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Numéro 140 -
19 septembre 2013
Contre les hypothèses
néolibérales
Prenons position contre la
destruction néolibérale et pour une
direction prosociale de l'économie
Contre les hypothèses
néolibérales
• Prenons position contre
la destruction néolibérale et pour
une direction prosociale de l'économie
• Toute privatisation de
l'entreprise publique est rétrograde
Contre les hypothèses
néolibérales
Prenons position contre la destruction
néolibérale et pour une direction
prosociale de l'économie
La classe ouvrière, qui a son ordre du
jour prosocial pour le renouveau et pour une
nouvelle direction de l'économie, combat
les forces néolibérales qui ont leur
ordre du jour de régression et
d'austérité antisociale. Cette
classe est favorisée par l'adoption d'un
programme pour défendre ses droits et
ouvrir la voie au progrès. Cela signifie
qu'elle doit refuser d'être divisée
par des intérêts sectaires. Cela
signifie qu'elle doit s'opposer à tout
programme qui vise à élargir
l'offensive antisociale néolibérale
ou concilier avec elle. Les travailleurs dans tout
le pays ne peuvent se permettre d'avoir des
gouvernements néolibéraux ou
d'être bloqués par ceux qui ne
peuvent proposer d'alternative parce qu'ils
fondent leur raisonnement sur des
hypothèses néolibérales.
Le programme prosocial qui favorise les
intérêts des travailleurs inclut dans
sa forme la plus large :
« Arrêtez de payer les
riches ! Augmentez les investissements dans
les programmes sociaux ! »,
« Luttons pour un gouvernement
antiguerre ! » et
« Notre sécurité est dans
notre combat pour les droits de
tous ! ». Toute proposition ou
programme qui désinforme les travailleurs
en déclarant que le programme
d'austérité
néolibérale, la privatisation, les
programmes pour payer les riches ainsi que la
guerre sont nécessaires pour surmonter la
crise doivent être rejetés. Un
programme clair de renouveau et une nouvelle
orientation prosociale de l'économie sont
nécessaires pour résoudre la crise
en faveur du peuple et non des riches. Cela
permettra d'ouvrir la voie au progrès de la
société et d'écarter les
graves dangers qui menacent toute
l'humanité si cela n'est pas fait.
L'augmentation des investissements
dans les programmes
sociaux n'exige pas l'augmentation des
impôts !
Un des arguments néolibéraux qui
engendre la confusion est que les impôts
doivent être augmentés pour que les
gouvernements aient les moyens de financer les
programmes sociaux. C'est un mensonge que les
travailleurs doivent rejeter. Les soins de
santé publique, l'éducation et les
autres programmes sociaux, de la naissance
à la mort, sont un droit qui ne peut
être nié. Ils ajoutent et ont une
valeur immense pour les gens et la
société. Le gouvernement a la
responsabilité sociale de garantir que les
soins de santé, l'éducation et
autres programmes sociaux soient accessibles
à tous, aux niveaux les plus modernes dont
la société est capable.
Pourquoi introduire la question de l'augmentation
des impôts quand il s'agit de programmes
sociaux ? Pourquoi les impôts sont-ils
nécessaires pour réaliser la valeur
produite par les travailleurs de la santé
et de l'éducation ? C'est un vieil
argument discrédité pour justifier
les coupures dans les programmes sociaux sous
prétexte que le gouvernement n'en n'aurait
pas les moyens. La demande pour les programmes
sociaux et la capacité de les produire et
de les dispenser existent. Quel est le
problème que la valeur des programmes
sociaux soit réalisée dans d'autres
secteurs de l'économie ? D'abord,
parce que l'argent du trésor public est
détourné pour payer les riches, et
en second lieu, la direction de l'économie
n'est pas orientée vers la
réalisation sociale de la valeur des
programmes sociaux et des services publics.
