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Numéro 164 -
11
novembre 2013
Oui au droit public! Non au
droit de monopole!
Opposons-nous à l'accord
de
libre-échange
avec l'Union européenne, un accord de
braderie
de la dictature Harper
Oui
au
droit
public!
Non au droit de monopole!
• Opposons-nous à
l'accord de
libre-échange avec l'Union
européenne, un accord de
braderie de la dictature Harper
• Le plus gros scandale
jusqu'à
date : Harper vend à rabais le
Canada dans le cadre de
l'Accord économique et commercial global
- Le Syndicat
national des cultivateurs
La fin de la
production canadienne de l'acier
• L'ingérence
gouvernementale dans
l'économie
Oui au droit public! Non au droit
de monopole!
Opposons-nous à l'accord de
libre-échange
avec l'Union européenne, un accord de
braderie
de la dictature Harper
La dictature Harper a annoncé le
18 octobre
qu'une entente de principe avait été
conclue avec l'Union
européenne (UE) pour sceller un accord de
libre-échange
avec l'UE appelé Accord économique
et commercial global
(AECG). Un accord-cadre a été conclu
à Bruxelles
entre le premier ministre Harper et le
président de la
Commission
européenne, José Manuel Barrosso et
on s'attend à
ce que les procédures juridiques visant
à ratifier
l'entente pourraient durer deux ans car celle-ci
doit être
signée par tous les pays membres ainsi que
par chacune des
provinces canadiennes. L'annonce de Harper est de
toute évidence
une tentative désespérée pour
tenter de redorer
son blason
passablement terni et pour faire oublier ses
agissements criminels,
dont la prorogation du parlement, ses projets de
loi
anti-ouvriers, ses attaques contre les
Premières Nations,
sa braderie de nos ressources au profit de
monopoles étrangers,
le musèlement des scientifiques, les
scandales liés au
Sénat, etc.

D'après Harper, l'accord de
libre-échange
AECG aura des retombées économiques
sans
précédent pour les Canadiens.
Pourtant, étude
après étude ont
démontré que d'autres
accords similaires de libre-échange, comme
l'ALENA, l'Accord de
libre-échange nord-américain, ont eu
des
conséquences très néfastes
pour les peuples de
tous les pays
concernés. Par exemple, suite à
l'ALENA conclu en 1994,
le Canada a été de plus en plus
envahi par des monopoles
étrangers qui exploitent nos travailleurs
et nos ressources pour
ensuite détruire des communautés
entières en
fermant leurs opérations. De plus, le
Canada fait actuellement
l'objet de près de
2,5 milliards $ en poursuites
de la part d'entreprises en vertu d'une clause
dans l'ALENA qui
protège les investisseurs étrangers.
Les travailleurs aux
États-Unis ont perdu des centaines de
milliers d'emplois suite
à l'ALENA et les agriculteurs mexicains ont
tout perdu au profit des
monopoles agricoles étasuniens. D'autres
accords de
libre-échange ont eu les mêmes
conséquences
néfastes pour la classe ouvrière au
Canada et dans
d'autres pays signataires de ces accords.
La raison principale pour laquelle l'AECG et
d'autres
accords de libre-échange ne fonctionnent
pas dans
l'intérêt public est simple :
ils sont mis en place
pour servir les intérêts des
monopoles et non du peuple.
En 2008, une déclaration d'appui à
l'accord de
libre-échange entre le Canada et l'Union
européenne a
été signée par plus de 100
chefs d'entreprise au Canada et en Europe, y
compris les PDG de Barrick
Gold, Bombardier, CN, Power Corporation,
SNC-Lavalin et Suncor au
Canada[1]. Le 16 octobre 2013, John Manley,
président et
PDG du Conseil canadien des chefs d'entreprise
(CCCE), a
déclaré :
« Après quatre ans de
négociations, nous voilà
enthousiastes suite à l'annonce du premier
ministre à
l'effet que les négociations arrivent
à terme sur la
question de l'Accord économique et
commercial global entre le
Canada et l'Union européenne. Des deux
côtés de
l'Atlantique, l'AECG créera des emplois,
stimulera les
investissements et encouragera la croissance
économique. » Le CCCE
est composé des chefs d'entreprise des 150
plus puissants
monopoles au Canada. Il n'y a aucun doute que
Manley parle en leur
intérêt.
