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Numéro 126 -
31
juillet 2013
Pour la dignité du
travail!
Jusqu'où la dictature
Harper
est-elle prête à aller
pour attaquer les droits des travailleurs?
Pour
la
dignité
du
travail!
• Jusqu'où la
dictature Harper est-elle
prête à aller pour attaquer les
droits des travailleurs? - Jim Nugent
Base
manufacturière, oui! Destruction
nationale, non!
• Les travailleurs de
Bombardier
évaluent ce qu'ils ont accompli avec leur
grève
- Entrevue avec Mario Lévesque,
président du Syndicat des employés
de Bombardier
Transport La Pocatière
Ce sont nos
ressources! À nous de décider!
• Ressources naturelles
Cliffs suspend ses
projets dans le Cercle de feu - Rob
Woodhouse
Appel
du
Sommet
anti-impérialiste
et anticolonialiste des peuples,
Bolivie, 31 juillet-2 août 2013
• Pour la défense
des droits humains et
la pleine application des conventions et des
traités
internationaux régissant la coexistence
entre les États
• Avis aux lecteurs
Pour la dignité du travail!
Jusqu'où la dictature Harper est-elle
prête à aller
pour attaquer les droits des travailleurs?
- Jim Nugent -
La
nécessité de
combattre sans
répit la rétrogression fait partie
de la vie maintenant.
Dans la situation actuelle, à moins que les
travailleurs ne
s'engagent activement dans la lutte pour bloquer
la
rétrogression que la dictature Harper
impose à la classe
ouvrière, la destruction nationale se
poursuivra. K.C. Adams
écrit :
« Le secrétaire parlementaire
de
Harper, Pierre Poilièvre, et d'autres
membres de son gouvernement,
expriment le mépris de cette dictature
envers l'équilibre
et les droits de la classe ouvrière, non
seulement lorsqu'ils
attaquent certains aspects des conventions
collectives du secteur
public mais aussi les conventions collectives en
général.
Ils parlent des conventions collectives et des
droits des travailleurs
de façon dérisoire,
prétendant que ces conventions
et ces droits sont des obstacles à la
productivité ou
encore une entrave inutile voire même
criminelle aux affaires
économiques et au commerce. Ce sentiment
antiouvrier, cette
partialité et cette distorsion de ce qu'est
l'économie
socialisée mènent les
détenteurs du capital
à détruire les syndicats et les
conventions collectives
existantes par le pouvoir de leur autorité
légale. Cette
autorité légale et la pleine force
de la machine
d'État au Canada, au Québec et dans
les provinces servent
aussi à déclarer illégaux et
à criminaliser
les syndicats et leurs conventions collectives
librement négociées. Comme si les
projets de loi C-60 et
C-377 n'étaient pas suffisants, le
gouvernement Harper et
les gouvernements d'autres juridictions
décrètent sur une
base quotidienne le retour au travail,
criminalisant et mettant fin aux
grèves en cours. »[1]
Cela démontre à quel point l'ordre
du jour
de Harper est rétrograde. Pour les
harpériens, les
conventions collectives et les droits des
travailleurs sont autant
d'« obstacles à la
productivité ».
Ils sont « une entrave inutile voire
même criminelle
aux affaires économiques et au
commerce ». C'est la
rétrogression qu'on a
vue à l'oeuvre lorsque le gouvernement a eu
recours à des
lois spéciales, ou a menacé de le
faire, contre les
travailleurs du transport aérien, du rail
et les postiers, sa
soi-disant justification étant que
l'économie souffre
déjà sous l'effet de la crise
mondiale et que la
négociation collective libre rendrait
l'économie encore
plus vulnérable.
L'idée à l'effet que les syndicats
sont
une entrave criminelle au commerce est en fait un
concept datant du
19ème siècle. Le fait que les
harpériens aient
recours à de tels concepts archaïques
indique qu'ils
considèrent que la fin du contrat social de
l'après
Deuxième Guerre mondiale est un fait
accompli et qu'ils sont
déterminés à aller encore
plus loin dans leur rétrogression.
Les syndicats étaient légaux en
Grande-Bretagne au début des années
1800, mais, au
Canada, bien qu'ils existaient, les syndicats
étaient
considérés comme des combinaisons
illégales qui
entravaient le commerce. Jusqu'à
l'adoption, en 1872, de la
Loi sur les syndicats, les syndicalistes
pouvaient être
accusés de conspiration
criminelle visant à entraver le commerce.