Les programmes sociaux et les services publics
sont généralement semblables aux
autres secteurs sous le système capitaliste
qui produisent des moyens de consommation
productive comme l'acier, le minerai de fer, le
pétrole et les machines industrielles. Les
travailleurs sont le facteur humain de la
production et de la livraison des services. Sans
le facteur humain et son enrichissement constant
grâce à des programmes sociaux et
à la culture, l'économie et la
société modernes ne peuvent exister
et s'effondreront. Les programmes sociaux sont non
seulement un droit, mais ils sont essentiels
à toute économie et
société modernes. La
société connaît
précisément la demande de programmes
sociaux et leur valeur, et le gouvernement est la
seule institution capable d'organiser
l'économie pour satisfaire cette demande et
réaliser sa valeur. Les autres secteurs de
l'économie doivent réaliser la
valeur contenue dans le facteur humain avant que
sa valeur d'usage soit
libérée ; leur refus ne peut
être toléré.
De manière générale, la
valeur des programmes sociaux et des services
publics doit être réalisée
socialement et non individuellement pour qu'ils
soient efficaces et justes, et n'entrent pas en
contradiction avec leur but et leur raison
d'être. Le gouvernement doit avoir la
capacité d'organiser la réalisation
des programmes sociaux et des services publics.
Cela implique diriger la valeur des autres
secteurs vers la réalisation sociale de la
valeur des programmes sociaux et des services
publics et écarter leur réalisation
individuelle par des frais d'usager et leur
réalisation indirecte par des impôts.
Dans tous les secteurs de l'économie, la
classe ouvrière est le facteur humain qui
produit toute valeur et dispense tous les
services. Chaque secteur doit réaliser la
valeur de l'éducation et de la santé
des travailleurs qui y travaillent et contribuer
à soutenir les intérêts
généraux de la
société.
Tous les secteurs bénéficient de
services publics comme l'eau,
l'électricité, la voirie, le
recyclage des déchets, le transport en
commun, etc. et doivent réaliser
socialement la valeur de ces services. Certains
secteurs bénéficient davantage d'un
service public particulier comme le transport en
commun et doivent réaliser la valeur de ce
service particulier directement et socialement.
La question principale est que la conscience
sociale de la valeur des programmes sociaux et des
services publics doit être portée
à un niveau moderne et qu'il faut
créer et bâtir des institutions pour
garantir leur production, leur prestation et leur
réalisation sociale. La demande et
l'envergure des programmes sociaux et leur valeur
sont connaissables et peuvent être
déterminées avec la précision
de la science.
Notre
sécurité est dans la
défense des droits de tous!
Les lacunes systémiques du système
économique et leurs symptômes comme
la pauvreté, le chômage,
l'itinérance, la toxicomanie et
l'alcoolisme, le déni du droit à la
culture, etc., doivent être
réparés et traités
directement par la société dans son
ensemble. Les lacunes systémiques du
système et les crises récurrentes ne
sont pas la faute d'un individu en particulier.
Ceux qui subissent des conséquences des
lacunes du système, surtout les enfants,
les femmes et les personnes âgées ne
doivent pas être abandonnés à
eux-mêmes pour faire face aux
problèmes sociaux du système
existant.
La société moderne reconnaît
que les gens naissent dans la
société et ont des droits à
cause de leur humanité. Le gouvernement
doit donner à ces droits une garantie en
pratique, dans la loi et dans la constitution.
Tout gouvernement moderne a le devoir de garantir
les droits de tous. Cela signifie qu'ils doivent
être inscrits dans un programme prosocial.
Arrêtez de payer les riches!
Les impôts et les taxes, en particulier
l'imposition individuelle et les frais d'usager,
ne font partie d'aucune nouvelle direction. Ils
font partie de l'ancienne économie qui a
échoué et qui bloque la
résolution de problèmes comme la
pauvreté et le chômage, surtout parmi
les jeunes, ce qui est inexcusable dans une
économie moderne qui a une
productivité et des possibilités si
hautes.
La classe ouvrière et ses alliés
doivent s'opposer activement à toute
proposition qui défend ou prône la
conciliation avec l'ordre du jour
néolibéral sous toutes ses formes,
en dépit des ravages qu'il a faits au pays
et à l'étranger. Ainsi, les
propositions pour augmenter les impôts des
sociétés et des riches reposent sur
des hypothèses néolibérales
sur l' économie. Que font les gouvernements
néolibéraux avec l'argent une fois
qu'ils l'ont ? Ils l'utilisent pour payer les
riches et s'ingérer dans les affaires
souveraines d'autres pays et faire la guerre pour
le compte de l'impérialisme
américain dans sa campagne pour
conquérir le monde ! Ils ne
l'utilisent pas pour la réalisation des
programmes sociaux ou la croissance de
l'économie publique. Ils utilisent l'argent
public contre l'intérêt public et en
appui au droit de monopole.
