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Numéro 129 -
1er
septembre 2013
74e anniversaire de
l'invasion
hitlérienne de la Pologne
Falsifications au sujet des
visées nazies, alors et maintenant
1944: Des
partisans
polonais, membres de l'Armée populaire
polonaise (Armia Ludowa),
qui ont bravement combattu
aux côté de l'armée
soviétique au prix de
grands sacrifices pour libérer leur pays
et vaincre le fascisme
nazi
en Europe (Polish
Army Museum in
Warsaw)
74e anniversaire de l'invasion
hitlérienne de la Pologne
Falsifications au sujet des visées
nazies,
alors et maintenant
Le 1er septembre est le 74e anniversaire de
l'invasion
criminelle de la Pologne par l'Allemagne nazie.
L'expérience
directe de ceux qui ont subi cette invasion
et ses conséquences a été
falsifiée
à l'époque et elle l'est encore
aujourd'hui. Le but de la
falsification historique est de priver le peuple
de toute
possibilité de
mener une résistance organisée aux
crimes des
hitlériens d'aujourd'hui, tout comme ont
cherché à
le faire les hitlériens et ceux qui
conciliaient avec eux
à
l'époque.
Les peuples de Pologne, d'Europe et du monde
marquent
cette anniversaire aujourd'hui non sans se douter
que le 70e
anniversaire de la victoire des forces
antifascistes contre les hitlériens, les
fascistes et les
militaristes japonais durant la Deuxième
Guerre mondiale
approche rapidement et que le monde est à
nouveau confronté à ces mêmes
dangers. Il est
autant nécessaire de combattre la
désinformation
impérialiste aujourd'hui qu'il fut
nécessaire de
combattre la
désinformation nazie à
l'époque. Cela fait partie
de l'opposition à la thèse
réactionnaire selon
laquelle l'humanité est arrivée
à la fin de
l'histoire. La conception
de la fin de l'histoire prive les peuples du monde
de la conscience
nécessaire pour ouvrir la voie au
progrès de leur
société aujourd'hui.

Les nazis
paradent dans les rues de Varsovie
après
l'invasion de la Pologne le 30 septembre
1939.
|
Cette année l'anniversaire de l'invasion
de la
Pologne arrive à un moment où les
forces
réactionnaires, notamment celles qui
s'activent dans le
gouvernement
Harper, hausse le ton de la désinformation
au sujet du
communisme pour réhabiliter les criminels
de guerre nazis et les
faire passer pour des patriotes. Cela
se passe également au moment où les
cercles dominants au
Canada et ailleurs multiplient les attaques contre
les travailleurs et
ceux qui luttent pour leurs droits,
contre l'offensive antisociale
néolibérale. C'est dans ce
contexte que le président Obama et d'autres
parlent de lancer
des missiles contre la Syrie sous couvert
de nobles idéaux. On peut voir tous les
dangers que fait planer
cette frénésie guerrière.
Cela ne doit pas passer.
Les mensonges au sujet de l'Union
soviétique, de
Staline, de la Pologne et de la Deuxième
Guerre mondiale
aujourd'hui servent à briser l'effort des
peuples
pour bâtir un mouvement de résistance
à
l'impérialisme avant qu'il ne soit trop
tard. Sans opposition,
ces mensonges et ce bellicisme créent
l'angoisse et un
sentiment d'impuissance, de désespoir et
d'humiliation parce
qu'on voit les cercles dirigeants s'en sauver avec
d'horribles crimes
contre l'humanité. Les États-Unis,
leurs alliés et les forces de l'OTAN
commettent des invasions,
provoquent des guerres par forces
interposées et organisent des
massacres dans des pays
souverains pour faire tomber les régimes
qu'ils n'aiment pas et
consolider leur domination de vastes
régions du monde. Ils
recourent à la torture et à la
violation
flagrante des droits, ils envoient des drones
survoler des
régions à population dense et les
aires d'aviation
commerciale pour terroriser et épier les
gens, ils
commettent des assassinats ciblés par
roquettes
téléguidées et tuent des gens
sur une grande
échelle. Ils utilisent des armes chimiques
et d'autres armes
interdites
dans des opérations spéciales
menées avec des
mercenaires et commettent des actes criminels sans
discernement. Ils
imposent des changements de régimes en
blâmant leurs adversaires pour les crimes et
le chaos
provoqués par les grandes puissances
impérialistes.
L'anarchie, la violence et le crime deviennent
autant
de prétexte justifiant l'invasion et
d'autres atrocités.
Les peuples du monde ont combattu ces crimes
durant la
Deuxième Guerre mondiale au prix de grands
sacrifices pour
s'assurer que les hitlériens soient
vaincus une fois pour toutes. Mais la voie au
progrès a ensuite
été bloquée et le monde est
entré dans une
période de repli de la révolution
durant laquelle les
États-Unis et les grandes puissances de la
vieille Europe
imposent la régression sur tous les fronts,
dans leur
rivalité brutale pour la domination des
ressources
du monde, des zones d'exportation du capital et
des sources de
main-d'oeuvre à bon marché et le
contrôle de
sphères d'influence. Leur succès
dépend de leur
capacité à éliminer le
désir des peuples du
monde de devenir maîtres de leur destin,
leurs luttes pour leur
propre liberté, progrès et
prospérité. Dans
des pays
comme l'Estonie et la Lettonie, le nazisme est
ouvertement
réhabilité avec le consentement
tacite des cercles
dominants. Dans certains pays d'Europe, les
symboles communistes sont bannis. Au Canada, le
gouvernement Harper
finance et fait officiellement la promotion d'un
projet de monument
national à la
mémoire des nazis en tant que
« victimes du
communisme totalitaire ». L'oligarchie
financière et
ses gouvernements encouragent les forces nazies,
leur donnent des positions de pouvoir et les
incitent à
commettre des crimes en dehors des limites de la
loi. Les peuples ne
peuvent se permettre de ne pas
trouver une solution à ce problème.
Un premier pas est de
dire Non ! et que Non c'est non !
Faisons ensemble un pas
audacieux à la défense des
droits de tous.