Comme pour tous les autres accords de
libre-échange, celui-ci a été
négocié par la dictature Harper avec
l'UE à
huis-clos, à l'insu du peuple canadien,
sans lui
révéler son contenu. Plutôt
que d'informer les
Canadiens du contenu intégral de l'accord,
les harpériens
ont officiellement publié leur propre
résumé
technique des résultats finaux de la
négociation, un document de 26 pages
dont le titre
déclare de façon
erronée :
« Ouvrir de nouveaux marchés en
Europe, Créer
des emplois et des occasions pour les Canadiens et
Canadiennes ». Ce résumé
technique est
intéressé jusqu'à la moelle.
On y vante en termes
élogieux les avantages pour le Canada, ne
tenant
aucunement compte du fait que l'accord a
été conçu
et conclu dans sa totalité pour servir les
intérêts
de certains monopoles. Le résumé
technique de Harper est
divisé en sept sections affectées
par l'accord, avec une
description pour chacune des sections pour vanter
tous les avantages de
l'accord pour les Canadiens : les produits
non
agricoles : les produits agricoles ; les
services et
l'investissement ; les marchés
publics ; la
propriété intellectuelle ; le
règlement des
différends, les dispositions
institutionnelles et
horizontales ; le développement
durable, l'environnement et
le travail.
L'une des prétentions les plus ridicules
de la
part de la dictature Harper est que l'AECG
créera comme par
magie 80 000 emplois canadiens. Sortir des
chiffres faramineux d'un
chapeau pour faire miroiter des emplois est un
truc auquel les
néolibéraux ont constamment recours.
Ils jouent avec le
fait que le chômage est très
élevé, le taux
officiel
étant à 7 % ce qui est bien
en-dessous du taux
réel, pour tenter de manipuler l'opinion
publique en
créant de faux espoirs pour les
travailleurs à l'effet
que de nouveaux emplois dépendent de la
mise en oeuvre des
politiques réactionnaires du gouvernement.
Il ne faut chercher
aucun fondement scientifique à ces
prétentions
arbitraires puisqu'il
n'y en a pas. Les chiffres sont simplement
répétés, à la
Goebbels, ou encore
modifiés au gré de la bonne
volonté des cercles
dominants selon ce qui sert leurs
intérêts.
Il a été prouvé plus d'une
fois que
de telles promesses d'emplois sont fausses. Par
exemple, le Centre
canadien de politiques alternatives calcule qu'au
cours des treize
premières années de l'Accord de
libre-échange
entre le Canada et les États-Unis et
l'ALENA, moins de la
moitié des emplois à temps plein ont
été
créés au Canada par rapport
aux treize années qui ont
précédé cet
accord[2]. Un autre exemple : lorsque le
16 octobre
2013 le lien entre les 80 000 emplois et
l'AECG a
été taillé en pièces
à The
Lang-O'Leary Exchange, une émission
télévisée favorable aux
grandes entreprises, aucun
des deux porte-parole conservateurs en
matière d'économie
n'a même
cherché à se porter à la
défense des
« 80 000 emplois ».
Bien que la dictature Harper continue de garder
le
secret sur les modalités du projet
d'accord, un grand nombre de
faits ont fait surface démontrant que
l'AECG ne sert pas les
intérêts du peuple canadien. En voici
quelques-uns :
- L'AECG perturbera le marché du travail
en
autorisant les compagnies européennes
à ignorer les
travailleurs canadiens et à apporter avec
elles leur propre
main-d'oeuvre lorsqu'elles s'installeront au
Canada. Si nous tenons
compte de la feuille de route du gouvernement
juste avec le Programme
des travailleurs étrangers temporaires,
nous ne
pouvons faire confiance à Harper pour ce
qui est des
intérêts de la classe
ouvrière.
- L'AECG contient des clauses qui interdisent les
politiques d'achat local et d'autres politiques
qui appuient la
création d'emplois et le
développement économique
au niveau local par le biais des fonds publics.
