Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 141 - 23 septembre 2013

Pour dissiper la confusion néolibérale

Valeur d'usage et valeur d'échange


Une conversation avec le journaliste du Marxiste-Léniniste K.C. Adams sur la contradiction entre la valeur d'usage et la valeur d'échange, qui est la source de beaucoup de confusion concernant le financement et la réalisation des services de santé, de l'éducation, du transport en commun et des autres services publics.

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Quelle est la différence entre la valeur d'usage et la valeur d'échange ?

Notre premier devoir est de préciser notre pensée sur le contexte historique et comment la question se pose. La contradiction à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui a son origine dans le système capitaliste et non pas dans l'imaginaire de quelqu'un, pris en dehors de ce système historiquement déterminé. Elle nous est imposée par le système capitaliste et nous devons l'accepter et nous y attaquer consciemment.

Les monopoles mondiaux qui contrôlent aujourd'hui le système capitaliste et qui ont subordonné l'État à leurs intérêts privés étroits voient la classe ouvrière comme une simple force productive à leur disposition, tout comme les machines, la ferraille et les autres moyens de production. L'autorité publique, dans la mesure où on peut encore l'appeler ainsi, sert à payer les riches, à servir les monopoles les plus puissants et à s'assurer que la classe ouvrière, les matières premières, les institutions sociales et le trésor public soient à leur disposition.

La classe ouvrière n'accepte pas d'être reléguée au rang de moyen de production et de valeur d'usage dans le système capitaliste et n'est pas ignorante de la réalité telle qu'elle existe. Comprendre comment le système capitaliste place les travailleurs dans la catégorie esclaves salariés, une valeur d'usage à exploiter, contribue au développement de la théorie nécessaire pour guider la lutte de classe de la classe ouvrière pour se sortir de sa condition historique de classe asservie et ouvrir la voie à l'émancipation.

Pour qu'une valeur d'usage soit utilisée dans l'économie socialisée, en tant que moyen de production, article de consommation ou service, elle doit d'abord être transformée en valeur d'échange pour être vendue et se réaliser. Une fois réalisée, la valeur d'échange est à nouveau transformée en valeur d'usage pour être utilisée dans la production ou à titre d'article de consommation ou service.

La valeur d'usage change-t-elle quand elle est
transformée en valeur d'échange ?

Le changement est dans la catégorie économique que le système capitaliste impose à la marchandise, comme par exemple un appareil de télévision ou un être humain. La valeur d'usage d'un appareil de télévision est dans sa capacité à transmettre ou projeter des images et des sons. La valeur d'usage d'un être humain est dans sa capacité de travailler, de produire et reproduire la vie et tout ce qui est nécessaire à l'existence humaine.

En tant que valeur d'échange, l'appareil de télévision et l'être humain existent tous deux en tant qu'équivalent général d'une somme d'argent et n'ont aucune utilité autre que d'être échangés contre de l'argent. La valeur d'échange de l'appareil de télévision ne peut projeter des images et des sons et la valeur d'échange de l'être humain n'a pas de capacité de travailler.

Mais ce sont des valeurs dans les deux cas. Par quoi d'autre se différencient-elles et comment sont-elles quantifiées ?

Il y a des variations qualitatives des différentes valeurs d'usage, telle par exemple la différence entre un téléviseur et un être humain. Dans les valeurs d'échange, il n'y a pas de variations qualitatives, seulement des variations quantitatives. Elles représentent différentes quantités d'argent.

Une autre différence entre la valeur d'usage et la valeur d'échange est dans la façon que leur valeur est établie et dans la forme qu'elle prend. La valeur d'usage est déterminée par le temps du travail nécessaire à la production d'une marchandise, le temps de travail contenu dans la marchandise. On ne peut comparer la valeur d'usage d'un téléviseur à celle d'un être humain qu'en utilisant le temps de travail moyen contenu dans l'un et l'autre. La valeur d'usage de chacun représente le temps de travail nécessaire pour produire le téléviseur et produire l'être humain et sa capacité de travailler. Évidemment, certains téléviseurs renferment plus de valeur que d'autres et les êtres humains qui sont mieux éduqués et mieux formés et qui ont plus d'expérience renferment plus de valeur que les autres qui n'ont pas reçu autant de valeur des programmes sociaux et de la famille.

