Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 167 - 18 novembre 2013

La décision de US Steel de fermer sa production d'acier au Canada

Un abus de pouvoir


La décision de US Steel de fermer sa production d'acier au Canada
Un abus de pouvoir - Rolf Gerstenberger, président de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos
L'attaque de US Steel contre Hamilton est vertement dénoncée - Section locale 1005 du Syndicat des Métallos
Le conseil municipal de Hamilton demande à US Steel de venir le rencontrer
Les dirigeants du Syndicat des Métallos expriment leurs préoccupations pour la production canadienne d'acier


La décision de US Steel de fermer sa production d'acier au Canada

Un abus de pouvoir


Les métallos de Hamilton manifestent au bureau de circonscription du député conservateur David Sweet (comté de Ancaster-Dundas-Flamborough-Westdale) pour exiger du  gouvernement qu’il demande des comptes à US Steel face à
ses engagements en vertu de la Loi sur Investissement Canada.

Au coeur de la décision de US Steel de fermer de façon permanente la production d'acier à Hilton Works on trouve l'abus de pouvoir. Les dirigeants de US Steel peuvent prendre de telles décisions dans le dos du peuple pour la simple raison qu'ils en ont le pouvoir. En fait, ils ont le pouvoir de faire tout ce qui sert leurs intérêts privés étroits et les gouvernements leur donnent le feu vert pour abuser de ce pouvoir. Il faut s'attaquer à ce problème et le résoudre.

Les faits sont têtus, comme le veut le vieil adage. Les faits qui entourent l'abus de pouvoir de US Steel montrent clairement que le but de la compagnie en s'emparant de Stelco n'avait rien en commun avec ce que croyaient les métallos et les gens de Hamilton ou Nanticoke. Les faits entourant l'acquisition de Stelco en 2007 révèlent un objectif illogique pour quiconque travaille ou vit dans la région. Depuis 2007, nous sommes à même de constater que l'objectif poursuivi par US Steel n'a absolument rien à voir avec la production de l'acier et son renouvellement continuel, que ce soit à Hamilton ou à Lake Erie. US Steel a fixé son objectif dans le cadre de sa guerre mondiale pour consolider son empire, et l'acquisition de Hilton Works et de l'usine de Lake Erie, les retraités et l'économie elle-même n'y ont été que des dommages collatéraux au sujet duquel les généraux de US Steel à Pittsburgh ou à Toronto ou leurs agents politiques n'ont jamais perdu le sommeil.

L'imbroglio de la faillite frauduleuse de Stelco ainsi que l'éventuelle acquisition de la compagnie et de ses actifs par Brookfield et d'autres sont connus de tous. Stelco est sortie de la protection de faillite pour être mis aux enchères par des vautours bien au fait de la situation qui ont manoeuvré pour se faufiler dans les positions de contrôle par le biais des tribunaux, d'experts et du gouvernement. Ils ont fait venir l'agent américain Rodney Mott avec comme instruction de faire la meilleure offre possible sans tenir compte aucunement de l'avenir de Stelco, de ses métallos actifs et à la retraite, de la communauté ou de l'économie canadienne. Le mot d'ordre était « Allez chercher le plus d'argent possible ! » C'est tout ce qu'on vous demande, M. Mott, et vous serez grassement récompensé !

Mott était un ancien administrateur de US Steel, à Lone Star Steel au Texas, dont US Steel avait fait l'acquisition en 2007, de même que du groupe International Steel, où il avait réussi à soutirer 100 millions $ pour lui-même dans l'espace d'un peu plus de trois ans. Il a contacté ses anciens collaborateurs à Pittsburgh et a mis la machine en branle pour la vente à rabais et un grand coup d'argent. Les porte-parole de la compagnie lui ont sûrement dit qu'ils n'avaient pas besoin de cet acier supplémentaire, mais Mott leur a glissé à l'oreille que le géant de l'acier Severstal et plusieurs autres compétiteurs avaient fait des offres préliminaires et que lui-même pourrait veiller à ce que ça n'aille pas plus loin. De toute façon, a dit Mott, le carnet de commandes de Stelco est plein et Severstal cherche à prendre de l'expansion dans la zone de libre-échange nord-américain qui est dans votre cour, alors vous n'avez pas le choix que d'en tenir compte.