Quand la Pologne a été envahie, ses
intellectuels ont été
massacrés en masse et ses
travailleurs ont été envoyés
dans des camps de
travaux forcés. Après
la guerre, la campagne anticommuniste a voulu
faire croire aux Polonais
secourus des camps de concentration que leurs
villages avaient
été rasés par les
communistes, que les communistes avaient
tué leurs vieillards et
avaient utilisé leurs ossements pour en
faire du savon. Beaucoup
des déplacés ont été
amenés
au Canada sous de faux prétextes, souvent
pour travailler dans
des mines dans le nord de l'Ontario, pour attaquer
les syndicats
organisés par les communistes.
Bon nombre des organisateurs syndicaux communistes
au Canada avaient
eux-mêmes été
emprisonnés durant la guerre
ou déportés en masse vers leur pays
d'origine à titre d'ennemis de
l'État à cause de
leur activité militante à la
défense des droits de
tous et de leur appui au projet
d'édification nationale de la
classe
ouvrière en Union soviétique.

Des
partisans de
l'Armée populaire polonaise
à Lubin (www.sww.w.szu.pl)
|
Dans les années soixante-dix, quand
l'Union
soviétique et les États-Unis ont
commencé leur
collaboration, ouvrant une période dite de
« détente », les
Canadiens d'origine
polonaise qui ne faisaient pas partie du
contingent de collaborateurs
nazis amenés au Canada après la
guerre
ont commencé à se rendre compte que
les récits de
la campagne anticommunistes n'étaient pas
vrais. Or, beaucoup de
temps avait passé et les leaders de leur
communauté bénéficiaient des
arrangements
libéraux de l'après-guerre
anticommuniste. La
communauté ne pouvait pas à cause de
cela faire le bilan
de son
expérience directe de la Deuxième
Guerre mondiale. Les
Polonais qui ont survécu les camps de
travaux forcés et
sont venus au Canada ont été
victimes de ceux
qui imposaient un rideau de silence sur
l'expérience directe des
Polonais qui avaient combattu aux
côtés des soldats
soviétiques contre l'invasion nazie. Le
silence
s'étendit à l'expérience de
ceux qui ont
été libérés par les
Soviétiques et
qui ont combattu dans les soulèvements
polonais, qui connaissent
les crimes des officiers
polonais renégats qui ont collaboré
avec les nazis et les
sionistes et trahi les Juifs et les Polonais et
tous les peuples
d'Europe. Aujourd'hui c'est
l'interprétation
nazie officielle de ces événements
qui est donnée
dans les cours d'histoire pour faire oublier
l'expérience
directe du peuple polonais et saper sa
capacité de se
battre aujourd'hui.
C'est à la jeune génération
qu'appartient la responsabilité
d'établir la
vérité sur ces
événements historiques et de
s'opposer à la falsification de l'histoire,
tout
comme ceux qui ont combattu les nazis se sont
opposés à
la falsification de l'histoire à leur
époque turbulente.
Ils ont combattu la falsification de l'histoire en
écrivant leur propre histoire, l'histoire
de la guerre
antifasciste, l'histoire de la victoire des
peuples dans leur
quête pour la liberté, la
démocratie et la justice.
Ils ont écrit cette histoire par leur
détermination et
ont vaincu l'ennemi par le courage et le
sacrifice. Mais l'histoire ne
cesse jamais d'avancer, ou de reculer.
Sans continuer la bataille contre les forces de la
réaction,
l'histoire des peuples peut être
faussée et mener à
des conclusions contraires à
l'expérience directe,
comme cela s'est produit en Union
soviétique et en Europe
où la réaction et même les
nazis reviennent au
pouvoir. Apprenons de cette histoire en nous
assurant
de faire échec à la falsification,
en nous assurant que
son objectif ne soit pas atteint, celui de rendre
les peuples
impuissants à défendre leurs droits
et les droits
de tous dans le contexte historique d'aujourd'hui.
Notre avenir est dans la défense des
droits de
tous ! Prenons les moyens nécessaires
pour faire
échec à l'activité des forces
antipeuple sur tous
les
fronts. Commençons par dire Non !
à la falsification
de l'histoire qui cherche à nous rendre
passifs, tout comme on
avait tenté de le faire au moment de
l'invasion de la Pologne il y a 74 ans. Plus
jamais !, cela
signifie prendre position contre
l'impérialisme et ses crimes de
guerre maintenant. Cela
veut dire empêcher la falsification de
l'histoire concernant les
crimes des agresseurs nazis d'hier. Cela veut dire
honorer
l'héroïsme et la résistance des
peuples
et de leurs dirigeants communistes qui ont permis
de remporter la
victoire dans la guerre antifasciste.

L'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie
Exécutions
de
Polonais par un Einsatagruppen nazis à
Leszno, en octobre
1939, peu après l'invasion. Ces
exécutions faisaient
partie de la
campagne
d'assassinats de masse qui a eu lieu dans tout
le pays. (Wikipedia)

Rafle de
Polonais
à Varsovie, pour les envoyer dans
des camps de concentration et
d'extermination. (Wikipedia
|
À quatre heures quinze le matin du 1er
septembre
1939, l'Allemagne nazie lançait son
invasion massive de la
Pologne. La Wehrmacht d'Hitler, comprenant
1 850 000 soldats, 3200 chars d'assaut, 2000
avions de combat et
11 navires de guerre — plus des deux tiers de
toute la force de
combat de
l'Allemagne — a détruit l'État
polonais et a
massacré le peuple polonais.[1]
Derrière la Wehrmacht suivaient les
Einsatzgruppen SS de Himmler, des unités
mobiles
d'extermination, spécialisées dans
les tueries de masse.
Les nazis ont perpétré en Pologne
les
pires crimes que l'histoire n'ait jamais connus.
De tous les pays
européens, c'est la Pologne qui a connu le
plus grand
nombre de victimes par rapport à sa
population. Un total
d'environ six millions de personnes ont
été tuées.
L'extermination directe par des assassinats de
masse,
dans les camps de la mort et par d'autres moyens a
coûté
la vie à plus de 1 750 000 Polonais.
À cela s'ajoute
les 2 700 000 Juifs polonais, les
2 000 000 enfants et jeunes, les 50 000 Roms
et les 12 000
personnes jugées comme mentalement
handicapées
tués par les forces nazies et les
milliers de prisonniers de guerre polonais,
soldats et officiers,
systématiquement exécutés. La
Schutzstaf
(SS) a exécuté plus de 40 000
intellectuels,
personnalités politiques et dirigeants
polonais au cours des six
premières semaines de l'occupation nazie.
