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Numéro 132 - 5
septembre 2013
Le projet de loi sur les mines au
Québec
Qui va défendre les
intérêts du Québec, les travailleurs, leur
économie et l'environnement?
Le
projet de loi sur les mines au Québec
• Qui va défendre les
intérêts du Québec, les travailleurs, leur
économie et l'environnement? - Normand Fournier
À titre
d'information
• La vérité derrière les
prétentions des minières du Nord québécois
au sujet du «climat d'incertitude»
• Début des consultations
• La restauration des sites miniers orphelins
Le projet de loi sur les mines au
Québec
Qui va défendre les intérêts du
Québec, les travailleurs, leur économie et
l'environnement?
- Normand Fournier -
Le 29 mai 2013, la ministre des Ressources
naturelles du Québec, Martine Ouellet, a annoncé le
dépôt du projet de loi sur les mines avec lequel le
gouvernement se propose de moderniser le régime minier
québécois. Ce projet de loi promis lors de la campagne
électorale de 2012 par le Parti Québécois
était attendu depuis l'élection et fait suite à
plusieurs tentatives du gouvernement
précédant de modifier la loi qui régit
l'exploitation et la propriété de nos ressources
naturelles, qui date de 1988.
« La nouvelle loi sur les mines assurera une
stabilité économique, environnementale et sociale, et ce,
tant pour les citoyens que pour les entreprises... ce projet de loi
contient des propositions concernant la transparence, la transformation
ainsi que la protection de l'environnement et le dialogue avec les
communautés », a dit Martine Ouellet dans un
communiqué le 29 mai dernier.
La transparence
« Les Québécois
seront en mesure de connaître les ressources qui sont extraites
de leur sous-sol et ce qu'ils en retirent. [...] Pour ce faire, la
ministre des Ressources naturelles rendra publiques les redevances
versées mine par mine ainsi que le tonnage extrait. Les
titulaires de claims, quant à eux, devront obligatoirement
informer les municipalités et les citoyens de l'obtention de
leurs claims à l'intérieur d'un délai de 60 jours.
Ils devront soumettre aux municipalités la planification de
leurs travaux dans les 90 jours précédant le début
de leurs activités. »
Notons ici que les bases du
régime minier développé au Québec sous le
diktat des monopoles, le « free mining » et le
« claim », ne sont pas remises en question dans
ce nouveau projet de loi. Notons par ailleurs que les données
pour calculer les redevances, les tonnages extraits, proviendront des
entreprises minières. Notons enfin que le ministère des
Ressources naturelles et le gouvernement québécois n'ont
pas le personnel et le budget pour vérifier l'exactitude des
données fournies. Aucune mesure pratique n'est mentionnée
ou n'a été mise en place pour réaliser les
intentions énoncées.
L'exigence d'informer les municipalités et les
citoyens de l'obtention des claims, comme de soumettre la planification
de leurs travaux avant le début de leurs activités, n'est
qu'une formalité de plus pour les entreprises minières.
La transformation
« Afin
de
maximiser
les
retombées
économiques
dans
l'ensemble
des
régions
du
Québec,
le gouvernement se donne les moyens
d'augmenter la transformation au Québec. [...] les entreprises
minières devront déposer une étude de
faisabilité de la transformation du minerai au Québec,
avant l'obtention d'un bail. La ministre des Ressources naturelles
pourra également exiger qu'une entente soit conclue afin de
maximiser les retombées économiques
générées par l'exploitation et la transformation
de notre minerai. »
« Ces
mesures
permettront
de
développer
des
projets
qui
iront
de
l'extraction
au traitement et à la
transformation. »
« La
ministre
des
Ressources
naturelles
aura
aussi
la
possibilité
de
mettre
aux enchères des claims sur
lesquels le ministère a effectué des travaux et ainsi
donner une valeur ajoutée à ses
activités. »
Dans les faits, aucune obligation n'est faite aux
entreprises minières de transformer le minerai au Québec.
La ministre se réserve un pouvoir discrétionnaire
illimité d'établir des ententes qui satisferont les
minières et qui seront le moins contraignantes possible pour
celles-ci.
