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Numéro 165 - 13
novembre 2013
Le gouvernement Harper poursuit ses
politiques racistes
Non, c'est non! Unis avec les
Premières Nations pour leur droit d'éduquer leurs enfants!
Le
gouvernement Harper poursuit ses politiques racistes
• Non, c'est non! Unis avec les
Premières Nations pour leur droit d'éduquer leurs enfants!
• Des pensionnats à la Loi sur
l'éducation des Premières Nations : le colonialisme
se poursuit - Chelsea Vowel
Projet de loi C-9, Loi
sur les élections au sein des premières nations
• Un instrument pour subvertir la
souveraineté des Premières Nations pour le compte des
monopoles
• À titre d'information : le projet
de loi C-9
Préparatifs
pour la guerre d'agression impérialiste
• Jeux de guerre de l'OTAN des
États-Unis et de la Turquie au large des côtes syriennes
- Michel Chossudovsky
Le gouvernement Harper poursuit ses
politiques racistes
Non, c'est non! Unis avec les Premières Nations
pour leur droit d'éduquer leurs enfants!
Le 22 octobre, le gouvernement Harper a
publié son « Travaillons ensemble pour les
élèves des Premières Nations »,
l'« ébauche finale » de son document cadre
en préparation du projet de loi sur l'éducation des
Premières Nations qui suscite tant d'opposition. Le gouvernement
compte déposer ce projet de loi en janvier et se servir de sa
majorité parlementaire obtenue par des moyens douteux pour le
mettre en oeuvre dès septembre 2014. Le constat qui sous-tend ce
document d'ébauche finale est de rendre les Premières
Nations les seules responsables des problèmes causés par
l'État canadien depuis sa création jusqu'à ce jour.
L'objectif politique du
projet de loi sur l'éducation des Premières Nations est
d'éliminer les droits ancestraux, constitutionnels et issus de
traités des Premières Nations, en l'occurrence le droit
de décider des questions touchant à l'éducation de
leurs enfants sur leurs propres territoires. Cette loi, comme toutes
les autres à l'ordre du jour législatif du gouvernement
Harper, font partie d'une campagne de terreur de l'État contre
les Premières Nations pour éliminer leurs droits
historiques et ancestraux et en faire de simples accessoires de la
société canadienne - des groupes ethniques vivant dans
des municipalités, sujets aux lois et aux règlements
imposés par l'État, sans tenir aucun compte de leur
statut de Premières Nations. Il s'agit de mesures
illégales qui sont en violation des lois internationales
protégeant les droits des peuples autochtones.
Le plan « Travaillons ensemble pour les
élèves des Premières Nations » consiste
essentiellement à accorder un pouvoir absolu au ministre des
Affaires autochtones et du développement du Nord canadien. Le
ministre serait l'ultime arbitre sur toutes les questions touchant
à l'éducation des Premières Nations. Il pourra
notamment forcer les Premières Nations à gérer
leurs écoles comme les écoles dites
régulières du reste du Canada et, qui plus est, sans
dépasser les budgets alloués. C'est un déni total
du sous-financement des écoles des Premières Nations, qui
a mené à une situation de crise de la scolarisation des
Premières Nations. Une fois le projet de loi adopté, il
ne sera pas possible d'y échapper à moins d'une entente
distincte entre une Première Nation et l'État canadien.
Aussi, les Premières Nations n'auront aucun recours puisque la
nouvelle loi interdit toute contestation judiciaire des
décisions du ministère ou de tout agent ou employé
fédéral pour « tout ce qui a été
fait ou omis d'être fait de bonne foi » ! Les
Premières Nations porteront tout le poids de la
responsabilité à la place du gouvernement.