En juillet 2007, le prix de vente était de 28 $ pour chaque nouvelle action de Brookfield/Stelco, à quoi s'ajoutait la prise en charge de la dette de Stelco qui était petite suite à l'entente sous la protection de la faillite. On ne peut qu'imaginer les discussions secrètes visant à bloquer la route à Severstal, la Compagnie A, comme elle était appelée publiquement, et à faire main basse sur le carnet de commandes de Stelco. Les porte-parole de Brookfield et du gouvernement ont rassuré US Steel, lui disant que tout pouvait être arrangé pour servir ses intérêts. Vous allez devoir vous conformer à certains niveaux d'emplois et de production en vertu d'Investissement Canada au fédéral, ont-il dit, mais l'entente comprend les clauses habituelles de désistement et, effectivement, ces obligations ont été violées dès l'acquisition en dépit des objections des Canadiens. En ce qui concerne les ententes relatives aux régimes de retraite avec le gouvernement de l'Ontario, qui stipulent qu'aucune valeur ne peut être retirée de la compagnie sans que les régimes de retraite ne soient pleinement financés, elles peuvent facilement être déclarées nulles, comme cela s'est produit malgré les nombreuses objections et avec la complicité du gouvernement ontarien. De toute façon, ont-ils renchéri, après 2015, lorsque les ententes relatives aux régimes de retraite seront arrivées à terme, il n'y aura plus lieu de s'en inquiéter.

Et c'est bien ça qui est arrivé, une offre d'actions entre 10 $ et 38 $, un bon petit magot pour Brookfield, Mott et les autres parties concernées et Severstal se fait tasser. Mais pour y arriver, il faut que tout le monde se mette à la tâche, y compris les deux niveaux de gouvernement. US Steel doit avoir les mains libres tandis que les gouvernements feront leurs remontrances et exprimeront leur indignation habituelle, question d'épater la galerie.

D'abord nous fermerons le haut fourneau de Lake Erie et ensuite celui de Hamilton. Pour ce faire, nous créerons un conflit de toutes pièces avec les syndicats pour ensuite les mettre en lockout car, après tout, pour nous l'usine de Hamilton ne représente pas grand chose et nous laisserons sans doute tomber celle de Lake Erie également. La production de coke de Stelco pourrait sans doute nous être utile, du moins jusqu'à ce que notre nouvelle usine de Clairton Coke près de Pittsburgh marche à pleine capacité. Après quoi, qui sait ce que nous ferons de la propriété riveraine ? Chose certaine, elle rapportera un joli montant.

Tout cela a assez duré. Le temps est venu de mettre fin à cet abus de pouvoir méprisable. La seule force qui peut le faire, ce sont les travailleurs de l'acier et les autres travailleurs et leurs alliés dans la ville et à l'échelle du pays. La dernière décennie a démontré hors de tout doute qu'il faut une nouvelle direction pour l'économie et cela n'est possible qu'en trouvant de nouvelles façons de priver ces forces criminelles de leur soi-disant droit d'abuser du pouvoir de contrôle sur nous, sur notre moyen de subsistance, sur notre économie, sur notre politique et sur notre pays. Joignez-vous aux travailleurs de l'acier pour mettre fin à cet abus de pouvoir. Ensemble, nous avons une industrie sidérurgique et toute une économie à bâtir !

(Information Update, bulletin du local 1005 du Syndicat des Métallos,  Le 7 novembre 2013.)

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L'attaque de US Steel contre Hamilton
est vertement dénoncée


Vaste appui pour la section 1005 des Métallos mis en lockout par US Steel lors de la manifestation
Le peuple contre US Steel à Hamilton le 29 janvier 2011.

Plusieurs voix se font entendre pour condamner US Steel pour sa décision unilatérale de fermer de façon permanente la production d'acier à Hilton Works. « Mon premier souci est d'assurer la sécurité des employés de Hamilton Steel et de leurs retraités (à Hamilton) », a dit le maire de Hamilton, Bob Bratina.