Dans ce sens, la valeur d'usage varie d'un être humain à l'autre.

En effet, les êtres humains ne sont pas égaux en valeur d'usage et en d'autres façons également, comme le hasard de la naissance, la position de classe sociale, la richesse et les capacités intellectuelles et physiques. C'est une des raisons pour lesquelles une constitution moderne doit donner au peuple souverain le pouvoir de réduire les inégalités entre humains et la capacité que ces inégalités donne à certains d'exploiter les autres. Cela est particulièrement important à ce moment de l'histoire où l'humanité socialisée se bat pour aller au-delà du système de classe capitaliste et ses rapports de production basés sur la propriété privée de composantes rivales de l'économie. Nous ne naissons pas égaux contrairement à ce que prétend la vieille constitution américaine. Sous le capitalisme, les inégalités continuent de s'amplifier sans restriction, donnant lieu à des privilèges de classe aux proportions gigantesques.

Comment s'établit la valeur d'échange ?

Contrairement à la valeur d'usage, sous le capitalisme monopoliste la valeur d'échange est déterminée en partie par la variation spontanée des prix de production, qui affectent l'offre et la demande et en sont affectés à leur tour, et en partie par l'intervention directe des monopoles les plus puissants pour défendre leurs intérêts étroits. La fixation des prix et la manipulation de la valeur de la monnaie sont deux moyens importants à leur disposition. Tout cela crée une situation chaotique et destructive et précipite la crise économique.

Il existe aussi la fixation des prix au service de l'édification nationale et de la stabilité dans un secteur donné, comme la gestion de l'offre des produits laitiers. Dans la gestion de l'offre, les prix sont déterminés par une formule convenue par les producteurs participants, les économistes et le gouvernement. La forme prosociale de fixation des prix est aujourd'hui attaquée par les politiques néolibérales, notamment par la dictature Harper et la campagne du Partenariat transpacifique qui entreprend d'abolir tous les systèmes de gestion de l'offre. La dictature Harper a déjà détruit le guichet unique qu'établissait la Commission canadienne du blé, qui contrôlait les prix et les marchés pour favoriser la stabilité pour la vaste majorité des producteurs de céréales. L'attaque contre la gestion de l'offre et contre l'utilisation de formules scientifiques pour fixer les prix se fait pour le compte des monopoles mondiaux les plus puissants qui réclament le droit non restreint de contrôler des secteurs entiers de l'économie à l'échelle mondiale pour servir leurs intérêts étroits.

Pouvez-vous nous parler brièvement de la monnaie ?

La monnaie est un moyen d'échange universel au service du système capitaliste. La classe capitaliste dominante, par la monnaie à cours forcé et la tradition, impose une devise et établit sa valeur relative aux autres devises pour servir ses intérêts de classe à la fois en concurrence et en collusion entre groupes capitalistes rivaux. Comme pour les prix, les monopoles les plus puissants manipulent les devises pour servir leurs intérêts étroits. Des milliardaires parasitaires comme George Soros et son groupe ciblent certaines devises et profitent du chaos que cela crée dans une économie donnée, comme en Grande-Bretagne en 1992 et en Malaisie et en Thaïlande en 1997, dans le cadre de la grande crise financière asiatique de 1997.

Pour être plus précis, la valeur d'échange d'une télévision équivaut ou peut être comparée à la valeur d'échange d'un être humain par l'intermédiaire de l'argent. Cependant, le prix du marché de la valeur d'échange fluctue au-dessus et en dessous de sa valeur en fonction à la fois des conditions économiques générales et des conditions particulières dans un secteur ou même pour un produit particulier. Par exemple, le prix du marché de la marchandise humaine oscille au-dessus et au-dessous de sa valeur en fonction de la lutte de classe. La valeur de la marchandise humaine est établie par le niveau de vie sur une période et est sujet à des fluctuations selon les crises économiques, la guerre, la lutte des classes et la politique. Actuellement, dans les conditions du recul de la révolution et de la mondialisation néolibérale, la valeur de la marchandise humaine subit une pression à la baisse à cause de l'extorsion des monopoles et des États à leur service.

