Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 165 - 13 novembre 2013

Le gouvernement Harper poursuit ses politiques racistes

Non, c'est non! Unis avec les Premières Nations pour leur droit d'éduquer leurs enfants!


Le gouvernement Harper poursuit ses politiques racistes
Non, c'est non! Unis avec les Premières Nations pour leur droit d'éduquer leurs enfants!
Des pensionnats à la Loi sur l'éducation des Premières Nations : le colonialisme se poursuit - Chelsea Vowel

Projet de loi C-9, Loi sur les élections au sein des premières nations
Un instrument pour subvertir la souveraineté des Premières Nations pour le compte des monopoles
À titre d'information : le projet de loi C-9

Préparatifs pour la guerre d'agression impérialiste
Jeux de guerre de l'OTAN des États-Unis et de la Turquie au large des côtes syriennes - Michel Chossudovsky


Le gouvernement Harper poursuit ses politiques racistes

Non, c'est non! Unis avec les Premières Nations pour leur droit d'éduquer leurs enfants!

Le 22 octobre, le gouvernement Harper a publié son « Travaillons ensemble pour les élèves des Premières Nations », l'« ébauche finale » de son document cadre en préparation du projet de loi sur l'éducation des Premières Nations qui suscite tant d'opposition. Le gouvernement compte déposer ce projet de loi en janvier et se servir de sa majorité parlementaire obtenue par des moyens douteux pour le mettre en oeuvre dès septembre 2014. Le constat qui sous-tend ce document d'ébauche finale est de rendre les Premières Nations les seules responsables des problèmes causés par l'État canadien depuis sa création jusqu'à ce jour.

L'objectif politique du projet de loi sur l'éducation des Premières Nations est d'éliminer les droits ancestraux, constitutionnels et issus de traités des Premières Nations, en l'occurrence le droit de décider des questions touchant à l'éducation de leurs enfants sur leurs propres territoires. Cette loi, comme toutes les autres à l'ordre du jour législatif du gouvernement Harper, font partie d'une campagne de terreur de l'État contre les Premières Nations pour éliminer leurs droits historiques et ancestraux et en faire de simples accessoires de la société canadienne - des groupes ethniques vivant dans des municipalités, sujets aux lois et aux règlements imposés par l'État, sans tenir aucun compte de leur statut de Premières Nations. Il s'agit de mesures illégales qui sont en violation des lois internationales protégeant les droits des peuples autochtones.

Le plan « Travaillons ensemble pour les élèves des Premières Nations » consiste essentiellement à accorder un pouvoir absolu au ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien. Le ministre serait l'ultime arbitre sur toutes les questions touchant à l'éducation des Premières Nations. Il pourra notamment forcer les Premières Nations à gérer leurs écoles comme les écoles dites régulières du reste du Canada et, qui plus est, sans dépasser les budgets alloués. C'est un déni total du sous-financement des écoles des Premières Nations, qui a mené à une situation de crise de la scolarisation des Premières Nations. Une fois le projet de loi adopté, il ne sera pas possible d'y échapper à moins d'une entente distincte entre une Première Nation et l'État canadien. Aussi, les Premières Nations n'auront aucun recours puisque la nouvelle loi interdit toute contestation judiciaire des décisions du ministère ou de tout agent ou employé fédéral pour « tout ce qui a été fait ou omis d'être fait de bonne foi » ! Les Premières Nations porteront tout le poids de la responsabilité à la place du gouvernement.

« Travaillons ensemble pour les élèves des Premières Nations » est clair dans ses intentions d'imposer le modèle d'éducation du reste du Canada aux Premières Nations, modèle qui est en soi un échec. Qui plus est, les Premières Nations ne recevront aucun financement additionnel. Les Canadiens ne sont pas sans savoir que le système d'éducation public tel qu'il existe partout au Canada est en crise à cause des compressions budgétaires, de la privatisation des services, de l'introduction de frais couvrant les activités parascolaires et du gel des salaires et des régimes de retraite des enseignants et des travailleurs de l'éducation - dans le but, évidemment, de payer les riches. Ce modèle, qui est un échec et qui a mené à la détérioration de la qualité de l'éducation et des perspectives d'avenir de nos enfants, sera ainsi imposé aux Premières Nations. Cela ne fera qu'exacerber la crise que vivent les Premières Nations et servira de justification à une ingérence accrue de l'État canadien dans les affaires des communautés des Premières Nations.