Cette loi a
été adoptée en réponse
aux actions de masse
et au soulèvement du mouvement ouvrier de
ce temps. Par exemple
un groupe d'imprimeurs de Toronto avaient
été
arrêtés et accusés de
conspiration criminelle parce
qu'ils avaient organisé une grève en
appui au mouvement
revendiquant la journée de
neuf heures. L'agitation pour ce mouvement avait
commencé
à Hamilton et des actions d'appui avaient
été
organisées dans d'autres villes dont
Toronto. D'importantes
manifestations ont éclaté contre
l'arrestation des
imprimeurs et le parlement a adopté la Loi
sur les syndicats
le jour même où ils ont
été
déclarés coupables, question de
tenter de calmer la situation.
Ces accusations d' « entrave au
commerce » étaient aussi
courantes aux
États-Unis, jusqu'à la fin des
années 1880. Avec
le Sherman Anti-Trust Act de 1880, les
grèves et
éventuellement les syndicats et les
syndicalistes
eux-mêmes étaient
déclarés
« entrave illégale au commerce
entre
États ». Cette loi
servait les grands capitalistes à combattre
les campagnes
d'organisation de masse menées par les
travailleurs des
importants secteurs industriels des
États-Unis. L'usage le plus
notoire de cette loi en a
été fait en 1894, contre les
travailleurs du rail et leur
grève nationale, la grève Pullman,
organisée par
le Syndicat américain du rail (ARU) et son
dirigeant Eugene
Debs. Après que les tribunaux aient
émis des injonctions
contre les grévistes en vertu de loi
Sherman, invoquant qu'ils
entravaient le
commerce entre États, le président
Cleveland Grover a eu
recours à l'armée nationale pour
réprimer
violemment la grève de l'ARU au nom de la
nécessité de faire respecter les
injonctions et il a fait
emprisonner Debs pour outrage.
Avant la Première Guerre mondiale, au
Canada et
aux États-Unis, les gouvernements ont
cherché à
créer un équilibre. Il s'agissait
essentiellement
de décriminaliser les activités
syndicales et de
créer des instances favorisant la
médiation et
l'encadrement de la lutte de classe par
l'intervention de divers
tribunaux.
Aux États-Unis, le Clayton Anti-Trust
Act
de 1914 a exempté les activités
des syndicats et des
organisations d'agriculteurs qui, en vertu de la Loi
antitrust
Sherman, auraient été
déclarées une
entrave au commerce. Cela faisait partie des
préparatifs du
président Woodrow Wilson pour la
Première Guerre
mondiale.
Il tentait par là de créer la paix
sociale au pays et en
particulier un équilibre avec les
travailleurs qui était
nécessaire à la production de
guerre. La collaboration en
temps de guerre avec les dirigeants de la
Fédération
américaine du travail est contenue dans la
Loi antitrust
Clayton :
« Le travail d'un être humain
n'est pas
une commodité ou un article de commerce.
Les lois antitrust ne
doivent aucunement porter atteinte à
l'existence et au
fonctionnement d'organisations syndicales,
agriculturelles ou
horticulturelles, ces organisations ayant comme
raison d'être
l'aide mutuelle et non le capital social ou la
recherche du
profit, ni ne doivent-elles empêcher ou
entraver les membres
individuels de ces organisations de mener à
bien leur travail au
sein de ces organisations en toute
légalité. Ni ces
organisations ne doivent-elles être
accusées d'être
des combinaisons illégales ou des
éléments de
conspiration visant à entraver le commerce
en vertu des lois
antitrust. »[2]
Les harpériens ont décidé
que les
intérêts de la minorité
privilégiée
qu'ils représentent sont mieux servis en ce
moment en
détruisant tout équilibre entre le
capital et le travail
qui repose sur la reconnaissance des droits et la
dignité du
travail. Jusqu'où les harpériens
sont-ils prêts
à aller dans leur rétrogression sur
la question de la
reconnaissance
des droits des travailleurs ? Demandons-le
aux travailleurs
d'Alma, de Vale Inco, aux métallos et
à tous ceux qui
luttent pour leurs droits ? Ils nous diront
que les
harpériens ne vont pas s'arrêter tant
que les capitalistes
vont être capables de faire tout ce qu'ils
font et s'en
tirer !
Lorsque les travailleurs d'Alma ont
demandé au
président de leur syndicat jusqu'où
Rio Tinto
était prêt à aller dans la
rétrogression,
il a répondu qu'il n'y avait pas de limite.
