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Numéro 161 - 4
novembre 2013
Oui à l'industrie
manufacturière! Non à la destruction
nationale!
Il faut donner une nouvelle
direction
à l'économie!
Des
travailleurs de
tous les secteurs de l’économie, des
jeunes et des gens de tous
milieux ont participé à
une
militante ligne de piquetage au Congrès
national du Parti
conservateur à Calgary. D’autres
actions ont eu
lieu tout au long du congrès.
Oui
à
l'industrie
manufacturière!
Non à la
destruction nationale!
• Il faut donner une
nouvelle direction
à l'économie !
• Nous sommes un pays ou
non!?
- Rolf Gerstenberger
Congrès
national
du Syndicat canadien de la fonction publique
• La
nécessité de nouveaux
arrangements - Louis Lang
La crise du
logement
au Nunavik
• Le gouvernement Harper
doit rendre des
comptes!
Grande-Bretagne
• Le projet de loi raciste
sur l'immigration
passe la deuxième lecture -
Workers' Weekly
Oui à l'industrie
manufacturière! Non à la destruction
nationale!
Il faut donner une nouvelle direction à
l'économie!
US
Steel
annonce
qu'il
fermera
de façon permanente sa
production d'acier à Hamilton Works
C'est
par voie de
conférence téléphonique,
à partir de
Pittsburgh, sur les résultats du
troisième trimestre de
la compagnie que le PDG de US Steel, Mario Longhi,
a fait cette
annonce : « Nous avons
décidé de fermer
de façon permanente les activités de
production de fer et
d'acier à Hamilton Works le
31 décembre 2013.
Cette mesure améliorera de façon
durable notre structure
de coûts d'environ 50 millions $ par
année et
réduira nos besoins en liquidités
d'à peu
près 25 millions $ par
année. Cette
réduction de notre capacité de
production d'acier a un
effet bénéfique sur notre
performance en matière
de fer et de notre coke ce qui nous permettra
d'entreprendre d'autres initiatives. »
Réagissant à la destruction par US
Steel
de la production d'acier au Canada, le ministre de
l'Industrie du
gouvernement Harper, James Moore, a
déclaré selon les
médias que la destruction des actifs
canadiens de l'industrie de
l'acier est une décision qui ne regarde que
l'entreprise
privée et que le gouvernement n'a pas
d'affaire à
intervenir.
L'ingérence directe et néfaste du
monopole
étasunien dans l'économie
socialisée du Canada et
la réaction détachée et
indifférente du
gouvernement Harper sont des questions que le
mouvement ouvrier doit
sérieusement prendre en main. Ces
problèmes mettent en
lumière à quel point les
travailleurs canadiens manquent
de pouvoir et de contrôle
sur les affaires qui les concernent et sur tout ce
qui les affecte
directement. Il faut changer cette situation de
manque de
contrôle et de pouvoir sur les affaires qui
concernent les
travailleurs en organisant des actions avec
analyse. Le mouvement
ouvrier doit acquérir le pouvoir politique
afin de priver les
monopoles mondiaux et leurs représentants
politiques du pouvoir d'attaquer la classe
ouvrière ainsi que la
sécurité et le bien-être du
peuple canadien et de
son économie.
Il était devenu évident dès
l'acquisition par US Steel de Stelco en
2007 que pour cet empire
de l'acier la capacité productive de Stelco
représentait
une menace concurrentielle qu'elle devait contenir
et, si
nécessaire, éliminer. De
surcroît, US Steel
convoitait le minerai de fer de Stelco et son
coke, y voyant un bonne
source
d'approvisionnement pour son propre empire. US
Steel consomme toujours
le coke de Hamilton Works dans ses autres usines
sidérurgiques
et, avec le mépris le plus ouvert pour les
citoyens de Hamilton,
se vante du fait que la destruction de la
production d'acier à
Hamilton permet à l'empire
d'expédier ailleurs le coke
provenant de Hamilton afin
d'améliorer
l'« équilibre » de
l'empire.
