Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 171 - 25 novembre 2013

Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre

Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre
L'importance de la stratégie militaire du pivot asiatique pour le Canada atlantique

Le Forum d'Halifax sur la sécurité internationale
La mise sur pied d'un réseau de subversion, d'annexion et de guerre - Tony Seed

À titre d'information
Les relations de défense du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique - forces.gc.ca


Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre

Le 22 novembre, une nouvelle entente militaire représentant un grand danger a été annoncée par les États-Unis et le Canada.

Le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, et le secrétaire de la Défense des États-Unis, Chuck Hagel, se sont rencontrés en marge du Forum d'Halifax sur la sécurité internationale pour discuter de la « relation de défense entre le Canada et les États-Unis » et ont signé un nouveau cadre de collaboration sur la politique de défense dans l'Asie-Pacifique. L'entente consolide la « relation » et intègre davantage et de façon officielle le Canada à la stratégie du pivot asiatique, qu'on nomme aussi « rééquilibre », qui vise non seulement la Chine et la Corée mais aussi tous les peuples de la région.

Selon le communiqué du ministère de la Défense nationale, l'entente « améliorera la collaboration en matière de défense entre les deux pays et renforcera l'engagement du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique, consolidant ainsi la compétence et les capacités des partenaires en Asie par la coordination d'activités d'entraînement et d’exercices militaires et en appuyant les forums régionaux visant à consolider le dialogue et la coopération ».

Le ministère a par la même occasion publié « Les relations de défense du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique » à titre de documentation (voir ci-dessous). Il s'agit d'une entente secrète dont les Canadiens ne connaissent à peu près rien sinon qu'elle a été conclue. Les forces armées canadiennes ont abandonné depuis longtemps toute prise de position indépendante. Non seulement sont-elles sous le commandement de l'OTAN et de NORAD, mais depuis le 11 septembre 2001 même le ministère de la Défense est soumis au commandement étasunien. Tony Seed, qui étudie la politique militaire du Canada depuis ses débuts, écrit : « Pourquoi le contenu est-il laissé de la sorte dans l'obscurité ? Un gouvernement honnête et démocratique ayant une politique étrangère éclairée en matière de politique étrangère n'opère pas par diplomatie secrète, caractérisée par les intrigues, les codes, les mensonges et la désinformation, tous ces éléments qui font des ravages partout dans le monde. C'est un fait bien connu que peu importe où les Forces canadiennes interviennent, elles sont sous le commandement des États-Unis. La « relation » en question est encadrée par plus de 200 ententes militaires — dont l'OTAN et NORAD — qui lient les forces militaires canadiennes au Pentagone de façon intégrale. La plupart d'entre elles sont secrètes. C'est en vertu de telles machinations que des armes de destruction massive telles des bombes nucléaires étasuniennes ont été placées en sol canadien et que des armes biologiques et chimiques ont été mises à l'essai à Gagetown, au Nouveau-Brunswick, et à Suffield, en Alberta — au détriment du peuple canadien.

« Et lorsque les communiqués de presse procèdent par langage codé, par exemple, 'améliorer la collaboration et renforcer l'engagement du Canada et des États-Unis dans la région de l'Asie-Pacifique', et 'consolider la capacité' et 'coordonner les activités d'entraînement et d'exercices militaires', il est clair que le but premier de l'entente est d'intensifier les préparatifs de guerre dans cette vaste région et de supprimer les luttes des peuples. C'est une question qui doit interpeller non seulement les peuples canadien et étasunien, mais pour toutes personnes éprises de paix partout dans le monde. »

Le communiqué prétend qu' « un aspect de l'engagement continu du Canada et des États-Unis dans la région de l'Asie-Pacifique est la contribution d'importantes ressources aux efforts humanitaires et de secours déployés aux Philippines suite au passage du typhon Haiyan ». Ce qu'il y a en fait dans cette région est un grand déploiement de navires de guerre et de marines aux Philippines, déploiement dénoncé par des manifestations de masse dans ce pays, alors que les Philippins revendiquent une aide alimentaire et de l'eau et non des troupes militaires. Cette militarisation de l'aide met en lumière les dangers et les intrigues qui sous-tendent les nobles prétentions d'« intervention humanitaire ». Avec le Cadre de collaboration sur la politique de défense dans l'Asie-Pacifique, les plans d'Obama et de Harper qui se trament depuis quelque temps deviennent tout à fait clairs. Dans les Philippines, en Australie et ailleurs dans cette partie du monde, il y avait déjà eu une augmentation du nombre de navires de guerre, d'avions et de personnel depuis l'annonce par Obama de son « pivot asiatique » en vertu de sa politique étrangère, économique et de sécurité, annonce faite en Australie en novembre 2011. Aussi Obama cherche-t-il à remplacer les troupes étasuniennes et canadiennes en Afghanistan par des troupes provenant de pays européens membres de l'OTAN. Parallèlement, le ministère de la Défense a commencé à chercher une nouvelle base militaire (« hub ») en Asie du Sud-Est, par exemple en Malaisie, qui serait établie en coordination avec une base en Corée du sud telle que l'avait annoncé les Forces canadiennes.

LML appelle tous les Canadiens à s'opposer au Cadre de collaboration sur la politique de défense en Asie-Pacifique. Il faut aussi dénoncer les intrigues qui se trament entre les ministres de la guerre des États-Unis, du Canada et du bloc de l'OTAN dans le cadre du Forum d'Halifax sur la sécurité internationale.

Tout en oeuvre pour établir un gouvernement antiguerre !

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L'importance de la stratégie militaire du pivot
asiatique pour le Canada atlantique

Divers analystes ont souligné les différents facteurs économiques qui sous-tendent l'offensive des États-Unis en Asie, offensive dont le Canada est partie intégrante depuis que la Chine est maintenant devenue le principale partenaire commercial de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN). Les grandes banques ainsi que les monopoles du pétrole et des mines au Canada y vont aussi de leurs propres intérêts étroits, cherchant à exproprier les ressources des travailleurs et de pays entiers à l'étranger.

