Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 149 - 11 octobre 2013

Retrait immédiat des changements régressifs à l'assurance-emploi!

L'impact de la réforme de l'assurance-emploi
se fait de plus en plus sentir

Retrait immédiat des changements régressifs à l'assurance-emploi!
L'impact de la réforme de l'assurance-emploi se fait de plus en plus sentir - Pierre Chénier

Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012
Début des travaux et premiers témoignages

À la défense des droits de tous
Changement dans les règles d'admissibilité à l'allocation-logement


Retrait immédiat des changements régressifs à l'assurance-emploi!

L'impact de la réforme de l'assurance-emploi
se fait de plus en plus sentir

Malgré les déclarations arrogantes de Stephen Harper et de ses sbires à l'effet que rien n'a changé avec la réforme de l'assurance-emploi (AE), les impacts profondément négatifs de la réforme se font de plus en plus sentir parmi les travailleurs. Ils se font de plus en plus sentir en particulier parmi les travailleurs les plus vulnérables, les travailleurs saisonniers dans les régions où la destruction nationale imposée par les monopoles et les gouvernements à leur service n'a laissé que très peu de secteur manufacturier en place.

On en a un exemple frappant avec les travailleurs sylvicoles. Les problèmes du secteur sylvicole dans le cadre de la crise forestière et de l'offensive antisociale s'enchevêtrent avec les problèmes causés par la réforme de l'AE, créant une situation intenable. Qu'on pense par exemple à la situation des travailleurs sylvicoles en Gaspésie. D'une part, le gouvernement du Québec a réduit ses crédits au travail sylvicole, ce qui réduit la période de travail disponible pour les travailleurs du secteur. De l'autre, dans le cadre de la réforme du régime forestier au Québec qui est entrée en vigueur cette année, les entreprises sylvicoles doivent maintenant soumissionner pour une partie de leurs contrats. On parle environ de 10 à 15 % en Gaspésie de l'attribution des contrats qui se fait par des appels d'offres. Pas besoin d'être grand sorcier pour comprendre que pour se voir attribuer les contrats, les entreprises doivent soumissionner le plus bas possible et pour deviner qui en dernière analyse fait les frais de ces soumissions: évidemment le travailleur sylvicole qui voit ses conditions de travail déjà extrêmement précaires être abaissées encore plus. Qu'on ajoute à cela le trou noir de l'AE, qui a été créé avec l'abandon du projet pilote par le gouvernement fédéral qui donnait 5 semaines de prestations supplémentaires aux travailleurs de régions particulièrement touchées par le chômage, lequel trou noir devient maintenant plus profond lorsque les travailleurs sylvicoles font moins de semaines sans parler de revenus plus faibles, et on a la recette d'une dégradation continue des conditions de vie et de travail de ces travailleurs.

Qu'on écoute plutôt ce travailleur sylvicole de la Gaspésie avec qui LML a récemment discuté:

« Nous avons été obligés de soumissionner plus bas pour obtenir les contrats. Nous y avons perdu beaucoup en fait de conditions de travail. Pour une équipe de 2 travailleurs, on évalue que nous avons perdu environ 140 $ par jour. On s'est dit qu'on n'avait pas le choix que de permettre à l'employeur de soumissionner plus bas. Si on avait refusé, cela aurait pu être considéré comme un refus de travailler et si on n'avait pas obtenu le contrat, cela aurait changé l'historique des contrats qui traditionnellement nous appartiennent, cela nous aurait mis en mauvaise position pour l'année prochaine.

« La situation s'empire encore avec l'AE. Pour éviter un trou noir encore pire, des compagnies ont mis à pied des travailleurs ce qui a permis à ceux qui restaient de faire plus de semaines. Les travailleurs qui ont été mis à pied ont dû essayer de se trouver du travail dans d'autres secteurs mais l'emploi est rare en Gaspésie. Pour ceux qui restent, compte tenu de la baisse des conditions, en réalité nous travaillons dans une large mesure dans le but d'avoir droit plus tard à l'assurance- emploi. En plus, les travailleurs qui touchent des salaires plus bas doivent donner plus de rendement parce que nous sommes payés au rendement; les travailleurs s'épuisent. Certains quittent. J'en connais moi-même qui ont quitté la région. L'impact est visible mais Harper va toujours le nier. Il nie complètement la réalité. C'est incroyable de bouleverser une économie comme ça. Je ne suis pas contre qu'il y ait une réforme. Mais on n'arrive pas avec ses gros sabots comme ça pour imposer une réforme sans avoir fait des études sur l'impact qu'elle va avoir. »

