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Numéro 145 - 2
octobre 2013
Opposition au frauduleux programme
d'austérité
Un millier de personnes dénoncent
les hausses de tarifs d'Hydro-Québec et les mesures
d'austérité
  
Opposition
au frauduleux programme d'austérité
• Un millier de personnes dénoncent les
hausses de tarifs d'Hydro-Québec et les mesures
d'austérité
Nos
ressources, à nous de décider!
• L'entente Hydro-Québec/Pétrolia
- Normand Fournier
À la
défense de la dignité du travail
• La Commission des relations de travail rend
une décision injuste sur les congédiements à Vale
Inco - Steve Rutchinski
• Le gouvernement ontarien rejette la demande
d'une enquête sur la sécurité minière
Grand rassemblement
des peuples autochtones à Vancouver
• Pour de nouveaux arrangements qui
reconnaissent les droits et la responsabilité pour les crimes
coloniaux
Opposition au frauduleux programme
d'austérité
Un millier de personnes dénoncent les hausses de
tarifs d'Hydro-Québec et les mesures d'austérité
Montréal
(nonauxhausses.org)
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Le 28 septembre en début d'après-midi, un
millier de manifestants ont marché dans les rues du centre-ville
de Montréal pour dénoncer les hausses des tarifs
d'Hydro-Québec et les mesures d'austérité
budgétaires. La bannière de tête était:
« Budget d'austérité ! C'est toujours les
mêmes qui paient ! »
Le slogan « Le courant avant le profit »
s'est fait entendre tout au long de la manifestation organisée
par la Coalition opposée à la tarification et à la
privatisation des services publics. Selon cette dernière, la
population québécoise subira de plein fouet les impacts
des mesures d'austérité appliquées par le ministre
des Finances et de l'Économie Nicolas Marceau. Elle affirme que
la réduction des dépenses et des services
gouvernementaux, jumelée à partir de 2014 à une
hausse des tarifs d'Hydro-Québec, affectera en premier lieu les
plus pauvres, dont une majorité de femmes.
« Il y a déjà plein de personnes et
de familles qui doivent choisir entre payer l'électricité
et se nourrir. Ce sont elles qui seront le plus durement
touchées par l'augmentation de 5,8 % des tarifs
d'électricité demandée par Hydro-Québec
pour 2014, suite aux décisions prises par le gouvernement
péquiste », explique la co-porte-parole de la Coalition,
Amélie Châteauneuf.
François Saillant, également
co-porte-parole de la Coalition, se questionne : «
Hydro-Québec fait des profits de plusieurs milliards de dollars,
dont 1 milliard $ découle directement des tarifs du bloc
patrimonial. Pourquoi le gouvernement revient-il sur sa promesse de
geler ces derniers » ? Il précise qu'en 2012, 41 500
ménages ont été débranchés pour
non-paiement de leur compte d'Hydro. Il ajoute que la hausse des tarifs
s'ajoute aux tarifications déjà en place, dont la taxe
santé et la hausse des frais de scolarité. Il a
ajouté que les gouvernements ont tenté de faire croire
aux gens qu'ils baissaient leurs impôts, mais que d'autres
impôts ont simplement été instaurés avec le
recours accru à la tarification des services.
La Coalition demande au gouvernement du Québec de
ne pas hausser le tarif du bloc d'électricité
patrimoniale. Elle lui demande aussi de renoncer à sa politique
d'austérité et à ses hausses de tarifs pour
plutôt opter pour des mesures fiscales mettant à
contribution les particuliers à plus haut revenu et les grandes
entreprises. Le gouvernement Marois selon la Coalition pourrait hausser
l'imposition sur les gains en capital et les revenus de dividendes des
particuliers ou encore introduire deux nouveaux paliers d'imposition
qui rapporteraient plus de 600 millions $ dans les coffres de
l'État.
