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Numéro 157 -
28
octobre 2013
Opposition à
l'offensive
antisociale
Disons Non! à la dictature
Harper au
Congrès politique du Parti conservateur!
Opposition
à
l'offensive
antisociale
• Disons Non! à la
dictature
Harper au Congrès politique du Parti
conservateur!
• Les résolutions
au
congrès des conservateurs poursuivent la
guerre
déclarée contre les
travailleurs et leurs organisations -
Peggy Morton
Le faux
débat
entre la sécurité du transport du
pétrole par
pipeline ou par train
• C'est la
responsabilité du
gouvernement de garantir le transport
sécuritaire du
pétrole - Entrevue avec Roland
Lefort, Unifor, section
locale
707-A, représentant les travailleurs des
sables bitumineux
à Fort McMurray en Alberta
Contre la
militarisation de la vie et de l'économie
• L'exemple du nouveau
chantier naval d'Irving
à Halifax - Nathan J. Freeman
Opposition à l'offensive
antisociale
Disons Non! à la dictature Harper au
Congrès politique du Parti conservateur!
Le 16 octobre dernier, le Gouverneur
général a livré son discours
du Trône au nom
du gouvernement Harper lors de l'ouverture de la
nouvelle session
parlementaire. Le gouvernement Harper a voulu
démontrer qu'il
est « favorable au
consommateur ». Le problème est
qu'il ne trouve pas
acheteur pour son programme de
destruction nationale antisocial, antiouvier,
proguerre et
pro-annexion.
Le momentum se développe à Calgary,
à l'échelle de l'Alberta et dans
tout le Canada pour
que lorsque les conservateurs vont se
réunir à leur
Congrès national du 31 octobre au
2 novembre prochains, les Canadiens feront
savoir à Harper
et à ses acolytes ce qu'ils pensent de leur
programme de
destruction nationale.
Dès
que les délégués commenceront
à s'inscrire
au Stampede Park le 31 octobre, et
jusqu'à la
conclusion du congrès, des actions et des
événements seront organisés
en opposition à
l'ordre du jour antisocial de Harper.
Les actions vont débuter avec un piquetage
et un
rassemblement le 31 octobre qui vont donner
le ton en exprimant un
Non ! ferme à la dictature Harper. Le
piquetage
débute à 14 heures devant le
Stampede Park. Dans un tract
émis pour l'occasion par les Calgariens
contre la dictature
Harper, l'appel est lancé à tous
d'apporter leurs
bannières et leurs revendications pour bien
faire savoir au
gouvernement Harper ce qu'ils
pensent de son plan d'action antisocial. Le
message du tract est on ne
peut plus clair :
Non
à
l'offensive néolibérale,
antiouvrière et
antisociale!
Non à la participation du Canada à
des guerres
d'agression!
Notre avenir est dans la lutte pour les droits
de tous!
On y
lit :
« Les Conservateurs prétendent
que ce congrès
est une occasion pour les participants d'avoir un
mot à dire sur
l'avenir du Canada alors qu'ils se
préparent pour les
élections de 2015. Les propositions
préparatoires au
congrès révèlent que l'ordre
du jour de ce
gouvernement va être de continuer d'attaquer
les droits, le
moyen de subsistance et l'avenir des Canadiens, et
ce, sur tous les
fronts.
« Les Canadiens ne laisseront pas
cette
clique de saboteurs continuer de porter atteinte
à
l'environnement social et naturel, notamment en
intensifiant le pillage
des ressources de l'Alberta, à
détruire l'environnement
et à déposséder les
Premières
Nations.
« Les Canadiens s'opposent aux
manigances
antidémocratiques, à la suspension
à
répétition du parlement, au
microciblage et aux appels
robotisés, aux projets de loi antiouvriers
et aux attaques
contre les salaires, les syndicats et les
travailleurs migrants. Ils
s'opposent au musèlement des scientifiques
et au retrait du
financement des programmes sociaux et des
organisations sociales qui ne
sont pas au service de l'ordre du jour destructeur
de Harper. Les
Calgariens contre la dictature Harper s'opposent
à la
déréglementation du transport et des
protections
environnementales, à la privatisation
d'à
peu près tout ce qui existe, santé,
éducation,
services gouvernementaux, pour ne pas parler du
gouvernement
lui-même. Nous nous opposons au bellicisme
et au refus de
reconnaître les droits ancestraux des
Premières Nations de
même qu'aux attaques contre le
Québec.

