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Numéro 141 - 23
septembre 2013
Pour dissiper la confusion
néolibérale
Valeur d'usage et valeur d'échange
- Conversation avec K.C. Adams,
journaliste du Marxiste-Léniniste -
Une conversation avec le journaliste du Marxiste-Léniniste
K.C. Adams sur la contradiction entre la valeur d'usage et la valeur
d'échange, qui est la source de beaucoup de confusion concernant
le financement et la réalisation des services de santé,
de l'éducation, du transport en commun et des autres services
publics.
* * *
Quelle est la différence entre la
valeur d'usage et la valeur d'échange ?
Notre premier devoir est de préciser notre
pensée sur le contexte historique et comment la question se
pose. La contradiction à laquelle nous sommes confrontés
aujourd'hui a son origine dans le système capitaliste et non pas
dans l'imaginaire de quelqu'un, pris en dehors de ce système
historiquement déterminé. Elle nous est imposée
par le système capitaliste et nous devons l'accepter et nous y
attaquer consciemment.
Les monopoles mondiaux qui contrôlent aujourd'hui
le système capitaliste et qui ont subordonné
l'État à leurs intérêts privés
étroits voient la classe ouvrière comme une simple force
productive à leur disposition, tout comme les machines, la
ferraille et les autres moyens de production. L'autorité
publique, dans la mesure où on peut encore l'appeler ainsi, sert
à payer les riches, à servir les monopoles les plus
puissants et à s'assurer que la classe ouvrière, les
matières premières, les institutions sociales et le
trésor public soient à leur disposition.
La classe ouvrière n'accepte pas d'être
reléguée au rang de moyen de production et de valeur
d'usage dans le système capitaliste et n'est pas ignorante de la
réalité telle qu'elle existe. Comprendre comment le
système capitaliste place les travailleurs dans la
catégorie esclaves salariés, une valeur d'usage à
exploiter, contribue au développement de la théorie
nécessaire pour guider la lutte de classe de la classe
ouvrière pour se sortir de sa condition historique de classe
asservie et ouvrir la voie à l'émancipation.
Pour qu'une valeur d'usage soit utilisée dans
l'économie socialisée, en tant que moyen de production,
article de consommation ou service, elle doit d'abord être
transformée en valeur d'échange pour être vendue et
se réaliser. Une fois réalisée, la valeur
d'échange est à nouveau transformée en valeur
d'usage pour être utilisée dans la production ou à
titre d'article de consommation ou service.
La valeur d'usage change-t-elle quand elle
est
transformée en valeur d'échange ?
Le changement est dans la catégorie
économique que le système capitaliste impose à la
marchandise, comme par exemple un appareil de télévision
ou un être humain. La valeur d'usage d'un appareil de
télévision est dans sa capacité à
transmettre ou projeter des images et des sons. La valeur d'usage d'un
être humain est dans sa capacité de travailler, de
produire et reproduire la vie et tout ce qui est nécessaire
à l'existence humaine.
En tant que valeur d'échange, l'appareil de
télévision et l'être humain existent tous deux en
tant qu'équivalent général d'une somme d'argent et
n'ont aucune utilité autre que d'être
échangés contre de l'argent. La valeur d'échange
de l'appareil de télévision ne peut projeter des images
et des sons et la valeur d'échange de l'être humain n'a
pas de capacité de travailler.
Mais ce sont des valeurs dans les deux cas.
Par quoi d'autre se différencient-elles et comment sont-elles
quantifiées ?
Il y a des variations qualitatives des
différentes valeurs d'usage, telle par exemple la
différence entre un téléviseur et un être
humain. Dans les valeurs d'échange, il n'y a pas de variations
qualitatives, seulement des variations quantitatives. Elles
représentent différentes quantités d'argent.
Une autre différence entre la valeur d'usage et
la valeur d'échange est dans la façon que leur valeur est
établie et dans la forme qu'elle prend. La valeur d'usage est
déterminée par le temps du travail nécessaire
à la production d'une marchandise, le temps de travail contenu
dans la marchandise. On ne peut comparer la valeur d'usage d'un
téléviseur à celle d'un être humain qu'en
utilisant le temps de travail moyen contenu dans l'un et l'autre. La
valeur d'usage de chacun représente le temps de travail
nécessaire pour produire le téléviseur et produire
l'être humain et sa capacité de travailler.