Il a dit que si le
syndicat acceptait que les travailleurs
travaillent sans être
payés et qu'ils offraient même de
payer cinq dollars pour
que Rio Tinto les accepte dans
l'usine, celui-ci en demanderait dix.
C'est aux travailleurs à priver les
harpériens et les intérêts
monopolistes qu'ils
servent, du pouvoir de priver les travailleurs du
droit de prendre
possession de ce qui leur revient de droit.
Notes
1. La couronne au parlement, facteur de
déséquilibre au Canada,
troisième partie, K.C.
Adams, TML Daily, le 21 juin
2013, no. 77.
2. Clayton Anti-Trust Act, 1914,
article 17.

Base manufacturière, oui!
Destruction nationale, non!
Les travailleurs de Bombardier évaluent
ce
qu'ils ont accompli avec leur grève
- Entrevue avec Mario
Lévesque,
président du Syndicat des employés
de Bombardier
Transport La Pocatière -

Assemblée des travailleurs de Bombardier
le 4 décembre
2012 pour le vote sur l'acceptation du contrat.
Le
Marxiste-Léniniste: Quelle
évaluation
le syndicat fait-il de la grève que vous
avez menée
à la fin 2012 et de la situation depuis ?
Mario Lévesque :
Cela
fait depuis le 6 décembre 2012 que nous
sommes retournés
au travail. Il faut se rappeler que nous avions 3
points principaux
dans la grève. Premièrement, le
régime de
retraite. Notre régime de retraite est un
régime à
prestations déterminées, et depuis
2003, soit la
convention de 2003 et celle de 2007, nos
prestations étaient gelées. On
voulait un rattrapage
là-dessus. Deuxièmement,
c'était la
sous-traitance. Depuis la perte du contrat de
Chicago en
décembre 2009, cela nous préoccupait
beaucoup en rapport
à son impact sur l'économie
régionale. On
craignait pour l'avenir de l'usine. On voyait les
pièces partir
pour le Mexique et les États-Unis et il y
avait la question des machines que Bombardier
avait fait sortir en
2010-2011. Troisièmement, les travailleurs
voulaient une
augmentation raisonnable, mais les salaires
n'étaient pas un enjeu
aussi important que les deux premiers.
Nous sommes sortis en grève le premier
novembre.
Pendant la grève, Bombardier nous a fait
une nouvelle offre qui
nous donnait ce que nous demandions sur les
pensions et proposait des
augmentations salariales. Nous avons rejeté
cette offre et je
crois que Bombardier ne s'y attendait pas, son
porte-parole a dit dans
les journaux qu'il ne
comprenait pas pourquoi nous poursuivions la
grève. Il nous
restait le gros point qui est la sous-traitance.
Les travailleurs
étaient très inquiets à ce
sujet, et la population
de la région aussi. Nous avions
déjà fait des
sorties publiques à cause des machines et
de l'expertise qu'on
avait perdues, l'employeur ne voulait plus
remplacer les machines
lorsqu'elles étaient usées. Il n'y
avait plus d'acier
noir qui était découpé ici
à La
Pocatière. Les gens s'étaient
ancrés dans leur
tête que l'usine était perdue
à plus ou moins long
terme si la saga de la sous-traitance et de la
perte des machines se
poursuivait.
Nous avons poursuivi la grève et en sommes
arrivés à une entente. Nous avons
réussi à
bloquer la sous-traitance. L'employeur s'est
engagé dans la
convention collective à maintenir les
machines qui
étaient déjà dans l'usine et
à maintenir le
parc-machines en bon état et il s'est
engagé à
nous ramener des pièces qui se faisaient
chez nous dans le
passé et avaient été
envoyées au Mexique.
L'employeur s'est engagé également,
et ça c'est
une chose importante pour nous, à ne pas
envoyer de travail en
sous-traitance tant que nos machines ne marchent
pas à plein
régime. Ça c'est le gros point qu'on
a réussi en
ce qui concerne la sous-traitance. Nous avons
gagné que nos
machines restent ici et
que nos charges-machines marchent au maximum. Ces
gains sont importants
pour nous et pour la région. Lorsque tu
vois partir la
technologie et l'expertise, à un certain
point c'est l'avenir de
l'usine lui-même qui est en jeu. Nous avons
aussi gagné
une bonne augmentation de nos prestations de
retraite et des
augmentations de salaires
acceptables.