Des
travailleurs
des postes en lockout manifestent devant
le bureau de comté
(Calgary Southwest) de Harper en juin
2011.
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« C'est le peuple qui a le droit de
prendre
des décisions sur tout ce qui le touche et
sur l'avenir du
Canada, et non la dictature Harper. Tous ensemble,
affirmons ce
droit !
« Harper et sa bande de saboteurs
considèrent Calgary comme étant leur
territoire.
Montrons-leur ce qui les attend aux prochaines
élections ! »
Les événements vont se poursuivre
tout au
long de la fin de semaine. Le 1er novembre, un
Teach-in se tient de
19 à 22 heures à la
librairie Castell. Le
2 novembre, de 11 h 30 à 13 h 30,
l'Alliance
de la fonction publique du Canada organise
à son tour un
rassemblement devant Stampede Park suivi d'un BBQ.
Dans son appel au
rassemblement, l'Alliance écrit :
« En plus d'éliminer des
emplois et de
couper dans des programmes et des services
essentiels, les
conservateurs attaquent les syndicats avec des
projets de loi comme le
C-377 et le C-525. Lors de ce congrès
à Calgary, les
délégués discuteront de
résolutions
politiques appuyant la présentation d'un
projet de loi sur le
'droit de
travailler' et limitant de façon
draconienne comment les
syndicats peuvent utiliser les cotisations de
leurs propres
membres. »
Les travailleurs de plusieurs secteurs, les gens
des
Premières Nations, les artistes, les
scientifiques, les groupes
de défense des services de santé,
les
environnementalistes et autres
activistes sociaux s'organisent pour se faire
entendre.
Harper, son ministre Jason Kenney et d'autres
comme eux
pensent que Calgary leur appartient.
Participons en grand nombre afin de faire de ces
actions
tout au long du congrès des conservateurs
le plus grand
succès possible et un avant-goût de
ce qui les attend en
2015.
Le
gouvernement
Harper doit rendre des comptes!
Notre avenir est dans la lutte pour les droits
de tous!
Disons
Non! à
la
dictature
Harper
Congrès du
Parti conservateur
Calgary, 31 octobre au 2
novembre 2013
Piquetage et rassemblement
Jeudi
le 31 octobre - 14 h
Angle
12e
Avenue
et
3rd
Street
S.E.
Organisé
par
les
Calgariens
contre
la
dictature
Harper
Informations
:
AgainstHarper@gmail.com ; Peggy
Askin : (403) 923-7054

Non à
l'offensive antisociale
néolibérale et
antiouvrière!
Non à
la
participation du Canada aux
guerres d'agression!
Notre avenir
est dans
la défense des droits de
tous!
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Les résolutions soumises au
congrès
des
conservateurs poursuivent leur guerre
déclarée
contre les travailleurs et leurs
organisations
- Peggy Morton -
Des associations de circonscription ont soumis
onze
résolutions au congrès du Parti
conservateur qui
appellent à de nouvelles mesures
draconiennes contre les
travailleurs et leurs organisations. Les
résolutions
démontrent clairement que le programme du
gouvernement est de
continuer ses attaques tous azimuts contre les
droits et les moyens de
subsistance des Canadiens. Ces résolutions
poursuivent l'assaut
contenu dans le projet de loi
C-377 parrainé par des
députés du gouvernement Harper, la Loi
modifiant la
Loi de l'impôt sur le revenu (exigences
applicables aux
organisations ouvrières), qui impose
aux syndicats un
système onéreux de rapports publics
qui n'est pas
demandé aux autres organisations. Entre
autres choses, le projet
de loi obligera les syndicats à
déclarer toutes les
transactions supérieures à
5000 $, l'identification
du bénéficiaire, le payeur, le but
et la description de
l'opération. Des paiements faits aux
dirigeants, administrateurs
et fiduciaires devront être
rapportés, accompagnés
de la
divulgation du pourcentage de temps qui a
été
consacré à des activités
politiques et de
lobbying. Les renseignements recueillis seront
publiés pour
consultation publique sur le site Web de l' Agence
du revenu du Canada
(ARC). Le projet de loi C-377 a
été modifié
au Sénat et renvoyé à la
Chambre des communes. La
prorogation du
Parlement ne modifie pas le cheminement d'un
projet de loi
parrainé par des députés, ce
qui fait que le
projet de loi peut être renvoyé sans
amendement au
Sénat.