Ce n'est pas un hasard si l'important port naval militaire de Halifax a été choisi pour annoncer la nouvelle entente militaire secrète, le Cadre de coopération sur la politique de défense de l'Asie-Pacifique, tout comme il avait été choisi par les États-Unis en 2009 pour la tenue de la Conférence de guerre de Halifax.

Lorsqu'on prend les océans dans leur ensemble, le pivot asiatique ne se limite pas à la région océanique du Pacifique. Il s'agit plutôt d'une stratégie impliquant deux océans, dont l'océan Indien. La Marine étasunienne est de fait une marine de deux océans de façon officielle depuis 1940, quand le Congrès américain a adopté la Loi sur la marine dans deux océans qui met en place une marine dans l'Atlantique et une autre dans le Pacifique. Aujourd'hui, le deuxième océan est l'océan Indien. Il serait plus juste de dire qu'aujourd'hui les forces navales de l'empire étasunien pivotent entre l'océan Atlantique et l'océan Indien.

L'empire Irving, une société commanditaire officielle de la conférence États-Unis/OTAN, ainsi que d'autres monopoles et intérêts, préconisent une nouvelle route maritime commerciale portant le nom de Atlantic Gateway ou Atlantica. Le but en est de mettre la main sur la part croissante du commerce asiatique avec les États de la Nouvelle-Angleterre, le point névralgique des États-Unis. Cette route géostratégique lie Mumbai et les ports du bassin de l'océan Indien, le canal de Suez, le port de Halifax, en passant par Moncton et le Maine jusqu'au coeur de l'impérialisme étasunien. À cette fin, l'administration portuaire de Halifax a ouvert un bureau de promotion à Mumbai, en Inde. La stratégie du pivot asiatique est avantageuse pour eux puisqu'elle augmente leurs chances d'avoir une plus grande part du gâteau dans le mouvement des produits et des ressources pillés dans cette région. Parallèlement, des arrangements secrets ont été ourdis avec les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre dans un effort pour intégrer les provinces canadiennes de l'Atlantique aux provinces de la Nouvelle-Angleterre.

Ce n'est pas non plus un hasard si du 26 octobre au 5 novembre, les Forces armées canadiennes ont participé à un exercice militaire conjoint avec les États-Unis du nom de Exercise Frontier Sentinel 2013. L'exercice s'est concentré sur les ports situés dans les provinces maritimes, en particulier Halifax, Pictou, Port Hawkesbury, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Edouard, ainsi que sur la côte est des États-Unis. L'exercice de haut niveau — qui s'est fait relativement discret — était un autre 'petit pas' impliquant les trois composantes des Forces armées canadiennes : la Marine royale canadienne, l'Armée canadienne et les Forces de l'air royales du Canada. L'exercice a été mené bien sûr avec les forces navales des États-Unis, la Marine des États-Unis, les gardes côtières des États-Unis, mais aussi avec plusieurs autres agences gouvernementales comme le Homeland Security. Frontier Sentinel a été déployé sous le commandement du North American Aerospace Defense Command et du US Northern Command.

Les exercices visent à « améliorer la sécurité mutuelle » de ces ports. Les références à l'infiltration étrangère servent à camoufler l'aspect séditieux des agissements du gouvernement Harper, c'est-à-dire l'installation de troupes étrangères en territoire canadien. L'objectif global est la domination militaire.

Carte des routes maritimes du Atlantic Gateway

Des cartes des voies maritimes que reluque l'Atlantic Gateway révèlent l'ampleur des ambitions mondiales de l'empire Irving et de l'élite politique et économique.






(Cliquez pour l'image pleine grandeur)

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Le Forum d'Halifax sur la sécurité internationale

La mise sur pied d'un réseau de subversion, d'annexion et de guerre

Il existe un objectif fixé par les organisateurs étasuniens du Forum d'Halifax sur la sécurité internationale (HISF) dont on entend peu ou pas parler. Il s'agit de la mobilisation directe des monopoles au Canada et de leur intégration aux efforts de guerre et de domination de l'empire étasunien, c'est-à-dire leur intégration à la politique étrangère et à la mise en place des facettes militaires et de sécurité de l'État en tant que partie intégrante de l'annexion du Canada. L'un des instruments de ces efforts est la création du « Halifax Canada Club » en tant que cinquième colonne au Canada.

Selon un communiqué du HISF en provenance de Washington, le « Halifax Canada Club » est « un nouveau partenariat public-privé » entre le HISF, le gouvernement Harper et MEG Energy de Calgary, dont la raison d'être est de « veiller à ce que les dirigeants mondiaux poursuivent leurs efforts de compréhension mutuelle et d'actions conjointes au Forum de Halifax sur la sécurité internationale. »

Présentement, les monopoles les plus riches de la production de guerre, du commerce d'armes et de la sécurité sont déjà des « partenaires » ou des participants au HISF. Parmi eux on trouve General Dynamics, Lockheed Martin, Hill and Knowlton et Irving Shipyards. Néanmoins, le HISF n'a pas réussi à attirer les cadres supérieurs ni à pénétrer leurs rangs comme avaient réussi à le faire les associations militaires formées au lendemain de la Première et de la Deuxième Guerres mondiales.