Le comité sur l'acier du conseil municipal de Hamilton a tenu une réunion d'urgence le 7 novembre pour discuter de la question. Les membres du comité, Sam Merulla, Scott Duvall, Terry Whitehead et Bernie Morelli, ont tous exprimé de sérieuses inquiétudes face au sort des travailleurs de l'acier, des retraités et de l'économie de la ville.

Le président du comité, le conseiller Scott Duvall, a dit : « Je crois que nous devons nous concentrer sur les conséquences de cette fermeture pour la ville. »

Plusieurs questions restent sans réponse quant aux détails de l'accord conclu entre US Steel et le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral au moment de l'acquisition par US Steel de Stelco en 2007. L'accord fédéral de 2007 en vertu de la Loi sur Investissement Canada suivi de l'entente hors cour entre le fédéral et US Steel en 2011 ont été conclus dans le plus grand secret.

À la fin de 2015, le pacte entre US Steel et le gouvernement de l'Ontario au sujet des cotisations au régime de retraite prend fin. Le directeur municipal de Hamilton, Chris Murray, a dit au comité sur l'acier que son bureau n'a pas pu déterminer avec certitude si la compagnie américaine peut légalement ne pas honorer ses obligations envers les régimes de retraite. Qui plus est, l'entente avec le fédéral sur la production d'acier arrive elle aussi à échéance à la fin de 2015.

Le conseiller Duvall s'est dit frustré de cette situation alors que personne ne sait exactement ce qui arrive à échéance en 2015. « Une entente prend fin en 2015, mais qu'est-ce qui prend fin exactement ? Nous ne le savons pas », a-t-il dit. Un porte-parole d'Industrie Canada a jeté de l'huile sur le feu et accru l'exaspération des gens face au gouvernement fédéral quand il a dit dans un courriel : « [Les ententes de 2007 et de 2011 entre le gouvernement fédéral et US Steel font l'objet de] règles de confidentialité les plus strictes en vertu de la Loi sur Investissement Canada. »

Tout le mystère, l'incertitude et l'état d'impuissance imposé aux Canadiens ainsi que le refus des deux niveaux de gouvernement - provincial et fédéral - de défendre le peuple et son économie devant cette vaste attaque provenant des États-Unis sont des facteurs que les autorités locales et les personnes directement touchées trouvent des plus troublants. Plusieurs se demandent si le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral feront quelque chose pour assumer leur responsabilité envers le Canada et la ville, et s'ils comptent défendre les droits des Canadiens ou plutôt continuer de se plier docilement à la volonté des monopoles mondiaux.

(Information Update, le 14 novembre 2013)

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Le conseil municipal de Hamilton demande à
US Steel de venir le rencontrer

Le 13 novembre, le conseil municipal de Hamilton a adopté deux propositions liées à l'annonce de US Steel de fermer définitivement ses départements de production d'acier et de fonte à Hilton Works. La première proposition déclare que le conseil municipal « réaffirme sa motion adoptée le 22 février 2012, qui se lit comme suit : qu'une invitation soit faite aux représentants de US Steel à venir participer à une réunion prochaine du comité sur les questions d'ordre général pour qu'ils nous fassent part de leurs intentions en ce qui a trait à Hamilton Hilton Works à Hamilton. » (Le comité sur les questions d'ordre général fait remarquer que le conseil municipal a invité les dirigeants de US Steel et son président-directeur général, John Surma, à participer à une réunion du comité en février 2012, mais qu' « à ce jour, aucune réponse n'a été reçue. »)

La deuxième proposition a modifié la composition du comité sur l'acier du conseil pour y inclure le maire Bob Bratina et le conseiller Brian McHattie qui se joignent aux conseillers Scott Duvall, Sam Merulla, Terry Whitehead et Bernie Morrelli.

Il a également été souligné que les taxes foncières de US Steel sont à jour, et que « l'impact annuel en 2013 est d'environ 9,1 millions $, 75 % en taxes municipales et 25 % en taxes scolaires ».

Le comité sur les questions d'ordre général a également demandé que « le comité sur l'acier se réunisse le plus tôt possible pour poursuivre les discussions sur la fermeture, notamment sur la question des retraités, des individus mis à pied, du plan de US Steel à long terme, de l'utilisation future des terrains, de la possibilité du non-paiement des pensions, i.e., est-il légalement possible que US Steel se place en situation de défaut de paiement sur la question des retraites ? »

Scott Duvall, président du comité sur l'acier a déclaré que les travaux du comité commenceront immédiatement.

