Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 159 - 1 novembre 2013

Le coup du maire Labeaume contre les employés municipaux de Québec

Défendons tous le droit des employés municipaux de négocier des conditions qui sont acceptables pour eux et les services qu'ils procurent


Le coup du maire Labeaume contre les employés municipaux de Québec
Défendons tous le droit des employés municipaux de négocier des conditions qui sont acceptables pour eux et les services qu'ils procurent - Pierre Chénier
« On veut faire une négociation propre et être entendus à une table de négociations où les deux parties signent une entente » - Entrevue avec Daniel Simard, président par intérim du Syndicat des cols bleus de Québec
La plainte sera entendue le 2 décembre – Communiqué du Syndicat canadien de la fonction publique

Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012
Deuxième semaine des travaux


Le coup du maire Labeaume contre les employés municipaux de Québec

Défendons tous le droit des employés municipaux de négocier des conditions qui sont acceptables pour eux et les services qu'ils procurent


Dans le cadre du Congrès national du Syndicat canadien de la fonction publique à Québec du 21 au 25 octobre,
les plus de 2000 délégués et observateurs au Congrès ont tenu une manifestation devant l'Assemblée nationale pour appuyer la lutte des cols bleus de Québec pour une convention collective qui soit acceptable pour eux.

Le maire de la ville de Québec Régis Labeaume mène sa campagne électorale sur le dos des employés municipaux, les traitant de tous les noms, et les médias monopolisés de Québec s'en donnent à coeur joie contre les employés de la ville, en particulier les cols bleus. Le maire Labeaume a levé unilatéralement les négociations avec les employés de la ville pendant les élections municipales, disant vouloir mater les syndicats qui selon lui « défendent des intérêts privés » alors que lui défendrait l'intérêt public. Il accuse le syndicat des cols bleus d'intimidation et de musellement des autorités municipales. Déjà, les cols bleus font état d'actes de harcèlement et de violence verbale contre eux lorsqu'ils travaillent et des menaces de mort ont aussi été proférées.

Les cols bleus ne peuvent pas travailler dans l'atmosphère de quiétude qui est nécessaire à leur travail, eux qui accomplissent des tâches critiques au fonctionnement des infrastructures de la ville. C'est non seulement la sécurité des employés mais celle de toute la ville qui est mise en cause par la campagne du maire contre les travailleurs.

Il faut dénoncer cette campagne de salissage et de violence contre les employés de la ville de Québec qui accomplissent un service vital, campagne à laquelle participent aussi d'autres maires du Québec. Le but de cette campagne est de déclarer que les négociations sont impossibles avec les employés municipaux et d'obtenir du gouvernement le pouvoir pour les autorités municipales de changer unilatéralement les conditions de travail des employés. C'est une campagne qui se mène en fait contre tous les employés municipaux du Québec. C'est un coup contre les syndicats et leur droit de négocier des conditions de travail qu'ils jugent acceptables pour eux-mêmes et les services qu'ils dispensent afin de créer une zone franche où les maires peuvent imposer les conditions de travail et les changer à leur guise. Le maire Labeaume demande à ce titre que les villes se voient accorder le droit de lockout, de décider elles-mêmes des services essentiels à fournir en cas de grève, d'imposer des conditions de travail après un an de négociations avec leurs employés si elles considèrent ces négociations comme étant infructueuses et de modifier unilatéralement les conditions des fonds de pension.

À travers cela l'objectif est de pousser à fond de train la privatisation des services, les coupures de services et le recours illimité à la sous-traitance, mesures qui ont déjà démontré des conséquences ravageuses, que ce soit en santé, en éducation, dans les services d'entretien et dans la ville de Québec même avec l'explosion de la légionellose. Dans la conception néolibérale de ce que sont les villes, celles-ci sont vues comme une plaque tournante pour l'attraction du grand capital privé, sans égard et au mépris des gens qui y habitent, des services publics nécessaires à la vie des villes modernes et des travailleurs qui injectent une valeur énorme dans les villes par leur travail, laquelle n'est pas reconnue.

