Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 152 - 18 octobre 2013

Le gouvernement du Québec présente sa
« Politique économique - Priorité Emploi »

Nécessité d'une nouvelle direction pour l'économie

Le gouvernement du Québec présente sa « Politique économique Priorité Emploi»
Nécessité d'une nouvelle direction pour l'économie - Pierre Chénier
Les grandes lignes de la politique économique

À la défense des droits de tous
Les plus vulnérables demandent des mesures concrètes pour la défense de leurs droits - Serge Lachapelle
Manifestations à l'occasion de la Journée mondiale pour l'élimination de la pauvreté
Manifestation pour le droit au logement à Montréal

Au calendrier d'événements
Soirée-rencontre avec Mariella Castro Espin le dimanche 20 octobre


Le gouvernement du Québec présente sa
« Politique économique - Priorité Emploi »

Nécessité d'une nouvelle direction pour l'économie

Le 7 octobre dernier, la première ministre Pauline Marois, accompagnée du ministre des Finances et de l'Économie Nicolas Marceau, a présenté la « Politique économique: Priorité Emploi — Investir dans l'emploi c'est investir dans le Québec » de son gouvernement. La politique économique se présente comme un plan immédiat de création d'emplois à l'échelle du Québec accompagné d'un autre plan, à plus long terme, pour investir dans la recherche et l'innovation, rendre les entreprises québécoises plus performantes et plus exportatrices et électrifier les transports. On y affirme que le plan va créer 43 000 emplois d'ici 2017 (et qu'au total 115 000 nouveaux emplois seront créés au cours des trois prochaines années), qu'il va amener 7,6 milliards $ d'investissements d'ici 2017 et ajouter, pour la même période, 3 milliards $ par année au PIB du Québec.

Malgré toutes les prétentions à propos du « long terme » et du renforcement de l'économie québécoise, le gouvernement nous présente un autre grand stratagème pour payer les riches. Le seul élément concret et certain de la politique économique est qu'elle va utiliser les « surplus » d'électricité pour essayer d'attirer les investisseurs privés en leur offrant de l'électricité à tarif réduit et qu'elle va verser 2 milliards $ en fonds publics d'ici 2017 aux entreprises privées et à des projets d'infrastructure publique. En ce qui concerne les investissements en infrastructure, une partie concerne le Nord du Québec et la logique présentée est que ces investissements seront faits pour préparer le nord québécois à une reprise des marchés et des investissements des monopoles miniers, qui se sont taris récemment avec ce que le document appelle le ralentissement économique mondial. En lisant le document de plus de 150 pages qui détaille la politique, il appert qu'aucune condition ne sera posée à ceux qui viendront investir et recevront les subsides en terme de création ou de maintien d'emplois. Et ce alors que le gouvernement vient d'autoriser dans son budget une hausse importante des tarifs d'électricité en dégelant les tarifs du bloc patrimonial, une hausse à laquelle s'ajoutera celle demandée par Hydro-Québec pour avril 2014.

Or, comment cela va-t-il contribuer à développer une économie qui répond aux besoins de la population, qui se développe dans toutes les régions et qui construit les industries et structures qui nous permettront d'assumer notre destin en tant que peuple ? L'application de ces politiques néolibérales depuis plus de vingt ans a-t-elle résolu un seul des problèmes fondamentaux de l'économie québécoise, comme le chômage, l'appauvrissement des pauvres avec l'enrichissement des riches, le contrôle de nos ressources naturelles qui nous échappe de plus en plus au profit des monopoles mondiaux? A-t-elle résolu le problème de la détérioration des programmes sociaux, la baisse des conditions de travail et des salaires dans le secteur manufacturier, l'abandon des régions, la pollution de l'environnement, la pression énorme sur les pensions, si ce n'est carrément le vol des pensions par des manoeuvres légales par les grandes sociétés? Non. Il y a une alternative même si l'impression est créée qu'il n'y en a pas.

