Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 169 - 21 novembre 2013

Cuba a le droit d'être!
Libérez les Cinq combattants antiterroristes!


Cuba a le droit d'être! Libérez les Cinq combattants antiterroristes!
9e Colloque international pour la libération des patriotes cubains injustement emprisonnés aux États-Unis
Des célébrités unissent leur voix pour demander à Obama de libérer les Cinq

Autres actualités cubaines
L'exercice militaire stratégique Bastion 2013 en cours à Cuba
Cuba est réélue au Conseil des droits de l'homme des Nations unies

Pourparlers de paix en Colombie
Signature d'un deuxième accord à la table des négociations

Un contrebandier à la présidence au Paraguay
Résistance à la privatisation tout azimut des services publics


Cuba a le droit d'être! Libérez les Cinq combattants antiterroristes!

9e Colloque international pour la
libération des patriotes cubains
injustement emprisonnés aux États-Unis


Du 13 au 17 novembre à Holguin, à Cuba, 278 délégués provenant de 51 pays se sont réunis pour faire le bilan du travail de la campagne internationale pour la libération des patriotes cubains injustement emprisonnés aux États-Unis. La représentante de l'Institut cubain pour l'amitié avec les peuples (ICAP) dans la province de Holguin, Lupe Isabel Fernandez, a annoncé que les plus grandes délégations venaient du Venezuela, du Canada, de l'Argentine, de l'Italie, du Brésil et des États-Unis. Elle a aussi salué la grande participation des gens de Holguin, surtout les jeunes. Cette année le colloque était dédié à la mémoire de Hugo Chavez, un ami cher au peuple cubain.

Les Cinq Cubains, comme on les appelle, ont été emprisonnés en 1998 après avoir informé les autorités des États-Unis d'activités terroristes qui étaient en train d'être ourdies contre Cuba par des groupes opérant en sol étasunien. Il s'agit de Fernando González Llort, René González Sehwerert, Antonio Guerrero Rodriguez, Gerardo Hernandez Nordelo et Ramon Labañino Salazar.

Cette année l'événement a été honoré par la présence de René González. Sa sentence est arrivée à terme en 2011 et après une période de « libération conditionnelle » et après avoir renoncé à sa citoyenneté étasunienne, il a pu enfin retrouver sa famille à Cuba cet été, où il continue de lutter pour la libération de ses compatriotes.


René González et son épouse Olga Salanueva à la conférence

Lors de la séance d'ouverture, Alicia Jrapko, la coordonnatrice du Comité international pour la libération des Cinq, a demandé qu'on multiplie encore les actions pour influencer et éduquer l'opinion publique des États-Unis au sujet de la cause des Cinq Cubains, pour mettre à contribution la force du peuple étasunien pour obtenir leur libération. Elle a donné en exemple l'acquittement de la prisonnière Linda Evans accordé par l'ex-président Bill Clinton.

Dans le bilan du travail accompli au cours de la dernière année, les participants étaient unanimes à dire que l'action la plus importante avait été la deuxième Campagne de Cinq jours pour les Cinq à Washington, à laquelle ont participé des personnalités provenant des quatre coins du globe et qui ont manifesté devant la Maison Blanche et ont rencontré les représentants du Congrès pour qu'ils examinent la cause.

Parmi les propositions faites au colloque pour intensifier le travail pour libérer les héros cubains, il y a eu un meilleur recours aux médias sociaux pour attirer un plus grand appui international. Il y a également eu des messages visant spécifiquement les résidents des États-Unis pour qu'ils exhortent le président Barack Obama à libérer les quatre hommes.

Parmi les autres actions proposées, il y a la tenue de forums dans les universités et dans les écoles de Droit de Washington et dans d'autres régions des États-Unis. Le Comité national des États-Unis pour la libération des Cinq Cubains a déjà organisé de tels événements cette année qui ont été très réussis à Washington, en Caroline du Nord, en Pennsylvanie et au Texas, sensibilisant des centaines d'étudiants et de professeurs qui n'avaient jamais entendu parler de la mission antiterroriste des Cinq Cubains.

Les participants ont aussi été invités à différentes activités culturelles et sportives ainsi qu'à des débats pour exprimer leur solidarité avec les Cinq Cubains.

