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Numéro 121 -
24
juillet 2013
Réunion du Conseil de
la
Fédération à
Niagara-on-the-Lake
Les tentatives
échouées de
réforme soulignent le besoin de nouveaux
arrangements
constitutionnels
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Rassemblements
pour
défendre le
droit à la
santé

Les
24 et 25 juillet
à
Niagara-on-the-Lake, en
Ontario
Pour voir l'affiche grandeur
réelle, cliquer ici.
Organisé
par les Coalitions de la
santé du Canada et
de l'Ontario
Pour
information: www.healthcoalition.ca
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Réunion
du
Conseil de la Fédération à
Niagara-on-the-Lake
• Les tentatives
échouées de
réforme soulignent le besoin de nouveaux
arrangements
constitutionnels
• Le diktat
fédéral dans les
relations avec les provinces mène
à des querelles de
financement
• Ottawa délaisse
le régime
public d'assurance-maladie - Natalie
Mehra, Coalition de la
santé de
l'Ontario, et Michael McBane, Coalition
canadienne de la santé
Réunion du Conseil de la
Fédération à
Niagara-on-the-Lake
Les tentatives échouées de
réforme
soulignent le besoin de nouveaux arrangements
constitutionnels
Le Conseil de la fédération qui
réunit les 13 premiers ministres des
provinces et
territoires du Canada tient son sommet estival
annuel du 24 au
26 juillet à Niagara-on-the-Lake en
Ontario.
Le Conseil de la fédération a
été créé le
5 décembre 2003.
L'objectif visé était de surmonter
la crise
constitutionnelle avec ce que le premier ministre
du Québec d'alors, Jean Charest, appelait
le
« fédéralisme
constructif ».
C'était une tentative
désespérée d'enterrer
encore une fois la réalité de la
négation du droit du Québec à
l'autodétermination en prétendant
que le
« fédéralisme
renouvelé »
était possible si seulement les premiers
ministres
pouvaient en venir à des ententes
constructives entre eux. Paul
Martin venait de succéder à Jean
Chrétien au poste
de premier ministre du Canada suite à
d'amères querelles intestines au Parti
libéral.
Chrétien était
irrémédiablement
entaché par le scandale des commandites qui
avait
éclaté à cause de toutes les
manoeuvres utilisées pour assurer la
défaite du
référendum de 1995 sur la
souveraineté du
Québec. C'est à la première
réunion du
Conseil de la fédération
que fut conclu l'Accord sur la santé de
2004.
L'espoir de renouveler la
fédération ne
s'est jamais matérialisé. Au
contraire, les
contradictions sur le partage
fédéral-provincial des
pouvoirs ont dégénéré
en querelles interminables. Sous Paul Martin, le
fonds de
l'assurance-emploi a été
pillé et ajouté
aux revenus généraux du gouvernement
pour payer les
énormes
intérêts sur des emprunts qui
n'avaient pas
été contractés dans
l'intérêt public.
Les arrangements antérieurs, comme sur
l'utilisation des fonds
du Régime de
pensions du Canada pour offrir des prêts
à faible
intérêt aux provinces, ont rapidement
commencé
à être démantelés.
Aujourd'hui, sous la
dictature Harper, le
pouvoir fédéral
« à prendre ou à
laisser » est imposé aux
provinces. Les gouvernements
provinciaux, en retour, tantôt collaborent
tantôt
rivalisent
pour un plus gros morceau du gâteau pour les
intérêts privés qu'ils
représentent.
Ce n'est pas
un mystère si la
fédération n'a pas été
renouvelée.
L'objectif des élites dominantes
n'était pas de faire
entrer le Canada dans le XXIe siècle sur
une base moderne. C'était au contraire
d'établir de
nouveaux arrangements favorisant les
intérêts monopolistes
privés qui ont accaparé le pouvoir
d'État tant
au niveau provincial que fédéral. La
souveraineté
du Canada est en lambeaux. Pas justes les forces
armées, mais
même des ministères ont
été
intégrés aux États-Unis des
monopoles
d'Amérique du Nord et leurs plans
d'agression et de guerre. En
conséquence, la primauté du droit
établie par le
parlement est supplantée
par l'autorité du Cabinet du premier
ministre qui agit pour le
compte d'intérêts monopolistes
privés. Tout est
fait pour éliminer le droit à
l'autodétermination
des peuples compris dans le pays appelé
Canada. La seule chose
sur laquelle les forces établies sont unies
est leur
détermination à continuer de priver
les peuples
du Canada, du Québec et des
Premières Nations de leur
droit souverain de participer aux prises de
décisions sur les
affaires du pays.
