de la compagnie, et nous produisons des centaines de
variétés et de formats de produits différents.
Nous sommes aussi très déçus du fait que cette
décision ait été prise sans aucune consultation
avec notre section locale. Aussi, nos questions au sujet de cette
fermeture sont-elles restées sans réponse. »
Un enseignant de Leamington appelle les membres de la
communauté à contester la fermeture en se rassemblant
devant l'usine pour exprimer leur inquiétude face au sort
réservé à l'industrie locale et à
l'économie et « pour exprimer publiquement notre
compassion pour les travailleurs de Heinz ainsi que le mépris de
la communauté envers la cupidité des
entreprises ».
Les gens pensent avec justesse que le fait que l'usine
existe depuis plus de cent ans représente un engagement et une
responsabilité, un arrangement avec les travailleurs, les
agriculteurs, la communauté et la province, lesquels ne peuvent
être tout simplement rompus de façon unilatérale ou
changés sans qu'un nouvel arrangement ne soit mis en place qui
est acceptable pour les travailleurs et la population. Il s'agit
après tout d'un équilibre centenaire fondé sur
l'avantage réciproque entre le monopole et les gens de la
région. Personne n'a le droit de tourner le dos de façon
unilatérale à un tel arrangement si long et chargé
d'histoire et de rompre cet équilibre.
Et puisqu'il s'agit aussi d'un soi-disant partenaire
commercial ami venant des États-Unis, les agissements de
Berkshire/3G sont d'autant plus hostiles et inacceptables. Si les
nouveaux propriétaires veulent laisser tomber l'arrangement
actuel, ils devront s'engager à discuter comment mettre en place
un nouvel arrangement pour remplacer l'ancien. Ils ne peuvent pas
simplement partir et briser de façon unilatérale et
impunément cet arrangement. Les coupables doivent rendre des
comptes.
Ce que Berkshire/3G Group annonce de façon aussi
crue c'est que tout ce que nous avons bâti ensemble - toute la
prospérité, la stabilité et la
sécurité alimentaire dont nous avons
bénéficié depuis cent ans - ne rime à rien.
Berkshire/3G déclare qu'il part et que pour lui l'usine, les
travailleurs, l'équipement et les champs ne sont d'aucune
importance. Il déclare du même coup qu'il se fiche de ce
qui advient des Canadiens et du Canada. Berkshire/3G dit qu'il rompt de
façon unilatérale l'arrangement, et qu'il est de son
droit de monopole de le faire, et de son droit de monopole de prendre
une décision d'entreprise privée qui ne relève
aucunement du public, même si cette décision affecte
directement la vie et la sécurité des gens ainsi que
l'approvisionnement du pays en aliments.
La dictature des monopoles et des gouvernements soumis
du Canada et de l'Ontario est un problème qui doit être
confronté et surmonté. Cette question ne peut plus
être évitée en déclarant qu'il ne s'agit que
d'une autre aberration néolibérale. Le pays est en train
d'être démantelé et le peuple doit s'unir pour le
défendre ainsi que pour se défendre lui-même. La
discussion doit être amorcée sur comment traiter de cette
problématique.
Les gens sont déterminés à ne pas
permettre que Heinz aille de l'avant avec sa fermeture. Le Berkshire
Hathaway/3G Capital Group doit entamer des négociations avec les
travailleurs, avec la communauté et avec le gouvernement
fédéral et le gouvernement ontarien afin de mettre en
place un nouvel arrangement qui est satisfaisant pour le peuple. Moins
que ça est inacceptable ! Si Berkshire/3G refuse de
discuter et de trouver un arrangement sur la base de l'avantage
réciproque, alors Heinz devra être déclaré persona
non grata au Canada et doit être saisi d'interdiction de
vendre ses produits. Toutes ses propriétés et ses
possessions au Canada doivent être saisies afin de
remédier au tort causé et de garantir un minimum de
sécurité et d'avenir aux personnes affectées. Aux
yeux des gouvernements, le Canada et les Canadiens acceptent tout ce
qu'on leur impose, et ce, au nom du sacro-saint libre échange.
Nous n'avons pas bâti ce pays depuis cent ans pour qu'il soit
détruit en un seul jour par des barons pilleurs et inhumains. Le
droit public et la justice doivent triompher !
L'usine de transformation
alimentaire de plus de 100 ans dans le centre de Leamington.

Convention-cadre des Nations unies sur le
changement climatique
Dégoûtés, les représentants
de 132 pays claquent la porte
Les participants non
gouvernementaux à la conférence sur le changement
climatique de l'ONU à Varsovie, en
Pologne, se joignent aux représentants qui ont claqué la
porte.
Du 11 au 22 novembre, s'est tenue à
Varsovie, en Pologne, la 19e Conférence des Parties à la
Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Les
contradictions entre les pays riches et les pays pauvres, entre les
petits pays et les grands, ainsi que les tentatives des gouvernements
des pays dits développés au service des monopoles de
dicter les priorités mondiales aux autres pays et la
façon de procéder quant au développement et
à l'industrialisation sont nettement apparues à cette
conférence.