Notre rapport de force était bon. On
était
dans un bon moment. On fournit 3 usines, Thunder
Bay, La
Pocatière, Plattsburgh. On est 3 usines,
même 4 en
comptant le Mexique, c'était difficile de
nous garder 4-5 mois
en grève parce que les autres usines
auraient cessé de
fonctionner. Ça a aidé notre cause.
Cela faisait 34 ans
qu'on n'avait pas
eu de grève ici à La
Pocatière. Ce qui a
animé les travailleurs et nous a
donné notre rapport de
force, c'est que les travailleurs se sont dit que
si on ne faisait rien
on allait à notre perte, une perte pour
nous-mêmes et pour
la région. Bombardier est
important pour la masse salariale de la
région, des grosses
usines dans la région il n'y en a pas
beaucoup. Bombardier a des
sous-contractants dans la région, toute une
série de
petites et moyennes entreprises qui
dépendent de lui. On avait
fait des concessions en 2003, puis en 2007, pour
sauver les
emplois, et on les perdait quand même, les
emplois quittaient.
Tout cela a joué dans la balance pour
bâtir notre rapport
de force.
Il reste encore un point en litige mais qui ne
faisait
pas partie de la période de
négociations. C'est le point
concernant les pièces pour le métro
de Montréal
qui sont faites à l'extérieur. Nous
avons une lettre
d'entente du début 2010 qui dit que si
l'employeur obtient le
contrat du métro de Montréal, ce
qu'il a obtenu, les
pièces seront faites ici à
La Pocatière. Nous estimons que l'employeur
n'a pas
respecté la lettre d'entente et nous sommes
en arbitrage
à ce sujet. Nous avons déjà
tenu des
journées d'arbitrage et il y a d'autres
journées de
prévues en juillet et septembre. Si on
gagne à 100 % en
arbitrage, cela va obliger l'employeur à
acheter une nouvelle
machine. Vous savez qu'on n'a
plus de machines ici pour couper de l'acier noir,
ils s'en sont
départis. Si on gagne, l'employeur devra
acheter une machine
pour la découpe de l'acier noir ce qui
ferait que notre acier
noir arriverait en feuilles comme c'était
le cas dans le temps
et serait découpé chez nous au lieu
d'arriver tout
découpé.
Présentement, nous avons
débuté le
contrat de construction de la nouvelle flotte de
468 wagons pour le
métro de Montréal. Nous travaillons
en ce moment sur le
montage des premières voitures,
l'étape des prototypes
est terminée.
Les travailleurs disent que nous avons obtenu un
bon
règlement, un bon règlement pour
nous-mêmes et la
région. L'ambiance est bonne à
l'usine en ce moment. Les
travailleurs se parlent plus qu'avant, les liens
entre les travailleurs
sont plus solides qu'avant. Il n'y a pas
d'acrimonie à l'heure
actuelle et la production va bon cours.
L'employeur
semble s'être acclimaté à la
convention collective
qui a été signée.
Une chose qui inquiète beaucoup les
travailleurs
et la population en ce moment, c'est la
réforme de
l'assurance-emploi. Nous-mêmes avons des
travailleurs en mise
à pied. Nous sommes une usine à
contrats. Lorsqu'il y a
des mises à pied, pour les plus jeunes qui
sortent, parfois
cela peut durer six mois, un an avant qu'ils
soient rappelés. Il
n'y en a pas d'ouvrage dans la région ici.
Le travailleur qui
est en mise à pied, il sait qu'il va
revenir travailler chez
Bombardier à un moment donné dans
3-4-5 mois. Maintenant,
l'assurance-emploi ne va pas le laisser
tranquille. Les petites PME
sont encore plus inquiètes que les grandes
compagnies, elles
perdent leurs employés. On en entend
parler à Montmagny, dans le
Bas-Saint-Laurent. Les gens qui
travaillent dans les érablières au
printemps, qui
travaillent dans la restauration, dans la
sylviculture, tous ceux qui
par leurs métiers ne travaillent pas
l'hiver, ils vont aller
travailler où ? C'est un gros sujet de
discussion parmi nous.

Ce sont nos ressources! À
nous de
décider!