(Information Update, 14 novembre 2013)

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Les dirigeants du Syndicat des Métallos expriment leurs préoccupations pour la production canadienne d'acier

Dans un article paru dans le Financial Post, le directeur du district 6 du Syndicat des Métallos, Marty Warren, et le président international du syndicat, Leo W. Gerard, ont fait état de leurs préoccupations face à la fermeture de la production d'acier de Hilton Works. Ils écrivent que la sidérurgie est une industrie stratégique que le Canada devrait chercher à défendre et développer.

« L'acier est un matériau indispensable à tous les aspects de notre économie traditionnelle, comme les ponts, les bâtiments et les voitures, et à notre économie durable en expansion, des véhicules de transport en commun aux éoliennes », écrivent-ils.

Ils dénoncent le fait que l'acier importé est en augmentation et a atteint 12,2 milliards $ en 2012, un déficit commercial dans le secteur de l'acier de 4,6 milliards $. Alors que les importations d'acier ne font qu'augmenter, aucune nouvelle capacité sidérurgique importante n'a été développée au Canada et maintenant les Canadiens sont confrontés à cette destruction de la capacité à Hilton Works et à des menaces contre Lake Erie Works.

Un rapport d'Industrie Canada souligne comment « la nature intégrée du marché de l'acier canado-américain » menace la production canadienne. Profil de l'industrie - marché de l'acier du Canada 2010 se lit comme suit :

« On note également que la pénétration des importations sur le marché canadien a continué d'augmenter pendant la récession et qu'elle s'établit maintenant à près de 65 %, et provient principalement des États-Unis, le plus important partenaire commercial du Canada. Ce niveau élevé des importations pourrait être attribué à plusieurs facteurs, notamment aux niveaux de production rationalisée pendant la récession, aux fermetures temporaires de US Steel Canada (l'un des plus importants aciéristes au Canada) en 2008, 2009 et 2010, à la valeur élevée du dollar canadien, à la hausse des prix des marchandises qui ont réduit les marges nationales ainsi qu'à la nature hautement intégrée du marché de l'acier Canada-États-Unis. »

« Environ 94 % des importations de tôles à chaud provenaient des États-Unis. 94 % des importations de tôles galvanisées provenaient en 2010 des États-Unis seulement. Presque toutes les importations canadiennes de barres d'armature (99,3 %) provenaient de quatre pays : les États-Unis (76,9 %), l'Espagne (5,9 %), la Corée du Sud (4,3 %) et la Turquie (12,3 %). »

Warren et Gerard écrivent: « En 2006 et 2007, les investisseurs étrangers se sont emparés de toutes les aciéries du pays. Une autre façon de promouvoir la production d'acier au Canada est de faire respecter les engagements pris en vertu de la Loi sur Investissement Canada pour obtenir l'approbation fédérale pour ces rachats. Lorsque US Steel a acheté Stelco en 2007, elle s'est engagée à employer 3100 travailleurs et à produire 13 millions de tonnes d'acier au Canada en 2010. Après beaucoup de pression du public, le gouvernement fédéral a poursuivi la compagnie en justice pour violation de ses obligations. Cependant, le gouvernement conservateur a laissé tomber la poursuite contre US Steel en échange de nouvelles promesses. L'annonce de la semaine dernière [d'arrêter la production de l'acier à Hilton Works] est une parodie de ce règlement et souligne le manque d'engagement du gouvernement conservateur envers les emplois canadiens.

« L'utilisation du four à coke de Hamilton pour alimenter les aciéries américaines plutôt que de produire de l'acier au Canada est peut-être une décision d'affaires raisonnable pour les opérations continentales de US Steel. Mais c'est une mauvaise décision pour l'économie canadienne et les travailleurs canadiens. L'absence de réponse d'Ottawa face à US Steel n'est pas seulement profondément décevante pour les métallos de Hamilton, elle établit également un précédent terrible pour les autres entreprises étrangères au Canada. Nous devons maintenir et améliorer la capacité de production d'acier du Canada. »

(Information Update, 14 novembre 2013)

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