L'agence compte recruter les cadres supérieurs partout au Canada dans une nouvelle forme organisationnelle. Selon le communiqué : « Le Halifax Canada Club invitera d'autres éminents Canadiens et compagnies internationales et individus à devenir membres, tous ceux qui sont des dirigeants respectés dans leurs domaines et voués à la paix et à la sécurité internationales. » (Souligné par l'auteur). Ce qu'ils trament n'est pas expliqué. Par contre, on peut lire : « Cette nouvelle instance offre au secteur privé l'occasion de participer aux côtés des gouvernements aux uniques et importantes discussions qui ont lieu au Forum, et de contribuer au débat sur des sujets internationaux de la plus haute importance dont la sécurité énergétique, l'édification d'institutions démocratiques et les relations de défense. »

Toujours selon le communiqué :« le HISF rassemble des dirigeants provenant du Canada, des États-Unis, de l'Amérique du Sud, de l'Europe, du Moyen-Orient et de l'Asie pour qui le Forum de Halifax sur la sécurité internationale est l'endroit des actions concrètes ». (Souligné par l'auteur)

Sur invitation seulement

Toujours selon le communiqué : « Chaque novembre depuis 2009, les dirigeants des démocraties mondiales se réunissent à Halifax, en Nouvelle-Écosse, pour un weekend sur invitation seulement afin de partager des idées sur la consolidation de la sécurité tout en fournissant des possibilités aux citoyens de leurs pays. » (Souligné par l'auteur)

Ainsi, la participation exclusive à d' « uniques et importantes discussions » et au « débat sur des sujets internationaux de haute importance dont la sécurité énergétique, l'établissement d'institutions démocratiques et les relations de défense » sera faite sur la base d'un weekend sur invitation seulement et s'adressant exclusivement à d'imminents Canadiens, compagnies internationales et individus.

Bien que d'importantes discussions aient lieu sur l'avenir du pays et d'autres pays, aucun représentant des Premières Nations ou des organisations des travailleurs ne sont invités pour y parler des préoccupations du peuple. En soi, cela révèle le manque total de légitimité dans la direction prise par le gouvernement Harper et par le gouvernement Obama.

MEG Energy

MEG est un monopole du pétrole appartenant à 89,1 % à des intérêts étrangers, principalement étasuniens. Il compte faire un énorme coup d'argent du pillage des sables bitumineux de l'Alberta (les sables bitumineux de Christina Lake, à 60 km au nord de Fort McMurray), y compris l'oléoduc du Northern Gateway qui doit exporter le pétrole vers la Chine (qui détient 15 % des actions de MEG) ainsi que l'oléoduc Keystone XL qui doit expédier du bitume brut vers le sud, vers l'empire étasunien. Les deux oléoducs sont fortement contestés. La production de MEG pour 2012 est estimée à « un peu plus de 28 000 barils par jour, qui sera multipliée par 10 dès 2020. Il a fait l'acquisition de terres contenant 2 milliards de barils de réserve, donc il possède un montant respectable de pétrole ».

Créé il y a à peine onze ans, MEG est lié de près au Parti conservateur, lui-même un grand défenseur des intérêts des monopoles de pétrole et de gaz. Peter Lougheed, qui est décédé l'an dernier, et qui a été premier ministre de l'Alberta de 1971 à 1985, co-président du lobby favorable au libre échange lorsque l'Accord du libre échange a été conclu en 1988, était membre du CA de MEG. La présence soudaine de ce dernier au HISF de 2012 coïncide avec la présence de la première ministre de l'Alberta, Alison Redford, oratrice au HISF. Elle était dans les provinces maritimes pour négocier un oléoduc transcanadien avec le monopole Irving Oil et le Nouveau-Brunswick.

Un actionnaire important de MEG (24 %) est Warbug Pincus LLP, une compagnie d'investissement des États-Unis qui gère plus de 30 milliards $ en actifs de capital investissement dans le monde. Depuis deux ans, Warbug Pincus de New York a investi dans cinq autres compagnies énergétiques canadiennes : Black Swan Energy, Canbriam Energy, Endurance Energy, Osum Oil Sands et Velvet Energy.

L'entreprise de l'État chinois, le China National Offshore Oil Corporation (CNOOC), en est actionnaire à 14,8 %, suite à une acquisition en avril 2005. (L'oléoduc du Northern Gateway d'Enbridge compte lier la production des sables bitumineux du nord de l'Alberta et propriétés de la Chine aux raffineries en Chine par le bais de l'oléoduc et des pétroliers passant par Kitimat en Colombie-Britannique.[1]

L'initiative de former un tel « club » est donc conforme aux stratégies traditionnelles élaborées par le Conseil des relations étrangères, le commanditaire étasunien du HISF, stratégies consistant à « former une opinion régionale d'élites » et des réseaux en tant que parties composantes de l'annexion du pays par les États-Unis. Elle rejoint aussi les stratégies du Princeton Project sur la sécurité nationale (2004-2006).[2]

Le fait que MEG est partie prenante de la désinformation du HISF fait en sorte que la Conférence de guerre de Halifax comprend désormais, hormis les secteurs des armements, militaires et de sécurité et les maîtres à penser d'une politique étrangère, le cartel du pétrole. La raison principale en est qu'il leur faut renforcer leur front contre la résistance aux monopoles de l'énergie et leur exploitation illimitée des sables bitumineux et d'autres ressources pétrolières, dont l'Alberta représente le centre d'opposition. Il leur faut aussi garantir que la production et l'exportation canadiennes du pétrole soient conformes aux projets des États-Unis et de l'OTAN.

Si on tient compte de Fortress America ou de Fortress North America, l'accord du périmètre de sécurité, une composante de l'accord SPP (Accord de partenariat de sécurité et de prospérité de l'Amérique du Nord), leur programme prévoit une union des monopoles nord-américains selon laquelle toutes les ressources et la classe ouvrière même du Canada et du Mexique sont annexées par les États-Unis, afin de compétitionner de façon plus efficace avec l'Europe pour la domination de l'Asie.

L'agent Hall, le nouvel agent d'Obama pour la
« promotion de la démocratie »

Le recrutement pour le Halifax Canada Club est sur invitation seulement et sera organisé directement à partir de Washington par Joseph Hall, vice-président du HISF. Il n'est pas dit si cette position comprend le contrôle exécutif du Halifax Canada Club.