Les
conservateurs se
sont attaqués au droit des travailleurs de
déterminer les
salaires et conditions de travail qu'ils jugent
acceptables pour
eux-mêmes et leurs pairs. Le gouvernement
poursuit un programme
de bas salaires et de criminalisation des
travailleurs qui
défendent leurs droits ; il a
déclaré
illégales un bon nombre de grèves et
adopté des lois forçant le retour au
travail des
postiers, des cheminots et des employés
d'Air Canada. Loin de
repartir à zéro, les
résolutions soumises au
congrès montrent qu'avec Jason Kenney, le
nouveau ministre de
l'Emploi et du Développement social, de
nouvelles attaques s'en
viennent contre le droit des travailleurs de
s'organiser et de
résister. Les travailleurs et leurs
organisations vont
être déclarés
« ennemis »
s'ils prennent position contre la destruction
imposée par la
dictature Harper. La dictature
Harper espère que priver les syndicats de
fonds va
empêcher les travailleurs d'utiliser leur
force collective pour
défendre leurs intérêts et de
développer
leur propre politique indépendante. Elle
vise également
les actes de solidarité sociale du
mouvement ouvrier
organisé comme celui d'offrir un soutien
financier et d'autres
ressources pour des projets
et des organisations qui résistent à
la destruction
nationale et défendent les droits de tous.
Un certain nombre de résolutions du Parti
conservateur ont pour but de priver les syndicats
des fonds
nécessaires pour fonctionner et
s'organiser. L'association de la
circonscription électorale (ACÉ) de
Calgary-Nose-Hill
appelle à l'abolition complète de la
formule Rand et au
dépôt d'une loi sur le soi- disant
« droit au
travail ». La
résolution se lit ainsi :
« Le Parti
conservateur croit que les cotisations syndicales
obligatoires et les
contributions financières forcées
comme condition
d'emploi limitent la liberté
économique des Canadiens et
ralentissent la croissance
économique.. » Les
monopoles et leurs représentants politiques
pensent que des lois
pour le
« droit d'être un
esclave » vont paralyser
le mouvement syndical en le privant de fonds
nécessaires pour
fonctionner et s'organiser.
L'ACÉ conservatrice d'Ahuntsic à
Montréal propose que l'on interdise aux
syndicats de percevoir
des cotisations en vertu de la formule Rand
à des fins autres
que pour couvrir les coûts du renouvellement
des conventions
collectives et des avantages sociaux
administrés par le
syndicat. On y lit : « Les
contributions à des
causes ou
à des initiatives non liées à
ces objectifs
devraient être recueillies de façon
individuelle et
volontaire. » Dans une seconde
résolution provenant
d'Ahuntsic, l'ACÉ déclare:
« Attendu que les
syndicats se mêlent d'affaires politiques,
leurs finances ne sont
pas transparentes, et le Parti conservateur doit
traiter de
l'opacité du financement des
syndicats et des adhésions obligatoires
pour leurs membres sous
juridiction fédérale. »
L'ACÉ d'Edmonton-Sherwood Park propose
«
que le gouvernement devrait empêcher que les
cotisations
syndicales obligatoires servent à financer
des causes politiques
non liées aux besoins du lieu de
travail » .
L'ACÉ pour Nepean-Carlton appelle à
« une
protection contre les cotisations syndicales
obligatoires
destinées à des causes politiques et
sociales non
liées au lieu de travail ».
L'ACÉ
d'Ottawa-Centre appelle à ce que les
syndicats de
compétence fédérale soient
tenus de fournir une
comptabilité annuelle à leurs
membres, de
révéler quels fonds ont
été alloués
à des dons aux partis politiques, aux
organisations
médiatiques et à l'activisme et
aux campagnes politiques. La résolution
propose également
que l'on exige des syndicats qu'ils permettent aux
membres de retirer
la partie de leur cotisation qui a
été allouée
à ces activités.
