Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 163 - 8 novembre 2013

Le chantage d'Alcoa et des autres monopoles de l'aluminium

Le défi qui se pose pour le Québec


Le chantage d'Alcoa et des autres monopoles de l'aluminium
Le défi qui se pose pour le Québec
La nature plus que discutable des données fournies par Alcoa - Normand Fournier
Les surplus d'hydroélectricité au Québec

À titre d'information
La Commission sur les enjeux énergétiques du Québec


Le chantage d'Alcoa et des autres monopoles de l'aluminium

Le défi qui se pose pour le Québec

La société québécoise, et c'est le cas de beaucoup d'autres dans le monde et notamment aux États-Unis, est prise à partie en ce moment par le chantage disgracieux exercé par le monopole américain de l'aluminium Alcoa qui menace de fermer ses trois usines au Québec si le gouvernement québécois n'abaisse pas ses tarifs d'électricité. Rio Tinto Alcan, qui possède d'incroyables avantages hydroélectriques en étant lui-même producteur de presque toute l'hydro-électricité dont elle a besoin au Québec, menace aussi de fermer des usines ou d'abandonner des projets d'expansion si ses tarifs d'hydro ne sont pas diminués.

Alcoa a envoyé un préavis à Hydro-Québec le 29 octobre l'informant de son intention de mettre fin à son contrat d'approvisionnement de 350 mégawatts à compter du 1er novembre 2014 si ses tarifs d'électricité ne sont pas revus à la baisse. Le monopole menace de freiner sa consommation d'électricité à l'automne 2014 (sans encourir de pénalité d'Hydro-Québec puisqu'elle donne un préavis) et de mettre la clé dans ses alumineries de Baie-Comeau sur la Côte Nord, de Bécancour près de Trois-Rivières et de Deschambault dans la région de la capitale nationale. Les trois alumineries emploient au total plus de 3000 travailleurs et sont reliées à des milliers d'emplois indirects. « Ça fait partie de nos obligations contractuelles d'aviser 12 mois à l'avance. Une usine, ça ne se ferme pas en une nuit », dixit Lysane Martel, porte-parole d'Alcoa Canada.

Chantier politique considère comme un geste très hostile qu'un monopole comme Alcoa, étranger de surcroît, menace nos travailleurs et nos communautés et demande à faire la loi au Québec. Selon Alcoa, la perspective d'une fermeture et les pressions qu'elle exerce sur la société sont une décision interne d'affaires qui ne regarde qu'elle. Alcoa fait d'ailleurs la même chose partout où elle opère et jamais le peuple n'acceptera cette logique, ni au Québec ni ailleurs. Aux États-Unis, Alcoa menace de fermer plusieurs alumineries  si elle n'obtient pas les contrats d'énergie électrique qu'elle veut. Alcoa doit être mise à sa place et cesser de créer encore plus d'angoisse et d'incertitude dans les régions qui souffrent déjà de la destruction du secteur manufacturier et d'être largement devenues des régions mono-industrielles très fragiles économiquement.

Très irresponsables à ce titre sont les propos des libéraux et des caquistes qui, au lieu de calmer le jeu et remettre Alcoa à sa place, tentent de créer un climat de crise en blâmant le gouvernement du Parti Québécois. Ils disent que le PQ sabote l'économie et demandent pratiquement la tête de la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet.

Quelques faits

Alcoa crée l'impression qu'elle est victime d'une espèce de coup, d'une augmentation subite des tarifs d'électricité. En fait, ce qui va se passer en 2015 résulte d'une entente conclue en 2008 entre le gouvernement québécois de l'époque, le gouvernement Charest, et Alcoa.

