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Numéro 156 -
26 octobre 2013
67e anniversaire des
procès de Nuremberg
Remplaçons le
gouvernement
belliciste de Harper par un
gouvernement antiguerre !
67e anniversaire des
procès de Nuremberg
Remplaçons le gouvernement belliciste de
Harper
par un gouvernement anti-guerre!
Les
accusés nazis devant le Tribunal
militaire international au procès de
Nuremberg, tenu du 20 novembre
1945 au 1er octobre 1946.
Cette année est le 67e anniversaire de la
conclusion du Tribunal militaire international, le
premier des procès de Nuremberg.
Après la défaite du nazisme et de
ses alliés à la fin de la
Deuxième Guerre mondiale, le Tribunal
militaire international a jugé 21
dirigeants nazis à Nuremberg. Les jugements
ont été rendus le 1er octobre 1946
et les condamnés à mort ont
été exécutés le 16
octobre 1946.
La défaite du fascisme en 1945 a
été un point marquant de la bataille
de la démocratie. Avec la défaite de
l'Allemagne nazie, de l'Italie fasciste et du
Japon militariste sous les coups des puissances
alliées et du front uni de la
résistance antifasciste dirigé par
l'Union soviétique, c'est un monde uni qui
sortait de la victoire des peuples sur le
fascisme. Une nouvelle norme de démocratie
a été créée, une
démocratie qui, pour être
fidèle à elle-même, ne devait
plus permettre le fascisme.
Les dirigeants des puissances alliées,
lors des conférences de Moscou et de Yalta,
s'étaient engagés à tenir les
criminels de guerre nazis responsables de leurs
crimes et à les punir en
conséquence. À la Conférence
de Yalta, en février 1945, Staline,
Roosevelt et Churchill ont convenu que le
militarisme et le nazisme allemands devaient
être détruits et
empêchés de relever la tête.
Les principes de Nuremberg ont affirmé que
les chefs d'État et les autres dirigeants
politiques ainsi que les dirigeants militaires
devaient être tenus responsables et punis
pour les crimes d'agression, les crimes contre la
paix et les crimes contre l'humanité. Les
principes de Nuremberg ont stipulé
également que «suivre les
ordres» n'était pas une
défense acceptable contre les accusations
de crimes de guerre.

Monument
commémorative aux victimes des
atrocités nazies au camp de
concentration de Dachau portant l'exigence
des peuples du monde de ne plus jamais
permettre la montée du fascisme.
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De la victoire des peuples du monde contre le
fascisme sortit le mot d'ordre: « Plus
jamais ! » — plus jamais le fascisme ne
devait pouvoir ressurgir ! À cette fin,
l'agression fut déclarée le crime
international suprême et l'opposition sans
réserve à l'agression le moyen de
réaliser la paix. Le droit des nations
à l'autodétermination fut reconnu
par les Nations unies qui reconnurent
l'égalité des nations, grandes et
petites, et interdirent le recours à la
menace de la force ou à l'emploi de la
force contre tout État.
Bien sûr, ces principes ont
été violés par les
États-Unis et les autres grandes puissances
sous leur influence à commencer en 1950 par
l'agression contre la Corée sous
l'égide des Nations unies, et plus
récemment l'agression des États-Unis
et de l'OTAN contre les peuples souverains d'Irak,
de Yougoslavie, d'Afghanistan et de Libye.
Néanmoins, les procès de Nuremberg
après la Deuxième Guerre mondiale
ont établi les principes du droit
international qui se retrouvent dans la Charte des
Nations unies.
Aujourd'hui, 67 ans après la conclusion du
procès principal de Nuremberg, les
États-Unis et leurs alliés, dont le
Canada, mettent tout en oeuvre pour renverser
toutes les conclusions de la victoire contre le
fascisme. En Europe, aux États-Unis et au
Canada, on assiste à une campagne pour
réhabiliter des criminels de guerre nazis
et pour minimiser et même discréditer
et criminaliser la résistance
héroïque à l'invasion et
à l'occupation nazies qui ont causé
des souffrances horribles aux peuples du monde et
entraîné la mort de millions de
personnes.
Pour donner un exemple, en Estonie, aux collines
Sinimae, une célébration
néonazie se tient chaque année, avec
l'approbation de l'État, depuis 1994.
À ce rassemblement néonazi, auquel
des nazis de partout dans le monde participent,
des symboles nazis interdits comme la croix
gammée, sont brandis. Lorsque le Canada et
les États-Unis marquent l'anniversaire du
rétablissement de relations diplomatiques
avec les pays baltes, dans un style typiquement
hitlérien, ils font les louanges des forces
qui se sont jointes aux nazis pendant la guerre en
les appelant combattants de la liberté.
Dans le même temps, dans cette campagne de
réhabilitation du nazisme, on
prétend que les nazis et leurs
collaborateurs étaient des « victimes
du communisme totalitaire » à la
mémoire desquels il faut ériger des
monuments commémoratifs et leur donner une
place dans les salles d'honneur. Un tel monument
existe déjà aux États-Unis et
de la dictature Harper a engagé le
gouvernement canadien, dans un discours du
Trône, à en construire un semblable
à Ottawa. Le gouvernement
fédéral a annoncé une
subvention de 1,5 millions $ à
l'organisation louche derrière ce projet.