Avant l'invasion,
à partir de mai 1939, l'opération
nazie
Tannenberg, qui faisait partie du Generalplan
Ost (terme
allemand pour « Schéma directeur
pour
l'Est ») avait permis d'identifier et
de recenser plus de 61 000 militants, membres
de l'intelligentsia,
universitaires, anciens officiers et autres devant
être
internés ou exécutés,
principalement
par les SS. L'assassinat de 5000 à 6000
Polonais à
Fordon, Bydgoszcz, en octobre et novembre
1939 est un exemple des
nombreux massacres commis
par les SS et la Werhmacht. D'autres exemples
incluent l'assassinat
de 4 143 officiers polonais
retrouvés dans des fosses
communes dans la forêt
de Katyn, crime pour lequel les nazis et leurs
collaborateurs ont
accusé les communistes à
l'époque et continuent de
le faire aujourd'hui afin de s'exonérer de
leurs crimes et de semer la confusion sur qui
étaient les
libérateurs et qui étaient les
criminels.
Les forces polonaises étaient en nombre
très inférieur à celles des
envahisseurs, mais
elles ont combattu avec courage. Les dirigeants de
l'État
polonais se
sont enfuis en Roumanie le 17 septembre, mais
l'esprit de
résistance du peuple est demeuré
fort. De nombreux
Polonais ont combattu courageusement
dans la résistance clandestine
dirigée par les
communistes. Ils ont formé leurs propres
divisions patriotiques
et ont combattu aux côtés de
l'Armée rouge contre
les nazis, jusqu'à Berlin.
À l'encontre des faits, les
hitlériens
blâment les Soviétiques pour ce qui
est arrivé au
peuple polonais et affirment que Staline a
signé un pacte avec
Hitler
lui abandonnant la Pologne et que Staline a envahi
la Pologne. En fait,
l'Armée soviétique n'est
entrée en territoire
polonais que le 17 septembre, après
l'effondrement de l'État polonais, la
désintégration de l'armée,
l'arrêt du
fonctionnement du gouvernement et la fuite des
dirigeants du pays. La
partie de la
Pologne que l'Union soviétique a
occupée était
constituée de territoires de l'Ukraine et
de la
Biélorussie que la Pologne avait
annexés de force pendant
la guerre
russo-polonaise de 1919-1921. La Pologne à
cette époque
faisait partie de l'alliance des 14 pays
envahisseurs
impérialistes qui a tenté, mais n'a
pas réussi,
à étrangler la
République soviétique socialiste
naissante.[2] Environ
8 % seulement de la population de l'Ukraine
et de la
Biélorussie était d'origine
polonaise.

Expulsions
de la
population par les nazis dans la
région de Zamosc en Pologne en
décembre 1942. (Wikipedia)
|
« Grâce à l'intervention
opportune de l'Union soviétique dans ces
territoires qui avaient
appartenu à l'État polonais
maintenant effondré,
Hitler dut
accepter une ligne de démarcation entre ses
troupes et
l'Armée rouge bien à l'ouest de la
frontière
russo-polonaise. »[3] L'Armée
rouge a sauvé
des millions
d'habitants d'Ukraine, y compris de nombreux
Polonais, et de la
Biélorussie du sort que Hitler
réservait au reste du
peuple polonais. Même Winston Churchill,
un anticommuniste virulent, a justifié
publiquement
l'entrée des Soviétiques en Pologne
orientale.
Les hitlériens d'aujourd'hui,
déguisés en démocrates,
continuent de
répandre l'odieux mensonge que
« l'Allemagne nazie et
l'Union soviétique ont
secrètement conspiré pour se
partager la
Pologne ». Ce mensonge, qui vise
à mettre l'Union
soviétique et l'Allemagne nazie sur un pied
d'égalité et à
discréditer et diviser le front
antifasciste dirigé par
les communistes, a d'abord été
énoncé par
Hitler lui-même dans le discours dans lequel
il déclare la
guerre
à l'Union soviétique, lorsqu'il fait
référence aux
« protocoles
secrets » sur le partage de la Pologne.
Puis après
leur défaite, les criminels de guerre
nazis jugés au procès de Nuremberg
ont ressuscité
les « protocoles secrets »
pour essayer
d'échapper au châtiment, mais leurs
prétentions ont
été rejetées
par le Présidium comme étant des
fabrications. C'est
seulement lorsque les États-Unis ont repris
le flambeau de
l'hitlérisme durant la Guerre froide et
sont
devenus les maîtres modernes de la technique
du gros mensonge de
Gobelet que l'invention de Hitler sur les
« protocoles
secrets » est devenue
un soi-disant fait historique.[4] Cela est
maintenant devenu la
propagande officielle au Canada.

Les
représailles collectives contre
ceux qui luttaient contre
l'occupation nazie s'exerçaient par
des pendaisons publiques,
des
exécutions de masse et d'autres
crimes contre le
peuple polonais. (Wikipedia)
|
Les faits historiques permettent de comprendre
pourquoi
Hitler a attaqué la Pologne. En 1939, la
Pologne était un
pays impérialiste formé sur les
ruines
de la Première Guerre mondiale par la
Grande-Bretagne et la
France par le Traité de Versailles de 1918.
L'État
polonais « avait entre autres pour
ambition
de s'accaparer des riches régions agricoles
de l'Ukraine et
d'étendre le territoire polonais 'd'une mer
à l'autre',
soit de la mer Baltique à la mer Noire.
[...] Les
propriétaires fonciers et la bourgeoisie de
la Pologne
rêvaient de restaurer l'empire polonais du
moyen
âge. »[5] Financés et
armés par les
monopoles
britanniques et français qui voulaient
regagner les profits et
privilèges dont les avaient privés
les forces
révolutionnaires des ouvriers et
paysans,[6] les dirigeants
polonais ont attaqué l'Union
soviétique en 1918, ont
occupé de grandes parties de l'Ukraine, de
la Biélorussie
et de la Lituanie. Pendant les
18 années
de domination polonaise semifasciste qui ont
suivi, les travailleurs
et les paysans de ces régions ont
été
exploités sauvagement par les
propriétaires fonciers
et les industriels polonais.