Ces résolutions constituent des violations
flagrantes des droits et responsabilités
des syndicats pour
mettre en oeuvre les décisions de leurs
membres. Les
résolutions antiouvrières des
conservateurs visent
à affaiblir l'opposition organisée
des travailleurs et sa
défense des droits de tous, afin que tout
le pouvoir soit
concentré entre les mains des
monopoles, qui ont des moyens financiers et autres
presque
illimités pour promouvoir leurs
intérêts
privés. Les résolutions appellent
à des lois
promouvant le droit d'être esclaves et
ajoutent des liasses de
rapports difficiles et onéreux à
compléter qui
sont mandatés non pas par les membres des
syndicats mais par
l'État. L'objectif néolibéral
est de
rendre la classe ouvrière impuissante
à défendre
ses droits et à se battre pour une nouvelle
direction pour
l'économie qui sert l'intérêt
public et les
intérêts généraux de la
société .
Le rouleau compresseur Harper vise
également la
sécurité à la retraite et les
pensions des
travailleurs dans la fonction publique
fédérale.
Plusieurs résolutions appellent à
l'élimination du
régime de pensions à prestations
déterminées dans la fonction
publique
fédérale, pour être
remplacé par des plans
d'épargne appelés régimes
à cotisations
déterminées. Les résolutions
demandent
également que les pensions soient
« comparables
à celles du secteur
privé », ce qui a pour
objectif essentiellement de nier aux travailleurs
le droit à la
sécurité à la retraite et de
forcer les gens
âgés à subvenir à leurs
propres besoins au
milieu de la loi de la jungle de Harper. Au lieu
de garantir le
droit des travailleurs à la
sécurité à la
retraite avec une pension à prestations
déterminées pour tous, les
conservateurs veulent
mettre fin aux pensions qui existent et
précipiter tout le monde
dans l'insécurité.
La majorité des autres résolutions
qui
s'adressent à la classe ouvrière
appellent à
dicter aux syndicats comment dépenser leurs
cotisations
syndicales. Le principe que les membres
décident quelles sont
les activités engagées par le
syndicat est
remplacé par le diktat organisé par
l'État.
Enfin,
une résolution
propose d'exiger des syndicats dans les secteurs
de compétence
fédérale à tenir un scrutin
secret lors d'un vote
de grève. Il s'agit d' un stratagème
trompeur qui
suggère que les membres du syndicat sont
intimidés et se
voient empêchés de voter selon leur
conscience. Le Code
canadien du travail prévoit
déjà que le Conseil
canadien des relations industrielles (CCRI) a de
vastes pouvoirs pour
ordonner un vote sur l'offre de l'employeur et de
superviser le vote.
Si le Code canadien du travail va maintenant
prescrire
expressément un scrutin secret, cela ne
fera qu'étendre
les pouvoirs du CCRI afin qu'il puisse superviser
tous les votes et
s'assurer qu'ils respectent le
diktat de Harper provenant de l'État. Cela
va nier encore
davantage le droit des travailleurs de s'organiser
et de mener leurs
propres affaires.
Le fait que la Convention des conservateurs a
parmi son
ordre du jour la tentative d'arrêter les
syndicats de participer
aux affaires politiques et sociales montre
l'étendue de la
destruction à laquelle se livre Harper des
institutions du
Canada et la tentative de détruire toutes
les formes sociales au
sein desquelles les Canadiens sont
organisés.
Comment vaincre la dictature Harper et forcer le
renvoi de son ministre
du Travail Jason Kenney sont devenus des questions
de première
importance pour les travailleurs et leurs
alliés.

Le faux débat entre la
sécurité du transport du
pétrole
par pipeline ou
par train
C'est la responsabilité du gouvernement
de
garantir
le transport sécuritaire du pétrole
- Entrevue avec Roland Lefort,
Unifor,
section locale 707-A, représentant les
travailleurs des sables
bitumineux à Fort McMurray en Alberta -
LML :
Depuis le désastre de Lac Mégantic,
un faux débat
a été lancé par les monopoles
du rail et du
pétrole portant sur la façon la plus
sécuritaire
d'expédier le pétrole, soit par
pipeline ou par train.
C'est un faux débat puisqu'il ne tient
aucunement compte de la
revendication des travailleurs et du peuple
canadiens à l'effet
que
c'est aux gouvernements de garantir que le
pétrole soit
expédié de la façon la plus
sécuritaire,
peu importe le moyen de transport, et que les
travailleurs et le peuple
canadiens doivent avoir droit au chapitre sur la
façon dont le
transport est fait. La pression est faite sur les
travailleurs pour
qu'ils se rangent derrière
« leur »
compagnie en
espérant ainsi conserver leurs emplois.