Cette subvention est nécessaire parce que
les Canadiens refusent d'appuyer un tel monument.
La justification de cette tentative de renverser
le verdict de l'histoire est que ceux qui ont
commis ces crimes abominables contre les peuples
doivent être innocentés aujourd'hui
parce qu'ils « combattaient le communisme
» et que la lutte contre le communisme est
une cause sacrée.
Mais les Canadiens ne vont pas tolérer que
soient entachées de cette manière
les contributions des antifascistes canadiens
à la cause de la liberté, de la
démocratie, de la paix et de la justice
pendant la grande guerre antifasciste. Ils ne
permettront pas que les 25 millions de
Soviétiques qui sont morts pour
défendre leur liberté et celle des
peuples du monde soient rayés de l'histoire
par des gens comme ces propagandistes
hitlériens. Ils ne toléreront pas
que la dictature Harper et ses médias
monopolistiques falsifient l'histoire de la
façon la plus minable que l'on puisse
imaginer. Ils vont s'opposer résolument
à la façon dont Harper tentent de
défendre les nazis et leurs collaborateurs
qui ont été vaincus lors de la
Deuxième Guerre mondiale.
Entre-temps,
au nom de la sécurité nationale, les
États-Unis et leurs alliés de
l'OTAN, dont le Canada, se livrent à des
guerres d'agression injustifiables et commettent
impunément des crimes contre la paix et des
crimes contre l'humanité. Les pratiques
nazies consistant à utiliser des civils
comme boucliers humains, à justifier la
torture et l'extradition vers la torture, à
utiliser des agents provocateurs pour justifier de
fausses accusations de conspiration contre des
« ennemis de l'État », à
cibler les minorités et à
criminaliser l'opinion publique et la conscience
au nom de la sécurité nationale et
des valeurs sont la nouvelle normalité.
Les États-Unis, le Canada et les grandes
puissances du camp de l'OTAN ont renversé
le verdict de l'histoire. L'objectif
immédiat des États-Unis est de
sauvegarder le pouvoir de leurs monopoles et de
dominer l'Europe pour ensuite dominer l'Asie. Le
Canada s'associe à cet objectif de guerre
des États-Unis pour que l'oligarchie
financière canadienne puisse en profiter.
Pour ce faire, il doit criminaliser la
résistance et le droit à la
légitime défense.
Le gouvernement Harper participe activement aux
côtés des États-Unis à
la campagne pour réhabiliter des criminels
de guerre et poursuit des plans dangereux de
fascisme, de militarisme et de guerre. La
contestation et la dissidence politiques sont
criminalisées et seuls ceux qui se
soumettent à la vision harpérienne
des « valeurs canadiennes » sont
considérés comme dignes de recevoir
des « avantages ».
Cela ne doit pas passer ! La résistance
à cet effort d'imposer le fascisme et la
guerre peut et doit donner naissance à une
démocratie moderne et nouvelle. Cette
démocratie ne doit pas seulement s'appuyer
sur les conclusions tirées de
l'expérience de la Deuxième Guerre
mondiale en affirmant le droit de résister,
mais elle doit permettre d'en finir avec les
définitions anticommunistes de la guerre
froide que le néolibéralisme a
ressuscitées aujourd'hui pour criminaliser
toutes les aspirations d'émancipation des
peuples qui veulent exercer un contrôle sur
leur vie. Une démocratie moderne qui est
à la mesure des exigences de
l'époque doit garantir le droit
d'être. C'est seulement ainsi que le peuple
peut avoir voix au chapitre sur les questions
cruciales qui se posent aujourd'hui, en
particulier sur les questions de la guerre et de
la paix.
La
dictature Harper est en train de transformer le
Canada en un État voyou qui attaque des
nations souveraines militairement,
économiquement et politiquement,
ouvertement et secrètement, comme membre
d'un bande de voyous alliés dirigée
par les États-Unis. Elle agit au
mépris des normes et des lois
régissant les relations internationales, ce
dont elle accuse faussement de nombreux autres
pays. Les Canadiens sont placés devant la
tâche historique de remplacer un
gouvernement de guerre, du militarisme et du
fascisme par un gouvernement antiguerre. Ce
gouvernement doit défendre le droit
à l'existence de tous les peuples et
défendre leur droit de bâtir des
sociétés selon leurs propres
décisions et suivant leur propre mode de
vie et matériel de pensée. Cela
ferait du Canada une force pour la paix dans le
monde.

Les impérialistes doivent être
tenus responsables
de leurs crimes contre les peuples
- Dougal MacDonald -
Les machinations des impérialistes en
Syrie, qui visent clairement à un
changement de régime dans
l'intérêt des monopoles
internationaux, la poursuite des guerres
d'agression contre les peuples d'Irak et
d'Afghanistan et le prochain vote de
l'Assemblée générale des
Nations unie qui, à l'exception des
États-Unis et d'Israël, exigera une
fois encore la fin du blocus criminel de Cuba par
les États-Unis posent de nouveau la
question de comment les impérialistes
doivent être tenus responsables de leurs
nombreux crimes contre les peuples du monde.