Une autre manifestation sur le même sujet s'est
tenue le même jour à La Sarre en
Abitibi-Témiscamingue. Une trentaine de personnes y ont
participé à l'appel de l'Association des locataires de
l'Abitibi-Témiscamingue et du Regroupement pour
l'éducation populaire d'Abitibi-Témiscamingue (REPAT).
Des manifestants, qui vivent des très maigres prestations de
l'aide sociale ou de compensation pour les accidents de travail, ont
dit aux journalistes présents que l'augmentation des tarifs
d'hydro-électricité va leur rendre la situation
impossible et les forcer à faire des choix entre des choses
aussi essentielles les unes que les autres comme la nourriture, le
loyer ou le vêtement. « S'ils remontent [les tarifs], les
gens ne pourront plus se payer de la nourriture, ils ne pourront plus
se payer de linge. Ça va créer d'autre pauvreté
», a dit l'un d'entre eux. Les organisateurs ont promis de tenir
d'autres actions si le gouvernement n'abandonne pas sa hausse des
tarifs.

L'entente Hydro-Québec/Pétrolia
- Normand Fournier -
Le 5 septembre dernier, l'entente sur la cession de
droits pétroliers entre Hydro-Québec et Pétrolia a
été rendue publique. C'est en 2008 que cette entente a
été conclue entre Hydro-Québec et cette entreprise
d'exploration pétrolière de l'Est du Québec. En
1996, avec la venue à la direction d'Hydro-Québec
d'André Caillé, la société d'État a
tenté de développer le secteur pétrolier. D'abord
en acquérant Gaz Métro en 1997, pour par la suite
implanter une division pétrole et gaz chez la
société d'État. La division Pétrole et gaz
d'Hydro-Québec a été active de 2002 à 2005.
C'est à la demande de Bernard Landry qu'Hydro-Québec
s'était lancé dans le pétrole et le gaz en 2002.
Finalement, en 2004, Hydro-Québec décidait de quitter le
secteur du gaz et du pétrole. Pour sa part, Hydro-Québec
s'engageait à investir 330 millions $ en 10 ans, soit 300
millions $ au large des côtes et 30 millions $ en Gaspésie
et dans l'Île d'Anticosti. Au même moment, Shell et
Impérial disposaient de 750 M $ et 500 M $ annuellement en
budget d'exploration pour le même territoire, incluant tout le
golfe du Saint-Laurent.
L'entente
C'est le jeudi 5 septembre que
Hydro-Québec et Pétrolia ont rendu publique l'entente
secrète. Hydro-Québec y a cédé à la
société Pétrolia ses permis d'exploration sur
l'île d'Anticosti en échange d'une promesse qu'une
redevance sera versée à la société
d'État si jamais du pétrole de schiste est extrait du
sous-sol. Selon le document diffusé par Pétrolia,
Hydro-Québec n'a reçu aucune contrepartie
monétaire lors de la transaction même si la
société d'État avait déjà investi 10
millions $ pour effectuer des travaux sur l'île où elle
partageait des droits avec l'entreprise Corridor Ressources.
L'entente comporte 4 volets, soit la cession de contrats
et de permis, la redevance prioritaire sur la production, une
hypothèque accordée par Pétrolia à
Hydro-Québec jusqu'à concurrence de 10 millions $ en
garantie pour le paiement de la redevance prioritaire et le versement
par Pétrolia de 460 000 $ à la société
d'État pour utiliser ses données sismiques. La redevance
sera de 1 % sur les trois premiers millions de barils de pétrole
produit, de 2 % pour la production d'entre 3 et 10 millions de barils
et de 3 % pour tout ce qui excédera dix millions de barils.
La situation présente
Au moment présent, aucun pétrole n'a
encore été extrait de l'Île d'Anticosti et
d'ailleurs, aucun pétrole n'est exploité à l'heure
actuelle au Québec.
