Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 147 - 7 octobre 2013


In Memoriam

Vo Nguyen Giap
le général légendaire du peuple vietnamien


25 août 1911 - 4 octobre 2013

In Memoriam
Vo Nguyen Giap, le général légendaire du peuple vietnamien
Biographie du général Vo Nguyen Giap - Nouvelles VGP

États-Unis
Les travailleurs fédéraux s'opposent au lockout gouvernemental - Voice of Revolution
Rencontre entre Obama et les financiers monopolistes


In Memoriam

Nguyen Giap, le général
légendaire du peuple vietnamien

C'est avec grande tristesse que le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) a appris la nouvelle du décès du légendaire général vietnamien Vo Nguyen Giap à Ha Noi le 4 octobre à l'âge de 103 ans.


Le président Ho Chi Minh reçoit le rapport du général Giap sur la campagne de Dien Bien Phu contre les colonialistes français (VNA)

Le général Giap a oeuvré aux côtés du président Ho Chi Minh.pendant toute la période où l'héroïque peuple vietnamien a combattu pour, et remporté, sa libération nationale. Sous la brillante direction de Ho Chi Minh, il a laissé des contributions impérissables à son peuple et à son pays. Dans les pires adversités, ils ont créé l'armée de libération et mis au point les tactiques qui ont permis de vaincre d'abord les occupants colonialistes français, puis les envahisseurs impérialistes américains, en dépit de leur immense pouvoir militaire et des crimes qu'ils ont commis dans ce pays.

Le général Giap était profondément aimé et respecté de son peuple et il était tenu en haute estime par le mouvement communiste et ouvrier international et les nombreux amis du peuple vietnamien. Les contributions du général Giap à la guerre de guérilla moderne sont étudiées encore aujourd'hui dans le monde entier et sa bravoure et ses convictions de même que son dévouement au Parti communiste et à sa direction ont inspiré les nouvelles générations de Vietnamiens à prendre en main la cause sacrée de leur patrie.

Selon un communiqué spécial émis le 5 octobre par le Comité central du Parti communiste du Viet Nam, l'Assemblée nationale, le Comité central du Front de la patrie du Viet Nam et la Commission militaire du Comité central, le général est décédé à l'Hôpital militaire central 108 à 18 heures 9 minutes le 4 octobre. Les funérailles d'État auront lieu du 11 au 13 octobre.

Le Comité central du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) exprime ses plus sincères condoléances au Parti communiste du Viet Nam et au peuple vietnamien. L'exemple que le général Giap a donné toute sa vie est une source d'inspiration pour les jeunes d'aujourd'hui.

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Biographie du général Vo Nguyen Giap

Le général Vo Nguyen Giap, anciennement membre du Politburo, secrétaire de la Commission militaire centrale, ministre de la Défense et commandant en chef de l'Armée populaire du Viet Nam, est décédé le 4 octobre à l'âge de 103 ans.

Le général Vo Nguyen Giap (de son vrai nom, Vo Giap, alias Van) est né le 25 août 1911, dans la commune de Loc Thuy, dans le district Le Thuy et la province centrale de Quang Binh.

Pendant les années 1925-26, il a participé au mouvement étudiant à Hue.


Le général Vo Nguyen Giap (VNA)

En 1927, il a participé au Parti révolutionnaire Tan Viet (Nouveau Viet Nam), le prédécesseur du Parti communiste Dong Duong, aujourd'hui le Parti communiste du Viet Nam.

En 1930, il a été arrêté et incarcéré par l'ennemi pendant deux ans. Dès sa libération, il a continué de travailler en tant que rédacteur des quotidiens du Parti, dont le Lao Dong (journal du Travail), le Tieng noi chung ta (Notre voix), le Tien len (Advance) et le Thoi bao Co Giai phong (Le journal du drapeau de la Libération). Il a été nommé président du comité de Presse de Bac Ky (nord).

En juin 1940, il a été accepté dans les rangs du Parti communiste Dong Duong et a été envoyé à l'extérieur à la rencontre du camarade Nguyen Ai Quoc (Ho Chi Minh).

En 1941, il est retourné dans son pays, participant aux activités préparatoires au soulèvement armé de la base révolutionnaire de Cao-Bac-Lang.

En décembre 1944, Nguyen Ai Quoc lui a confié la tâche de mettre sur pied l'Armée de libération et de propagande du Viet Nam (aujourd'hui l'Armée populaire du Viet Nam).


Le général Giap inspecte le champ de bataille (VNA)

En avril 1945, Giap a été nommé au Comité militaire de Bac Ky (nord).