Aujourd'hui, pour poursuivre leurs
activités criminelles et en rejeter la
responsabilités sur les autres, les
impérialistes agissent comme des voleurs
qui crient « Au voleur ! ». Pour ne
donner qu'un exemple, alors que la Syrie est
accusée de posséder et d'avoir
utilisé des armes chimiques, les
États-Unis et Israël possèdent
leurs propres stocks d'armes chimiques et les
utilisent en toute impunité contre les
peuples d'Irak et d'Afghanistan et le peuple
palestinien.
Ce mois d'octobre marque le 67e anniversaire de
la fin du procès historique de Nuremberg
intenté contre les dirigeants nazis devant
le Tribunal militaire international. Le
procès a commencé en novembre 1945,
après la défaite la même
année des nazis et de leurs alliés,
le Japon et l'Italie. La base juridique de ce
procès a été établie
par la Charte de Londres, signée par
l'Union soviétique, les États-Unis,
le Royaume-Uni et la France le 8 août 1945.
Le Tribunal militaire international devait «
juger et punir de façon appropriée
et sans délai, les grands criminels de
guerre des pays européens de l'Axe ».
Durant et après le procès principal,
d'autres procès se sont
déroulés, dont les procès de
certains des grands industriels nazis. La
définition de ce qui constitue un crime de
guerre est précisée dans les sept
principes de Nuremberg formulés à la
suite des procès. (Voir ci-dessous)
Les
peuples du monde exigeaient le châtiment des
criminels de guerre nazis parce que les crimes des
hitlériens et de leurs alliés
pendant la Deuxième Guerre mondiale
étaient sans précédent; ils
avaient exterminé impitoyablement et
massivement tous les peuples épris de paix
qui s'opposaient à leur but de domination
mondiale. Au nombre de leurs exactions figurent
les enlèvements et les assassinats de
femmes et d'enfants, l'exécution de
prisonniers , la destruction complète de
villes et de villages, l'asservissement et la
torture de populations entières, le pillage
des moyens de production, les fermes
brûlées, le pillage et la destruction
des trésors culturels et d'innombrables
autres crimes abominables.
Pendant et après la Deuxième Guerre
mondiale, cette exigence ferme pour le jugement et
le châtiment des hitlériens a
été présentée et
appuyée par tous les peuples épris
de liberté. Le 2 novembre 1943, Staline,
Roosevelt et Churchill signaient la
Déclaration de Moscou et déclaraient
qu'au moment de l'armistice avec tout gouvernement
allemand « les officiers et soldats
allemands et les membres du parti nazi qui ont
été responsables de ou ont pris part
volontairement dans les atrocités
précitées, dans les massacres et
exécutions, seront renvoyés dans les
pays dans lesquels ces actes abominables ont
été commis, à l'effet qu'ils
puissent être jugés et punis selon
les lois de ces pays libérés et des
gouvernements libres qu'elles y mettront en place.
»
Deux cents Allemands accusés de crimes de
guerre ont été jugés à
Nuremberg, et 1 600 autres ont été
jugés par des tribunaux militaires
traditionnels. La base juridique de la
compétence du tribunal de Nuremberg a
été définie aussi par l'Acte
de reddition militaire de l'Allemagne.
L'autorité politique pour l'Allemagne avait
été transférée au
Conseil de contrôle allié qui, ayant
le pouvoir souverain sur l'Allemagne, pouvait
décider de punir les violations du droit
international et des lois de la guerre. Parce que
le tribunal devait se limiter aux violations des
lois de la guerre, il n'avait pas
compétence sur les crimes commis avant
l'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939. [1]
La notion de crimes internationaux et de la lutte
contre ces crimes a été
dictée principalement par
l'expérience de la guerre contre
l'hitlérisme. L'Organisation des Nations
unies (ONU) a été fondée
officiellement le 24 octobre 1945. Ses objectifs
déclarés était de faciliter
la coopération dans le droit international,
la sécurité internationale et la
réalisation de la paix mondiale durable.
L'ONU comprend cinq organes principaux:
l'Assemblée générale, le
Secrétariat le Conseil de
sécurité, le Conseil
économique et social et la Cour
internationale de Justice (en remplacement de la
Cour permanente de justice internationale
instaurée par la Société des
Nations) qui siège à la Haye.
La Cour internationale de justice (CIJ) a pour
principales fonctions de régler des
conflits juridiques soumis par les États,
et de donner un avis sur des questions juridiques
présentées par des organes et
agences internationaux agréés par
l'Assemblée générale des
Nations unies. C'est un organe permanent
composé de 15 juges élus pour neuf
ans par un double scrutin de l'Assemblée
générale et du Conseil de
sécurité à partir d'une liste
de personnes présentée par les
groupes nationaux de la Cour permanente
d'arbitrage. Les juges sont renouvelés par
tiers, pour assurer une continuité de
jurisprudence. La Cour ne peut comprendre plus
d'un ressortissant du même État.
Depuis sa création, quatre des cinq membres
permanents du Conseil de sécurité,
à savoir la France, la Russie, le
Royaume-Uni et les États-Unis, ont toujours
eu un juge à la Cour internationale de
justice.