Le Conseil de la fédération se
réunit à Niagara-on-the-Lake
à l'heure où
le Canada est plongé dans un tel
état d'anarchie et de
violence que tout apparaît
comme un combat de boxe entre premiers ministres
pour le partage des
pouvoirs. Le peuple est réduit au
rôle de spectateur qui
ne peut qu'espérer que quelque
chose de « constructif »
ressorte de ce
branle-bas. C'est très peu probable. Les
conditions ne sont pas
favorables à la construction, elles sont
favorables à la destruction
délibérée.
Le Conseil sera en crise tant que les cercles
dominants
persisteront à détruire ou
contourner tous les
arrangements qui défendent le droit public,
en faveur
de l'enchâssement du droit de monopole. Tout
ce qui fait obstacle
à la capacité des monopoles
d'exercer leur diktat sur la
direction de l'économie et la
société
en général est
éliminé. À tel point
que durant les jours qui ont
précédé la
dernière réunion du Conseil,
l'année
dernière, en plein coeur d'un affrontement
sur
les projets d'oléoducs d'Enbridge, les
médias ont dit
qu'avec leurs objections aux pipelines certains
premiers ministres
provinciaux représentaient une menace
pour l'économie nationale. Des porte-parole
des monopoles ont
demandé la création d'un conseil
d'administration
constitué de représentants des
monopoles eux-mêmes
pour superviser la fédération
canadienne,
possédant même un droit de veto sur
les projets de loi
déposés au parlement.
Pour les
Canadiens, il est
évident que les tentatives de
réformer la
fédération ont échoué
parce qu'elles
partaient de la négation de la
souveraineté de tous
les peuples qui forment le Canada. Qu'il s'agisse
de l'Accord du lac
Meech, de l'Accord de Charlottetown ou des
tentatives
antérieures, les cercles dominants
ont montré qu'ils sont incapables de
résoudre la crise
constitutionnelle à cause de cela.
L'affirmation de la souveraineté du peuple
commence par la lutte pour les droits de tous.
Elle requiert la
rédaction et l'adoption d'une nouvelle
constitution.
C'est ainsi que les peuples qui forment le pays
appelé Canada
pourront établir des arrangements modernes
entre eux. Si le
peuple québécois le désire,
il établira
sa propre République pour former s'il le
veut une union libre et
égale avec le reste du Canada. Entre-temps,
les droits des
Premières Nations doivent être
reconnus
suivant les juridictions créées.
Dans un pays où le pouvoir
décisionnel
souverain du peuple est reconnu, tout ce que les
cercles dominants
déclarent impossible sera possible. Les
travailleurs
doivent prendre les devants et ouvrir la voie au
progrès de la
société en défendant des
positions qui
défendent les droits de tous.

Le diktat fédéral dans les
relations avec
les provinces mène à des querelles
de financement
Le Conseil de la fédération tient
un
sommet en ce moment à
Niagara-on-the-Lake. L'hôte en est la
première ministre de
l'Ontario,
Kathleen Wynne, la
nouvelle présidente du Conseil. Le
programme comprend une
rencontre avec cinq organisations
autochtones :
l'Assemblée des
Premières Nations, le Ralliement national
des Métis,
l'Association des
femmes autochtones du Canada, le Congrès
des peuples autochtones
et
l'association Inuit
Tapiriit Kanatami.
La
dernière réunion
du Conseil de la fédération s'est
tenue à
Halifax il y a un an. La rencontre avait
donné lieu à des
appels au
gouvernement Harper à engager les premiers
ministres dans la
prise de décision sur
les
questions majeures concernant la restructuration
de l'économie
canadienne et des programmes
sociaux.
Les développements de l'année qui
s'est
écoulée ont montré que le
gouvernement Harper refuse de rencontrer le
Conseil de la
fédération et
les premiers
ministres en tant qu'organisation et même de
reconnaître
les pouvoirs
qui leur sont dévolus par la constitution.
