Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 126 - 31 juillet 2013

Pour la dignité du travail!

Jusqu'où la dictature Harper est-elle prête à aller
pour attaquer les droits des travailleurs?

Pour la dignité du travail!
Jusqu'où la dictature Harper est-elle prête à aller pour attaquer les droits des travailleurs? - Jim Nugent

Base manufacturière, oui! Destruction nationale, non!
Les travailleurs de Bombardier évaluent ce qu'ils ont accompli avec leur grève - Entrevue avec Mario Lévesque, président du Syndicat des employés de Bombardier Transport La Pocatière

Ce sont nos ressources! À nous de décider!
Ressources naturelles Cliffs suspend ses projets dans le Cercle de feu - Rob Woodhouse

Appel du Sommet anti-impérialiste et anticolonialiste des peuples,
Bolivie, 31 juillet-2 août 2013

Pour la défense des droits humains et la pleine application des conventions et des traités internationaux régissant la coexistence entre les États

Avis aux lecteurs


Pour la dignité du travail!

Jusqu'où la dictature Harper est-elle prête à aller
pour attaquer les droits des travailleurs?

La nécessité de combattre sans répit la rétrogression fait partie de la vie maintenant. Dans la situation actuelle, à moins que les travailleurs ne s'engagent activement dans la lutte pour bloquer la rétrogression que la dictature Harper impose à la classe ouvrière, la destruction nationale se poursuivra. K.C. Adams écrit :

« Le secrétaire parlementaire de Harper, Pierre Poilièvre, et d'autres membres de son gouvernement, expriment le mépris de cette dictature envers l'équilibre et les droits de la classe ouvrière, non seulement lorsqu'ils attaquent certains aspects des conventions collectives du secteur public mais aussi les conventions collectives en général. Ils parlent des conventions collectives et des droits des travailleurs de façon dérisoire, prétendant que ces conventions et ces droits sont des obstacles à la productivité ou encore une entrave inutile voire même criminelle aux affaires économiques et au commerce. Ce sentiment antiouvrier, cette partialité et cette distorsion de ce qu'est l'économie socialisée mènent les détenteurs du capital à détruire les syndicats et les conventions collectives existantes par le pouvoir de leur autorité légale. Cette autorité légale et la pleine force de la machine d'État au Canada, au Québec et dans les provinces servent aussi à déclarer illégaux et à criminaliser les syndicats et leurs conventions collectives librement négociées. Comme si les projets de loi C-60 et C-377 n'étaient pas suffisants, le gouvernement Harper et les gouvernements d'autres juridictions décrètent sur une base quotidienne le retour au travail, criminalisant et mettant fin aux grèves en cours. »[1]

Cela démontre à quel point l'ordre du jour de Harper est rétrograde. Pour les harpériens, les conventions collectives et les droits des travailleurs sont autant d'« obstacles à la productivité ». Ils sont « une entrave inutile voire même criminelle aux affaires économiques et au commerce ». C'est la rétrogression qu'on a vue à l'oeuvre lorsque le gouvernement a eu recours à des lois spéciales, ou a menacé de le faire, contre les travailleurs du transport aérien, du rail et les postiers, sa soi-disant justification étant que l'économie souffre déjà sous l'effet de la crise mondiale et que la négociation collective libre rendrait l'économie encore plus vulnérable.

L'idée à l'effet que les syndicats sont une entrave criminelle au commerce est en fait un concept datant du 19ème siècle. Le fait que les harpériens aient recours à de tels concepts archaïques indique qu'ils considèrent que la fin du contrat social de l'après Deuxième Guerre mondiale est un fait accompli et qu'ils sont déterminés à aller encore plus loin dans leur rétrogression.