« Travaillons ensemble pour les
élèves des Premières Nations » est
clair dans ses intentions d'imposer le modèle d'éducation
du reste du Canada aux Premières Nations, modèle qui est
en soi un échec. Qui plus est, les Premières Nations ne
recevront aucun financement additionnel. Les Canadiens ne sont pas sans
savoir que le système d'éducation public tel qu'il existe
partout au Canada est en crise à cause des compressions
budgétaires, de la privatisation des services, de l'introduction
de frais couvrant les activités parascolaires et du gel des
salaires et des régimes de retraite des enseignants et des
travailleurs de l'éducation - dans le but, évidemment, de
payer les riches. Ce modèle, qui est un échec et qui a
mené à la détérioration de la
qualité de l'éducation et des perspectives d'avenir de
nos enfants, sera ainsi imposé aux Premières Nations.
Cela ne fera qu'exacerber la crise que vivent les Premières
Nations et servira de justification à une ingérence
accrue de l'État canadien dans les affaires des
communautés des Premières Nations.
Si le gouvernement Harper
voulait vraiment rendre le système d'éducation plus
efficace pour les élèves des Premières Nations, il
commencerait par rembourser tout le financement qui en a
été retiré depuis 1996, lorsque le gouvernement
libéral de Chrétien a gelé le financement. Le gel
est resté. Il augmenterait ce financement de façon
considérable pour répondre aux besoins croissants de la
jeunesse et des étudiants des Premières Nations dont la
croissance démographique est la plus importante au Canada.
L'approfondissement de la crise politique et
économique au Canada se reflète dans le refus du
gouvernement Harper de reconnaître les droits des
Premières Nations quels qu'ils soient. Il appelle au
renforcement de l'unité politique des Canadiens et des
Premières Nations pour mettre fin à la dictature Harper
qui bafoue les droits de tous. Le peuple doit être
habileté à prendre le contrôle de ses affaires
économiques, politiques et sociales et à renouveler les
arrangements politiques du Canada, pour établir un État
canadien moderne et démocratique qui peut vivre de façon
pacifique avec les Premières Nations, qui respecte leur droit
historique, ancestral et constitutionnel à
l'autodétermination et qui remédie une fois pour toutes
aux torts historiques commis par l'État colonial canadien envers
les Premières Nations.
Non,
c'est non ! Non au projet de loi sur l'éducation des
Premières Nations!
Pour de nouveaux arrangements politiques au Canada!

Des pensionnats à la Loi sur l'éducation
des Premières Nations : le colonialisme se poursuit
- Chelsea Vowel* -
L'éducation est perçue comme un
élément important de la réussite future des
enfants qui reçoivent l'éducation, mais aussi de la
société dans son ensemble. Nous nous servons des taux de
diplomation secondaire et postsecondaire pour tenter de
déterminer l'efficacité et l'accessibilité d'un
système d'éducation. Ces informations nous permettent non
seulement de déterminer combien d'individus atteignent un niveau
d'éducation souhaitable, mais aussi l'état de
santé générale de la société.
Il n'existe pas de système d'éducation
autochtone au Canada. Cette réalité est parfois obscurcie
par le fait qu'il y ait des écoles de réserve ou de bande
ou même des écoles à charte à
« contenu autochtone ». Le système
d'éducation tel qu'il existe au Canada est entièrement
canadien, tant sur le plan législatif que sur la façon
dont il est dispensé.
Les inégalités dans le financement et
dans les résultats des
étudiants autochtones ne datent pas d'hier
Le système d'éducation canadien ne
répond pas aux besoins des peuples autochtones. Cela ne fait
aucun doute. Peu importe les opinions personnelles, l'étroitesse
d'esprit ou les stéréotypes, les statistiques permettent
d'en dresser un portrait clair bien que peu reluisant. De façon
générale, lorsque nous examinons la situation d'autres
pays en termes de taux de diplômation secondaire et
postsecondaire, nous ne faisons pas reposer la responsabilité
des faibles résultats sur le dos des individus. La raison en est
que l'éducation est une entreprise sociale qui transcende les
individus et même les groupes minoritaires. L'éducation
exige du gouvernement qu'il se mobilise à tous les niveaux et
elle a des répercussions sur toute personne sans exception
vivant dans les confins de ce système d'éducation.