Alors que les nuages de guerre
interimpérialiste
s'accumulaient au-dessus de l'Europe, les cercles
dirigeants polonais
ont refusé de voir le monde tel qu'il
était, surtout les impérialistes
nazis allemands qui ne
cachaient pas leur ambition de conquérir
l'Europe pour ensuite
conquérir le monde, et leur racisme envers
les Polonais. L'élite polonaise
considérait la
Grande-Bretagne et la France comme leurs
alliés et l'Union
soviétique comme leur ennemie jurée.
Les
impérialistes
anglo-américains et français
voulaient assurer leur
propre rôle dans la domination du monde. Ils
adoptèrent la
politique d'apaisement envers Hitler pour
l'inciter
à se tourner vers l'est et à
attaquer l'Union soviétique,
au lieu d'organiser la sécurité
collective en
collaboration avec l'Union soviétique
contre les ambitions
expansionnistes connues de l'Allemagne nazie
vis-à-vis les
régions industrielles, agricoles et riches
en pétrole. Ils espéraient que les
nazis soient paralysés par une
guerre prolongée avec l'Union
soviétique plutôt que
de grossir par le vol des richesses de l'Union
soviétique.
Les dirigeants polonais espéraient
qu'Hitler
avance vers l'est et attaque l'Union
soviétique sans d'abord
s'emparer de la Pologne, que grâce aux
ravages de
la guerre, la Pologne pourrait s'emparer d'une
partie du territoire
soviétique. La Pologne a refusé de
régler les
questions frontalières en suspens,
maintenant la
ligne de défense soviétique contre
les nazis aussi
profondément que possible en territoire
soviétique, et a
refusé aux Soviétiques la permission
d'entrer en Pologne
pour stopper l'avance nazie. Au lieu de prendre
toutes les mesures
nécessaires pour se défendre contre
l'invasion nazie
imminente, les dirigeants polonais, qui
nourrissaient de grandes illusions sur les
intentions d'Hitler et
étaient aveuglés par
l'anticommunisme, ont
préféré se livrer à
des manoeuvres de basse-cour pour
avancer leurs intérêts privés.
En attaquant la Pologne, Hitler a profité
de la
politique anglo-américaine le poussant vers
l'est tout en
suivant son plan tel que décrit dans
Mein
Kampf, consistant à accroître
l'« espace
vital » (lebensraum) de
l'Allemagne en s'emparant
de l'Ukraine pour ensuite asservir
le monde entier. Hitler a fait connaître
clairement ses
intentions barbares envers la Pologne. Dix jours
seulement avant
l'attaque, dans son discours à
Olbersalzberg, il a donné à ses
généraux
l'instruction « d'envoyer à la
mort sans merci et
sans compassion les hommes, femmes et enfants
d'origine et
de langue polonaises. C'est seulement ainsi que
nous obtiendrons
l'espace vital dont nous avons
besoin. »[7] Tragiquement, la
Pologne a payé très cher
les ambitions impérialistes,
l'anticommunisme et le rejet de
l'aide soviétique par ses dirigeants
bourgeois.
Les nazis
avaient
établi de longue date un plan de
destruction et de
réorganisation de toute la Pologne, Ce
plan prévoyait
raser Varsovie.
Après l'écrasement
par les nazis de l'Insurrection de Varsovie
à l'automne de 1944,
le
chef des SS Heinrich Himmler a
déclaré lors d'une
conférence
d'officiers SS le
17 octobre 1944 : « La ville
doit
complètement disparaître de la
surface de la terre et servir seulement comme de
dépôt
de transport
pour
la Wehrmacht. Aucune pierre ne peut rester
debout. Tous les
bâtiments
doivent être rasés jusqu'à
leurs
fondations. » Sur la photo ci-dessus
prise en janvier
1945, on voit la ville de Varsovie
détruite à
85 %. Cette campagne de
destruction visait également à
faire un exemple des
partisans de
Varsovie
qui ont combattu si vaillamment jusqu'au bout,
pour que leur exemple ne
soit pas suivi par d'autres. (Wikipedia)
Aujourd'hui, le gouvernement Harper et les
cercles
dirigeants polonais réactionnaires
continuent de répandre
les mêmes mensonges qu'ont répandus
les nazis
et essaient de couvrir de boue les exploits de
l'Union
soviétique afin d'accuser les communistes
de crimes contre
l'humanité. Le 1er septembre 2009, le
président
de la Pologne, Lech Kaczynski, a appelé
à
« glorifier tous les soldats qui ont
combattu pendant la
Deuxième Guerre mondiale contre le nazisme
allemand
et le totalitarisme bolchevique ». Peu
après l'écrasement le 10 avril 2010
d'un avion polonais, près
de Smolensnk, dans lequel Kaczynski et
95 autres
personnes ont péri, a été
utilisé par les
dirigeants polonais et d'autres pour ressusciter
le vieux mensonge
selon lequel l'Union soviétique, et non les
nazis, a
perpétré le massacre de la
forêt de Katyn pendant
la guerre. Cette désinformation
délibérée a
pour but de faire oublier que les nazis ont
tué six millions de
Polonais et que c'est l'Armée rouge, avec
l'Armée
populaire polonaise alliée, qui a
finalement
libéré la Pologne de l'occupant
nazi.

Monument
aux
partisans polonais et aux combattants
antifascistes
allemands à Berlin. Le relief de
droite représente
un soldat
soviétique, un soldat de l'Armia
Ludowa (Armée du peuple de Pologne)
et un antifasciste allemand.
(Wikipedia,
Colin
Smith).
Notes `
1. Une grande partie de
l'équipement
militaire utilisé dans l'invasion a
été
fabriquée par des entreprises à
capitaux
américains, comme
Ford, General Motors et Focke Wulfe (ITT).
2. On estime que sept millions de Russes,
hommes, femmes et enfants,
ont été tués pendant
l'invasion de 1918.
3. Hardial Bains, Les causes et les
leçons de la Seconde
Guerre mondiale, 1990.
4. La Pologne avait conclu un pacte de
non-agression avec l'Allemagne
en janvier 1934, le premier État à
conclure une alliance
de ce genre avec le
gouvernement nazi.
5. Hardial Bains, ibid.
6. Cela comprend entre autres le monopole
pétrolier géant
Royal Dutch Shell, le conglomérat de
l'armement Metro-Vickers et
les grandes banques comme
Baring, Hambros et Crédit Lyonnais.
Herbert Hoover qui allait
bientôt devenir le président des
États-Unis avait
d'importants investissements en Russie
tsariste.