Tout
programme prosocial doit avoir comme point de
départ l'opposition au droit de monopole,
la revendication d'arrêter de payer les
riches et la lutte pour un gouvernement
antiguerre. Partir de moins laisse les
travailleurs à la dérive, sous la
pression de la désinformation et de la
désorganisation de la résistance du
peuple à l'offensive antisociale ; on
trompe les gens en leur laissant espérer
que quelque chose de bon sortira de l'utilisation
de l'argent public parce que des objectifs de
politique ont été annoncés.
Si les objectifs de politique et les bonnes
intentions pouvaient résoudre quoi que ce
soit, le Canada serait un endroit très
différent. La direction de
l'économie doit être changée
pour avantager le peuple, et la seule façon
d'y parvenir est de contester le droit de monopole
et son contrôle sur la direction de
l'économie. Aucun argent public ne doit
servir à payer les riches !
L'économie doit être
réorganisée pour que la valeur des
programmes sociaux et des services publics soit
réalisée socialement et normalement
dans l'économie, d'une manière
semblable à l'échange et à la
réalisation de la plupart des moyens de
production.
Pour une nouvelle direction de
l'économie!
Donner une nouvelle orientation à
l'économie demande que l'argent soit
réuni par une réclamation directe
aux différents secteurs de
l'économie et d'autres moyens pour payer le
fonctionnement du gouvernement, de sa bureaucratie
et d'autres besoins comme la
sécurité publique et des forces
armées pour la défense contre
l'agression impérialiste. Tous les secteurs
doivent contribuer au fonctionnement de
l'État et aux intérêts
généraux de la
société. En plus des
réclamations directes à tous les
secteurs de l'économie, le gouvernement
doit avoir d'autres moyens d'augmenter ses revenus
et diriger l'économie. Ces moyens
comprennent le contrôle public du secteur du
commerce de gros et des institutions
financières, la redéfinition et la
rationalisation de la dette publique et son
remboursement, l'expansion des entreprises
publiques comme Postes Canada, la Régie des
alcools de l'Ontario, Ontario Hydro, le
rétablissement des anciennes entreprises
publiques CN Rail et Air Canada sur une base
nouvelle pour servir l'édification
nationale et la restriction du droit de monopole
par la reconstruction directe par l'État du
secteur industriel et le contrôle de
l'exploitation des ressources naturelles, en
étroite consultation avec les
Premières nations et leur approbation
éclairée. Cela peut être fait,
cela doit être fait. Cela exige une nouvelle
orientation prosociale de l'économie qui
avantage la classe ouvrière et les autres
travailleurs comme les petits et moyens
entrepreneurs.
Les travailleurs demandent
l'équilibre aux
endroits de travail fondé sur l'avantage
réciproque
et la reconnaissance de leurs droits!
Pour faciliter la discussion entre les collectifs
des travailleurs sur leurs propres positions
indépendantes, sur ces question
présentes et futures, LML
traitera des hypothèses
néolibérales et de comment
l'économie peut être organisée
sur une base indépendante et autonome d'une
manière qui défend les droits de
tous.
La dignité dans la vie commence par la
reconnaissance des droits de tous et en
particulier des droits de ceux qui travaillent. Le
respect pour ceux qui travaillent, qui ont
travaillé et sont maintenant à la
retraite, pour les travailleurs accidentés
ou qui sont incapables de travailler pour une
raison quelconque et pour ceux qui se
préparent à travailler est essentiel
pour bâtir une société juste
et stable. Le respect des travailleurs
s'étend à leur droit à
l'équilibre aux endroits de travail
fondé sur l’avantage réciproque et
la reconnaissance de leurs droits. Cela comprend
le droit de s'organiser collectivement et de
décider en consultation avec leurs pairs de
la rémunération qu'ils
reçoivent pour leur travail, de leurs
avantages sociaux, de leurs régimes de
retraite et de leurs conditions de travail. Sans
la dignité des travailleurs et la
reconnaissance de leurs droits, aucun
équilibre ne peut être établi
et la société souffre grandement des
perturbations et du chaos continus.