Les statistiques : les
résultats
- Un fossé indéniable s'installe pour ce
qui est des résultats entre les étudiants autochtones et
non-autochtones dès la quatrième année et il se
creuse encore davantage jusqu'à la septième année.
- 40 % des étudiants autochtones
âgés de 20 à 24 ans n'ont pas de diplôme
d'études secondaires tandis que pour les non-autochtones, le
pourcentage est de 13 %.
- Les taux d'abandon de l'école secondaire sont
plus élevés sur les réserves (61 %) et parmi
les Inuits dans les communautés éloignées
(68 %).
- 9 % de la population autochtone obtient un
diplôme universitaire tandis que pour les étudiants
non-autochtones, c'est 26 %. 63 % des diplômés
universitaires sont des femmes.
Les statistiques : le
financement
- Le financement de l'éducation pour les
non-autochtones provient des provinces. L'éducation autochtone
est financée par le fédéral. L'éducation
des Métis et des Indiens non inscrits est financée
uniquement par le provincial.
- La formule de financement
fédéral pour les écoles des réserves a
été limitée à une croissance de 2 %
par année depuis 1996, alors que les besoins ont augmenté
de 6,3 % par année, créant ainsi un manque à
gagner de 1,5 milliards $ entre 1996 et 2008 pour
les services d'enseignement.
- Seulement 57 % du financement
fédéral des Premières Nations est alloué
aux écoles des Premières Nations. Le reste est
alloué aux étudiants fréquentant les écoles
hors réserve.
- Contrairement aux écoles provinciales, les
écoles des Premières Nations ne reçoivent aucun
financement pour leurs livres de bibliothèques, le salaire des
bibliothécaires, la construction et les frais d'entretien des
bibliothèques d'école, ni aucun financement pour la
formation professionnelle et pour les technologies de communication et
d'information, ni pour les sports et les loisirs.
- En 2007, il y avait un besoin de 69 nouvelles
écoles pour les Premières Nations partout au Canada et
27 des écoles existantes nécessitaient des
rénovations majeures. Le financement fédéral n'a
permis que la construction de 21 nouvelles écoles et de
16 projets de rénovation.
- En dépit des prétentions des Affaires
autochtones et du Nord canadien, un rapport fédéral
récent confirme qu'il existe de graves lacunes dans le
financement de l'éducation des Premières Nations qui
doivent être corrigées immédiatement, tout en
prévoyant des améliorations à long terme avec la
participation active des Premières Nations en tant que
partenaires.
- Le financement postsecondaire, disponible uniquement
pour les Indiens inscrits et les Inuits, a des lacunes historiques par
rapport aux besoins, créant ainsi un retard qui s'exprime dans
le fait que 10 589 étudiants qui n'ont pu obtenir de l'aide
financière entre 2001-2006.
(Les statistiques ci-haut mentionnées proviennent
de l'Institut C.D. Howe, dans son rapport Understanding the
Aboriginal/Non-Aboriginal Gaps in Student Performance.)
La loi sur l'éducation des Premières
Nations :
encore une fois une approche unilatérale
Malgré de nombreux
rapports (de la Commission royale sur les peuples autochtones de
1996 au plus récent rapport déposé en 2012)
qui recommandent que le gouvernement fédéral cesse d'agir
unilatéralement et sans consulter les Premières Nations,
c'est précisément ce qui se produit à nouveau avec
le projet de loi sur l'éducation des Premières Nations.
Personne n'a jamais vu cette loi qui doit être
mise en oeuvre dès septembre 2014. Plutôt, une
ébauche de projet de loi a été créée
qui devra être « présentée aux
communautés des Premières Nations pour qu'elles puissent
se prononcer ». Le gouvernement fédéral
prétend qu'il consulte les Premières Nations de
façon satisfaisante depuis le début, mais les leaders des
Premières Nations ont été très volubiles
à ce sujet : ils ne sont pas du tout satisfaits de cette
façon de procéder. La soi-disant consultation menant au
projet de loi n'est le résultat que de huit sessions
consultatives, d'environ 30 téléconférences et de
quelques activités en ligne.