L'imposition des conditions de travail n'est pas quelque chose de nouveau pour le maire Labeaume. Il a commis un lockout illégal, reconnu comme tel par la Commission des relations du travail, quand il a mis à pied 162 employés auxiliaires de la ville en avril 2012 suite au vote d'un mandat de grève par les cols bleus. La ville a aussi dû rembourser plus de 1,5 millions $ aux cols bleus suite à la privatisation illégale de la collecte des ordures en 2010-2011. Le maire Labeaume et les autres représentants de l'autorité néolibérale connaissent bien le domaine de l'illégalité et ils cherchent à donner à leurs activités un sceau de légalité en usurpant plus de pouvoirs.

Il incombe à tous les travailleurs de parler haut et fort à la défense des employés municipaux de Québec et de défendre le droit de ces travailleurs de négocier des conditions de travail qu'ils jugent acceptables pour eux-mêmes et les services qu'ils dispensent. Le maire Labeaume doit laisser les négociations reprendre et celles-ci doivent se faire dans la reconnaissance du travail important que les employés municipaux effectuent pour nous tous.

(Tiré de Chantier politique)

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« On veut faire une négociation propre et être entendus à une table de négociations où les
deux parties signent une entente »

LML : Lors de la manifestation en appui aux cols bleus le 23 octobre dans le cadre du Congrès du Syndicat canadien de la fonction publique, tu as demandé que le maire Labeaume cesse de faire de la démagogie et de la fausse représentation en ce qui concerne les cols bleus de la ville. Peux-tu nous en dire plus long à ce sujet ?


Daniel Simard, président par intérim du Syndicat
des cols bleus de Québec

Daniel Simard : Ce que je voulais dire c'est qu'à partir du moment où les cols bleus se font comparer avec les autres secteurs ouvriers de la ville ou de la province, on établit des comparaisons qui ne tiennent pas la route. À notre avis il faut comparer le municipal avec le municipal. On se fait dire qu'on a des conditions supérieures à celles des employés du gouvernement du Québec, mais notre travail n'est pas comparable. On fait des services d'eau potable, des services d'aqueducs et d'égouts, on creuse dans des endroits restreints avec du gaz, etc. C'est un travail particulier au monde municipal.

Nos opérateurs de niveau 1 qui sont à la ville sont des gens qui gagnent 24,50 $ de l'heure en plus des avantages sociaux. Nos salaires présentement sont de 20,50 $ pour un journalier alors que pour les techniciens, les mécaniciens et les gens de métier 26,97 $ est le salaire maximum qu'un col bleu peut gagner à la ville de Québec. Comme tu le sais sûrement, dans le privé les travailleurs dans ces métiers gagnent beaucoup plus cher que nous.

Les métiers qui sont pratiqués à la ville, ce sont des métiers similaires à ceux qui sont pratiqués dans la construction, similaires à des concessionnaires de véhicules lourds qui emploient des mécaniciens ou des électriciens. Nos gens de métier sont sous-payés par rapport à tout ce monde-là. Ce ne sont certainement pas des salaires à tomber sur la tête. Ce sont des salaires pour faire vivre des familles bien correctement. Quand on parle de 27 $ de l'heure, on ne peut pas dire que les gens qui vont travailler à la ville pendant 35 ans ont fait un vol. Nos cols bleus donnent un excellent service à la ville. Même les sondages ont montré un haut taux de satisfaction du public par rapport à notre travail. C'est certain qu'on peut toujours s'améliorer encore, mais on donne un très bon service à la ville.

LML : Quand tu parlais de fausse représentation à la manifestation, tu parlais aussi de fausse représentation par rapport aux négociations.

DS : Normalement tu parles d'une négociation quand elle est finie. Nous on est obligé d'en parler parce qu'il se dit plein de faussetés. On a des ententes qui sont signées ou sont en voie de l'être. Le maire Labeaume nie cela quand il parle aux médias, comme s'il n'y avait pas d'ententes qui ont été faites à la table de négociations.