De plus, dans le dernier budget, celui
présenté par le ministre des Finances Nicolas Marceau en
novembre dernier, il est aussi prévu que pour les nouveaux
projets d'investissement supérieurs à 300 M $, les
entreprises minières bénéficieront d'un
congé fiscal de dix ans.
Rien ne garantit que l'étude de
faisabilité sur la transformation du minerai au Québec va
conclure à la rentabilité économique, sociale ou
politique, du (des) projet(s) minier(s) mis de l'avant ou
proposés.
En ce qui concerne la vente aux enchères de
claims à fort potentiel, les compagnies majeures de
l'exploration et de l'exploitation minières vont les
acquérir au détriment des compagnies juniors
d'exploration qui ne disposent pas des capitaux nécessaires. Il
ne faut pas oublier que la plus grande part de l'exploration
minière est exécutée par les juniors. Cette
mesure, inspirée par le droit de monopole, ne va que les
fragiliser encore plus.
Le dialogue avec les communautés
« La
nouvelle
loi
sur
les
mines
permettra
de
favoriser
les
échanges
entre les communautés et les
entreprises minières. Un comité de suivi environnemental
et de maximisation des retombées économiques devra
être constitué et maintenu pour toute la durée de
vie d'une mine. »
« Les
communautés
autochtones
seront
consultées
de
manière
distincte
par
le
ministère
des
Ressources naturelles avant tout projet
minier. »
« Les
municipalités
seront
aussi
en
mesure
de
définir
des
zones
incompatibles
avec l'activité minière ou
compatibles dans leur schéma d'aménagement. La ministre
des Ressources naturelles a mis sur pied un groupe de travail duquel a
émergé un consensus entre les municipalités et les
entreprises minières pour éviter les conflits
d'usage. »
Toutes les expériences de
consultation de la population menées à ce jour concernant
des projets miniers au Québec ont débouché sur des
conflits. Cela même si des comités de citoyens et des
groupes de travail avaient été mis sur pied. Les plus
récents et célèbres sont ceux de Malartic avec le
projet minier aurifère de Canadian Malartic (Osisko), de
Sept-les et de Chibougamau pour l'exploration et l'exploitation de
l'uranium. Un autre projet d'extraction de l'ilménite, à
l'Est de la ville de Sept-Îles, est actuellement fortement
contesté par la population. Dans tous les cas, la ministre des
Ressources naturelles dispose d'un pouvoir discrétionnaire pour
défendre le droit de monopole et s'opposer à la
volonté populaire. Elle peut écarter et ignorer les
recommandations du BAPE, pour la réalisation d'un important
projet minier. Elle en a le pouvoir.
Le « groupe de travail » mis sur
pied par la ministre, dont la composition ainsi que la nature du
consensus atteint nous sont inconnus, est un miroir aux alouettes.
Cette mesure ne correspond pas aux attentes des citoyens, qui demandent
un pouvoir de décision sur les développements miniers qui
peuvent les affecter. D'expérience, ils savent qu'ils n'ont
aucun pouvoir sur les décisions des municipalités et
encore moins sur celles des municipalités régionales de
comté (MRC).
L'environnement
« Des
consultations
publiques
menées
par
le
Bureau
d'audiences
publiques
sur
l'environnement
(BAPE)
seront tenues pour chacun des projets
miniers. »
« Une
garantie
financière,
couvrant
100 %
des
coûts,
sera
exigée
pour
la
restauration
des sites miniers et son versement devra
être fait dans les deux ans suivant le début des
activités d'une mine. Avant d'obtenir leur bail, les entreprises
minières devront faire approuver le plan de restauration par la
ministre des Ressources naturelles. »
Pour les minières, la tenue d'audiences publiques
n'est qu'une formalité de plus. À la limite, elles ne
font que retarder ou ralentir le début d'un projet minier
économiquement rentable. Dans le cadre d'une demande d'un bail
minier, cette mesure ne fait qu'assurer encore plus la domination et la
mainmise des entreprises minières majeures sur les projets
à fort potentiel des juniors d'exploration, ces dernières
n'ayant pas les ressources économiques et humaines pour passer
à travers ce processus. Tant qu'il n'est pas question de bail
minier, tout demeure comme avant, pas de consultation publique.