Si le gouvernement Harper voulait vraiment rendre le système d'éducation plus efficace pour les élèves des Premières Nations, il commencerait par rembourser tout le financement qui en a été retiré depuis 1996, lorsque le gouvernement libéral de Chrétien a gelé le financement. Le gel est resté. Il augmenterait ce financement de façon considérable pour répondre aux besoins croissants de la jeunesse et des étudiants des Premières Nations dont la croissance démographique est la plus importante au Canada.

L'approfondissement de la crise politique et économique au Canada se reflète dans le refus du gouvernement Harper de reconnaître les droits des Premières Nations quels qu'ils soient. Il appelle au renforcement de l'unité politique des Canadiens et des Premières Nations pour mettre fin à la dictature Harper qui bafoue les droits de tous. Le peuple doit être habileté à prendre le contrôle de ses affaires économiques, politiques et sociales et à renouveler les arrangements politiques du Canada, pour établir un État canadien moderne et démocratique qui peut vivre de façon pacifique avec les Premières Nations, qui respecte leur droit historique, ancestral et constitutionnel à l'autodétermination et qui remédie une fois pour toutes aux torts historiques commis par l'État colonial canadien envers les Premières Nations.

Non, c'est non ! Non au projet de loi sur l'éducation des Premières Nations!
Pour de nouveaux arrangements politiques au Canada!

Haut de page


Des pensionnats à la Loi sur l'éducation des Premières Nations : le colonialisme se poursuit

L'éducation est perçue comme un élément important de la réussite future des enfants qui reçoivent l'éducation, mais aussi de la société dans son ensemble. Nous nous servons des taux de diplomation secondaire et postsecondaire pour tenter de déterminer l'efficacité et l'accessibilité d'un système d'éducation. Ces informations nous permettent non seulement de déterminer combien d'individus atteignent un niveau d'éducation souhaitable, mais aussi l'état de santé générale de la société.

Il n'existe pas de système d'éducation autochtone au Canada. Cette réalité est parfois obscurcie par le fait qu'il y ait des écoles de réserve ou de bande ou même des écoles à charte à « contenu autochtone ». Le système d'éducation tel qu'il existe au Canada est entièrement canadien, tant sur le plan législatif que sur la façon dont il est dispensé.

Les inégalités dans le financement et dans les résultats des
étudiants autochtones ne datent pas d'hier

Le système d'éducation canadien ne répond pas aux besoins des peuples autochtones. Cela ne fait aucun doute. Peu importe les opinions personnelles, l'étroitesse d'esprit ou les stéréotypes, les statistiques permettent d'en dresser un portrait clair bien que peu reluisant. De façon générale, lorsque nous examinons la situation d'autres pays en termes de taux de diplômation secondaire et postsecondaire, nous ne faisons pas reposer la responsabilité des faibles résultats sur le dos des individus. La raison en est que l'éducation est une entreprise sociale qui transcende les individus et même les groupes minoritaires. L'éducation exige du gouvernement qu'il se mobilise à tous les niveaux et elle a des répercussions sur toute personne sans exception vivant dans les confins de ce système d'éducation.

Les statistiques : les résultats

- Un fossé indéniable s'installe pour ce qui est des résultats entre les étudiants autochtones et non-autochtones dès la quatrième année et il se creuse encore davantage jusqu'à la septième année.

- 40 % des étudiants autochtones âgés de 20 à 24 ans n'ont pas de diplôme d'études secondaires tandis que pour les non-autochtones, le pourcentage est de 13 %.

- Les taux d'abandon de l'école secondaire sont plus élevés sur les réserves (61 %) et parmi les Inuits dans les communautés éloignées (68 %).

- 9 % de la population autochtone obtient un diplôme universitaire tandis que pour les étudiants non-autochtones, c'est 26 %. 63 % des diplômés universitaires sont des femmes.

Les statistiques : le financement

- Le financement de l'éducation pour les non-autochtones provient des provinces. L'éducation autochtone est financée par le fédéral. L'éducation des Métis et des Indiens non inscrits est financée uniquement par le provincial.

- La formule de financement fédéral pour les écoles des réserves a été limitée à une croissance de 2 % par année depuis 1996, alors que les besoins ont augmenté de 6,3 % par année, créant ainsi un manque à gagner de 1,5 milliards $ entre 1996 et 2008 pour les services d'enseignement.