7. E.L. Woodward & Rohan Riftlep (eds.), Documents
on British
Foreign Policy : 1919-1939, 3rd
series (London : HMSO,
7 :258-260, 1954).

La Deuxième Guerre mondiale
Nous reproduisons un extrait du Chapitre XII
« La Deuxième Guerre
mondiale » du livre
de Michael Sayers et Albert E. Kahn La guerre
secrète contre la Russie
soviétique : La Grande
Conspiration.
* * *
[...]
Le 1er septembre 1939, les divisions
motorisées
nazies envahissaient la Pologne par sept points.
Deux jours
après, la Grande-Bretagne et la France
déclaraient la guerre à l'Allemagne.
En deux semaines, le
régime polonais qui, sous l'influence de la
clique
antisoviétique des
« Colonels »,
s'était
allié au nazisme, avait refusé
l'aide de l'U.R.S.S. et
s'était opposé à la
sécurité
collective, s'effondrait et les nazis balayaient
les débris
éparpillés de leur ancien
allié.
Le 17 septembre, tandis que les colonnes
nazies
sillonnaient la Pologne et que le gouvernement
polonais fuyait en
panique, l'Armée Rouge traversa
la frontière polonaise orientale
d'avant-guerre, occupa la
Biélorussie et l'Ukraine occidentales et la
Galicie, avant que
les blindés nazis ne les eussent atteintes.
Avançant rapidement vers l'Ouest,
l'Armée Rouge occupa
tout le territoire que la Pologne avait
annexé en 1920.
« Que les armées russes
dussent
tenir cette ligne, était
évidemment nécessaire
pour la sécurité de la Russie
devant la menace nazie,
déclara
Winston Churchill à la radio le 1er
octobre. Un front oriental a
été créé que
l'Allemagne nazie n'ose pas
attaquer. Quand von Ribbentrop a
été à Moscou la
semaine dernière, ce fut pour apprendre
et accepter le fait que
les projets nazis en ce qui concerne les Pays
baltes et l'Ukraine
devaient rester au point
mort ».
L'avance vers l'Ouest de l'Armée Rouge fut
la
première d'une série d'actions de
l'U.R.S.S. pour
contrebalancer l'extension du nazisme et
conçues dans le
but de renforcer son système
défensif en prévision
d'un inévitable conflit avec le IIIe Reich.
Au cours de la dernière semaine de
septembre et
des premiers jours d'octobre, le Gouvernement
soviétique signait
des pactes d'assistance mutuelle avec
l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Ces accords
stipulaient que des
garnisons de l'Armée Rouge et des bases
aériennes et navales
soviétiques seraient établies
dans les Pays baltes.
Mais au Nord, la Finlande demeurait un
allié
militaire puissant du IIIe Reich.
Le chef de l'armée finlandaise, le baron
von
Mannerheim était en rapports étroits
et permanents avec
le Haut Commandement allemand. De
fréquentes
conversations entre les deux états-majors
avaient lieu et des
officiers allemands contrôlaient
périodiquement les
manoeuvres militaires finlandaises. Le chef de
l'état-major finlandais, le
général Oesch, avait
reçu sa formation militaire en Allemagne,
comme son adjoint
principal, le général Ostermann qui
avait appartenu
à l'armée allemande pendant la
première guerre
mondiale.
Les relations politiques entre la Finlande et
l'Allemagne nazie étaient aussi
étroites. Le premier
ministre, le socialiste Ryti considérait
Hitler comme un
« génie » ; Per
Svinhubrud, un riche
germanophile qui avait reçu La Croix de fer
allemande,
était 1e plus puissant des personnages dans
les
coulisses de la politique finlandaise.
La ligne de
Mannerheim
(ligne de front en décembre 1939) est
indiquée ici par la
couleur mauve. La Finlande est au nord.
Les lignes rouges indiquent la position des
fortifications
finlandaises. La frontière entre la
Finlande et l'Union
soviétique
de 1918-1939 est indiquée par la ligne
verte.(www.northfort.ru)
Avec l'appui d'officiers et de techniciens
allemands, la
Finlande avait été
transformée en une puissante
forteresse pour servir de base de départ
à une invasion
de l'Union soviétique : on y avait
aménagé
23 aérodromes, capables de convenir
à dix fois plus
d'avions que n'en possédait l'armée
de l'air
finlandaise. Des techniciens allemands avaient
contrôlé la
construction de la ligne Mannerheim
étalée sur plusieurs
kilomètres de profondeur tout le long de
la frontière soviétique et ayant des
emplacements pour
l'artillerie lourde à un point qui
n'était qu'à
34 kms de Léningrad.
A la différence de la ligne Maginot, la
ligne
Mannerheim n'avait pas été
conçue uniquement dans
un but défensif, mais aussi pour servir de
lieu de
concentration à une importante masse
offensive. Alors que la
construction de la ligne Mannerheim s'achevait,
dans
l'été de 1939, le chef de
l'état-major d'Hitler,
le général Halder, vint d'Allemagne
donner à la
fortification une inspection finale.
Le Gouvernement soviétique proposa un
pacte
d'assistance mutuelle à la Finlande. Moscou
offrait de
céder plusieurs centaines de
kilomètres carrés de
territoire soviétique en Carélie
centrale en
échange de quelques îles finlandaises
d'intérêt stratégique
situées près de
Léningrad, d'une partie de l'isthme de
Carélie
et la location avec un bail de 30 ans du port de
Hangoe pour y
construire une base navale soviétique. Les
hommes d'État
soviétiques considéraient que ces
territoires avaient un intérêt
capital pour la
défense de la base de la Flotte Rouge de
Kronstadt et la ville
de Léningrad.
Au milieu de novembre, la clique germanophile qui
dominait le gouvernement finlandais rompit
brutalement les
négociations. À la fin du mois,
l'U.R.S.S.
et la Finlande étaient en guerre.
Les éléments antisoviétiques
d'Angleterre et de France crurent que l'heure de
la guerre sainte tant
attendue était enfin arrivée. La
guerre curieusement
passive
à l'Ouest contre l'Allemagne nazie
était une
« fausse guerre ». La vraie
guerre,
c'était celle de l'Est. En Angleterre, en
France, aux
États-Unis, une
intense campagne de propagande
antisoviétique se
déclencha sous le mot d'ordre d'
« aide à la
Finlande ».
