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La Proclamation reconnaissait une base pour les relations entre la Couronne et ses sujets et les peuples autochtones de l'Amérique du Nord. Ainsi interdisait-elle aux sujets de la Couronne britannique d'empiéter sur les terres désignées terres des peuples autochtones. La Proclamation déclare aussi que seule la Couronne britannique peut négocier des traités visant à acquérir des terres appartenant aux peuples autochtones. Il y est aussi déclaré que le processus par lequel de tels traités sont établis doit être public afin de garantir que les graves « fraudes et abus dans les achats de terres des Indiens » qui se produisaient au détriment des intérêts de la Couronne et des peuples autochtones ne se reproduisent pas. Cette Proclamation a été incorporée à la Loi constitutionnelle de 1982 quand la Loi constitutionnelle de 1867 a été rapatriée. Sur son site web, Affaires autochtones et Développement du nord Canada affirme que la Proclamation a « redéfini les relations entre la Couronne et les Premières Nations, fixé le processus de négociation des traités et reconnu les droits des Premières Nations au Canada ». Rien n'est dit cependant sur la réalité d'aujourd'hui et sur le rôle du gouvernement qui fait l'exact opposé de ce qui est promulgué dans la Proclamation ou qui interprète la Proclamation à des fins intéressées. Les peuples autochtones font valoir que toute reconnaissance de leur souveraineté telle qu'enchâssée dans la Proclamation est rendue caduque aujourd'hui par les pratiques coloniales du gouvernement canadien, et plus récemment par la dictature Harper avec sa loi omnibus C-45 et d'autres lois qui s'attaquent aux droits des Premières Nations. Le but des conservateurs est d'appuyer le droit de monopole en éteignant les droits ancestraux, constitutionnels et issus de traités des peuples autochtones. Ils refusent de développer des relations de nation à nation marquées par le respect et l'avantage réciproques, telles qu'établies au tout début dans le Traité de Wampum à deux rangs. Ces attaques contre les droits des peuples autochtones sont des attaques contre la notion moderne des droits selon laquelle ceux-ci sont innés et appartiennent aux humains du fait qu'ils sont des êtres humains, et que des droits ancestraux spécifiques appartiennent aux peuples autochtones en vertu de leur réalité de peuples autochtones. Le gouvernement canadien tente en ce moment de balayer du revers de la main les questions historiques non résolues que les peuples autochtones mettent de l'avant en les considérant comme des « intérêts spéciaux » appartenant à un « groupe ethnique » qui compose avec d'autres la « diversité » du Canada. C'est tout à fait méprisable et un déni de la réalité. La question des droits et des relations de nation à nation qui est soulevée par les peuples autochtones en tant que problème à résoudre est quelque chose de fondamental à la modernisation et au renouveau des arrangements sociaux et politiques au Canada et concerne le corps politique dans son entier. Le slogan « Notre avenir est dans la lutte pour les droits de tous » est bien illustré par le vaste appui que le corps politique canadien accorde aux nombreuses actions menées par les peuples autochtones cette année. LML publie ci-dessous des photos de même qu'un rapport sur l'action du 7 octobre à Gatineau et des photos provenant d'ailleurs au pays et de l'étranger. Gatineau![]() Des dirigeants et des activistes des Premières Nations se sont rassemblés devant le Musée canadien des Civilisations à Gatineau. Les orateurs ont dit que l'anniversaire de la Proclamation n'était pas une occasion de célébrer. La première oratrice était Claudette Commanda de la nation algonquine, dont le territoire traditionnel comprend la région de Gatineau-Ottawa. Elle a dit: « Je ne peux pas célébrer le colonialisme. Je ne peux pas. On dit de la Proclamation royale qu'elle est la Grande Charte des droits des Premières Nations. En tant qu'Anishnabe Kwe, je ne vois pas en quoi c'est le cas. En 1763, de façon assez claire, les gouvernements de la France et de l'Angleterre ont reconnu les Premières Nations, les peuples d'origine qu'on a nommé communément Indiens, en tant que nations, et même en tant que nations souveraines. Ils n'ont pas eu le choix, sinon, comment auraient-ils pu conclure des traités et des ententes ? Ainsi, de nations nous sommes devenues des pupilles fédéraux de la Couronne. Ça, ce n'est pas de la souveraineté. Parce que si la Proclamation royale reconnaît les Premières Nations en tant que nations souveraines dans les faits, alors pourquoi nos nations ont-elles été déplacées de leurs terres et privées de leurs ressources naturelles ? Pourquoi ? Pourquoi avons-nous été réduits à des pupilles de la Couronne ? Pourquoi avoir été encadrés par la Loi sur les Indiens ? La Proclamation royale dit que nous n'avons pas d'autre choix que de signer ces traités entre les Premières Nations et d'abord les colonisateurs, puis les colons et éventuellement Immigration Canada. Le but était d'obtenir des territoires pour la colonisation, mais aux dépens du peuple indien et de ses terres.