Il faut une nouvelle direction pour l'économie du Québec, une direction prosociale qui dans un premier temps arrête l'offensive antisociale. Il faut arrêter de payer les riches et augmenter les investissements dans les programmes sociaux. Remettre tous ces argents dans les mains des monopoles qui agissent selon leur intérêt privé, c'est ne pas regarder la réalité en face et chercher à éviter la décision qu'on a à prendre, celle de s'atteler à construire une économie prosociale au Québec.

Le gouvernement affirme lui-même dans son document que le contexte économique est très volatile et que les investissements privés ne viennent pas, que cela cause des problèmes à l'économie. Pourtant, il propose dans un même souffle de se départir d'une portion encore plus grande de la richesse sociale pour la mettre à la disposition des monopoles pour les attirer au Québec. Pourquoi ne pas prendre acte de cette volatilité pour entreprendre la construction de l'entreprise publique dans la production industrielle et faire en sorte qu'elle serve les besoins de la population? Pourquoi ne pas envisager les moyens qui permettraient de la prémunir autant que possible des crises économiques. Si le Québec est assis sur d'énormes surplus en électricité, pourquoi ne pas abaisser les tarifs pour la population au lieu de les augmenter comme cela se fait en ce moment et pourquoi ne pas s'en servir pour développer des projets économiques qui servent les besoins de la population et qui permettent à l'économie québécoise de suffire à ses besoins?

Les travailleurs et le peuple ont besoin d'une politique économique qui les sert et va dans le sens de résoudre les problèmes de l'économie.

(Tiré du journal Chantier politique)

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Les grandes lignes de la politique économique

Lundi le 7 octobre, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a présenté la « Politique économique Priorité emploi » de son gouvernement. C'est un programme d'investissement de fond publics estimés à 2 milliards $ sur 3 ans dans des entreprises privées et les infrastructures publiques. Le but de la politique selon le gouvernement est de créer de l'emploi à court terme à travers le Québec pour contrer les effets du ralentissement de l'économie mondiale et d'engager le Québec dans la voie d'une croissance durable. Le gouvernement estime, sans donner d'information sur comment il en arrive à cet estimé, que cette politique va assurer la création de 43 050 emplois qui s'ajouteront aux nouveaux emplois qu'il dit déjà prévoir pour les 3 prochaines années, portant à 115 000 le nombre de nouveaux emplois qui selon lui seront créés au cours de ces années. Il estime que la politique économique va déclencher 7,6 milliards de dollars d'investissements d'ici 2017 et accroître l'activité économique de 3,0 milliards de dollars par année. Le gouvernement estime que cette politique est la continuation de la politique économique contenue dans son budget de 2012 à l'effet que pour assurer la croissance économique au Québec, il faut que les investissements privés prennent le relais des investissements publics et que le gouvernement créée les conditions propices pour attirer l'investissement privé. Le gouvernement affirme qu'avec le ralentissement économique mondial, les investisseurs privés hésitent à investir et que la politique économique leur enverra le signal que le Québec leur crée un environnement favorable aux investissements.

La politique économique Priorité Emploi comprend « 4 mesures phares » pour créer des emplois à court terme, dans toutes les régions du Québec:

1- Utiliser nos surplus d'électricité pour générer des investissements et des emplois;
2- Accélérer les investissements publics prêts à démarrer pour moderniser nos écoles et les infrastructures de sport et de loisir;
3- Stimuler les investissements des particuliers et des entreprises;
4- Poursuivre les investissements dans les infrastructures du Nord pour préparer l'avenir.

À ces « 4 mesures phares » s'ajoutent 4 initiatives stratégiques pour la création d'emplois :

1- Une Politique nationale de la recherche et de l'innovation;
2- Une Politique industrielle québécoise;
3- Un Plan de développement du commerce extérieur;
4- Une Stratégie d'électrification des transports.

La politique économique vise quatre grands objectifs qui correspondent à l'approche choisie par le gouvernement Marois pour créer des emplois.