La semaine de travail fait l'objet d'une entente à la table de négociations. Prenons l'exemple de la pause pour le dîner. Oui c'est vrai que sur l'heure du midi on a une demi-heure pour dîner pour laquelle on est rémunéré. Mais notre patron a accès à nos travailleurs sur l'heure du dîner. Si demain il y a du travail à faire sur l'heure du midi, on est obligé de le faire. Dans la convention actuelle, si nos patrons ont besoin d'un mécanicien ou s'il neige et il y a une saleuse qui vient de briser sur l'heure du dîner, le mécanicien va devoir travailler sur son temps de dîner et prendre son dîner plus tard. C'est une obligation qu'on a dans la convention collective. C'est un service à la ville. Ma convention me dit que je dois être disponible pour la ville. Cette question est réglée alors que le maire essaie d'aller chercher plus. Mais les gens qu'il a envoyés à la table de négociations ont accepté de nous laisser avec la rémunération du midi parce que cela fait l'affaire de la ville.

LML : Qu'en est-il de la question de vos pensions sur laquelle le maire Labeaume et les médias font beaucoup d'hystérie ?

DS : On sait tous que les régimes de retraite sont un enjeu majeur. Nous on cotise dans un régime de retraite qui est à 2,4 % (2,4 % du salaire moyen pour chaque année de service cotisée — exemple : 20 années de service égalent 20 fois 2,4 % = 48 % du salaire- note du LML). Les faussetés que l'on entend c'est que nous autres à la ville de Québec on aurait un régime gras dur qui nous donne du 110 % de notre salaire. N'oubliez pas que quand on arrive à l'âge de 65 ans, le régime qui était à 2,4 %, tombe à 1,6 % alors que tu touches ta pension de vieillesse. On a une baisse de notre fonds de pension à ce moment-là et on l'a acceptée parce qu'on s'est dit que ça va avantager ceux qui sont entrés jeunes à la ville.

Quelqu'un comme moi qui est entré tard à la ville va vivre d'autres conditions. J'ai d'abord cotisé dans un fonds de pension qui est celui de l'ex-ville de Beauport, qui est à 2 % et est intouchable à 65 ans, puis j'aurai cotisé 15 ans dans le fonds de pension de la ville de Québec qui est à 2,4 % mais quand j'atteindrai 65 ans je vais tomber à 1,6 % pour mes 15 années de travail à la ville de Québec. Ce n'est pas vrai qu'on a 2,4 % pour le restant de nos jours.

Nous avons fait une concession à la table de négociations sur la question de l'avenir des régimes de retraite. Nous avons mis en réserve le 2 % d'augmentation de salaire qui nous est dû pour l'année qui suit la terminaison de notre convention collective, laquelle s'est terminée en décembre 2010. On a dit qu'on est prêt à se priver de ce 2 % d'augmentation qui couvre l'année 2011, on vous le laisse pendant 15 ans de temps. On ne prendra pas le 2 %, on va se faire une réserve avec cela pour la verser au déficit des fonds de pension si jamais il y a des déficits futurs. S'il n'y a pas de déficits, alors on va le reprendre.

LML :Qu'est-ce que les cols bleus demandent dans ces négociations ?

DS : Nous, la bataille qu'on veut faire, c'est qu'on veut faire une négociation propre et être entendus à une table de négociations où les deux parties s'entendent sur des conditions par rapport à telle ou telle situation. On ne veut pas faire de démagogie, comme de dire qu'on a des salaires qui frôlent le 50 $ de l'heure avec nos avantages sociaux. À la table, c'est une négociation. On fait des gains et on fait des pertes. C'est normal.

Quand ils disent que c'est impossible de négocier avec nous, c'est faux. Notre augmentation de salaire de 2011 on ne l'aura jamais si jamais cela ne va pas bien avec les fonds de pension. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on était déjà assis à une table de négociations. On s'en allait vers une entente fort probablement en dedans de 4-5 mois. C'était possible parce qu'on sentait qu'il y avait de l'ouverture d'esprit et nous aussi on avait de l'ouverture d'esprit.

LML : Qu'est-ce que tu veux dire en conclusion ?