Entre autres, il y a eu un Grand Rassemblement de Solidarité le 15 novembre au parc d'exposition de Holguin présidé par le premier secrétaire du Parti communiste de Holguin, Luis Antonio Torres Iribar, et le président de l'Assemblée provinciale du pouvoir populaire, Sucel Téllez. Quelque 10 000 personnes ont participé à l'événement. Les revendications et thèmes du colloque ont été portés par la musique, la poésie, les discours et les gens qui scandaient : « Obama, rendez-nous les Cinq ! » et « Libérez les Cinq ! »

En tant qu'orateur invité, René González a rappelé les actes brutaux dont les Cinq ont été victimes dès leur arrestation en 1998, ainsi que les sévices que subissent toujours ses quatre confrères toujours incarcérés. Il a fait valoir que leur sort était la conséquence d'un acte de vengeance de la part du gouvernement étasunien contre Cuba et qu'il n'était justifié que par le fait que Washington n'avait pas réussi à faire tomber la révolution cubaine. Il a dit que cela confirmait la validité de l'humanitarisme de Cuba. Il a fait un survol des conditions inhumaines de leur incarcération, loin des êtres chers et du peuple cubain, et a affirmé qu'il était temps de faire tomber le mur de l'injustice érigé contre les Cinq. Il a décrit le colloque lui-même comme une puissante force de solidarité mondiale pour la libération inconditionnelle et immédiate de Gerardo Hernandez, Antonio Guerrero, Ramon Labañino et Fernando González. Il a réaffirmé l'intégrité morale des antiterroristes cubains et dit que ceux-ci se dressaient bien au-dessus des procureurs et des juges corrompus qui les avaient jetés en prison :

« J'ai été treize ans en prison. Je crois qu'on développe certains mécanismes pour affronter la situation, mécanismes qui nous permettent de nous épanouir, même dans les circonstances les plus désespérantes et -- c'est ce que j'ai toujours soutenu -- qui nous permettent en fin de compte de sortir de prison grandis. Et l'un de ces mécanismes est que je n'ai jamais tenu compte du temps.

« C'est ce qui arrive à mes quatre frères. Ils sont forts, leur moral est bon et il a été mis à l'épreuve plus d'une fois. Ils voleront toujours plus haut que leurs accusateurs, que tous ces juges corrompus. Ils persévèrent d'une façon qui est incompréhensible pour leurs accusateurs.

« Cela dit, ils ne méritent pas de rester en prison à compter le temps, et nous devons les en sortir. »

Étaient présentes à cette séance les familles des Cinq Cubains. Ces mères, filles, soeurs et nièces ont dressé un portrait très émouvant de leurs vies sans Gerardo Hernandez, Ramon Labanino, Antonio Guerrero, Fernando González et René González. Elles ont exprimé leur profonde reconnaissance envers les délégués pour toutes les années consacrées à la solidarité avec les Cinq. Les Cubains ainsi que les supporters des Cinq à l'échelle internationale sont particulièrement préoccupés par la double peine de détention perpétuelle à laquelle a été condamné Gerardo Hernandez, accusé à tort pour l'acte de défense légitime du 24 février 1996, quand Cuba a abattu des avions appartenant au groupe terroriste Brothers to the Rescue qui violaient l'espace aérien cubain. Étaient aussi présents des parents des victimes de l'attentat de 1976 contre un appareil d'Air Cubana survolant la Barbade.

Le rassemblement a aussi salué les contributions de l'ancien procureur général des États-Unis Ramsey Clark pour sa défense du droit d'être de Cuba et de la cause des Cinq Cubains. Il a été honoré de l'Ordre de solidarité de la République de Cuba par les mères des Cinq Cubains. Le président de l'ICAP Kenia Serrano a lu au grand rassemblement la résolution du Conseil d'État signé par le président Raul Castro lui décernant cet honneur et a placé la médaille sur la chemise du récipiendaire. Celui-ci a été très ému par cet honneur et a exprimé sa grande admiration pour les réalisations sociales de la révolution cubaine, pour sa solidarité avec l'Angola, en dépit des plus grands obstacles. Il a dit qu'il désirait que la révolution cubaine continue de connaître des succès et a affirmé qu'il serait toujours là, avec elle, jusqu'à sa mort.