Les débats sont devenus de plus en plus
acrimonieux quand les États-Unis, le Canada, l'Union
européenne, l'Australie et d'autres pays
développés aient insisté pour que la question de
l'aide financière pour contrer les événements
climatiques extrêmes soit discutée seulement après
2015. La discussion a abouti à des pourparlers sur
« les pertes et dommages » en ce qui a trait
à la façon dont les pays devraient répondre aux
impacts du changement climatique auxquels il est difficile sinon
impossible de s'adapter, comme le typhon Haiyan. Cependant, le refus
des pays développés de négocier de bonne foi a
fait que le Groupe des 77, une coalition de 132 pays, et la Chine
ont claqué la porte le 21 novembre, un jour avant la
clôture de la conférence. Des représentants du bloc
des G77 et de la Chine ont dit qu'ils avaient fait preuve de
souplesse afin de parvenir à un résultat acceptable et,
jusqu'aux petites heures du matin, il y avait eu des progrès
dans les négociations.
Le scientifique Saleemul Huq, dont les travaux sur les
pertes et les dommages ont permis de mettre la question des
compensations à l'ordre du jour de la conférence, a
déclaré : « Les discussions se sont bien
déroulées, dans un esprit de coopération, mais
à la fin de la session sur les pertes et dommages, l'Australie a
mis tout ce qui avait été convenu entre
parenthèses, ce qui a eu comme résultat que tout le
débat a été une perte de temps. »
L'Australie a été accusée de ne pas
prendre les négociations au sérieux. « Les
délégués portaient des t-shirts et se sont
empiffrés de collations tout au long des négociations.
Cela donne une idée de la manière dont ils se sont
comportés », a déclaré un porte-parole
du Réseau Action Climat.
IBON International, une organisation non-gouvernementale
des Philippines, a assisté au déroulement de la
conférence et avec près de 800 membres de la
société civile mondiale a également claqué
la porte. Arborant les messages « les pollueurs de la
COP19 parlent, nous débrayons » et
« volveremos, nous serons de retour » sur leurs
chandails, les représentants des mouvements sociaux, des
organisations populaires, des syndicats, les femmes, les jeunes, les
groupes autochtones et d'autres organisations non gouvernementales
(ONG) sont sortis en masse. Dans la déclaration lue à la
conférence de presse précédant leur sortie en
masse, les ONG ont expliqué que la société civile
se retirait volontairement des négociations sur le climat de
Varsovie pour mettre l'accent sur la mobilisation afin de forcer les
gouvernements à faire preuve de leadership et prendre des
actions rigoureuses pour lutter contre le changement climatique.
« Les pollueurs et les entreprises ont
dominé cette conférence avec leurs discours vides, donc
nous avons claqué la porte pour protester. Les pollueurs
parlent, nous sortons », a déclaré Jagoda
Munic, présidente des Amis de la Terre International.
« Alors que les gens du monde entier paient
de leur vie et de leur moyen de subsistance, et que le risque d'un
emballement climatique incontrôlable du changement climatique
devient imminent, nous ne pouvions tout simplement pas rester les bras
croisés devant cette inaction flagrante. Les profits des
entreprises ne doivent pas passer avant la vie des gens », a
déclaré Munic.
« Les peuples et les communautés
à travers le monde qui ont déjà mis en oeuvre des
systèmes énergétiques locaux ne portant pas
atteinte au climat sont les véritables leaders sur le climat.
Ensemble, nous devons maintenant exercer des pressions politiques afin
que nos gouvernements respectent ces dirigeants au lieu des pollueurs
industriels », a-t-elle ajouté.
Tetet Lauron, d'IBON International, écrit :
« La Conférence sur le climat de Varsovie a vu des
pays développés comme le Canada, le Japon, les
États-Unis, l'Australie et l'Union européenne faire
marche arrière face à leurs engagements envers les
changements climatiques et l'aide financière. Le
mécénat entrepreneurial des grands pollueurs, un sommet
de haut niveau sur le charbon appuyé par le gouvernement du pays
hôte, la Pologne - ce sont des signes non seulement de l'absence
d'engagement envers une transition vers un avenir durable, mais aussi
de l'influence croissante des entreprises sur la CCNUCC, qui a
été dénoncée par la société
civile.[ ... ]
« Lors du bilan de la séance
plénière de ce soir [le 21 novembre], la Chine a
exprimé sa solidarité envers la société
civile pour faire pression sur un processus qui est censé
« assurer un avenir viable. Elle a déclaré
également que Varsovie qui aurait dû être une
étape importante n'a rien donné de concret ».
La ministre du Changement climatique des Philippines,
Lucille Sering, dans son discours passionné lors de la
plénière, a souligné que près de deux
décennies après le début des négociations
de l'ONU sur le changement climatique, peu de progrès ont
été fait dans le développement d'actions à
l'échelle mondiale. « Chaque fois que nous
participons à cette conférence, je commence à
sentir que nous négocions qui doit vivre et qui doit mourir.