Présentement, il existe plus de 1000 sites
miniers abandonnés, principalement localisés dans le Nord
du Québec. La très grande majorité de ces sites
miniers abandonnés est constituée d'anciens sites
d'exploration, pour lesquels aucun bail minier n'a été
délivré. Le projet de loi 43 actuellement
présenté par le ministère des Ressources
naturelles, ne concerne que les mines pour lesquelles un bail minier
est demandé ou a été octroyé par le
ministère. La pollution et la détérioration de
l'environnement sur les sites d'exploration vont se poursuivre comme
avant. Car les coûts pour récupérer et ramener le
matériel d'exploration utilisé, ainsi que pour
réaménager ou restaurer les sites, sont exorbitants pour
les juniors. Dans le passé, ce sont ces coûts
élevés et le peu de considération environnementale
des minières d'exploration (juniors) qui ont mené
à la situation existante où plus de 1000 sites sont
laissés à l'abandon.
De plus, rien n'empêche une compagnie
minière de déclarer faillite à l'intérieur
du délai de deux ans pour effectuer le versement pour la
restauration, et ainsi abandonner le(s) site(s) minier(s) et ainsi se
soustraire à ses obligations financières.
C'est un autre miroir aux alouettes pour déjouer
les attentes légitimes de la population concernant la protection
véritable et efficace de l'environnement.
Toutes les autres modifications à la Loi sur
les mines (L.R.Q. M-13.1) contenues dans le projet de loi
43 sont des formalités pour les entreprises
minières, des changements de mots pour dire la même chose.
Rien pour empêcher ou nuire à la domination de nos
ressources par des monopoles dont la plupart ont peu ou pas de lien
avec le Québec, son économie, sa population, son
environnement et son avenir. Le meilleur contrôle ou le plus
grand contrôle des opérations minières au
Québec, demandé par la population, est totalement absent
du projet de loi 43 qui doit « moderniser le
régime minier québécois ».

À titre d'information
La vérité derrière les
prétentions des minières du
Nord québécois au sujet du «climat
d'incertitude»
Depuis
la
tenue
du
Forum minier et la présentation du nouveau projet de
loi sur les mines du gouvernement Marois, les nouvelles se sont
accumulées sur le ralentissement de l'industrie minière.
Les médias parlent de quelques milliers de mises à pied
dans le secteur minier au Québec depuis un an, de
ralentissements de projets, de baisses des investissements et de
fermetures. Quand cela se produit, les minières blâment le
soi-disant climat d'incertitude qui aurait été
créé depuis l'élection du gouvernement du Parti
Québécois par les discussions qui se mènent sur la
nécessité de prendre les moyens pour que l'exploitation
de nos ressources servent nos intérêts.
Alors voyons ce qu'il en est.

Cliquez sur l'image pour voir à sa pleine grandeur
Quand on regarde de plus près la situation qui prévaut
dans le domaine minier à l'échelle internationale, on se
rend compte que ce qui se passe au Québec ne relève pas
de décisions prises localement par le gouvernement du
Québec ou par une filiale des compagnies minières
internationales. Il y a presque deux ans déjà les
multinationales du secteur des mines (Rio Tinto, Arcelor Mittal,
Xstrata, BHP Billiton,Vale, Barrick, Goldcorp, Cliffs Natural
Resource's, Tata Mine's) ont annoncé des coupures de
dépenses de l'ordre de dizaines de milliards, au nom de la
nécessité de diminuer leur endettement.