La feuille de route du gouvernement canadien est peu
reluisante en matière d'éducation autochtone. Comment
croire que cette fois sera la bonne, alors qu'il n'a pas
sérieusement consulté ou travaillé avec ceux qui
seront le plus touchés par ses décisions ?
Nous le ferons nous-mêmes, merci!
L'éducation autochtone requiert une
planification, un développement et un contrôle autochtones.
Le Canada doit se résigner à
écouter ce que les peuples autochtones revendiquent depuis des
années : nos systèmes d'éducation doivent
accorder davantage d'importance à nos cultures et à nos
langues. Cette approche a reçu l'appui de nombreuses
publications, dont les suivantes, sans pour autant que cette liste ne
soit exhaustive :
- Que les Indiens contrôlent leurs
système d'éducation, 1972
- Commission royale sur les peuples autochtones, 1996
- Rapport final du groupe de travail du ministre sur
l'Éducation, 2002
- Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones, 2007
- Les Premières Nations doivent contrôler
l'éducation des Premières Nations, 2010
- Rapport du comité sénatorial permanent des peuples
autochtones, 2011
- Rapport conjoint du Conseil de l'Éducation des
Premières Nations, de la nation Nishnawbe Aski et de la
Fédération des nations indiennes de la Saskatchewan, 2011
- Rapport du panel national sur l'éducation des Premières
Nations, 2012
En 1978 et en 1979, les communautés Mohawk
de Kahnawake et d'Akwesasne ont ouvert leurs propres écoles
portant le nom de l'école de Survivance de Kahnawake (une
école secondaire) et l'école de la Liberté
d'Akwesasne (primaire et secondaire de premier cycle). Mettant l'accent
sur l'immersion culturelle et linguistique ainsi que sur l'excellence
académique, ces écoles sont financées par la
communauté qui en a aussi fourni l'infrastructure, et chaque
école a bâti son propre programme d'études. Il
s'agit essentiellement d'écoles privées qui ont dû
entretenir des relations avec les autorités provinciales pour
veiller à ce que les diplômes de leurs étudiants
soient accrédités et reconnus dans les institutions
postsecondaires.
Ces deux écoles sont
le résultat concret des recommandations mises de l'avant dans de
nombreux rapports fédéraux et reflètent les
besoins et les aspirations tels qu'exprimés par les
communautés autochtones. Ce ne sont pas les seuls exemples de
solutions conçues et mises en oeuvre par les communautés
autochtones, mais il reste que le système canadien
d'éducation n'offre pas la latitude nécessaire pour
l'épanouissement d'un système d'éducation
autochtone.
Alors que le financement de l'éducation
autochtone a toujours été totalement inadéquat,
que le contrôle fédéral a fait preuve d'une
incompétence criminelle, il est tout à fait inacceptable
que le gouvernement canadien tente encore une fois de passer à
la hâte un projet de loi qui ne saurait aucunement régler
le problème. Comment est-il possible de régler les
lacunes résultant d'une approche unilatérale en ayant
recours à des politiques toujours aussi
unilatérales ?
Dans l'ensemble, les communautés autochtones
n'ont tout simplement pas les ressources internes pour créer de
toutes pièces un système d'écoles privées
pour mettre fin à l'immense fossé qui existe entre les
étudiants autochtones et non-autochtones en termes de
résultats. S'il est possible de juger une société
selon son système d'éducation, alors le Canada est
nettement coupable de discrimination envers les peuples autochtones en
permettant qu'une telle situation se perpétue et, pire encore,
en le faisant par le biais d'une approche unilatérale et dans
l'esprit d' « agir dans les meilleurs intérêts
des Indiens ».
Si vous vous demandiez pourquoi si peu d'autochtones
appuient le projet de loi sur l'éducation des Premières
Nations, j'espère que j'ai réussi à clarifier un
peu comment la situation se présente. Je vous remercie.
*Chelsea Vowel est une avocate métis
des Cris des Plaines et porte-parole de la communauté de Lac
Ste-Anne, en Alberta. Elle vit et travaille présentement
à Montréal.