Les syndicats étaient légaux en Grande-Bretagne au début des années 1800, mais, au Canada, bien qu'ils existaient, les syndicats étaient considérés comme des combinaisons illégales qui entravaient le commerce. Jusqu'à l'adoption, en 1872, de la Loi sur les syndicats, les syndicalistes pouvaient être accusés de conspiration criminelle visant à entraver le commerce. Cette loi a été adoptée en réponse aux actions de masse et au soulèvement du mouvement ouvrier de ce temps. Par exemple un groupe d'imprimeurs de Toronto avaient été arrêtés et accusés de conspiration criminelle parce qu'ils avaient organisé une grève en appui au mouvement revendiquant la journée de neuf heures. L'agitation pour ce mouvement avait commencé à Hamilton et des actions d'appui avaient été organisées dans d'autres villes dont Toronto. D'importantes manifestations ont éclaté contre l'arrestation des imprimeurs et le parlement a adopté la Loi sur les syndicats le jour même où ils ont été déclarés coupables, question de tenter de calmer la situation.

Ces accusations d' « entrave au commerce » étaient aussi courantes aux États-Unis, jusqu'à la fin des années 1880. Avec le Sherman Anti-Trust Act de 1880, les grèves et éventuellement les syndicats et les syndicalistes eux-mêmes étaient déclarés « entrave illégale au commerce entre États ». Cette loi servait les grands capitalistes à combattre les campagnes d'organisation de masse menées par les travailleurs des importants secteurs industriels des États-Unis. L'usage le plus notoire de cette loi en a été fait en 1894, contre les travailleurs du rail et leur grève nationale, la grève Pullman, organisée par le Syndicat américain du rail (ARU) et son dirigeant Eugene Debs. Après que les tribunaux aient émis des injonctions contre les grévistes en vertu de loi Sherman, invoquant qu'ils entravaient le commerce entre États, le président Cleveland Grover a eu recours à l'armée nationale pour réprimer violemment la grève de l'ARU au nom de la nécessité de faire respecter les injonctions et il a fait emprisonner Debs pour outrage.

Avant la Première Guerre mondiale, au Canada et aux États-Unis, les gouvernements ont cherché à créer un équilibre. Il s'agissait essentiellement de décriminaliser les activités syndicales et de créer des instances favorisant la médiation et l'encadrement de la lutte de classe par l'intervention de divers tribunaux.

Aux États-Unis, le Clayton Anti-Trust Act de 1914 a exempté les activités des syndicats et des organisations d'agriculteurs qui, en vertu de la Loi antitrust Sherman, auraient été déclarées une entrave au commerce. Cela faisait partie des préparatifs du président Woodrow Wilson pour la Première Guerre mondiale. Il tentait par là de créer la paix sociale au pays et en particulier un équilibre avec les travailleurs qui était nécessaire à la production de guerre. La collaboration en temps de guerre avec les dirigeants de la Fédération américaine du travail est contenue dans la Loi antitrust Clayton :

« Le travail d'un être humain n'est pas une commodité ou un article de commerce. Les lois antitrust ne doivent aucunement porter atteinte à l'existence et au fonctionnement d'organisations syndicales, agriculturelles ou horticulturelles, ces organisations ayant comme raison d'être l'aide mutuelle et non le capital social ou la recherche du profit, ni ne doivent-elles empêcher ou entraver les membres individuels de ces organisations de mener à bien leur travail au sein de ces organisations en toute légalité. Ni ces organisations ne doivent-elles être accusées d'être des combinaisons illégales ou des éléments de conspiration visant à entraver le commerce en vertu des lois antitrust. »[2]

Les harpériens ont décidé que les intérêts de la minorité privilégiée qu'ils représentent sont mieux servis en ce moment en détruisant tout équilibre entre le capital et le travail qui repose sur la reconnaissance des droits et la dignité du travail. Jusqu'où les harpériens sont-ils prêts à aller dans leur rétrogression sur la question de la reconnaissance des droits des travailleurs ? Demandons-le aux travailleurs d'Alma, de Vale Inco, aux métallos et à tous ceux qui luttent pour leurs droits ? Ils nous diront que les harpériens ne vont pas s'arrêter tant que les capitalistes vont être capables de faire tout ce qu'ils font et s'en tirer !