Ressources naturelles Cliffs suspend ses projets
dans
le Cercle de feu
- Rob Woodhouse -
Ressources naturelles Cliffs est un monopole
étasunien qui domine la production
nord-américaine du
minerai de fer et qui connaît ces
dernières années
une
expansion agressive dans le secteur mondial du
fer, de l'acier et des
ferro-alliages. Mettre la main sur les ressources
canadiennes et s'en
servir dans sa
concurrence sur les marchés internationaux
est un
élément clé de sa
stratégie. En 2010, Cliffs
a versé 500 millions $ à une
compagnie d'exploration
basée au
Canada et qui avait découvert le gisement
en question, pour
détenir les droits sur la chromite dans les
zones de
minéralisation du nord de l'Ontario
nommées
Cercle de feu. La même année, Cliffs
a acheté
Consolidated Thompson pour 4 millions $, mettant
la main sur une
immense capacité de production de minerai
de fer, ainsi que sur d'immenses réserves
dans les champs de
minerai de fer de l'est du Québec, de
Terre-Neuve et du Labrador. Peu après ces
acquisitions,
Cliffs a annoncé qu'il allait investir des
milliards de dollars
supplémentaires pour rapidement augmenter
la production dans les
champs de minerai de fer du
Labrador et commencer la production dans le Cercle
de feu.
Cette
activité de
concurrence agressive de Cliffs
et des autres monopoles miniers visant à
prendre de l'expansion
dans ce secteur a engendré un chaos sur
les marchés, une instabilité des
prix et une
vulnérabilité à la
manipulation des prix. Dans un
cas particulier, en novembre 2012, les prix au
comptant du minerai
de fer ont chuté du jour au lendemain de 20
%. La production
minérale de Cliffs au Labrador est vendue
sur la base des prix
au comptant, le rendant très
vulnérable à une telle
instabilité.
La situation fait en sorte que les projets
d'investissements et d'acquisitions de Cliffs et
d'autres monopoles
miniers sont imprévisibles et non durables.
Afin
de protéger ses acquis face à ses
rivaux, Cliffs a
opté pour des stratégies de
consolidation. Il a
cessé d'acheter d'autres compagnies et
s'est mis à vendre
celles
qu'il avait acquises. Il prolonge les
délais des projets
d'investissement déjà en place tout
en réduisant
leur ampleur. C'est ce qu'il fait au Labrador et
dans le
Cercle de feu alors que le 12 juin il
annonçait qu'il
suspendait le projet de développement des
importantes ressources
de chromite et de minerais connexes qu'il
y contrôle. Cliffs a prolongé les
délais pour le
projet de développement du chromite trois
fois en moins d'un an.
Les résultats de l'étude de
faisabilité et le
début
des travaux étaient prévus pour
2015, mais ont
été remis en 2016 et ensuite 2017.
Le projet est
présentement à l'étape de
l'évaluation
environnementale et de
la faisabilité, et Cliffs a annoncé
que ces
activités allaient être suspendues
indéfiniment.
Cliffs a déjà modifié sa
comptabilité, reconnaissant que 1 milliard
$ de son
investissement dans les acquisitions de Thompson
était
désormais une perte. Selon
les médias, il envisage aussi une
dévaluation de sa
comptabilité touchant aux 500 millions $
qui ont servi à
l'acquisition des droits minéraux de la
chromite dans
le Cercle de feu.
Les intérêts des peuples des
Premières Nations dont les terres
contiennent ces
minéraux et des travailleurs du nord de
l'Ontario ainsi que de
tout le peuple
de l'Ontario et du Canada sont niés dans
ces transactions.
Exerçant son droit intégral de
monopole sur les
ressources qu'il contrôle, Cliffs a pris la
décision d'en
suspendre le développement uniquement sur
la base de ses propres
intérêts privés corporatistes
et sans tenir compte
des vastes intérêts publics
affectés par ces
projets.
Cliffs avait commencé à repousser
l'échéancier des premiers travaux
peu après avoir
annoncé l'an dernier qu'il allait investir
3,3 milliards $ dans
l'ouverture
d'une mine de chromite sur le territoire des
Premières Nations,
un territoire de 500 kilomètres au nord-est
de Thunder Bay,
ainsi que dans la construction d'une
usine de transformation de minerai près de
Sudbury. Ces annonces
laissaient présager la création
d'emplois et d'autres
avantages pour les Premières Nations,
des centaines d'emplois permanents dans les mines
et les fonderies et
des dizaines de milliers d'heures de travail dans
la construction de
l'usine et de
l'infrastructure.