Un rapport s'établit au cours du temps entre la valeur d'usage mesurée en temps de travail et la valeur d'échange mesurée en argent. La valeur d'usage d'une marchandise mesurée en temps de travail devient proche de sa valeur d'échange mesurée en argent. C'est la raison pour laquelle les paysans dans les marchés féodaux de la petite production marchandaient opiniâtrement les prix, car ils savaient par expérience combien de temps de travail contenaient les produits qu'ils vendaient ainsi que la plupart des marchandises qu'ils avaient besoin d'acheter, et le rapport entre leur temps de travail et l'argent.

Aujourd'hui, aucun effort n'est fait pour établir une comparaison scientifique entre valeur d'usage mesurée en temps de travail et la valeur d'échange mesurée en argent. Tout est gardé délibérément vague et anticonscient, car cela facilite le maintien de la domination du capital monopoliste sur l'économie socialisée. À cause de la domination du capital financier et de sa manipulation des prix pour répondre aux intérêts étroits d'une puissante élite privilégiée, les prix varient considérablement par rapport à leur mesure en temps de travail. La manipulation des prix par les monopoles élargit le contrôle des monopoles à de larges secteurs de l'économie, concentrant les richesses et le pouvoir entre les mains d'une poignée de privilégiés. Pour perpétuer sa manipulation des prix, le capital monopoliste s'oppose violemment à un contrôle public du secteur du commerce de gros, ce qui permettrait d'introduire une formule scientifique, moderne, consciente et socialement responsable pour déterminer les prix de la production et les prix du marché.

Certains lecteurs se demanderont pourquoi vous traitez
sur le même plan une télévision et un être humain lorsque vous
donnez des exemples de valeur d'usage et de valeur d'échange.

Parce que ce sont deux exemples de marchandises capitalistes. L'exemple particulier de l'être humain est au coeur de la confusion sur la contradiction entre la valeur d'usage et la valeur d'échange. Plusieurs refusent de considérer le contexte historique dans lequel se trouvent les humains. À la place, ils introduisent de manière fantaisiste leur perception de la réalité telle qu'elle existe sous le capitalisme.

Dans le cadre de l'économie socialisée, la valeur d'usage de la télévision et de l'être humain est inutile si elle n'a pas été transformée avant en valeur d'échange et réalisée (vendue) sur le marché capitaliste. Une fois réalisée, la valeur d'échange est transformée à nouveau en valeur d'usage mais avec la nouvelle qualité d'être prête à être utilisée, car elle est en possession de quelqu'un qui a payé la valeur d'échange de la marchandise parce qu'il veut sa valeur d'usage.

Cependant, je dis que quelqu'un veut sa valeur d'usage avec prudence, parce que sous le capitalisme monopoliste, souvent ce n'est pas le cas. Les spéculateurs achètent la valeur d'échange non pas pour sa valeur d'usage, mais pour la remettre sur le marché pour faire un autre échange à un prix plus élevé. Pour soutirer plus d'argent, pour eux-mêmes ou pour leurs employeurs, sans rien produire, ils échangent à l'aide de puissants ordinateurs des devises et des actions et regroupent les valeurs d'échange sous forme d'obligations, comme ils l'ont fait aux États-Unis avec les hypothèques, ce qui a provoqué la crise et le chaos de 2008. Cette redistribution frénétique de la valeur déjà produite, non seulement sur les marchés des échanges, mais aussi y faisant participer directement les gens par les casinos et les loteries, est un symptôme du parasitisme et la putréfaction du capitalisme monopoliste qui est un problème grave qui fait des ravages dans l'économie socialisée. Essayer de tirer de plus en plus d'argent de la même valeur produite ou imprimer plus d'argent sans une augmentation correspondante de la production et des services conduit au désastre, mais c'est la réalité du capitalisme monopoliste.

Il semblerait que la valeur d'usage d'une marchandise avant et après l'échange est différente. Avant l'échange, la valeur d'usage a seulement une valeur potentielle tandis qu'après l'échange, elle peut être consommée.

