Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 162 - 6 novembre 2013

Intensifions l'opposition à l'offensive antisociale

Un discours du Trône pour plaire aux monopoles des ressources : mauvaise direction pour l'économie


Actions des travailleurs et des Premières Nations lors du Congrès national du Parti conservateur de Stephen Harper
du 31 octobre au 2 novembre 2013

Intensifions l'opposition à l'offensive antisociale
Un discours du Trône pour plaire aux monopoles des ressources : mauvaise direction pour l'économie - K. C. Adams

Ontario
Encore du chantage par le monopole Cliffs Natural Resources - Jim Nugent
Les enseignants et les travailleurs de l'éducation rejettent le diktat et la frauduleuse austérité

République dominicaine
Vive opposition à la décision de dénationaliser des Dominicains d'origine haïtienne - Christine Dandenault


Intensifions l'opposition à l'offensive antisociale

Un discours du Trône pour plaire aux monopoles des ressources : mauvaise direction pour l'économie

Le discours du Trône du gouvernement Harper base la prospérité du Canada sur l'extraction des ressources. Le gouvernement s'engage à faire tout ce qu'il faut pour aider les monopoles des ressources à extraire et expédier le plus de matières possible le plus rapidement possible. Il cherche même à créer la panique en disant que « cette occasion d'accéder à de nouveaux marchés ne sera pas éternelle ». Le gouvernement veut nous faire croire que notre sécurité et notre existence même dépendent de l'extraction des ressources et de leur expédition à l'autre bout du monde le plus rapidement possible. Toute entrave à cette demande est considérée comme allant à l'encontre de l'intérêt national et même de la sécurité nationale.

Le gouvernement déclare que les considérations suivantes qui ralentissent l'extraction et la livraison des matières premières seront criminalisées :

- le désir de bâtir une économie intégrée qui se développe dans tous les secteurs, dans laquelle l'extraction des ressources contribue à la croissance de l'industrie manufacturière et à la création de communautés fortes desservies par des programmes sociaux, des services publics et des infrastructures conçus pour répondre à leurs besoins ;

- le désir de défendre et de respecter les droits des Premières Nations ;

- la recherche d'un équilibre dans l'industrie de l'extraction et du transport des ressources basé sur la reconnaissance des droits des travailleurs et des exigences de la sécurité publique ;

- le désir de chérir la Terre-Mère pas seulement à court terme, mais surtout en identifiant de façon scientifique les conséquences et les effets des technologies employées.

Le gouvernement Harper justifie le centrage sur l'extraction des ressources en disant que 1,8 million de travailleurs sont directement ou indirectement employés dans ce secteur. Mais cela ne tient pas compte de plusieurs autres considérations tout aussi importantes sinon plus. D'abord, les travailleurs dans ce secteur ou dans les secteurs qui le desservent apportent une richesse considérable à l'économie, mais ils ne représentent que 10 % de l'ensemble de la main-d' oeuvre. En concentrant tous les efforts sur ce secteur, au détriment des autres, le gouvernement sous-estime l'importance des 90 % qui restent et leurs secteurs. Cette approche unilatérale ne tient pas compte non plus des secteurs qui n'existent pas mais dont une économie diversifiée et moderne ne peut se passer. Pour être forte et éviter les crises périodiques, l'économie moderne doit se développer dans tous les secteurs et posséder une dynamique interne de production, consommation, reproduction, interconnexion et croissance de tous les secteurs.

L'emploi dans le secteur de l'extraction et de l'expédition des ressources tel qu'il existe au Canada aujourd'hui est en déficit sur le front manufacturier, sinon les industries comme celle de l'acier et la production industrielle, surtout la machinerie lourde, croîtraient simultanément, ce qui n'est pas le cas. Par exemple, le monopole Caterpillar a récemment fermé sa dernière usine de fabrication au Canada, mais il continue de vendre au Canada de la machinerie lourde et des pièces en très grande quantité, en fait en majeure partie pour desservir le secteur des ressources. Cette importation de machinerie lourde limite la production de valeur ajoutée au Canada, la source de notre richesse collective. Il faut renverser cette situation. Si des machines lourdes sont utilisées pour la production au Canada, elles doivent être fabriquées ici, depuis l'extraction des métaux jusqu'au produit fini et aux pièces de rechange.

Le plus grand secteur d'emploi qui utilise les ressources aujourd'hui est celui de la construction et des infrastructures. La distribution des travaux d'infrastructure est un scandale perpétuel de manoeuvres pour payer les riches, toutes conçues pour procurer aux monopoles mondiaux des ressources tout ce dont ils ont besoin sans les obliger à réaliser (acheter) la valeur des infrastructures utilisées au prix de production.