- Seulement 57 % du financement fédéral des Premières Nations est alloué aux écoles des Premières Nations. Le reste est alloué aux étudiants fréquentant les écoles hors réserve.

- Contrairement aux écoles provinciales, les écoles des Premières Nations ne reçoivent aucun financement pour leurs livres de bibliothèques, le salaire des bibliothécaires, la construction et les frais d'entretien des bibliothèques d'école, ni aucun financement pour la formation professionnelle et pour les technologies de communication et d'information, ni pour les sports et les loisirs.

- En 2007, il y avait un besoin de 69 nouvelles écoles pour les Premières Nations partout au Canada et 27 des écoles existantes nécessitaient des rénovations majeures. Le financement fédéral n'a permis que la construction de 21 nouvelles écoles et de 16 projets de rénovation.

- En dépit des prétentions des Affaires autochtones et du Nord canadien, un rapport fédéral récent confirme qu'il existe de graves lacunes dans le financement de l'éducation des Premières Nations qui doivent être corrigées immédiatement, tout en prévoyant des améliorations à long terme avec la participation active des Premières Nations en tant que partenaires.

- Le financement postsecondaire, disponible uniquement pour les Indiens inscrits et les Inuits, a des lacunes historiques par rapport aux besoins, créant ainsi un retard qui s'exprime dans le fait que 10 589 étudiants qui n'ont pu obtenir de l'aide financière entre 2001-2006.

(Les statistiques ci-haut mentionnées proviennent de l'Institut C.D. Howe, dans son rapport Understanding the Aboriginal/Non-Aboriginal Gaps in Student Performance.)

La loi sur l'éducation des Premières Nations :
encore une fois une approche unilatérale

Malgré de nombreux rapports (de la Commission royale sur les peuples autochtones de 1996 au plus récent rapport déposé en 2012) qui recommandent que le gouvernement fédéral cesse d'agir unilatéralement et sans consulter les Premières Nations, c'est précisément ce qui se produit à nouveau avec le projet de loi sur l'éducation des Premières Nations.

Personne n'a jamais vu cette loi qui doit être mise en oeuvre dès septembre 2014. Plutôt, une ébauche de projet de loi a été créée qui devra être « présentée aux communautés des Premières Nations pour qu'elles puissent se prononcer ». Le gouvernement fédéral prétend qu'il consulte les Premières Nations de façon satisfaisante depuis le début, mais les leaders des Premières Nations ont été très volubiles à ce sujet : ils ne sont pas du tout satisfaits de cette façon de procéder. La soi-disant consultation menant au projet de loi n'est le résultat que de huit sessions consultatives, d'environ 30 téléconférences et de quelques activités en ligne.

La feuille de route du gouvernement canadien est peu reluisante en matière d'éducation autochtone. Comment croire que cette fois sera la bonne, alors qu'il n'a pas sérieusement consulté ou travaillé avec ceux qui seront le plus touchés par ses décisions ?

Nous le ferons nous-mêmes, merci!

L'éducation autochtone requiert une planification, un développement et un contrôle autochtones.

Le Canada doit se résigner à écouter ce que les peuples autochtones revendiquent depuis des années : nos systèmes d'éducation doivent accorder davantage d'importance à nos cultures et à nos langues. Cette approche a reçu l'appui de nombreuses publications, dont les suivantes, sans pour autant que cette liste ne soit exhaustive :

- Que les Indiens contrôlent leurs système d'éducation, 1972
- Commission royale sur les peuples autochtones, 1996
- Rapport final du groupe de travail du ministre sur l'Éducation, 2002
- Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, 2007
- Les Premières Nations doivent contrôler l'éducation des Premières Nations, 2010
- Rapport du comité sénatorial permanent des peuples autochtones, 2011
- Rapport conjoint du Conseil de l'Éducation des Premières Nations, de la nation Nishnawbe Aski et de la Fédération des nations indiennes de la Saskatchewan, 2011
- Rapport du panel national sur l'éducation des Premières Nations, 2012

En 1978 et en 1979, les communautés Mohawk de Kahnawake et d'Akwesasne ont ouvert leurs propres écoles portant le nom de l'école de Survivance de Kahnawake (une école secondaire) et l'école de la Liberté d'Akwesasne (primaire et secondaire de premier cycle). Mettant l'accent sur l'immersion culturelle et linguistique ainsi que sur l'excellence académique, ces écoles sont financées par la communauté qui en a aussi fourni l'infrastructure, et chaque école a bâti son propre programme d'études. Il s'agit essentiellement d'écoles privées qui ont dû entretenir des relations avec les autorités provinciales pour veiller à ce que les diplômes de leurs étudiants soient accrédités et reconnus dans les institutions postsecondaires.