Les redevances qui pourraient être versées
par Pétrolia à Hydro-Québec peuvent être
estimées de la façon suivante :
Réserves estimées par une firme
independante : 30 milliards de barils à Anticosti
Pétrole récupéré (5 %) : 1,5 milliard de
barils sur 20 ans
Part de Pétrolia (50 %) : 750 millions de barils
Valeur de la production à 100 $ le baril : 75 milliards US
Redevances à Hydro-Québec (3 %) : 2,25 milliards US sur
20 ans
Le nouveau projet de loi sur les hydrocarbures et le
nouveau régime de redevances pétrolières et
gazières n'a pas encore été présenté
par le gouvernement Marois.
Les ressources naturelles sont le patrimoine du peuple
et c'est lui qui doit décider de leur utilisation et en
bénéficier. La politique de portes closes, les cessions
de droits pétroliers ou miniers ou de quelque autre secteur
à l'insu du peuple et sans son approbation doivent cesser une
fois pour toutes.

À la défense de la
dignité du travail
La Commission des relations de travail rend une
décision injuste sur les congédiements à Vale Inco
- Steve Rutchinski -
Le 20 septembre, presque trois ans et neuf mois
après que Vale eut congédié trois activistes
syndicaux au cours de l'âpre grève de 2009-2010, la
Commission des relations de travail de l'Ontario (CRTO) a maintenu la
décision de congédiement et rejeté le grief des
travailleurs tentant de se faire réintégrer à leur
ancien poste.
 
Le 13 janvier 2010, les métallos soulignent six mois de
grève contre Vale à Sudbury en tenant une manifestation.
Cette décision de l'arbitre de la CRTO, William
Kaplan, est injuste et antitravailleur. Le président de la
section locale 6500 des United Steelworkers, Rick Bertrand, a dit que
lui et ses membres étaient « stupéfaits,
très déçus et outrés » par la
décision de Kaplan. Il a dit que le syndicat allait en appeler
de la décision et demander une révision judiciaire.
Mike French, Jason Patterson et Patrick Veniot
étaient des activistes et des représentants syndicaux de
la section locale 6500 pendant la grève. Ils ont
été congédiés pour avoir
présumément harcelé, traqué et commis une
agression préméditée contre un scab. Ce sont bien
sûr les allégations de Vale, qui ont été
rejetées au cours des procédures au criminel contre les
trois hommes même si le juge avait statué que Mike French
avait eu une altercation avec le scab et l'avait déclaré
coupable de voie de fait simple.
La CRTO a essentiellement repris toute l'affaire
à zéro, faisant sienne les allégations de Vale qui
n'avaient pourtant pas été acceptées en cour
criminelle comme compte-rendu factuel des évènements.
Kaplan fait un long plaidoyer dans son jugement en faveur des «
droits légaux » des employeurs en temps de grève et
sur l'importance pour les travailleurs de respecter la primauté
du droit,. « Les lois en Ontario sont catégoriques
à cet effet. Tout le monde doit pouvoir travailler sans craindre
des actes de violence ou de harcèlement ».
L'ironie de cette décision échappe sans
doute à Kaplan mais pas aux travailleurs. L'arbitre fait tout un
discours sur la tolérance zéro vis-à-vis la
violence dans les lieux de travail et sur la « primauté du
droit », alors que c'est Vale qui a mené un assaut
délibéré et prémédité contre
les travailleurs et leur syndicat. C'est Vale qui a provoqué la
grève, a exigé des concessions inacceptables de la part
des travailleurs et des retraités, embauché une
armée privée pour harceler et intimider les activistes et
leurs familles, et déclenché la violence dans la
communauté en ayant recours aux scabs pour tenter de maintenir
la production pendant la grève. Ce sont des actes de violence
contre les travailleurs, contre la communauté et la
société canadienne et Vale en est entièrement
responsable. La décision de la CRTO, qui prétend
être une instance neutre, porte à préjudice en
refusant de tenir compte du contexte dans lequel se serait
manifestée la présumée violence des travailleurs.
Et pour comble d'insulte, cette décision maintient que Vale a eu
raison de les congédier. C'est une décision inacceptable.