Quelle est la position
de votre section locale et comment cette question
se pose-t-elle dans
le secteur des sables bitumineux ?
Roland Lefort : Ce qui est
ignoré
dans ce débat c'est le fait que le
désastre de
Lac-Mégantic a créé une
conversation parmi le
peuple canadien sur ces questions. Les
gouvernements doivent
répondre à cette
préoccupation en assumant leur
propre responsabilité et en garantissant
que les compagnies
opèrent de façon sécuritaire.
Les gens ne veulent définitivement pas que
la situation se
poursuive comme si rien ne s'était
passé. Ce que la
situation tragique de Lac-Mégantic a mis en
lumière c'est
le refus des gouvernements de réglementer
le transport du
pétrole, ce qui enhardit les compagnies
à opérer
de façon non sécuritaire et à
agir pour faire des
coups d'argent sans tenir
compte de la sécurité du peuple.
Nous soutenons
que nous devons trouver
une méthode de transport
sécuritaire. Les pipelines
peuvent être sécuritaires si leur
exploitation est
réglementée et que tout est fait
correctement. Nous
croyons que le bitume peut être
transporté de façon
sécuritaire partout au Canada et qu'il peut
contribuer à
l'économie canadienne. D'abord, nous avons
la capacité d'affiner le bitume ici au
Canada, tant à
Montréal qu'à Sarnia.
Évidemment, beaucoup de gens
sont inquiets de cela. Ils n'ont pas confiance en
ces compagnies et
avec raison, puisque le gouvernement ne joue pas
son rôle
d'assurer la sécurité des pipelines
et des voies
ferrées pour le transport.
Voilà où le bât blesse. Je
crois que
le transport du pétrole ne pourra se faire
correctement que
lorsque le gouvernement aura pris en main ses
responsabilités.
La question revient toujours à ce que la
réglementation
s'applique et que les opérateurs agissent
de façon
sécuritaire pour tous. Avoir l'approbation
du peuple canadien
est primordial dans
cette démarche. Voilà la question et
le message
lancés par Lac-Mégantic. En
rétrospective, les
pipelines n'ont pas un passé très
reluisant. Ici en
Alberta l'infrastructure est tellement vieille que
personne ne sait
vraiment pour combien de temps encore elle tiendra
le coup. En
principe, la proposition à l'effet
d'inverser la Ligne
9 pour expédier
le bitume vers l'est est bonne, mais nous devons
veiller à ce
que ligne soit inspectée et à ce que
la technologie et
l'équipement de la ligne soient mis
à jour afin d'assurer
le transport sécuritaire de ce bitume.[1]
En l'absence d'une méthode de transport
sécuritaire et adéquate, un grand
nombre d'acteurs se
sont mis de la partie. Prenons Montréal
Maine et Atlantic
Railway (MMA). L'occasion était
rêvée de faire de
la grosse argent dans le transport de produits
puisqu'il n'y avait pas
de balises et qu'il était facile d'agir de
façon non
sécuritaire. Cette
façon de faire est évidente en ce
qui concerne les
pipelines actuels. C'est ce qui se passe avec
Enbridge. Sur la question
du Northern Gateway et de tous les versements dont
il est responsable,
Enbridge considère qu'il ne faut pas y
attacher trop
d'importance. Le peuple canadien en a soupé
de cette attitude et
estime que les choses ne peuvent
continuer ainsi.
En fait, les compagnies ne changeront pas
à moins
que le gouvernement n'intervienne et qu'il ne leur
fasse comprendre que
si elles veulent agir en tant qu'acteurs dans ce
domaine, alors elles
devront se plier aux règles. Bien sûr
que dès que
des règles seront mises en place, les
compagnies vont
réagir et se plaindre que les règles
grugent leur
marge de profit. Mais si les règlements
sont là et que
les compagnies n'ont d'autre choix que de s'y
conformer, elles s'y
conformeront. Après tout, c'est ici que se
trouve le
pétrole. Si elles le veulent, elles doivent
l'exploiter ici.
LML :
Vous
avez
été
actifs
aussi
à
développer
ce
que
vous
qualifiez
de
stratégie
canadienne de l'énergie.