Le premier ministre Chamberlain qui, peu de temps
auparavant, avait affirmé que son pays
manquait des armes
convenables pour lutter contre l'Allemagne
nazie, réussit à envoyer rapidement
à la Finlande
144 avions britanniques,
114 pièces d'artillerie
lourde, 185.000 obus, 50.000 grenades, 15.700
bombes d'avion, 100.000 capotes et
48 ambulances ; au moment
où l'armée française avait un
besoin urgent de
tout matériel militaire pour contenir
l'inévitable offensive nazie, le
gouvernement français
envoya à l'armée finlandaise
179 avions,
472 pièces d'artillerie, 795.000 obus,
5.100
mitrailleuses et 200.000 grenades à main.
Tandis qu'on s'endormait sur le front occidental,
le
Haut-Commandement anglais, encore dominé
par des officiers
antisoviétiques comme le
général Ironside,
dressa des plans pour l'envoi d'un corps
expéditionnaire de
100.000 hommes qui aurait traversé la
Scandinavie pour atteindre
la Finlande, tandis que le Haut-Commandement
français se
préparait à attaquer
simultanément le Caucase sous
le commandement du général Weygand,
qui déclarait
ouvertement que les
bombardiers français du Proche-Orient
étaient prêts
à frapper les champs
pétrolifères de Bakou.
Tous les jours, les journaux français et
anglais
annonçaient avec des titres flamboyants les
foudroyantes
victoires finlandaises et les catastrophiques
défaites
soviétiques. Mais, après trois mois
de combats sur un
terrain extraordinairement difficile et dans des
conditions
atmosphériques incroyablement dures
où la
température descendait souvent
jusqu'à 60° au-dessous
de 0, l'Armée Rouge avait anéanti
« l'imprenable » ligne
Mannerheim et mis en
déroute l'armée finlandaise.[1]
Parlant au Soviet suprême de l'U.R.S.S. le
29 mars 1940, Molotov déclara :
« L'Union soviétique qui a
battu
l'armée finlandaise et avait toute
possibilité d'occuper
la Finlande toute entière, ne l'a pas
fait et n'a exigé
aucune contribution de guerre à titre
d'indemnité, comme
eût agi toute autre puissance ; elle
a réduit au
minimum ses désidérata... Quelle
est l'idée
principale du traité de paix ? C'est
qu'il assure
dûment la sécurité de
Léningrad, ainsi que
celle de Mourmansk et du chemin de fer du
même
nom ».
La guerre non-déclarée de
l'Allemagne
nazie contre l'U.R.S.S. se poursuivait.
Le jour de la cessation des hostilités
soviéto-finlandaises, le
général Mannerheim
déclara dans une proclamation à
l'armée
finlandaise que « sa mission
sacrée est d'être un poste
avancé de la
civilisation occidentale à
l'Est ». Peu après,
le gouvernement finlandais entreprenait de
construire de nouvelles
fortifications le long de la nouvelle
frontière. Des techniciens
nazis vinrent d'Allemagne contrôler le
travail. D'importantes
commandes d'armement furent faites
à la Suède et à l'Allemagne.
Des formations
militaires allemandes arrivèrent en grand
nombre en Finlande.
Les commandements finlandais et allemands eurent
des quartiers-généraux uniques et
organisèrent des
manoeuvres militaires communes. Des centaines
d'agents nazis envahirent
les bureaux de l'ambassade
d'Allemagne à Helsinski et des onze
consulats de province.
L'assoupissement à l'Ouest cessa
tout-à-coup au printemps de 1940. Le
9 avril, les Allemands
envahissaient le Danemark et la Norvège. Le
Danemark
fut occupé en une journée, sans
résistance. A la
fin du mois, les nazis avaient brisé la
résistance
norvégienne et les troupes anglaises, qui
étaient venues
à l'aide
des Norvégiens, abandonnaient les quelques
bases
précaires qu'elles s'étaient
assurées. Un
régime nazi fantoche fut instauré
à Oslo avec le
major Quisling à
sa tête.

Les troupes nazies débarquent du
navire amiral Hipper
en Norvège en 1940.
(Wikipedia) |
Le 10 mai, Chamberlain leur offrait sa
démission
de premier ministre après avoir conduit son
pays à la
situation vraisemblablement la plus
désespérée de
sa longue histoire.
Le même jour, alors que le roi appelait
Winston
Churchill à constituer le nouveau Cabinet,
les armées
allemandes envahissaient la Hollande, la Belgique
et le Luxembourg. Le 4 mai, les Allemands
s'étaient
forcé un chemin, à travers une
résistance mise en
pièces, jusqu'à la Manche et avaient
divisé les
Alliés dans les Flandres.
La panique s'empara de la France. Partout, la Ve
Colonne
travaillait. Les soldats français
étaient
abandonnés par leurs officiers. Des
divisions entières se
trouvaient sans approvisionnement en
matériel de guerre. Paul
Reynaud déclara au Sénat que les
chefs de l'armée
française avaient commis d'
« inconcevables erreurs ».
Il
dénonçait « les
traîtres, les
défaitistes et les
lâches ». Un certain nombre
d'officiers supérieurs français
furent arrêtés mais ces arrestations
venaient trop tard.
La Ve colonne était déjà
maîtresse de la
France.
L'ancien ministre de l'Air Pierre Cot a
écrit
dans son livre Triomphe de la Trahison :
« ...Les fascistes
avaient champ
libre dans le pays et dans l'armée.
L'agitation anticommuniste
était un écran de fumée
derrière lequel
on préparait la grande conspiration
politique qui devait
paralyser la France et faciliter le travail
d'Hitler... Les instruments
les plus efficaces de la Ve colonne...
étaient Weygand, Pétain et Laval.
Au Conseil des
ministres qui se tint à Cangé,
prés de Tours, le
12 juin 1942, le général
Weygand pressa le
gouvernement de mettre fin à la guerre.
Son principal argument
était qu'une révolution communiste
avait
éclaté à Paris. Il
déclarait que Maurice
Thorez,
secrétaire général du Parti
communiste,
était déjà installé
à
l'Élysée. Georges Mandel, ministre
de l'Intérieur,
téléphona immédiatement au
préfet de police
de Paris qui démentit les
allégations de Weygand :
il n'y avait pas de troubles dans la ville et la
population
était calme... Dès qu'ils se
furent emparés
du pouvoir au milieu de la confusion de
l'effondrement, Pétain
et Weygand avec l'appui de Laval et de Darlan,
se hâtèrent
de supprimer toutes les libertés
politiques, de bâillonner le peuple et
d'instaurer un
régime fasciste ».