Jusqu'à aujourd'hui, la CIJ a jugé
relativement peu de cas. Toutefois, depuis les
années 1980, il y a une volonté
claire, venant des petits pays en particulier, de
recourir à la Cour. Cependant, encore une
fois, les décisions de la Cour contraires
aux intérêts impérialistes ont
été difficiles à appliquer.
Après que la CIJ ait statué en 1986
que la guerre secrète des États-Unis
contre le Nicaragua était une violation du
droit international, les États-Unis ont
retiré leur déclaration facultative
de juridiction obligatoire et depuis reconnaissent
la compétence de la Cour au cas par cas
seulement. Le Chapitre XIV de la Charte des
Nations unies autorise le Conseil de
sécurité des Nations unies à
faire respecter les jugements de la cour
internationale. Toutefois, une telle application
est assujettie au veto des cinq membres permanents
du Conseil de sécurité, les
États-Unis ont utilisé leur veto
dans le cas du Nicaragua. En outre, depuis la
Deuxième Guerre mondiale, le principal
agresseur dans le monde sont les
États-Unis, qui ont un droit de veto au
Conseil de sécurité.
En
2002, un nouveau tribunal international, la Cour
pénale internationale (CPI), a
été créé. Après
plusieurs années de négociations,
dans le but d'arriver à un traité,
l'Assemblée générale des
Nations unies a convoqué la
Conférence diplomatique de
plénipotentiaires des Nations unies
à Rome en juin 1998. Le 17 juillet 1998, le
Statut de Rome, fondement juridique de la
création de la Cour pénale
internationale permanente, a été
adopté par un vote de 120 à 7. Les
États-Unis et Israël ont voté
contre. Jusqu'à ce jour, le procureur de la
CPI a ouvert une enquête sur huit cas
seulement, tous impliquant des pays africains. Les
efforts répétés pour obtenir
que la CPI agisse, par exemple en ce qui
concerne les crimes israéliens contre la
Palestine, ont été vains. Ainsi, la
CPI, qui est financée principalement par
l'Union européenne, s'est
révélée être un autre
instrument de l'impérialisme occidental,
punissant seulement les dirigeants de petits
États africains, tout en ignorant les
crimes commis par les États plus riches et
plus puissants comme les États-Unis et
Israël.
Les peuples du monde veulent un monde pacifique
où les relations entre les nations sont
fondées sur le respect de la
souveraineté et l'avantage
réciproque et où les conflits sont
réglés par la voie des
négociations plutôt que par la force
militaire. Les peuples du monde veulent
également mettre en place des instruments
internationaux efficaces pour traduire en justice
et punir ceux qui commettent des crimes qui
violent le droit international. Jusqu'à ce
jour, le problème est que les instruments
qui ont été créés ont
été soit ignorées par les
agresseurs, comme la Cour internationale de
justice, ou ont été des outils
directs des agresseurs, comme la Cour
pénale internationale. Les Nations unies
sont théoriquement l'organisation
internationale qui devrait traiter ces questions,
mais dans sa forme actuelle, elle est
dominée par les membres permanents du
Conseil de sécurité, en particulier
par les États-Unis. Le fait que, par
exemple, les États-Unis continuent
d'imposer leur blocus de Cuba malgré
l'opposition écrasante de la
communauté internationale montre qu'il est
urgent de réformer l'ONU afin que la
volonté de l'Assemblée
générale puisse être
réellement exécutée.
Note
1. Avant la Première
Guerre mondiale, plusieurs organisations avaient
été créés par des
conférences et des traités
internationaux pour tenter de réglementer
les conflits entre les nations, notamment les
Conventions de La Haye de 1899 et 1907.
Après la Première Guerre mondiale,
l'Union soviétique a tenté de
traduire en justice les responsables des
atrocités allemandes commises durant cette
guerre. La position de l'Union soviétique a
été appuyée par plusieurs
pays. Par exemple , le Secrétaire
d'État des États-Unis, Robert
Lansing, a déclaré avant la
signature du Traité de Versailles que
« les coupables des crimes terribles commis
contre l'humanité ne seront pas
oubliés », mais ni les
déclarations d'hommes d'État ni la
voix de l'opinion publique n'ont
entraîné de véritables
punitions des coupables. Cependant, au lendemain
de la Première Guerre mondiale,
d'importantes questions comme la
responsabilité de l'agresseur en cas de
violation du droit international ont
été abordées. Un pas en avant
a été la création de la
Société des Nations en 1920 à
la Conférence de paix de Paris. En 1922, la
Société des Nations crée la
Cour permanente de Justice internationale pour
juger les personnes accusées de crimes
internationaux. De nombreux cas ont
été soumis à la Cour dans les
premières années, mais elle a
été utilisée de moins en
moins au cours des années agitées de
1930. La Société des Nations
elle-même avait de nombreuses lacunes,
seulement 63 pays en sont devenus membres, les
États-Unis n'y ont pas adhéré
et les trois principaux agresseurs de la
Deuxième Guerre mondiale s'en sont
retirés avant la guerre - l'Allemagne et le
Japon en 1933, et l'Italie en 1937. De plus,
l'Union soviétique, la force principale de
la paix dans le monde, en a été
expulsée en 1939 sur des accusations
inventées pour s'être défendue
contre la Finlande pronazie que l'Allemagne
fortifiait pour s'en servir de base d'agression
à l'Ouest contre l'Union soviétique.