RL : Oui, nous avons d'abord mis de
l'avant
cette stratégie en tant que Syndicat des
travailleurs des
Communications, de l'Énergie et du Papier
et nous le faisons
maintenant en tant qu'Unifor, qui a
été fondé au
cours de la fin de semaine de la Fête du
Travail. Nous avons
travaillé au fil des ans sur ce projet
traitant de la
viabilité de l'industrie. Nous nous
opposons depuis des
années aux acteurs qui s'intéressent
avec
frénésie aux sables bitumineux dans
le but d'obtenir de
l'argent rapide, sans tenir compte de
l'environnement, de la
sécurité des travailleurs et du
public, ni de la
valorisation du bitume au Canada plutôt que
d'expédier le
produit brut à l'extérieur du pays,
de
la formation de la main-d'oeuvre, etc.
Suncor annonçait récemment qu'il
abandonnait son projet de valorisation Voyageur.
Il s'agissait d'un
partenariat entre Suncor et Total. L'abandon de ce
projet est ce qui
nous porte à penser que la question de la
viabilité n'a
jamais été prise en compte. Une des
raisons que la
raffinerie ne sera pas construite est qu'une
grande partie de la
main-d'oeuvre qualifiée dans la
région est
déjà au travail juste pour faire
fonctionner les projets
existants, ne laissant personne de disponible pour
aller travailleur
à Fort McMurray pour le projet de
raffinerie. Nous ne pouvons
pas continuer de progresser si les conditions
appropriées ne
sont pas mises en place. Il semble que ce genre de
discussion
n'est tout simplement pas à l'ordre du
jour. Les compagnies
préfèrent expédier le bitume
par pipeline
jusqu'aux États du sud.
Note
1. Enbridge compte inverser le
courant
de la Ligne 9 permettant d'expédier
les sables bitumineux
de l'Alberta vers l'est.

Contre la militarisation de la vie
et de
l'économie
L'exemple du nouveau chantier naval d'Irving
à
Halifax
- Nathan J. Freeman -
Des
travaux de dynamitage
ont été faits cet été
au chantier naval de
Halifax. Cette activité de construction a
été
annoncée comme une étape
nécessaire des
préparatifs avant de commencer à
construire des navires
de guerre nouvellement octroyés par
contrat.
Une résidente du quartier a
téléphoné à la
Société Radio-Canada pour dire
qu'elle et ses voisins en ont assez.
Le bruit du chantier n'est qu'une partie du
problème. Les gens qui vivent dans la
région croient
également que les travaux sont la raison de
la venue des rats et
autres rongeurs nuisibles dans le secteur des
logements publics.
« Ça a été rude
ici. Le
dynamitage a fait fuir les rats et les ratons
laveurs vers notre
région. Le dynamitage a fait tomber de mes
murs des photos et
les a fait se casser. C'est dur de vivre sur la
rue Barrington en ce
moment, a-t-elle dit.
« Un matin je me suis levée
pour aller
chasser de ma cour un chat et l'animal en question
était un rat
et il n'avait pas peur de moi. J'ai donc dû
retourner dans ma
maison pour prendre un balai pour le chasser hors
de ma cour. Il
était gros, je pensais que c'était
un chat, je croyais
vraiment que c'était un chat adulte et il
s'est retourné
me
montrant ses dents - c'était
horrible. »
Pendant ce temps, le propriétaire du
chantier
naval, Irving Shipbuilding, s'active pour
reconstruire les bureaux et
les ateliers du chantier naval selon des plans
modernes.
« Moderne » a ici une
double
signification.
La première
signification, c'est d'avoir presque
doublé le personnel salarié du
chantier, le faisant
passer de 400 à environ 900 travailleurs
après l'octroi
d'un contrat de plus de 20 ans pour la
construction de plusieurs
navires de guerre, annoncé à
l'automne 2011.
La deuxième
signification vient d'avoir mandaté
l'ancien président
d'Irving Shipbuilding, Steven Durrell, de la
tâche de tenter
d'imposer une convention collective absolument
inacceptable aux membres
représentant la plus grande section
syndiquée des
travailleurs du chantier naval regroupés
dans la section locale
1 des Travailleurs
canadiens de l'automobile ( aujourd'hui UNIFOR ).
L'échec de
Durrell a conduit à son départ
à la fin de juin
2013 et son remplacement par le vice-amiral
« à
la retraite » de la marine
américaine, Kevin McCoy .