Sous le capitalisme, la valeur d'usage d'une marchandise est inutile, tant qu'elle n'est pas réalisée par l'échange. La valeur d'usage d'un travailleur au chômage ou d'une télévision invendue dans l'inventaire d'un entrepôt est inutile tant qu'elle n'est pas transformée en valeur d'échange et réalisée sur le marché capitaliste. Une fois que le travailleur au chômage est acheté et transformé à nouveau en valeur d'usage pour son utilisation par l'acheteur comme un travailleur qui travaille, la valeur d'usage du travailleur est libérée et accomplit sa magie.

Vous utilisez le mot magie parce que la valeur d'usage
humaine peut produire plus que sa valeur figée

Oui, la valeur d'usage humaine transmet une partie de sa valeur figée selon le temps de travail, et elle produit également une valeur supplémentaire, ce que les marchandises non humaines ne peuvent pas faire. La qualité de valeur d'usage humaine est telle qu'elle transmet non seulement une partie de la valeur contenue dans le travailleur pendant le temps de travail, la valeur transférée, mais produit également une valeur supplémentaire en plus de sa valeur pendant le temps de travail, la valeur ajoutée. Dans les rapports de production capitalistes, la valeur transférée et la valeur ajoutée produite en plus de la valeur de la marchandise humaine deviennent la propriété de l'acheteur ou du propriétaire de la valeur d'usage du travailleur à ce moment donné, que ce soit une entreprise privée ou une entreprise publique.

Il est important de comprendre cette différence qualitative entre la valeur d'usage d'un travailleur et celle d'une télévision lorsque leur valeur d'échange est réalisée puis transformée à nouveau en valeur d'usage par l'acheteur ?

Oui, il y a une très grande différence entre la valeur d'usage humaine qui est réalisée et toute autre valeur d'usage qui est réalisée. Cette différence distingue les êtres humains non seulement des choses, comme des télévisions, mais également de l'espèce animale et des autres espèces, dont certaines sont utilisées comme nourriture ou comme, pour l'espèce animale, comme animaux de travail. Dans l'économie, cette différence réside dans la capacité ou la qualité des êtres humains de produire de la valeur en plus de la valeur d'usage que recèle le travailleur, qui vient de son éducation, de la satisfaction de ses besoins essentiels, de sa formation et de son expérience propres.

Il est important de comprendre que les travailleurs produisent de la valeur en plus de leur valeur transférée. La valeur transférée et la valeur ajoutée produite par les travailleurs deviennent la propriété de l'acheteur de la valeur d'échange, qui est un propriétaire privé de moyens de production ou un capitaliste d'État propriétaire de moyens de production. Le montant payé pour la valeur d'échange de la marchandise humaine vient de la valeur totale produite par les travailleurs, la somme de la valeur transférée et de la valeur ajoutée, et revient au travailleur individuel sous forme de salaires et à l'État par les impôts. Ce montant fluctue constamment.

Lorsqu'un objet est consommé, comme une télévision, seule la valeur de sa valeur d'usage est transmise, pas plus, pas moins. Lorsque la valeur d'usage humaine est consommée, les travailleurs ne transfèrent pas seulement leur valeur d'usage, mais aussi une valeur supplémentaire. Ils reproduisent la totalité de leur valeur d'usage pour leur temps de travail, et aussi produisent une autre valeur en plus du montant de leur valeur d'usage.

Comment s'appellent ces types de valeurs que les travailleurs produisent ?

La valeur de la valeur d'usage d'une marchandise lorsqu'elle est consommée est appelée valeur transférée. La valeur supplémentaire que produisent les travailleurs en plus du montant de leur valeur d'usage est appelée plus-value ou valeur ajoutée.

La valeur transférée d'un article de consommation, comme une télévision, doit approcher sa valeur d'usage et la valeur d'échange payée pour cet article, à moins bien sûr que l'acheteur se soit fait voler ou bien qu'il ait fait une bonne affaire.

Quand une marchandise, comme de l'électricité, est consommée sous forme de moyens de production, la valeur d'usage de l'électricité est transmise à la marchandise qui est produite. Cette valeur d'usage doit approcher sa valeur d'échange ainsi que le montant que l'acheteur a payé. Lorsque la marchandise nouvellement produite est réalisée, la valeur transférée de l'électricité contenue dans le nouveau produit devrait être totalement restituée à l'acheteur de l'électricité. Il en est de même pour les machines, sauf que la valeur d'usage est transmise petit à petit sur une période de temps, comme la valeur d'usage humaine. L'ensemble de ce processus, qui se produisait spontanément pendant la période du capitalisme naissant au XIXe siècle, a été détruit par le droit de monopole et la domination des monopoles. La manipulation de l'économie par le monopole et l'utilisation de l'appareil d'État et du trésor public au service d'intérêts privés étroits sont des facteurs importants qui expliquent pourquoi les crises économiques sont devenues plus graves et de plus longue durée.