Les travailleurs de la sylviculture ne sont pas les seuls à être affectés. Les travailleurs agricoles migrants qui font partie du Programme des travailleurs agricoles saisonniers, un programme du gouvernement fédéral, se voient maintenant disqualifiés des prestations auxquelles ils avaient droit précédemment, les prestations parentales, de maternité et de compassion (prestations pour les travailleurs qui s'absentent temporairement de leur travail pour offrir soins et soutien à un membre de leur famille gravement malade). Ce sont des prestations qui font partie du programme d'AE. Les travailleurs agricoles migrants cotisent au programme d'AE mais ils ne sont pas admissibles aux prestations régulières, et maintenant on les disqualifie des autres types de prestations tout en maintenant bien sûr leur obligation de cotiser au régime. Tout cela sans consultation, préavis ou droit d'appel.

Les organisations à la défense des sans emploi rapportent qu'un des phénomènes les plus troublants c'est celui des travailleurs qui de plus en plus refusent de postuler pour des prestations d'AE même s'ils y seraient éligibles. Ils décident de ne pas postuler pour ne pas mettre la main dans l'engrenage du harcèlement et de la criminalisation aux mains du gouvernement Harper, ou, comme certains le disent, pour « ne pas être sur le radar du gouvernement ». En même temps que cela se passe, les coupures effectuées par le gouvernement dans le personnel de l'AE font en sorte que les périodes d'attente pour les travailleurs en demande de prestations ont augmenté drastiquement. Des activistes des centres de soutien pour travailleurs agricoles migrants rapportent que lorsque les travailleurs reçoivent des lettres les informant que leurs prestations sont coupées, celles-ci ne sont plus signées par un agent de l'AE comme c'était le cas auparavant. Il n'y a plus personne à qui porter plainte ou demander des explications. C'est une situation kafkaesque qui est créée, ou des travailleurs admissibles ne postulent plus et ceux qui postulent et veulent se défendre ont de plus en plus de difficulté à trouver un représentant de l'AE à qui parler. La machine tourne à vide et le gouvernement n'est que trop heureux de dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Nous n'avons pas le choix ! Nous devons intensifier notre combat pour nous assurer que personne ne tombe dans l'oubli et que la pression est forte pour forcer ce gouvernement de l'arrogance et du cynisme à retirer sa réforme, et nous devons aussi redoubler d'efforts pour défaire ce gouvernement.

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Commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012

Début des travaux et premiers témoignages


Le 23 septembre, la Commission d'examen des événements du printemps 2012 a amorcé ses travaux. Son président Serge Ménard a prononcé l'allocution d'ouverture. À ses côtés se trouvaient les commissaires Claudette Carbonneau et Bernard Grenier ainsi que le Secrétaire de la Commission, Alexandra Marcil.

« La Commission s'est vue confier le mandat d'analyser les circonstances de manifestations et des actions de perturbation qui ont eu lieu au Québec au printemps 2012, d'identifier les facteurs ayant contribué à la détérioration du climat social, d'évaluer les impacts de ces événements sur la population, de dégager des constats et de formuler des recommandations au ministre de la Sécurité publique. » a dit le président de la Commission d'entrée de jeu.

On se souviendra que le mandat donné à la Commission exclut spécifiquement d'enquêter sur la responsabilité civile ou pénale d'une personne ainsi que des manquements à la déontologie d'un policier ou d'une policière.

Avant de commencer l'étape des consultations, Serge Ménard a expliqué comment le gouvernement voit le contexte dans lequel s'insère la Commission : « La mondialisation a des répercussions sur tous les acteurs de la société, autant pour l'État, la police et la société civile. Elle a changé la manière de se mobiliser et de manifester. À travers les manifestants se greffent parfois des groupes plus marginaux qui peuvent avoir pour stratégie de recourir à la violence. On assiste depuis la fin des années 1990 à une escalade de la violence dans les manifestations publiques. L'un des chefs de police que nous avons rencontrés confiait qu'il appréhendait que des situations semblables se produisent à nouveau. Des experts en sciences sociales craignent que de tels événements se répètent au Québec de manière encore plus virulente.

« En parallèle, depuis les événements survenus à Seattle en 2001, des experts constatent une tendance chez les corps de police des pays démocratiques à « militariser » leurs interventions de maintien et rétablissement de l'ordre.

« La Commission portera un regard systémique sur ces événements du printemps 2012. L'on doit non seulement tirer les leçons des événements du printemps 2012, mais également tout mettre en ouvre pour que si, à l'avenir, un débat aussi intense survenait de nouveau au Québec, il se déroulerait pacifiquement dans un véritable esprit démocratique. »

On estime qu'à Montréal entre février et septembre 2012, il y aurait eu 532 manifestations, impliquant environ 750 000 manifestants et 34 272 policiers. Douze opérations d'arrestations de masse ont donné lieu à 2 255 arrestations.