Serait-ce correct de ma part de conclure que nous avons lamentablement
échoué ? », a-t-elle dit.
La conférence s'est terminée avec peu de
progrès réalisés. IBON International rapporte que
« peu avant la fin des travaux de COP19, on est
arrivé à des compromis ouvrant une voie vers un nouvel
accord mondial qui est censé résoudre le changement
climatique, ces compromis ont été
précédé par des échanges serrées
entre les négociateurs des pays développés et des
pays en voie de développement sur qui doit prendre plus de
responsabilité pour réduire les émissions et
fournir une aide financière aux pays qui souffrent de l'impact
du changement climatique.
« Cette impasse s'est quelque peu
dénouée, grâce à une maigre concession
exigeant des pays des « contributions fixées selon un
plan national », au lieu
d'« engagements » pour réduire les
émissions de gaz à effet de serre avant l'accord
climatique mondial de 2015.
« L'aide financière et les
compensations sont une autre question litigieuse, les pays riches
prennent encore des engagements pour aider les pays en
développement à faire face aux impacts des
événements météorologiques extrêmes,
à l'élévation du niveau de la mer, à la
désertification, et d'autres. Les États-Unis ont
catégoriquement bloqué tout progrès substantiel
sur cette question, en particulier sur la façon dont les pays
développés vont tenir leur promesse d'augmenter les
contributions annuelles à 100 milliards $ d'ici 2020. Ils
ont même réussi à ce que le financement
privé soit reconnu comme un engagement de l'aide
financière. » Dans l'entente provisoire, les pays
développés sont encouragés à établir
des « niveaux croissants » d'aide, qui seront
révisés tous les deux ans, rapporte Xinhua.
Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, Fidji a
dit : « En ce moment, il n'y a absolument rien de
valable à rapporter ».

Le Canada ouvre la voie à des catastrophes
climatiques à COP19 (Extrait)
- Stephen Leahy*, DeSmog Canada, 20
novembre 2013 -
Le Canada a ouvert la voie au sabotage des
négociations des Nations unies sur les changements climatique
à Varsovie, gâchant ainsi presque tous les espoirs de
limiter le réchauffement climatique à 2°C, disent les
membres de diverses organisations internationales.
Avec plus de 190 pays, le gouvernement Harper avait
signé un accord international pour maintenir les
émissions de carbone en dessous de 2°C à la
Conférence de l'ONU sur les changements climatiques à
Cancún en 2011. Et pourtant ici à ces négociations
très difficiles sur les changements climatiques pour arriver
à un nouveau traité pour protéger le climat, la
délégation canadienne considère la cible de
2°C comme « souhaitable » et non pas comme
absolument essentielle.
Sur la page web officielle 19e Conférence des
Parties - Questions et réponses du gouvernement canadien, la
cible de 2°C n'est pas mentionnée.
Le Canada a renié unilatéralement ses
engagements internationaux sur les changements climatiques, notamment
le Protocole de Kyoto et l'Accord de Copenhague de 2009, a
déclaré Bill Hare, directeur de Climate Analytics, un
organisme allemand de recherche scientifique sur le climat.
Suivant l'exemple du Canada, le Japon a abandonné
son objectif de Copenhague vendredi dernier (15 novembre).
L'Australie, sous le gouvernement Abbott, a également
abandonné ses politiques climatiques, il lui sera impossible
d'atteindre son objectif, déjà insuffisant, de
Copenhague, a déclaré Bil Hare au DeSmog ici à
Varsovie.
Le gouvernement Harper a félicité le
gouvernement Abbott pour cela.
« Les engagements et les promesses de ces
pays ne valent pas le papier sur lequel ils sont
écrits », dit Bill Hare.
Cela crée une « ambiance
viciée » ici. Pourquoi un pays devrait-il faire
confiance au Canada, au Japon ou à l'Australie, alors que ces
pays n'ont aucun problème à renier leurs engagements
antérieurs, dit-il.
« Nous sommes dans une spirale descendante
qui nous entraîne sur la voie d'une augmentation de la
température de 5°C que la planète n'a pas connu
depuis 55 millions d'années », ajoute-t-il.
Si à l'avenir, la température moyenne
globale s'élevait de 4°C, cela se traduirait pour le sud du
Canada par des journées plus chaudes de 10°C et 12°C de
plus que les journées les plus chaudes que nous connaissons. La
production alimentaire s'effondrera ainsi que la plupart des pays, dit
Alice Bows-Larkin, une spécialiste du climat du Tyndall Climate
Centre de Grande-Bretagne.
« Un monde plus chaud de 4°C doit
être évité à tout prix », dit
Alice Bows-Larkin.
Cet avenir sombre peut être évité,
mais pour cela des pays comme le Canada doivent réduire leurs
émissions de carbone de 10 pour cent par an à partir de
maintenant, dit-elle.
Au lieu de cela, les émissions du Canada ne
cessent d'augmenter, principalement à cause des sables
bitumineux. Et le gouvernement Harper dit aux Canadiens qu'il prend les
changements climatiques au sérieux et qu'il agit. [...]

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