« Si le Canada est vraiment honnête et veut établir une nouvelle relation avec les Premières Nations et en arriver à la réconciliation, il doit être guidé par les Premières Nations et leur voix. Nous devons faire partie du processus et celui-ci doit se dérouler comme nous le voulons. Il doit se dérouler à notre façon et seulement à notre façon. Nous le devons à nos enfants. Lorsque nos ancêtres ont foulé cette terre, chaque décision qu'ils ont prise, ils l'ont prise pour sept générations à venir, parce que c'est là un de nos principaux enseignements et la grande loi du créateur : toujours honorer, respecter les sept générations qui ne sont pas encore de ce monde. C'est ainsi qu'ils ont agi pour nous. Voilà pourquoi nous sommes ici aujourd'hui. Alors, aujourd'hui, ma responsabilité est envers les enfants et les ancêtres qui ne sont pas encore ici. Mais ces sept générations produiront des enfants et produiront des ancêtres. Nous ne devons jamais l'oublier parce que pour nous cela constitue le cercle de la vie. « Ils parlent de traités et de conclusion de traités. Nous connaissons la différence entre les Traités d'amitié et de paix, les traités d'avant la confédération, les traités historiques, et les traités d'aujourd'hui, c'est certain qu'il y a une grande différence entre les premiers et ceux qu'on appelle les « traités modernes ». Ce n'est pas la même chose. C'est vraiment très inquiétant pour nous quand on regarde cette situation à la lumière d'une des responsabilités importantes qui animaient mon grand-père William Commanda . « Protégez la terre, protégez la terre, protégez la terre », répétait-il. Nous en avons besoin. C'est dans notre nature en tant qu'Anishnabeg peu importe de quelle nation nous faisons partie. Nous avons besoin de ces terres pour nos enfants. C'est leur droit inné. Nous avons besoin de la terre pour nos grands-mères, nos mères, nos grands-pères et nos pères. Nous avons besoin de la Terre mère - c'est sa responsabilité de pourvoir à nos besoins, et c'est la nôtre de la protéger. Sans la terre, nous ne sommes rien. « Nous ne pouvons traiter ces terres comme un objet de commerce. Nous ne pouvons pas les vendre. Et moi, en tant qu'Algonquine, je n'accepterai jamais un traité qui cède mes terres, les terres ancestrales de mes ancêtres. Comment peut-on vendre les ossements de nos ancêtres ? Jamais ! Nous devons protéger nos ancêtres. Nous devons protéger les enfants. Nous devons protéger la terre. Les traités qui sont signés aujourd'hui ne sont pas la façon pour les peuples des Premières Nations d'obtenir la place qui leur revient dans la société. Ce ne sont pas des traités qu'il nous faut. Ce qu'il nous faut c'est d'être des preneurs de décision incontournables, des partenaires à part entière en termes de partage des revenus et des ressources. On n'a pas besoin de traités pour ça. Êtes-vous d'accord avec moi ? [La foule exprime son accord.] Absolument ! C'est ça notre façon de faire: La terre: protéger cette terre. « Je respecte les différentes nations. Je respecte leur diversité. Je respecte le fait qu'elles doivent faire des choses pour continuer de survivre. Cependant, je ne peux pas accepter un modèle mur à mur pour tous qui va nous être imposé. J'ai une grande responsabilité en tant qu'Anishnabe Kwe, en tant que femme algonquine, en tant que mère et grand-mère. J'ai la grande responsabilité de protéger cette terre. J'ai la responsabilité de rendre les gens conscients que les traités d'aujourd'hui ne sont pas la façon de procéder. Absolument pas. Et la Proclamation royale ne peut pas être célébrée comme si c'était quelque chose de hautement honorable et un don qui a été fait aux Premières Nations. On ne peut pas célébrer la proclamation de cette façon. C'est une des leçons que j'ai apprises de mon grand-père lorsqu'il était Chef, lorsqu'il assumait ce rôle héréditaire de Chef. Et dans son rôle héréditaire de Chef, il a dit que nous ne pouvons pas célébrer le colonialisme, parce que ces lois imposées par la Proclamation royale, par les constitutions, ce sont des lois gouvernementales, des lois votées par les hommes.
« Alors, vous tous des Premières Nations, peuples autochtones, Canadiens : nous sommes tous frères et soeurs sur cette question. Et nous devons nous unir tous pour élever notre conscience. Rappelez-vous que nous les peuples des Premières Nations, nous avons partagé, nous partageons depuis 1492. Et dans nos récits magnifiques sur la création, il s'agit toujours de coexistence, de respect de la vie et des êtres humains, de respect pour la Terre mère. Nous partageons toujours. Nous avons partagé notre terre, nous avons partagé nos modes de vie pour permettre aux peuples européens de survivre. Nous devons continuer ainsi. Nous avons partagé, et maintenant le temps est venu pour les Canadiens de partager avec nous. Partagez votre compréhension avec nous, votre énergie, et partagez avec nous la lutte pour continuer de protéger la Terre mère et faire en sorte que la terre des Anishnabe-Aki continue d'être libre, une terre libre. Nous n'avons que faire des traités modernes. Nous avons besoin de terre libre qui sera confiée à nos enfants et par nos enfants Chi miigwetch. Merci beaucoup. » D'autres orateurs, une représentante de la
Nations Pays Plat, un représentant des
Métis, un
activiste qui s'est tenu aux côtés de
la Chef Theresa
Spence
pendant sa grève de la faim et un activiste
représentant
le territoire jamais cédé de
Wikwemikong sur l'Île
Manitoulin ont aussi pris la parole au
rassenblement. Première
Nation Elsipogtog, Nouveau-Brunswick
![]() Lac Barrière, Québec ![]() Toronto ![]() Windsor ![]() Winnipeg ![]() Saskatoon ![]() La Ronge, Saskatchewan; Lethbridge, Alberta ![]() ![]() Vancouver ![]() Victoria ![]() Oklahoma City, États-Unis ![]() Londres, R.-U. ![]() (Photos: LML, Idle No More, Two Row Times, R. Nottaway, M. Kannon, E.V. Lee, H. Michell, A. Tailfeathers, C. Bobb, G. Shwulsilum, Platform London) Lisez Le
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