Engagés dans des luttes pour
défendre leurs droits, les travailleurs ont
mis de l'avant des slogans ingénieux qui
présentent l'essence de leurs luttes et de
leurs aspirations à une nouvelle direction.
Par ces slogans, ils reconnaissent que le
contrôle du processus de prise de
décisions et de la direction de
l'économie est la clé du
succès et qu'il est nécessaire pour
résoudre la crise en faveur des
travailleurs d'exiger des gouvernements
d'Arrêter de payer les riches !
d'Augmenter les investissements dans les
programmes sociaux ! Ces slogans, entre
autres, sont :
Quelle
économie? Notre économie! Qui
décide? Nous décidons!
Destruction nationale Non! Base
manufacturière Oui!
Droit de monopole Non! Droit public Oui!
Notre avenir est dans notre combat pour les
droits de tous!
Prenons position contre la destruction
néolibérale et pour
une direction prosociale de l'économie!

Toute privatisation de l'entreprise
publique est rétrograde
L'argumentation
qui sous-tend la privatisation de l'entreprise
publique est simple : c'est le but même des
détenteurs du capital, qui est de faire de
l'argent, qui stimule la production et la
concurrence, réduisant ainsi les prix. Le
discours de la privatisation coule de façon
tout à fait naturelle pour ceux qui
bénéficient de la destruction de
l'entreprise publique. Il est d'autant plus
naturel du fait que leur position de classe en
tant que détenteurs du capital
témoigne déjà de leur ferme
conviction à l'effet que la concurrence
entre divers secteurs privés de
l'économie socialisée afin de
concentrer la richesse dans les mains d'un nombre
de plus en plus restreint est sans l'ombre d'un
doute la voie vers l'avant.
Mais en définitive, quel serait le but
qu'on chercherait à remplacer en
privatisant l'entreprise publique ? De fait, quel
est le but de la production d'une entreprise
publique et en quoi se distingue-t-il de celui de
l'entreprise privée ? Posons la question
autrement : le but fait-il partie de
l'équation ? Ou devrions-nous dire que
l'économie socialisée requiert un
nouveau but pour répondre à son
caractère intégré qui
nécessite une coopération entre ses
composantes et ses secteurs plutôt que la
concurrence. Ceci étant dit, un nouveau but
servant les forces productives socialisées
nécessite un nouveau système qui
socialise la propriété de
l'économie ainsi que ses relations de
production. Fortes d'un nouveau but au service des
producteurs de fait, la classe ouvrière,
qui exerceraient un contrôle sur
l'économie socialisée, les
conditions de vie de tous et l'économie
elle-même s'épanouiraient.
On peut aussi affirmer qu'aujourd'hui le but de
la plupart des travailleurs oeuvrant dans de
grandes entreprises privées et publiques
est le même, puisqu'il sont
rémunérés pour leur temps de
travail tout en n'exerçant aucun
contrôle sur la direction de l'entreprise ou
sur l'économie en tant que telle. Mis
à part les PDG des monopoles, la plupart
des gestionnaires sont à salaires à
l'exception de ceux qui travaillent à
commission.
Le but des gens qui sont les producteurs de fait
des biens et services est déterminé
par les conditions dans lesquelles ils se
trouvent. Dans le contexte actuel de repli de la
révolution, le but des travailleurs est
avant tout d'ordre défensif :
défendre les droits de tous,
défendre leurs moyens de subsistance,
s'opposer aux concessions et aux attaques contre
leurs avantages sociaux et leurs régimes de
retraite, restreindre le droit de monopole, lutter
pour un gouvernement antiguerre, exiger que les
gouvernements arrêtent de payer les riches
et qu'ils augmentent les investissements dans les
programmes sociaux,etc., et dans ce contexte
défensif accomplir leur travail du mieux
qu'ils le peuvent.