Elle est outrageusement partisane en faveur de Vale et ne sert pas la
cause de la vérité et de la justice.
Comparons cette décision avec celle qui a
été prise lorsque Vale a provoqué le
décès de deux travailleurs. Trois jours seulement avant
la décision de la CRTO, le 17 septembre, Vale a plaidé
coupable à trois accusations criminelles dans cette affaire et
s'en est tiré avec une amende pour sa responsabilité dans
le décès de deux mineurs, Jason Chenier et Jordan Fram le
8 juin 2011 sur le site de la mine Stobie de Vale. Les dirigeants de la
mine qui sont responsables des décisions qui ont
créé des conditions de travail dangereuses sous terre et
exposé les travailleurs à des conditions qui ont
entraîné leur mort sont toujours en place et n'ont
été condamnés à aucune peine
d'emprisonnement. Kaplan vante la « primauté du droit
», mais ce que les travailleurs vivent c'est l'impunité et
le diktat monopoliste de Vale.
Le refus de Vale de réembaucher French, Patterson
et Veniot va dans le même sens, Il exprime le diktat monopoliste
et constitue une attaque contre les travailleurs canadiens et la
société, laquelle est bénie par la CRTO au nom de
la primauté du droit. La vérité c'est que la
résistance à la violence et aux attaques des monopoles
est non seulement une nécessité, mais un droit qui existe
du fait que les travailleurs sont pris d'assaut par des monopoles mais
ne sont pas protégés par la loi. Ces trois travailleurs
doivent être réintégrés ou bien une
décision de congédiement injuste doit être
compensée pour la perte de leur moyen de subsistance, le
salissage de leur réputation et la difficulté qui leur
est faite de se trouver un emploi dans la région. Sinon,
où est la justice?

Les travailleurs en
grève de Vale Inco de Sudbury reçoivent l'appui des
métallos de la section locale 1005 de Hamilton lors d'un
piquetage d'information devant le siège d'AFI International
à Milton, en Ontario, le 4 mars 2010. Vale a eu recours à
AFI comme force policière privée. Leurs hommes de main
ont aidé les scabs à franchir la ligne de piquetage et
harcelé les grévistes et les membres de leur famille et
les membres de la communauté.

Le gouvernement ontarien rejette la demande d'une
enquête sur la sécurité minière
MINES: Tous en appui
à la commission d'enquête
Le comité MINES (organisation exigeant une enquête sur la
sécurité dans les mines) a été mis sur pied
afin de protéger les travailleurs oeuvrant dans l'industrie
minière de l'Ontario et d'éviter d'autres
décès au travail. MINES exhorte le gouvernement à
mener une enquête sur la sécurité de l'industrie
minière en Ontario.
Les mineurs ontariens et les travailleurs du nord de
l'Ontario intensifient leur travail depuis le décès de
deux mineurs à la mine Stobie de Vale en 2011 pour qu'action
immédiate soit prise afin d'améliorer la
sécurité minière. Suite à ces
décès et au nombre croissant de décès dans
les mines ces dernières années, les mineurs et leurs
organisations exigent une enquête en bonne et due forme en
matière de sécurité minière. Le
gouvernement libéral, que ce soit sous l'ancien premier ministre
Dalton McGuinty ou la première ministre actuelle Kathleen Wynne,
essaie de faire échec à cette juste revendication qui
vise à protéger les hommes et les femmes qui descendent
dans les mines.

Jason Chenier
(à gauche) et Jordan Fram.
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Deux mineurs, Jason Chenier, 35 ans, et Jordan Fram, 26
ans, ont été tués le 8 juin 2011 alors qu'ils
travaillaient sous terre à la mine Stobie de Vale. Ils ont
été submergés par 350 tonnes de boue qui a
inondé leur espace de travail. Une enquête sur l'incident
menée par la section locale 6500 des United Steelworkers et par
le personnel en santé et sécurité du syndicat a
révélé que l'accident aurait certainement pu
être évité si Vale avait respecté les
procédures de sécurité les plus
élémentaires et si le ministère du Travail avait
mis en oeuvre les recommandations du coroner relatives à la
sécurité minière proposées il y a 15 ans.