Objectivement, la valeur transférée des moyens de production ne doit pas être considérée comme un coût de production, car le prix payé comme valeur d'échange devrait être entièrement récupéré quand la nouvelle marchandise est réalisée. Au-delà de la question de l'incertitude si la marchandise sera vendue ou pas, ce qui est un autre grand problème du capitalisme, le temps écoulé entre l'achat des moyens de production, le transfert dans un nouveau produit et la réalisation de cette marchandise est une question clé. Avec une formule moderne du prix de production, le temps nécessaire est inclus dans la valeur transférée, pour le rendre un peu supérieur à la valeur d'échange. De cette façon, la valeur transférée ne peut être considérée comme un coût de production.

Au même titre, la valeur transférée de travailleurs ainsi que leur valeur ajoutée lors de la production et de la fourniture de services, en aucun cas, ne peut être considérées comme un coût de production. Pourriez-vous expliquer cela plus en détail ?

La valeur de la valeur d'usage du travailleur consommée pendant la période de travail est transférée aux moyens de production, aux articles de consommation et aux services. La valeur de la valeur d'usage du travailleur lorsqu'elle est consommée est entièrement transmise et est appelée, à juste titre, valeur transférée. Lorsque le produit du travail est réalisé, cette valeur est retournée à l'acheteur capitaliste de la valeur d'échange du travailleur et est consommée comme valeur d'usage. C'est la même chose pour tous les autres moyens de production qui sont consommés dans le travail. Le concept selon lequel la valeur transférée dans une économie maintenant devenue socialisée est un coût est inapproprié et doit être remplacé.

Le prix d'achat des moyens de production, y compris des travailleurs, ne peut pas être considéré comme un coût de production parce que la valeur transférée du travailleur, ou des autres moyens de production, est entièrement remise à son propriétaire comme valeur du travail accompli.

Le prix d'achat des travailleurs se présente généralement sous la forme des salaires, des avantages sociaux et des pensions. Sous le capitalisme naissant du XIXe siècle, la valeur approximative recélée chez les travailleurs et sa quantité nécessaire pour leur entretien à un niveau de vie donné tout au long de leur vie reflétaient à la fois le niveau de productivité, de la lutte des classes dans un pays et d'autres facteurs comme la guerre et la paix et le pillage colonialiste. Sous l'impérialisme, le pillage des pays opprimés est devenu un facteur encore plus important, en particulier pour déterminer le niveau de vie des couches moyennes.

Sous le capitalisme monopoliste, un grand changement, qui est un problème, a eu lieu en ce qui concerne la réalisation de la valeur d'usage des travailleurs. Une partie importante de la valeur mise dans les travailleurs est maintenant produite socialement par l'éducation publique, les soins de santé publics et d'autres moyens sociaux. La plus grande partie de cette valeur est financée par le trésor public, même lorsqu'elle est fournie à des fins d'usage privé.

Une partie de la valeur d'échange équivalente des travailleurs au moment de son achat devrait être restituée au trésor public pour réaliser la valeur que la société a investi dans la classe ouvrière. De manière générale, les détenteurs du capital, dirigés par les grands monopoles, refusent de le faire; à la place, cela provient des impôts, principalement des impôts que paient les particuliers, comme l'impôt sur le revenu, les taxes de vente, les impôts fonciers et les frais d'usager, etc. C'est le monde à l'envers. Les recettes publiques perçues surtout de la classe ouvrière et des petites et moyennes entreprises servent à payer les riches, à financer le fonctionnement des monopoles mondiaux les plus puissants, qui ont politisé leurs intérêts privés et dépolitisé l'intérêt public. La valeur d'usage des travailleurs est transférée dans la production par leur temps de travail, les propriétaires du fruit de la production et de la valeur transférée n'ont pas payé la valeur totale de la valeur transférée contenue dans le travail, mais lorsque le travail est réalisé, les propriétaires du travail gardent le montant total et refusent de rembourser la valeur investie dans la classe ouvrière par le trésor public au moyen des programmes sociaux. C'est insoutenable.