Rio Tinto, BHP Billiton, Xstrata ont même mis en
vente plusieurs de leurs mines et gisements miniers à travers le
monde. En ce qui concerne le Québec et Terre-Neuve-Labrador,
toutes les installations de Rio Tinto dans le secteur du fer sont
à vendre, Rio Tinto ayant perdu 14 milliards $ lors de
l'acquisition d'Alcan. BHP Billiton fait de même avec ses mines
de fer et de diamant. Rio Tinto fer et BHP Billiton ne conservent que
leurs mines de fer en Australie. Ces mines sont les plus proches de la
Chine, le plus important marché et consommateur de minerai de
fer, qui consomme annuellement 65 % des 1,2 milliard de tonnes de
minerais de fer transportés par mer. Xstrata a mis en vente sa
participation dans la mine Raglan au Nunavik.
Pour expliquer leurs décisions de diminuer leurs
dépenses (opérations d'extraction, d'exploration et de
vente d'actifs), les monopoles miniers parlent des fluctuations des
prix du minerai, de l'incertitude des marchés, de la faible
croissance des économies ou de leur ralentissement dans les cas
de la Chine et de l'Inde. Concernant le prix du minerai de fer, la
Chine a accusé les minières Rio Tinto, BHP Billiton,
Arcelor Mittal et Vale de manipulation des prix sur le marché
boursier.
Au Québec les mines suivantes sont fermées:
Cliffs Natural Resources qui embauche quelques 1100
travailleurs au Québec et au Labrador a récemment mis en
veilleuse son usine de bouletage de Sept-Iles pour une durée
indéterminée et mis à pied 165 employés.
Cliffs Natural Resources exploite la mine de fer du Lac Bloom
près de Fermont qui a une capacité de production de 8
millions de tonnes et une autre à Wabush, la mine Scully
à Terre-Neuve-Labrador, dont la capacité de production
est de 5 millions et demi. Elle possède des installations
portuaires et ferroviaires dans le secteur de Pointe-Noire, au Port de
Sept-Îles.
La minière poursuit le Port de Sept-Îles
concernant les travaux d'expansion de sa capacité d'exportation
du minerai, d'une valeur de 50 millions $. La Ville de Sept-Îles
tarderait à donner son autorisation au projet, selon Cliffs.
Cliffs miserait sur l'optimisation de sa capacité
d'expédition pour doubler et même tripler sa production du
Lac Bloom. L'entreprise a investi 34 millions $ pour l'achat
d'équipements, dont un chargeur de navire d'une capacité
de 8000 tonnes à l'heure. Cliffs affirme que les méthodes
actuelles de transbordement du minerai entraînent des coûts
de production élevés qui « mettent en péril
la position concurrentielle de l'entreprise et menace des emplois
actuels et futures » a affirmé le vice-président
aux opérations.
Pour 2013, Cliffs a décidé de
réduire la production de la mine du Lac Bloom d'un million de
tonnes.
Cliffs Natural Resources est le plus important
producteur de boulettes de fer au monde. Ses revenus consolidés
en 2012 étaient de 1,5 milliard $. Ses deux plus gros clients
sont la Chine et les États-Unis. Elle vient d'acheter les
campements d'Arcelor Mittal au Mont-Wright pour 27 millions $.
IOC propriété de Rio Tinto fer est pour sa
part poursuivie par les Innus de la région de Sept-Îles
pour sa tentative d'ouvrir une nouvelle mine sans réaliser les
évaluations environnementales normalement requises. Par une
procédure judiciaire déposée le 22 juillet dernier
en Cour fédérale, concernant le projet Wabush 3,
situé à proximité du projet existant d'IOC dans
l'Ouest du Labrador. La minière IOC décrit son projet de
mine comme « un projet d'extraction d'eau souterraine »
pour les fins du processus fédéral d'évaluation
environnementale.
Le projet prévoit sortir du sol plus de 1,3
milliard de tonnes de terre et de minerai et doit s'étendre sur
une surface de 464 hectares (équivalent à 300 patinoires
de hockey de la LNH) soutiennent les Innus. À ce propos, le chef
de la première nation innue de Uashat mak Maniutenam, Mike
McKenzie, déclare : « IOC cherche à
réaliser leur nouveau projet à n'importe quel prix, y
compris au moyen d'une violation flagrante des lois canadiennes
environnementales. » Selon le Chef McKenzie, IOC serait la seule
compagnie minière qui opère sans entente avec son peuple,
alors que quatre ententes ont été signées avec
d'autres compagnies minières dont Arcelor Mittal.