Ces deux écoles sont le résultat concret des recommandations mises de l'avant dans de nombreux rapports fédéraux et reflètent les besoins et les aspirations tels qu'exprimés par les communautés autochtones. Ce ne sont pas les seuls exemples de solutions conçues et mises en oeuvre par les communautés autochtones, mais il reste que le système canadien d'éducation n'offre pas la latitude nécessaire pour l'épanouissement d'un système d'éducation autochtone.

Alors que le financement de l'éducation autochtone a toujours été totalement inadéquat, que le contrôle fédéral a fait preuve d'une incompétence criminelle, il est tout à fait inacceptable que le gouvernement canadien tente encore une fois de passer à la hâte un projet de loi qui ne saurait aucunement régler le problème. Comment est-il possible de régler les lacunes résultant d'une approche unilatérale en ayant recours à des politiques toujours aussi unilatérales ?

Dans l'ensemble, les communautés autochtones n'ont tout simplement pas les ressources internes pour créer de toutes pièces un système d'écoles privées pour mettre fin à l'immense fossé qui existe entre les étudiants autochtones et non-autochtones en termes de résultats. S'il est possible de juger une société selon son système d'éducation, alors le Canada est nettement coupable de discrimination envers les peuples autochtones en permettant qu'une telle situation se perpétue et, pire encore, en le faisant par le biais d'une approche unilatérale et dans l'esprit d' « agir dans les meilleurs intérêts des Indiens ».

Si vous vous demandiez pourquoi si peu d'autochtones appuient le projet de loi sur l'éducation des Premières Nations, j'espère que j'ai réussi à clarifier un peu comment la situation se présente. Je vous remercie.

*Chelsea Vowel est une avocate métis des Cris des Plaines et porte-parole de la communauté de Lac Ste-Anne, en Alberta. Elle vit et travaille présentement à Montréal.

(Source : Huffington Post. Traduction : LML)

Haut de page


Projet de loi C-9, Loi sur les élections au sein des premières nations

Un instrument pour subvertir la souveraineté des Premières Nations pour le compte des monopoles

Le 29 octobre, le gouvernement Harper a déposé à la Chambre des communes le projet de loi C-9, Loi sur les élections au sein des premières nations. Dans son communiqué de presse, le ministère des Affaires autochtones et développement du Nord Canada déclare : « Le projet de loi donne suite à l'engagement qu'a pris le gouvernement de faire en sorte que tous les Canadiens disposent de gouvernements solides, responsables et transparents. Le projet de loi montre également les résultats positifs qui peuvent être obtenus lorsqu'on travaille en partenariat avec les Premières Nations. »

En parlant de ce projet de loi, Bernard Valcourt, le ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien a déclaré que son gouvernement « est fier d'appuyer ce projet de loi historique, qui fournira aux Premières Nations un cadre solide menant à une réelle amélioration des élections des Premières Nations ». Il est étonnant que le ministre puisse se lever au Parlement et faire une déclaration semblable quand tout le monde sait de l'expérience directe, y compris les Premières Nations, que le gouvernement Harper n'est ni transparent, ni responsable et qu'il est enlisé dans la corruption et dans une grave crise de légitimité. Il a obtenu son gouvernement majoritaire par la manière basse avec moins de 25 % des voix éligibles. Il n'est certainement pas en position de faire la morale aux Premières Nations sur les élections ou la démocratie.

En outre, le projet de loi C-9 viole l'article 18 de la Convention des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui consacre le droit des peuples autochtones de choisir leurs représentants et leurs procédures et de maintenir leurs propres institutions décisionnelles autochtones.