En vertu de cette entente, les contrats existants d'approvisionnement en électricité aux trois usines d'Alcoa étaient renouvelés à leur expiration en 2015 jusqu'en 2040 au tarif L (tarif grande puissance accordé aux entreprises grandes consommatrices d'électricité). Les contrats existants étaient des contrats de risque partagé où le prix de l'hydro vendu par Hydro-Québec changeait en vertu des prix de l'aluminium sur le marché. Les prix de l'aluminium sur les marchés mondiaux étant très élevés à ce moment-là, Alcoa payait plus cher et c'était dans son intérêt de sécuriser ses approvisionnements en passant au tarif L. Les conditions des ententes de risque partagé étaient secrètes et les experts estiment qu'Alcoa paie probablement ses tarifs aujourd'hui à environ 3 cents le kilowattheure (kWh) alors que le tarif L se situe à 4,4 cents le kWh. Le tarif L est bien en deçà de ce qu'il en coûte pour produire l'hydroélectricité. L'entente de 2008 prévoyait aussi qu'Alcoa moderniserait son usine de Baie-Comeau et lui accorderait un bloc additionnel de 175MW au tarif L. L'entente octroyait à Alcoa une garantie de prêt de 228 millions $, sans intérêt pendant 30 ans.

Alcoa aujourd'hui ne reconnaît plus cette entente qu'elle a signée et menace de fermer ses installations pour forcer la main au gouvernement. Elle invoque les bas prix de l'aluminium sur les marchés mondiaux et la possibilité qu'elle dit avoir d'obtenir des tarifs d'électricité beaucoup bas dans d'autres pays et notamment aux États-Unis.

Le défi pour le Québec

Ce qu'Alcoa exige du peuple et du gouvernement du Québec, c'est qu'ils soient à la merci de l'anarchie et du chaos qui règnent sur les marchés mondiaux et dans le système économique actuel, une anarchie et un chaos où les monopoles sont eux-mêmes des joueurs actifs avec toutes leurs manigances, leurs restructurations, leurs aventures, où ils s'entretuent les uns les autres et disloquent les conditions de vie et de travail des travailleurs et des populations. Ils veulent que les ententes conclues soient continuellement renégociables pour qu'ils ne soient jamais perdants et que l'État, les travailleurs, l'économie et le peuple du Québec assument toutes les pertes.

Pourquoi le peuple du Québec devrait-il accepter de baser son développement et son avenir sur des choses sur lesquelles il n'a aucun contrôle et qui s'expriment avec violence par des bouleversements dans nos vies et des atteintes à notre bien-être ?


Manifestation à Alma le 31 mars 2012 contre le lock-out de Rio Tinto

Est-ce qu'un développement économique basé sur les ressources et l'attraction des monopoles du secteur des ressources avec entre autres l'offre à perte de l'hydroélectricité a réussi à créer une économie qui subvient à ses besoins, qui est diversifiée et intégrée dans ses secteurs divers, où le secteur des ressources stimule l'industrie manufacturière et est au centre de la création de communautés vibrantes avec des programmes et services sociaux qui satisfont aux besoins de la population ? C'est le contraire qui se produit. On le voit entre autres dans les conditions économiques de régions comme la Côte-Nord et le Centre-du-Québec qui se rétrécissent comme une peau de chagrin.

En nous opposant au chantage d'Alcoa, c'est ce développement que nous avons en tête où les travailleurs et les communautés ont voix au chapitre sur leur développement et reçoivent tout l'appui de gouvernements qui se tiennent debout devant les monopoles et établissent des conditions à l'exercice de leurs activités pour défendre l'intérêt public.

(Tiré de Chantier politique)

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La nature plus que discutable des
données fournies par Alcoa

L'annonce par Alcoa de la fermeture éventuelle de ses trois installations au Québec si le gouvernement Marois ne réduit pas sa facture d'énergie hydroélectrique a créé un choc dans la population du Centre-Sud-du-Québec et de la Côte-Nord. Mais regardons de plus près les affirmations et les motifs avancés par Alcoa.

Alcoa est le troisième producteur d'aluminium mondial en importance derrière Rio Tinto Alcan et Rusal. Son chiffre d'affaires est de 26,9 milliards $. Il est la seule aluminerie du Québec à acheter 100 % de son énergie hydroélectrique d'Hydro-Québec. L'énergie représente 25 à 30 % du coût de production de l'aluminium, selon le niveau d'efficacité énergétique de l'usine. L'énergie hydroélectrique produite au Québec est une énergie verte, en opposition à celle produite par le charbon et le pétrole ou le gaz. Pour produire de l'aluminium, ça prend de la main-d'oeuvre, de la bauxite et de l'électricité. Le gouvernement du Québec offre son hydroélectricité aux alumineries à 4,25 cents du kWh. Le prix de l'hydroélectricité du bloc patrimonial est de 2,79 cents du kWh.