Lorsque les travailleurs d'Alma ont demandé au président de leur syndicat jusqu'où Rio Tinto était prêt à aller dans la rétrogression, il a répondu qu'il n'y avait pas de limite. Il a dit que si le syndicat acceptait que les travailleurs travaillent sans être payés et qu'ils offraient même de payer cinq dollars pour que Rio Tinto les accepte dans l'usine, celui-ci en demanderait dix.

C'est aux travailleurs à priver les harpériens et les intérêts monopolistes qu'ils servent, du pouvoir de priver les travailleurs du droit de prendre possession de ce qui leur revient de droit.

Notes

1. La couronne au parlement, facteur de déséquilibre au Canada, troisième partie, K.C. Adams, TML Daily, le 21 juin 2013, no. 77.
2. Clayton Anti-Trust Act, 1914, article 17.

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Base manufacturière, oui! Destruction nationale, non!

Les travailleurs de Bombardier évaluent
ce qu'ils ont accompli avec leur grève


Assemblée des travailleurs de Bombardier le 4 décembre 2012 pour le vote sur l'acceptation du contrat.

Le Marxiste-Léniniste: Quelle évaluation le syndicat fait-il de la grève que vous avez menée à la fin 2012 et de la situation depuis ?

Mario Lévesque : Cela fait depuis le 6 décembre 2012 que nous sommes retournés au travail. Il faut se rappeler que nous avions 3 points principaux dans la grève. Premièrement, le régime de retraite. Notre régime de retraite est un régime à prestations déterminées, et depuis 2003, soit la convention de 2003 et celle de 2007, nos prestations étaient gelées. On voulait un rattrapage là-dessus. Deuxièmement, c'était la sous-traitance. Depuis la perte du contrat de Chicago en décembre 2009, cela nous préoccupait beaucoup en rapport à son impact sur l'économie régionale. On craignait pour l'avenir de l'usine. On voyait les pièces partir pour le Mexique et les États-Unis et il y avait la question des machines que Bombardier avait fait sortir en 2010-2011. Troisièmement, les travailleurs voulaient une augmentation raisonnable, mais les salaires n'étaient pas un enjeu aussi important que les deux premiers.

Nous sommes sortis en grève le premier novembre. Pendant la grève, Bombardier nous a fait une nouvelle offre qui nous donnait ce que nous demandions sur les pensions et proposait des augmentations salariales. Nous avons rejeté cette offre et je crois que Bombardier ne s'y attendait pas, son porte-parole a dit dans les journaux qu'il ne comprenait pas pourquoi nous poursuivions la grève. Il nous restait le gros point qui est la sous-traitance. Les travailleurs étaient très inquiets à ce sujet, et la population de la région aussi. Nous avions déjà fait des sorties publiques à cause des machines et de l'expertise qu'on avait perdues, l'employeur ne voulait plus remplacer les machines lorsqu'elles étaient usées. Il n'y avait plus d'acier noir qui était découpé ici à La Pocatière. Les gens s'étaient ancrés dans leur tête que l'usine était perdue à plus ou moins long terme si la saga de la sous-traitance et de la perte des machines se poursuivait.

Nous avons poursuivi la grève et en sommes arrivés à une entente. Nous avons réussi à bloquer la sous-traitance. L'employeur s'est engagé dans la convention collective à maintenir les machines qui étaient déjà dans l'usine et à maintenir le parc-machines en bon état et il s'est engagé à nous ramener des pièces qui se faisaient chez nous dans le passé et avaient été envoyées au Mexique. L'employeur s'est engagé également, et ça c'est une chose importante pour nous, à ne pas envoyer de travail en sous-traitance tant que nos machines ne marchent pas à plein régime. Ça c'est le gros point qu'on a réussi en ce qui concerne la sous-traitance. Nous avons gagné que nos machines restent ici et que nos charges-machines marchent au maximum. Ces gains sont importants pour nous et pour la région. Lorsque tu vois partir la technologie et l'expertise, à un certain point c'est l'avenir de l'usine lui-même qui est en jeu. Nous avons aussi gagné une bonne augmentation de nos prestations de retraite et des augmentations de salaires acceptables.