À partir de mai 1945, il a été commandant des nouvelles forces révolutionnaires armées (qui faisaient partie de l'Armée de libération du Viet Nam).

En juin 1945, Nguyen Ai Quoc lui a confié la tâche de mettre sur pied le Comité de commandement provisoire de la région libérée.

En août 1945, il a été nommé au Comité central du Parti et au Comité du soulèvement national. Au Congrès national du peuple à Tran Trao, il a été élu au Comité de libération nationale du Viet Nam et ministre des Affaires intérieures au sein du gouvernement provisoire de la République démocratique du Viet Nam.

En mars 1946, il a été président militaire, membre de la coalition gouvernementale. Il est aussi devenu secrétaire de la Commission militaire centrale dès la formation de cette commission.

En octobre 1946, il a été ministre de la Défense et autorisé par le président Ho Chi Minh à être commandant en chef de l'Armée et de la milice populaires du Viet Nam.

En janvier 1948, on lui a confié le plus haut rang de l'armée, celui de général, commandant en chef de l'Armée populaire du Viet Nam.


Le président Ho Chi Minh, le général Giap et d'autres camarades pendant la guerre anti-coloniale contre la
France à Dien Bien Ohu (VNA)

En février 1951, il a été élu au Comité central du Parti lors du deuxième Congrès national du Parti où le Comité central du Parti l'a aussi nommé au Bureau politique.

De septembre 1955 à décembre 1979, il a été vice-premier ministre et ministre de la Défense.

Lors du troisième Congrès national du Parti en septembre 1960 et du quatrième Congrès national en décembre 1976, il a été à nouveau élu au Comité central du Parti et au Bureau politique.

Lors des cinquième et sixième Congrès nationaux du Parti, il a été à nouveau élu au Comité central du Parti.

À partir de janvier 1980, il a servi en tant que vice-premier ministre permanent.


Le général Giap visite Dien Bien Phu au printemps de 1984 pour célébrer le 30e anniversaire de la défaite des colonialistes français (VNA)

D'avril 1981 à décembre 1986, il a été vice-président du Conseil des ministres.

Il a été adjoint à l'Assemblée nationale de la première à la septième session.

Pour ses grandes contributions au Parti et à la cause révolutionnaire du pays, le général Giap s'est vu honoré de l'Ordre de l'Étoile d'or, l'Ordre Ho Chi Minh, un médaillon pour avoir été membre du Parti pendant 70 ans ainsi que d'autres marques et médailles d'honneur du Viet Nam mais aussi de pays et d'organisations étrangers.

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États-Unis

Les travailleurs fédéraux s'opposent
au lockout gouvernemental


Les travailleurs fédéraux manifestent contre le lockout gouvernemental sur la Colline du Capitole à Washington,
DC, le 4 octobre 3013 (AFGE)

On estime que 800 000 travailleurs fédéraux sont affectés par le lockout décrété par le gouvernement fédéral qui a tout fermé à minuit, le 30 septembre. Le lockout est le résultat de l'échec du Congrès à adopter un nouveau budget pour l'année fiscale 2014, qui a débuté le 1er octobre. Des travailleurs fédéraux partout au pays et oeuvrant dans différents départements tels les départements de l'Agriculture, de l'Éducation, de la Santé et des Services humains, du Logement et du Développement urbain, de l'Institut national de la Santé et de l'Administration des petites entreprises, ont tous été empêchés de travailler et ce, indéfiniment. En même temps, un grand nombre de travailleurs sont forcés de rester au travail mais sans paie et sans savoir pendant combien de temps ils ne seront pas payés.

On ne sait pas au juste combien de temps ces fermetures vont durer, bien qu'à l'heure actuelle il semble y avoir peu de chances que le Congrès puisse adopter ne serait-ce qu'un financement temporaire de deux mois. Selon les estimations, 1,6 milliard $ par semaine se perdent, ce qui affecte ces travailleurs, leurs familles et l'économie en tant que tel.