La destruction de Hamilton Works :
Longhi et sa logique centrée sur le capital
L’opposition ouvrière conteste la logique
centrée sur le capital de Longhi en vertu
de laquelle il cherche
à expliquer la destruction de la production
d'acier à
Hamilton Works et dénonce le gouvernement
Harper pour son
consentement lâche à cette
destruction des moyens de
production canadiens.
Pour Longhi, Hamilton Works n'est pas un actif
important
pour le peuple canadien, mais un coût dans
toute la structure de
coûts de son empire contrôlé
par les
États-Unis. Selon Longhi, la destruction de
cet actif productif
signifie une épargne annuelle de 50
millions $ ainsi qu'une
réduction annuelle de
25 millions $ de ses
besoins en liquidités. La destruction du
haut fourneau de
Hamilton Works, toujours selon Longhi,
réduira de façon
positive la capacité totale de production
sidérurgique au
sein de son empire, permettant à ce dernier
de transférer
le minerai de fer et le coke vers d'autres usines
d'acier aux
États-Unis, améliorant ainsi ce que
Longhi appelle
l'équilibre de son empire.
L'opposition ouvrière dénonce avec
profond
mépris cette vision totalement
dépassée et
rétrograde de Longhi, un dirigeant
important du capital
financier étasunien. C'est avec ce
raisonnement fallacieux qu'il
essaie de justifier son assaut contre le peuple
canadien et son
économie socialisée. N'en
déplaise à
Longhi, Hamilton Works ne fait partie
d'aucune structure de coûts. Il s'agit d'un
actif important pour
le peuple canadien. La destruction, en
totalité ou en partie, de
cet actif est une attaque contre le
bien-être du Canada et de son
économie. Vus correctement, Hamilton Works
et ses
métallos expérimentés sont
des actifs importants.
L'usine elle-même devrait être
constamment
renouvelée
et modernisée.
Le concept même selon lequel les actifs
productifs, les travailleurs et le processus
productif lui-même
sont des coûts est néfaste à
l'économie
socialisée moderne. Selon ce concept
rétrogade
centré sur le capital, la destruction des
actifs productifs et
de la production, ce qui comprend d'abord et avant
tout le facteur
humain, est une chose positive,
puisqu'elle contribue à l'objectif constant
qui est de
réduire les coûts. Cela fait en sorte
que l'objectif
premier devient la réduction des
coûts et non de
résoudre les problèmes d'une
économie
socialisée qui, elle, requiert une nouvelle
direction qui
comprend une harmonisation des relations de
production
privatisées avec des forces productives qui
sont déjà pleinement
socialisées. Le fait qu'aucun
progrès n'est fait sur cette question est
la cause de crises et
de problèmes chroniques. Longhi
reconnaît que son empire
subit les effets de ces crises, mais ne voit pas
d'autre solution que de
réduire les coûts. Avec une approche
aussi
rétrograde, c'est la classe ouvrière
du Canada et
également celle
des États-Unis qui en subit les
conséquences, tandis que
le bien-être et la sécurité
des deux peuples sont
mis en péril.
La classe ouvrière a sa propre vision
moderne des choses
La classe ouvrière se doit d'apporter sa
propre
vision et sa propre pensée au domaine de
l'économie
politique. Elle doit renforcer son organisation et
sa voix au sein de
la communauté et prendre la politique en
main comme sa
tâche centrale. Il n'y a pas d'autre force
qui va défendre
les travailleurs et combattre pour leur
bien-être, leur
sécurité
et leurs droits. Aucune autre force sociale n'a la
capacité de
défendre l'économie
socialisée du Canada contre
les gangsters impérialistes internationaux.
Le
mouvement ouvrier doit
contester les représentants du capital
financier comme Longhi et
toute la bande d'experts économiques et des
milieux
académiques qui répandent un tel
non-sens. À
travers sa propre organisation et ses propres
médias, le
mouvement ouvrier doit se mobiliser lui-même
et mobiliser
l'opinion publique pour qu'on
regarde la réalité avec une
perspective et des
définitions modernes et qu'on ouvre la voie
à une
nouvelle direction. La classe ouvrière doit
se mettre en
position de prendre contrôle des choses qui
affectent sa vie et
surtout de choses aussi centrales que
l'économie et la
politique. La classe ouvrière doit se doter
de la
capacité organisationnelle et du
pouvoir de priver les capitalistes financiers et
leurs empires comme
celui de US Steel et de Longhi du pouvoir de
contrôler et de
ruiner les vies, l'économie, la
sécurité et le
bien-être des travailleurs et de tous les
Canadiens.