Le ministre affirme : « Ce nouveau système donnera aux Premières Nations qui élisent leurs dirigeants en vertu de ses dispositions la stabilité politique requise pour attirer des investissements commerciaux majeurs et assurer une planification à long terme qui stimulera le développement économique, créera des emplois et améliorera la qualité de vie dans les collectivités. »

Ainsi, on peut constater que le projet de loi C-9 n'a rien à voir avec le gouvernement « solide, responsable et transparent » . Il a tout à voir avec subvertir et saper le leadership de ces Premières Nations qui résistent à l'envahissement de leurs terres et ressources par les monopoles rapaces du pétrole, du gaz et des ressources minérales. « Le gouvernement stable » auquel il fait référence est un euphémisme pour déstabilisation et dislocation des communautés des Premières Nations, comme on le fait pour les peuples autochtones d'Amérique latine, d'Asie et d'autres régions du monde.

Le gouvernement prétend que la nouvelle loi sera facultative et particulièrement adaptée aux besoins des 238 Premières Nations qui tiennent leurs élections dans le cadre de la Loi sur les Indiens. Cependant le projet de loi C-9 confère au ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien le pouvoir d'imposer la nouvelle loi, une fois adoptée, à toute première nation réputée ne pas être en conformité avec la définition intéressée du gouvernement Harper de « gouvernement stable ».

Bien avant que les colons n'arrivent sur le territoire aujourd'hui appelé Canada, les Premières Nations ont développé leurs propres systèmes de gouvernance basés sur leurs traditions et besoins et avaient leurs propres constitutions, comme la Grande loi de la paix Haudenosaunee. Ces systèmes de gouvernance sont complexes et comprennent des arrangements politiques pour eux-mêmes et leurs confédérations, y compris les méthodes pour choisir les dirigeants, les mandats, les rôles et les responsabilités de ceux qui exercent l'autorité et ainsi de suite, ainsi que les protocoles sur les droits et les responsabilités des membres des Premières Nations. Ces systèmes ont été systématiquement subvertis par les puissances coloniales qui ont imposé leurs propres « conseils de bande » et autres modèles externes pour remplacer ces systèmes traditionnels de gouvernance autochtone afin de faciliter l'assimilation des Premières Nations dans la société canadienne. La Loi sur les élections au sein des Premières Nations du gouvernement Harper est le plus récent assaut contre les droits des Premières Nations à la souveraineté.

La question de la gouvernance préoccupe autant les Canadiens et les Premières Nations. Le système électoral au Canada, que le gouvernement Harper veut imposer aux Premières Nations avec le projet de loi C-9 afin d'assurer « un gouvernement stable », nie le droit des Canadiens à la gouvernance et les marginalise politiquement. Sans jouir du droit à la gouvernance, il est impossible pour un peuple d'exercer le pouvoir politique afin de déterminer toutes les affaires qui les concernent, lui et sa société. Le système politique et économique du Canada est en crise et le gouvernement Harper qui représente les intérêts étroits d'un petit groupe de capitalistes monopolistes et leurs intérêts, fait usage de la force et criminalise les luttes des Premières Nations et du peuple canadien. Nous avons une cause commune dans le renouveau du système politique au Canada pour que le droit à la gouvernance soit confié au peuple et aux Premières Nations libérés de l'héritage du racisme, du colonialisme et de la violence qui a marqué à ce jour leur relation avec le Canada.

Non à la Loi sur les élections au sein des Premières Nations !
Luttons pour le renouveau démocratique !

Haut de page


À titre d'information : le projet de loi C-9

Le 29 octobre 2013, le gouvernement Harper a réintroduit le projet de loi C-9 à la Chambre des communes. Ce projet de loi, « Loi concernant l'élection et le mandat des chefs et des conseillers de certaines Premières Nations et la composition de leurs conseils respectifs », a été introduit en décembre 2011 en tant que projet de loi C-6. Le gouvernement Harper a prétendu que c'était en réponse aux pressions de certaines Premières Nations pour nettoyer le processus électoral parmi les 238 Premières Nations qui exercent leurs élections dans le cadre de la Loi sur les Indiens. Le projet de loi C-6 a été contesté par de nombreuses Premières Nations comme une violation de leurs droits ancestraux de mener leurs élections selon ce qu'elles décident elles-mêmes, non pas selon ce que le gouvernement Harper décide. Pourtant, le projet de loi C- 6 a été adopté par le Sénat. Il a été bloqué lorsque le Parlement a été prorogé par le gouvernement Harper plus tôt cette année .