Alcoa nous dit que le prix de l'énergie hydroélectrique qu'elle paie au Québec est trop élevé et qu'une de ses entreprises affiliées aux États-Unis paie 2 cents le kWh.

Ce que Alcoa ne nous dit pas, c'est que cette entreprise affiliée à Alcoa n'est pas une aluminerie. On ne nous dit pas quelle est la quantité d'énergie nécessaire et qui doit être fournie pour opérer cette entreprise. On ne nous dit pas à quel moment de la journée cette énergie est livrée à l'entreprise. On ne nous dit pas quelle est la source de cette énergie et sa provenance. En définitive, Alcoa ne nous donne aucune information sur les autres conditions de ce contrat de vente d'énergie à 2 cents le kWh.

Alcoa nous dit que le passage du tarif « à risque partagé » (moins de 3 cents le kWh), qui prend fin en 2015, au tarif L, va la faire passer du premier quartile au quatrième quartile des alumineries dont les coûts sont les plus dispendieux à l'échelle mondiale. Alcoa ne nous dit pas que le tarif L de 4,43 cents le kWh est seulement l'aspect du prix de l'énergie et non pas de ses revenus, de sa productivité ou de ses profits. D'ailleurs aucun chiffre ne nous est fourni pour connaître et évaluer les variations du prix de l'énergie dans et entre chacun des 4 quartiles.

Alcoa nous dit que le tarif L va augmenter durant le contrat signé pour la période 2015-2040, pour rejoindre dans le futur le tarif domiciliaire. Ce que nous cache Alcoa, c'est que le tarif L actuel est de 4,43 cents le kWh et qu'il va augmenter à 4,44 cents le kWh sur 25 ans, selon l'entente signée en 2008 avec le gouvernement Charest. Une augmentation de 0,01 % (un centième de cent). Si la dernière demande d'Hydro-Québec est acceptée par la Régie de l'énergie du Québec, le tarif L augmentera à 4,46 cents le kWh.

L'Association québécoise des consommateurs industriels d'énergie (AQCIE) utilise le même procédé. Dans son mémoire présenté à la Commission sur l'avenir énergétique du Québec en septembre dernier, elle donnait l'exemple suivant : une entreprise québécoise qui a des usines au Québec et aux États-Unis mais qui n'est pas une aluminerie paie son électricité moins cher dans l'État de New York, soit 4,33 cents le kWh, et au Québec 4,34 cents le kWh. » Là encore une différence de 0,01 cent. Mais toujours la même absence de données sur la nature et le contenu du contrat signé par cette entreprise non productrice d'aluminium. Dans ces deux cas, Alcoa et l'AQCIE comparent des pommes avec des oranges.

Alcoa nous dit que si le gouvernement du Québec n'abaisse pas ses tarifs d'énergie hydroélectrique, qu'elle ne renouvelle pas le contrat à risque partagé, ses alumineries et ses installations ne seront plus compétitives à l'échelle mondiale. Pour nous en convaincre, elle nous présente des pourcentages d'augmentation de 60 % pour l'énergie qu'elle achète d'Hydro-Québec.

Alcoa ne nous dit pas qu'elle est partenaire dans certaines de ces nouvelles alumineries qui sont en construction à l'étranger, que la compétition qu'elle dit « devoir affronter en provenance de pays étrangers », elle se l'est créée elle-même. Concernant toutes ces nouvelles alumineries, Alcoa ne nous fournit encore aucune donnée. Quelles sont leur capacité de production ? Dans quels pays sont-elles établies ? Pour celles en construction, quand seront-elles terminées et mises en production ? Quel est le prix de l'énergie électrique offert à ces entreprises ? À quelles conditions ? Tout au plus, on nous parle du Moyen-Orient et de tarif entre 2 et 3 cents le kWh, pour de l'électricité produite par des centrales thermiques.