Des travailleurs fédéraux partout au pays ont organisé des lignes de piquetage et des manifestations, exigeant qu'on mette fin au lockout et qu'ils cessent d'être les victimes d'un Congrès dysfonctionnel incapable d'adopter un budget. Des actions ont eu lieu à DC, à Philadelphie, Chicago, St-Louis, Kansas City, Los Angeles ainsi que dans plusieurs autres villes. Les manifestants ont fait valoir que depuis trois ans ils subissent un gel de leurs salaires, qu'ils ont vu leurs contributions aux régimes de retraite augmentées, et qu'ils se sont vu imposer des jours fériés non payés. Ils ont dit qu'ils fournissent des services importants au public et que c'est le public ainsi qu'eux-mêmes qui sont néanmoins les cibles de la fermeture du gouvernement. Un travailleur de St-Louis a exprimé la situation dans ces mots : « En tant que contribuables, nous payons pour des services, et nous voulons que ces services continuent d'être rendus. » Il a ajouté : « À l'heure qu'il est, nous n'avons pas voix au chapitre, et les gens qui sont censés nous représenter ne tiennent aucunement compte des travailleurs. » Selon les estimés, les concessions imposées aux travailleurs fédéraux ont rapporté jusqu'ici 122 milliards $ au gouvernement fédéral, des sommes qui sont principalement remises entre les mains des financiers monopolistes sous forme de remboursements de la dette.

Les travailleurs revendiquent que le gouvernement fédéral cesse de les forcer de payer pour une crise dont ils ne sont pas responsables. Ils exigent un terme au lockout et que soient financés les services sociaux une fois pour toutes, puisque l'absence de ces services pénalise particulièrement les plus vulnérables de la société, comme les femmes et les enfants. Certains remettent en question, par exemple, le fait que le Congrès ait adopté des mesures d'urgence le 30 septembre pour financer le 1,4 million de soldats en service présentement. Le Congrès semble ne pas tenir compte des épargnes possibles - sans parler de la contribution que cela représenterait au niveau de la paix mondiale - si on retirait toutes les troupes étasuniennes et qu'on les rapatriait. On pourrait aussi suspendre les salaires des membres du Congrès. Les remboursements de dette aux financiers de Wall Street pourraient aussi être gelés.

Au lieu de cela, près du trois quarts des travailleurs actifs ont été congédiés de plusieurs départements qui prodiguent des services sociaux essentiels, tels que l'assistance en matière de logement et de soins de santé, des programmes destinés aux femmes, aux nouveaux-nés et aux enfants qui assurent que les femmes et les enfants démunis puissent manger, les services de garderie, etc. Toutes ces nécessités de base, selon le gouvernement, ne sont pas « essentielles ».

Selon le Service de recherche du Congrès, les départements qui sont considérés comme étant essentiels sont la sécurité nationale, le paiement de certains avantages sociaux (bien que l'émission des chèques risque d'être retardée dépendant la durée du lockout), le contrôle du trafic aérien, la protection des frontières, le soin des prisonniers, l'application des lois, le recouvrement de l'impôt, le système de distribution électrique, la préservation de l'argent et le système bancaire.

En plus des répercussions directes sur les travailleurs fédéraux, les revenus et les programmes d'État seront aussi affectés, ce qui affecte par conséquent les services qui sont soutenus par ce financement. La région métropolitaine de DC, où oeuvrent un grand nombre de travailleurs fédéraux et où près de 700 000 emplois pourraient être affectés par le lockout, risque de perdre 200 millions $ par jour. Le Maryland, par exemple, risque de perdre 5 millions $ par jour pendant le lockout en revenu provenant des impôts et de la taxe de vente, 15 millions $ par jour en termes d'activité économique perdue si jamais le lockout durait ne serait-ce que deux semaines. La Virginie s'attend à pire encore. Des estimés semblables ont été faits pour des villes et des États partout au pays. De plus, les travailleurs d'État dont les salaires dépendent en partie des subventions fédérales seront aussi renvoyés à la maison sans rémunération.

Le gouverneur de l'Arkansas dresse un portrait de la situation qui prévaut partout au pays lorsqu'il dit que le lockout « affectera grandement l'Arkansas, en particulier la capacité du département des Services humains de l'Arkansas de faire enquête sur les cas de maltraitance et de d'abandon des enfants. Plus de 85 000 repas destinés aux enfants de l'Arkansas ne seront pas fournis et la protection des résidents de foyers pour aînés sera réduite. Deux mille nouveaux-nés ne bénéficieront pas de préparations pour nourrissons par le biais du programme du département de la santé des femmes, des nouveaux-nés et des enfants. »

Les travailleurs fédéraux et de nombreux autres travailleurs considèrent la désignation gouvernementale de ce qui est « essentiel » ou non comme étant fausse et antipeuple. Les pancartes sur les lignes de piquetage affirment que les intérêts du public et le besoin du public en nourriture, soins de santé et logements sont des nécessités vitales qu'il incombe au gouvernement de pourvoir. La lutte contre les cessations d'emplois et sur la question du budget lui-même met en lumière la question de quels intérêts et quels droits sont essentiels et doivent absolument être servis, et lesquels ne le sont pas. À mesure que les travailleurs intensifient leurs efforts pour défendre leurs droits et ceux du public, on doit s'atteler au problème de comment lutter contre un gouvernement dysfonctionnel et empêcher les autorités en place d'imposer ces attaques brutales au public.