Ramsey Clark s’adresse au grand rassemblement pour les Cinq Cubains après avoir reçu l'Ordre de solidarité


(Ramsey Clark en compagnie des mères de trois des Cinq Cubains:  Mirta Rodríguez, mère d'Antonio, Irma Sehwerert,
mère de René, et Magali Llort, mère de Fernando.

Une déclaration finale du 9e Colloque a été émise le 17 novembre. Elle lance l'appel à tous et à toutes de multiplier les efforts de coordination et d'unité et d'optimiser l'immense potentiel des comités oeuvrant pour la libération des Cinq Cubains. Le Colloque a aussi lancé l'appel à intensifier le travail auprès des parlementaires partout dans le monde pour qu'ils interviennent auprès du Congrès étasunien et du président Barack Obama. Les délégués ont aussi approuvé la tenue du troisième événement annuel : « Cinq jours d'actions pour les Cinq Cubains » à Washington DC, du 4 au 11 juin 2014. D'autres événements sont prévus, dont une Commission internationale d'enquête sur la cause des Cinq Cubains à Londres du 7 au 8 mars 2014, une initiative de la Campagne de solidarité avec Cuba de Londres.

L'année prochaine la troisième Conférence internationale de solidarité avec Cuba aura lieu à La Havane en octobre et servira à rassembler des milliers de personnes provenant de partout. Si les Cinq Cubains ne sont pas encore rapatriés, alors évidemment toute l'attention de la Conférence sera à nouveau tournée vers cet événement majeur, commandité par l'Institut cubain pour l'amitié avec les peuples, l'ICAP. Les représentants des groupes de solidarité se sont également engagés à contacter les organisations de jeunesse partout dans le monde pour tenir des concerts, des forums éducatifs, des marathons et d'autres activités pour défendre cette juste cause, notamment lors du 18e Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Quito, Équateur, en décembre prochain.

Enfin, les participants au colloque ont reçu un message de Ramon Labañino de la prison fédérale d'Ashland, au Kentucky, lu par sa fille Laura.

« C'est le temps ! Nous avons besoin d'une pluie forte et incessante de solidarité, une bataille pour la justice jusqu'à la victoire finale et nous nous rencontrerons et admirerons tous ensemble le nouveau couché du soleil. »

Ramon a assuré les participants qu'il avait suivi les délibérations du colloque et a exprimé son appréciation de la solidarité et sa conviction qu'elle finira par gagner. Il a parlé de son compatriote René Gonzalez : « René est notre avant-garde, notre porte-étendard, comme le dirait Gerardo. René représente les cinq hommes qui ont décidé de donner leur vie pour la bonne cause de sauver des vies et éviter des guerres. »

LML salut la détermination des Cinq Cubains qui représentent les meilleures qualités du peuple cubain. Nous saluons également tous ceux qui ont participé au colloque et qui poursuivent cet important travail pour défendre le droit d'être de Cuba et pour obtenir la libération immédiate des Cinq. LML lance l'appel à tous à se joindre au travail des groupes de solidarité avec Cuba et des comités pour la libération des Cinq et à en créer là où ils n'existent pas.

(À partir d'articles de Prensa Latina, Cuba Debate, Juventude Rebelde, US National Committee to Free the Cuban Five)

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Des célébrités unissent leur voix pour demander
à Obama de libérer les Cinq

Cinquante-cinq personnalités connues du monde de la politique, de la culture, des arts et du sport ont récemment demandé au président Barack Obama via le site web www.vitadura.it d'intervenir pour faire cesser la détention arbitraire des cinq prisonniers politiques cubains aux États-Unis. C'est une injustice qui dure depuis 15 ans et un emprisonnement considéré illégal par bon nombre d'organisations internationales, dont la Commission de l'ONU sur la détention arbitraire et Amnistie internationale, une contravention aux normes du droit international et de la protection des droits humains.

Martin Sheen, Angela Davis, Fiorella Mannoia, Alberto Juantorena, Carla Fracci, Alice Walker, Ascanio Celestini, Danny Glover, Gianni Vattimo, Javier Sotomayor, Moni Ovadia et beaucoup d'autres célébrités de partout dans le monde ont uni leur voix pour demander au président Obama de faire cet acte de justice. Ces personnalités connues ont choisi de s'engager envers cette cause qui a également reçu l'appui de gouvernements, d'organisations, d'associations, d'institutions et de comités se consacrant la défense des droits humains.