En plus de s'occuper des intérêts
des
forces armées des États-Unis
concernant la construction
de ce lot particulier de navires
spécialisés qui vont
officiellement appartenir à la Marine
canadienne, le
président McCoy est chargé de
conclure les
négociations pour en arriver à cette
convention
collective inacceptable. Il s'est mis au travail
en donnant
son aval à la mise à pied d'environ
un tiers des
travailleurs présentement au chantier
naval. [1]
Pour
jeter de la poudre aux
yeux des travailleurs, ces
licenciements ont été
annoncés sans aucune
référence à la lutte en cours
sur la convention
collective. Au contraire, nous sommes
censés croire que, tout
à coup, le chantier doit cesser de
commencer la construction
réelle du navire pour construire en premier
des bureaux et des
ateliers
« modernes » pour
gérer et
compléter les tâches liées
à la construction
éventuelle des navires.
La communauté de Mulgrave Park
située au
nord de Halifax est juste à l'ouest du
chantier. Elle est
comprise dans l'un des projets de logements
publics vieux de 40 ans
regroupant principalement la communauté
afro-canadienne
située dans le couloir Gottingen -
Barrington des quartiers
North End de la ville. Metro Housing, l'agence
municipale
responsable du maintien de ces projets
résidentiels, trouve de
plus en plus difficile de maintenir ces structures
habitables et leurs
communautés viables en raison des
compressions
budgétaires du gouvernement. Contrairement
à la vermine
locale, les résidents de Mulgrave Park ont
des choix plus
limités quand vient le temps de se reloger.
Des photos
sont apparues en ligne sur le site des Nouvelles
de Radio-Canada
confirmant les plaintes des résidents
à propos de
« rats de la taille de
chats » errant dans le
quartier. [2]
Est-ce un signe de la
« normalité »
à venir dans le cadre
du processus de militarisation des moyens de
subsistance et de la vie
de la population civile ? [3]
L'autre côté de la propagande
mensongère dans les
médias monopolisés sur la guerre et
les
préparatifs de guerre en tant que source
« d'emplois » est une
propagande quotidienne indue sur le danger de
guerre propagée et
conçue pour insuffler un esprit de
soumission à une
« autorité »
illégitime. Si et
quand le gouvernement devra écraser et
retirer des droits
durement acquis - de se syndiquer, de
défendre leurs salaires et
conditions de travail, de protester contre la
brutalité
policière, etc. -
l'idée est que la police et/ou d'autres
gardiens de
« l'ordre » feront face
seulement à des
poches isolées de résistance.
Plusieurs caractéristiques de la vie
quotidienne
dans la zone autour du chantier naval rappellent
déjà les
effets des « ajustements »
introduits par le
capital privé et les agences sociales du
gouvernement. Ces
ajustements sont imposés pour servir des
programmes qui ont
été lancés bien avant que le
projet de la
construction navale soit
encore une lueur d'espoir aux yeux des entreprises
de la famille
Irving. Ainsi :
- Pendant le boom immobilier du milieu des
années
2000, qui a finalement implosé en
2007-2008 durant le
scandale des prêts hypothécaires
à haut risque, les
promoteurs immobiliers à Halifax ont vu
dans le couloir
représenté par la rue Barrington une
zone idéale
pour développer des immeubles très
en hauteur ne
comprenant rien d'autre
que des unités de condominium. En
même temps, le taux
extrêmement faible d'augmentation de la
population à
Halifax durant toute la décennie
(comparativement à la
région de Montréal ou du grand
Toronto) a joué un
rôle déterminant pour que toutes les
institutions
prêteuses présentes dans la ville
résistent
à l'idée de risquer leur capital
dans de
telles combines.
- Au moment où les budgets
gouvernementaux, y
compris au niveau municipal, se sont lancés
dans des
émissions records d'obligations, la
Commission scolaire de
Halifax a pris sous considération diverses
propositions visant
à fermer un certain nombre d'écoles
primaires dans le
North End et de regrouper les étudiants
dans un seul
édifice
moderne centralement situé. Ces fermetures
ont été
largement dénoncées par les
résidents du North End
de la ville qui était desservi par les
écoles
élémentaires et secondaires
existantes.

En 2010, quand c'est devenu clair que le chantier
naval
de Halifax pourrait obtenir une partie des
contrats du gouvernement
Harper pour la Garde côtière
combinés aux projets
de construction de la flotte de navires de guerre,
la Commission
scolaire de Halifax a mis de l'avant une
proposition pour fermer
l'école Saint-Patrick-Alexandra.