La législation québécoise et la réglementation municipale en ce qui concerne le droit de manifester seront également examinées.

« Le droit de manifester pacifiquement fait l'objet de garanties constitutionnelles liée aux libertés fondamentales que sont la liberté d'expression et la liberté de réunion pacifique. Il n'existe pas au Québec de « code des bonnes conduites » en matière de manifestations. Selon les informations recueillies à ce jour, les événements de 2012 se seraient déroulés sur une trame juridique incertaine concernant le droit de manifester pacifiquement et sa mise en oeuvre, notamment l'obligation de divulguer l'itinéraire, l'interdiction de porter un masque, etc. La Commission estime important d'examiner la législation québécoise et la réglementation municipale à cet égard.

« D'ailleurs, plusieurs citoyens ont pris l'initiative de demander à la Commission de procéder à un examen attentif du cadre législatif. Le nombre et la durée des manifestations au printemps 2012 sont tout à fait exceptionnels. Cependant, le Québec n'est pas seul à avoir vécu ce genre d'affrontement. Nous devons nous pencher sur ce qui se fait ailleurs. La Commission a examiné les traités internationaux dont le Canada est signataire et auxquels le Québec souscrit entièrement, ainsi que les directives et la jurisprudence afférente à l'exercice pacifique du droit de manifester, principalement en Europe, mais aussi en Amérique du Nord. »

La Commission se penchera également sur l'utilisation par les corps de police des grenades assourdissantes, des armes intermédiaires d'impact à projectiles, des agents chimiques et aérosols capsiques (gaz et poivre de Cayenne), de même que sur l'utilisation du bâton.

À l'ordre du jour selon la Commission seront également les arrestations de masse, notamment la technique d'encerclement (dite « souricière »), et les arrestations dites préventives. Les méthodes utilisées par le SPVM avaient été fermement dénoncées par le peuple et leur écho s'était fait entendre jusqu'au Comité des droits de l'homme des Nations unies.

À ce jour, plus de soixante entrevues de fond ont été réalisées avec des acteurs-clés des événements du printemps 2012.

La Commission a pris connaissance de 21 avis et mémoires envoyés par des citoyens ou des organisations, par l'entremise de son site Internet.

Plus de 500 enregistrements audiovisuels disponibles sur différents sites Internet ont été examinés.

Premiers témoignages

La première personne à témoigner a été l'ex-présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins. Elle a déclaré que les actions du printemps 2012 n'auraient peut-être jamais eu lieu si le gouvernement libéral de Jean Charest avait accepté de rencontrer les associations étudiantes après leur première manifestation contre la hausse des droits de scolarité, le 10 novembre 2011. Elle a ajouté que le gouvernement aurait agi de connivence avec la police pour que les manifestations tournent mal et retournent la population contre les étudiants.

Elle a donné comme exemple une manifestation qui a eu lieu à Québec. Selon Martine Desjardins, le rassemblement pacifique avait été dispersé par la police selon la méthode de la souricière et plusieurs personnes avaient été arrêtées. « C'est une arrestation qui était faite ce soir-là pour miner les négociations ou encore pour montrer au public à quel point les étudiants ont été vraiment dans la violence et l'intimidation, ce qui donnait le gros bout du bâton au gouvernement sur la table des négos. »

À l'instar des étudiants et de leurs alliés, elle demande justement à la Commission de déterminer s'il y avait oui ou non un lien entre les actions policières et la stratégie gouvernementale.

En après-midi, Sylvie Joly, qui travaille à la CSN, a expliqué comment elle et ses collègues ont été « gazés » alors qu'ils quittaient pacifiquement les lieux d'une manifestation devant le Palais des congrès de Montréal en avril 2012. Elle a eu une vertèbre cassée. « Pour moi, c'était la fin de l'innocence, qui dit ne pas comprendre pourquoi les policiers ont agi de la sorte. Je vais toujours avoir des séquelles. »

Une dizaine d'organismes, dont l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), la Ligue des droits et libertés et l'Association des juristes progressistes, ont annoncé qu'elles ne témoigneraient pas.

« Si le PQ voulait réellement tourner la page, il n'aurait pas nié le droit de manifestation en tolérant l'application du règlement P-6. Il n'aurait pas ignoré la répression du mouvement étudiant au printemps 2013 ! » a dit Justin Arcand, co-porte-parole de l'ASSÉ le 23 septembre. « L'impunité policière est enracinée au Québec. Une commission sans pouvoirs n'y changera rien. »

Plainte contre le SPVM pour profilage politique

La Ligue des droits et libertés a déposé une plainte contre le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qu'elle accuse de profilage politique.