En mars 2013, conjointement avec la communauté de
Matimekush-Lac John, une requête en Cour supérieure a
été déposée à Montréal
« visant à bloquer les activités d'IOC au
Québec et au Labrador et à récupérer la
somme de 900 millions $ ». Les autochtones estiment que les
vastes installations d'IOC et de sa filiale de transport ferroviaire
violent leurs droits ancestraux. La somme réclamée
représente leur estimation de leur quote-part des profits d'IOC
tirés depuis 1954 de ces installations « construites
illégalement ».
Rio Tinto est le deuxième producteur de fer au
monde. Rio Tinto fer a mis en vente toutes ses installations
minières au Québec. L'entreprise a aussi aboli 250
emplois à ses installations de Sorel-Tracy, dont une
cinquantaine de cadres qui perdent leur emploi de façon
définitive et 200 employés syndiqués avec
possibilité d'être réembauchés. Cette usine
de Rio Tinto Fer et Titane compte 1800 employés. Le
président de Rio Tinto, Sam Walsh, veut réduire de 5
milliards $ les coûts du géant minier au cours des deux
prochaines années.
Plusieurs entreprises ou groupes financiers sont en
liste pour acquérir les actions du géant minier Rio Tinto
dans la Compagnie minière IOC. Au Québec, la Caisse de
dépôt et placement figure parmi les acheteurs potentiels.
Le Régime de pensions du Canada s'est aussi montré
intéressé et il collabore avec la firme Apollo Management
dans cette optique.
Plus tôt cette année, six acquéreurs
figuraient sur la liste dont le Groupe Blackstone, Glencore Xstrata,
Teachers Pension Plan (Ontario), la Chinoise Minemetals. (Minemetals
est une société d'État chinoise comme Wisco,
propriétaire de Century Iron Mines qui détient le projet
minier à Attikamagen près de Shefferville). Yeck
Resources et Tata Steel, le premier aciériste de l'Inde sont
aussi en liste. Le groupe Tata est partenaire de New Millenium dans
l'exploitation des anciennes mines de fer de Schefferville. C'est un
projet majeur de plus de 5 milliards $ sur la Côte-Nord.
Rio Tinto évaluait en mars dernier la
minière canadienne à 8 milliards $ US. Elle
espérait en retirer entre 3,5 et 4 milliards de $ après
la vente de sa part de 58,7 % d'IOC.
La japonaise Mitsubishi en détient 26,2 % et
Labrador Iron Ore Corporation 15,1 %. La minière IOC
opère depuis plus de 50 ans des installations à Carol
Lake près de Labrador City et un chemin de fer de 500
kilomètres reliant la mine à Sept-Îles où
sont situées ses installations portuaires.
La minière Arcelor Mittal vend certains de ses
actifs québécois. Début juillet, elle a vendu la
majorité des bâtiments de son campement minier de
Mont-Wright près de Fermont, sur la Côte-Nord, à
Cliffs Natural Resources. Le campement est à quelques
kilomètres de la mine de fer du Lac Bloom opérée
par Cliffs. Il permet d'augmenter la capacité
d'hébergement de Cliffs à 800 chambres.
Arcelor Mittal a refusé d'expliquer pourquoi elle
cède un campement qu'elle a fait construire en 2011,
après avoir annoncé vouloir investir 2,1 milliards $ pour
l'expansion de sa mine de Mont-Wright. « On ne souhaite pas
commenter, c'est une transaction privée », a dit Catherine
De Grandpré, une porte-parole de l'entreprise.
Tata Steel Minerals Canada et New Millenium Iron ont
fait l'annonce le 11 juillet dernier de l'expédition de leur
premier chargement de minerai de fer, en provenance de la région
de Schefferville, en direction de Sept-Îles. Un chargement de 16
000 tonnes de concentré de fer a été
acheminé par le chemin de fer QNS-et-L vers les installations
portuaires de la minière IOC, à Sept-Îles. Tata
Steel Minerals et New Millenium Iron produiront 2 millions de tonnes de
fer en 2013. Une production de 7 millions de tonnes est prévue
par les 2 minières en 2015. New Millenium est partenaire
à 20 % dans ce projet.