Les décès à la mine Stobie de Vale
ont convaincu les mineurs et le peuple du nord de l'Ontario que la
situation est sans retour. Depuis 2007, onze personnes ont perdu la vie
dans les mines ontariennes dont deux à Sudbury, une à
Levack et six à Timmins. Les mineurs et leurs organisations ont
commencé à exiger une commission d'enquête
complète pour se pencher sur la sécurité
minière. Des milliers de personnes dans les communautés
du nord de l'Ontario ont signé une pétition exigeant la
tenue d'une telle enquête, mais le gouvernement ontarien refuse
obstinément de la mettre en oeuvre.
La dernière commission d'enquête en
matière de sécurité minière en Ontario date
de 1975 alors que la Commission Ham avait apporté d'importants
changements aux règlements sur l'exploitation minière par
la révision de la Loi sur la santé et la
sécurité au travail en 1978. Malgré les
modifications aux règlements, les nombreux décès
dans le secteur minier démontrent que les changements aux
règlements n'ont pas pu répondre aux énormes
changements qui ont affecté l'industrie minière depuis la
dernière enquête il y a 35 ans. Il y a eu d'importants
changements technologiques pendant cette période et Vale de
même que d'autres monopoles miniers internationaux ont
adopté des pratiques de plus en plus agressives. Mineurs et
travailleurs métallurgiques exigent une enquête
intégrale permettant de mettre les pendules à l'heure et
de faire en sorte que les réglementations des industries
minières et métallurgiques soient conformes à la
réalité d'aujourd'hui.
Le 16 mai, le président de la section locale
6500, Rick Bertrand, ainsi que le directeur ontarien du syndicat, Mary
Warren, ont envoyé une demande à la première
ministre Wynne dans le but de fixer une rencontre ayant pour ordre du
jour une discussion sur la sécurité minière et la
nécessité d'une enquête. Malgré ses
prétentions d'être pro-travailleurs, Wynne a pris deux
mois avant de même répondre à une enquête
aussi urgente. Dans sa réponse du 24 juillet, Wynne refusait
même de rencontrer les dirigeants de ces organisations qui
représentent 2600 mineurs de Sudbury et 74 000 autres
travailleurs ontariens. Elle leur a plutôt suggéré
de s'adresser au ministère du Travail.
Dans un communiqué de presse publié
à ce moment-là, le président de la section locale
6500 Rick Bertrand a commenté : « C'est honteux que la
première ministre ne démontre aucun intérêt
à entendre les plaidoyers des familles affigées et des
camarades de travail des mineurs décédés. Eux plus
que quiconque savent qu'une enquête sur la sécurité
minière en Ontario ne peut plus attendre. »
Le ministère du Travail a annoncé pour sa
part qu'il rejetait les demandes des travailleurs et de la
communauté pour une commission d'enquête et s'est dit
plutôt favorable à une « étude ». Dans
des déclarations faites aux médias, Bertrand a dit que
cette étude promue par le ministère était
inacceptable et ne pouvait remplacer une commission d'enquête en
bonne et due forme et qu'il était scandaleux de répondre
à la demande des mineurs et des communautés du nord par
une proposition d'examiner la situation.
Le 15 août, une réunion sur la
sécurité minière a finalement été
organisée entre le ministre du Travail, Nasir Naqvi, et des
représentants de la section locale 6500 et des
représentants en matière de sécurité des
métallos. Lors de cette réunion, Naqvi s'en est tenu
à la position du gouvernement et a refusé de mettre sur
pied la commission exigée par les travailleurs. Il a
plutôt proposé une « étude » sur la
sécurité minière. Bertrand a dit que le syndicat
examinerait la proposition de Naqvi, mais qu'il continuerait
néanmoins d'exiger une commission d'enquête en bonne et
due forme.