Notre rapport de force était bon. On était dans un bon moment. On fournit 3 usines, Thunder Bay, La Pocatière, Plattsburgh. On est 3 usines, même 4 en comptant le Mexique, c'était difficile de nous garder 4-5 mois en grève parce que les autres usines auraient cessé de fonctionner. Ça a aidé notre cause. Cela faisait 34 ans qu'on n'avait pas eu de grève ici à La Pocatière. Ce qui a animé les travailleurs et nous a donné notre rapport de force, c'est que les travailleurs se sont dit que si on ne faisait rien on allait à notre perte, une perte pour nous-mêmes et pour la région. Bombardier est important pour la masse salariale de la région, des grosses usines dans la région il n'y en a pas beaucoup. Bombardier a des sous-contractants dans la région, toute une série de petites et moyennes entreprises qui dépendent de lui. On avait fait des concessions en 2003, puis en 2007, pour sauver les emplois, et on les perdait quand même, les emplois quittaient. Tout cela a joué dans la balance pour bâtir notre rapport de force.

Il reste encore un point en litige mais qui ne faisait pas partie de la période de négociations. C'est le point concernant les pièces pour le métro de Montréal qui sont faites à l'extérieur. Nous avons une lettre d'entente du début 2010 qui dit que si l'employeur obtient le contrat du métro de Montréal, ce qu'il a obtenu, les pièces seront faites ici à La Pocatière. Nous estimons que l'employeur n'a pas respecté la lettre d'entente et nous sommes en arbitrage à ce sujet. Nous avons déjà tenu des journées d'arbitrage et il y a d'autres journées de prévues en juillet et septembre. Si on gagne à 100 % en arbitrage, cela va obliger l'employeur à acheter une nouvelle machine. Vous savez qu'on n'a plus de machines ici pour couper de l'acier noir, ils s'en sont départis. Si on gagne, l'employeur devra acheter une machine pour la découpe de l'acier noir ce qui ferait que notre acier noir arriverait en feuilles comme c'était le cas dans le temps et serait découpé chez nous au lieu d'arriver tout découpé.

Présentement, nous avons débuté le contrat de construction de la nouvelle flotte de 468 wagons pour le métro de Montréal. Nous travaillons en ce moment sur le montage des premières voitures, l'étape des prototypes est terminée.

Les travailleurs disent que nous avons obtenu un bon règlement, un bon règlement pour nous-mêmes et la région. L'ambiance est bonne à l'usine en ce moment. Les travailleurs se parlent plus qu'avant, les liens entre les travailleurs sont plus solides qu'avant. Il n'y a pas d'acrimonie à l'heure actuelle et la production va bon cours. L'employeur semble s'être acclimaté à la convention collective qui a été signée.

Une chose qui inquiète beaucoup les travailleurs et la population en ce moment, c'est la réforme de l'assurance-emploi. Nous-mêmes avons des travailleurs en mise à pied. Nous sommes une usine à contrats. Lorsqu'il y a des mises à pied, pour les plus jeunes qui sortent, parfois cela peut durer six mois, un an avant qu'ils soient rappelés. Il n'y en a pas d'ouvrage dans la région ici. Le travailleur qui est en mise à pied, il sait qu'il va revenir travailler chez Bombardier à un moment donné dans 3-4-5 mois. Maintenant, l'assurance-emploi ne va pas le laisser tranquille. Les petites PME sont encore plus inquiètes que les grandes compagnies, elles perdent leurs employés. On en entend parler à Montmagny, dans le Bas-Saint-Laurent. Les gens qui travaillent dans les érablières au printemps, qui travaillent dans la restauration, dans la sylviculture, tous ceux qui par leurs métiers ne travaillent pas l'hiver, ils vont aller travailler où ? C'est un gros sujet de discussion parmi nous.

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Ce sont nos ressources! À nous de décider!