D'heure en heure, la confusion grandissait et la
débâcle s'aggravait, tandis que les
soldats
français se battaient
désespérément et que
le monde assistait à
la trahison à une échelle jamais vue
jusqu'alors...

Évacuation
des
troupes alliées à Dunkerque, en
France, pendant que la
France tombait aux mains des nazis
(Wikipedia)
Du 29 mai au 4 juin, l'armée
anglaise
évacuait ses troupes à Dunkerque,
sauvant
héroïquement 335.000 hommes.
Le 10 juin l'Italie fasciste déclarait la
guerre
à la France et à l'Angleterre.
Le 14 juin, Paris tombait et Pétain,
Weygand, Laval et l'hitléro-trotskiste
Doriot devenaient les
gouvernants fantoches de la France, aux ordres des
nazis.
Le 22 juin un armistice entre la France et
l'Allemagne était signé dans la
forêt de
Compiègne, dans le wagon même
où le maréchal
Foch avait dicté
les conditions de la capitulation aux Allemands
vaincus, vingt-deux ans
plus tôt.
Tandis que la France s'écroulait,
l'Armée
Rouge s'ébranlait à nouveau pour
renforcer les
défenses de l'U.R.S.S.
Au milieu de juin, devançant un putsch
nazi dans
les Pays baltes, les divisions blindées
soviétiques
occupaient l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie.
Le 27 juin, l'Armée Rouge
avançait en
Bessarabie et dans la Bukovine du nord, que la
Roumanie avait
arrachées aux Russes après la
Révolution.
L'U.R.S.S. et l'Allemagne nazie étaient
maintenant face à face sur leurs futurs
fronts de bataille.
Vers la fin de juillet, les nazis
lancèrent des
raids d'avions massifs sur Londres et d'autres
villes anglaises,
déversant des tonnes d'explosifs sur les
populations
civiles. Ces raids qui crûrent en
férocité au cours
du mois suivant, avaient pour but de terrifier et
de paralyser tout le
pays et de faire tomber rapidement sur
les genoux une Angleterre déjà
sérieusement
affaiblie.
Durant le
blitz nazi
à Londres, le 7 septembre 1940
(Wikipedia)
Mais de profonds changements s'étaient
produits
en Grande-Bretagne. La confusion et la division
qui avaient
résulté de la manière dont
Chamberlain avait
gouverné, avaient fait place à la
détermination et
à une unité nationale croissante.
Par delà
l'étroite Manche, le peuple anglais vit les
agissements de la Ve
colonne. Le gouvernement Churchill agit avec
célérité et
résolution. Scotland Yard et
l'Intelligence Service s'abattirent sur !es
agents nazis, les
fascistes
anglais et les promoteurs d'intrigues
secrètes de la Ve colonne.
Au cours d'une perquisition-éclair au
siège de Londres de
l'Union britannique des fascistes, les
autorités s'emparèrent de documents
importants et
arrêtèrent de nombreux agents de la
Ve colonne. Le chef du
Parti fasciste britannique, Sir Oswald Mosley,
fut arrêté à son domicile. Des
arrestations encore
plus sensationnelles suivirent : celles de
John Beckett, un ancien
membre du Parlement qui avait fondé
le pro-nazi et antisoviétique Parti
populaire ; le
capitaine Ramsay, membre conservateur du
Parlement ; E.D. Elan,
fonctionnaire du ministère de
la Santé, sa femme, et d'autres pro-nazis
et fascistes
influents. Une loi contre la trahison fut
votée,
prévoyant la peine de mort pour les
traîtres.
Montrant qu'il avait bien compris la leçon
de la
France et des procès de Moscou, le
gouvernement britannique
annonça en juillet 1940 l'arrestation de
l'amiral
Sir Barry Domvile, ancien chef de l'espionnage
naval. Domvile, ami de
Rosenberg et du général Hoffmann,
avait été
impliqué dans la plupart des conspirations
antisoviétiques depuis 1918. Au moment de
son arrestation,
Domvile était le chef d'une
société secrète
pro-nazie en Angleterre appelée The Link
(Le Lien) qui
était organisée avec l'appui de
Himmler, le chef de la
Gestapo.
S'étant assuré contre la trahison
intérieure, le peuple anglais fit face
à l'épreuve
de l'offensive aérienne nazie sans broncher
et en se
défendant. Dans la seule
journée du 17 septembre 1940, la
R.A.F. ne descendit pas
moins de 185 avions allemands au-dessus de
l'Angleterre.
Devant une résistance aussi courageuse
qu'inattendue, et pensant qu'il avait
l'Armée Rouge à ses
frontières orientales, Hitler
s'arrêta à la Manche
et n'envahit
pas les Iles britanniques.
L'année suivante était 1941. Une
atmosphère tendue d'attente planait sur
toute l'Europe, tandis
que l'U.R.S.S. et l'Allemagne nazie, les deux plus
grandes
puissances militaires du monde, se
préparaient à se
combattre.
Le 1er mars, les Allemands entraient à
Sofia et
la Bulgarie devint une base nazie.
Le 6 avril, après qu'une
révolte
populaire eût renversé le
régime du régent
Paul de Yougoslavie et que les agents nazis
eussent dû s'enfuir
du pays,
le gouvernement soviétique signait un pacte
de non-agression
avec le nouveau gouvernement yougoslave. Le
même jour,
l'Allemagne déclarait la guerre à la
Yougoslavie et l'envahissait.
Le 5 mai, Staline devenait le chef du
gouvernement
de l'U.R.S.S.[2]
A 4 heures du matin, le 22 juin 1941,
sans
aucune déclaration de guerre, les tanks
d'Hitler, son aviation,
son artillerie légère, ses
unités
motorisées et son infanterie étaient
lancés sur la
frontière de l'U.R.S.S. en un front
formidable s'étendant
de la Baltique à la mer Noire.