La question de où et quand les ressources
minérales seront développées
est une question de
haute importance pour le peuple du nord de
l'Ontario puisque
leurs moyens de subsistance et l'avenir de leurs
communautés
dépendent de ce développement. Mais
pour Cliffs, ce qui
affecte d'abord ses décisions au sujet
de quand, comment et si le Cercle de feu sera
développé
est comment ces décisions affectent sa
position dans cette
concurrence féroce pour la domination au
sein des sections rivales de l'oligarchie
financière
internationale. Lorsque Cliffs a mis la main sur
la ressource
minérale de chromite du Cercle de feu,
celle-ci est devenue un pion dans les enjeux
mondiaux de Cliffs.
Dans le communiqué destiné aux
médias annonçant la suspension de
l'évaluation
environnementale et de l'étude de
faisabilité du Cercle
de feu, Cliffs a
cherché à diminuer l'ampleur du
ralentissement dans l'industrie
minière et métallurgique mondiale.
Le chef de la division
mondiale des ferro-alliages, Bill Bloor,
a eu ces mots selon les médias : «
Nous sommes vraiment
enthousiastes pour ce projet et pour toutes les
possibilités qui
s'ouvrent pour Cliffs et pour le nord
de l'Ontario. » Cliffs a fait porter le
blâme pour la
suspension des projets sur le gouvernement et sur
les Premières
Nations. La compagnie tente ainsi de
transformer le besoin de prolonger
l'échéancier de son
projet à son avantage. En tenant le
gouvernement et les
Premières Nations responsables des
délais, elle
en exigera des concessions comme condition
à respecter avant de
reprendre les travaux.
La déclaration de Cliffs a
identifié
quatre points qui seraient à la source des
« délais
dans le processus d'évaluation
environnementale du projet ainsi
que
de l'étude de faisabilité » :
- le délai dans l'approbation des termes
de
référence du processus
d'évaluation
environnementale provinciale ;
- l'incertitude qui plane sur le processus
d’évaluation environnementale
fédérale due
aux contestations des Premières Nations
affectées ;
- les litiges touchant aux droits de superficie
non
réglés suite à une audience
du commissaire des
terres en février 2013 [une dispute avec
une autre compagnie
minière au sujet de l'accès à
un chemin menant
à la zone minière] ;
- les ententes pas encore menées à
terme
avec le gouvernement ontarien, ententes qui sont
incontournables pour
la viabilité économique du projet.
Ce que Cliffs exige dans les trois premiers
points,
c'est que les lois touchant aux droits ancestraux,
issus de
traités et constitutionnels des
Premières Nations,
la protection environnementale ainsi que les
droits de
propriété des autres compagnies
devraient
disparaître pour lui laisser le champ libre.
Le quatrième
point
touche au financement gouvernemental exigé
par Cliffs et
à un engagement en ce sens de construire
360 kilomètres
de routes et de chemins de fer dans des
conditions difficiles, de garantir
l'approvisionnement de
quantités importantes
d'électricité requise pour
les fourneaux électriques de fonderie de
chromite et ce,
à des prix réduits. Enfin, il s'agit
de tout ce que
Cliffs juge nécessaire pour rendre le
projet «
économiquement viable ».
Pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté
sur qui
mène la barque, Bloor a
déclaré : «
...étant donné les questions
actuelles non
résolues, nous ne pouvons et nous
refusons de faire avancer le processus car nous
devons gérer nos
ressources avec soin. »

Appel du Sommet
anti-impérialiste
et
anticolonialiste des peuples,
Bolivie, 31 juillet-2 août 2013
Pour la défense des droits humains et la
pleine
application des conventions et
des traités internationaux régissant
la coexistence entre
les États
Manifestation en
appui
à la Bolivie et à son
président Evo Morales le 3
juillet 2013 devant l'ambassade bolivienne
à Caracas, au
Venezuela
ATTENDU
Que les peuples d'Amérique latine ont
été confrontés et
résistent depuis plus de
500 ans aux agressions colonialistes et
impérialistes des
puissances mondiales
dirigées par les États-Unis, qui ont
pillé nos
ressources naturelles et se sont
appropriées le surplus
généré par la sueur des
travailleurs, des peuples
et des nations
autochtones de la Bolivie et de notre continent
par le biais des
sociétés transnationales
opérant dans nos pays;
Que, encore aujourd'hui, les gouvernements de ces
puissances impérialistes continuent
d'imposer des politiques
anti-travailleurs et anti-paysans au profit
d'une poignée de sociétés
transnationales, sans
consultation avec les organisations sociales des