1-Accélérer l'édification d'une société du savoir pour une économie innovante;
2- Abriter des entreprises performantes, en mesure de prendre leur place dans un monde de plus en plus compétitif;
3- Renforcer le savoir-faire des entreprises à l'exportation, afin d'accroître sa présence sur les marchés extérieurs;
4- S'engager dans une stratégie d'électrification des transports.

Les moyens financiers mobilisés par la politique économique sont les suivants: 580,7 M $ pour une société du savoir bénéficiant d'une main-d'oeuvre qualifiée, 708,8 M $ pour les entreprises performantes, 82 M $ pour une action directe sur les marchés d'exportation, 516,1 M $ pour une stratégie d'électrification des transports, 111,5 M $ pour le soutien à la rénovation verte. Le total de ces investissements atteint la somme de 1 999,1 M $. Au total, le gouvernement estime que sa politique assurera l'injection de 13 milliards $ d'investissements publics et privés dans l'économie sur une période de 10 ans.

En conférence de presse

En point de presse le 7 octobre, Pauline Marois a dit que la politique économique de son gouvernement « repose sur une vision d'avenir » et « dotée de moyens ambitieux [ ] Ses impacts vont profiter à l'ensemble des régions du Québec et cela pour très longtemps. » Au terme de son discours, Mme Marois a indiqué que sa politique économique n'était pas un projet conçu « sur le coin d'une table ». Elle a tenu à préciser que toutes les mesures phares peuvent être mises en application dès maintenant.

Elle a dit : « Pour la première fois depuis dix ans, le gouvernement du Québec respecte ses cibles budgétaires. [ ] Dans les 30 derniers jours seulement, le gouvernement a annoncé plus de 25 interventions financières majeures qui ont totalisé 100 M $. Ces investissements ont permis de soutenir des projets de plus d'un milliard de $ et entraîner la création ou la consolidation de plus de 1800 emplois au Québec. [ ] Nous avons limité nos dépenses à 1,9 %. »

Nicolas Marceau, ministre des Finances et de l'Économie, a déclaré : « Les actions engagées doivent permettre au Québec de consacrer plus de 3 % du PIB aux investissements en R&D, de dépasser la moyenne canadienne pour la croissance de la productivité du travail, de faire en sorte que les exportations dépassent 55 % du PIB et de développer au Québec une filière forte et performante dans le domaine de l'électrification des transports. »

À propos des surplus d'électricité, le ministre Nicolas Marceau a souligné l'importance de les utiliser pour stimuler l'économie du Québec. « On a 50 térawatts-heure, une quantité considérable d'énergie, disponible sur les 10 prochaines années. On veut s'en servir pour attirer les entreprises qui sont de grandes consommatrices d'énergie et qui vont investir, créer des emplois, de la richesse. Ces entreprises se verraient offrir un tarif qui est initialement plus avantageux que le tarif L (consommateurs grande puissance), mais à mesure que le temps passe, après 10 ans, il y aurait un retour au tarif régulier ».

Le ministre Marceau rejoint ainsi les propos tenus par l'Association de l'Aluminium du Canada (AAC), par Rio Tinto Alcan et par Alcoa, sur l'utilisation des surplus d'électricité comme levier du développement de l'économie québécoise; des propos exprimés lors des audiences de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec. Les producteurs d'aluminium réclament la diminution du prix de l'énergie hydroélectrique, étant donné les surplus de cette énergie. De plus, ils réclament la création de blocs d'énergie destinés aux industries électro-intensives. « Que le gouvernement favorise dans une perspective de croissance industrielle, l'octroi de blocs d'énergie aux industrie électro-intensives à valeur ajoutée, assortis d'ententes de création de richesse. » (Recommandation no. 3 de l'AAC, Mémoire présenté en septembre 2013, à la CEEQ, page 21).