L'achat local encourage
l'achat d'aliments et de biens qui sont
cultivés, entretenus et
produits autant que possible dans une
région
donnée.
- L'AECG accordera aux monopoles de l'UE un
accès
illimité aux contrats publics, y compris
les
municipalités publiques, les services
publics et des agences
provinciales. Ces contrats toucheront à
l'eau potable, à
l'assainissement et à d'autres services
municipaux liés
à l'utilisation de l'eau, encourageant
ainsi la privatisation
étrangère des
services d'approvisionnement d'eau.
- L'AECG accordera une plus grande protection des
brevets des monopoles pharmaceutiques des
médicaments de marque
tels que GlaxoSmithKline face aux compagnies
pharmaceutiques qui
fabriquent des médicaments
génériques. Selon une
évaluation fédérale faite en
2012 et que le
gouvernement Harper a tenté de museler, ces
changements aux brevets pourraient
représenter pour le peuple
canadien des dépenses de près de
2 milliards $
par année.
- L'AECG ouvrira le marché canadien aux
monopoles
étrangers des
télécommunications et leur permettra
de faire l'acquisition du secteur des
télécommunications
au Canada, ce qui voudra non seulement dire
davantage de prises de
contrôle de l'économie canadienne,
mais aussi une
surveillance étrangère accrue des
communications au pays.
- L'AECG aura un impact tout à fait
néfaste sur l'agriculture, par exemple dans
le secteur de
l'industrie laitière. L'AECG augmentera de
32 % les
exportations de fromages européens vers le
Canada. De telles
mesures vont affecter encore une fois le
système canadien de
gestion de l'offre pour la commercialisation des
produits laitiers, qui
a une longue et appréciable feuille de
route en fait de maintien
de prix stables et raisonnables pour les
producteurs, l'industrie
agroalimentaire et les consommateurs, en
garantissant un
approvisionnement constant et sûr de
produits de qualité
et en éliminant la dépendance aux
subventions.
- L'AECG, tout comme l'ALENA, accordera aux
monopoles,
peu importe leur provenance, le droit d'exiger
compensation lorsqu'une
mesure gouvernementale aura
« entravé »
l'obtention de profit privé, par exemple,
pour des raisons de
main-d'oeuvre ou environnementales. En ce sens, il
faut souligner qu'en
vertu de l'ALENA,
les États-Unis ont gagné un grand
nombre de contestations
judiciaires tandis que le Canada n'a pas
réussi à en
gagner une seule.
En tout et partout, l'AECG va faire augmenter le
déficit commercial du Canada
vis-à-vis l'Europe. Selon
Statistique Canada, dans les premiers huit mois de
cette année,
le Canada a encouru un déficit commercial
avec l'Europe de
l'ordre de 14 milliards $. Selon une
étude
récente sur le sujet publiée par
l'UE, les exportateurs
européens épargneront environ trois
fois plus en droits
d'accise que leurs homologues canadiens, ce qui
contribuerait au
déficit du Canada.
L'AECG et son
« libre-échange »
sera encore une fois un
désastre pour le peuple canadien puisque le
commerce et
l'économie ne sont jamais
« libres ». En
fait, tous les secteurs de l'économie
mondiale à quelques
exceptions près sont dominés par les
monopoles mondiaux.
Des marchés libres sous le contrôle
des
monopoles mondiaux, cela veut dire le droit de
monopole et la
liberté pour eux de mieux dominer,
contrôler et
détruire des secteurs économiques
existants et même
des économies en entier. Le dogme des
« marchés libres » ne
colle aucunement
à la réalité : ces
monopoles mondiaux
manipulent les prix et l'offre en fonction de
leurs intérêts étroits. Un
aspect principal de cela
est précisément le fait de
détruire ou de prendre
le contrôle de compétiteurs
inférieurs ou de saisir
leurs marchés par le biais d'accords tel
l'AECG. Par exemple,
des monopoles européens comme
Nestlé, par le biais de
l'AECG, veulent détruire un des rares
endroits où
fonctionne un système de
gestion de l'offre comme celui du Canada en
production laitière
et ainsi éliminer les producteurs laitiers
moyens au Canada.