On pourrait même dire que le but du profit
ne se pose pas, même pour les petits
entrepreneurs dont la plupart des entreprises sont
en mode de survie, parant sur une base quotidienne
les coups portés par les monopoles et le
gouvernement, et cherchant à réunir
les capitaux nécessaires à la
croissance de leur entreprise. Le but du profit
existe presqu'exclusivement dans le cerveau des
détenteurs du capital monopoliste et des
parasites qui spéculent sur la
redistribution de la valeur déjà
produite, tandis que l'influence de ce but qui est
le profit sur les performances et la fixation des
prix est entièrement négative. Le
but du profit privé, se manifestant de
façon diabolique au sein d'une
économie socialisée qui
nécessite la coopération et non la
concurrence, en arrive même à se
rebeller contre lui-même, victime de la
chute inlassable du taux de profit due d'abord
à une productivité accrue et
à la recherche de quantités encore
plus grandes de capital pour mettre en marche les
forces productives socialisées.
Les monopoles d'aujourd'hui s'ingèrent
dans l'économie socialisée et dans
le fonctionnement de compagnies sous leur
contrôle pour des raisons qui n'ont rien
à voir avec le fait de bien les
gérer ou avec l'édification
nationale. Un regard objectif sur comment US Steel
a géré Stelco depuis son acquisition
en 2007 et sur comment il a géré
l'industrie canadienne de l'acier de façon
générale permet de constater que ses
agissements ont eu un effet pour le moins
destructeur. Il en va de même pour un grand
nombre de compagnies manufacturières
canadiennes, qui ont réduit leurs effectifs
ou fermé leurs portes comme pour John Deere
et Caterpillar, sans parler de la
dévastation qui fait rage dans l'industrie
forestière et de la restructuration dans
l'industrie canadienne de l'automobile.
Mais de retour aux privatisations. Presque tous
ceux qui cherchent à sortir gagnants des
privatisations sont déjà de riches
propriétaires de monopoles et ont recours
à leurs contacts politiques pour en arriver
à des ententes leur permettant de faire
main basse sur l'entreprise publique. Les secteurs
que l'on cible aujourd'hui à des fins de
privatisation ont principalement été
mis sur pied au cours de la période
d'édification nationale pour servir le bien
public et le système capitaliste en tant
que tel. Les privatisations, que ce soit le CN,
Air Canada, BC Rail, les services municipaux et le
développement et la livraison de
l'électricité, les propositions
néfastes visant à privatiser encore
davantage la Société canadienne des
Postes, ne font essentiellement que remettre une
entreprise bien établie entre les mains
d'un monopole afin de consolider des empires tels
que Waste Management Inc., ce gigantesque monopole
du Texas qui se promène de ville en ville
pour mettre le grappin sur les avoirs municipaux
et attaquer la classe ouvrière, ou encore
Shoppers Drug Mart, dont Loblaws a fait
l'acquisition, qui s'accapare le commerce de
détail du Postes Canada.
Les privatisations sont rétrogrades.
Après une privatisation, non seulement une
grande part de la valeur ajoutée qui aurait
autrement contribué au trésor public
est-elle versée dans les coffres
spécifiques de chaque détenteur du
capital, mais dans la plupart des cas elle est
retirée de l'économie et du pays.
Aussi, dans la plupart des cas suivant une
privatisation, les nouveaux propriétaires
se mettent sitôt à attaquer les
salaires, les avantages sociaux, les
régimes de retraite et les conditions de
travail des employés de l'entreprise
publique en question, ainsi que leurs moyens de
subsistance, leurs organisations syndicales et
leur sécurité. Les privatisations
font main basse sur les réclamations du
gouvernement et des travailleurs sur la valeur que
produisaient jadis les travailleurs du public.
L'argent est transféré, quittant les
coffres du gouvernement et des travailleurs pour
être versé dans les coffres
spécifiques des détenteurs du
capital.
La privatisation de la Régie des
alcools de l'Alberta
La privatisation des succursales de spiritueux de
l'Alberta dès 1993 est un exemple de
rétrogression alors que la valeur a
été transférée du
trésor public à des
détenteurs spécifiques du capital et
des travailleurs en succursale aux
détenteurs spécifiques du capital.