Projet de loi C-9, Loi sur les
élections au sein des premières nations
Un instrument pour subvertir la souveraineté des
Premières Nations pour le compte des monopoles
Le 29 octobre, le gouvernement Harper a
déposé à la Chambre des communes le projet de loi
C-9, Loi sur les élections au sein des premières
nations. Dans son communiqué de presse, le ministère
des Affaires autochtones et développement du Nord Canada
déclare : « Le projet de loi donne suite
à l'engagement qu'a pris le gouvernement de faire en sorte que
tous les Canadiens disposent de gouvernements solides, responsables et
transparents. Le projet de loi montre également les
résultats positifs qui peuvent être obtenus lorsqu'on
travaille en partenariat avec les Premières Nations. »
En parlant de ce projet de
loi, Bernard Valcourt, le ministre des Affaires autochtones et du
développement du Nord canadien a déclaré que son
gouvernement « est fier d'appuyer ce projet de loi
historique, qui fournira aux Premières Nations un cadre solide
menant à une réelle amélioration des
élections des Premières Nations ». Il est
étonnant que le ministre puisse se lever au Parlement et faire
une déclaration semblable quand tout le monde sait de
l'expérience directe, y compris les Premières Nations,
que le gouvernement Harper n'est ni transparent, ni responsable et
qu'il est enlisé dans la corruption et dans une grave crise de
légitimité. Il a obtenu son gouvernement majoritaire par
la manière basse avec moins de 25 % des voix
éligibles. Il n'est certainement pas en position de faire la
morale aux Premières Nations sur les élections ou la
démocratie.
En outre, le projet de loi C-9 viole l'article
18 de la Convention des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones, qui consacre le droit des peuples autochtones de choisir
leurs représentants et leurs procédures et de maintenir
leurs propres institutions décisionnelles autochtones.
Le ministre affirme : « Ce nouveau
système donnera aux Premières Nations qui élisent
leurs dirigeants en vertu de ses dispositions la stabilité
politique requise pour attirer des investissements commerciaux majeurs
et assurer une planification à long terme qui stimulera le
développement économique, créera des emplois et
améliorera la qualité de vie dans les
collectivités. »
Ainsi, on peut constater que le projet de loi
C-9 n'a rien à voir avec le gouvernement
« solide, responsable et transparent » . Il a
tout à voir avec subvertir et saper le leadership de ces
Premières Nations qui résistent à l'envahissement
de leurs terres et ressources par les monopoles rapaces du
pétrole, du gaz et des ressources minérales.
« Le gouvernement stable » auquel il fait
référence est un euphémisme pour
déstabilisation et dislocation des communautés des
Premières Nations, comme on le fait pour les peuples autochtones
d'Amérique latine, d'Asie et d'autres régions du monde.
Le gouvernement
prétend que la nouvelle loi sera facultative et
particulièrement adaptée aux besoins des
238 Premières Nations qui tiennent leurs élections
dans le cadre de la Loi sur les Indiens. Cependant le projet
de loi C-9 confère au ministre des Affaires autochtones et
du développement du Nord canadien le pouvoir d'imposer la
nouvelle loi, une fois adoptée, à toute première
nation réputée ne pas être en conformité
avec la définition intéressée du gouvernement
Harper de « gouvernement stable ».
Bien avant que les colons n'arrivent sur le territoire
aujourd'hui appelé Canada, les Premières Nations ont
développé leurs propres systèmes de gouvernance
basés sur leurs traditions et besoins et avaient leurs propres
constitutions, comme la Grande loi de la paix Haudenosaunee.