Joseph Hall est un agent de la vieille garde possédant des années d'expérience en subversion pour le compte des États-Unis. Depuis 17 ans, Hall a été le conseiller principal de l'Institut démocratique national (IDN) et directeur principal de l'IDN au Liban, une organisation faisant la « promotion de la démocratie » et de changements de régimes, grassement financée par l'USAID et par le National Endowment for Democracy (NED). Selon son curriculum, il se paie le luxe d'une maison dans les montagnes du Liban et d'une autre à Washington. Selon le site web du HISF, « M. Hall a ouvert son premier bureau de l'IDN au Caire en 2005 et il a eu le privilège d'être au Caire en janvier et en février de 2011. » (Souligné par l'auteur)

Hall était en fait directeur de l'IDN en janvier et en février 2011. En avril 2011, l'IDN rapporte qu'elle avait reçu « une subvention de 14 millions $ pour deux ans pour assister les efforts de réforme démocratique en Égypte ».[3] Les fonds provenaient du département d'État des États-Unis et d'USAID. Suite à des raids en décembre 2011 contre 17 ONG étrangères et égyptiennes pour ingérence dans ses affaires internes, Cairo a placé les représentants du NED, y compris le fils du secrétaire du Transport des États-Unis, sur une liste d'interdiction de vol et a annoncé qu'il porterait des accusations contre certains individus, y compris 19 Américains ainsi que le directeur de l'IDN en Égypte, pour activités illégales, ce que les États-Unis ont qualifié de catastrophique. Les citoyens étasuniens accusés étaient rémunérés par trois organisations : le International Republican Institue (IRI), le National Democratic Institute (NDI) et Freedom House. Entretemps, Hall s'est enfui.

Le recrutement organisé de cadres supérieurs et de personnalités canadiennes triés sur le volet est une activité qui n'a rien à voir avec une fonction normalement accordée au secrétaire d'une conférence politique annuelle. Aussi cette façon de faire passe outre les agences déjà bien établies de l'establishment canadien dont l'Institut canadien des Affaires internationales, le Conseil atlantique du Canada et l'Association des Nations unies.

Ce qui étonne avant tout dans toute cette affaire n'est pas tellement l'audace de la manoeuvre, mais le fait que des instances telles le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique participent maintenant directement à la Conférence de guerre de Halifax et ne disent mot. Tout suggère que l'ordre du jour belliciste de la Conférence de guerre de Halifax prévoit la destruction nationale mais aussi l'usurpation des prises de décision dans les sphères de la politique étrangère et militaire du Canada sur la base d'éliminer l'opposition et la résistance des travailleurs et des peuples, y compris les Premières Nations, au pillage illimité de leur terre, de leur travail et de leur ressources.

Notes

1. Andrew Willis, « MEG Energy launches massive IPO ». Le Globe and Mail, le lundi 14 juillet.

2. Au sujet du Princeton Project sur la sécurité nationale (2004-2006) :

Le HISF a été fondé en 2009 par le German Marshall Fund des États-Unis (GNF) en tant qu'arme cachée des États-Unis au cours de la première année de la présidence de Barack Obama.

L'une des principales raisons pour le HISF était d'intensifier le combat contre l'« antiaméricanisme » dont l'une des victimes avait été Bush et son programme d'unilatéralisme, de guerre préventive par la formation d'une « coalition de centristes » fondée sur les tenants de l'humanitarisme ou de l'intervention libérale — telles que cela s'est fait avec le Princeton Project sur la sécurité nationale (2004-2006). Celui-ci avait été financé par le GMF dans le but de réorganiser et d'intensifier le barrage de désinformation à l'étranger (qu'on appelle diplomatie publique), d'établir de nouveaux réseaux internationaux en tant qu'instruments de guérilla politique et psychologique et des nouvelles formes de subversion. Le Rapport faisait partie de l'ordre du jour d'Obama.

Les techniques étaient essentiellement les mêmes que celles établies au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale visant à « contenir le communisme » et les luttes pour la libération et qui ont été à l'origine de la guerre froide. Trois objectifs spécifiques devaient constituer les objectifs essentiels de Washington, selon le rapport : défendre la patrie contre les attaques hostiles ou les épidémies fatales ; construire une économie mondiale saine, « facteur important pour notre propre prospérité et pour notre sécurité » ; et construire « un environnement international favorable basé sur la coopération en matière de sécurité entre pays et la propagation de la démocratie libérale ».

L'une des armes principales par lesquelles les intérêts impérialistes étasuniens doivent être réalisés est le mécanisme de réseaux mondiaux qui sont contrôlés et dirigés de façon centrale :

« Nous devons mettre en place et institutionnaliser des réseaux de porte-parole gouvernementaux nationaux, régionaux et locaux ainsi que des porte-parole non-gouvernementaux afin de créer de nombreux canaux pour les pays [démocratiques] et d'autres dans le but d'adresser des problèmes communs et de communiquer et d'inculquer les valeurs et les pratiques qui protègent la liberté selon la loi. » [rapport final, p.7] Le but en est de croiser « les institutions internationales et les institutions gouvernementales intérieures tout en offrant des incitatifs et en exerçant des pressions pour surmonter les niveaux dysfonctionnels de corruption et pour soutenir la primauté du droit. »[Rapport final, p.23.]

Peu après, le GMF a convoqué des conférences stratégiques aux sommets de l'OTAN à Istanbul, à Riga et au Bucharest ainsi qu'au forum de Bruxelles sur la question de la nouvelle « doctrine de sécurité » de l'OTAN. Suite au sommet Strasbourg/Kehl en 2009, le Forum de sécurité de Halifax a été organisé dès novembre 2009.