Évidemment, certains téléviseurs renferment plus
de valeur que d'autres et les êtres humains qui sont mieux
éduqués et mieux formés et qui ont plus
d'expérience renferment plus de valeur que les autres qui n'ont
pas reçu autant de valeur des programmes sociaux et de la
famille.
Dans ce sens, la valeur d'usage varie d'un
être humain à l'autre.
En effet, les êtres humains ne sont pas
égaux en valeur d'usage et en d'autres façons
également, comme le hasard de la naissance, la position de
classe sociale, la richesse et les capacités intellectuelles et
physiques. C'est une des raisons pour lesquelles une constitution
moderne doit donner au peuple souverain le pouvoir de réduire
les inégalités entre humains et la capacité que
ces inégalités donne à certains d'exploiter les
autres. Cela est particulièrement important à ce moment
de l'histoire où l'humanité socialisée se bat pour
aller au-delà du système de classe capitaliste et ses
rapports de production basés sur la propriété
privée de composantes rivales de l'économie. Nous ne
naissons pas égaux contrairement à ce que prétend
la vieille constitution américaine. Sous le capitalisme, les
inégalités continuent de s'amplifier sans restriction,
donnant lieu à des privilèges de classe aux proportions
gigantesques.
Comment s'établit la valeur
d'échange ?
Contrairement à la valeur d'usage, sous le
capitalisme monopoliste la valeur d'échange est
déterminée en partie par la variation spontanée
des prix de production, qui affectent l'offre et la demande et en sont
affectés à leur tour, et en partie par l'intervention
directe des monopoles les plus puissants pour défendre leurs
intérêts étroits. La fixation des prix et la
manipulation de la valeur de la monnaie sont deux moyens importants
à leur disposition. Tout cela crée une situation
chaotique et destructive et précipite la crise économique.
Il existe aussi la fixation des prix au service de
l'édification nationale et de la stabilité dans un
secteur donné, comme la gestion de l'offre des produits
laitiers. Dans la gestion de l'offre, les prix sont
déterminés par une formule convenue par les producteurs
participants, les économistes et le gouvernement. La forme
prosociale de fixation des prix est aujourd'hui attaquée par les
politiques néolibérales, notamment par la dictature
Harper et la campagne du Partenariat transpacifique qui entreprend
d'abolir tous les systèmes de gestion de l'offre. La dictature
Harper a déjà détruit le guichet unique
qu'établissait la Commission canadienne du blé, qui
contrôlait les prix et les marchés pour favoriser la
stabilité pour la vaste majorité des producteurs de
céréales. L'attaque contre la gestion de l'offre et
contre l'utilisation de formules scientifiques pour fixer les prix se
fait pour le compte des monopoles mondiaux les plus puissants qui
réclament le droit non restreint de contrôler des secteurs
entiers de l'économie à l'échelle mondiale pour
servir leurs intérêts étroits.
Pouvez-vous nous parler brièvement de
la monnaie ?
La monnaie est un moyen d'échange universel au
service du système capitaliste. La classe capitaliste dominante,
par la monnaie à cours forcé et la tradition, impose une
devise et établit sa valeur relative aux autres devises pour
servir ses intérêts de classe à la fois en
concurrence et en collusion entre groupes capitalistes rivaux. Comme
pour les prix, les monopoles les plus puissants manipulent les devises
pour servir leurs intérêts étroits. Des
milliardaires parasitaires comme George Soros et son groupe ciblent
certaines devises et profitent du chaos que cela crée dans une
économie donnée, comme en Grande-Bretagne en 1992 et
en Malaisie et en Thaïlande en 1997, dans le cadre de la grande
crise financière asiatique de 1997.
Pour être plus précis, la valeur
d'échange d'une télévision équivaut ou peut
être comparée à la valeur d'échange d'un
être humain par l'intermédiaire de l'argent. Cependant, le
prix du marché de la valeur d'échange fluctue au-dessus
et en dessous de sa valeur en fonction à la fois des conditions
économiques générales et des conditions
particulières dans un secteur ou même pour un produit
particulier. Par exemple, le prix du marché de la marchandise
humaine oscille au-dessus et au-dessous de sa valeur en fonction de la
lutte de classe. La valeur de la marchandise humaine est établie
par le niveau de vie sur une période et est sujet à des
fluctuations selon les crises économiques, la guerre, la lutte
des classes et la politique. Actuellement, dans les conditions du recul
de la révolution et de la mondialisation
néolibérale, la valeur de la marchandise humaine subit
une pression à la baisse à cause de l'extorsion des
monopoles et des États à leur service.