Même tenant compte des taxes imposées
à l'entreprise de gros et de détail
désormais privatisée, le
trésor public albertain avait en 2011 perdu
près de 1,5 milliards$ depuis la
privatisation. Ce revenu perdu, et qui continue de
baisser, a été accaparé par
les nouveaux propriétaires privés du
commerce de gros et de détail de
spiritueux.
Le transfert de la richesse
générée par la classe
ouvrière de ses poches jusqu'aux coffres
des détenteurs du capital est aussi
dramatique sinon davantage. Au moment de la
privatisation, la Régie des alcools de
l'Alberta a congédié 1 866
travailleurs, dont 1 394 travaillaient dans les
succursales. En 1993, plusieurs de ces
travailleurs étaient au sommet de
l'échelle salariale soit 14,94$ de l'heure.
L'industrie privatisée des spiritueux les a
remplacés par des travailleurs
rémunérés à moins de
la moitié de ce salaire et n'ayant ni
avantages sociaux ni régimes de retraite.
Ce manque à gagner a non seulement eu un
effet négatif sur les travailleurs ainsi
que les entreprises de la communauté, mais
le gouvernement a aussi subi les effets, ayant
perdu le revenu des impôts sur le revenu des
particuliers provenant des salaires plus
élevés.
Retenons encore deux autres facteurs que
soulève cet exemple : le prix des
spiritueux pour la clientèle albertaine est
désormais plus élevé qu'avant
la privatisation et plus élevé que
dans les succursales publiques que l'on retrouve
en Saskatchewan ou en Colombie-Britannique. Aussi,
quelques grandes compagnies contrôlent
désormais le commerce de gros et de
détail de l'Alberta, dont Liquor Stores NA
Ltd., avec 40 % des succursales, suivi de
monopoles plus connus comme Loblaws, Sobeys,
Safeway (appartenant maintenant à Sobey's)
et Costco.
La privatisation d'entreprises publiques est
rétrograde et on doit vigoureusement s'y
opposer. La privatisation n'est rien de moins
qu'une attaque contre la classe ouvrière et
contre la société. Elle concentre la
richesse et le pouvoir dans les mains de
quelques-uns. Elle consolide le droit de monopole
et le privilège de classe. Elle est un
facteur de corruption de l'autorité
publique puisqu'elle politise les
intérêts privés tandis qu'elle
dépolitise les intérêts
publics. Elle est un facteur d'affaiblissement de
l'intérêt public dans de nombreux
domaines politiques traitant de l'environnement
social et naturel, mais aussi dans des domaines
plus spécifiques comme la gestion des
déchets, la disponibilité de
certains spiritueux, le prix de produits
essentiels comme les aliments,
l'électricité, l'essence et le gaz
naturel, la stabilité de l'emploi, la lutte
contre la pauvreté, etc. La privatisation
affaiblit le revenu public disponible pour la
réalisation de la production dans ces
secteurs de l'économie qui sont toujours
sous contrôle gouvernemental, tels que les
soins de santé et l'éducation
publique, ainsi que les services publics et
l'infrastructure.
Le fait qu'il y ait moins de revenu public et
plus d'emprunts gouvernementaux auprès du
capital financier alimente les tenants de
l'austérité antisociale et du
désinvestissement dans les programmes
sociaux. Cela crée de nouvelles occasions
permettant aux monopoles de manipuler
l'autorité publique et les finances
publiques et de détourner les fonds publics
vers leurs propres intérêts
privés. On pourrait affirmer que la
privatisation affaiblit le tissu social et
consolide l'emprise des monopoles les plus
puissants sur l'environnement social et naturel de
sorte à répondre à leurs
intérêts privés
étroits.
Tous doivent s'unir dans leur opposition aux
privatisations, puisque celles-ci ne sont d'aucune
utilité pour le peuple et pour
l'économie. Elles sont rétrogrades,
hostiles aux droits des travailleurs et vont
à l'encontre de l'intérêt
public et de l'intérêt
général de la société.
(Dossiers provenant de Impaired Judgement produit
par le Centre canadien pour les alternatives
politiques et l'institut Parkland)

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