Début des consultations
La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles du Québec a
débuté ses travaux le vendredi 23 août. Le
gouvernement Marois entend faire adopter le projet de loi 43 au cours
de l'automne. Ce projet de loi est la troisième version
présentée tant par le Parti libéral du
Québec (PLQ) que par le Parti Québécois pour
moderniser la loi des mines. « C'est une réforme qui est
nécessaire, qui va doter le Québec d'une loi moderne,
digne du développement économique d'aujourd'hui »,
dit la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet. Cette
réforme sera « un modèle de développement
minier responsable pour l'ensemble de la planète ».
Lors de la phase des « rencontres
particulières », les entreprises minières dont
Agnico-Eagle ont dénoncé le projet de loi 43 en affirmant
que « C'est pas un projet qui favorise le développement.
» Les minières dénoncent la possibilité que
le projet de loi accorde plus de pouvoir aux municipalités en
matière de développement minier. De son
côté, la ministre Ouellet entend accorder aux MRC le
pouvoir de délimiter des zones ou territoires «
incompatibles » ou « compatible sous conditions »
à l'activité minière.
Dans le projet de loi 43, le principe du libre
accès continuera de prévaloir. La ministre a
confirmé que les titres miniers déjà
accordés demeureraient actifs.
Lors de cette « rencontre particulière
», le groupe SECOR-KPMG a présenté son
mémoire. Le groupe plaide pour le retrait de l'obligation pour
les minières de réaliser une « étude de
faisabilité » économique concernant la
transformation des ressources naturelles extraites du sous-sol
québécois.
Comme les plus importants projets miniers en
développement au Québec sont conçus pour
l'exportation du minerai à l'état brut, la ministre
Ouellet insiste pour dire que « la transformation est susceptible
de créer trois ou quatre fois plus d'emplois que la simple
extraction. »

La restauration des sites miniers orphelins
Ce même 23 août, la ministre Martine Ouellet a
fait savoir qu'elle entend déposer « dans les prochaines
semaines » un plan d'action pour planifier la restauration des
centaines de sites miniers abandonnés. Le gouvernement Marois
entend payer la facture de 1,2 milliard $. Il renonce à la faire
partager à l'industrie minière qui a laissé
derrière elle 679 sites miniers contaminés, dont 181
sites d'explorations. Selon Québec, 50 de ces sites demandent
des travaux de décontamination qualifiés de «
majeurs ».
La ministre Ouellet justifie cette décision du
gouvernement Marois par le fait que « les entreprises
minières contribuent déjà aux finances de
l'État québécois par l'entremise des redevances
qu'elles versent. [...] On a décidé de mettre une
redevance. La redevance revient à l'État. Ensuite comment
utilise-t-on cette redevance ? La redevance peut aller dans les coffres
de l'État, dans le fonds des générations ou dans
le fonds consolidé. Après ça, c'est l'État
qui finance les différentes activités qu'il doit
financer. [...] Lorsqu'on va chercher des redevances, c'est de l'argent
qui entre dans les coffres de l'État. Ensuite, il y a une
gestion globale de l'État. Mais il n'y a pas de lien direct.
»
Entre 2007 et 2012, le gouvernement libéral de
Jean Charest a dépensé 70,5 millions $ pour la
restauration des sites abandonnés au Québec. À ce
rythme, il faudrait 80 ans pour mener les travaux à terme, selon
le quotidien Le Devoir.
Pour 2012-2013, les redevances touchées par le
gouvernement Marois seront d'environ 350 millions $.
Cette position du gouvernement Marois sur la
décontamination et restauration des sites miniers orphelins est
un revirement à 180 degrés par rapport aux positions
qu'il défendait dans l'opposition. Ni le gouvernement ni les
citoyens du Québec ne doivent payer pour les dégâts
causés par l'exploitation privée de nos ressources
naturelles. Le gouvernement doit faire payer ceux à qui cela
profite !

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