Ressources naturelles Cliffs suspend ses projets dans le Cercle de feu

Ressources naturelles Cliffs est un monopole étasunien qui domine la production nord-américaine du minerai de fer et qui connaît ces dernières années une expansion agressive dans le secteur mondial du fer, de l'acier et des ferro-alliages. Mettre la main sur les ressources canadiennes et s'en servir dans sa concurrence sur les marchés internationaux est un élément clé de sa stratégie. En 2010, Cliffs a versé 500 millions $ à une compagnie d'exploration basée au Canada et qui avait découvert le gisement en question, pour détenir les droits sur la chromite dans les zones de minéralisation du nord de l'Ontario nommées Cercle de feu. La même année, Cliffs a acheté Consolidated Thompson pour 4 millions $, mettant la main sur une immense capacité de production de minerai de fer, ainsi que sur d'immenses réserves dans les champs de minerai de fer de l'est du Québec, de Terre-Neuve et du Labrador. Peu après ces acquisitions, Cliffs a annoncé qu'il allait investir des milliards de dollars supplémentaires pour rapidement augmenter la production dans les champs de minerai de fer du Labrador et commencer la production dans le Cercle de feu.

Cette activité de concurrence agressive de Cliffs et des autres monopoles miniers visant à prendre de l'expansion dans ce secteur a engendré un chaos sur les marchés, une instabilité des prix et une vulnérabilité à la manipulation des prix. Dans un cas particulier, en novembre 2012, les prix au comptant du minerai de fer ont chuté du jour au lendemain de 20 %. La production minérale de Cliffs au Labrador est vendue sur la base des prix au comptant, le rendant très vulnérable à une telle instabilité.

La situation fait en sorte que les projets d'investissements et d'acquisitions de Cliffs et d'autres monopoles miniers sont imprévisibles et non durables. Afin de protéger ses acquis face à ses rivaux, Cliffs a opté pour des stratégies de consolidation. Il a cessé d'acheter d'autres compagnies et s'est mis à vendre celles qu'il avait acquises. Il prolonge les délais des projets d'investissement déjà en place tout en réduisant leur ampleur. C'est ce qu'il fait au Labrador et dans le Cercle de feu alors que le 12 juin il annonçait qu'il suspendait le projet de développement des importantes ressources de chromite et de minerais connexes qu'il y contrôle. Cliffs a prolongé les délais pour le projet de développement du chromite trois fois en moins d'un an. Les résultats de l'étude de faisabilité et le début des travaux étaient prévus pour 2015, mais ont été remis en 2016 et ensuite 2017. Le projet est présentement à l'étape de l'évaluation environnementale et de la faisabilité, et Cliffs a annoncé que ces activités allaient être suspendues indéfiniment.

Cliffs a déjà modifié sa comptabilité, reconnaissant que 1 milliard $ de son investissement dans les acquisitions de Thompson était désormais une perte. Selon les médias, il envisage aussi une dévaluation de sa comptabilité touchant aux 500 millions $ qui ont servi à l'acquisition des droits minéraux de la chromite dans le Cercle de feu.

Les intérêts des peuples des Premières Nations dont les terres contiennent ces minéraux et des travailleurs du nord de l'Ontario ainsi que de tout le peuple de l'Ontario et du Canada sont niés dans ces transactions. Exerçant son droit intégral de monopole sur les ressources qu'il contrôle, Cliffs a pris la décision d'en suspendre le développement uniquement sur la base de ses propres intérêts privés corporatistes et sans tenir compte des vastes intérêts publics affectés par ces projets.

Cliffs avait commencé à repousser l'échéancier des premiers travaux peu après avoir annoncé l'an dernier qu'il allait investir 3,3 milliards $ dans l'ouverture d'une mine de chromite sur le territoire des Premières Nations, un territoire de 500 kilomètres au nord-est de Thunder Bay, ainsi que dans la construction d'une usine de transformation de minerai près de Sudbury. Ces annonces laissaient présager la création d'emplois et d'autres avantages pour les Premières Nations, des centaines d'emplois permanents dans les mines et les fonderies et des dizaines de milliers d'heures de travail dans la construction de l'usine et de l'infrastructure.