L'opération et les transports, quand on pense aux oléoducs par exemple, procurent très peu d'emploi et rendent par conséquent très peu de valeur ajoutée. La valeur ajoutée de l'extraction des ressources est surtout créée en aval, dans la production, comme le raffinage et les industries secondaires et tertiaires, comme par exemple une industrie pétrochimique moderne ou les industries qui utilisent les produits forestiers de façon innovatrice.

Dans le secteur des ressources, le gouvernement n'affirme pas l'intérêt national et donne le feu vert aux monopoles, les laissant même réinvestir où ils veulent leur réclamation à la valeur ajoutée. Cela fait en sorte que les ressources et leur valeur ajoutée ne sont pas utilisées suivant un plan pour servir l'intérêt public, en ouvrant l'industrie de la fabrication des machines utilisées dans l'extraction des ressources, en diversifiant l'industrie manufacturière avec les ressources disponibles ou en bâtissant des communautés viables et stables.

La valeur créée par l'extraction des ressources n'est pas utilisée pour réaliser la valeur transférée d'autres secteurs, en particulier les réseaux publics de santé et d'éducation. La valeur transférée des programmes sociaux n'est pas réalisée et remise dans les institutions sociales qui créent la valeur. Les monopoles des ressources, comme dans les autres secteurs, empochent tout simplement la valeur transférée comme si elle leur appartenait. C'est pour eux une autre façon d'augmenter leur taux de rendement sur le capital investi aux dépens de l'économie dans son ensemble, du peuple et des programmes sociaux.

Les projets du secteur des ressources sont eux-mêmes sujets aux aléas des calculs étroits et de la rivalité mondiale des monopoles des ressources. Cela est la conséquence tant de l'absence de contrôle public sur le développement des ressources que de la négation du droit des Canadiens de décider de l'utilisation des ressources suivant une approche qui tient compte de l'intérêt public et qui vise l'humanisation de l'environnement naturel et de l'environnement social et le renforcement de l'économie socialisée dans son ensemble.

Il n'y a pas si longtemps, les gouvernements du Canada parlaient des grandes possibilités de développement par des projets valant des dizaines de milliards de dollars dans les champs minéraux du Labrador, dans l'Anneau de feu du nord de l'Ontario et concernant la potasse en Saskatchewan. Ils en parlent moins parce que tous ces projets sont paralysés par les rivalités entre les monopoles des ressources à l'échelle mondiale sur les prix et sur le contrôle des ressources. Même les projets pétroliers et gaziers sont constamment interrompus selon les caprices de l'intérêt étroit des monopoles mondiaux et les besoins de la machine de guerre des États-Unis, intérêts et besoins qui sont détachés de l'intérêt national et souvent en opposition à l'intérêt public et au développement d'une économie socialisée qui est diversifiée et qui touche à tous les secteurs.

Les mesures du gouvernement Harper pour plaire aux monopoles des ressources représentent une mauvaise direction pour l'économie. Le temps est venu de donner une nouvelle direction à l'économie.

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Encore du chantage par le monopole
Cliffs Natural Resources

Cliffs Natural Resources, l'un des plus grands monopoles miniers du monde, fait de nouveau du chantage auprès du gouvernement de l'Ontario avec des menaces de mettre fin au développement des ressources minérales qu'il contrôle dans le Cercle de feu si ses demandes ne sont pas satisfaites. Il demande entre autres que le gouvernement de l'Ontario exproprie les droits de propriété sur un corridor de transport dans la région appartenant à une compagnie minière rivale et les lui transférés.

Cela fait suite à des récentes menaces de Cliffs pour extraire des concessions du gouvernement en ce qui concerne son développement de gisements miniers de chromite dans le nord-ouest de l'Ontario. Cliffs exige un engagement ferme de centaines de millions de dollars dans le financement public du transport et de l'infrastructure électrique et des dérogations sur les évaluations environnementales et les exigences de consultation des Premières Nations. Pour appuyer ses demandes, il a annoncé en juin la suspension de ses travaux sur le processus d'autorisation et a fermé son camp d'exploration du gisement Black Thor, en disant que les activités sont suspendues « en raison des retards liés au processus d'évaluation environnementale et les droits de propriétés en surface et que les négociations en sont au point mort avec la province de l'Ontario ».