Un rapport s'établit au cours du temps entre la
valeur d'usage mesurée en temps de travail et la valeur
d'échange mesurée en argent. La valeur d'usage d'une
marchandise mesurée en temps de travail devient proche de sa
valeur d'échange mesurée en argent. C'est la raison pour
laquelle les paysans dans les marchés féodaux de la
petite production marchandaient opiniâtrement les prix, car ils
savaient par expérience combien de temps de travail contenaient
les produits qu'ils vendaient ainsi que la plupart des marchandises
qu'ils avaient besoin d'acheter, et le rapport entre leur temps de
travail et l'argent.
Aujourd'hui, aucun effort n'est fait pour établir
une comparaison scientifique entre valeur d'usage mesurée en
temps de travail et la valeur d'échange mesurée en
argent. Tout est gardé délibérément vague
et anticonscient, car cela facilite le maintien de la domination du
capital monopoliste sur l'économie socialisée. À
cause de la domination du capital financier et de sa manipulation des
prix pour répondre aux intérêts étroits
d'une puissante élite privilégiée, les prix
varient considérablement par rapport à leur mesure en
temps de travail. La manipulation des prix par les monopoles
élargit le contrôle des monopoles à de larges
secteurs de l'économie, concentrant les richesses et le pouvoir
entre les mains d'une poignée de privilégiés. Pour
perpétuer sa manipulation des prix, le capital monopoliste
s'oppose violemment à un contrôle public du secteur du
commerce de gros, ce qui permettrait d'introduire une formule
scientifique, moderne, consciente et socialement responsable pour
déterminer les prix de la production et les prix du
marché.
Certains lecteurs se demanderont pourquoi vous
traitez
sur le même plan une télévision et un être
humain lorsque vous
donnez des exemples de valeur d'usage et de valeur d'échange.
Parce que ce sont deux exemples de marchandises
capitalistes. L'exemple particulier de l'être humain est au coeur
de la confusion sur la contradiction entre la valeur d'usage et la
valeur d'échange. Plusieurs refusent de considérer le
contexte historique dans lequel se trouvent les humains. À la
place, ils introduisent de manière fantaisiste leur perception
de la réalité telle qu'elle existe sous le capitalisme.
Dans le cadre de l'économie socialisée, la
valeur d'usage de la télévision et de l'être humain
est inutile si elle n'a pas été transformée avant
en valeur d'échange et réalisée (vendue) sur le
marché capitaliste. Une fois réalisée, la valeur
d'échange est transformée à nouveau en valeur
d'usage mais avec la nouvelle qualité d'être prête
à être utilisée, car elle est en possession de
quelqu'un qui a payé la valeur d'échange de la
marchandise parce qu'il veut sa valeur d'usage.
Cependant, je dis que quelqu'un veut sa valeur d'usage
avec prudence, parce que sous le capitalisme monopoliste, souvent ce
n'est pas le cas. Les spéculateurs achètent la valeur
d'échange non pas pour sa valeur d'usage, mais pour la remettre
sur le marché pour faire un autre échange à un
prix plus élevé. Pour soutirer plus d'argent, pour
eux-mêmes ou pour leurs employeurs, sans rien produire, ils
échangent à l'aide de puissants ordinateurs des devises
et des actions et regroupent les valeurs d'échange sous forme
d'obligations, comme ils l'ont fait aux États-Unis avec les
hypothèques, ce qui a provoqué la crise et le chaos de
2008. Cette redistribution frénétique de la valeur
déjà produite, non seulement sur les marchés des
échanges, mais aussi y faisant participer directement les gens
par les casinos et les loteries, est un symptôme du parasitisme
et la putréfaction du capitalisme monopoliste qui est un
problème grave qui fait des ravages dans l'économie
socialisée. Essayer de tirer de plus en plus d'argent de la
même valeur produite ou imprimer plus d'argent sans une
augmentation correspondante de la production et des services conduit au
désastre, mais c'est la réalité du capitalisme
monopoliste.
Il semblerait que la valeur d'usage d'une marchandise
avant et après l'échange est différente. Avant
l'échange, la valeur d'usage a seulement une valeur potentielle
tandis qu'après l'échange, elle peut être
consommée.