La question de où et quand les ressources minérales seront développées est une question de haute importance pour le peuple du nord de l'Ontario puisque leurs moyens de subsistance et l'avenir de leurs communautés dépendent de ce développement. Mais pour Cliffs, ce qui affecte d'abord ses décisions au sujet de quand, comment et si le Cercle de feu sera développé est comment ces décisions affectent sa position dans cette concurrence féroce pour la domination au sein des sections rivales de l'oligarchie financière internationale. Lorsque Cliffs a mis la main sur la ressource minérale de chromite du Cercle de feu, celle-ci est devenue un pion dans les enjeux mondiaux de Cliffs.

Dans le communiqué destiné aux médias annonçant la suspension de l'évaluation environnementale et de l'étude de faisabilité du Cercle de feu, Cliffs a cherché à diminuer l'ampleur du ralentissement dans l'industrie minière et métallurgique mondiale. Le chef de la division mondiale des ferro-alliages, Bill Bloor, a eu ces mots selon les médias : « Nous sommes vraiment enthousiastes pour ce projet et pour toutes les possibilités qui s'ouvrent pour Cliffs et pour le nord de l'Ontario. » Cliffs a fait porter le blâme pour la suspension des projets sur le gouvernement et sur les Premières Nations. La compagnie tente ainsi de transformer le besoin de prolonger l'échéancier de son projet à son avantage. En tenant le gouvernement et les Premières Nations responsables des délais, elle en exigera des concessions comme condition à respecter avant de reprendre les travaux.

La déclaration de Cliffs a identifié quatre points qui seraient à la source des « délais dans le processus d'évaluation environnementale du projet ainsi que de l'étude de faisabilité » :

- le délai dans l'approbation des termes de référence du processus d'évaluation environnementale provinciale ;

- l'incertitude qui plane sur le processus d’évaluation environnementale fédérale due aux contestations des Premières Nations affectées ;

- les litiges touchant aux droits de superficie non réglés suite à une audience du commissaire des terres en février 2013 [une dispute avec une autre compagnie minière au sujet de l'accès à un chemin menant à la zone minière] ;

- les ententes pas encore menées à terme avec le gouvernement ontarien, ententes qui sont incontournables pour la viabilité économique du projet.

Ce que Cliffs exige dans les trois premiers points, c'est que les lois touchant aux droits ancestraux, issus de traités et constitutionnels des Premières Nations, la protection environnementale ainsi que les droits de propriété des autres compagnies devraient disparaître pour lui laisser le champ libre. Le quatrième point touche au financement gouvernemental exigé par Cliffs et à un engagement en ce sens de construire 360 kilomètres de routes et de chemins de fer dans des conditions difficiles, de garantir l'approvisionnement de quantités importantes d'électricité requise pour les fourneaux électriques de fonderie de chromite et ce, à des prix réduits. Enfin, il s'agit de tout ce que Cliffs juge nécessaire pour rendre le projet « économiquement viable ».

Pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur qui mène la barque, Bloor a déclaré : « ...étant donné les questions actuelles non résolues, nous ne pouvons et nous refusons de faire avancer le processus car nous devons gérer nos ressources avec soin. »

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Appel du Sommet anti-impérialiste et anticolonialiste des peuples,
Bolivie, 31 juillet-2 août 2013

Pour la défense des droits humains et la pleine application des conventions et des traités internationaux régissant la coexistence entre les États


Manifestation en appui à la Bolivie et à son président Evo Morales le 3 juillet 2013 devant l'ambassade bolivienne à Caracas, au Venezuela

ATTENDU

Que les peuples d'Amérique latine ont été confrontés et résistent depuis plus de 500 ans aux agressions colonialistes et impérialistes des puissances mondiales dirigées par les États-Unis, qui ont pillé nos ressources naturelles et se sont appropriées le surplus généré par la sueur des travailleurs, des peuples et des nations autochtones de la Bolivie et de notre continent par le biais des sociétés transnationales opérant dans nos pays;

Que, encore aujourd'hui, les gouvernements de ces puissances impérialistes continuent d'imposer des politiques anti-travailleurs et anti-paysans au profit d'une poignée de sociétés transnationales, sans consultation avec les organisations sociales des paysans et des ouvriers salariés dans leur propre pays;