Alcoa attire notre attention sur le prix de l'énergie. Mais elle ne parle pas des avantages d'avoir des installations établies au Québec. Elle ne parle jamais dans ses documents publics du haut niveau de production de ses usines au Québec. De la grande productivité et de la haute qualification de la main-d'oeuvre québécoise qui travaille dans ses installations et de la proximité des marchés. Aucun comparatif ne nous est fourni pour évaluer les différences de productivité entre la main-d'oeuvre des pays étrangers et celle du Québec. De plus, le Québec offre à Alcoa une stabilité et une sécurité avec des institutions solides. N'oublions pas non plus que seulement avec l'entente à risque partagé signée en 2008, sous le gouvernement Charest, Hydro-Québec a perdu 2,7 milliards $.

Alcoa possède les gisements de bauxite nécessaires à la production de l'aluminium. Elle ne nous donne aucune donnée sur le coût de cette matière première ainsi que sur le prix auquel elle vend la bauxite à ses alumineries. En augmentant le prix de cette matière première, Alcoa peut facilement réduire ses profits et nous faire croire qu'elle est peu ou pas rentable. Alcoa est rentable même dans les conditions d'un marché où le prix de l'aluminium est passé de 3300 $ la tonne à environ 1850 $. Elle a fait au cours des derniers douze mois un bénéfice de 220 millions $ dans ses 21 alumineries situées dans huit pays à travers le monde.

Une autre chose dont ne nous parle pas Alcoa, c'est la manipulation des prix de l'aluminium sur le marché international par les grandes alumineries canadiennes, russes et de l'Argentine. La Chine, le plus important producteur d'aluminium au monde, ne produit que pour ses propres besoins (la production de la Chine a été écartée des calculs présentés par Alcoa, Rio Tinto Alcan et Aluminerie Alouette).

Les trois alumineries d'Alcoa au Québec, soit Baie-Comeau, Deschambault et Bécancour (ABI), ont une valeur estimée à 5-6 milliards $. Quelle entreprise peut se priver d'une capacité de production de 970 000 tonnes d'aluminium (lingots-T, plaques, billettes et tiges) ?

(Tiré de Chantier politique)

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Les surplus d'hydroélectricité au Québec

On parle avec insistance en ce moment au Québec des surplus d'électricité d'Hydro-Québec. Il est dit que le Québec, par sa société d'État Hydro-Québec, aura des surplus d'électricité jusqu'en 2027. Examinons un peu la question.

La production d'électricité au Québec.

Il y a deux sources de production d'énergie électrique au Québec.

1. La société d'État Hydro-Québec.
2. La production provenant de sources privées : les grandes alumineries (barrages de Rio Tinto Alcan), les entreprises forestières (Résolu, Norampak, Domtar, Tembec), par barrages ou à partir de la biomasse, celle des parcs éoliens et des mini-centrales hydroélectriques.

Il y a aussi l'usine thermique de Bécancour, propriété de TransCanada à qui Hydro-Québec paie annuellement 150 millions $ pour qu'elle ne produise pas d'électricité.

Par des ententes secrètes entre le gouvernement du Québec et les producteurs privés, Hydro-Québec doit acheter la production d'électricité des parcs éoliens, des centrales à biomasse, ainsi que l'énergie hydroélectrique des mini-centrales, plus l'énergie hydroélectrique non consommée (surplus) par les alumineries de Rio Tinto Alcan.

Chez Hydro-Québec, l'électricité est produite par un immense réseau de barrages hydroélectriques, réparti à la grandeur du Québec (Baie James, Terre-Neuve-Labrador et sur la Côte-Nord). En commission parlementaire au début de 2013, le président-directeur général d'Hydro-Québec chiffrait les surplus d'électricité à 21,4 milliards de kilowattheure (kWh). Selon les données les plus récentes d'Hydro-Québec Distribution (HQD), les surplus atteindraient les 100 milliards de kWh sur la période de 2013-2020. Ceci sans prendre en compte l'impact des 800 mégawatts (MW) de capacité éolienne, octroyés récemment par le gouvernement Marois.

D'où proviennent les surplus d'électricité ?