paysans et des
ouvriers salariés dans leur propre pays;
Que les gouvernements regroupés dans
l'Organisation du traité de l'Atlantique
Nord (OTAN) se livrent
tous les jours à des agressions
armées sur des
territoires souverains non seulement sur notre
continent mais
également sur le territoire de pays
frères d'autres
continents, comme récemment en Syrie et en
Libye, sous le commandement des États-Unis;
Que ces dernières semaines, l'ancien agent
de la
CIA Edward Snowden et auparavant le directeur de
Wikileaks, Julian
Assange, ont dénoncé l'espionnage
par les États-Unis non seulement de ceux
qu'ils
considèrent leurs ennemis mais
également de leurs propres
alliés;
Que ces allégations d'espionnage ont
montré la gravité de la violation
des droits fondamentaux
des peuples du monde, y compris des citoyens
américains
et européens;
Que cet espionnage constitue une atteinte aux
garanties
minimales et aux libertés des États
et des citoyens;
Que des conventions et des traités
internationaux
régissant la coexistence pacifique entre
les États ont
été établis au prix du sang
versé et de
luttes armées
dans tous les pays du monde et c'est pourquoi leur
respect et mise en
application sont la garantie du respect des droits
humains des peuples
regroupés dans
l'Organisation des Nations unies;
Que les gouvernements des États-Unis et
les
grandes puissances alliées violent
constamment ces
traités;

Il y a eu des
actions de
protestation partout dans le monde au
début de juillet pour
dénoncer l'acte de piraterie des
États-
Unis et de leurs alliés contre le
président Morales et
pour exprimer l'appui des peules à la
Bolivie et à son
président.
Sur les pancartes: «Nous sommes tous
boliviens» et
«Fini l'humiliation!».
Que le 2 juillet 2013, ces violations ont
dépassé les limites de ce qui est
acceptable quand les
gouvernements de l'Espagne, de la France, de
l'Italie et du
Portugal ont empêché l'avion
présidentiel du chef
d'État de la Bolivie, Evo Morales Ayma, de
pénétrer dans leur espace
aérien, un acte flagrant
de terrorisme
d'État, sur les ordres des
États-Unis;
Que cet acte terroriste représente non
seulement
une grave menace à la vie du
président Evo Morales Ayma,
mais aussi un acte d'agression contre la
dignité
des peuples de la Bolivie et de l'Amérique
latine;
Que, en tant qu'organisations sociales civiles
des
paysans, des peuples autochtones et des
travailleurs de la Bolivie, de
l'Amérique latine et du monde, cette
agression infligée au président Evo
Morales par les
gouvernements des puissances impérialistes
et colonialistes
internationales porte atteinte à notre
dignité.
IL EST RÉSOLU QUE
La Coordination nationale pour le changement
(CONALCAM) qui regroupe la Centrale unitaire des
syndicats des
travailleurs agricoles de Bolivie
(CSUTCB), la Centrale unitaire des syndicats des
communautés
interculturelles de la Bolivie (CSCIB), la
Confédération
nationale des femmes indigènes de
Bolivie - Bartolina Sisa (CNMCIOB-BS), la
Confédération
des peuples autochtones de l'Est de la Bolivie
(CIDOB), le Conseil
d'Ayllus et Markas du Qullasuyu
(CONAMAQ), la Confédération
nationale des
retraités de la Bolivie, du Syndicat
unitaire de
l'électricité et des
télécommunications,
l'Union fédérale des
travailleurs du pétrole de la Bolivie,
l'Union régionale
des travailleurs d'El Alto, la direction nationale
du Mouvement pour le
socialisme, en tant que bras
politique des organisations sociales, la
Fédération
nationale des coopératives minières
de Bolivie, la
Confédération nationale des
enseignants des zones rurales
de la Bolivie, la Confédération des
boulangers de la
Bolivie, Eau et le gaz de la Bolivie, la
Confédération
nationale des micro et petites entreprises de la
Bolivie,
la Confédération des syndicats des
travailleurs d'usine
de la Bolivie, la Confédération des
travailleurs de
l'éducation en milieu urbain de la Bolivie,
la
Confédération des syndicats des
conducteurs de la
Bolivie, la Fédération des syndicats
des travailleurs des
mines de Bolivie, le Conseil des
fédérations paysannes
des Yungas, PLANE, la Confédération
nationale du
transport gratuit, les six
fédérations du Trópico
de Cochabamba, la Guilde nationale,
l'Assemblée nationale
des parents d'élèves, l'Organisation
sociale Juana
Azurduy de Padilla et la
Confédération nationale des
assemblées de quartier de la Bolivie, se
sont réunis
à
la Paz, en Bolivie, le 17 Juillet 2013, et au nom
du mouvement des
ouvriers et paysans mouvement de la Bolivie.