L'Article 16 du Pacte de la Société des
Nations donnait à la
Société des Nations la
possibilité de demander à
l'agresseur de rendre des comptes. Il y
était stipulé: « Si un membre
de la Société recourt à la
guerre, contrairement aux engagements pris aux
articles 12, 13 ou 15, il est ipso facto
considéré comme ayant commis un acte
de guerre contre tous les autres membres de la
Société. » En vertu de
l'Article 16, les États membres
s'engageaient à des sanctions
économiques et militaires
sévères contre l'État en
rupture de pacte. Malheureusement, cela n'a pas
été mis en pratique, puisque les
membres de la Société des Nations ne
sont pas parvenus à une action commune
quand les militaristes japonais ont envahi la
Mandchourie en 1931 et quand les fascistes
italiens ont envahi l'Abyssinie (Éthiopie)
en 1935.
Quelques années avant le début de
la Deuxième Guerre mondiale, Andreï
Vychinski, procureur général de
l'Union soviétique, avait demandé de
manière rhétorique: « N'est-il
pas utopique d'essayer de créer un code
pénal international ou au moins d'adopter
un système de crimes internationaux,
à savoir les crimes qui exigent la
coordination unanime et universelle
internationale, une réaction contraignante
commune pour combattre et vaincre ces crimes?
» Répondant à sa propre
question, il a déclaré que, en
dépit de nombreuses difficultés,
« le droit pénal doit veiller
à la paix et doit être
mobilisé contre la guerre et contre ceux
qui incitent à la guerre ».

Les crimes impunis des industriels
américains et allemands
- George Allen -

Max Faust
(à gauche), ingénieur et directeur
de la I.G. Farben, fait visiter le chantier du
camp de concentration de Monowitz au Heinrich
Himmler, Reichsführer-SS Heindrich Himmler.
Monowitz-Buna deviendra le camp de concentration
Auschwitz III. Photo de droite: les usines I.G.
Farben au camp de Monowitz en 1944. Ces usines
louaient le travail esclave des prisonniers aux
nazis. I.G. Farben est l'une des nombreuses
entreprises allemandes qui a soutenu les nazis.
À la fin de la Deuxième Guerre
mondiale, l'opinion publique internationale
s'attendait à ce que les industriels
allemands soient jugés pour les crimes de
guerre nazis, car leurs responsabilités
étaient incontestables. Ils avaient
financé la prise du pouvoir de Hitler,
financé le parti nazi, armé la
Wehrmacht, pillé les pays occupés,
exploité le travail d'esclave de millions
de déportés et de prisonniers,
étendu leurs empires et
réalisé d'énormes profits.
Les industriels allemands sont sortis de la
guerre non seulement avec leur fortune
pratiquement intacte, mais aussi impunis
malgré leurs actes odieux. En peu de temps,
ils ont rebâti leurs empires et sont
redevenus certains des hommes les plus riches du
monde. La raison principale a été
que les États-Unis, qui étaient
sortis pratiquement indemnes de la guerre et dont
les industriels constituaient en fait une partie
intégrante, mais secrète, de la
machine nazie, n'ont ménagé aucun
effort pour décharger les industriels
allemands de la responsabilité d'avoir
provoqué la guerre, et empêcher
qu'ils soient jugés pour leur crimes.
Le fascisme est la forme que prend la domination
de la bourgeoisie quand le pouvoir
économique est concentré dans le
pouvoir politique. Le parti nazi
représentait la concentration du pouvoir
économique des plus grands industriels
allemands, sous une forme politique. Le nazisme
est le fascisme, plus le racisme. Le Parti nazi
d'Hitler n'aurait jamais pu s'emparer du pouvoir
ni mener sa guerre longue et barbare contre les
peuples du monde s'il n'avait pas
représenté l'industrie allemande et
n'avait pas été soutenu par elle.
Les industriels allemands ont été
les organisateurs, les bâilleurs de fonds et
les bénéficiaires de la guerre, mais
en sont sortis pratiquement impunis. Le but de la
guerre en Europe des industriels nazis
était d'éliminer par la force tous
leurs concurrents, que ce soit en les
éliminant ou en s'emparant de leurs
entreprises. Alfried Krupp, les directeurs d'IG
Farben, Friedrich Flick et autres industriels se
sont emparés des ressources et des usines
dans les nouveaux territoires occupés
militairement par les nazis et ont pillé
les installations industrielles des pays
occupés pour étendre leurs empires,
tant à l'intérieur qu'à
l'extérieur de l'Allemagne.
En fait, ces industriels faisaient partie des
dirigeants nazis. Ils conseillaient aux nazis
quelles régions attaquer et qui tuer pour
servir leurs intérêts. Le magnat de
l'armement, Alfried Krupp, a été
ministre de l'armement et de la production de
guerre de Hitler. Il était le ministre du
gouvernement qui planifiait le pillage en
règle des pays qui allaient bientôt
être attaqués. À mesure que
les nazis avançaient et occupaient les pays
d'Europe, Krupp et d'autres industriels
s'emparaient des entreprises des capitalistes
locaux et les intégraient à leurs
propres empires ou transféraient en
Allemagne les équipements et les machines
de production capturés.