Il
préfère traiter avec
chaque province séparément
en signant des ententes secrètes qui les
montent les unes contre
les
autres, tout cela pour servir les monopoles qui
contrôlent le
pouvoir
exécutif de Harper. Le
gouvernement usurpe plus de pouvoir et de
contrôle sur les fonds
publics qui sont administrés
fédéralement afin de
détruire les
arrangements précédents comme
l'Accord sur la santé qui vient à
terme en 2014.
Le Conseil de la fédération
écrit dans un
communiqué que « les premiers
ministres
se concentreront sur l'économie et
discuteront d'emplois, de
compétences et
de formation de la main-d'oeuvre,
d'infrastructures stratégiques
et de
transferts fédéraux. Les premiers
ministres discuteront
aussi des
progrès accomplis à l'égard
de la Stratégie canadienne de
l'énergie... les premiers
ministres
discuteront des fondements sociaux et
communautaires, notamment de la
question des logements
sociaux et abordables ainsi que d'intimidation et
de cyberintimidation.
Ils discuteront aussi des progrès accomplis
en matière
d'innovation
dans le secteur de
la santé. »
À mesure que l'élite dirigeante
détruit les anciens arrangements qui
délimitaient comment traiter les
différences entre les
différentes
factions et autorités
qui existent — fédérales,
provinciales, municipales,
autochtones — les
bagarres sans principe s'accentuent. Elles se
tiennent sur des sujets
comme le financement
des services de santé et diverses
transformations qui sont en
train se produire, soit : la privatisation ;
les pipelines pour le
transport
du pétrole et du
gaz ; les fonds de pension ; les fonds pour
l'assurance-emploi et les
incitatifs aux employeurs pour qu'ils forment les
travailleurs. Ces
questions
sont perçues comme étant un
problème
sérieux pour l'unité nationale.
L'absence d'un climat permettant de traiter les
problèmes de façon
rationnelle est
évidente.
Les services de santé
Le gouvernement Harper a informé
le Conseil canadien de la santé qu'en vertu
de sa
deuxième loi
omnibus sur le budget,
le gouvernement cessera de le financer lorsque
l'Accord sur la
santé se
terminera en 2014. Le Conseil avait
été établi en
2003 dans le cadre de
l'Accord
des premiers ministres sur la santé.
Peu auparavant, le gouvernement Harper avait
annoncé unilatéralement
une nouvelle formule de financement qui entrera en
vigueur en 2017. La
nouvelle
formule va porter la part du gouvernement
fédéral dans le
financement
de la santé du niveau actuel de 20,4 %
à
11,9 %. Selon le Directeur
parlementaire du budget, la coupure du financement
fédéral entre
2014 et 2024 sera de l'ordre de
36 milliards $.
La première ministre de l'Ontario a
demandé que les provinces soient
consultées sur la destination des fonds qui
sont assignés
à la santé et sur leur utilisation
pour privatiser les services de
santé : « J'ai
parlé à quelques reprises
ces jours-ci avec les premiers ministres et je
suis heureuse des
avancées que nous
avons été capables de faire en ce
qui concerne les
innovations dans les services de santé et
les transformations
qui se produisent dans le
système
de santé. La réalité est que
cette discussion est
une discussion nationale. Le
gouvernement fédéral fait partie de
la discussion sur les
services de santé et nous avons besoin
qu'il
demeure à la table avec nous. »
Le programme de Subvention canadienne pour
l'emploi
et l'élimination des Ententes sur le
marché du travail
La loi
omnibus du gouvernement
Harper a établi un nouveau programme de
Subvention canadienne
pour
l'emploi. Celui-ci élimine l'arrangement
précédent
en vertu duquel les
Ententes sur le
marché du travail entre le gouvernement
fédéral et
les provinces leur
donnaient le contrôle sur la façon
dont les fonds pour la
formation
étaient distribués. Le
nouveau programme comprend des mesures qui
retirent 300 millions $
en
transferts aux provinces et au Québec qui
relevaient des
Ententes sur
le marché
du travail. Les fonds vont maintenant être
versés
directement aux
employeurs pour les
« inciter » à former
les travailleurs.