Ces systèmes de gouvernance sont complexes et comprennent des
arrangements politiques pour eux-mêmes et leurs
confédérations, y compris les méthodes pour
choisir les dirigeants, les mandats, les rôles et les
responsabilités de ceux qui exercent l'autorité et ainsi
de suite, ainsi que les protocoles sur les droits et les
responsabilités des membres des Premières Nations. Ces
systèmes ont été systématiquement subvertis
par les puissances coloniales qui ont imposé leurs propres
« conseils de bande » et autres modèles
externes pour remplacer ces systèmes traditionnels de
gouvernance autochtone afin de faciliter l'assimilation des
Premières Nations dans la société canadienne. La Loi
sur
les élections au sein des Premières Nations du
gouvernement Harper est le plus récent assaut contre les droits
des Premières Nations à la souveraineté.
La question de la
gouvernance préoccupe autant les Canadiens et les
Premières Nations. Le système électoral au Canada,
que le gouvernement Harper veut imposer aux Premières Nations
avec le projet de loi C-9 afin d'assurer « un
gouvernement stable », nie le droit des Canadiens à
la gouvernance et les marginalise politiquement. Sans jouir du droit
à la gouvernance, il est impossible pour un peuple d'exercer le
pouvoir politique afin de déterminer toutes les affaires qui les
concernent, lui et sa société. Le système
politique et économique du Canada est en crise et le
gouvernement Harper qui représente les intérêts
étroits d'un petit groupe de capitalistes monopolistes et leurs
intérêts, fait usage de la force et criminalise les luttes
des Premières Nations et du peuple canadien. Nous avons une
cause commune dans le renouveau du système politique au Canada
pour que le droit à la gouvernance soit confié au peuple
et aux Premières Nations libérés de
l'héritage du racisme, du colonialisme et de la violence qui a
marqué à ce jour leur relation avec le Canada.
Non à la Loi sur les
élections au sein des Premières Nations !
Luttons pour le renouveau démocratique !

À titre d'information : le projet de loi C-9
Le 29 octobre 2013, le gouvernement Harper a
réintroduit le projet de loi C-9 à la Chambre des
communes. Ce projet de loi, « Loi concernant
l'élection et le mandat des chefs et des conseillers de
certaines Premières Nations et la composition de leurs conseils
respectifs », a été introduit en
décembre 2011 en tant que projet de loi C-6. Le
gouvernement Harper a prétendu que c'était en
réponse aux pressions de certaines Premières Nations pour
nettoyer le processus électoral parmi les
238 Premières Nations qui exercent leurs élections
dans le cadre de la Loi sur les Indiens. Le projet de loi
C-6 a été contesté par de nombreuses
Premières Nations comme une violation de leurs droits ancestraux
de mener leurs élections selon ce qu'elles décident
elles-mêmes, non pas selon ce que le gouvernement Harper
décide. Pourtant, le projet de loi C- 6 a été
adopté par le Sénat. Il a été bloqué
lorsque le Parlement a été prorogé par le
gouvernement Harper plus tôt cette année .
Sur les
617 Premières Nations au Canada, environ 238 (à
peu près 40 %) gèrent présentement des
élections en conformité avec les dispositions
électorales de la Loi sur les Indiens. Un nombre
additionnel de 343 Premières Nations ( 55 %) ont des
codes électoraux coutumiers ou conçus par les
communautés alors que 36 Premières Nations
(5 %) sélectionnent les dirigeants conformément aux
constitutions contenues dans leurs accords sur l'autonomie
gouvernementale.
Selon les informations fournies par le gouvernement
Harper, la Loi électorale des Premières Nations serait
avantageuse
pour les Premières Nations qui tiennent actuellement
des élections en vertu de la Loi sur les Indiens car
elle apporte des « mesures énergiques »
qui mèneront à la
« stabilité » au sein des
communautés des Premières Nations.
Les dispositions du projet de loi
C-9 remplaceraient les présents mandats de deux ans pour
les membres du conseil de bande et les chefs par un mandat de quatre
ans ; enlèveraient au ministre des Affaires autochtones et
du développement du Nord canadien le rôle de
décider quant aux contestations d'élections et
permettraient à n'importe quel membre des Premières
Nations de contester le résultat des élections devant la
Cour fédérale; permettraient à un groupe de
Premières Nations de tenir des élections le même
jour si elles le désirent ; permettraient à
quelconque Première Nation, si elle le souhaite, de facturer des
frais remboursables de candidature d'au plus de 250 $ en autant
que le candidat obtient au moins 5 % des suffrages
exprimés ; incluraient des sanctions pour obstruction au
processus électoral et pour fraude électorale ainsi que
des règlements concernant le vote par correspondance et le vote
par anticipation et un mécanisme de rappel des élus par
le biais d'une pétition.