« Les 2 milliards [d'investissements] seront étalés sur 3 ans et demi, et là-dessus, 700 millions vont provenir du fonds vert et du fonds pour l'électrification des transports, qui avaient été créés. Par ailleurs, 1,3 milliard correspond à des dépenses supplémentaires ou à des dépenses fiscales, qui découlent de crédits d'impôt. [ ] L'impact immédiat pour 2013-2014 est très faible, soit 32 millions $. Pour les 3 années suivantes, l'impact est plus important, soit quelques centaines de millions. », a-dit Marceau.

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À la défense des droits de tous

Les plus vulnérables demandent des mesures concrètes pour la défense de leurs droits

Sous le thème « Le Québec mobilisé contre la pauvreté », le gouvernement du Québec tient la Semaine de la solidarité du 14 au 20 octobre. La Ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ministre du Travail et ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais souligne pour l'occasion que « la solidarité est une valeur qui est, depuis longtemps au coeur du développement du Québec. » Elle invite la population à aider les plus vulnérables et à faire preuve d'ouverture et de compassion.

Pour les plus vulnérables et la population, cependant, ce sont des mesures concrètes pour alléger immédiatement la situation des plus vulnérables et c'est la pleine reconnaissance des droits de tous et toutes qui doivent être au coeur d'un Québec moderne. En fait de mesures concrètes envers les plus vulnérables qui ont été présentées par le gouvernement, elles vont dans le sens contraire.

Le 10 octobre, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) a d'ailleurs publié des statistiques concernant les coupures à l'aide sociale, soit l'abolition de l'allocation pour contraintes temporaires à l'emploi pour les personnes âgées de 55 à 57 ans et les couples avec un enfant de moins de cinq ans. Cette coupure est faite au nom de l'incitation à participer à des mesures de retour au marché de l'emploi, par laquelle on promet un montant supérieur à la coupure à ceux qui participent aux mesures dites de retour au marché du travail. Le résultat est qu'on remplace une allocation existante, déjà totalement insuffisante, par une allocation conditionnelle et basée sur le mérite. Effectivement, selon le Collectif pour un Québec sans pauvreté, les données du MESS montrent que depuis le 1er juillet dernier, ce sont 1 886 personnes qui se sont appauvries par la faute du gouvernement.

« On parle ici de plusieurs centaines de couples et de personnes qui ont vu leur prestation coupée d'un montant de 129 $ par mois. C'est énorme pour des gens qui se retrouvaient déjà avec un montant insuffisant pour vivre en santé. Puisque l'implantation des mesures n'est pas terminée, et que les résultats sont insatisfaisants, le gouvernement doit remettre en vigueur l'allocation de 129 $ et maintenir les incitatifs à participer à une mesure d'employabilité », d'affirmer Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif.

Il conclut en mentionnant qu'il n'y a pas d'économie à faire en réduisant l'aide sociale. « Ces personnes se sont appauvries, et ça va coûter plus cher en soins de santé, en travailleurs sociaux. La pauvreté, ça coûte très cher à la société. »

La porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales, Amélie Châteauneuf, s'insurge elle aussi contre les coupures à l'aide sociale. Un certain nombre d'assistés sociaux ont vu leur prestation augmenter très légèrement suite à leur participation aux mesures de retour à l'emploi, mais un grand nombre ont été plongés dans une pauvreté encore plus grande. Contrairement à l'affirmation du gouvernement, elle mentionne que tous ceux qui ont souhaité entreprendre des démarches vers l'emploi n'ont pas pu rencontrer un agent. « On est favorable à ce que les gens aient accès à des formations de qualité, mais comment se fait-il qu'il y en ait autant de laissés de côté ? Est-ce qu'ils ont eu l'information ? Ce qu'on sait, c'est qu'ils vivent dans une très grande pauvreté, plus grande encore depuis la réforme Maltais. »

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté demande d'urgence des mesures qui vont améliorer immédiatement le revenu des quelque 85 000 personnes assistées sociales vivant seules. « Au lieu de faire de la solidarité un pilier de son discours, lequel ne change absolument rien aux conditions de vie pénibles dans lesquelles sont maintenues les personnes en situation de pauvreté, le gouvernement devrait en faire un pilier essentiel de son action », d'affirmer Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif.