Pour des monopoles comme Suez, l'AECG leur
permettra de saisir le
contrôle de l'eau canadienne.
Notes
1. Du côté de l'Union
européenne,
plusieurs des monopoles qui ont exprimé
leur appui à
l'accord entre le Canada et l'Union
européenne ont fait
d'énormes profits grâce à
leur appui aux nazis
hitlériens. Parmi eux : BASF, Bayer,
Bertelsmann, Deutche
Bank, Siemens, ThyssenKrupp et Volkswagen.
2. Les leçons de l'ALENA : le
coût
élevé du libre-échange.
CCPA (juin 2003)

Le plus gros scandale jusqu'à date :
Harper
vend à rabais le Canada dans le cadre de
l'Accord
économique et commercial global
- Le Syndicat national des
cultivateurs,
le 17 octobre 2013 -
De toutes les actions négatives que Harper
a
faites, l'Accord économique et commercial
global (AECG) est de
loin la pire. Harper nous a vendus au plus offrant
pour que les
Canadiens soient gouvernés par des
entreprises
étrangères.
« Le diable est toujours dans les
détails et le gouvernement ne les a jamais
divulgués », a
déclaré Terry Boehm, le
président du Syndicat national des
cultivateurs, le National
Farmers Union (NFU). « Nous savons
grâce aux fuites de
certains textes préliminaires et un accord
similaire entre l'UE
et la Corée du Sud que
l'AECG est essentiellement 'une charte des droits
des
entreprises' ».

« Les Canadiens perdent les outils
fondamentaux de la politique économique.
Nous ne pouvons pas
restreindre les mouvements des capitaux, ce qui
nous rend
vulnérables aux grandes fluctuations des
devises. Sauf pour une
période de six mois en cas d'urgence, nous
ne pouvons pas
prendre des mesures pour influer sur notre balance
commerciale courante. C'est désastreux pour
notre
souveraineté
économique », a souligné
Boehm. « Nous ne pouvons pas rechercher
des compensations en
ce qui concerne les approvisionnements qui sont
couverts par l'accord,
que ce soit en matière des biens et
services offerts par tous
les paliers de gouvernement, tels que le
réseau de
l'éducation, de la santé et les
créatures du
gouvernement comme les sociétés
d'État ».
Boehm a cité la définition d'une
compensation telle que contenue dans une
ébauche du texte de
l'AECG qui a fait l'objet d'une fuite :
« toute
condition ou tout engagement qui favorise le
développement local
ou améliore l'équilibre d'une partie
des comptes courants
telles que l'utilisation d'un contenu national,
l'octroi de licences
en technologie, l'investissement, des mesures pour
limiter le commerce
et des actions ou exigences
similaires ».
« Nous assistons à la
destruction de
notre autonomie en tant qu'agriculteurs,
gouvernements et citoyens. Les
systèmes alimentaires locaux seront
durement restreints. La
tactique de négociation de Harper
permettant d'augmenter
l'importation de fromages européens aura
des effets
négatifs sur les producteurs laitiers. Par
ailleurs,
l'augmentation des exportations de boeuf vers l'UE
est un leurre -
à ce stade-ci, nous n'avons même pas
encore rempli les
quotas d'exportation existants pour le boeuf sans
hormones », a-t-il dit.
« À la lecture des textes
préliminaires de l'AECG, on peut dire que
cette entente est
horrible, peu importe la façon dont on
l'examine. Nous demandons
que Harper rende public le texte final de l'AECG
et permette aux
Canadiens d'exprimer leur désapprobation
s'ils n'aiment pas ce
qu'ils voient. Le succès du Canada dans
l'avenir en
dépend », a conclu Boehm.

La fin de la production canadienne
de
l'acier
L'ingérence gouvernementale dans
l'économie
Harper refuse
de
s'ingérer dans la
décision privée de US Steel
de fermer la production
d'acier à Hamilton.
Le
Parti conservateur de
Harper au pouvoir ne cesse de
se vanter d'être un excellent gestionnaire
de l'économie.