La plus récente exigence de Cliffs fait suite à une décision en septembre de la Commission aux mines et aux terres de l'Ontario. La décision reconnaît à KWG Resources les droits d'utilisation des terres le long de la seule voie de transport viable vers les marchés, à partir de la zone de minéralisation du Cercle de feu. La Commission a rejeté la demande de Cliffs pour un droit de passage sur les concessions minières de KWG pour y construire une route de 340 kilomètres vers ses propriétés minières. Cliffs demande que le gouvernement intervienne immédiatement et annule les droits de propriété de KWG. KWG, qui a également des concessions de chromite et d'autres minéraux dans la région, fait partie d'un groupe qui veut construire une liaison ferroviaire le long du corridor.

Au moment de la décision de la Commission en septembre, Cliffs a émis un communiqué de presse qui dit : « Sans accès aux terrains de surface pour développer l'infrastructure nécessaire, il n'y a pas de projet ... Alors que nous sommes ouverts à des solutions possibles, sans une voie d'intervention rapide pour surmonter ce revers important, il va être difficile pour nous de justifier la poursuite du projet à ce moment-ci. »

Alors que Cliffs dit qu'il est ouvert à des solutions possibles, le porte-parole de la société, Jason Agenes, a précisé que la solution que l'entreprise recherche est une intervention du gouvernement. « Nous pensons que si le Cercle de feu est prioritaire, le gouvernement doit le prendre en main. » Cliffs a lancé une contestation judiciaire de la décision de la Commission aux mines et aux terres mais se plaint que cela pourrait être devant les tribunaux pendant des années et que le résultat est incertain. D'autres solutions possibles pour Cliffs, comme un règlement monétaire avec KWG pour un droit de passage ou même le rachat de KWG, ont été rejetées comme étant trop coûteuses.

Après avoir demandé une révision de la décision de la Commission en octobre, Cliffs a lancé une campagne médiatique visant à faire pression sur le gouvernement pour qu'il intervienne en sa faveur. Bill Bloor, le chef de la division ferro-alliages chez Cliffs, a fait la menace très crûment lors d'entrevues avec les médias, qualifiant la décision de la Commission en faveur de KWG de « possible impasse ». Il a dit que Cliffs « va envisager de se retirer si le gouvernement de l'Ontario ne garantit pas à l'entreprise l'accès au gisement de chromite ... La seule solution viable pour le gouvernement est d'intervenir. Il pourrait exproprier les droits de surface ou retenir une partie des terres de surface de la Couronne pour l'intérêt public. »

Le 22 octobre, les menaces proférées par Bloor au nom de Cliffs ont été débattues à l'assemblée législative de l'Ontario. Les députés de tous les partis se sont déshonorés. Aucun d'entre eux n'a pris position contre ce monopole américain agressif qui veut tenir en otage l'économie pour ses propres intérêts privés ou pour tenter de faire chanter le gouvernement de manière aussi flagrante.

Au lieu de cela, les députés de l'opposition ont attaqué de manière partisane le gouvernement pour vouloir faire fuir les investisseurs internationaux en ne faisant pas assez pour faire respecter le droit de monopole de Cliffs. « L'entreprise est sur le point de quitter l'Ontario en raison du cafouillis que le gouvernement a créé dans les plans de développement du Cercle de feu », disent-ils, et le projet du Cercle de feu est « mis en péril par votre incompétence dans ce dossier ».

La réponse du gouvernement a été de continuer à insister qu'il sait très bien comment s'occuper des investisseurs miniers. Il a cité à plusieurs reprises comme preuve les 23 projets miniers qu'il a parrainés au cours de ses 10 années au pouvoir. Il s'est engagé à résoudre le problème de l'accès routier soulevé par Cliffs.

En essayant de manière aussi flagrante d'exploiter le pouvoir du gouvernement pour servir ses propres intérêts aux dépens d'un rival, Cliffs a mis en évidence la façon dont les monopoles dominants exercent leur pouvoir économique pour atteindre leurs objectifs. Ce qui est révélateur, c'est l'empressement des politiciens de se plier au diktat des monopoles dominants. Dans ce cas-ci, Cliffs politise ses intérêts étroits pour y soumettre un rival, Ressources KWG, mais il supplante l'intérêt public général de la même manière. Le pouvoir économique de Cliffs lui permet d'exiger du gouvernement l'expropriation de KWG et de la même manière utiliser son pouvoir économique pour exiger des fonds publics pour les infrastructures, exiger la renonciation de la réglementation environnementale et fouler aux pieds la souveraineté des Premières Nations.