3. Abdel-Baky, « Courting a backlash », Al-Ahram Weekly Online, 5-11 janvier 2012.

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À titre d'information

Les relations de défense du Canada dans
la région de l'Asie-Pacifique

Le gouvernement canadien décrit ses relations avec les pays de l'Asie-Pacifique comme suit :

« En tant que pays bordé par le Pacifique, le Canada considère ses relations avec ses voisins de l'Asie-Pacifique comme une priorité. La sécurité et la prospérité au Canada sont liées à la vitalité économique en Asie et à la stabilité dans cette région. Afin d'appuyer ce dossier, le ministère de la Défense nationale (MDN) et les Forces armées canadiennes (FAC) s'engagent à renforcer la paix et la sécurité dans cette région et à rehausser leur engagement dans l'Asie-Pacifique. »

« Qu'il s'agisse de notre allocation de ressources consacrées à l'aide humanitaire et aux interventions de secours à la suite du typhon Haiyan, ou de notre participation dans des exercices militaires régionaux et aux forums de défense de haut niveau, dit le gouvernement canadien, nous somme fiers des mesures que nous avons prises au cours des dernières années pour améliorer les relations en matière de défense et pour accroître la collaboration avec les partenaires du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique. »

Voici comment le document de référence du gouvernement décrit ses relations de défense et exercices militaires régionaux.

Relations de défense multilatérales

Les défis en matière de défense et de sécurité de nos jours dans la région de l'Asie-Pacifique, comme les réseaux criminels, les litiges territoriaux, les catastrophes naturelles, le terrorisme ainsi que les préoccupations relatives à la liberté de mouvement en mer, peuvent traverser les frontières d'un seul état et avoir un impact sur la sécurité et la défense de toute la région. Pour relever ces défis et pour atténuer leurs impacts, il doit y avoir des interventions multilatérales et régionales, soit des efforts concertés et collaboratifs dans lesquels participent de nombreux pays qui mettent leurs ressources en commun, coordonnent leurs efforts et accroissent l'interopérabilité entre leurs forces armées.

Les relations de défense multilatérales constituent une importante composante de l'engagement global du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique. Du point de vue de la Défense, le MDN et les FAC appuient les relations diplomatiques du Canada en participant à de nombreuses réunions et conférences multilatérales de défense de haut niveau, entre autres. Un exemple important de celles-ci est le Sommet annuel de l'Institut international d'études stratégiques sur la sécurité en Asie (Dialogue de Shangri-La), au Singapour. Cet événement intergouvernemental de premier plan constitue un moyen essentiel d'entretenir un dialogue sur la sécurité et la défense de la région. En effet, des ministres et chefs de la Défense de l'Asie-Pacifique et ailleurs y participent. Le ministre de la Défense du Canada à ce moment, l'honorable Peter MacKay, a participé activement au Dialogue de Shangri-La de 2013 avec le général Tom Lawson, le chef d'état-major de la défense. Ils ont échangé des pratiques exemplaires et discuter d'occasions pour accroître la collaboration avec les partenaires asiatiques du Canada et avec les autres partenaires et alliés traditionnels en matière de maintien de la paix, de relations civilo-militaires, de sécurité maritime, d'aide humanitaire et de secours aux sinistrés.

La conférence des chefs d'état-major du United States Pacific Command représente un autre exemple important de conférences de défense de haut niveau qui appuient les relations de défense du Canada. Des chefs d'état-major, comme le général Lawson et d'autres chefs militaires supérieurs de la région de l'Asie-Pacifique, participent à cette importante réunion. Dans le cadre de cette conférence, ces chefs militaires supérieurs discutent des défis communs inhérents à la sécurité et des manières de renforcer la collaboration en matière de sécurité.

Peut-être le plus important exemple des relations multilatérales du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique est les relations avec l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE). Depuis 1977, le Canada collabore avec l'ANASE ainsi qu'avec ses états membres (Brunei, Birmanie, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam). En tant que pierre angulaire des relations multilatérales du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique, l'ANASE offre un forum dans lequel le Canada peut entamer d'importants dialogues sur les questions relatives à la défense et la sécurité en Asie.

Dans le cadre de la structure organisationnelle de l'ANASE, le Canada participe également à son forum régional, conçu pour renforcer la collaboration parmi les membres états afin de favoriser la paix et la sécurité dans la région de l'Asie-Pacifique. Le Canada est déterminé à contribuer davantage à l'architecture de sécurité de l'Asie-Pacifique et a annoncé son intérêt à participer à la réunion élargie des ministres de la Défense de l'ANASE et au Sommet de l'Asie de l'Est. Les FAC ont aussi participé à d'autres exercices régionaux, comme l'exercice de secours en cas de catastrophe du forum régional de l'ANASE.

Exercices militaires régionaux

Les FAC participent à de nombreux exercices régionaux qui soutiennent des relations de défense multilatérales. Par exemple, la Marine royale canadienne (MRC) continue à s'engager à un nombre d'exercices et de déploiements militaires dans toute la région de l'Asie-Pacifique. Ces activités de collaboration servent à favoriser des précieuses relations et liens entre la MRC et les marines des autres pays de la région. Par exemple, du mois de juin au mois d'août 2012, plus de 1 400 hommes et femmes matelots, soldats et aviateurs ont participé à l'exercice côte du Pacifique (RIMPAC), mené tous les deux ans dans la zone opérationnelle d'Hawaï. Le RIMPAC est le plus grand exercice maritime militaire international auquel participent les forces de l'Australie, du Canada, du Chili, de la Colombie, des États-Unis, de la France, de l'Inde, de l'Indonésie, du Japon, de la Malaisie, du Mexique, de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas, du Pérou, des Philippines, de la République de Corée, du Royaume-Uni, de la Russie, du Singapour, de la Thaïlande et du Tonga. Le Canada est également un des participants principaux de l'exercice Ulchi Freedom Guardian, dans le cadre duquel on met à l'essai la commande opérationnelle des forces combinées sur la péninsule coréenne. Depuis les deux dernières années, le contingent des FAC a été le plus grand parmi les 16 pays participants. De plus, le Canada a participé aux exercices Key Resolve et Foal Eagle en Corée du Sud. Il s'agit d'un exercice d'entraînement en campagne visant à améliorer la disposition opérationnelle interarmées et interalliée de la Corée du Sud et des forces militaires américaines.