DS : On est une ville où on donne de bons services malgré le climat de travail qui est très pénible en ce moment. On est capables de donner un service adéquat malgré tout ce qui se dit sur nous. On est un syndicat qui est capable de maîtriser ses membres et donner un bon service à la ville malgré le contexte.

Si jamais les régimes de retraite sont lapidés, c'est l'avenir qu'on détruit. Il faut continuer à vivre après qu'on ait atteint l'âge de la retraite. S'il n'y a plus de régimes de retraite, c'est la société qui doit tout prendre sur son dos et ça n'est pas normal.

À travers le Canada, il y a un mouvement de solidarité parmi les travailleurs en notre faveur parce qu'ils sentent qu'il y a de l'injustice qui se fait contre nous, de la démagogie totale envers les employés municipaux. On sent l'appui de toutes les instances syndicales envers nous.

En terminant je veux dire que la question des services est très importante. Même si on est rentable, on sait que ce que la ville veut faire c'est continuer à mettre des « plasters » dans l'entretien de la ville et donner des emplois à la sous-traitance. Je pense qu'une place de travail va bien quand le patron a de bonnes idées et qu'il est capable de les mettre en pratique avec son personnel. Quand il le fait faire par d'autres, ça ne marche pas. Quand on fait faire les choses à l'interne, les idées passent beaucoup et on assiste à de la création d'emplois et ça n'est pas ce qui se passe avec le privé.

Jamais l'entreprise privée ne va venir à la ville pour donner un service à la population sauf pour faire de l'argent. Ce dont la ville a besoin c'est du service à la population. Le meilleur service à la population c'est avec un col bleu qu'on l'obtient, pas avec l'entreprise privée.

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La plainte sera entendue le 2 décembre

C'est le 2 décembre que la Commission des relations du travail entendra les plaintes contre la Ville de Québec et le maire Régis Labeaume

La Commission des relations du travail du Québec (CRT) vient de convoquer la Ville de Québec et le Syndicat des cols bleus à une audience qui se tiendra le 2 décembre, à compter de 9 h 30.

Cette convocation fait suite aux plaintes signifiées plus tôt ce matin à la Ville de Québec et à son maire Régis Labeaume. Ce sont des plaintes pour ingérence dans les affaires syndicales et pour négociation de mauvaise foi en vertu, notamment, des articles 12 et 53 du Code du travail du Québec. Cette requête a été transmise à la CRT, le tribunal spécialisé en cette matière.

Vendredi, le Syndicat des cols bleus (SCFP 1638) et le SCFP avaient mis en demeure le maire Régis Labeaume de retirer les propos qu'il avait tenus à leur endroit.

Loin de se rétracter, le maire a assumé pleinement ses propos. En point de presse vendredi (18 octobre), il a déclaré : « On a bien choisi nos mots, on a pesé nos mots et on ne reviendra pas là-dessus. »

Du côté syndical, on rappelle que les employés cols bleus essuient régulièrement les remontrances, les insultes et les sarcasmes de citoyens. Pour les représentants syndicaux, il est clair que les déclarations incendiaires de Régis Labeaume y sont pour quelque chose.

D'autres poursuites sont présentement en préparation par les avocats du SCFP qui procèdent à l'évaluation des dommages subis par les syndicats et les salariés.

Signalons que le 10 septembre, la Ville de Québec suspendait unilatéralement les négociations en cours avec les syndicats de ses employés. Pour justifier cette décision, le maire Régis Labeaume avait déclaré en point en presse : « On ne veut pas que le syndicat se serve de la campagne électorale pour faire pression sur nous autres. » Depuis cette date, il a fait des négociations avec ses employés le thème principal de sa campagne.

La mise en demeure du SCFP et des cols bleus demandait au maire de Québec de se rétracter « et de cesser de profaner la réputation » des cols bleus et de leurs syndicats. On pouvait aussi y lire que les propos de Régis Labeaume, notamment ceux tenus et diffusés le 15 octobre, sont « mensongers et diffamatoires et ne visent qu'à une seule chose : ternir gratuitement la réputation de notre client, son intégrité, sa crédibilité et sa probité pour [...] des fins bassement électorales. »

Les cols bleus de Québec sont au nombre d'environ 1100. Leur convention collective est échue depuis le 31 décembre 2010.