D'abord, les surplus d'énergie électrique du Québec proviennent de la mise en exploitation par Hydro-Québec de grands complexes hydroélectriques (Tounulstouk, La Romaine, Eastmain 1-A-Rupert-Sarcelle). Vient ensuite la production des minicentrales hydroélectriques et des parcs éoliens. Ils proviennent aussi du prix élevé de l'hydroélectricité québécoise par rapport au tarif à la baisse du marché de l'énergie (gaz de schiste) en Amérique du Nord et des débouchés à l'exportation plus restreints (E-U). Tout cela se fait avec comme toile de fond la baisse de la demande locale étant donné la destruction du secteur manufacturier québécois, qui s'est aggravée avec la crise économique de 2008-2009 et qui perdure encore.

L'augmentation de l'efficacité énergétique chez les grands consommateurs d'électricité a contribué à la croissance du surplus. De plus en 2012, le gouvernement Charest a « dégelé » le bloc patrimonial de 165 tétrawatts heure (TWh) qui assurait un prix de 2,79 cents du kWh aux consommateurs résidentiels québécois.

Dans le cadre de l'existence de ces immenses surplus d'énergie hydroélectrique, les consommateurs industriels d'électricité (alumineries, papetières, entreprises minières, etc.) ont intensifié leur demandes au gouvernement Marois de réduire les prix de l'énergie de 30 %. Le tarif L (tarif préférentiel des entreprises grandes consommatrices d'électricité) est de 4,4 cents le kilowattheure, il passerait à environ 3 cents si les grandes entreprises obtiennent ce qu'elles veulent alors qu'Hydro-Québec achète l'énergie éolienne privée à 10 cents et plus. Les grandes entreprises demandent aussi au gouvernement de hausser le prix patrimonial de l'énergie électrique au niveau du prix du marché, soit à 7 cents le kWh. C'est une hausse approximative de 140 %. En plus, elles demandent au gouvernement de modifier les pouvoirs de la Régie de l'énergie.

Au même moment, Hydro-Québec demande à la Régie de l'énergie l'autorisation de hausser ses tarifs domiciliaires de 5,8 %. La société d'État veut faire passer son taux de rendement annuel de 6,4 % à 9,2 %. Cette demande est la plus forte hausse des 20 dernières années réclamée par Hydro-Québec. La clientèle résidentielle d'Hydro-Québec verrait sa facture d'électricité grimper de 5,8 % environ si la Régie de l'énergie accorde l'augmentation demandée, alors que les 9 alumineries du Québec coûtent au bas mot 2,5 milliards $ par année en tarif préférentiel d'électricité, donc en fonds publics, selon l'Institut économique de Montréal.

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À titre d'information

La Commission sur les enjeux
énergétiques du Québec

Du 4 au 11 octobre, la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, établie par le gouvernement du Parti Québécois, a tenu des audiences publiques à la grandeur du Québec. Le but de la Commission, selon la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet, est d'amorcer une réflexion citoyenne sur les principaux enjeux énergétiques du Québec permettant au gouvernement de présenter une nouvelle politique énergétique en 2014.

Le mandat de la Commission est :

« - de dresser un tableau fidèle de l'approvisionnement, de la production, de la mise en valeur et de la consommation des différentes formes d'énergie ;
- d'effectuer une analyse des enjeux qui y sont associés en tenant compte, notamment, des expériences à l'extérieur du Québec ;
- de mener une vaste consultation dans toutes les régions du Québec auprès des personnes et des organismes qui souhaitent intervenir sur les questions relatives à l'énergie dont celles liées à l'accessibilité des différentes formes d'énergie, la fiabilité des approvisionnements, l'acceptabilité sociale et les impacts environnementaux de l'exploitation, du transport, et de la distribution des ressources énergétiques requises par les citoyens et les entreprises québécoises ;
- de produire un rapport de consultation pour le gouvernement, lequel devra contenir des recommandations visant à définir des orientations en matière énergétique conformes aux principes de développement durable, aux valeurs et à l'identité de la société québécoise. Ces recommandations devront permettre de répondre aux enjeux liés aux changements climatiques, à la sécurité énergétique, à l'équité sociale et à l'atténuation des impacts environnementaux locaux tout en soutenant la prospérité et la qualité de vie auxquelles aspirent les Québécois. »

La Commission a deux co-présidents, Normand Mousseau et Roger Lanoue. M. Mousseau est professeur de physique et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en physique numérique des matériaux complexes à l'Université de Montréal. Pour sa part, M. Lanoue est un expert en planification stratégique en énergie et en accessibilité d'eau potable auprès de groupes industriels, associatifs et universitaires à l'échelle internationale. Il a travaillé pour Hydro-Québec de 1991 à 2004.