Dans la matinée, Goebbels lut à la
radio
la proclamation de guerre d'Hitler :
« Peuple allemand ! En ce
moment, se
déroule une offensive qui, tout bien
considéré,
peut être comparée aux plus grandes
que le monde
a vu jusqu'aujourd'hui. En liaison avec leurs
camarades finlandais, les
vainqueurs de Narvik tiennent l'Arctique. Des
divisions allemandes,
sous le
commandement du conquérant de la
Norvège, en
collaboration avec les héros de la lutte
pour la
libération de la Finlande, sous les
ordres de leur
maréchal,
protègent le territoire finlandais. Les
formations du front
oriental allemand s'étendent de la Prusse
Orientale aux
Carpates. Les soldats allemands et roumains
sont unis sous les ordres du chef de
l'État Antonesco, des rives
du Pruth aux régions inférieures
du Danube et aux rives
de la mer Noire. La tâche de ce front
n'est donc plus uniquement la protection de
pays, mais la sauvegarde de
l'Europe et, par là même, le salut
de tous ».
L'Italie, la Roumanie, la Hongrie et la Finlande
se
joignirent à la guerre nazie contre
1'U.R.S.S.
Des légions fascistes furent
recrutées en
France et en Espagne. Les armées unies
d'une Europe
contre-révolutionnaire avaient lancé
une guerre sainte
contre
les Soviets ; le plan du
général Hoffmann se
réalisait...
Le 7 décembre 1941, sans
avertissement, les
bombardiers et la marine de guerre du Japon
attaquaient les
États-Unis d'Amérique. Puis
l'Allemagne
nazie et l'Italie fasciste leur déclaraient
la guerre.
Le 9 décembre, dans une proclamation
du
peuple américain, le président
Roosevelt
déclarait :
« La route que le Japon a suivie
ces dix
dernières années en Asie, est
parallèle à
celle d'Hitler et de Mussolini en Europe et en
Afrique.
Aujourd'hui, elle est devenue bien plus que
parallèle. C'est une
collaboration si bien calculée que tous
les continents du monde,
et tous les océans sont
maintenant considérés par les
stratèges de l'Axe
comme un seul et gigantesque champ de bataille.
En 1931, le Japon envahissait le
Mandchoakouo, sans
avertissement.
En 1935, l'Italie envahissait
l'Éthiopie,
sans avertissement.
En 1938, Hitler occupait l'Autriche, sans
avertissement.
En 1939, Hitler envahissait la
Tchécoslovaquie, sans avertissement.
Encore en 1939, Hitler envahissait la
Norvège, le Danemark, la Hollande, la
Belgique et le Luxembourg,
sans avertissement.
En 1940, l'Italie attaquait la France, et
ensuite la
Grèce, sans avertissement.
En 1941, Hitler envahissait la Russie, sans
avertissement.
Et maintenant, le Japon a attaqué les
États malais et le Siam, et les
États-Unis, sans
avertissement.
Tout sur un modèle unique ».
Les masques sont jetés. La guerre
secrète
de l'axe anticomintern contre I'U.R.S.S.
s'était
transformée en une guerre mondiale contre
tous les peuples
libres.
Le 15 décembre 1941, dans un message
au
Congrès, le président Roosevelt
déclarait :
« En 1936, le gouvernement japonais
s'est
délibérément associé
à l'Allemagne,
en donnant son adhésion au pacte
anticomintern. Ce pacte, comme
nous le savons tous, était nominalement
dirigé contre
l'U.R.S.S. ; mais son but réel
était de constituer
une ligue des fascistes contre le monde libre,
notamment contre la
Grande-Bretagne, la France et les
États-Unis ».
La Deuxième Guerre mondiale était
entrée dans sa phase décisive et
finale en devenant un
conflit général entre les forces du
fascisme
international et les
armées unies de l'humanité
progressive.
Joseph Staline,
Franklin
D. Roosevelt et Winston Churchill à la
conférence de
Téhéran, une rencontre
stratégique des
forces alliées. Le principal produit de
la conférence fut
l'entente à l'effet d'ouvrir un
deuxième front contre
l'Allemagne nazie. (U.S. Army)
Notes
1. On lisait dans le rapport analytique de
l'Institut de Propagande de New-York, en juin
1940,
l'appréciation suivante :
« La
presse américaine a moins dit la
vérité et
débité plus de mensonges
fantastiques à propos de
la guerre de Finlande que sur aucun conflit
récent ».
2. Dans la nuit du samedi 10 mai 1941,
à
10h30 du soir, un avion Messerschmitt allemand
capota dans un champ
près du château de Dunravel, dans
le comté
de Lanark, en Écosse, qui appartenait au
jeune duc d'Hamilton. Un
ancien travailleur du domaine vit tomber
l'appareil ainsi qu'un
parachute descendant
lentement. Armé d'une fourche,
i1 courut pour trouver,
gisant sur le sol, un homme à la cheville
brisée.
C'était Rudolph Hess, messager d'Adolf
Hitler.
« Conduisez-moi au duc
d'Hamilton, dit
Hess en anglais. Je suis venu pour sauver
l'humanité ! » Hess
espérait, par
Hamilton et ses amis,
obtenir l'appui des conservateurs anglais dans
l'attaque de l'U.R.S.S.
par les nazis.
Sir Patrick Dollan, lord-maire de Glasgow
(Écosse) dit le 11 juin 1941 :
« Hess était
venu ici, dans l'idée qu'il pourrait
rester en Écosse
pendant deux jours, discuter de ses propositions
de paix avec un
certain groupe et recevoir de l'essence et des
cartes pour repartir en
Allemagne où il aurait
rapporté le résultat de ses
entretiens ».
Se référant à la
mission de
Hess dans son discours du 5 novembre 1941,
Staline
déclara : « Les Allemands
savaient que leur
politique
consistant à jouer sur les contradictions
entre les classes
sociales de certains États, et entre ces
États et le pays
des Soviets, avait déjà
donné des résultats
en
France, pays dont les gouvernants,
s'étant laissés
effrayer par l'épouvantail de la
révolution, avaient dans
leur frayeur jeté leur patrie aux pieds
d'Hitler et
abandonné la résistance. Les
stratèges fascistes
allemands pensaient qu'il en serait de
même de la Grande-Bretagne
et des États-Unis. C'est en somme dans ce
but que les fascistes allemands
envoyèrent en Angleterre le
fameux Hess, lequel devait décider les
hommes politiques anglais
à se joindre à la croisade
générale
contre l'U.R.S.S. Mais les Allemands se sont
cruellement
trompés ». Rudolph Hess resta
prisonnier du
gouvernement britannique.

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