Face à l'indifférence froide et
détachée du gouvernement Harper face
à cette
attaque de US Steel, l'opposition ouvrière
est
déterminée à lui faire rendre
des comptes. Le fait
que Harper permette à US Steel d'envahir le
Canada, de
détruire un actif aussi important et de
menacer la vie, les
pensions et la sécurité d'un si
grand nombre de gens
montre que ce gouvernement n'est pas apte à
gouverner et doit
être remplacé.
L'acier tout comme les autres produits de base
importants doit être fabriqué au
Canada. Il n'y a pas
d'excuses qui tiennent pour faire autrement. Une
économie
socialisée moderne doit produire
elle-même ses produits de
base, sa machinerie industrielle et d'autres
moyens de production. Le
peuple souverain doit avoir le dernier mot et le
contrôle des secteurs de base de son
économie
socialisée. Voilà une
définition, un droit et un
principe modernes qui doivent être soutenus
si l'on veut que le
peuple ait le contrôle de sa vie et de son
économie et le
pouvoir de défendre son bien-être et
sa
sécurité.
Défendons tous Hamilton Works ! Il
faut
laisser les métallos de Hamilton produire
de l'acier ! Non
aux attaques de US Steel contre le Canada !
Dénonçons l'indifférence
glaciale du gouvernement
Harper face au sort des travailleurs
canadiens ! Oui à la
base manufacturière ! Non à la
destruction
nationale !
C'est le temps de donner une nouvelle direction
à
l'économie !

Nous sommes un pays ou non!?
- Rolf Gerstenberger* -
Au nom des membres actuels et passés de la
section 1005 du Syndicat des Métallos,
je veux exprimer le
regret et la colère que nous ressentons
à l'annonce de la
fermeture permanente de l'aciérie Hilton
que nous avons connue
toute notre vie et qui a fait de Hamilton ce
qu'elle est aujourd'hui.
C'est un coup de poignard au coeur de notre
communauté. Le coup vient de Pittsburgh aux
États-Unis, mais il a été
guidé par les gouvernements du
Canada et de l'Ontario. Ils ont le pouvoir de dire
non à cette
atteinte à l'économie canadienne.
Ils ont le pouvoir de
repousser cette invasion des escrocs qui viennent
accaparer nos
industries et dont
l'intérêt privé ne concorde en
rien avec
l'intérêt du Canada.
Stephen
Harper parle
constamment de sécurité nationale et
du besoin de
protéger les Canadiens contre le terrorisme
et la
dégénérescence des valeurs
sociales. Mais quand il
s'agit de les protéger contre cette
destruction de leurs moyens
de subsistance, de notre industrie de l'acier et
de notre
sécurité à la retraite, qui
est une forme de
terrorisme,
ce gouvernement dit que c'est une affaire
privée et qu'il ne
peut pas intervenir ! Certains se demandent
en quoi cela
diffère d'un bombardement de notre usine
par l'armée
américaine. Ils ont arraché deux
millions de tonnes
d'acier à notre économie chaque
année. Par quoi
cette valeur sera-t-elle remplacée ?
Par des importations.
Ces
importations de l'acier drainent notre
économie parce que nous,
en tant que pays, n'avons pas un surplus d'acier,
nous en
manquons !
Le ministre de la destruction de l'Industrie
James Moore
dit que la fermeture de l'atelier Hilton par US
Steel est strictement
une décision d'affaires et que le
gouvernement ne s'immisce pas
dans les décisions d'affaires des
entreprises. Mais dans ce cas
pourquoi le Parti conservateur se
prétend-il le gouvernement du
Canada ? Nous avons
besoin d'un gouvernement qui défend les
Canadiens, pas une bande
de flagorneurs qui s'endorment au volant pendant
que les monopoles
mondiaux font ce qu'ils veulent. Et tout cela est
justifié au
nom du respect de la liberté
démocratique qui dicte que
les
gouvernements ne doivent pas intervenir dans les
décisions
d'affaires. Quelle incroyable
interprétation de la
non-intervention !
Sommes-nous un pays ou pas ! Les Canadiens
sont-ils
destinés à être à
jamais des victimes des
décisions d'affaires prises on ne sait
où ? Ces
décisions ne sont certainement pas prises
ici, par nous, dans
notre pays, nous qui avons des retraités
à nous occuper,
des jeunes qui veulent travailler et produire et
une économie en
mal
d'une nouvelle direction.
Quelle sera la prochaine décision
d'affaires de
ce monstre venu d'ailleurs qui va nous
piétiner
impunément ? US Steel
déclarera-t-il faillite pour
sa filiale canadienne pour se libérer de
toute
responsabilité envers nos pensions ?
Cela sera-t-il la
prochaine décision d'affaires dans laquelle
les gouvernements du
Canada et de l'Ontario
refuseront d'intervenir ?
Non, pas tant que nous aurons notre mot à
dire.
Cette absurdité doit cesser ! Le
Canada de
Stephen Harper n'est pas un pays pour et par les
Canadiens. Ce n'est
pas un pays qui défend la
sécurité et le
bien-être de ses citoyens, leur
économie et avenir. Ce
n'est pas un pays, c'est tout simplement un
endroit soumis aux quatre
volontés des monopoles mondiaux les plus
puissants qui font
ce qu'ils veulent parce qu'ils le peuvent, parce
qu'on les laisse
faire, parce que les gouvernements refusent
d'intervenir au nom des
Canadiens.
Les directeurs de US Steel se plaignent toujours
d'une
capacité excédentaire de production
de l'acier aux
États-Unis et dans le monde. Pourquoi ne
font-ils pas adopter
une loi qui dit que l'acier consommé aux
États-Unis doit
être fabriqué aux
États-Unis ? Le Canada
pourrait faire de même et nous gagnerions
tous à renforcer
notre
capacité à produire suffisamment
d'acier pour
répondre aux besoins de notre
économie. Si nous n'avons
pas la capacité nécessaire, nous
pouvons la bâtir.
Nous en sommes parfaitement capables. Mais non,
ils
préfèrent se plaindre puis ensuite
venir au Canada et
détruire notre capacité de produire
de l'acier pour
qu'ils puissent nous vendre leur acier
produit en excédent aux États-Unis.
Ils traitent les
métallos américains de la même
manière.
Stelco
était à
l'origine une entreprise florissante
précisément parce
que les gouvernements de l'époque
s'opposaient au
continentalisme. Ils avaient compris que s'ils
permettaient aux
entreprises américaines de faire ce
qu'elles veulent ici, le
Canada serait réduit à produire
principalement des
matières premières pour les autres.
Pourquoi ne pas
établir de nouveaux arrangements
aujourd'hui qui
défendront le Canada et ses citoyens et
répondront aux
défis du XXIe siècle ? L'acier
consommé au
Canada devrait être produit au Canada. La
machinerie industrielle
lourde utilisée au Canada devrait
être fabriquée au
Canada. Les arrangements actuels ne marchent pas.
Ils créent des
crises
périodiques et ils ont plein de
problèmes non
résolus précisément parce que
les gouvernements
refusent d'intervenir pour le compte du pays et de
ses citoyens. Nos
gouvernements tournent le dos à la
sécurité et aux
droits des citoyens, mais défendent
scrupuleusement la
sécurité et les droits des grandes
entreprises. Cela doit
cesser et les métallos et
leurs alliés sont déterminés
à y mettre fin.
Joignez-vous à nous dans cette lutte pour
une
nouvelle direction ! Nous avons un pays
à bâtir !

Congrès national du
Syndicat
canadien de la fonction publique
La nécessité de nouveaux
arrangements
- Louis Lang -
Le Syndicat canadien de la fonction publique a
tenu son
26e Congrès national à
Québec, du 21 au
25 octobre 2013.
Le rapport final du Comité des
accréditations a été
adopté le mercredi
23 octobre 2013. Le Comité a
indiqué qu'un total de
2 182 délégués et
182 suppléants représentant 800
sections locales se
sont enregistrés. Le SCFP a un effectif
total de 627 000
membres.
Les délégués
représentant
les travailleurs dans de nombreux secteurs tels
que la santé,
l'éducation, les services municipaux, les
services sociaux, les
sociétés aériennes,
l'énergie et bien
d'autres ont débattu de
52 résolutions et d'un
document d'orientation pour élaborer un
programme de travail
pour le SCFP en vue des deux prochaines
années.
Lors des discussions sur le plancher du
congrès,
les délégués ont donné
de nombreux exemples
des attaques contre les salaires des travailleurs,
des avantages
sociaux et des droits de négociation
à tous les paliers
gouvernementaux, fédéral, provincial
et municipal. Le
programme d'austérité qui est
imposé par les
gouvernements représente une
menace constante pour les moyens de subsistance
des travailleurs et les
sections locales font face partout au pays
à des attaques
quotidiennes contre les pensions de leurs
travailleurs retraités.
De nombreux délégués, en
racontant
leurs expériences dans la lutte contre
l'imposition de
concessions dans le cours des négociations,
ont souligné
l'urgente nécessité de bâtir
la force du syndicat
pour défendre ses membres sur toutes ces
questions cruciales.
Le secrétaire-trésorier national a
souligné dans son rapport au congrès
que le SCFP est
financièrement solide avec un fonds de
grève de plus de
62 millions $. L'une des
résolutions adoptées
par le congrès a été
d'augmenter
l'indemnité de grève à
60 $ par jour à
compter du 10e jour du calendrier d'une
grève jusqu'à un
maximum de 300 $ par semaine.
Alors qu'il y avait beaucoup de discussions sur
l'apport
de soutien financier et l'usage de la force
organisée du
syndicat pour défendre les membres qui sont
confrontés
à des attaques directes, comme les cols
bleus de Québec
qui sont sans convention collective depuis
près de trois ans, le
congrès n'a pas été en mesure
de présenter
un plan
pratique pour répondre aux besoins des
travailleurs qui sont
attaqués.
Plusieurs propositions ont été
discutées. Par exemple, un document
d'orientation
intitulé « Orientations
stratégiques
2013-2015 » a été
débattu et
amendé à plusieurs reprises au cours
de la semaine. Il
propose des initiatives pour mettre en oeuvre le
plan du SCFP de
« construire des liens plus
étroits avec ses
membres »
conformément à la campagne du CTC
pour populariser les
réalisations des syndicats et promouvoir
les avantages pour la
société toute entière
d'être syndiqué.
Le document propose également que le
syndicat
doit s'employer à élire un
gouvernement pro-ouvrier pour
arrêter les « attaques des
libéraux et des
conservateurs contre les syndicats ».
Ce qui manquait dans le document d'orientation
politique
et dans le débat sur les résolutions
était la
reconnaissance du fait que les anciens
arrangements
d'après-guerre ont été
rejetés par
l'élite dirigeante et que souhaiter ramener
le passé
n'est pas une option.
Les travailleurs confrontés à des
attaques
dans tout le pays sont conscients de la
nécessité de se
battre sur la base de leurs propres positions
indépendantes. De
nouveaux arrangements peuvent être
créés sur la
base de la reconnaissance des droits des
travailleurs en vertu du
travail qu'ils effectuent.
Cela signifie que les travailleurs doivent faire
reposer
leur lutte sur une analyse de la situation
réelle et exposer les
théories économiques absurdes mises
de l'avant par les
gouvernements à l'effet que les services
fournis par les
travailleurs sont « des
coûts ». Les
travailleurs du secteur public fournissent des
services qui profitent
à
toute la société et nous ne devons
pas permettre que ces
avantages soient confisqués sous forme de
subventions
gouvernementales ou de profits au
bénéfice des
sociétés monopolistes. Les
gouvernements à tous
les niveaux détournent des fonds publics
vers les entreprises
grâce à la privatisation et la
création de PPP en
prétendant que c'est fait dans
l'intérêt public. Mais rien n'est
plus loin de la
vérité.
La lutte des travailleurs pour exposer la fraude
des
« coûts excessifs des services
sociaux » et
la fraude des budgets d'austérité
est une partie
importante de la lutte de tous les Canadiens pour
qu'ils aient leur mot
à dire dans la direction de
l'économie et de
l'édification nationale en opposition
à la destruction
nationale et au
démantèlement des services publics
et des programmes
sociaux.
Le SCFP, qui possède des sections locales
dans
tout le pays représentant de nombreux
secteurs jouera
certainement un rôle important dans la lutte
des travailleurs
canadiens pour l'affirmation de leurs droits.
Manifestation
le 23
octobre des délégués du
Congrès national du
SCFP en appui à la lutte des cols bleus
de Québec
pour une convention collective qu’ils jugent
acceptable.

La crise du logement au Nunavik
Le gouvernement Harper doit rendre des comptes!
Le gouvernement Harper doit rendre des comptes de
son
refus d'adopter des mesures concrètes pour
résoudre la
grave crise du logement qui sévit au
Nunavik.
Suite au discours du Trône dans lequel
Harper a une
fois de plus refusé de traiter de cette
question
sérieuse, Jobie Tukkiapik, le
président de la
Société Makivik, a fait les
commentaires suivants :
« Nous sommes en droit de nous
demander ce
que cela va prendre au gouvernement pour respecter
sa parole et ses
obligations en vertu de traités sous la
Convention de la
Baie-James et du Nord québécois
[...] À maintes
reprises nous avons demandé à
rencontrer le ministre
Valcourt afin de faire valoir au gouvernement
fédéral
à quel
point il est urgent d'agir face à la crise
du logement au
Nunavik, mais il ne nous a pas encore
rencontrés. Il n'a fallu
que 9 jours au Rapporteur spécial des
Nations unies pour
comprendre que le financement du logement
autochtone est totalement
inadéquat. On ne peut qualifier le refus
continuel du Canada de
traiter de la crise du logement
autrement que de mauvaise foi. »
La
Société
Makivik est l'entité qui a
été mise sur pied pour
gérer la portion inuit des fonds de
compensation .établis
par la Convention de la Baie-James et du Nord
québécois
signée en 1975 et pour s'assurer que
les conditions de la
convention soient respectées.
D'ailleurs, la médiatrice nommée en
vertu
de la Convention de la Baie-James et du Nord
québécois,
Dominique F. Bourcheix, vient d'affirmer qu'Ottawa
était de
mauvaise foi lors du renouvellement de l'entente
sur le logement
2010-2015 visant à résoudre
cette crise. À
cette époque, le ministre des Affaires
autochtones Chuck Strahl
a dit
qu'il cherchait activement à convaincre le
premier ministre
Stephen Harper de débloquer les fonds
nécessaires pour la
construction de logements. Or il n'en était
rien.
Au moment des discussions sur le renouvellement
de
l'entente en 2009, le cabinet du ministre
fédéral - Chuck
Stahl, à l'époque - « a
omis de
révéler à Makivik qu'il
savait qu'il ne servait
plus à rien de tenter d'obtenir un mandat
[du gouvernement]
quand Makivik a signé et quand le ministre
a
signé », écrit la
médiatrice dans son
rapport de septembre 2012. « Makivik
n'a pas
bénéficié de l'obligation du
Canada, issue du
droit civil, d'agir de bonne foi. »
L'adjoint exécutif de
Jobie Tukkiapik, président du Makivik,
Joë Lance a
mentionné que deux lettres avaient
été
envoyées au printemps dernier au ministre
fédéral
des Affaires autochtones et du Nord canadien,
Bernard Valcourt. Aucune
réponse n'est venue.
La Société Makivik a signé
le
renouvellement de l'entente en croyant qu'Ottawa
allait s'attaquer
sérieusement à la pénurie de
logements sociaux.