Sous le capitalisme, la valeur d'usage d'une marchandise
est inutile, tant qu'elle n'est pas réalisée par
l'échange. La valeur d'usage d'un travailleur au chômage
ou d'une télévision invendue dans l'inventaire d'un
entrepôt est inutile tant qu'elle n'est pas transformée en
valeur d'échange et réalisée sur le marché
capitaliste. Une fois que le travailleur au chômage est
acheté et transformé à nouveau en valeur d'usage
pour son utilisation par l'acheteur comme un travailleur qui travaille,
la valeur d'usage du travailleur est libérée et accomplit
sa magie.
Vous utilisez le mot magie parce que la
valeur d'usage
humaine peut produire plus que sa valeur figée
Oui, la valeur d'usage humaine transmet une partie de sa
valeur figée selon le temps de travail, et elle produit
également une valeur supplémentaire, ce que les
marchandises non humaines ne peuvent pas faire. La qualité de
valeur d'usage humaine est telle qu'elle transmet non seulement une
partie de la valeur contenue dans le travailleur pendant le temps de
travail, la valeur transférée, mais produit
également une valeur supplémentaire en plus de sa valeur
pendant le temps de travail, la valeur ajoutée. Dans les
rapports de production capitalistes, la valeur transférée
et la valeur ajoutée produite en plus de la valeur de la
marchandise humaine deviennent la propriété de l'acheteur
ou du propriétaire de la valeur d'usage du travailleur à
ce moment donné, que ce soit une entreprise privée ou une
entreprise publique.
Il est important de comprendre cette
différence qualitative entre la valeur d'usage d'un travailleur
et celle d'une télévision lorsque leur valeur
d'échange est réalisée puis transformée
à nouveau en valeur d'usage par l'acheteur ?
Oui, il y a une très grande différence
entre la valeur d'usage humaine qui est réalisée et toute
autre valeur d'usage qui est réalisée. Cette
différence distingue les êtres humains non seulement des
choses, comme des télévisions, mais également de
l'espèce animale et des autres espèces, dont certaines
sont utilisées comme nourriture ou comme, pour l'espèce
animale, comme animaux de travail. Dans l'économie, cette
différence réside dans la capacité ou la
qualité des êtres humains de produire de la valeur en plus
de la valeur d'usage que recèle le travailleur, qui vient de son
éducation, de la satisfaction de ses besoins essentiels, de sa
formation et de son expérience propres.
Il est important de comprendre que les travailleurs
produisent de la valeur en plus de leur valeur
transférée. La valeur transférée et la
valeur ajoutée produite par les travailleurs deviennent la
propriété de l'acheteur de la valeur d'échange,
qui est un propriétaire privé de moyens de production ou
un capitaliste d'État propriétaire de moyens de
production. Le montant payé pour la valeur d'échange de
la marchandise humaine vient de la valeur totale produite par les
travailleurs, la somme de la valeur transférée et de la
valeur ajoutée, et revient au travailleur individuel sous forme
de salaires et à l'État par les impôts. Ce montant
fluctue constamment.
Lorsqu'un objet est consommé, comme une
télévision, seule la valeur de sa valeur d'usage est
transmise, pas plus, pas moins. Lorsque la valeur d'usage humaine est
consommée, les travailleurs ne transfèrent pas seulement
leur valeur d'usage, mais aussi une valeur supplémentaire. Ils
reproduisent la totalité de leur valeur d'usage pour leur temps
de travail, et aussi produisent une autre valeur en plus du montant de
leur valeur d'usage.
Comment s'appellent ces types de valeurs que
les travailleurs produisent ?
La valeur de la valeur d'usage d'une marchandise
lorsqu'elle est consommée est appelée valeur
transférée. La valeur supplémentaire que
produisent les travailleurs en plus du montant de leur valeur d'usage
est appelée plus-value ou valeur ajoutée.
La valeur transférée d'un article de
consommation, comme une télévision, doit approcher sa
valeur d'usage et la valeur d'échange payée pour cet
article, à moins bien sûr que l'acheteur se soit fait
voler ou bien qu'il ait fait une bonne affaire.
Quand une marchandise, comme de
l'électricité, est consommée sous forme de moyens
de production, la valeur d'usage de l'électricité est
transmise à la marchandise qui est produite. Cette valeur
d'usage doit approcher sa valeur d'échange ainsi que le montant
que l'acheteur a payé. Lorsque la marchandise nouvellement
produite est réalisée, la valeur transférée
de l'électricité contenue dans le nouveau produit devrait
être totalement restituée à l'acheteur de
l'électricité. Il en est de même pour les machines,
sauf que la valeur d'usage est transmise petit à petit sur une
période de temps, comme la valeur d'usage humaine. L'ensemble de
ce processus, qui se produisait spontanément pendant la
période du capitalisme naissant au XIXe siècle, a
été détruit par le droit de monopole et la
domination des monopoles. La manipulation de l'économie par le
monopole et l'utilisation de l'appareil d'État et du
trésor public au service d'intérêts privés
étroits sont des facteurs importants qui expliquent pourquoi les
crises économiques sont devenues plus graves et de plus longue
durée.