Pourriez-vous nous en dire plus sur la valeur ajoutée ?

La valeur supplémentaire que produisent les travailleurs en plus de leur valeur transférée est maintenant appelée valeur ajoutée. La valeur ajoutée en plus de la valeur transférée et la lutte pour sa propriété, son contrôle et son utilisation sont au coeur de la contradiction entre les travailleurs et les capitalistes, de la question de savoir qui décide et contrôle la direction de l'économie, les producteurs réels ou ceux qui ont usurpé le pouvoir et qui dominent par la force, de la contradiction entre le système capitaliste actuel, où les propriétaires du capital détiennent la valeur ajoutée, directement ou par l'entremise de leur État, et du système socialiste où les producteurs réels, la classe ouvrière et son État possèdent et détiennent la valeur ajoutée, de la contradiction fondamentale qui place au centre l'histoire et la lutte de classe entre les forces de production devenues sociales et la propriété privée et le contrôle de ces moyens de production socialisés.

Si ce que les travailleurs produisent n'est pas vendu ou qu'une autre crise frappe le système capitaliste ou une entreprise en particulier, les travailleurs en subissent les conséquences, même si ce n'est pas à cause d'eux ?

Oui, puisque que nous sommes sur le sujet de la propriété et du contrôle, il faut parler de responsabilités. Que le produit des travailleurs de la production ou des services soit réalisé ou pas est un problème et une préoccupation pour la classe ouvrière, mais s'il n'est pas vendu ce n'est à cause des travailleurs, ils n'en sont pas responsables. Les travailleurs ne devraient pas être punis par des licenciements, par l'insécurité générale ou l'abaissement de leur niveau de vie parce que la production ou des services ne sont pas vendus. L'État capitaliste doit s'assurer que, en tout temps et en toutes circonstances, les travailleurs aient des emplois et des moyens de subsistance. Le déséquilibre entre l'offre et la demande et les autres problèmes ne doivent pas servir de justification pour attaquer les travailleurs et les condamner à la perte d'emploi. Ce fléau doit devenir chose du passé.

Le déséquilibre de l'économie provient du refus des détenteurs du capital de reconnaître le caractère social des forces de production et que les rapports actuels entre la production de la propriété privée et les secteurs de l'économie socialisée empêchent la planification et la coopération conscientes de jouer leur rôle indispensable.

Si les travailleurs avaient le contrôle de l'économie, alors la réalisation de la production et des services serait de leur responsabilité sociale. Leur devoir serait d'activer le facteur humain-conscience sociale et la planification scientifique pour assurer l'harmonie de l'offre et la demande et le plein emploi pour tous en tout temps. Sous la domination des détenteurs du capital et de leurs objectifs étroits, le rapport entre l'offre et la demande et d'autres éléments importants de l'économie socialisée sont pratiquement en dehors de leur contrôle et une source constante de crises dévastatrices que les travailleurs arbitrairement doivent payer.

(La deuxième partie de cette discussion portera sur la contradiction entre la valeur d'usage et la valeur d'échange dans les secteurs économiques des programmes sociaux, notamment l'éducation, les soins de santé et les autres services comme le secteur des infrastructures. Les programmes sociaux et les services publics modernes sont une caractéristique du capitalisme monopoliste. Le refus des monopoles de réaliser la valeur d'échange dans les secteurs des services sociaux ou même d'exiger que le trésor public paie entièrement ces services qui sont livrés gratuitement aux monopoles est un problème qui doit être abordé pour le bien de l'intérêt public, de l'intérêt général de la société et de sa survie. Il est important de s'opposer au droit de monopole en le limitant et en s'ingurgeant contre la régression et les privilèges de classe. D'autres secteurs de l'économie socialisée, en particulier ceux sous la domination des monopoles doivent être forcés à réaliser la production des programmes sociaux et des services publics qu'ils consomment. Surtout, cette réalisation comprend la production du facteur humain et de l'énorme valeur qui y est investie par les programmes sociaux comme l'éducation et la santé publiques.)

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