Lors d'une réunion d'urgence
convoquée
aujourd'hui, le 17 Juillet 2013, les organisations
qui forment la
Coordination nationale pour le changement
(CONALCAM)
DÉCIDE
PREMIÈREMENT :
D'appeler toutes les organisations sociales
anti-impérialistes et anticolonialistes des
travailleurs urbains
et ruraux, des paysans et les peuples autochtones
et les nations du monde, les organisations de
défense des droits
humains, les personnes progressistes, les jeunes
et les femmes,
à un SOMMET
INTERNATIONAL DES PEUPLES POUR LA DÉFENSE
DES DROITS HUMAINS ET
LA PLEINE APPLICATION DES CONVENTIONS ET
TRAITÉS
INTERNATIONAUX RÉGISSANT LA COEXISTENCE
ENTRE LES ÉTATS,
qui aura lieu le mercredi 31 juillet, le jeudi 1er
août et le
vendredi 2 août 2013
à Tiquipaya (Cochabamba), Bolivie.
DEUXIÈMEMENT :
Le programme de cette manifestation
internationale anti-impérialiste et
anticolonialiste est le
suivant:
Analyse et condamnation de l'enlèvement
du
Président de l'État plurinational de
Bolivie, Evo Morales
Ayma
Appel à des mobilisations au niveau
national
dans les pays participants, et au niveau
international, pour une action
continentale coordonnée
Analyse et étude des effets et des
conséquences de la présence de
sociétés
transnationales des pays impérialistes
comme États-Unis,
la France et l'Espagne,
qui opèrent dans nos territoires
TROISIÈMEMENT :
Cet événement
anti-impérialiste et anticolonialiste
international se tiendra
suivant les modalités de groupes de travail
dont le contenu et
le fond seront
définis par un guide d'instructions
internes établi en
coordination entre la CONALCAM et le Pacte de
l'Unité.
QUATRIÈMEMENT :
Chaque organisation doit inscrire ses
représentants pour
l'événement en suivant ses
règlements et procédures internes,
en fonction du
calendrier
suivant:
Mercredi 31 juillet et jeudi 1er août:
débat en groupes de travail.
Vendredi 2 août: Plénière et
grand
rassemblement de clôture à la
Viaducto de l'Av. Blanco
Galindo.
Lancé dans la ville de La Paz le
dix-septième jour de juillet 2013.

Avis aux lecteurs
Le Marxiste-Léniniste ne
paraîtra
pas durant le mois d'août à moins de
développements
exceptionnels. Il reprendra sa parution normale le
2 septembre 2013, la Fête du travail.
Veuillez continuer de nous envoyer vos lettres,
rapports, articles et photos. Ils apportent
l'expérience directe
de la jeunesse et des travailleurs sur des
questions qui les préoccupent et que les
médias
monopolisés gardent complètement
sous silence. Cela est
indispensable à la publication du Marxiste-Léniniste.
La
quantité
de
matériel que nous recevons nous permet en
échange d'envisager de créer une
agence de nouvelles
indépendante du Centre ouvrier
dans un avenir non lointain.
Nous rappelons également à nos
lecteurs de
renouveler leur soutien financier pour cet
important travail. Un
chèque ou mandat peut être
envoyé au Parti
marxiste-léniniste du Canada, CP 666,
Succursale
« C », Montréal, QC
H2L 4L5. Un
reçu pour fin d'impôt est émis
pour tout montant
dépassant
20 $. La contribution maximale permise par la loi
à un
parti politique est de 1200 $ par
année et seuls les
individus peuvent donner. La loi vous
autorise à réclamer une
déduction d'impôt de
75 % pour les contributions de 0 à
400 $ à
concurrence de 300 $ ; de 50 % pour
les 350 % suivants à concurrence de
475 $ ; et de
33,3 % pour tout montant dépassant
750 $ à
concurrence de 1200 $,
pour une déduction maximale de
624,85 $.
Nos meilleurs voeux pour le reste de
l'été. Continuez de vous battre pour
vos droits et soyez
prudents.
L'Équipe
rédactionnelle et technique
Le Marxiste-Léniniste

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