L'aspect le plus important du projet de loi, c'est que
même si les Premières Nations peuvent s'y soustraire, le
ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord
canadien a le pouvoir de contraindre les 238 Premières
Nations qui gèrent actuellement leurs élections selon les
dispositions de la Loi sur les Indiens,ainsi que les
343 Premières Nations exerçant leurs
élections selon leurs propres coutumes, en dehors de la Loi
sur les Indiens, à souscrire à ce régime s'il
est reconnu que des
« irrégularités » ont
été commises sur la façon qu'elles ont tenu les
élections. C'est extrêmement inquiétant puisque le
gouvernement Harper, qui a obtenu sa majorité par
différentes méthodes de suppression du vote et qui a
commis nombre d'irrégularités lors de la dernière
élection fédérale, est très mal
placé pour empêcher « les
irrégularités » lors des élections
tenues par les Premières Nations.
Le projet de loi
C-9 est calqué sur les lois électorales canadiennes.
Visiblement, il vise à créer des conflits et à
diviser les communautés des Premières Nations par le
biais d'un processus électoral permettant l'intervention directe
de l'État dans la gouvernance des Premières Nations, en
particulier celle de ces Premières Nations qui n'ont pas
adopté le programme du gouvernement Harper d'ouverture de leurs
terres et ressources aux monopoles commerciaux extérieurs.
Partout au Canada, la grande majorité des Premières
Nations se sont opposées à ce projet de loi depuis qu'il
a été présenté en décembre
2011 car il viole leur droit de choisir leurs dirigeants, à
leur manière, et le gouvernement Harper n'a pas à leur
dicter leurs façons de faire.
Ce projet de loi a été adopté en
première et deuxième lectures à la Chambre des
communes et est maintenant devant le Comité permanent des
affaires autochtones et du développement du Grand Nord.

Préparatifs pour la guerre
d'agression impérialiste
Jeux de guerre de l'OTAN des États-Unis et de la
Turquie au large des côtes syriennes
- Michel Chossudovsky -
Selon les reportages de la presse
turque, le haut
commandement de la Turquie sera l'hôte de l'exercice militaire
Invitex de l'OTAN en Méditerranée orientale, un geste
évident de provocation envers la Syrie.
L'exercice militaire Invitex-Eastern Mediterranean est
prévu du 4 au
14 novembre.
Silence assourdissant : pas un seul média
occidental n'a mentionné ces jeux de guerre.
Le communiqué officiel du haut commandement des
Forces armées turques (TSK) suggère un scénario de
jeux de guerre impliquant une guerre régionale et fondé
sur l'hypothèse d'une escalade militaire dans la guerre
secrète menée par les États-Unis, l'OTAN et
Israël en Syrie. Les pays considérés comme une
menace pour la Turquie et
l'OTAN ne sont pas mentionnés.
Selon la dépêche des Forces armées
turques, différents types d'opérations navales sont
envisagés. Bien que le mot « guerre » ne
soit pas mentionné, l'objectif déclaré consiste
à « traiter une crise régionale »,
probablement par des moyens militaires plutôt que diplomatiques.
Le but est
d'« améliorer la
coopération et la formation mutuelle entre les pays
participants ». À lire entre les lignes, cela
suggère une meilleure coordination militaire contre des ennemis
potentiels au Moyen-Orient, dont la Syrie et l'Iran.