De nombreuses personnalités d'Europe et d'Amérique latine et des Caraïbes ont déjà écrit à Obama, et cela comprend dix lauréats du prix Nobel : Jose Ramos-Horta, Wole Soyinka, Adolfo Pérez Esquivel, Nadine Gordimer, Rigoberta Menchú, José Saramago, Zhores Alferov, Dario Fo, Günter Grass et Máiread Corrigan Maguire.

Aucune preuve solide n'a été présentée contre les Cinq Cubains mais ils demeurent incarcérés et aujourd'hui la résolution de cette injustice est entre les mains du président Obama.

Sur le site www.vitadura.it on trouve des vidéos de 55 personnalités faisant appel au président Obama.

Pour plus d'information, voir la page Facebook : https://www.facebook.com/vitadura.it

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Autres actualités cubaines

L'exercice militaire stratégique Bastion 2013
en cours à Cuba

Le général Raul Castro, président des Conseils des ministres et d'État de la République de Cuba, a annoncé dans la matinée du 19 novembre le début de l'exercice militaire stratégique Bastion 2013, qui se déroule partout dans l'île. Le président cubain a rappelé que cet exercice avait été prévu pour novembre 2012, toutefois, en raison de dommages causés par le passage de l'ouragan Sandy dans les provinces de l'Est, il a été nécessaire de le reporter.

Cette préparation importante des postes de commandement sous la direction du Parti communiste cubain et avec la participation du gouvernement, des organes centraux de l'Administration de l'État, des entreprises, des institutions armées et du peuple va se conclure avec les Jours de la Défense nationale, les 23 et 24 novembre. Toutes ces entités agissent dans le cadre du concept de défense de « la guerre de tout le peuple », impliquant toute la société, et s'assurant que chaque citoyen aura une arme, un lieu et une façon de défendre la patrie.

L'exercice qui se déroule jusqu'au 22 novembre comprend des manoeuvres tactiques par des troupes régulières composées de jeunes hommes et femmes, qui honorent leur engagement envers la défense de leur patrie.

Le programme militaire de défense est une application du principe énoncé dans le rapport du commandant en chef Fidel Castro au Premier Congrès du Parti communiste cubain que « tant qu'existera l'impérialisme, le Parti, l'État et le peuple porteront la plus grande attention à la défense du pays. La vigilance révolutionnaire ne peut jamais être négligée. »

En 1980, Cuba a effectué le premier exercice Bastion et depuis lors, le pays a enrichi et amélioré sa doctrine militaire basée sur le principe de la guerre de tout le peuple, qui garantit à chaque citoyen les ressources et l'espace, un moyen de combattre sous la direction du Parti communiste, selon un article paru dans le journal Granma.

(CubaDebate, Radio Reloj)

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Cuba est réélue au Conseil des droits
de l'homme des Nations unies

Le 12 novembre, l'Assemblée générale des Nations unies a voté de réélire Cuba au Conseil des droits de l'homme (CDH) pour une période de trois ans. Il s'agit d'une solide reconnaissance du travail fait par ce pays sur ce front, selon Anayansi Rodríguez, ambassadrice de Cuba auprès des organisations internationales basées à Genève.

Elle a affirmé à Granma que le pays a défendu à l'intérieur de cet organisme les principes des nations du Sud et a combattu la pratique de deux poids deux mesures et les tentatives de manipulation politique.

Rodríguez fait remarquer que la décision de l'ONU intervient quelques mois après que Cuba ait complété l'Examen périodique universel du CDH, qui évalue les droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques des pays avec succès.

Le CDH a été créé par l'ONU en 2006 pour remplacer la Commission discréditée du même nom, sous l'emprise des grandes puissances comme un moyen de s'immiscer dans la souveraineté des autres pays. Cuba fut parmi les premiers pays membres en 2006 et est restée sur le Conseil jusqu'en 2012, pour les deux périodes consécutives établies. Elle revient maintenant au conseil après avoir eu le statut d'observateur pendant un an.