Après que le gouvernement Harper ait fait
adopter
la loi omnibus à
la Chambre des communes avant qu'elle ajourne pour
l'été,
un article du Marxiste-Léniniste faisait
remarquer :
« On s'attend à ce que
la plus grande partie de cet argent ainsi
détourné va se
retrouver dans
les poches des
employeurs en tant que subventions
déguisées pour payer
les salaires.
Nul doute qu'une grande partie de ce financement
va aller aux amis de
Harper parmi les monopoles du pétrole et du
gaz de l'Alberta qui
disent
tellement
souffrir de 'pénurie de travailleurs' et 'd'emplois
vacants'. Le
discours ambiant sur la
Subvention canadienne pour l'emploi indique
également que ce
programme
va servir de subventions sur les salaires pour
rendre encore plus
attrayants les ententes
que le gouvernement offre pour inciter d'autres
monopoles de
l'extraction de ressources à investir au
Canada. »
Le Marxiste-Léniniste mentionnait
également
que « le
détournement des fonds peut très
bien être une
façon de faire avancer
les plans du gouvernement Harper pour affaiblir
les syndicats, surtout
ceux de
la construction. » Le programme de
Subvention canadienne
pour l'emploi
du
gouvernement Harper élimine les
arrangements
précédents avec les
gouvernements provinciaux où les fonds
n'allaient pas
directement aux
employeurs. C'était
le cas notamment des programmes de formation et
d'apprentissage
gérés
par les syndicats.
Les provinces participantes vont non seulement
perdre
leur mot à
dire sur la distribution des fonds mais vont
devoir elles-mêmes
verser
des sommes
équivalentes aux entreprises choisies par
le gouvernement Harper
afin
de maintenir en vie ces programmes sous peine de
se voir traiter de
tueurs d'emplois par
la bande de Harper. Les transferts
fédéraux de
1,95 milliards $ aux
provinces et au Québec pour
l'assurance-emploi, qui se faisaient
en
vertu des
Ententes sur le marché du travail, peuvent
être
incorporés au Programme
de subvention canadienne à l'emploi suite
à
l'élimination du
financement fédéral aux
programmes de formation des provinces.
Le 18 juin dernier, le Conseil de la
fédération a émis une
déclaration dans laquelle il exprime sa
préoccupation
à ne plus avoir
son mot à dire sur
la distribution des fonds destinés à
la formation.
« Les premiers ministres sont
conscients
qu'une main-d'oeuvre
qualifiée et productive est essentielle
pour créer des
emplois de
qualité et pour
stimuler la croissance économique. C'est
pourquoi les provinces
et les
territoires élaborent et mettent en œuvre
des mesures de
formation
qui répondent
aux besoins de leur marché du travail,
à l'égard
desquelles ils font
rapport publiquement. Ces mesures, dont certaines
sont financées
en
partie par le
gouvernement fédéral, donnent des
résultats
concrets et aident une
vaste gamme de travailleurs à obtenir la
formation indispensable
pour
trouver un
emploi. »
Les premiers ministres n'ont rien contre le fait
que des
fonds
publics soient versés aux monopoles, mais
veulent juste s'assurer
que
les fonds vont aller aux
entreprises qui font partie de leur ordre du jour
et non de
celui du gouvernement Harper.
« Les
premiers ministres
voient d'un bon œil un plus grand rôle
pour les employeurs du secteur privé, mais
les changements
proposés occasionneraient la suppression
d'une portion du
financement des
mesures destinées aux personnes les plus
vulnérables, qui
ont besoin
d'une aide
supplémentaire pour trouver du
travail. »
Cette bataille pour le contrôle de
centaines de
millions de dollars
des impôts des Canadiens a lieu dans un
contexte de
chômage élevé à
l'échelle du
pays, de coupures à l'assurance-emploi et
de vastes attaques
contre la classe ouvrière qui font
baisser le niveau de vie. Le premier ministre de
Nouvelle-Écosse
Darryl
Dexter a critiqué
en ces termes le programme de Subvention
canadienne pour
l'emploi :
« Le gouvernement fédéral
nous dit 'voici le
programme, à vous de le
mettre
en application'. Ça ne nous
intéresse pas vraiment
d'appliquer un
programme qui a été
élaboré sans nous, au
sujet duquel nous ne sommes
pas certains qu'il
va être utile aux gens que nous
représentons, un programme
qui en fait
risque de détruire celui que nous avons
déjà. »
La première ministre de l'Ontario,
Kathleen
Wynne, dont la province
comprend officiellement 500 000 chômeurs
(dont un tiers sont des
femmes) a laissé entendre
que s'ils étaient administrés par la
province, les fonds
pour la
formation régleraient le problème du
chômage.