Objectivement, la valeur transférée des
moyens de production ne doit pas être considérée
comme un coût de production, car le prix payé comme valeur
d'échange devrait être entièrement
récupéré quand la nouvelle marchandise est
réalisée. Au-delà de la question de l'incertitude
si la marchandise sera vendue ou pas, ce qui est un autre grand
problème du capitalisme, le temps écoulé entre
l'achat des moyens de production, le transfert dans un nouveau produit
et la réalisation de cette marchandise est une question
clé. Avec une formule moderne du prix de production, le temps
nécessaire est inclus dans la valeur transférée,
pour le rendre un peu supérieur à la valeur
d'échange. De cette façon, la valeur
transférée ne peut être considérée
comme un coût de production.
Au même titre, la valeur
transférée de travailleurs ainsi que leur valeur
ajoutée lors de la production et de la fourniture de services,
en aucun cas, ne peut être considérées comme un
coût de production. Pourriez-vous expliquer cela plus en
détail ?
La valeur de la valeur d'usage du travailleur
consommée pendant la période de travail est
transférée aux moyens de production, aux articles de
consommation et aux services. La valeur de la valeur d'usage du
travailleur lorsqu'elle est consommée est entièrement
transmise et est appelée, à juste titre, valeur
transférée. Lorsque le produit du travail est
réalisé, cette valeur est retournée à
l'acheteur capitaliste de la valeur d'échange du travailleur et
est consommée comme valeur d'usage. C'est la même chose
pour tous les autres moyens de production qui sont consommés
dans le travail. Le concept selon lequel la valeur
transférée dans une économie maintenant devenue
socialisée est un coût est inapproprié et doit
être remplacé.
Le prix d'achat des moyens de production, y compris des
travailleurs, ne peut pas être considéré comme un
coût de production parce que la valeur transférée
du travailleur, ou des autres moyens de production, est
entièrement remise à son propriétaire comme valeur
du travail accompli.
Le prix d'achat des travailleurs se présente
généralement sous la forme des salaires, des avantages
sociaux et des pensions. Sous le capitalisme naissant du XIXe
siècle, la valeur approximative recélée chez les
travailleurs et sa quantité nécessaire pour leur
entretien à un niveau de vie donné tout au long de leur
vie reflétaient à la fois le niveau de
productivité, de la lutte des classes dans un pays et d'autres
facteurs comme la guerre et la paix et le pillage colonialiste. Sous
l'impérialisme, le pillage des pays opprimés est devenu
un facteur encore plus important, en particulier pour déterminer
le niveau de vie des couches moyennes.
Sous le capitalisme monopoliste, un grand changement,
qui est un problème, a eu lieu en ce qui concerne la
réalisation de la valeur d'usage des travailleurs. Une partie
importante de la valeur mise dans les travailleurs est maintenant
produite socialement par l'éducation publique, les soins de
santé publics et d'autres moyens sociaux. La plus grande partie
de cette valeur est financée par le trésor public,
même lorsqu'elle est fournie à des fins d'usage
privé.
Une partie de la valeur d'échange
équivalente des travailleurs au moment de son achat devrait
être restituée au trésor public pour
réaliser la valeur que la société a investi dans
la classe ouvrière. De manière générale,
les détenteurs du capital, dirigés par les grands
monopoles, refusent de le faire; à la place, cela provient des
impôts, principalement des impôts que paient les
particuliers, comme l'impôt sur le revenu, les taxes de vente,
les impôts fonciers et les frais d'usager, etc. C'est le monde
à l'envers. Les recettes publiques perçues surtout de la
classe ouvrière et des petites et moyennes entreprises servent
à payer les riches, à financer le fonctionnement des
monopoles mondiaux les plus puissants, qui ont politisé leurs
intérêts privés et dépolitisé
l'intérêt public. La valeur d'usage des travailleurs est
transférée dans la production par leur temps de travail,
les propriétaires du fruit de la production et de la valeur
transférée n'ont pas payé la valeur totale de la
valeur transférée contenue dans le travail, mais lorsque
le travail est réalisé, les propriétaires du
travail gardent le montant total et refusent de rembourser la valeur
investie dans la classe ouvrière par le trésor public au
moyen des programmes sociaux. C'est insoutenable.