Le Canada a aussi participé à la série d'exercices KHAAN QUEST, organisée par les forces mongoles et coparrainée par ces dernières, ainsi que par les forces américaines et l'Alaskan et le Pacific Air National Guard, dans le cadre du programme d'aide humanitaire et civile du département de la Défense des États-Unis. Ces exercices visent à améliorer la préparation professionnelle et individuelle ainsi que l'interopérabilité tactique de l'aide humanitaire entre partenaires régionaux.

Relations de défense bilatérales

Une autre composante importante des relations de défense du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique est les relations de défense bilatérales et d'un pays à l'autre entre le Canada et chaque état de cette région. En plus des relations bilatérales avec des partenaires dans la région de l'Asie-Pacifique, comme mentionnés ci-après, le Canada et les États-Unis ont aussi signé récemment un cadre de collaboration Canada-États-Unis sur la politique de défense dans l'Asie-Pacifique. Ce cadre fournit la base pour que le Canada et les États-Unis puissent coordonner la réalisation d'activités d'engagement en matière de défense qui sont récurrentes et qui se renforcent mutuellement avec nos partenaires de l'Asie.

Relations de défense bilatérales : Asie du Nord-Est

Afin d'appuyer l'approche pangouvernementale visant à améliorer les relations bilatérales entre le Canada et les pays de l'Asie du Nord-Est, le MDN et les FAC participent à des initiatives en Chine, en Corée du Sud, au Japon et en Mongolie. Par exemple, au mois de mai 2013, le Canada a renforcé la collaboration en matière de défense avec la Mongolie en signant un protocole d'entente dans lequel on trouve des occasions possibles pour effectuer des échanges d'information, des visites d'experts militaires et civils, de l'éducation et de la formation militaire, ainsi que des activités internationales de maintien de la paix.

Le Canada reconnaît que la Chine est une puissance économique et militaire importante. Le MDN et les FAC ont des relations épanouissantes avec le ministère de la Défense nationale de la République populaire de la Chine et avec l'armée de libération populaire de Chine. Ils continueront à participer au dialogue sur des questions de sécurité régionale et internationale. Afin de faire progresser ces relations de défense bilatérales, des réunions de haut niveau ont eu lieu entre les cadres supérieurs du MDN et des FAC et de l'armée de libération populaire de Chine, y compris une visite par le chef d'état-major de la Défense à ce moment, le général Walt Natynczyk, au mois de mars 2012, et une visite par le ministre MacKay au mois de juin 2013. Lors de la réunion de 2013, le ministre MacKay et le ministre de la Défense de la Chine, le générale Chang Wanguan, se sont entendus pour établir un dialogue sur la coordination de la défense afin de discuter de questions d'intérêt commun et ont affirmé leur intention d'établir une initiative de plan de coopération entre l'armée de libération populaire et l'équipe de la Défense du Canada. Cette initiative servirait de guide pour les activités relatives à la défense. En s'appuyant sur ces échanges, le nouveau ministre de la Défense nationale du Canada, l'honorable Rob Nicholson, C.P., c.r., député de Niagara Falls, et le chef d'état-major de la Défense, le général Tom Lawson, ont rencontré le général Chang Wanquan afin de participer à un échange à Ottawa au mois d'août 2013. À cette réunion, le ministre Nicholson et le général Chang ont signé l'initiative de plan de coopération.

Le Japon est un partenaire précieux du Canada en matière de sécurité régionale et mondiale. Les deux pays partagent les mêmes valeurs et intérêts, y compris la promotion et la défense de la démocratie, des droits de l'homme, de la primauté du droit, de l'ouverture des marchés ainsi que de la limitation des armements et du désarmement. Ces valeurs sont la pierre angulaire des solides relations en matière de défense qui unissent le Canada et le Japon à l'égard de nombreux enjeux régionaux et mondiaux. Des ententes bilatérales, telles que la Déclaration conjointe de 2010 Canada-Japon sur la coopération en matière de politique, de paix et de sécurité, contribuent grandement à approfondir ces relations de défense. Le Canada a par ailleurs conclu diverses autres ententes de collaboration avec le Japon : politique de défense, interopérabilité et services communs ; non-prolifération nucléaire et désarmement ; prévention des catastrophes et intervention en cas d'urgence ; et maintien de la paix. Lors d'une réunion avec le premier ministre du Japon, M. Shinzo Abe, le 23 septembre 2013, le premier ministre Harper a annoncé la signature d'une entente de principe sur un traité désigné sous le nom d'Accord Canada-Japon sur l'acquisition et le soutien mutuel (AASM). Le traité devrait faire date dans les relations bilatérales de défense lorsqu'il aura été ratifié conformément aux processus parlementaires de chacun des pays. L'AASM permettra aux Forces armées du Canada et à la Force d'autodéfense du Japon de mettre en commun des marchandises et des services de base lorsque les deux forces mèneront des opérations concertées, y compris dans le cadre d'exercices d'entraînement conjoints, de missions de maintien de la paix et d'opérations d'aide humanitaire. L'AASM ne prévoit pas le déploiement de garnisons dans l'un ou l'autre pays.