Sur les 617 Premières Nations au Canada, environ 238 (à peu près 40 %) gèrent présentement des élections en conformité avec les dispositions électorales de la Loi sur les Indiens. Un nombre additionnel de 343 Premières Nations ( 55 %) ont des codes électoraux coutumiers ou conçus par les communautés alors que 36 Premières Nations (5 %) sélectionnent les dirigeants conformément aux constitutions contenues dans leurs accords sur l'autonomie gouvernementale.

Selon les informations fournies par le gouvernement Harper, la Loi électorale des Premières Nations serait avantageuse pour les Premières Nations qui tiennent actuellement des élections en vertu de la Loi sur les Indiens car elle apporte des « mesures énergiques » qui mèneront à la « stabilité » au sein des communautés des Premières Nations.

Les dispositions du projet de loi C-9 remplaceraient les présents mandats de deux ans pour les membres du conseil de bande et les chefs par un mandat de quatre ans ; enlèveraient au ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien le rôle de décider quant aux contestations d'élections et permettraient à n'importe quel membre des Premières Nations de contester le résultat des élections devant la Cour fédérale; permettraient à un groupe de Premières Nations de tenir des élections le même jour si elles le désirent ; permettraient à quelconque Première Nation, si elle le souhaite, de facturer des frais remboursables de candidature d'au plus de 250 $ en autant que le candidat obtient au moins 5 % des suffrages exprimés ; incluraient des sanctions pour obstruction au processus électoral et pour fraude électorale ainsi que des règlements concernant le vote par correspondance et le vote par anticipation et un mécanisme de rappel des élus par le biais d'une pétition.

L'aspect le plus important du projet de loi, c'est que même si les Premières Nations peuvent s'y soustraire, le ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien a le pouvoir de contraindre les 238 Premières Nations qui gèrent actuellement leurs élections selon les dispositions de la Loi sur les Indiens,ainsi que les 343 Premières Nations exerçant leurs élections selon leurs propres coutumes, en dehors de la Loi sur les Indiens, à souscrire à ce régime s'il est reconnu que des « irrégularités » ont été commises sur la façon qu'elles ont tenu les élections. C'est extrêmement inquiétant puisque le gouvernement Harper, qui a obtenu sa majorité par différentes méthodes de suppression du vote et qui a commis nombre d'irrégularités lors de la dernière élection fédérale, est très mal placé pour empêcher « les irrégularités » lors des élections tenues par les Premières Nations.

Le projet de loi C-9 est calqué sur les lois électorales canadiennes. Visiblement, il vise à créer des conflits et à diviser les communautés des Premières Nations par le biais d'un processus électoral permettant l'intervention directe de l'État dans la gouvernance des Premières Nations, en particulier celle de ces Premières Nations qui n'ont pas adopté le programme du gouvernement Harper d'ouverture de leurs terres et ressources aux monopoles commerciaux extérieurs. Partout au Canada, la grande majorité des Premières Nations se sont opposées à ce projet de loi depuis qu'il a été présenté en décembre 2011 car il viole leur droit de choisir leurs dirigeants, à leur manière, et le gouvernement Harper n'a pas à leur dicter leurs façons de faire.

Ce projet de loi a été adopté en première et deuxième lectures à la Chambre des communes et est maintenant devant le Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord.

Haut de page


Préparatifs pour la guerre d'agression impérialiste

Jeux de guerre de l'OTAN des États-Unis et de la Turquie au large des côtes syriennes

Selon les reportages de la presse turque, le haut commandement de la Turquie sera l'hôte de l'exercice militaire Invitex de l'OTAN en Méditerranée orientale, un geste évident de provocation envers la Syrie.

L'exercice militaire Invitex-Eastern Mediterranean est prévu du 4 au 14 novembre.

Silence assourdissant : pas un seul média occidental n'a mentionné ces jeux de guerre.

Le communiqué officiel du haut commandement des Forces armées turques (TSK) suggère un scénario de jeux de guerre impliquant une guerre régionale et fondé sur l'hypothèse d'une escalade militaire dans la guerre secrète menée par les États-Unis, l'OTAN et Israël en Syrie. Les pays considérés comme une menace pour la Turquie et l'OTAN ne sont pas mentionnés.

Selon la dépêche des Forces armées turques, différents types d'opérations navales sont envisagés. Bien que le mot « guerre » ne soit pas mentionné, l'objectif déclaré consiste à « traiter une crise régionale », probablement par des moyens militaires plutôt que diplomatiques.