« Dans tout l'Ontario et
partout au Canada,
notre main-d'oeuvre spécialisée
constitue notre actif le
plus précieux,
a-t-elle dit. Nous avons investi afin d'offrir aux
citoyens la
formation appropriée au marché
d'aujourd'hui, et nous collaborerons avec chaque
province et avec
chaque territoire afin de nous assurer que chacun
reçoit le
soutien
dont il a besoin pour
contribuer à la prospérité
économique du
Canada. »
La réforme de l'assurance-emploi
Le premier ministre
de la Nouvelle-Écosse Darryl Dexter se dit
préoccupé par les atteintes du
gouvernement
fédéral au régime de
l'assurance-emploi et les
plans de faire venir
plus de travailleurs étrangers temporaires.
Lors d'une entrevue
au réseau CBC,
Dexter a dit que le
gouvernement Harper ne comprend pas la nature de
l'économie des
Maritimes. Il a dit que plusieurs travailleurs
vivent de deux emplois
saisonniers différents
séparés par une période
d'assurance-emploi pour
combler le manque de
revenu. « Les gens quittent leur
communauté et n'y
reviennent pas, ce
qui veut
dire que la réforme réduit la
population rurale de la
Nouvelle-Écosse », a dit Dexter.
Dans certains cas,
les entreprises des
régions rurales que les
travailleurs ont quittées sont
forcées de recourir
à un autre programme
fédéral controversé afin de
survivre.
« Ils ont créé tellement
d'insécurité économique que
les gens
quittent ces communautés, les employeurs
n'ont plus la
main-d'oeuvre
pour occuper leurs
emplois et ont recourt à plus de
travailleurs étrangers
temporaires
plutôt que d'appuyer nos propres
travailleurs dans nos
communautés »,
a-t-il ajouté.
Le Régime de pensions du Canada
Dans une entrevue au Globe and Mail, Kathleen
Wynne
dit que ses homologues provinciaux et territoriaux
vont discuter
« du
besoin de s'assurer que les Canadiens
épargnent suffisamment en
vue de
la
retraite ».
« Je crois toujours que nous avons
besoin
d'un RPC amélioré »,
a-t-elle-dit. « C'est curieux parce que le
ministre des Finances a
semblé
intéressé
à un moment d'avoir cette discussion, mais
son
intérêt semble avoir
disparu ces derniers mois. Je pense
néanmoins que c'est encore
important pour nous d'en
discuter même si le gouvernement
fédéral a
changé d'idée. »
Une porte-parole de la première ministre
de
l'Alberta Alison Redford
a dit que celle-ci ne veut pas de changements au
RPC « tant
que
l'économie
ne s'est pas rétablie ».
« Mais c'est
certainement quelque chose que
nous voulons discuter avec les autres
provinces », a dit
Neala Barton.
Dépenses d'infrastructures
Selon le Globe
and Mail,
les provinces voudraient une voix au chapitre sur
la distribution des
milliards
de dollars que le gouvernement
fédéral a prévus
pour les travaux
d'infrastructure. Le gouvernement Harper a
annoncé plus
tôt cette année
un budget de
53,5 milliards $ sur dix ans pour les
infrastructures sans en
préciser
la répartition. Si l'on se fie à la
façon dont le
gouvernement fédéral
a
unilatéralement pris le contrôle du
fonds canadien de la
santé,
l'argent sera dispensé suivant son bon
vouloir. Les provinces
veulent
leur mot à dire. Selon le Globe,
la première
ministre de l'Ontario
soutient que
l'approche du gouvernement fédéral
est le financement
« à la pièce »
et
il manque
une stratégie d'ensemble.
« Traditionnellement, Ottawa aide
à
financer les projets
d'infrastructure au cas par cas, ce qui lui permet
de dicter ses
priorités. Madame Wynne
propose que les provinces et les
municipalités aient plus de
contrôle,
que le gouvernement fédéral
débourse un montant
fixe chaque année et
qu'ensemble les
trois niveaux de gouvernement décident des
priorités.