Les négociations entre la Ville de Québec et ses cols bleus ont commencé en février 2011. Depuis cette date, les parties syndicale et patronale ont tenu 40 séances de négociation, dont 31 en présence d'une médiatrice nommée par le ministère du Travail. Du 24 mai 2012 au 21 décembre 2012, les cols bleus ont exercé une grève des heures supplémentaires. Ils n'avaient pas exercé de droit de grève depuis plus de 25 ans.

Comptant plus de 111 000 membres au Québec, le SCFP représente environ 70 % de l'ensemble des employés municipaux au Québec, soit 30 500 membres. Le SCFP est de plus présent dans les secteurs suivants : les affaires sociales, les communications, l'éducation, l'énergie, les sociétés d'État et organismes publics, les transports aérien et urbain, le secteur mixte ainsi que les universités.

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Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012

Deuxième semaine des travaux

Après une pause d'un mois, la Commission spéciale des événements du printemps 2012 a repris ses travaux. Dans son allocution d'ouverture, son président Serge Ménard a souligné que c'était un travail gigantesque qui était demandé. « Les manifestations et actions de perturbation ont en effet duré plusieurs mois, se sont déroulées partout au Québec et ont impliqué des centaines d'organisations. Les événements survenus en 2012 sont uniques, tant dans leur intensité que dans leur durée. Les informations recueillies à ce jour font croire que leurs impacts sur la population sont considérables. Ils ont profondément marqué les Québécois. Or, ils risquent de se reproduire. »

Il a également souligné la collaboration significative des principaux dirigeants des corps de police, soit les principaux officiers du Service de police de la ville de Montréal et la Sûreté du Québec (SPVM).

« Il est clair que nous aurons besoin de temps pour examiner d'un oeil critique tout ce matériel qui vient de nous être apporté. Nous nous y attaquerons dès la fin de cette dernière semaine consacrée à nos audiences publiques. »

Finalement le président de la Commission a dit : « Nous profitons de l'occasion aujourd'hui pour lancer un appel à ceux qui auraient vécu des faits à Gatineau. Des événements sérieux se sont produits là-bas, mais à ce jour nous avons reçu peu de récits à cet égard. N'hésitez pas à contacter la Commission. »

On se souviendra entre autres que le 18 avril 2012, 150 personnes avaient été arrêtées après avoir été prises en souricière sur la promenade du Lac-des-Fées près de l'Université du Québec en Outaouais.

La première personne à prendre la parole a été un restaurateur du Quartier latin de Montréal. Le propriétaire du restaurant Zéro 8, Dominique Dion, avec une vidéo à l'appui, a dit qu'un policier l'avait saisi et arrêté avec agressivité, sans autre raison que le fait qu'il portait un carré rouge.

Il a ajouté avoir entendu les policiers injurier les manifestants en les traitants de « crisse de carrés rouges » et d'« osties de BS ».

On lui a attaché les mains pendant des heures avec des tiges de plastique très serrées. L'incident lui a laissé une blessure au tendon.

Puis on a donné la parole à la directrice générale d’Amnistie internationale Canada, Béatrice Vaugrante.


Les étudiants tentent de bloquer l'entrée du siège social de la Banque nationale à Montréal et sont pris entre
deux rangs de policiers et aspergés de poivre de Cayenne, le 11 avril 2012. (CUTV)

Tout en demandant à nouveau la tenue d'une commission d'enquête publique et indépendante, l'organisation de défense des droits humains dénonce les trop grandes restrictions au droit de manifester par les règlements de la police. « 500.1 ou le règlement P6 de la Ville de Montréal qui permettent ce genre d'arrestations massives [...] c'est une entrave, une restriction trop grave. On peut et on doit arrêter les personnes sur qui pèsent des soupçons raisonnables, mais pas 500 personnes », a-t-elle dit.