Selon Harper, son gouvernement est intervenu lors
de la crise
économique de 2008 pour sauver
l'économie en donnant
de l'argent public aux monopoles de l'automobile
et aux grandes
banques. Une partie de cet
argent a servi au gouvernement à acheter un
grand nombre
d'actions dans GM et Chrysler et à mettre
sur pied un fonds
public à être utilisé par tous
les monopoles de
l'automobile étrangers opérant au
Canada. Harper a aussi
créé son Plan d'action
économique dont l'objectif
principal est de distribuer de l'argent
principalement aux compagnies
de
construction privées. Il a aussi mis sur
pied PPP Canada. Ce
programme prévoit que tout projet important
d'infrastructure au
Canada doit être conçu en tant que
partenariat
public-privé s'il veut
bénéficier d'un financement
fédéral. L'un des PPP les plus
importants est celui du
passage de la rivière Détroit. Pour
ce projet, le
gouvernement canadien
assume la plus grande part des dépenses des
États-Unis,
tandis que la construction, l'administration et
les opérations
du passage sont prises en main par des compagnies
privées. Les
PPP ont l'aval du gouvernement Harper qui ne jure
que par eux. Par
définition, les PPP sont des projets
conjoints entre
gouvernements et compagnies privées. Le
gouvernement Harper, comme tous les gouvernements
du système
capitaliste, ne fait qu'un avec les compagnies les
plus puissantes. Il
intervient constamment au nom de ces compagnies
privées, par
exemple pour décréter le retour au
travail des
travailleurs d'Air Canada et de l'industrie
ferroviaire. Les
travailleurs qui refusent d'obéir aux
projets de
loi de Harper en subissent les conséquences
draconiennes.
Harper a aussi salué l'ingérence
des
présidents Bush et Obama dans
l'économie quand ils ont
distribué des sommes
phénoménales à
certaines compagnies privées de prêts
hypothécaires, d'assurances, à des
banques, à des
monopoles de l'automobile et autres. Il a aussi
salué les
mesures adoptées par le département
du Trésor des
États-Unis qui a
autorisé la remise de sommes gigantesques
aux grandes
institutions financières privées qui
sont membres de la
Réserve fédérale des
États-Unis. Ces
mesures visant à augmenter la masse
monétaire des
États-Unis afin de stimuler
l'économie se nomment
« assouplissement
quantitatif » et se poursuivent
jusqu'à ce jour.

Le
gouvernement
canadien intervient pour le compte des grandes
entreprises: À
gauche: manifestation des employés
d'Air Canada contre la loi de retour au
travail le 13 octobre 2011.
À droite: Les travailleurs du Canadien
pacifique
manifestent à Ottawa contre la loi de
retour au travail le 29
mai 2012.
Le gouvernement Harper, de par diverses mesures,
s'ingère sur une base
régulière dans les affaires
privées des corporations en leur
distribuant des fonds publics,
en adoptant des projets de loi favorables à
l'une ou l'autre
d'entre elles et par une multitude d'autres
façons.
S'ingérer dans les affaires
économiques est un geste
routinier de la part
des gouvernements à tous les niveaux. Cette
intervention a aussi
un volet international, puisque le gouvernement
appuie de diverses
façons les grandes entreprises dans leurs
aventures d'outre-mer.
Pour le gouvernement, cette façon de faire
va de soi et il
serait naïf et malhonnête de
suggérer autrement. La
question qui se pose en ce qui concerne les
travailleurs n'est pas que les gouvernements
s'ingèrent dans le
monde des affaires, mais plutôt pour le
compte de qui
interviennent-ils : est-ce pour la classe
ouvrière ou pour
la grande entreprise, est-ce pour défendre
le droit public ou le
droit de monopole ? Le gouvernement canadien,
c'est clair,
intervient pour le compte des
entreprises.
Sur la question des agissements de US Steel et de
sa
fermeture permanente de la production
sidérurgique de Hamilton
Works, le gouvernement Harper, par le biais du
bureau de James Moore,
le ministre de l'Industrie, a émis un
communiqué succinct
expliquant que le geste de US Steel est une
décision d'affaires
privée et que le gouvernement ne
s'ingère pas dans les décisions
quotidiennes de quelque
compagnie que ce soit.