Que les gouvernements regroupés dans l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) se livrent tous les jours à des agressions armées sur des territoires souverains non seulement sur notre continent mais également sur le territoire de pays frères d'autres continents, comme récemment en Syrie et en Libye, sous le commandement des États-Unis;

Que ces dernières semaines, l'ancien agent de la CIA Edward Snowden et auparavant le directeur de Wikileaks, Julian Assange, ont dénoncé l'espionnage par les États-Unis non seulement de ceux qu'ils considèrent leurs ennemis mais également de leurs propres alliés;

Que ces allégations d'espionnage ont montré la gravité de la violation des droits fondamentaux des peuples du monde, y compris des citoyens américains et européens;

Que cet espionnage constitue une atteinte aux garanties minimales et aux libertés des États et des citoyens;

Que des conventions et des traités internationaux régissant la coexistence pacifique entre les États ont été établis au prix du sang versé et de luttes armées dans tous les pays du monde et c'est pourquoi leur respect et mise en application sont la garantie du respect des droits humains des peuples regroupés dans l'Organisation des Nations unies;

Que les gouvernements des États-Unis et les grandes puissances alliées violent constamment ces traités;



Il y a eu des actions de protestation partout dans le monde au début de juillet pour dénoncer l'acte de piraterie des États-
Unis et de leurs alliés contre le président Morales et pour exprimer l'appui des peules à la Bolivie et à son président.
Sur les pancartes: «Nous sommes tous boliviens» et «Fini l'humiliation!».

Que le 2 juillet 2013, ces violations ont dépassé les limites de ce qui est acceptable quand les gouvernements de l'Espagne, de la France, de l'Italie et du Portugal ont empêché l'avion présidentiel du chef d'État de la Bolivie, Evo Morales Ayma, de pénétrer dans leur espace aérien, un acte flagrant de terrorisme d'État, sur les ordres des États-Unis;

Que cet acte terroriste représente non seulement une grave menace à la vie du président Evo Morales Ayma, mais aussi un acte d'agression contre la dignité des peuples de la Bolivie et de l'Amérique latine;

Que, en tant qu'organisations sociales civiles des paysans, des peuples autochtones et des travailleurs de la Bolivie, de l'Amérique latine et du monde, cette agression infligée au président Evo Morales par les gouvernements des puissances impérialistes et colonialistes internationales porte atteinte à notre dignité.

IL EST RÉSOLU QUE

La Coordination nationale pour le changement (CONALCAM) qui regroupe la Centrale unitaire des syndicats des travailleurs agricoles de Bolivie (CSUTCB), la Centrale unitaire des syndicats des communautés interculturelles de la Bolivie (CSCIB), la Confédération nationale des femmes indigènes de Bolivie - Bartolina Sisa (CNMCIOB-BS), la Confédération des peuples autochtones de l'Est de la Bolivie (CIDOB), le Conseil d'Ayllus et Markas du Qullasuyu (CONAMAQ), la Confédération nationale des retraités de la Bolivie, du Syndicat unitaire de l'électricité et des télécommunications, l'Union fédérale des travailleurs du pétrole de la Bolivie, l'Union régionale des travailleurs d'El Alto, la direction nationale du Mouvement pour le socialisme, en tant que bras politique des organisations sociales, la Fédération nationale des coopératives minières de Bolivie, la Confédération nationale des enseignants des zones rurales de la Bolivie, la Confédération des boulangers de la Bolivie, Eau et le gaz de la Bolivie, la Confédération nationale des micro et petites entreprises de la Bolivie, la Confédération des syndicats des travailleurs d'usine de la Bolivie, la Confédération des travailleurs de l'éducation en milieu urbain de la Bolivie, la Confédération des syndicats des conducteurs de la Bolivie, la Fédération des syndicats des travailleurs des mines de Bolivie, le Conseil des fédérations paysannes des Yungas, PLANE, la Confédération nationale du transport gratuit, les six fédérations du Trópico de Cochabamba, la Guilde nationale, l'Assemblée nationale des parents d'élèves, l'Organisation sociale Juana Azurduy de Padilla et la Confédération nationale des assemblées de quartier de la Bolivie, se sont réunis à la Paz, en Bolivie, le 17 Juillet 2013, et au nom du mouvement des ouvriers et paysans mouvement de la Bolivie.