Le but est d'« améliorer la coopération et la formation mutuelle entre les pays participants ». À lire entre les lignes, cela suggère une meilleure coordination militaire contre des ennemis potentiels au Moyen-Orient, dont la Syrie et l'Iran.

« Selon une déclaration des Forces armées turques (TSK) du 4 novembre, les plateformes de l'OTAN, de la Marine étasunienne, des Forces navales, aériennes et de la Garde côtière turques participeront à l'exercice » (Hurriyet Daily News, Turquie)

On prévoit un important déploiement de la puissance aérienne et navale. Selon le communiqué des TSK, les unités participantes sont :

SNMG-2 de l'OTAN (trois frégates), la marine étasunienne (une frégate), la marine turque (trois frégates, deux corvettes, quatre bateaux d'attaque rapide, trois sous-marins, deux pétroliers, deux patrouilleurs, un navire de débarquement, un remorqueur, un aéronef de patrouille maritime, cinq hélicoptères, une équipe amphibie, une équipe navale de destruction d'ADM (Multi National Maritime Security Center of Excellence), la Garde côtière turque (trois bateaux) et la Force aérienne turque. (Ibid.)

Les frégates sont utilisées pour les opérations amphibies et le débarquement de forces terrestres. Il est à noter que les jeux de guerre comprennent sept frégates, sans compter le navire de débarquement et une équipe amphibie.

SNMG 2 fait référence à Standing NATO Maritime Group 2, NATO standing maritime Immediate Reaction Forces (Groupe maritime permanent de l'OTAN 2, Forces maritimes permanentes de Réaction immédiate de l'OTAN). SNMG 2 est « une force maritime multinationale et intégrée, composée de navires de diverses nations alliées qui s'entraînent et opèrent ensemble comme une seule équipe ». Les États membres de l'OTAN impliqués dans les jeux de guerre n'ont pas été divulgués.

Fait important, ces jeux de guerre chevauchent des exercices militaires bilatéraux entre la Turquie et la Jordanie, dans lesquels participent les forces spéciales des deux pays.


De Zeven Provinciën, frégate de classe (Pays-Bas)

Ces exercices bilatéraux entre la Turquie et la Jordanie n'ont pas fait l'objet d'une couverture médiatique. Ils doivent se terminer le 9 Novembre. Ces exercices consistent à renforcer la coopération militaire entre les deux pays, qui tous deux utilisent des forces spéciales dans la formation et l'hébergement de mercenaires rebelles.

L'objectif des jeux de guerre est de menacer la Syrie.

Les deux ensembles de jeux de guerre seront coordonnés. À cet égard, on semble envisager un scénario d'invasion d'un pays ennemi non nommé par des navires de guerre stationnés en Méditerranée orientale et soutenus par une puissance aérienne. Cette opération serait menée en coordination avec les États-Unis, l'OTAN et des forces spéciales alliés sur le terrain opérant à partir de la Turquie et de la Jordanie, et appuyant des forces rebelles affiliées à Al-Qaïda.

L'appui de la Turquie et de la Jordanie à l'afflux de mercenaires et de forces spéciales clandestines en Syrie, y compris d'escadrons de la mort, aux frontières nord et sud du pays, est amplement documenté.

La Russie est-elle menacée par ces jeux de guerre ? La Russie est un allié de la Syrie. Elle a une base navale en Méditerranée orientale, opérant à partir du port de Tartous au sud de la Syrie.

Amère ironie du sort, l'OTAN mène des jeux de guerre à grande échelle à proximité de la frontière russe, coïncidant avec les exercices militaires Invitex. L'Ukraine, qui n'est pas membre de l'OTAN, participe à ces jeux de guerre visant la Russie.

« L'exercice militaire, appelé Steadfast Jazz, verra l'alliance occidentale mettre à l'épreuve 6000 de ses soldats, marins et aviateurs en Pologne et dans la région de la mer Baltique du 2 au 9 novembre [ ] »

Pendant ce temps, les États-Unis menacent la Chine dans le cadre du virage asiatique d'Obama : du 25 au 28 octobre, le Navy Carrier Strike Group Five des États-Unis (le plus grand groupe d'attaque des États-Unis), dirigé par le USS George Washington, a pris part à des exercices militaires conjoints en mer de Chine du Sud.

(mondialisation.ca)

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca