Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 161 - 4 novembre 2013

Oui à l'industrie manufacturière! Non à la destruction nationale!

Il faut donner une nouvelle direction à l'économie!


Des travailleurs de tous les secteurs de l’économie, des jeunes et des gens de tous milieux ont  participé à une
militante ligne de piquetage au Congrès national du Parti conservateur à Calgary. D’autres actions ont eu
lieu tout au long du congrès.

Oui à l'industrie manufacturière! Non à la destruction nationale!
Il faut donner une nouvelle direction à l'économie !
Nous sommes un pays ou non!? - Rolf Gerstenberger

Congrès national du Syndicat canadien de la fonction publique
La nécessité de nouveaux arrangements - Louis Lang 

La crise du logement au Nunavik
Le gouvernement Harper doit rendre des comptes!

Grande-Bretagne
Le projet de loi raciste sur l'immigration passe la deuxième lecture - Workers' Weekly


Oui à l'industrie manufacturière! Non à la destruction nationale!

Il faut donner une nouvelle direction à l'économie!

US Steel annonce qu'il fermera de façon permanente sa
production d'acier à Hamilton Works

C'est par voie de conférence téléphonique, à partir de Pittsburgh, sur les résultats du troisième trimestre de la compagnie que le PDG de US Steel, Mario Longhi, a fait cette annonce : « Nous avons décidé de fermer de façon permanente les activités de production de fer et d'acier à Hamilton Works le 31 décembre 2013. Cette mesure améliorera de façon durable notre structure de coûts d'environ 50 millions $ par année et réduira nos besoins en liquidités d'à peu près 25 millions $ par année. Cette réduction de notre capacité de production d'acier a un effet bénéfique sur notre performance en matière de fer et de notre coke ce qui nous permettra d'entreprendre d'autres initiatives. »

Réagissant à la destruction par US Steel de la production d'acier au Canada, le ministre de l'Industrie du gouvernement Harper, James Moore, a déclaré selon les médias que la destruction des actifs canadiens de l'industrie de l'acier est une décision qui ne regarde que l'entreprise privée et que le gouvernement n'a pas d'affaire à intervenir.

L'ingérence directe et néfaste du monopole étasunien dans l'économie socialisée du Canada et la réaction détachée et indifférente du gouvernement Harper sont des questions que le mouvement ouvrier doit sérieusement prendre en main. Ces problèmes mettent en lumière à quel point les travailleurs canadiens manquent de pouvoir et de contrôle sur les affaires qui les concernent et sur tout ce qui les affecte directement. Il faut changer cette situation de manque de contrôle et de pouvoir sur les affaires qui concernent les travailleurs en organisant des actions avec analyse. Le mouvement ouvrier doit acquérir le pouvoir politique afin de priver les monopoles mondiaux et leurs représentants politiques du pouvoir d'attaquer la classe ouvrière ainsi que la sécurité et le bien-être du peuple canadien et de son économie.

Il était devenu évident dès l'acquisition par US Steel de Stelco en 2007 que pour cet empire de l'acier la capacité productive de Stelco représentait une menace concurrentielle qu'elle devait contenir et, si nécessaire, éliminer. De surcroît, US Steel convoitait le minerai de fer de Stelco et son coke, y voyant un bonne source d'approvisionnement pour son propre empire. US Steel consomme toujours le coke de Hamilton Works dans ses autres usines sidérurgiques et, avec le mépris le plus ouvert pour les citoyens de Hamilton, se vante du fait que la destruction de la production d'acier à Hamilton permet à l'empire d'expédier ailleurs le coke provenant de Hamilton afin d'améliorer l'« équilibre » de l'empire.

La destruction de Hamilton Works :
Longhi et sa logique centrée sur le capital

L’opposition ouvrière conteste la logique centrée sur le capital de Longhi en vertu de laquelle il cherche à expliquer la destruction de la production d'acier à Hamilton Works et dénonce le gouvernement Harper pour son consentement lâche à cette destruction des moyens de production canadiens.

Pour Longhi, Hamilton Works n'est pas un actif important pour le peuple canadien, mais un coût dans toute la structure de coûts de son empire contrôlé par les États-Unis. Selon Longhi, la destruction de cet actif productif signifie une épargne annuelle de 50 millions $ ainsi qu'une réduction annuelle de 25 millions $ de ses besoins en liquidités. La destruction du haut fourneau de Hamilton Works, toujours selon Longhi, réduira de façon positive la capacité totale de production sidérurgique au sein de son empire, permettant à ce dernier de transférer le minerai de fer et le coke vers d'autres usines d'acier aux États-Unis, améliorant ainsi ce que Longhi appelle l'équilibre de son empire.

L'opposition ouvrière dénonce avec profond mépris cette vision totalement dépassée et rétrograde de Longhi, un dirigeant important du capital financier étasunien. C'est avec ce raisonnement fallacieux qu'il essaie de justifier son assaut contre le peuple canadien et son économie socialisée. N'en déplaise à Longhi, Hamilton Works ne fait partie d'aucune structure de coûts. Il s'agit d'un actif important pour le peuple canadien. La destruction, en totalité ou en partie, de cet actif est une attaque contre le bien-être du Canada et de son économie. Vus correctement, Hamilton Works et ses métallos expérimentés sont des actifs importants. L'usine elle-même devrait être constamment renouvelée et modernisée.

Le concept même selon lequel les actifs productifs, les travailleurs et le processus productif lui-même sont des coûts est néfaste à l'économie socialisée moderne. Selon ce concept rétrogade centré sur le capital, la destruction des actifs productifs et de la production, ce qui comprend d'abord et avant tout le facteur humain, est une chose positive, puisqu'elle contribue à l'objectif constant qui est de réduire les coûts. Cela fait en sorte que l'objectif premier devient la réduction des coûts et non de résoudre les problèmes d'une économie socialisée qui, elle, requiert une nouvelle direction qui comprend une harmonisation des relations de production privatisées avec des forces productives qui sont déjà pleinement socialisées. Le fait qu'aucun progrès n'est fait sur cette question est la cause de crises et de problèmes chroniques. Longhi reconnaît que son empire subit les effets de ces crises, mais ne voit pas d'autre solution que de réduire les coûts. Avec une approche aussi rétrograde, c'est la classe ouvrière du Canada et également celle des États-Unis qui en subit les conséquences, tandis que le bien-être et la sécurité des deux peuples sont mis en péril.

La classe ouvrière a sa propre vision moderne des choses

La classe ouvrière se doit d'apporter sa propre vision et sa propre pensée au domaine de l'économie politique. Elle doit renforcer son organisation et sa voix au sein de la communauté et prendre la politique en main comme sa tâche centrale. Il n'y a pas d'autre force qui va défendre les travailleurs et combattre pour leur bien-être, leur sécurité et leurs droits. Aucune autre force sociale n'a la capacité de défendre l'économie socialisée du Canada contre les gangsters impérialistes internationaux.

Le mouvement ouvrier doit contester les représentants du capital financier comme Longhi et toute la bande d'experts économiques et des milieux académiques qui répandent un tel non-sens. À travers sa propre organisation et ses propres médias, le mouvement ouvrier doit se mobiliser lui-même et mobiliser l'opinion publique pour qu'on regarde la réalité avec une perspective et des définitions modernes et qu'on ouvre la voie à une nouvelle direction. La classe ouvrière doit se mettre en position de prendre contrôle des choses qui affectent sa vie et surtout de choses aussi centrales que l'économie et la politique. La classe ouvrière doit se doter de la capacité organisationnelle et du pouvoir de priver les capitalistes financiers et leurs empires comme celui de US Steel et de Longhi du pouvoir de contrôler et de ruiner les vies, l'économie, la sécurité et le bien-être des travailleurs et de tous les Canadiens.

Face à l'indifférence froide et détachée du gouvernement Harper face à cette attaque de US Steel, l'opposition ouvrière est déterminée à lui faire rendre des comptes. Le fait que Harper permette à US Steel d'envahir le Canada, de détruire un actif aussi important et de menacer la vie, les pensions et la sécurité d'un si grand nombre de gens montre que ce gouvernement n'est pas apte à gouverner et doit être remplacé.

L'acier tout comme les autres produits de base importants doit être fabriqué au Canada. Il n'y a pas d'excuses qui tiennent pour faire autrement. Une économie socialisée moderne doit produire elle-même ses produits de base, sa machinerie industrielle et d'autres moyens de production. Le peuple souverain doit avoir le dernier mot et le contrôle des secteurs de base de son économie socialisée. Voilà une définition, un droit et un principe modernes qui doivent être soutenus si l'on veut que le peuple ait le contrôle de sa vie et de son économie et le pouvoir de défendre son bien-être et sa sécurité.

Défendons tous Hamilton Works ! Il faut laisser les métallos de Hamilton produire de l'acier ! Non aux attaques de US Steel contre le Canada ! Dénonçons l'indifférence glaciale du gouvernement Harper face au sort des travailleurs canadiens ! Oui à la base manufacturière ! Non à la destruction nationale ! C'est le temps de donner une nouvelle direction à l'économie !

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Nous sommes un pays ou non!?

Au nom des membres actuels et passés de la section 1005 du Syndicat des Métallos, je veux exprimer le regret et la colère que nous ressentons à l'annonce de la fermeture permanente de l'aciérie Hilton que nous avons connue toute notre vie et qui a fait de Hamilton ce qu'elle est aujourd'hui.

C'est un coup de poignard au coeur de notre communauté. Le coup vient de Pittsburgh aux États-Unis, mais il a été guidé par les gouvernements du Canada et de l'Ontario. Ils ont le pouvoir de dire non à cette atteinte à l'économie canadienne. Ils ont le pouvoir de repousser cette invasion des escrocs qui viennent accaparer nos industries et dont l'intérêt privé ne concorde en rien avec l'intérêt du Canada.

Stephen Harper parle constamment de sécurité nationale et du besoin de protéger les Canadiens contre le terrorisme et la dégénérescence des valeurs sociales. Mais quand il s'agit de les protéger contre cette destruction de leurs moyens de subsistance, de notre industrie de l'acier et de notre sécurité à la retraite, qui est une forme de terrorisme, ce gouvernement dit que c'est une affaire privée et qu'il ne peut pas intervenir ! Certains se demandent en quoi cela diffère d'un bombardement de notre usine par l'armée américaine. Ils ont arraché deux millions de tonnes d'acier à notre économie chaque année. Par quoi cette valeur sera-t-elle remplacée ? Par des importations. Ces importations de l'acier drainent notre économie parce que nous, en tant que pays, n'avons pas un surplus d'acier, nous en manquons !

Le ministre de la destruction de l'Industrie James Moore dit que la fermeture de l'atelier Hilton par US Steel est strictement une décision d'affaires et que le gouvernement ne s'immisce pas dans les décisions d'affaires des entreprises. Mais dans ce cas pourquoi le Parti conservateur se prétend-il le gouvernement du Canada ? Nous avons besoin d'un gouvernement qui défend les Canadiens, pas une bande de flagorneurs qui s'endorment au volant pendant que les monopoles mondiaux font ce qu'ils veulent. Et tout cela est justifié au nom du respect de la liberté démocratique qui dicte que les gouvernements ne doivent pas intervenir dans les décisions d'affaires. Quelle incroyable interprétation de la non-intervention !

Sommes-nous un pays ou pas ! Les Canadiens sont-ils destinés à être à jamais des victimes des décisions d'affaires prises on ne sait où ? Ces décisions ne sont certainement pas prises ici, par nous, dans notre pays, nous qui avons des retraités à nous occuper, des jeunes qui veulent travailler et produire et une économie en mal d'une nouvelle direction.

Quelle sera la prochaine décision d'affaires de ce monstre venu d'ailleurs qui va nous piétiner impunément ? US Steel déclarera-t-il faillite pour sa filiale canadienne pour se libérer de toute responsabilité envers nos pensions ? Cela sera-t-il la prochaine décision d'affaires dans laquelle les gouvernements du Canada et de l'Ontario refuseront d'intervenir ?

Non, pas tant que nous aurons notre mot à dire.

Cette absurdité doit cesser ! Le Canada de Stephen Harper n'est pas un pays pour et par les Canadiens. Ce n'est pas un pays qui défend la sécurité et le bien-être de ses citoyens, leur économie et avenir. Ce n'est pas un pays, c'est tout simplement un endroit soumis aux quatre volontés des monopoles mondiaux les plus puissants qui font ce qu'ils veulent parce qu'ils le peuvent, parce qu'on les laisse faire, parce que les gouvernements refusent d'intervenir au nom des Canadiens.

Les directeurs de US Steel se plaignent toujours d'une capacité excédentaire de production de l'acier aux États-Unis et dans le monde. Pourquoi ne font-ils pas adopter une loi qui dit que l'acier consommé aux États-Unis doit être fabriqué aux États-Unis ? Le Canada pourrait faire de même et nous gagnerions tous à renforcer notre capacité à produire suffisamment d'acier pour répondre aux besoins de notre économie. Si nous n'avons pas la capacité nécessaire, nous pouvons la bâtir. Nous en sommes parfaitement capables. Mais non, ils préfèrent se plaindre puis ensuite venir au Canada et détruire notre capacité de produire de l'acier pour qu'ils puissent nous vendre leur acier produit en excédent aux États-Unis. Ils traitent les métallos américains de la même manière.

Stelco était à l'origine une entreprise florissante précisément parce que les gouvernements de l'époque s'opposaient au continentalisme. Ils avaient compris que s'ils permettaient aux entreprises américaines de faire ce qu'elles veulent ici, le Canada serait réduit à produire principalement des matières premières pour les autres. Pourquoi ne pas établir de nouveaux arrangements aujourd'hui qui défendront le Canada et ses citoyens et répondront aux défis du XXIe siècle ? L'acier consommé au Canada devrait être produit au Canada. La machinerie industrielle lourde utilisée au Canada devrait être fabriquée au Canada. Les arrangements actuels ne marchent pas. Ils créent des crises périodiques et ils ont plein de problèmes non résolus précisément parce que les gouvernements refusent d'intervenir pour le compte du pays et de ses citoyens. Nos gouvernements tournent le dos à la sécurité et aux droits des citoyens, mais défendent scrupuleusement la sécurité et les droits des grandes entreprises. Cela doit cesser et les métallos et leurs alliés sont déterminés à y mettre fin.

Joignez-vous à nous dans cette lutte pour une nouvelle direction ! Nous avons un pays à bâtir !

* Rolf Gerstenberger est le président de la section 1005 du Syndicat des métallos qui représente les travailleurs de l'atelier Hilton à Hamilton.

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Congrès national du Syndicat canadien de la fonction publique

La nécessité de nouveaux arrangements

Le Syndicat canadien de la fonction publique a tenu son 26e Congrès national à Québec, du 21 au 25 octobre 2013.

Le rapport final du Comité des accréditations a été adopté le mercredi 23 octobre 2013. Le Comité a indiqué qu'un total de 2 182 délégués et 182 suppléants représentant 800 sections locales se sont enregistrés. Le SCFP a un effectif total de 627 000 membres.

Les délégués représentant les travailleurs dans de nombreux secteurs tels que la santé, l'éducation, les services municipaux, les services sociaux, les sociétés aériennes, l'énergie et bien d'autres ont débattu de 52 résolutions et d'un document d'orientation pour élaborer un programme de travail pour le SCFP en vue des deux prochaines années.

Lors des discussions sur le plancher du congrès, les délégués ont donné de nombreux exemples des attaques contre les salaires des travailleurs, des avantages sociaux et des droits de négociation à tous les paliers gouvernementaux, fédéral, provincial et municipal. Le programme d'austérité qui est imposé par les gouvernements représente une menace constante pour les moyens de subsistance des travailleurs et les sections locales font face partout au pays à des attaques quotidiennes contre les pensions de leurs travailleurs retraités.

De nombreux délégués, en racontant leurs expériences dans la lutte contre l'imposition de concessions dans le cours des négociations, ont souligné l'urgente nécessité de bâtir la force du syndicat pour défendre ses membres sur toutes ces questions cruciales.

Le secrétaire-trésorier national a souligné dans son rapport au congrès que le SCFP est financièrement solide avec un fonds de grève de plus de 62 millions $. L'une des résolutions adoptées par le congrès a été d'augmenter l'indemnité de grève à 60 $ par jour à compter du 10e jour du calendrier d'une grève jusqu'à un maximum de 300 $ par semaine.

Alors qu'il y avait beaucoup de discussions sur l'apport de soutien financier et l'usage de la force organisée du syndicat pour défendre les membres qui sont confrontés à des attaques directes, comme les cols bleus de Québec qui sont sans convention collective depuis près de trois ans, le congrès n'a pas été en mesure de présenter un plan pratique pour répondre aux besoins des travailleurs qui sont attaqués.

Plusieurs propositions ont été discutées. Par exemple, un document d'orientation intitulé « Orientations stratégiques 2013-2015 » a été débattu et amendé à plusieurs reprises au cours de la semaine. Il propose des initiatives pour mettre en oeuvre le plan du SCFP de « construire des liens plus étroits avec ses membres » conformément à la campagne du CTC pour populariser les réalisations des syndicats et promouvoir les avantages pour la société toute entière d'être syndiqué.

Le document propose également que le syndicat doit s'employer à élire un gouvernement pro-ouvrier pour arrêter les « attaques des libéraux et des conservateurs contre les syndicats ».

Ce qui manquait dans le document d'orientation politique et dans le débat sur les résolutions était la reconnaissance du fait que les anciens arrangements d'après-guerre ont été rejetés par l'élite dirigeante et que souhaiter ramener le passé n'est pas une option.

Les travailleurs confrontés à des attaques dans tout le pays sont conscients de la nécessité de se battre sur la base de leurs propres positions indépendantes. De nouveaux arrangements peuvent être créés sur la base de la reconnaissance des droits des travailleurs en vertu du travail qu'ils effectuent.

Cela signifie que les travailleurs doivent faire reposer leur lutte sur une analyse de la situation réelle et exposer les théories économiques absurdes mises de l'avant par les gouvernements à l'effet que les services fournis par les travailleurs sont « des coûts ». Les travailleurs du secteur public fournissent des services qui profitent à toute la société et nous ne devons pas permettre que ces avantages soient confisqués sous forme de subventions gouvernementales ou de profits au bénéfice des sociétés monopolistes. Les gouvernements à tous les niveaux détournent des fonds publics vers les entreprises grâce à la privatisation et la création de PPP en prétendant que c'est fait dans l'intérêt public. Mais rien n'est plus loin de la vérité.

La lutte des travailleurs pour exposer la fraude des « coûts excessifs des services sociaux » et la fraude des budgets d'austérité est une partie importante de la lutte de tous les Canadiens pour qu'ils aient leur mot à dire dans la direction de l'économie et de l'édification nationale en opposition à la destruction nationale et au démantèlement des services publics et des programmes sociaux.

Le SCFP, qui possède des sections locales dans tout le pays représentant de nombreux secteurs jouera certainement un rôle important dans la lutte des travailleurs canadiens pour l'affirmation de leurs droits.


Manifestation le 23 octobre des délégués du Congrès national du SCFP en appui à la lutte des cols bleus de Québec
pour une convention collective qu’ils jugent acceptable.

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La crise du logement au Nunavik

Le gouvernement Harper doit rendre des comptes!

Le gouvernement Harper doit rendre des comptes de son refus d'adopter des mesures concrètes pour résoudre la grave crise du logement qui sévit au Nunavik.

Suite au discours du Trône dans lequel Harper a une fois de plus refusé de traiter de cette question sérieuse, Jobie Tukkiapik, le président de la Société Makivik, a fait les commentaires suivants :

« Nous sommes en droit de nous demander ce que cela va prendre au gouvernement pour respecter sa parole et ses obligations en vertu de traités sous la Convention de la Baie-James et du Nord québécois [...] À maintes reprises nous avons demandé à rencontrer le ministre Valcourt afin de faire valoir au gouvernement fédéral à quel point il est urgent d'agir face à la crise du logement au Nunavik, mais il ne nous a pas encore rencontrés. Il n'a fallu que 9 jours au Rapporteur spécial des Nations unies pour comprendre que le financement du logement autochtone est totalement inadéquat. On ne peut qualifier le refus continuel du Canada de traiter de la crise du logement autrement que de mauvaise foi. »

La Société Makivik est l'entité qui a été mise sur pied pour gérer la portion inuit des fonds de compensation .établis par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois signée en 1975 et pour s'assurer que les conditions de la convention soient respectées.

D'ailleurs, la médiatrice nommée en vertu de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, Dominique F. Bourcheix, vient d'affirmer qu'Ottawa était de mauvaise foi lors du renouvellement de l'entente sur le logement 2010-2015 visant à résoudre cette crise. À cette époque, le ministre des Affaires autochtones Chuck Strahl a dit qu'il cherchait activement à convaincre le premier ministre Stephen Harper de débloquer les fonds nécessaires pour la construction de logements. Or il n'en était rien.

Au moment des discussions sur le renouvellement de l'entente en 2009, le cabinet du ministre fédéral - Chuck Stahl, à l'époque - « a omis de révéler à Makivik qu'il savait qu'il ne servait plus à rien de tenter d'obtenir un mandat [du gouvernement] quand Makivik a signé et quand le ministre a signé », écrit la médiatrice dans son rapport de septembre 2012. « Makivik n'a pas bénéficié de l'obligation du Canada, issue du droit civil, d'agir de bonne foi. »

L'adjoint exécutif de Jobie Tukkiapik, président du Makivik, Joë Lance a mentionné que deux lettres avaient été envoyées au printemps dernier au ministre fédéral des Affaires autochtones et du Nord canadien, Bernard Valcourt. Aucune réponse n'est venue.

La Société Makivik a signé le renouvellement de l'entente en croyant qu'Ottawa allait s'attaquer sérieusement à la pénurie de logements sociaux. Mentionnons qu'en vertu de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, le gouvernement fédéral doit fournir au Nunavik suffisamment de logements pour répondre à ses besoins. Or, en contravention avec la Convention, Ottawa a cessé en 1994 d'investir dans les logements sociaux pendant une période de six ans. En 2000, à la suite d'un rapport d'un médiateur, le Canada a dû conclure une entente avec les deux autres partenaires, le Québec par l'entremise de la Société d'habitation du Québec (SHQ) et les Inuits représentés par Makivik et le gouvernement régional de Kativik.

Selon l'entente 2010-2015, le gouvernement fédéral s'est engagé à construire 227 habitations, soit un investissement de 12,5 millions $ par an. Quant au gouvernement du Québec, il est responsable de l'entretien des logements et assume le déficit d'exploitation. Selon les intervenants et la population, le Nunavik a besoin de 1000 logements.

En refusant d'investir pendant six ans, le gouvernement fédéral a contribué à l'aggravation de la crise, et ce, malgré la reprise des investissements en 2000. Ainsi, la pénurie est passée à 459 à 628 unités en 2003 et à 900 à l'heure actuelle sur un total de 2673 logements sociaux. On évaluait à 47 % le nombre d'Inuits qui vivent une situation de surpeuplement, comme vivre à quinze dans un logement prévu pour six personnes. Aujourd'hui, cette proportion est de 63 %.

Comme le souligne Elena Labranche, adjointe au directeur de la santé publique au Nunavik, ce surpeuplement entraîne de sérieux problèmes. On parle même d'éclosion de tuberculose dans plusieurs logements. Cela affecte également la santé mentale. « La maison est supposée être un havre. Mais aujourd'hui, les gens n'ont plus ce sentiment de sécurité. Le surpeuplement entraîne une recrudescence de la violence et des suicides », a signalé Elena Labranche. On assiste aussi à un nouveau phénomène qu'on appelle là-bas couchsurfing, celui des personnes sans domicile fixe qui dorment dans un logement un soir, puis dans un autre le lendemain, a-t-elle ajouté.

Dès 1997, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, préoccupée par le manque de services offerts aux enfants en besoin de protection, concluait une enquête longue de cinq ans en mentionnant que le surpeuplement des logements au Nunavik représentait une menace très lourde pour le développement et le bien-être des enfants.

Le gouvernement Harper doit être tenu responsable de cette grave violation des droits humains et de ses obligations issues de traités.

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Grande-Bretagne

Le projet de loi raciste sur l'immigration passe la deuxième lecture

Le projet de loi sur l'immigration, un projet de loi gouvernemental parrainé par la ministre de l'Intérieur, Theresa May, a passé la deuxième lecture le 22 octobre et la lecture en comité parlementaire a commencé deux jours plus tard. Ce projet de loi s'attaque aux droits des minorités nationales en facilitant les déportations, en limitant le droit d'appel et en accordant davantage de pouvoir aux agents de l'immigration. Il stigmatise encore davantage les minorités nationales en tant que membres de la société de seconde zone. Tout comme l'inacceptable loi sur le lobbying, ce projet de loi est adopté à la hâte, ayant été déposé au parlement seulement douze jours avant la deuxième lecture. La lecture du projet de loi en comité parlementaire doit se terminer le 19 novembre, soit moins de quatre semaines après le début des délibérations.

Le Parti travailliste a formellement appuyé le projet de loi lorsque la critique aux affaires intérieures, Yvette Cooper, a annoncé que son parti ne s'opposerait pas au projet de loi, mais qu'il veillerait à ce qu'il soit « amendé et réformé ». Le projet de loi a été adopté en deuxième lecture par 303 votes contre seulement 18, les travaillistes s'étant abstenus.

Le Mouvement contre la xénophobie (MAX) a organisé une manifestation devant le parlement le matin de la deuxième lecture. Une des oratrices au rassemblement, la directrice politique de Unite, Jenny Formby, a dit que le projet de loi « n'est pas qu'un question d'immigrants. Il s'agit d'une question qui touche tous ceux pour qui la démocratie est importante. »

L'activiste antiraciste Lee Jasper a dit du projet de loi qu'il est « un facteur de division » et il a fait une mise en garde, rappelant cette période honteuse où il était question de « pas de noirs, pas de chiens et pas d'Irlandais ». Il dénonce ainsi les mesures visant à empêcher les immigrants sans papiers à avoir accès au logement privé par l'obligation imposée aux propriétaires de vérifier le statut légal des locataires. Il a dit que cette tentative de limiter un droit aussi fondamental que le droit au logement sur la base de l'origine nationale et du statut légal doit être dénoncée.

Aussi, le projet de loi empêche ces personnes d'obtenir des comptes bancaires et des permis de conduire. De surcroît, sous prétexte d'en finir avec un soi-disant « tourisme santé » - un mythe maintes fois réfuté [1] - le projet de loi impose des frais pour accéder au Système national de Santé. Ces frais, qu'on établit à environ 200 livres, doivent être déboursés par des immigrants temporaires et légaux ne provenant pas de l'Espace économique européen.

Aussi, le projet de loi retire considérablement les motifs d'appel vis-à-vis les décisions prises en matière d'immigration et de déportation.

Prétextant défendre l'« équité », l'objectif du projet de loi est de nier les droits fondamentaux de la personne et d'empêcher les minorités nationales d'avoir accès aux services. Par le biais de ce projet de loi, les propriétaires, les employés de banque, les travailleurs de la santé et autres sont forcés de contrôler l'immigration, de vérifier les papiers, ce qui aura comme conséquence de pousser les plus vulnérables au désespoir, créant ainsi les conditions pour la prolifération de la discrimination, de la division et d'une intensification de l'exploitation.

Le projet de loi est en fait une attaque raciste organisée par l'État qui affecte les droits de tous. Il cible une section dans le but d'attaquer l'ensemble par la politique de la division. Il contribuera à accroître l'arbitraire et l'irresponsabilité en mettant en place des frais d'usager et en vérifiant le statut de tout le monde. Cela ne peut que contribuer à un climat de suspicion et entretenir des sentiments négatifs dans le but de rehausser une autorité qui n'est plus en diapason avec les conditions et à saper toute opposition au programme d'austérité.

Ce projet de loi est proposé au lendemain des incidents des fourgonnettes contre l'immigration, lorsque des véhicules se promenaient avec un message destiné aux immigrants à l'effet qu'ils devraient « retourner chez eux ». Ces incidents ont été massivement condamnés et le gouvernement a été forcé d'intervenir plus tôt en octobre sur la base que ces méthodes contrevenaient aux normes de la publicité. Le projet de loi coïncide aussi avec des messages texte produits par le gouvernement en appelant aux « immigrants soupçonnés d'être illégaux » de contacter le ministère de l'Intérieur. Inutile de dire que le gouvernement a été massivement condamné pour ces faits et gestes.

Le projet de loi sur l'immigration n'est pas humain et ne doit pas passer. Toute personne démocratique et avide de justice doit se joindre au mouvement pour écraser ce projet de loi et pour s'organiser à la défense des droits de tous.

* Workers' Weekly est une publication du Parti communiste révolutionnaire de Grande-Bretagne (marxiste-léniniste).

Note

1. Pour ne citer qu'un exemple, le London School of Hygiene and Tropical Medecine a démontré que les patients étrangers ont déjà déboursé pour les traitements prodigués par le Système national de Santé, pour un total de 42 millions de livres en 2010-11. Aussi, la Grande-Bretagne est un « exportateur net » de patients. 63 000 patients sont allés se faire soigner à l'étranger en 2010-11. Cliquez ici pour en savoir davantage.

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