Pourquoi une telle déclaration illogique
de la
part du gouvernement Harper ? La
déclaration de Moore ne
reflète aucunement les agissements
quotidiens de son propre
gouvernement. Par exemple, le gouvernement Harper
s'ingère
constamment lorsqu'il s'agit d'autoriser ou non un
investissement
étranger. La semaine dernière, pour
ne
prendre qu'un exemple, le milliardaire
égyptien Naguib Sawiris a
été outré par le refus de
Harper de lui permettre
de faire l'acquisition de MTS Allstream. Sawiris a
déclaré qu'il n'investirait plus au
Canada à
cause de cela. Le gouvernement Harper a donc
été
très actif à s'ingérer dans
une décision
d'affaire privée. En quoi la
décision de
Sawiris de faire l'acquisition d'Allstream
est-elle différente
de la décision de US Steel de faire
l'acquisition de Stelco pour
ensuite fermer sa production
sidérurgique ? Ce sont
là des décisions que prennent les
monopoles mondiaux sur
une base quotidienne.
Sur la question à savoir si le
gouvernement doit
s'ingérer ou non dans les questions
d'affaires, le ministre de
Harper à la Chambre des communes a fait le
commentaire suivant
qui a été reproduit dans le Hansard
du 30 octobre, en
réponse à une question sur la
fermeture de la production
d'acier à Hamilton Works.
« Monsieur le Président,
l'entente que
nous avions permettra de maintenir les emplois
à Hamilton ainsi
qu'à Lake Erie. Ce qu'elle dit sur cette
question est totalement
faux. Encore une fois nous avons le chef du NPD et
le porte-parole du
NPD en matière d'environnement qui se
rendent à
Washington et qui demandent de ne pas
approuver Keystone, de ne pas approuver
l'oléoduc d'Enbridge, de
ne pas approuver l'oléoduc Kinder Morgan,
de mettre fin,
à toutes fins pratiques, aux
oléoducs, alors que ces
mêmes oléoducs d'acier sont faits
à même
l'industrie sidérurgique de Hamilton et que
les gens de Hamilton
perdent présentement leurs emplois. Doit-on
en être
surpris ? John Quincy Adams a dit un jour
qu'à force de
vouloir plaire à tout le monde, on finit
par ne plaire à
personne. Voilà le NPD
d'aujourd'hui. »
En
fait ce que Moore dit
c'est que l'ingérence
gouvernementale visant à arrêter la
fermeture de la
production sidérurgique à US Steel
n'est pas souhaitable
tandis que ce que le gouvernement fait pour
défendre la
construction des oléoducs Keystone,
Northern Gateway et Kinder
Morgan, c'est quelque chose de bon. Pour Moore, il
ne s'agit pas
de l'ingérence en soi, mais plutôt de
la qualité de
l'intervention en question et de qui en
bénéficie.
Moore donne dans la désinformation
lorsqu'il
suggère que US Steel fabrique des cylindres
pour les
oléoducs au Canada. C'est tout à
fait faux. La principale
usine du monopole qui fabrique ces cylindres est
Lone Star Steel au
Texas. Hilton Works a déjà produit
de l'acier pour des
pipelines, mais Stelco a fermé l'usine
à plaques d'acier
au début
de 2003. Lake Erie Works, que US Steel
contrôle, fabrique un
produit appelé
« skelp », qui est produit
en spirale et est transporté aux usines de
cylindres pour
être « soudé en
spirale » en
produits d'oléoducs. Une certaine
quantité de ce produit
est
expédié à Lone Star au Texas
et à l'autre
producteur de cylindres, l'usine
Fairfield en Alabama. Avant que les capitalistes
financiers ne privent
Stelco de la plupart de ses actifs productifs, la
compagnie
sidérurgique produisait effectivement des
produits cylindriques.
Stelco était propriétaire de
Stelpipe Ltd., maintenant
Lakeside Steel, et de Welland Pipe.

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