Mentionnons qu'en vertu de la Convention de la
Baie-James et du Nord
québécois, le gouvernement
fédéral doit
fournir au Nunavik suffisamment de logements pour
répondre
à ses besoins. Or, en
contravention avec la Convention, Ottawa a
cessé en
1994 d'investir dans les logements sociaux
pendant une
période de six ans. En 2000, à la
suite d'un rapport d'un
médiateur, le Canada a dû conclure
une entente avec les
deux autres partenaires, le Québec par
l'entremise de la
Société d'habitation du
Québec (SHQ) et les Inuits
représentés
par Makivik et le gouvernement régional de
Kativik.
Selon
l'entente 2010-2015,
le gouvernement
fédéral s'est engagé à
construire
227 habitations, soit un investissement de
12,5 millions $ par
an. Quant au gouvernement du Québec, il est
responsable de
l'entretien des logements et assume le
déficit d'exploitation.
Selon les intervenants et la population, le
Nunavik a besoin de 1000
logements.
En refusant d'investir pendant six ans, le
gouvernement
fédéral a contribué à
l'aggravation de la
crise, et ce, malgré la reprise des
investissements en 2000.
Ainsi, la pénurie est passée
à 459 à
628 unités en 2003 et à
900 à l'heure
actuelle sur un total de 2673 logements
sociaux. On
évaluait à 47 % le nombre
d'Inuits qui vivent une situation de
surpeuplement, comme vivre
à quinze dans un logement prévu pour
six personnes.
Aujourd'hui, cette proportion est de 63 %.
Comme le souligne Elena Labranche, adjointe au
directeur
de la santé publique au Nunavik, ce
surpeuplement entraîne
de sérieux problèmes. On parle
même
d'éclosion de tuberculose dans plusieurs
logements. Cela affecte
également la santé mentale.
« La maison est
supposée être un havre. Mais
aujourd'hui, les gens n'ont
plus ce
sentiment de sécurité. Le
surpeuplement entraîne
une recrudescence de la violence et des
suicides », a
signalé Elena Labranche. On assiste aussi
à un nouveau
phénomène qu'on appelle
là-bas couchsurfing, celui
des personnes sans domicile fixe qui dorment dans
un logement un soir,
puis dans un autre le lendemain, a-t-elle
ajouté.
Dès 1997, la Commission des droits de la
personne
et de la jeunesse, préoccupée par le
manque de services
offerts aux enfants en besoin de protection,
concluait une
enquête longue de cinq ans en mentionnant
que le surpeuplement
des logements au Nunavik représentait une
menace très
lourde pour le développement et le
bien-être des
enfants.
Le gouvernement Harper doit être tenu
responsable
de cette grave violation des droits humains et de
ses obligations
issues de traités.

Grande-Bretagne
Le projet de loi raciste sur l'immigration passe
la
deuxième lecture
- Workers' Weekly* -
Le
projet de loi sur
l'immigration, un projet de loi gouvernemental
parrainé par la
ministre de l'Intérieur, Theresa May, a
passé la
deuxième lecture le 22 octobre et la
lecture en
comité parlementaire a commencé deux
jours plus tard. Ce
projet de loi s'attaque aux droits des
minorités nationales en
facilitant les déportations, en
limitant le droit d'appel et en accordant
davantage de pouvoir aux
agents de l'immigration. Il stigmatise encore
davantage les
minorités nationales en tant que membres de
la
société de seconde zone. Tout comme
l'inacceptable loi
sur le lobbying, ce projet de loi est
adopté à la
hâte, ayant été
déposé au parlement
seulement douze jours avant la
deuxième lecture. La lecture du projet de
loi en comité
parlementaire doit se terminer le
19 novembre, soit moins de
quatre semaines après le début des
délibérations.
Le Parti travailliste a formellement
appuyé le
projet de loi lorsque la critique aux affaires
intérieures,
Yvette Cooper, a annoncé que son parti ne
s'opposerait pas au
projet de loi, mais qu'il veillerait à ce
qu'il soit
« amendé et
réformé ». Le
projet de loi a été adopté en
deuxième
lecture par 303 votes contre seulement 18,
les
travaillistes s'étant abstenus.