Le Collectif demande que l'action gouvernementale, en matière de lutte à la pauvreté, se base sur les cinq repères suivants :

1) Des protections publiques assurant à touTEs un revenu au moins égal à la mesure du panier de consommation, soit 15 968 $ par année (2012);
2) Un salaire minimum à 11,37 $ l'heure (2012) et sa révision annuelle afin qu'une personne seule travaillant 40 heures par semaine sorte de la pauvreté;
3) Une réduction des inégalités socio-économiques entre les plus pauvres et les plus riches;
4) Des campagnes d'envergure visant à changer les mentalités et à contrer les préjugés envers les personnes en situation de pauvreté;
5) Des services publics universels et de qualité, dont l'accès s'améliore de façon continue.

L'organisation ATD-Quart monde qui organise des actions le 17 octobre pour la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté affirme que la pauvreté n'est pas une fatalité. Au Québec et partout dans le monde, des citoyens de tous milieux se sont rassemblés à cette date pour réaffirmer leur conviction que la misère n'est pas une fatalité et leur engagement collectif à l'abolir. Pour y arriver, un moyen fondamental est celui d'apprendre de l'expérience de vie et des connaissances des personnes vivant dans l'extrême pauvreté. Pourtant, aujourd'hui, leur contribution est niée, considérée comme négative, ignorée et pas prise en compte. C'est pourquoi la question de briser le silence sur leurs conditions et leurs demandes est si importante et les actions du 17 octobre contribuent à le briser.

Le 18 octobre, la 24e édition de la Nuit des sans-abri se tient dans quelque 31 villes du Québec.

Pour faire échos à la campagne électorale municipale qui se terminera deux semaines après la Nuit des sans-abri, le thème suggéré aux 31 événements locaux est « Ma ville dans le cadre d'une Politique en itinérance ».

Comme le soulignent les organisateurs, l’événement lui-même constitue un révélateur de la situation. En effet, le nombre de villes tenant une vigile de solidarité ne cesse d'augmenter, étant passé de 23 villes lors de sa 20e édition à 31 villes quatre ans plus tard. Les nouvelles villes qui tiennent un événement cette année sont Sept-Îles, Sainte-Agathe-des-Monts, Sorel, Chibougamau et Waterloo.

« Le contexte particulier de cet automne qui interpelle et touche les trois paliers gouvernementaux découle entre autres d'une situation dans laquelle l'itinérance s'aggrave malgré les moyens qui sont pris pour l'endiguer, indique Pierre Gaudreau, porte-parole de l'événement. Par exemple, on a offert 66 000 nuitées à Montréal l'hiver dernier dans les grands refuges pour hommes, 20 % de plus que 5 années plus tôt.

Ce qui est au coeur de leurs revendications c'est l'adoption d'une politique en itinérance.

« La Politique doit aussi entériner une reconnaissance des droits des personnes itinérantes actuellement bafoués et rappeler clairement à l'ensemble de la population que l'itinérance relève d'une responsabilité collective. »

Autre élément de contexte incontournable : la situation du financement fédéral en itinérance. La reconduction de la Stratégie de partenariats de lutte à l'itinérance (SPLI) pour les cinq prochaines années a été annoncée, mais son financement a été diminué de 10 % et surtout, le gouvernement Harper a affirmé sa volonté d'orienter le programme vers une approche unique d'intervention, à savoir le « housing first ». « La SPLI a fait ses preuves, permettant de financer une variété d'interventions, souligne Pierre Gaudreau, porte-parole de l'événement. Il y a un large consensus au Québec à l'effet qu'elle doit demeurer telle qu'elle est depuis plus de 12 ans, mais il semble qu'Ottawa et son ministre responsable, Jason Kenney, fassent toujours la sourde oreille. »

Ces nombreuses actions contre la destruction néo-libérale illustrent la détermination des plus vulnérables et du peuple dans son ensemble à participer à la construction d'un Québec moderne qui garantira les droits de tous et toutes.