Pendant ce temps, Jono Investments, un promoteur
immobilier local, a
commencé à exiger une exemption
spéciale pour
ériger des gratte-ciel de condos qui
violeraient les
règlements de la ville interdisant la
construction de
bâtiments à proximité du port
qui surpassent le
champ de vision accessible du haut de la Citadelle
de Halifax.
Plusieurs
collectifs sociaux de la plus grande
communauté du North End - y
compris un vaste groupe communautaire de la
santé et des
services cliniques, des organisations de soutien
social pour les jeunes
démunis et les femmes célibataires,
une église
populaire au sein de la communauté
afro-canadienne et d'autres —
se sont joints à la campagne pour garder
intacts les bâtiments scolaires et les
logements qu'ils occupent.
Pendant ce temps, le promoteur et ses
alliés au conseil
municipal ont été incapables de
renverser l'injonction
initiale des tribunaux les empêchant de
prendre d'autres mesures.
Les droits de la classe ouvrière et du
peuple
sont contestés comme jamais auparavant par
la militarisation
croissante de l'économie canadienne. Cela
ne doit pas
passer !
Le droit public ne doit pas être
supplanté
par l'expansion du droit de monopole. Les gens de
North End et les
collectivités qui leur sont
associées ne sont pas des
gens que l'on peut disperser aux quatre vents. Ils
ne sont pas une
humanité en trop qu'on peut sacrifier sur
l'autel des
intérêts privés d'Irving. Une
nouvelle direction
est nécessaire
pour l'économie ! Non au droit de
monopole ! Oui au
droit public ! Non à la militarisation
de l'économie
et de toute la vie !
Notes
1. Le projet d'expansion
navale est
synchronisé avec les intérêts
des États-Unis. La nomination de McCoy en
tant que président d'Irving
Shipbuilding marque une nouvelle étape dans
le processus de
militarisation qui se répand au sein de la
société
civile — un processus découlant du contrat
de construction
navale. Déjà, pendant que ressortent
les
dernières nouvelles de Mulgrave Park,
l'attrait superficiel de
l'emploi stable pour des centaines de gens de
métier pour des
dizaines d'années à venir est un
miroir aux alouettes.
Les seuls nouveaux emplois pour le moment sont les
travaux de
construction à court terme sans rapport
avec la véritable
construction navale. Le dynamitage et
l'épidémie
de vermine ne sont que les derniers exemples de la
façon dont
les conséquences négatives de la
militarisation sont
rejetées sur le dos de la population.
2. Tout au long du
XIXème
siècle, les infestations de vermine dans
les quartiers
peuplés des zones adjacentes au
périmètre du port
de Halifax ont été chose commune.
Celles-ci ont
été en grande partie
éliminées lors de la
« modernisation » du port de
Halifax comme une
base nord-américaine de l'Amirauté
britannique pendant la
Première Guerre mondiale. On a vu cet
été le
retour de ces infestations pour la première
fois depuis la fin
de la Seconde guerre mondiale.
3. Durant la Seconde Guerre
mondiale,
divers aspects de la vie civile à travers
le Canada ont
été militarisés. Dans le
centre et l'ouest du
Canada, cela a pris la forme de
vérifications fréquentes
des activités
« suspectes » parmi les
communautés comprenant des résidents
d'origine italienne,
allemande ou japonaise. Les camps
d'internement pour les résidents japonais
de la
Colombie-Britannique ont été mis en
place suite à
l'attaque de Pearl Harbour en décembre
1941. Dans l'est du
Canada, depuis le début de la bataille
d'Angleterre au printemps
de 1940 jusqu'au Jour de la Victoire cinq ans plus
tard, la vie
quotidienne devenait subordonnée aux
exigences de la Royal
Navy et la Marine royale canadienne dans le cadre
des exigences du
relèvement du niveau des préparatifs
de la population
civile face à une éventuelle attaque
ennemie. Ainsi, dans
les centres urbains et les zones environnantes de
Saint John et
Halifax, la vigilance sur une base permanente a
été
organisée et promue contre la
possibilité d'attaques par
les équipages des sous-marins U-Boat nazis
qui attendaient
près de l'entrée de la baie de
Fundy, à
l'embouchure du port de Halifax et le
détroit de Cabot entre la
Nouvelle-Écosse et ce qui était
alors la colonie
britannique de Terre-Neuve.

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