Cela pourrait
comprendre les projets de transport public dont
Toronto a depuis
longtemps besoin et les
routes vers les dépôts de
minéraux dans les
régions
éloignées. »
Elle dit : « Le gouvernement
fédéral fait les choses de
façon
ponctuelle. Nous avons besoin d'un plan plus
prévisible
s'étendant sur
plusieurs
années. Il nous faut une meilleure
compréhension de nos
préoccupations
à chacun, nous voulons aller au-devant de
la croissance
économique. »
Concernant l'Alberta, le Globe
écrit : « La
première
ministre albertaine Alison Redford, qui
mène un effort de
reconstruction suite
aux inondations qui ont détruit des
immeubles et
endommagé des routes
dans sa province le mois dernier, demande l'aide
d'Ottawa pour
protéger
les villes et
municipalités contre de futures
catastrophes.
« Nous devons nous assurer que le
gouvernement fédéral participe
à
la conservation et qu'il explore l'idée de
consacrer des fonds
fédéraux
au
recouvrement après des catastrophes
naturelles. »
« La première ministre de la
Colombie-Britannique Christy Clark est
également favorable à cette
discussion. 'Nous faisons
certes beaucoup
de travail
sur ce front pour ce qui est de la
prévention contre les
tsunamis et
les tremblements de terre', a dit son porte-parole
Ben Chin. 'Ce
pourrait être un sujet
pertinent.' »
Kathleen Wynne dit que les provinces peuvent
obtenir ce
qu'elles
veulent si elles font front commun.
« Il n'y a pas une seule
province
au pays qui
n'a pas de problèmes d'infrastructure et
qui n'est pas en train
de
relever des défis causés par les
intempéries, le
vieillissement des
infrastructures et le besoin
d'investissement dans les infrastructures pour la
croissance
économique. La cause commune est assez
évidente. »
Querelles sur le transport de
l'hydro-électricité
Selon
les reportages il y a des querelles sur les
questions relatives au
transport de l'hydro-électricité des
provinces maritimes
vers les
États-Unis et d'autres régions du
Canada.
Hydro-Québec intente des
poursuites contre le projet de
Terre-Neuve-et-Labrador de transporter
son électricité par des câbles
sous mer contournant
le Québec.
« Terre-Neuve-et-Labrador est en train
de construire le
barrage du
Bas Churchill à Muskrat Falls [avec
l'aide financière
du gouvernement fédéral — ndlr]
Plusieurs
observateurs croient que la meilleure façon
de vendre
l'électricité de
Muskrat Falls est en passant par le Québec
vers les
États-Unis et
l'Ontario. Mais
les négociations n'avancent pas.
L'électricité
devra donc plutôt
emprunter la 'route anglo-saxonne',
c'est-à-dire du Labrador
à
Terre-Neuve puis vers le Cap Breton
par des câbles sous mer. À moins,
bien sûr que les
poursuites
d'Hydro-Québec ne rendent le projet
impraticable. »
Les organisations des Premières Nations
sont
invitées
à faire part de leurs préoccupations
Cette
année, les premiers ministres provinciaux
ont
invité les chefs des cinq organisations des
Premières
Nations à venir
prendre la parole. « L'Assemblée
des Premières
Nations fera une
présentation aux
premiers ministres sur certaines priorités
où il faut
agir, comme
l'éducation, le développement
économique, la
violence contre les femmes
et les filles autochtones,
le logement, le recouvrement après les
catastrophes naturelles
et la
santé », écrit la CBC.
La CBC dit que le Congrès des peuples
autochtones
demandera de
meilleures conditions de vie pour les autochtones
vivant à
l'extérieur
des réserves.
« Comment pouvez-vous aller vous
instruire si vous n'avez
pas un
endroit sécurisé et accueillant pour
vous reposer la
tête la nuit ?
Comment
pouvez-vous recevoir une formation si vous n'avez
pas une
adresse ?
Vous ne le pouvez pas », dit Betty Ann
Lavallée, chef
nationale du
Congrès
des peuples autochtones.
On rapporte que le logement sera également
une
priorité pour le
groupe représentant les Inuits du Canada.
Les logements trop
petits et
sous la norme
contribuent à de graves problèmes de
santé dans le
nord, comme les
épidémies de tuberculose, dit un
porte-parole de l'Inuit
Tapiriit
Kanatami.