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Manifestations à l'occasion de la Journée mondiale pour l'élimination de la pauvreté

Le 17 octobre, dans le cadre de la Journée mondiale pour l'élimination de la pauvreté, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du Québec pour exiger la fin de la pauvreté. Ce qui est clairement ressorti de ces actions c'est que la fin de la pauvreté passe par la reconnaissance des droits de tous et toutes.

À Montréal, près de 200 personnes dont beaucoup de femmes ont répondu à l'appel de la Coalition On vote contre la pauvreté et se sont donné rendez-vous à 10 heures au Parc Émilie-Gamelin. Sur la bannière de tête on pouvait lire en référence aux élections municipales « Le 3 novembre on vote contre la pauvreté ». Une pancarte résumait très bien l'état d'esprit des manifestants: « Briser l'isolement, maintenir une vie sociale, répondre à ses besoins, exercer ses droits ça n'a pas de prix ! » Puis le cortège s'est mis en branle pour emprunter la rue Saint-Denis et se rendre à l'Hôtel-de-ville.

Le maire sortant Laurent Blanchard est venu s'entretenir avec les manifestants. On lui a remis une urne symbolique ainsi que les propositions de la coalition pour lutter contre la pauvreté dans la métropole. Il s'est engagé, auprès des représentants des divers organismes, à faire suivre leurs préoccupations à tous les candidats à la mairie.

Marie-José Corriveau, porte-parole de la coalition On vote contre la pauvreté à Montréal a fait remarquer que les candidats à la mairie sont déconnectés des problèmes de pauvreté de la métropole : « L’enquête nationale menée auprès des ménages par Statistique Canada en 2011 indique pourtant que plus de 425 000 personnes ont un faible revenu à Montréal, que 2/3 des ménages sont locataires et que leur revenu médian se situe autour de 30 000 $ par année. Faut proposer autre chose que la construction de condos pour développer la ville ! », s'est-elle exclamée.

La coalition constate que les équipes en lice aux élections n'ont pas de proposition convaincante sur l'aménagement urbain et la sécurité des personnes vulnérables, ni sur l'embourgeoisement des quartiers centraux et la disparition des commerces de proximité. « Au contraire, elles proposent toutes de poursuivre le même type de développement que celui qu'on a connu ces dernières années et qui a pourtant été source d'appauvrissement et d'exclusion sociale », constate Marie-Josée Corriveau. « On nous promet plus de transport en commun, c'est bien, mais on ne tient pas compte des gens qui n'y ont tout simplement plus accès », a-t-elle insisté, rappelant que les tarifs de la STM ont augmenté de 58 % depuis 12 ans.

On vote contre la pauvreté à Montréal réclame également que la Ville étende l'utilisation de l'analyse différenciée selon les sexes (ADS) à l'ensemble de ses pratiques et ses projets. « Si la Ville prend mieux en compte la situation de ses citoyennes, surtout celles qui vivent des discriminations multiples, elle se donnera des repères pour construire une société plus juste et plus démocratique », estime la porte-parole des groupes.

Finalement, la Coalition dénonce les pratiques du Service de police de la Ville de Montréal et réclame un changement de cap. « La démocratie, ce n'est pas juste le droit de vote aux quatre ans, c'est aussi le droit de manifester sans risquer des arrestations arbitraires », a souligné Marie-José Corriveau, faisant référence aux 32 personnes interpellées la semaine dernière par le SPVM lors des audiences de l'Office national sur l'énergie sur le projet de pipeline d'Enbridge.

Au Québec, des rassemblements se sont également tenus dans d'autres villes dont Rouyn-Noranda, Sherbrooke, Saint-Jean-sur-Richelieu et à Montréal dans le quartier Ahuntsic.