Le Canada entretient depuis longtemps de bonnes relations de défense avec la République de Corée. Ces relations s'appuient sur la contribution du Canada à la guerre de Corée et se sont développées en un partenariat et en une coopération solides sur le plan politique et économique. Elles continuent de s'approfondir. Les nombreuses visites de haut niveau ont certainement contribué à enrichir ces relations, dont la visite au Canada du premier ministre de la Corée du Sud Kim Hwang-sik en décembre 2012 et la visite à Séoul du premier ministre Harper en mars 2012. Le Canada veille aussi à resserrer ses relations avec la Corée du Sud au moyen d'accords bilatéraux de défense, tels que le protocole d'entente (PE) de soutien mutuel, qui permettent d'assurer un soutien logistique amélioré et une interopérabilité accrue entre les forces militaires canadiennes et sud-coréennes.

Le Canada s'est récemment joint à la République de Corée pour célébrer le 60e anniversaire de la signature de la Convention d'armistice de la Corée et le 50e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Ces événements marquants ont donné l'occasion au ministère de la Défense nationale et aux Forces canadiennes de prendre contact avec les militaires sud-coréens pour resserrer les relations de coopération et promouvoir les intérêts communs de défense, telle la défense régionale. Le Canada et la Corée du Sud continuent d'explorer de nouveaux secteurs et avenues de collaboration, par exemple en vue d'accroître la collaboration lors d'exercices majeurs dans la région, notamment la participation continue des FAC à l'exercice Ulchi Freedom Guardian.

Relations de défense bilatérales : Asie du Sud-Est

Tout comme le Canada collabore de manière multilatérale avec ses partenaires de l'Asie du Sud-Est par l'entremise de l'ANASE, le MDN et les FAC renforcent aussi les relations de défense et les initiatives avec nos voisins de l'Asie du Sud-Est dans un cadre bilatéral. Ces relations de défense démontrent la priorité qu'accordent le MDN et les FAC sur la sécurité mutuelle et les intérêts coopératifs. Voici quelques exemples de coopération bilatérale en matière de défense dans cette région :

Réunions de haut niveau, comme les visites bilatérales du ministre MacKay au Singapour et en Thaïlande au mois de juin 2012, lors desquelles le ministre MacKay a souligné les activités des FAC et du MDN dans le Sud-Est asiatique, et a indiqué la volonté du Canada de contribué à la sécurité dans cette région. En 2012, le général Lawson a aussi participé à la conférence du U.S. Pacific Command (PACOM) des chefs d'état-major et a aussi rencontré un bon nombre de ses homologues de l'Asie-Pacifique. Le général Lawson a également visité la Thaïlande en 2013.

Visites de navires, comme la visite du mois de février 2013 du NCSM Regina au Port Klang, en Malaisie et Manille, aux Philippines.

Coopération en éducation de la Défense à des endroits comme Brunei, par exemple, qui a organisé le commandement de l'École du leadership et des recrues des Forces canadiennes à l'hiver de 2013.

Relations bilatérales en matière de défense : Océanie

Le Canada entretient depuis longtemps d'excellentes relations bilatérales en matière de défense en Océanie, qui est située dans le centre sud de l'océan Pacifique. Ces relations sont particulièrement bonnes avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande, qui font tous deux partie de la communauté du renseignement du Groupe des cinq.

Les relations du Canada et de l'Australie dans le domaine de la défense sont solides et durables : l'Australie est l'un des plus proches partenaires du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique et dans le monde. Nous partageons la même vision des enjeux en matière de sécurité internationale et avons une approche similaire des opérations. Nous avons une solide base de coopération en matière de défense, notamment en ce qui concerne les exercices, l'instruction, les échanges universitaires, les visites de dignitaires et de hauts gradés, ainsi que les opérations en cours en Afghanistan.

Récemment, parmi les visites de dignitaires qui nourrissent les relations qu'entretiennent le Canada et l'Australie en matière de défense, citons notamment celle du ministre MacKay en territoire australien en 2011. Le séjour du ministre a permis de consolider la relation et s'est soldé par plusieurs engagements de tenir des réunions ministérielles, de discuter de politiques et de ternir régulièrement des rencontres des chefs d'état-major. Le ministre MacKay et le général Lawson ont tous deux rencontré leur homologue australien lors du dialogue de Shangri-La, au printemps de 2013. Par ailleurs, l'attaché de défense canadien qui est en poste en Australie dispose également d'une accréditation pour la Nouvelle-Zélande.

Le Canada et la Nouvelle-Zélande ont aussi une longue tradition de coopération en matière de défense. Dans l'histoire, les FAC et les forces de défense de la Nouvelle-Zélande (NZDF) ont collaboré dans le cadre de nombreuses opérations de sécurité internationale, notamment en Afghanistan, en Bosnie et au Timor oriental. Un certain nombre de visites de dignitaires ont eu lieu récemment entre le Canada et la Nouvelle-Zélande. Citons en exemple la rencontre entre le ministre MacKay et le ministre de la Défense de la Nouvelle-Zélande et celle du général Tom Lawson, chef d'état-major de la Défense, avec son homologue néo-zélandais en mai 2013, en marge du dialogue Shangri-La, à Singapour.

Depuis 2005, les FAC et les NZDF ont pris part au programme CANZEX (programme d'échange entre le Canada et la Nouvelle-Zélande), dans le cadre duquel on offre un entraînement interarmées, ce qui permet d'accroître la coopération et l'interopérabilité entre les forces militaires des deux pays. Les FAC participent également à d'autres programmes, comme le programme REGULUS de la Marine royale canadienne (MRC).

Relations bilatérales en matière de défense : Asie du Sud-Ouest

La région de l'Asie du Sud-Ouest s'étend de l'Afghanistan à l'ouest à l'Inde à l'est, se prolonge au nord jusqu'aux anciennes républiques soviétiques, et au sud jusqu'à l'océan Indien. Le Canada a noué des liens solides dans la région, qui comprend plusieurs pays du Commonwealth. Un nombre important de familles canadiennes ont des racines en Asie du Sud-Ouest, et le Canada a déployé beaucoup d'efforts pour rétablir la sécurité dans la région, principalement dans le cadre de sa mission en Afghanistan.