Le Mouvement contre la xénophobie (MAX) a
organisé une manifestation devant le
parlement le matin de la
deuxième lecture. Une des oratrices au
rassemblement, la
directrice politique de Unite, Jenny Formby, a dit
que le projet de loi
« n'est pas qu'un question
d'immigrants. Il s'agit d'une
question qui touche tous ceux pour qui la
démocratie est importante. »
L'activiste antiraciste Lee Jasper a dit du
projet de
loi qu'il est « un facteur de
division » et il a
fait une mise en garde, rappelant cette
période honteuse
où il était question de
« pas de noirs, pas de
chiens et pas d'Irlandais ». Il
dénonce ainsi les
mesures visant à empêcher les
immigrants sans papiers
à avoir accès au
logement privé par l'obligation
imposée aux
propriétaires de vérifier le statut
légal des
locataires. Il a dit que cette tentative de
limiter un droit aussi
fondamental que le droit au logement sur la base
de l'origine nationale
et du statut légal doit être
dénoncée.
Aussi, le projet de loi empêche ces
personnes
d'obtenir des comptes bancaires et des permis de
conduire. De
surcroît, sous prétexte d'en finir
avec un soi-disant
« tourisme santé » -
un mythe maintes fois
réfuté [1]
- le projet
de loi impose des frais pour accéder au
Système national
de Santé. Ces frais, qu'on établit
à environ 200
livres,
doivent être déboursés par des
immigrants
temporaires et légaux ne provenant pas de
l'Espace
économique européen.
Aussi, le projet de loi
retire considérablement les motifs d'appel
vis-à-vis les
décisions prises en matière
d'immigration et de
déportation.
Prétextant défendre
l'« équité »,
l'objectif du projet
de loi est de nier les droits fondamentaux de la
personne et
d'empêcher les minorités nationales
d'avoir accès
aux services. Par le biais de ce projet de loi,
les
propriétaires, les employés de
banque, les travailleurs
de la santé et autres sont forcés de
contrôler
l'immigration, de
vérifier les papiers, ce qui aura comme
conséquence de
pousser les plus vulnérables au
désespoir, créant
ainsi les conditions pour la prolifération
de la discrimination,
de la division et d'une intensification de
l'exploitation.
Le
projet de loi est en fait
une attaque raciste
organisée par l'État qui affecte les
droits de tous. Il
cible une section dans le but d'attaquer
l'ensemble par la politique de
la division. Il contribuera à
accroître l'arbitraire et
l'irresponsabilité en mettant en place des
frais d'usager et en
vérifiant le statut de tout le monde. Cela
ne peut que
contribuer
à un climat de suspicion et entretenir des
sentiments
négatifs dans le but de rehausser une
autorité qui n'est
plus en diapason avec les conditions et à
saper toute opposition
au programme d'austérité.
Ce projet de loi est proposé au lendemain
des
incidents des fourgonnettes contre l'immigration,
lorsque des
véhicules se promenaient avec un message
destiné aux
immigrants à l'effet qu'ils devraient
« retourner
chez eux ». Ces incidents ont
été massivement
condamnés et le gouvernement a
été forcé
d'intervenir plus tôt en octobre
sur la base que ces méthodes contrevenaient
aux normes de la
publicité. Le projet de loi coïncide
aussi avec des
messages texte produits par le gouvernement en
appelant aux
« immigrants soupçonnés
d'être
illégaux » de contacter le
ministère de
l'Intérieur. Inutile de dire que le
gouvernement a
été massivement condamné pour
ces faits
et gestes.
Le projet de loi sur l'immigration n'est pas
humain et
ne doit pas passer. Toute personne
démocratique et avide de
justice doit se joindre au mouvement pour
écraser ce projet de
loi et pour s'organiser à la défense
des droits de tous.
* Workers'
Weekly est
une publication du Parti
communiste révolutionnaire de
Grande-Bretagne
(marxiste-léniniste).
Note
1. Pour ne citer qu'un
exemple,
le London School of Hygiene and Tropical
Medecine a
démontré que les patients
étrangers ont
déjà déboursé pour
les traitements
prodigués par le Système national
de Santé, pour
un total de 42 millions de livres en
2010-11. Aussi, la
Grande-Bretagne est un « exportateur
net » de
patients. 63 000 patients sont allés
se faire soigner à
l'étranger en 2010-11. Cliquez ici
pour en savoir davantage.

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