(Photos: Coalition On vote contre la pauvreté)

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Manifestation pour le droit au logement à Montréal

Le 16 octobre, une cinquantaine de locataires membres du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) ont manifesté devant l'Hôtel de ville de Montréal pour exiger que la pleine reconnaissance du droit au logement soit au coeur des programmes des candidats à la mairie. Les pancartes, bannières et objets symboliques ont fait ressortir l'importance de mettre de l'avant les droits des ménages locataires, tel que vivre dans un logement sécuritaire et pouvoir rester dans son logement aussi longtemps que souhaité.

L'une des revendications importantes du RCLALQ est que les municipalités et les arrondissements adoptent des mesures afin de contrer la perte de logements locatifs en condos. À ce propos, la porte-parole du RCLALQ, Anne Thibault a souligné que: « Des locataires subissent fréquemment des reprises de logement, des évictions ou reçoivent des avis leurs disant que leur immeuble va être transformé en condos. Ces pratiques menaçent le droit au logement des ménages locataires. »

Malgré un moratoire à Montréal sur la conversion en copropriétés divises, il y a des centaines de dérogations qui sont accordées chaque année par les arrondissements de Montréal. C'est pour cette raison que le RCLALQ s'oppose à la transformation de logements locatifs en copropriété divise ou copropriété indivise dans les situations autres que des personnes unies par le mariage ou conjoints de fait ou lorsqu'il s'agit d'une succession.

Tout comme le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le RCLALQ est également très préoccupé par la détérioration du parc locatif et réclame l'instauration par le gouvernement du Québec d'un code du logement.

Il constate que malgré le Règlement sur la salubrité, l'entretien et la sécurité des logements, des milliers de locataires vivent dans des conditions de logement inhumaines. Selon les résultats d'une récente étude (2011) de la Direction de la santé publique sur la santé respiratoire des enfants montréalais, 36 % des logements ou vivent des enfants de 6 à 12 ans présenteraient des facteurs d'humidité excessive ou de moisissures, 6 % des logements auraient des souris ou des rats et 4,5 % seraient aux prises avec des blattes (coquerelles). « Des locataires nous contactent chaque jour pour dénoncer la présence dans leur logement de coquerelles, punaises de lit, moisissure, etc. Et ces locataires ont des enfants, des enfants qui développent des problèmes de santé à cause de ça ! » dénonce Anne Thibault. « Les ménages locataires ont le droit de vivre dans des conditions décentes. Il faut que les candidat-e-s comprennent que si elles et ils ne s'engagent pas, on va revenir et on ne les lâchera pas ! »

Un logement décent pour tous et toutes!

(Photo: Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU))

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Invitation

Soirée-rencontre avec Mariella Castro Espin

Le dimanche, 20 octobre, de 18 h à 20 h
Au Centre culturel Simon Bolivar
394, boulevard de Maisonneuve Ouest, Montréal
(à côté du métro Place-des-Arts)

D’importantes consultations se mènent actuellement à Cuba parmi le peuple cubain et dans toutes les sphères de la société sur le projet de loi qui vise à légaliser les unions pour les couples de même sexe. Celles-ci sont organisées pour unir le peuple autour du projet de loi, pour qu’il soit facteur d'unité.
Mariella Castro Espin, de passage à Montréal afin de recevoir le Grand Prix de la 10e édition du Gala Arc-en-ciel du Conseil québécois LGBT pour son travail auprès des communautés LGBT à Cuba, participera à une soirée-rencontre pour partager l’expérience du peuple cubain dans tout ce processus. Comment cela se passe-t-il ? Comment a été élaboré le projet de loi ? Comment se mène la discussion ? Quels sont les mécanismes pour veiller à ce que tout le monde y participe ? Un échange des plus pertinents dans le contexte actuel au Québec et au Canada.
Mariella Castro Espin est directrice du Centre national d'éducation sexuelle de Cuba et présidente du Centre multidisciplinaire cubain pour les études en sexualité et présidente de la Commission nationale de traitements pour les troubles reliés à l’identité de genre.
Bienvenue à tous.
Organisée par le Forum des femmes de Montréal
Tél. :  (514) 598-8573
forum_des_femmes@hotmail.com

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