Dans une note aux médias, la Mission permanente de Cuba auprès de l'ONU a également déclaré que Cuba continuera à travailler à la promotion des droits des peuples à l'autodétermination, la paix et le développement, vers un ordre international démocratique et équitable, et contre le racisme, la xénophobie et toutes les formes de discrimination.

À la majorité absolue et par un vote direct et secret, l'Assemblée générale des Nations unies a élu 14 nouveaux membres au Conseil des droits de l'homme : l'Amérique latine (Cuba et Mexique), l'Europe de l'Est (Russie et la Macédoine), l'Europe occidentale (France et Royaume-Uni), l'Asie-Pacifique (Chine, Vietnam, les Maldives et l'Arabie Saoudite) et l'Afrique (Algérie, Maroc, Afrique du Sud et Namibie).

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Pourparlers de paix en Colombie

Signature d'un deuxième accord
à la table des négociations

Le mercredi 7 novembre a été annoncé à La Havane, la signature d'un accord sur le point deux de l'agenda en discussion à la table de négociation de paix entre les Forces armées révolutionnaire de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP) et le gouvernement colombien.

Lors d'une conférence de presse tenue au Palais des Congrès de La Havane, Rodolfo Benitez, de Cuba et Dag Halvor, de Norvège, représentant respectif des pays garant des discussions de paix, ont lu le communiqué conjoint qui annonce la signature d'un accord entre les parties sur la participation à la vie politique, point deux sur l'ordre du jour en discussion.

Selon cet accord, qualifié de fondamental par les parties concernées, un consensus a été établi sur les droits et garanties de participation à la vie politique de l'opposition politique pour les secteurs sociales et les nouveaux mouvements qui naîtront de la fin du conflit.

L'accord reconnait également l'accès aux médias de communication des secteurs mentionnés et établi les mécanismes démocratiques pour la participation sécuritaire des citoyens de tous les secteurs incluant les plus vulnérables. Il établit une plus grande étendue des droits et garanties à l'exercice démocratique, le pluralisme, la participation et la culture politique du pays.

Il établit également que sera convoquée une rencontre nationale des partis et mouvements politiques incluant les porte-paroles des mouvements sociaux, des experts et intellectuels afin d'établir quels seront les statuts qui régiront leur participation politique. Dans ce sens, l'intention est qu'à la fin du conflit soient garanties les demandes du peuple, son droit à protester et la cohabitation pacifique et qu'il soit également ouvert des espaces additionnels pour permettre que divers secteurs sociaux de même que les exclus puissent faire connaître leurs propositions et projets à des institutions nationales.

Par ailleurs, sera mis en place un plan d'appui à la mise sur pied de groupe de surveillance citoyenne et des observatoires de transparence avec comme objectif d'assurer l'application de l'accord.

Parlant de l'accord intervenu, le représentant des FARC-EP, Iván Márquez, a mentionné qu' « avec l'accord intervenu aujourd'hui nous amenons le peuple colombien aux porte de la démocratie. » De son côté le représentant du gouvernement colombien, Humberto de la Calle, a déclaré que « les accords atteints aujourd'hui avec les insurgés pour leur participation à la vie politique après la fin du conflit armé constitue une nouvelle ouverture démocratique. » Dans les minutes qui ont suivi son annonce, l'accord fut salué par le gouvernement de Cuba, le coordinateur de l'ONU en Colombie, de même que par le Mouvement des colombiennes et colombiens pour la paix fondé par l'ex-sénatrice Piedad Córdoba.

Tout comme l'accord intervenu en mai dernier sur le premier point à l'ordre du jour, soit sur le développement du secteur agricole, ce deuxième accord prendra force uniquement après la signature globale des accords de paix et la fin effective du conflit armée. Il reste donc trois des cinq points à l'ordre du jour des discussions à la table des négociations de paix de La Havane. Le 18 novembre,les discussions ont repris à cette table sur le point quatre de l'ordre du jour, soit le trafic des drogues illicites. Par la suite ont été traités les deux derniers points qui concernent les dédommagements aux victimes et la fin effective du conflit armée. Le 19 novembre a marqué le premier anniversaire du début des discussions de paix entre les FARC-EP et le gouvernement de Colombie, ces discussions se sont tenues à La Havane, Cuba, sous l'égide de Cuba et de la Norvège comme garant et accompagné en cela par le Venezuela et le Chili.