*Voice of Revolution est une publication de l'Organisation marxiste-léniniste des États-Unis

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Rencontre entre Obama et les financiers monopolistes

Le 2 octobre, le président Obama et les dirigeants des grandes institutions financières monopolistes se sont rencontrés. L'arrêt actuel du fonctionnement du gouvernement et l'épreuve de force à venir sur le relèvement du plafond de la dette ont été les principaux sujets de discussion. Ils ont également discuté des demandes des bailleurs de fonds pour d'importantes compressions à la sécurité sociale et l'assurance-maladie.

Les bailleurs de fonds ont souligné qu'il y aurait des conséquences « extrêmement néfastes » si le Congrès ne parvient pas à relever le plafond de la dette d'ici le 17 octobre. Il y a actuellement un plafonnement de la dette publique (ou emprunt) de 16,7 billions $. Le 17 octobre est la date butoir après laquelle le département du Trésor n'aura plus suffisamment de fonds en main pour payer les obligations gouvernementales, comme la paie, la sécurité sociale, l'assurance-maladie et les prestations des anciens combattants.

Le ministère manoeuvre depuis mai avec les fonds publics afin de continuer à payer ses obligations. Par exemple, il n'a pas fait de paiements dans la caisse du régime de pensions du gouvernement fédéral comme cela est exigé. À partir du 17 octobre, même ces manoeuvres vont tomber à plat. C'est aussi le même jour que le gouvernement va être en défaut de paiement sur ses emprunts qui existent principalement sous la forme de bons du Trésor. D'importants paiements de la dette viennent à échéance les 24 et 31 octobre. Les financiers sont particulièrement préoccupés par ces paiements. Leurs « experts » ont également mis de l'avant l'idée que s'il y a un défaut de paiement, le gouvernement devrait d'abord payer ses dettes à ces financiers monopolistes et seulement une fois cela fait de se soucier de la sécurité sociale et des paiements aux personnes.

Lors de la réunion, les financiers ont demandé que le plafond de la dette soit relevé. « Il n'y a pas de doute que les États-Unis sont dans une situation grave lorsqu'ils ne paient pas leurs dettes ... c'est la chose la plus sérieuse qui puisse nous arriver et nous en avons été témoins le 11 août et vous en avez vu les conséquences: un ralentissement de l'économie », a déclaré Brian Moynihan, le directeur général de Bank of America.

Le pdg de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a dit: « Il y a un précédent pour un arrêt du fonctionnement du gouvernement. Il n'y a pas de précédent pour un défaut de paiement. Nous sommes l'économie la plus importante au monde . Nous sommes la réserve de monnaie du monde », a déclaré Blankfein. Il a ajouté que les chefs d'entreprise voulaient que Washington comprenne « les conséquences à long terme d'un arrêt ... certainement les conséquences d'un plafonnement de la dette ( qui n'est pas relevée), et nous convenons tous qu'elles sont extrêmement néfastes ».

La dernière fois que les États-Unis sont venus près d'un défaut de paiement, les financiers ont abaissé la cote de crédit des États-Unis pour s'assurer que le plafond de la dette soit relevé et que les paiements de la dette publique à ces financiers soient faits. Cette fois, ils disent qu'un échec à relever le plafond de la dette pose encore plus de risques à l'économie des États-Unis et du monde.

Parmi les autres dirigeants présents à la réunion, il y avait Michael Corbat de Citigroup, Jamie Dimon de JPMorgan Chase & Co, Robert Benmosche d'AIG, James Gorman de Morgan Stanley, et John Stumpf de Wells Fargo, ainsi que le vice-président Joe Biden.

Les financiers ne disent pas qu'économiquement parlant, le gel des paiements sur la dette ou même leur annulation et l'utilisation des fonds publics pour augmenter le financement des programmes sociaux serait très bénéfique à l'économie. Les financiers monopolistes déterminés à faire des profits à tout prix sur le dos du peuple crieraient à l'injustice. De même, si le gouvernement cessait ses paiements aux monopoles militaires et pour la guerre, cela aussi contribuerait à l'économie et à la paix dans le monde. Mais ces solutions ne sont pas envisagées et au lieu de cela, la crise actuelle est utilisée pour exiger une garantie que les financiers de Wall Street seront totalement remboursés.

(Voice of Revolution)

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