Les travailleurs et leurs organisations ont tous les
droits de décider quelles restrictions ils doivent imposer
à Vale et à d'autres monopoles miniers internationaux
afin de défendre les vies et le moyen de subsistance des
travailleurs. La demande des mineurs et des travailleurs du secteur
métallurgique pour une commission d'enquête visant
à moderniser la réglementation minière est
entièrement juste et jouit de l'appui des travailleurs du nord
de l'Ontario comme de tous les travailleurs.
Le gouvernement libéral perd toute
légitimité en refusant de mettre sur pied la commission
d'enquête. Il empêche les travailleurs d'avoir leur mot
à dire sur leur propre vie et ne sert que les
intérêts étroits des monopoles internationaux et de
l'élite privilégiée qui leur est liée.

Grand rassemblement des peuples
autochtones à Vancouver
Pour de nouveaux arrangements qui reconnaissent
les droits et la responsabilité pour
les crimes coloniaux
Le 22 septembre, quelque 70 000 autochtones et
leurs alliés se sont rassemblés et ont
défilé fièrement dans les rues de Vancouver. Cette
marée humaine a marqué le point culminant des
événements entourant la Semaine de la
réconciliation à Vancouver, débutée le
16 septembre. La Semaine de la réconciliation fait partie
d'une série d'événements nationaux menés
par la Commission canadienne de vérité et
réconciliation, dont le mandat est « d'apprendre la
vérité sur ce qui s'est passé dans les pensionnats
et d'informer tous les Canadiens sur ce qui s'est passé dans les
écoles ». Le dernier pensionnat a fermé il y a
tout juste 17 ans.
L'action du
22 septembre fut une expression puissante du besoin de nouveaux
arrangements entre les Premières Nations souveraines et
l'État canadien. L'État colonial doit être tenu
responsable des crimes commis contre les peuples autochtones.
C'était un rejet bien senti du stéréotype raciste
promu par l'État et la Loi sur les Indiens que les
autochtones sont des peuples humiliés qui ont fait leur temps et
dont les demandes pour la justice, des relations de nation à
nation et des arrangements qui concrétisent leurs droits sont
des choses du passé.
Le vaste appui à ces demandes était
évident par la participation des gens de tous les horizons et de
toutes origines nationales de la région de Vancouver. Ce vaste
soutien confirme également que l'obstacle à
l'établissement de nouvelles dispositions ne provient pas des
citoyens canadiens mais de l'État canadien, qui agit au service
d'intérêts privés et voit les droits des
Premières Nations comme une entrave au droit de monopole.
Rassemblement des
canoës de toutes nos nations, le 17 septembre 2013.
La semaine a débuté le 16 septembre
par un Feu de la réconciliation allumé à 8 heures
sur la plage Ambleside. Le lendemain dans la baie de False Creek, tous
ont eu droit à un spectacle plein de signification quand une
action de masse impressionnante a eu lieu le lendemain, quand des
bateaux-dragons, des canots de voyageurs, des kayaks et d'autres
embarcations sont venus rejoindre les canoës des Premières
Nations pour former une grande flottille. C'était un spectacle
vraiment impressionnant. Du 18 au 21 septembre, la Commission
a organisé une série d'événements sur le
terrain de l'Exposition nationale du Pacifique, dont les
cérémonies traditionnelles, les réunions des
survivants, une journée éducative, un témoignage
aux déclarations des survivants, des spectacles culturels, des
projections de films et bien plus.
Avant la manifestation nationale de Vancouver, la
Commission a organisé des manifestations nationales à
Winnipeg (juin 2010), à Inuvik (juin-juillet 2011), à
Saskatoon (juin 2012) et à Montréal (avril 2013). La
prochaine est prévue à Edmonton, du 27 au 30 mars
2014. Une cérémonie de clôture nationale aura lieu
à Ottawa à une date à confirmer.

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