Le Canada entretient une bonne relation, qui continue de s'épanouir, avec l'Inde. Le Canada et l'Inde ont plusieurs valeurs communes, notamment leur engagement envers la démocratie et le pluralisme. Les visites de dignitaires comme celle du premier ministre Harper en 2012 ont contribué à souligner l'importance de cette relation. Le Canada et l'Inde explorent actuellement plusieurs options relativement à une future coopération en matière de défense, qui prendra notamment la forme d'échanges lors d'entraînements. Parmi les engagements récents, citons notamment la visite du NCSM Regina à Mumbai en janvier 2013, qui coïncidait avec les rencontres des sous-ministres de la Défense nationale et de la Sécurité publique avec leurs homologues indiens. De telles rencontres contribuent à solidifier les relations en matière de défense et de sécurité et favorisent la coopération.

Le Pakistan demeure un partenaire important du Canada dans la lutte mondiale contre le terrorisme. Aussi, les deux pays continuent de collaborer à l'amélioration de la défense et de la sécurité dans la région. Parmi les visites de dignitaires qui alimentent cette relation, il y a celle du président pakistanais du comité des chefs d'état-major interarmées, le général Khalid Shaheem Wynne, en mai 2012. À cette occasion, le ministre MacKay, le général Natynczyk et le général Wynne ont discuté d'enjeux régionaux, bilatéraux et mondiaux en matière de défense. Le général Wynne a aussi participé au salon professionnel CANSEC 2012, le plus grand événement du genre dans le domaine de la défense et de la sécurité au Canada.

La relation durable qu'entretiennent le Canada et l'Afghanistan se poursuivra bien au-delà de la fin de la mission de formation militaire, en mars 2014. Les Canadiens n'oublieront pas le sacrifice des 158 militaires des FAC qui sont morts en travaillant au nom du Canada pour rendre l'Afghanistan plus sécuritaire pour ses habitants. Pour assurer la stabilité future d'un Afghanistan démocratique et sécuritaire, le Canada continuera d'appuyer financièrement le gouvernement de la République islamique d'Afghanistan. Le Canada a pour objectif ultime de maintenir les acquis réalisés depuis la chute du régime taliban et d'aider les Afghans à reconstruire leur pays pour qu'il devienne un état viable mieux gouverné, plus stable et plus sécuritaire et qu'il ne devienne jamais plus un repère de choix pour les terroristes.

Le Programme d'instruction et de coopération militaires

À titre d'instrument important de la diplomatie de défense et dans le cadre d'une approche pangouvernementale énoncée dans la Stratégie de défense Le Canada d'abord, le Programme d'instruction et de coopération militaires (PICM) vise à :

rehausser les opérations de maintien de la paix et l'interopérabilité entre les partenaires du Canada ;
étendre et consolider les relations bilatérales du Canada en matière de défense ;
promouvoir les principes canadiens que sont la démocratie, la règle de droit et la protection des droits de la personne sur la scène internationale ;
exercer une influence dans les domaines d'intérêt stratégiques pour le Canada.

Le PICM chapeaute un certain nombre de programmes d'instruction à l'échelle de la région de l'Asie-Pacifique, notamment en Afghanistan, au Bangladesh, en Indonésie, en Malaisie, en Mongolie, au Népal, au Pakistan, aux Philippines, en République de Corée, à Singapour et en Thaïlande. Voici d'autres activités menées dans la région dans le cadre du PICM :

Ajouter le Japon sur la liste des partenaires de mise en œuvre du PICM. À ce titre, le Japon a participé au programme en fournissant des instructeurs/conférenciers dans le cadre de cours tactiques de coopération civilo-militaire (COCIM) du PICM donnés en Tanzanie (2012) et au Sénégal (2013).

Nommer l'Indonésie comme étant un « centre d'excellence » du PICM, en raison du partenariat entre les FAC et les forces indonésiennes en vue d'offrir une instruction au personnel militaire des États membres du PICM dans la région de l'Asie-Pacifique. L'Indonésie est l'un des principaux États membres du PICM et l'un de ses principaux bénéficiaires (en ce qui concerne le budget alloué et les places dans les cours). Le PICM a permis d'offrir de l'instruction à plus de 150 militaires, incluant 43 places pour eux en 2013-2014 dans des cours portant sur des sujets comme la langue anglaise, les opérations de maintien de la paix et les affaires publiques, en plus de cours d'état-major comme les programmes d'études de sécurité nationale et de sécurité canadienne. Un séminaire sur les opérations de soutien de la paix mené en juillet 2012 au centre indonésien pour la paix et la sécurité, en partenariat avec les forces armées nationales indonésiennes, a été couronné de succès. L'événement a été suivi à l'automne par un atelier de travail sur les affaires publiques. En 2013-2014, le MDN parrainera un autre atelier sur les opérations de soutien de la paix et un autre sur les relations civilo-militaires en Indonésie.

Offrir 27 places à la Malaisie (comparativement à 10 places en 2012-2013) dans des cours donnés en 2014 : apprentissage de la langue anglaise, cours d'état-major et opérations de maintien de la paix.

Accorder 21 places aux militaires des forces armées mongoliennes en 2013-2014 dans les cours suivants : apprentissage de la langue anglaise et française, opérations de maintien de la paix et cours d'état-major pour les officiers subalternes.

Dispenser de la formation à 150 militaires des Philippines depuis 1998. Les militaires des forces armées des Philippines ont participé à une variété de cours offerts dans le cadre du PICM, ainsi qu'à des cours de perfectionnement pour officiers d'état-major et à une formation en matière d'opérations de soutien de la paix.

Former plus de 340 officiers thaïlandais au Canada depuis 1985. En 2013-2014, 24 officiers thaïlandais pourront suivre des cours dans les domaines suivants : maintien de la paix, perfectionnement pour les officiers d'état-major et apprentissage de la langue anglaise.

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