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Un contrebandier à la présidence au Paraguay

Résistance à la privatisation tout
azimut des services publics

Avec l'accession à la présidence du Paraguay du multimillionnaire et contrebandier bien connu, Horacio Cartes, le pays vit l'application brutale de toute une série de politiques néolibérales.

Décidé à éliminer toute trace de politique prosociale mise en place sous le gouvernement de Fernando Lugo et d'assurer le contrôle total de l'économie par les monopoles étrangers et leurs serviteurs nationaux, le gouvernement de Cartes multiplie les mesures antisociales et réprime violemment la résistance des travailleurs, paysans et autres sections du peuple.


Les Paraguayens manifestent contre les réformes néolibérales.

En juin dernier, le gouvernement a adopté une loi qui décrète une baisse substantielle des pensions des enseignants alors que ces derniers demandaient une augmentation des pensions versées et une amélioration des conditions salariales. Ces mesures ont provoqué une grève générale de 26 jours dans l'éducation pour exiger que le gouvernement revienne sur sa décision. Pour toute réponse, les enseignants se sont vus imposer une coupure allant jusqu'à 70 % de leur salaire pour les journées de grève à la défense de leur droit.

Dans le secteur de la santé la situation ne cesse de s'aggraver. Alors que les professionnels de la santé exigent une majoration de leurs salaires et des bonifications aux avantages sociaux de même qu'une amélioration de tous les services hospitaliers et pharmaceutiques, le gouvernement menace d'effectuer des mis à pied si des moyens de pression sont utilisés dans le secteur. Depuis juin, plus de 600 professionnels de la santé n'ont reçu aucun salaire ou bonification et au moins cinq hôpitaux manquent de médicament et autres nécessités essentielles pour donner le service de santé aux malades.

En juillet, le gouvernement a décrété la fin des subventions aux transports publics pour la fin de l'année et annoncé qu'il procédera à une augmentation des tarifs de ce service au début de 2014.

Les paysans sans terre des départements militarisés de San Pedro et de Concepción sont toujours en proie aux provocations et assassinats des grands propriétaires qui continuent de voler les terres et d'en chasser les paysans avec l'aide de l'armée.

Le 5 novembre dernier, le ministre de l'Éducation a déclaré qu'il n'y avait plus de ressources au ministère pour assurer la gratuité scolaire et qu'il ignorait quand il pourra recevoir un transfert de fonds pour combler le manque à gagner. Il a donc annoncé que les coûts d'émission des diplômes, de la production des examens, de l'application des inscriptions et de l'émission des accréditations ne pourront être couverts pour le reste de l'année 2013.


:Le peuple paraguayen s'oppose à la destitution du président Fernando Lugo, 22 juin 2012.

Alors que toutes ces attaques contre les travailleurs des services publics et contre les programmes sociaux auxquels a droit le peuple paraguayen s'imposent avec violence, le gouvernement Cartes vient d'adopter la Loi de l'Alliance publique-privé. Cette loi permet à l'investissement privé national et étranger de faire des ouvrages d'infrastructure dans le pays, allant jusqu'à pouvoir offrir les services de santé, d'éducation, d'électricité, de chemin de fer et d'eau. Prétextant que le gouvernement putschiste de Franco n'a rien laissé dans les coffres de l'État, le président Cartes déclare qu'il n'a pas d'autre choix que de se tourner vers l'entreprise privée. Dans les faits c'est la remise du contrôle de l'économie du pays aux monopoles étrangers et à leurs alliés nationaux.

Devant une telle offensive contre le patrimoine national et les programmes sociaux, les forces démocratiques de tout le pays s'organisent. Ainsi le Front Guasu, qui regroupe partis politiques et organisations sociales dans tout le pays, accompagné des centrales syndicales, de corporations d'enseignants, de syndicats indépendants des secteurs de l'électricité, des télécommunications, de l'eau, de l'aviation civile, d'organisations paysannes, autochtones et étudiantes et avec à sa tête l'ex-président Fernando Lugo, s'est réuni pour mettre sur pied la Coordination démocratique qui, avec tous les secteurs populaires, mènera la lutte pour unir tout le peuple contre les politiques néolibérales de Cartes et « l'abandon de la souveraineté nationale au monopoles étrangers ».


Les travailleurs de l'éducation prennent la rue.

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