Les quelques industriels nazis jugés et
emprisonnés après la guerre furent
libérés le 1er février 1951,
leurs courtes peines ayant été
réduites à trois ans par le
Haut-commissaire des États-Unis en
Allemagne, John J. McCloy. En raison de ses
nombreux liens avec les Rockefeller, les Morgan et
autres membres des cercles dirigeants
américains, McCloy était
surnommé « président de
l'establishment américain ». McCloy
avait été conseiller auprès
de I.G. Farben, le monopole chimique dont les
dirigeants ont été reconnus
coupables de crimes de guerre à Nuremberg,
et s'était assis avec Hitler et Goering aux
Jeux olympiques de Berlin en 1936. Il était
le beau-frère du chancelier allemand de
l'après-guerre, Konrad Adenauer, les deux
ayant épousé des filles du
même associé de JP Morgan. Les
décisions de McCloy de réduire les
peines des industrialistes confirment le peu
d'importance que les impérialistes
américains attachaient aux crimes de guerre
nazis et qu'en fait ils avaient remplacé
les nazis en tant que dirigeants de ceux qui
étaient prêts à commettre
n'importe quel crimes contre les peuples au nom de
l'anticommunisme.

Henry Ford reçevant la Grand-Croix
de l'Aigle allemand du Troisième
Reich d'Hitler, présentée
par Karl Kapp, consul
général d’Allemagne à
Cleveland (à gauche), et de Fritz
Hailer, consul d'Allemagne à
Détroit (à droite), pour son
75e anniversaire, le 30 juillet 1937.
|
Les industriels allemands accusés avaient
des liens étroits mais secrets avec les
monopoles anglo-américains. Chaque
année, de nouvelles
révélations confirment
l'étroitesse de ces liens, notamment les
liens politiques et économiques
étroits et anciens entre les nazis et Henry
Ford (Hitler a donné une décoration
à Ford et avait une photo de lui sur son
bureau); la production de matériel
militaire allemand par la filiale de General
Motors, Opel, et la filiale de ITT, Focke-Wulf;
les accords secrets entre la Standard Oil de
Rockfeller, Dupont et IG Farben, qui ont permis
à Farben de produire de l'essence
synthétique pour l'armée allemande,
la collaboration de John Foster Dulles (plus tard
secrétaire d'État des
États-Unis) et de Alolen Dulles (plus tard
chef de la CIA) avec le banquier nazi Kurt
Schroeder pour cacher des actifs nazis.
Le grand-père de George W. Bush, feu le
sénateur américain Prescott Bush,
était un administrateur et un actionnaire
de sociétés étroitement
liées aux bâilleurs de fonds de
l'Allemagne nazie, notamment Thyssen et IG Farben.
Prescott Bush était un des sept directeurs
de l'Union Banking Corporation (BC) qui
représentait les intérêts de
Thyssen aux États-Unis même
après l'entrée en guerre des
États-Unis. Les actifs de l'UBC ont
été confisqués en 1942 en
vertu du Trading with the Enemy Act (Loi
sur le commerce avec l'ennemi). Peu après,
trois autres entreprises dont Bush était
associé ont été saisies.
Prescott Bush était également
lié à la Consolidated Silesian Steel
Company (CSSC), qui utilisait la main-d'oeuvre
esclave des camps de concentration nazis, celui
d'Auschwitz, entre autres.
En appuyant et en finançant l'industrie de
l'Allemagne nazie, les banques de Wall Street ont
réalisé d'énormes profits.
Parmi ces banques, on trouve: la Banque JP Morgan,
Guaranty Trust, Chase Manhattan Bank (Rockefeller)
et au moins trois sociétés
d'investissement de Wall Street: Dillon, Read;
Harris, Forbes; et National City Company
(aujourd'hui la Citibank). Un groupe dirigé
par James D. Mooney de General Motors, et
comprenant Ford, IT & T, Ford et Kodak, a fait
pression sur Roosevelt pour que les
États-Unis suspendent les livraisons
d'armements à la Grande-Bretagne et «
améliore » les relations des
États-Unis avec l'Allemagne nazie. Les
filiales d'IBM ont contribué à
l'organisation et la gestion des dossiers des
détenus des camps de concentration nazis.
Torkid Rieber, le président de Texaco, a
fourni un soutien matériel à Hitler,
a cherché à servir
d'intermédiaire entre Goering et Roosevelt
et a financé des activités pronazies
aux États-Unis. Texaco a continué
à livrer du pétrole à
l'Allemagne après le début de la
Deuxième Guerre mondiale, défiant
l'embargo britannique.
La principale raison pour laquelle les
partenaires américains et britanniques des
financiers et industriels allemands ne voulaient
pas juger les industriels nazis était
qu'ils avaient peur que cela révèle
leur collaboration, les machinations et la
recherche de profits à l'origine de la
guerre. Ils savaient très bien que tenir la
« grande entreprise » responsable de
la guerre allait créer un
précédent dangereux pour l'avenir
parce c'était un coup porté à
la propriété privée, le coeur
même du système capitaliste. Cela
devait être évité à
tout prix. En même temps, il fallait
satisfaire l'opinion publique mondiale.