L'Ontario a besoin de politiciens qui ne se plient pas au diktat des monopoles dominants, qui vont restreindre le droit de monopole et faire respecter le droit.

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Les enseignants et les travailleurs de l'éducation rejettent le diktat et la frauduleuse austérité


Manifestation d’enseignants, de travailleurs de l’éducation, de parents et d’étudiants le premier juin 2012 devant le bureau de circonscription de la députée libérale de Windsor West, la première manifestation contre la menace du gouvernement libéral d’imposer par loi les conventions collectives dans l’éducation 

Le 22 octobre, le gouvernement Wynne de l'Ontario a déposé le projet de loi 122, la Loi sur la négociation collective dans les conseils scolaires, 2013. Cette loi imposerait un système provincial de négociations aux enseignants et aux conseils scolaires. Elle usurperait par le fait même les pouvoirs des conseils scolaires et de leurs associations provinciales.

Les enseignants et les travailleurs de l'éducation de l'Ontario ont toujours dit qu'ils réclamaient des normes et des négociations qui permettent d'élever le niveau de l'éducation des jeunes de l'Ontario et de garantir la même qualité d'éducation dans toutes les régions de l'Ontario. Évidemment, elles doivent aussi permettre de défendre leurs salaires et leurs conditions de travail, lesquels ont des répercussions sur les conditions d'apprentissage des élèves. Ils ont défendu leur droit à la négociation collective auprès des conseils scolaires et auprès du gouvernement aux tables de négociations provinciales en disant Non ! à toutes mesures qui affecteraient à la baisse la qualité de l'éducation de leurs élèves. C'est cette capacité de dire Non ! que les libéraux et les conservateurs ontariens tentent de contourner au moyen de menaces, de chantage et de diktat.

Le gouvernement ontarien ayant imposé à l'été 2012 le projet de loi 115, qui privait les enseignants et les travailleurs de l'éducation de leur droit à la négociation collective, ceux-ci, appuyés par les élèves et la population, s'y sont opposés partout dans la province. C'est pourquoi les libéraux et les conservateurs tentent maintenant de mettre en place un nouveau régime de relations de travail pour paraître moins dictatoriaux et pour mieux imposer l'austérité. Ils cherchent désespérément à sauver les apparences en créant l'illusion que les gens auront un mot à dire dans les négociations alors qu'en pratique on leur nie le droit de dire Non ! à l'austérité.

La principale caractéristique du projet de loi 122 est qu'il sape de façon systématique le pouvoir des syndicats et des conseils scolaires, amendant huit autres lois, y compris la Loi sur l'éducation et la Loi sur les relations de travail de l'Ontario. Le projet de loi fait en sorte que non seulement le gouvernement va participer à la négociation centrale, mais il détiendra nettement les rênes du pouvoir. Par exemple, en vertu de la loi, le ministre de l'Éducation pourrait ouvrir une convention collective avant qu'elle n'arrive à terme et forcer les partis à « négocier » une nouvelle entente plus conforme aux balises gouvernementales, ou il pourrait simplement dicter des mesures d'austérité encore plus draconiennes, tout cela au nom de « circonstances exceptionnelles ». L'employeur pourrait aussi ouvrir la période de négociation pour le renouvellement de la convention collective 270 jours avant la fin de la convention actuelle (plutôt que 90, comme c'est le cas actuellement), ce qui donnerait le temps qu'il faut aux conseils scolaires et aux syndicats pour appliquer l'austérité à la table de négociation. De façon générale, le projet de loi 122 augmente l'autorité du gouvernement pour mieux contrôler les conseils scolaires et leurs associations provinciales en vertu de la Loi sur les relations de travail. Il pourrait, par exemple, exiger d'un conseil scolaire qu'il ordonne à tous ses employés de voter sur une offre finale qui aurait été rejetée à la table centrale par le syndicat représentant l'ensemble de ses membres.

Le gouvernement veut donner l'impression que le projet de loi 122 tente uniquement de codifier ce qui peut être négocié, à quel niveau et par qui. Cependant, lorsqu'on négocie, on s'attend à ce que les deux parties aient le droit de veto, ce qui n'est pas le cas avec ce projet de loi. En cas de différend, c'est le ministre qui a le pouvoir de le régler, ce qui veut dire qu'il peut dicter un règlement du conflit, ou encore s'en remettre à un arbitre qui pourrait trancher sur la base de la « capacité de payer » du conseil scolaire en question. Plus spécifiquement, pour passer à leur nouvelle phase d'attaques contre l'éducation publique, les libéraux et les conservateurs devaient neutraliser la capacité des enseignants et des travailleurs de l'éducation de se retirer des activités bénévoles et parascolaires en tant que moyen de pression contre le diktat du gouvernement. Ce moyen de pression a été très efficace dans la lutte contre la loi 115 car il permit à tous de prendre note des attaques du gouvernement contre les enseignants et les travailleurs de l'éducation.