Pourriez-vous nous en dire plus sur la valeur
ajoutée ?
La valeur supplémentaire que produisent les
travailleurs en plus de leur valeur transférée est
maintenant appelée valeur ajoutée. La valeur
ajoutée en plus de la valeur transférée et la
lutte pour sa propriété, son contrôle et son
utilisation sont au coeur de la contradiction entre les travailleurs et
les capitalistes, de la question de savoir qui décide et
contrôle la direction de l'économie, les producteurs
réels ou ceux qui ont usurpé le pouvoir et qui dominent
par la force, de la contradiction entre le système capitaliste
actuel, où les propriétaires du capital détiennent
la valeur ajoutée, directement ou par l'entremise de leur
État, et du système socialiste où les producteurs
réels, la classe ouvrière et son État
possèdent et détiennent la valeur ajoutée, de la
contradiction fondamentale qui place au centre l'histoire et la lutte
de classe entre les forces de production devenues sociales et la
propriété privée et le contrôle de ces
moyens de production socialisés.
Si ce que les travailleurs produisent n'est pas
vendu ou qu'une autre crise frappe le système capitaliste ou une
entreprise en particulier, les travailleurs en subissent les
conséquences, même si ce n'est pas à cause
d'eux ?
Oui, puisque que nous sommes sur le sujet de la
propriété et du contrôle, il faut parler de
responsabilités. Que le produit des travailleurs de la
production ou des services soit réalisé ou pas est un
problème et une préoccupation pour la classe
ouvrière, mais s'il n'est pas vendu ce n'est à cause des
travailleurs, ils n'en sont pas responsables. Les travailleurs ne
devraient pas être punis par des licenciements, par
l'insécurité générale ou l'abaissement de
leur niveau de vie parce que la production ou des services ne sont pas
vendus. L'État capitaliste doit s'assurer que, en tout temps et
en toutes circonstances, les travailleurs aient des emplois et des
moyens de subsistance. Le déséquilibre entre l'offre et
la demande et les autres problèmes ne doivent pas servir de
justification pour attaquer les travailleurs et les condamner à
la perte d'emploi. Ce fléau doit devenir chose du passé.
Le déséquilibre de l'économie
provient du refus des détenteurs du capital de reconnaître
le caractère social des forces de production et que les rapports
actuels entre la production de la propriété privée
et les secteurs de l'économie socialisée empêchent
la planification et la coopération conscientes de jouer leur
rôle indispensable.
Si les travailleurs avaient le contrôle de
l'économie, alors la réalisation de la production et des
services serait de leur responsabilité sociale. Leur devoir
serait d'activer le facteur humain-conscience sociale et la
planification scientifique pour assurer l'harmonie de l'offre et la
demande et le plein emploi pour tous en tout temps. Sous la domination
des détenteurs du capital et de leurs objectifs étroits,
le rapport entre l'offre et la demande et d'autres
éléments importants de l'économie
socialisée sont pratiquement en dehors de leur contrôle et
une source constante de crises dévastatrices que les
travailleurs arbitrairement doivent payer.
(La deuxième partie
de cette discussion portera sur la contradiction entre la valeur
d'usage et la valeur d'échange dans les secteurs
économiques des programmes sociaux, notamment
l'éducation, les soins de santé et les autres services
comme le secteur des infrastructures. Les programmes sociaux et les
services publics modernes sont une caractéristique du
capitalisme monopoliste. Le refus des monopoles de réaliser la
valeur d'échange dans les secteurs des services sociaux ou
même d'exiger que le trésor public paie entièrement
ces services qui sont livrés gratuitement aux monopoles est un
problème qui doit être abordé pour le bien de
l'intérêt public, de l'intérêt
général de la société et de sa survie. Il
est important de s'opposer au droit de monopole en le limitant et en
s'ingurgeant contre la régression et les privilèges de
classe. D'autres secteurs de l'économie socialisée, en
particulier ceux sous la domination des monopoles doivent être
forcés à réaliser la production des programmes
sociaux et des services publics qu'ils consomment. Surtout, cette
réalisation comprend la production du facteur humain et de
l'énorme valeur qui y est investie par les programmes sociaux
comme l'éducation et la santé publiques.)

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