La plainte, officiellement déposée à la Commission le 17 septembre, a été faite au nom d'un groupe de 35 personnes appréhendées lors de la 16e manifestation contre la brutalité policière qui s'est déroulée le 15 mars 2013. Lors de ce rassemblement, environ 240 personnes avaient été arrêtées en vertu du règlement P-6 avant même que ne s'amorce la manifestation.

La Ligue considère que ces mises à l'arrêt massives ont été fondées sur le motif de la manifestation et non sur ses effets et que la décision d'intervenir pour faire cesser la manifestation avait été prise à l'avance.

Une décision en recevabilité de la part de la Commission est attendue d'ici un mois, espère Lucie Lemonde.

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a livré son témoignage le 25 septembre. Il a dit que les policiers on fait un travail « remarquable » dans un contexte difficile.

« Notre capacité d'adaptation et notre agilité ont été mises à rude épreuve, mais en tout temps nous avons assumé notre mandat d'assurer la sécurité publique. »

Il a ajouté : « Le SPVM tenait à se présenter devant les membres de la commission aujourd'hui pour tenter de comprendre avec vous comment une volonté citoyenne de se prononcer démocratiquement et légitimement sur un enjeu social et économique a pu être détournée par un petit groupe utilisant des méthodes violentes. »

Dans un communiqué émis le 23 septembre, le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal a déclaré qu'« En déclarant en ouverture des travaux de la commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012 que les événements de 2012 ont amené une profonde crise de confiance du public envers la police, Serge Ménard fait la démonstration que les conclusions de son rapport sont déjà écrites. Il entérine les raisons pour lesquelles la Fraternité a refusé et refuse toujours de participer à cette commission bidon. »

Les travaux de la Commission reprennent le 21 octobre à 10 h.

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À la défense des droits de tous

Changement dans les règles d'admissibilité
à l'allocation-logement

Dans un communiqué émis le 2 octobre, tout en déplorant que le gouvernement du Québec et la Société d'habitation du Québec n'aient rien fait pour publiciser la nouvelle, le Front d'action populaire en réaménagement urbain tient à faire savoir que l'âge minimal d'accès au programme d'allocation-logement a été rabaissé le premier octobre, dans le cas des personnes seules et des couples sans enfant. Le FRAPRU ajoute que les familles avec enfants, elles, peuvent recevoir une allocation-logement sans aucune restriction d'âge.

L'allocation-logement est une aide financière pouvant atteindre 80 $ par mois. Elle est offerte aux locataires, aux chambreurs et chambreuses, ainsi qu'aux propriétaires. Pour la toucher, une personne seule doit avoir des revenus annuels inférieurs à 16 480 $. Tous les autres types de ménages peuvent la recevoir uniquement s'ils gagnent moins de 24 729 $.

François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, condamne le manque d'informations sur l'allocation-logement qui n'est versée qu'à une minorité des ménages qui y seraient admissibles : « C'est comme si le gouvernement faisait exprès pour que les ménages à faible revenu ne sachent pas qu'ils peuvent recevoir une subvention pour les aider à payer leur loyer, si minime soit ce montant. En 2011-2012, 102 423 ménages ont reçu une allocation-logement. C'est 27 % de moins qu'il y a dix ans. Pourtant, le nombre de ménages locataires consacrant plus que la norme de 30 % de leur revenu pour se loger a augmenté de 8 % durant la même période. »

Tout en précisant que l'âge d'accès des personnes seules et des couples sans enfants baissera à nouveau lors des deux prochains 1er octobre pour tomber à 50 ans, le FRAPRU estime que l'allocation-logement devrait être accordée sans discrimination d'âge. Il fait remarquer que, selon les données récentes de l'Enquête nationale menée auprès des ménages en 2011, sur les 479 765 ménages locataires consacrant plus que la norme de 30 % de leur revenu au loyer au Québec, 121 745 sont des personnes seules de moins de 50 ans et 21 495 des couples sans enfants dont le principal soutien financier a moins que cette âge. « Ça fait beaucoup de gens laissés en plan », s'insurge François Saillant.

Les personnes, qui pensent être admissibles à l'allocation-logement, doivent en faire la demande en appelant au 514-864-6299 si elles demeurent à Montréal, au 418-659-6299 si elles vivent à Québec ou au 1-800-267-6299 si elles sont ailleurs au Québec.

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