Les mesures du gouvernement ontarien mèneront à la criminalisation des organisations de défense des travailleurs en limitant leur capacité de dire Non ! en ayant recours à ce moyen de pression, mais aussi à la grève, ou en participant à la vie politique.

Le gouvernement Wynne ne veut pas heurter de plein fouet la volonté publique qui est d'affirmer les droits des travailleurs. Il dit respecter le processus de négociation collective, mais qu'il veut tout de même « clarifier le rôle de chacun ». Entre-temps, les conservateurs exercent une pression sur le gouvernement pour qu'il n'hésite pas à « prendre les décisions difficiles », comme décréter que les enseignants et les travailleurs de l'éducation sont des services essentiels et que par conséquent ils ne peuvent dire Non ! aux attaques menées contre les services qu'ils dispensent et contre leurs droits en tant que travailleurs.

Tant que les libéraux et les conservateurs ne cesseront d'attaquer les programmes sociaux pour payer les riches, les enseignants et les travailleurs de l'éducation ne doivent entretenir aucune illusion à l'effet que ce projet de loi servira de façon quelconque à garantir leurs droits, surtout que le gouvernement se donne encore davantage de pouvoirs arbitraires. La chose la plus importante est que les enseignants et les travailleurs de l'éducation de l'Ontario affirment leurs droits face à ce nouveau développement.

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République dominicaine

Vive opposition à la décision de dénationaliser des Dominicains d'origine haïtienne

Le 23 octobre, plus de 200 personnes se sont rassemblées devant le consulat de la République dominicaine à Montréal pour dénoncer le tribunal constitutionnel dominicain de dénationaliser plus de 250 000 Dominicains d'origine haïtienne, menacés de déportation. Ils ont manifesté de 16 heures à 19 heures, scandant « Non à la dénationalisation en République dominicaine ! Le massacre de 1937 je me souviens ! Évitons un autre génocide en République dominicaine ! Démocrates du monde entier solidarité ! Solidarité, Québecois, Canadiens », et jouant de la musique haïtienne avec vigueur.

Le 23 septembre, le tribunal constitutionnel dominicain a décidé que les personnes nées de parents étrangers ne pouvaient plus prétendre à la nationalité dominicaine. Cette disposition toucherait plus de 250 000 descendants d'Haïtiens. Ainsi, la plus haute juridiction dominicaine a décidé que « les enfants nés dans le pays de parents étrangers » depuis 1929 seraient déchus de la nationalité dominicaine. Selon des médias, le tribunal dominicain fonde sa décision sur la situation migratoire des parents de ces personnes au moment de déclarer la naissance de leurs enfants, argumentant que si les parents se trouvaient alors en « transit » ou ne disposaient pas d'un papier de résidence légale, ils n'avaient pas le droit d'enregistrer leurs enfants comme Dominicains.

Dès la décision du 23 septembre, la communauté haïtienne de Montréal s'est mobilisée pour s'opposer à cette décision, lançant l'appel à toutes les personnes éprises de paix et de justice de la dénoncer. Dans un communiqué émis à l'occasion de la décision on lit : « Ensemble, nous allons exiger le retrait immédiat de la décision 168/13 du 23 septembre 2013 de la cour constitutionnelle de la République dominicaine qui a dénationalisé des centaines de milliers de Dominicains d'ascendance haïtienne. Cette décision xénophobe et raciste rappelle à l'humanité toute entière, celle qui a été prise par Hitler contre les juifs et qui a mené à l'holocauste pendant la seconde guerre mondiale. Rappelons pour la mémoire et pour l'histoire qu'en 1937 le général président dictateur Rafael Leonidas Trujillo y Molina de la République dominicaine avait fait massacrer plus de 30 000 Haïtiens. Ce génocide est connu sous le nom de 'Massacre Perejil'. La Déclaration universelle des droits de l'homme en son article 15.1 stipule : 'tout individu a droit à une nationalité' et 15.2 'nul ne peut-être arbitrairement privé de sa nationalité'. En 2013, au XXIe siècle, les hommes et femmes civilisés ne peuvent permettre aucune répétition de cet acte barbare. »

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