Lors d'une réunion d'urgence convoquée aujourd'hui, le 17 Juillet 2013, les organisations qui forment la Coordination nationale pour le changement (CONALCAM)

DÉCIDE

PREMIÈREMENT :

D'appeler toutes les organisations sociales anti-impérialistes et anticolonialistes des travailleurs urbains et ruraux, des paysans et les peuples autochtones et les nations du monde, les organisations de défense des droits humains, les personnes progressistes, les jeunes et les femmes, à un SOMMET INTERNATIONAL DES PEUPLES POUR LA DÉFENSE DES DROITS HUMAINS ET LA PLEINE APPLICATION DES CONVENTIONS ET TRAITÉS INTERNATIONAUX RÉGISSANT LA COEXISTENCE ENTRE LES ÉTATS, qui aura lieu le mercredi 31 juillet, le jeudi 1er août et le vendredi 2 août 2013 à Tiquipaya (Cochabamba), Bolivie.

DEUXIÈMEMENT :

Le programme de cette manifestation internationale anti-impérialiste et anticolonialiste est le suivant:

Analyse et condamnation de l'enlèvement du Président de l'État plurinational de Bolivie, Evo Morales Ayma

Appel à des mobilisations au niveau national dans les pays participants, et au niveau international, pour une action continentale coordonnée

Analyse et étude des effets et des conséquences de la présence de sociétés transnationales des pays impérialistes comme États-Unis, la France et l'Espagne, qui opèrent dans nos territoires

TROISIÈMEMENT :

Cet événement anti-impérialiste et anticolonialiste international se tiendra suivant les modalités de groupes de travail dont le contenu et le fond seront définis par un guide d'instructions internes établi en coordination entre la CONALCAM et le Pacte de l'Unité.

QUATRIÈMEMENT :

Chaque organisation doit inscrire ses représentants pour l'événement en suivant ses règlements et procédures internes, en fonction du calendrier suivant:

Mercredi 31 juillet et jeudi 1er août: débat en groupes de travail.

Vendredi 2 août: Plénière et grand rassemblement de clôture à la Viaducto de l'Av. Blanco Galindo.

Lancé dans la ville de La Paz le dix-septième jour de juillet 2013.

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Avis aux lecteurs

Le Marxiste-Léniniste ne paraîtra pas durant le mois d'août à moins de développements exceptionnels. Il reprendra sa parution normale le 2 septembre 2013, la Fête du travail.

Veuillez continuer de nous envoyer vos lettres, rapports, articles et photos. Ils apportent l'expérience directe de la jeunesse et des travailleurs sur des questions qui les préoccupent et que les médias monopolisés gardent complètement sous silence. Cela est indispensable à la publication du Marxiste-Léniniste. La quantité de matériel que nous recevons nous permet en échange d'envisager de créer une agence de nouvelles indépendante du Centre ouvrier dans un avenir non lointain.

Nous rappelons également à nos lecteurs de renouveler leur soutien financier pour cet important travail. Un chèque ou mandat peut être envoyé au Parti marxiste-léniniste du Canada, CP 666, Succursale « C », Montréal, QC H2L 4L5. Un reçu pour fin d'impôt est émis pour tout montant dépassant 20 $. La contribution maximale permise par la loi à un parti politique est de 1200 $ par année et seuls les individus peuvent donner. La loi vous autorise à réclamer une déduction d'impôt de 75 % pour les contributions de 0 à 400 $ à concurrence de 300 $ ; de 50 % pour les 350 % suivants à concurrence de 475 $ ; et de 33,3 % pour tout montant dépassant 750 $ à concurrence de 1200 $, pour une déduction maximale de 624,85 $.

Nos meilleurs voeux pour le reste de l'été. Continuez de vous battre pour vos droits et soyez prudents.

L'Équipe rédactionnelle et technique
Le Marxiste-Léniniste

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