Pour masquer les véritables raisons de ne
pas juger les industriels nazis, les
États-Unis ont utilisé des arguments
fallacieux. Dans une lettre du 13 mai 1946 au
président Truman, le procureur en chef pour
les États-Unis, Robert Jackson,
écrit que les procès seraient trop
coûteux et que les industriels pourraient
être acquittés. Il dit que ces
procès risqueraient de donner l'impression
que les industriels sont traduits en justice
uniquement parce que ce sont des industriels et
que les États-Unis seraient associés
« aux communistes soviétiques et aux
gauchistes français ». Il affirme
qu'une attaque publique contre l'industrie
pourrait décourager une coopération
future avec le gouvernement américain en
matière d'armements.
Sous la forte pression de l'opinion publique dans
leurs pays, les impérialistes
anglo-américains ont été
forcés d'accepter de remettre les
politiciens et les généraux nazis au
Tribunal international, mais ils ont soustrait les
industriels à la juridiction du tribunal et
les ont gardés en « détention
protectrice », attendant que le temps passe
et l'occasion de développer une
coopération plus étroite et plus
ouverte avec eux. Dans son « Rapport final
au Secrétaire de l'Armée sur le
procès pour crimes de guerre de Nuremberg
» (1949), Telford Taylor
révèle les efforts incessants
déployés pour décharger les
industriels nazis, les véritables
organisateurs de l'agression nazie, de la
responsabilité d'avoir causé la
guerre et pour empêcher qu'ils soient
jugés par le Tribunal international. Quant
aux industriels des États-Unis qui ont
appuyé les nazis et tiré
d'énormes profits de ces relations
d'affaires, aucun n'a été traduit en
justice.

Documents
présentés au procès de
Nuremberg. À gauche: bordereau original
de transfert, daté du 2 mars 1933,
General Electric Allemagne à
Delbrück, Shickler Bank à Berlin,
avec instruction de payer 60 000 RM au fonds
« Nationale Treuhand »
(administré par Hjalmar Schacht et
Rudolph Hess) utilisé pour
l'élection de Hitler en mars 1933.
À droite: diagramme des liens de General
Electric International avec le fonds nazi
« Nationale Treuhand ».
Les trois procès des industriels nazis
Malgré une forte opposition venant des
cercles dirigeants américains, le procureur
des États-Unis, Telford Taylor a
réussi finalement à instruire des
procès contre les trois principaux groupes
industriels allemands en 1947, deux ans
après la fin de la guerre: Flick, IG Farben
et Krupp.
Le Groupe Flick était un des principaux
producteurs d'armements de Hitler et un grand
exploiteur de la main-d'oeuvre esclave des camps.
Au Procès Flick (19 avril-22
décembre1947), Freidrich Flick et cinq
administrateurs seront inculpés de crimes
de guerre, de crimes contre l’humanité et
d'appartenance à trois organisations
criminelles : le parti nazi, le Cercle des amis de
Himmler et la SS. Flick sera condamné
à sept ans de prison, deux de ses
administrateurs seront condamnés à
cinq ans et deux ans respectivement, et les trois
autres seront acquittés. Après sa
libération anticipée par McCloy en
1951, Friedrich Flick a reconstruit son empire
industriel, acheté une participation dans
Daimler-Benz et est devenu l'un des hommes les
plus riches du monde. Son fils et héritier,
Friedrich Flick Jr. a vendu sa participation dans
Daimler en 1975, et par la suite a
été condamné six ans plus
tard pour corruption de fonctionnaires et
évasion fiscale en Allemagne de l'Ouest
pour éviter les taxes sur la vente.
À sa mort en 2006, Flick Jr. était
l'homme le plus riche d'Autriche.
IG Farben a été le fabricant du
Zyklon B, l'insecticide à base d'acide
cyanhydrique, utilisé dans les chambres
à gaz des camps d'extermination et a
été un des principaux exploiteurs de
la main-d'oeuvre esclave des camps. IG Farben
avait construit des usines à
proximité du camp de concentration
d'Auschwitz. Au Procès IG Farben (27
août 1947-30 juillet 1948), 24
administrateurs du groupe ont été
inculpés de préparation, de
déclenchement et de poursuite d'une guerre
d'agression, d'invasion d'autres pays, de crimes
de guerre et de crimes contre l'humanité et
d'appartenance à une organisation
criminelle, la SS. Treize ont été
condamnés à des peines de prison
allant jusqu'à huit ans, dix ont
été acquittés et un n'a pas
été jugé. IG Farben a
été scindé en BASF, Bayer,
Hoechst et Agfa, les premières
sociétés du groupe, ce fut la seule
entreprise nazie à être
démantelée en zone
américaine. Ces quatre entreprises plus
petites ont prospéré rapidement et,
après leur libération
anticipée par McCloy en 1951, plusieurs
dirigeants d'IG Farben en ont pris la direction.
Plusieurs anciens directeurs d'IG Farben
deviendront administrateurs d'autres monopoles
allemands comme Telefunken.