Dans sa présentation, la ministre des Ressources naturelles a mis l'accent sur les éléments suivants : la lutte aux changements climatiques, l'augmentation du prix du pétrole, les bouleversements associés à l'exploitation des hydrocarbures non traditionnels.

Elle a fait valoir que le Québec est un important producteur d'énergie, presque la moitié de sa consommation énergétique est de source renouvelable, ce qui est unique dans le monde. Malgré tout, le Québec doit importer l'entièreté du pétrole et du gaz naturel qu'il consomme, ce qui représente 53 % de son assiette énergétique. Le Québec, a-t-elle dit, a entrepris de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Il doit diminuer sa consommation d'hydrocarbures fossiles au moyen de programmes d'efficacité énergétique et de transfert vers des énergies renouvelables, particulièrement dans le secteur des transports.

Si la direction à prendre est claire, a dit la ministre, il reste à retenir l'approche pour atteindre ces cibles. Elle a soulevé une série de problèmes à résoudre. Comment utiliser les importants surplus d'énergies renouvelables dont dispose le Québec ? Comment réussir l'électrification des transports ? Quelle approche retenir devant la possibilité que le sous-sol québécois recèle d'importantes réserves de pétrole ?

La ministre Ouellet demande aux Québécois de faire connaître leur vision relative à l'avenir énergétique du Québec, pour définir la nouvelle vision du Québec en matière d'énergie. Le gouvernement s'engage à déposer en 2014, une toute nouvelle politique énergétique pour le Québec.

Les objectifs stratégiques de la future politique énergétique québécoise seront de six selon la ministre.

1- Réduire les émissions de gaz à effet de serre ;
2- Utiliser les surplus d'électricité pour accentuer l'électrification des transports et développer l'industrie ;
3- Favoriser l'efficacité énergétique dans tous les secteurs et pour toutes les sources d'énergie pour le développement des régions ;
4- Miser sur la production d'énergies renouvelables (hydroélectricité et éolien) et développer les énergies renouvelables émergentes (hydrolienne, solaire passif, géothermique, etc.) en favorisant le développement et l'innovation ;
5- Explorer et exploiter de façon responsable les réserves d'hydrocarbures du territoire et valoriser cette ressource afin d'enrichir tous les Québécois ;
6- Assurer à long terme la sécurité et la diversité des approvisionnements énergétiques du Québec

La ministre Ouellet a soumis quelques pistes d'actions.

1- Faire de l'efficacité énergétique et du levier de l'énergie propre deux piliers du développement économique du Québec;
2- Réduire une part importante de la consommation d'hydrocarbures au profit de la consommation d'électricité en misant sur l'électrification des transports tant collectifs qu'individuels, ce qui positionnerait le Québec à l'avant-garde à l'échelle mondiale;
3- Planifier l'aménagement du territoire en intégrant les considérations énergétiques comme valeurs centrales.

Pour la tenue de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec et faciliter la participation des organismes et des citoyens, un document de consultation et un guide de réflexion ont été mis à leur disposition. La proposition gouvernementale était contenue dans un document de 94 pages.

La Commission a reçu 259 mémoires d'organismes et 105 mémoires provenant de citoyens. La majorité des grandes entreprises consommatrices d'électricité ont déposé un mémoire. En voici un aperçu : Hydro-Québec, Rio Tinto Alcan, Alcoa, Alouette, l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité (52 membres), l'Association de l'Aluminium du Canada, Agropur, Saputo, STM, ArcelorMittal, Suncor, UPA, etc.

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