« Selon une déclaration des Forces
armées turques (TSK) du 4 novembre, les plateformes de
l'OTAN, de la Marine étasunienne, des Forces navales,
aériennes et de la Garde côtière turques
participeront à l'exercice » (Hurriyet Daily News,
Turquie)
On prévoit un important déploiement de la
puissance aérienne et navale. Selon le communiqué des
TSK, les unités participantes sont :
SNMG-2 de l'OTAN (trois frégates), la marine
étasunienne (une frégate), la marine turque (trois
frégates, deux corvettes, quatre bateaux d'attaque rapide, trois
sous-marins, deux pétroliers, deux patrouilleurs, un navire de
débarquement, un remorqueur, un aéronef de patrouille
maritime, cinq hélicoptères, une équipe amphibie,
une équipe
navale de destruction d'ADM (Multi National Maritime Security Center of
Excellence), la Garde côtière turque (trois bateaux) et la
Force aérienne turque. (Ibid.)
Les frégates sont utilisées pour les
opérations amphibies et le débarquement de forces
terrestres. Il est à noter que les jeux de guerre comprennent
sept frégates, sans compter le navire de débarquement et
une équipe amphibie.
SNMG 2 fait référence à
Standing NATO Maritime Group 2, NATO
standing maritime Immediate Reaction Forces (Groupe maritime permanent
de l'OTAN 2, Forces maritimes permanentes de Réaction
immédiate de l'OTAN). SNMG 2 est « une force
maritime multinationale et intégrée, composée de
navires de diverses
nations alliées qui s'entraînent et opèrent
ensemble comme une seule équipe ». Les États
membres de l'OTAN impliqués dans les jeux de guerre n'ont pas
été divulgués.
Fait important, ces jeux de guerre chevauchent des
exercices militaires bilatéraux entre la Turquie et la Jordanie,
dans lesquels participent les forces spéciales des deux pays.

De Zeven
Provinciën, frégate de classe
(Pays-Bas) |
Ces exercices bilatéraux entre la Turquie et la
Jordanie n'ont pas fait l'objet d'une couverture médiatique. Ils
doivent se terminer le 9 Novembre.
Ces
exercices
consistent à renforcer la coopération
militaire entre les deux pays, qui tous deux utilisent des forces
spéciales dans la formation et l'hébergement de
mercenaires rebelles.
L'objectif des jeux de guerre est de menacer la Syrie.
Les deux ensembles de jeux de guerre seront
coordonnés. À cet égard, on semble envisager un
scénario d'invasion d'un pays ennemi non nommé par des
navires de guerre stationnés en Méditerranée
orientale et soutenus par une puissance aérienne. Cette
opération serait menée en coordination avec les
États-Unis, l'OTAN et des forces spéciales
alliés sur le terrain opérant à partir de la
Turquie et de la Jordanie, et appuyant des forces rebelles
affiliées à Al-Qaïda.
L'appui de la Turquie et de la Jordanie à
l'afflux de mercenaires et de forces spéciales clandestines en
Syrie, y compris d'escadrons de la mort, aux frontières nord et
sud du pays, est amplement documenté.
La Russie est-elle menacée par ces jeux de
guerre ? La Russie est un allié de la Syrie. Elle a une
base navale en Méditerranée orientale, opérant
à partir du port de Tartous au sud de la Syrie.
Amère ironie du sort, l'OTAN mène des jeux
de guerre à grande échelle à proximité de
la frontière russe, coïncidant avec les exercices
militaires Invitex. L'Ukraine, qui n'est pas membre de l'OTAN,
participe à ces jeux de guerre visant la Russie.
« L'exercice militaire, appelé
Steadfast Jazz, verra l'alliance
occidentale mettre à l'épreuve 6000 de ses soldats,
marins et aviateurs en Pologne et dans la région de la mer
Baltique du 2 au 9 novembre
[ ] »
Pendant ce temps, les États-Unis menacent la
Chine dans le cadre du virage asiatique d'Obama : du 25 au
28 octobre, le Navy
Carrier Strike Group Five des États-Unis (le plus grand groupe
d'attaque des États-Unis), dirigé par le USS George
Washington, a pris part à des exercices militaires conjoints en
mer de Chine du
Sud.

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