Alors que les administrateurs de I.G. Farben ont
été jugés, les vrais
propriétaires ne l'ont pas
été. Les propriétaires
étaient les descendants des familles qui
avaient fondé les sociétés
constitutives du groupe ( BASF , Bayer , Hoechst,
AGFA et plusieurs autres petites entreprises), les
descendants de personnes qui avaient
épousé des membres des familles
fondatrices , les propriétaires des
banques, qui les avaient financés, comme
les Warburg , et ceux qui avaient investi dans IG
Farben après sa fondation, y compris des
investisseurs non-allemands. Ces
propriétaires percevaient des dividendes
sur les profits de I.G. Farben alors que les
prisonniers des camps de concentration
étaient assassinés dans des chambres
à gaz équipées par I.G
Farben, et, après la guerre, ont repris le
contrôle des sociétés
constituantes pour devenir encore plus riches.
Pour donner un exemple, le milliardaire Curt
Engelhorn Glover , rejeton d'une famille
fondatrice de BASF, a été
classé par le magazine Forbes en 2013 comme
la 23e personne la plus riche en Allemagne.
Engelhorn continua à profiter de ses
relations nazies après la guerre, en
partenariat avec fugitif Klaus Barbie, chef de la
Gestapo en France, qui expédiait de la
quinine à bas prix de la Bolivie à
la société pharmaceutique de
Engelhorn, Boehringer Mannheim.

Les accusés au procès Krupp,
Nuremberg, décembre 1947. De gauche
à droite: Alfried Krupp, Ewald
Perdant, Eduard Houdremont, Erich
Müller, Friedrich Janssen, Karl
Pfirsisch et Karl Eberhardt.
|
Le Groupe Krupp, fondé en 1810, a
été le plus grand groupe industriel
et fabricant d'armes d'Allemagne. En 1943, Hitler
nomme Alfried Krupp, membre des SS depuis en 1931,
ministre de l'armement et la production de guerre.
Pendant la guerre, les entreprises Krupp utilisent
près de 100 000 travailleurs forcés
en Allemagne et dans les usines saisies dans les
territoires occupés. Au Procès Krupp
(du 8 décembre 1947 au 31 juillet 1948),
Alfried Krupp, propriétaire, et onze
administrateurs ont été
inculpés de crimes contre la paix et crimes
contre l'humanité et de participation
à un plan concerté ou un complot en
vue de commettre des crimes contre la paix.
Alfried Krupp a été condamné
à douze ans de prison et dix
administrateurs ont été
condamnés à des peines allant de
trois à douze ans. Alfried Krupp a
été libéré en 1951 par
McCloy et ses actifs lui ont été
rendus en 1953. En deux ans, Krupp revenait au
premier rang des entreprises allemandes et, en
1963, Alfried Krupp était de nouveau
l’industriel le plus riche et le plus puissant
d'Europe. Il est mort en 1967, son exemplaire
personnel de Mein Kampf sur sa table de chevet.
Après leur libération, tous les
industriels nazis condamnés ont
retrouvé leurs richesses; beaucoup avaient
de l'argent caché à
l'étranger dans des pays comme l'Argentine
ou en Europe dans des pays comme la Suisse et la
Suède. En 1985, le magazine Fortune
a publié une liste des 100 hommes les plus
riches du monde et en tête de liste
figuraient des milliardaires qui avaient
été membres importants de
l'entourage intime d'Hitler. Leurs descendants et
ceux d'autres industriels nazis qui n'ont pas
été jugés, comme les Quandts
de BMW (qui a utilisé la main-d'oeuvre
esclave des camps de concentration) et les von
Finck de la compagnie d'assurance Allianz (qui a
assuré Auschwitz) sont toujours parmi les
super-riches aujourd'hui. La reconstruction rapide
des empires des industriels nazis expose
clairement que toutes les promesses de
dénazification des impérialistes
anglo-américains étaient tout
simplement de la rhétorique pour camoufler
leur propre programme secret de
réhabilitation des nazis, pour blanchir
leurs crimes et leurs propres crimes, et pour
transformer l'Allemagne d'après-guerre en
un rempart anticommuniste contre l'Union
soviétique.

À titre d'information
Les principes de Nuremberg
Principe I: Tout auteur d'un acte qui constitue
un crime de droit international est responsable de
ce chef et passible de châtiment.
Principe II: Le fait que le droit interne ne
punit pas un acte qui constitue un crime de droit
international ne dégage pas la
responsabilité en droit international de
celui qui l'a commis.
Principe III: Le fait que l'auteur d'un acte qui
constitue un crime de droit international a agi en
qualité de chef d'État ou de
gouvernant ne dégage pas sa
responsabilité en droit international.
Principe IV: Le fait d'avoir agi sur l'ordre de
son gouvernement ou celui d'un supérieur
hiérarchique ne dégage pas la
responsabilité de l'auteur en droit
international, s'il a eu moralement la
faculté de choisir.
Principe V: Toute personne accusée d'un
crime de droit international a droit à un
procès équitable, tant en ce qui
concerne les faits qu'en ce qui concerne le droit.
Principe VI: Les crimes
énumérés ci-après sont
punis en tant que crimes de droit international:
a. Crimes contre la paix,
b. Crimes de guerre,
c. Crimes contre l'humanité.
Principe VII: La complicité d'un crime
contre la paix, d'un crime de guerre ou d'un crime
contre l'humanité, tels qu'ils sont
définis dans le principe VI, est un crime
de droit international.

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