Elle a ajouté que la tactique de la souricière met en danger « la volonté d'un individu à vouloir manifester ». « C'est un pouvoir très large donné à la police qui réfrène la volonté des gens de pouvoir s'exprimer pacifiquement. »

Quant à l'invitation faite par la police de déposer des plaintes en déontologie policière, elle a affirmé qu'« on n'est pas dans du cas par cas d'un policier ayant commis des actes répréhensibles. On est dans le cas de pratiques policières. Quel ordre a été donné, quel règlement a permis au policier d'agir ainsi. »

Mardi, le directeur du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Michel Desgagnés, a défendu le travail des policiers. Il a parlé d'un contexte différent pour la ville de Québec. Il a dit que les manifestations y ont été moins nombreuses et plus pacifiques. On parle quand même de 59 soirées de manifestations d'affilée « ce qui a fini par avoir un impact sur les troupes ».

Interrogé par le président de la Commission sur les techniques utilisées pour distribuer les 571 constats d'infraction, et ce lors des arrestations de masse qui ont eu lieu à huit reprises, il a soutenu que les policiers encerclaient les manifestants « lorsque les gens n'utilisaient pas de trajet ou lorsqu'ils ne répondaient pas aux consignes de sécurité ». Il a assuré que les « mailles étaient assez grandes » pour permettre à quiconque qui le souhaitait de sortir de l'étau des policiers. « Ceux qui restaient faisaient de la résistance passive », a évalué le directeur du SPVQ.

Une information contredite par le deuxième témoin entendu en après-midi, une étudiante à l'Université Laval, Rosie-Anne Vallières. « J'ai remarqué que des personnes auraient voulu quitter, mais qu'ils ne pouvaient pas le faire. »

Le mercredi, trois étudiants de l'Université de Sherbrooke ont fait part de leur expérience.

« Dans le discours du gouvernement, dans le discours de certains médias, on était présenté comme des criminels, comme des indésirables », a affirmé Sarah B. Lamarche.

Parlant de la manifestation nocturne du 18 mai 2012 à Sherbrooke, qui s'est soldée par de la brutalité policière, elle a dit : « Tout d'un coup, on se sentait physiquement comme des criminels. C'était dans notre rue, dans notre ville. C'était nous. »

Vidéos à l'appui, les étudiants de l'Université de Sherbrooke ont affirmé que les policiers avaient agi avec force, en utilisant des bombes assourdissantes, alors que les étudiants manifestaient de façon pacifique. Selon eux, la confiance entre les forces de l'ordre sherbrookoise et les manifestants a été brisée ce soir-là et la peur s'est installée chez eux.

« Pendant le printemps 2012, il y avait des mots très polarisants : il y avait les citoyens et il y avait les étudiants. J'espère que tout le monde se rend compte comment c'est hallucinant de dire ça. De faire en sorte qu'on ne soit plus des citoyens, c'est d'autant plus facile de nous nier nos droits. Les citoyens ont des droits, les étudiants n'en ont pas. »

Les témoignages se sont terminés jeudi avec le Service de police de la Ville de Montréal qui a dû s'expliquer à nouveau sur ses tactiques, dont les arrestations de masse et la souricière.

À l'instar du SPVQ, le commandant du SPVM a invoqué la fatigue des policer et le niveau de violence des manifestants. Il a parlé en particulier de la manifestation du 23 mai 2012 qui a mené à l'arrestation de 500 personnes au centre-ville de Montréal

« La décision a été prise de faire une arrestation en vertu du P-6. Parce que naturellement, le niveau de violence utilisé (était élevé) [...] Mais deux jours auparavant, on a encore un niveau de violence (élevé) » a-t-il dit, en commentant une vidéo de CUTV disponible sur youtube.

La vidéo montre des policiers qui ne laissent pas la chance aux gens de se disperser et des badauds, dont des gens âgées, des mères avec des enfants et une femme en fauteuil roulant en plus des journalistes de CUTV, se faire encercler sans pouvoir sortir.

En conclusion, le commandant du SPVM a dit qu'il était content du travail des policiers.

Les travaux reprendront le 18 novembre.

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