La priorité pour l'Association des femmes
autochtones du Canada sera la lutte à la
pauvreté.
Les premiers ministres ont dit qu'ils
soutiendraient la
demande de
l'Association des femmes autochtones pour une
enquête publique
nationale sur la
disparition et le meurtre de si nombreuses femmes
autochtones au
Canada. « Ce n'est pas une question qui
concerne seulement
les femmes
autochtones,
ou seulement les autochtones. Pour nous, c'est une
question qui
concerne tout le Canada et tout le monde est
touché par
cela », dit la
présidente de
l'Association Michèle Audette.
L’association dit avoir documenté plus de
600 cas
de femmes
autochtones tuées ou portées
disparues entre 2005 et
2010, ce que la
GRC dit ne pas
pouvoir confirmer, selon la CBC.
Le réseau CBC ne mentionne pas les
préoccupations du Ralliement
national des Métis, mais il est
évident que tout est
conçu pour balayer
la question
fondamentale à savoir que toutes les
questions relatives aux
Premières
Nations doivent être abordées sur la
base de
nation-à-nation si l'on
veut des solutions
aux problèmes créés par les
relations coloniales
paternalistes qui ont
privé les Premières Nations de ce
qui leur appartient de
droit.

Ottawa délaisse le régime public
d'assurance-maladie
- Natalie Mehra, Coalition de la
santé de l'Ontario, et Michael McBane,
Coalition canadienne de la santé, 8 juillet
2013
L'été est arrivé et la
plupart
d'entre nous pensons surtout à ce que nous
allons faire cuire
sur le barbecue. Ce n'est habituellement pas un
moment où des
événements importants sur le plan
politique ou social
sont censés survenir. Mais les premiers
ministres des provinces
et des territoires au Canada vont se réunir
à Niagara-on-the-Lake pour le Conseil de la
fédération, du 24 au
26 juillet. Cette
réunion est une occasion unique de soulever
un enjeu essentiel
à la vie de tous les Canadiens.

La réunion des premiers ministres cet
été sera la dernière
réunion du Conseil de
la fédération avant 2014, lorsque
l'Accord national sur
la santé va expirer.
Rédigé en 2004, l'Accord de la
santé d'une
durée de dix ans a établi des
priorités pour
améliorer l'accès aux services de
santé et
établir une nouvelle formule de
financement.
Les réunions n'incluent pas le
gouvernement
fédéral, et le premier ministre
Stephen Harper ne sera
pas à Niagara. Ce que les Canadiens ne
réalisent pas,
c'est qu'il n'y a plus de rencontres de tous les
premiers ministres et
du premier ministre. Harper refuse d'y assister.
La formule de financement de l'Accord de la
santé
de 2004 a effectivement renversé les
coupes des
années 1990. Il a contribué à
stabiliser notre
système de services de santé,
à améliorer
l'accès et à augmenter la part du
fédéral
dans le financement des services de santé.
Mais pratiquement
toutes
les autres
initiatives établies par les premiers
ministres dans le cadre de
l'accord ont depuis été
abandonnées par le
gouvernement conservateur de Harper.
Les temps d'attente ont reçu la plus
grande
attention des médias, mais le
progrès est très
variable d'une province à l'autre. Des
augmentations
considérables
du nombre de tests de diagnostic et un
progrès important dans la
réduction des temps d'attente pour les
chirurgies dans certaines
provinces comme l'Ontario
n'ont pas été constatés
ailleurs dans les autres
provinces. Bien que la surveillance et la gestion
des temps d'attente
dans plusieurs provinces se soient
améliorées,
il reste encore beaucoup à faire.
D'égale importance, en 2004, les
provinces, les
territoires et le gouvernement
fédéral avaient
établi une Stratégie nationale sur
les produits
pharmaceutiques.
Un progrès avait été promis
à
l'égard d'un programme national d'assurance
médicaments
qui devait en fait réduire les coûts
globaux des
médicaments par l'achat
en nombre et une meilleure coordination. Mais
depuis son
élection, le gouvernement conservateur de
Harper a refusé
de participer à ce comité,
détruisant ainsi
le rêve d'une couverture nationale en
matière de
médicaments et empêchant de
progresser au chapitre de la
réduction des coûts des
médicaments pour une bonne
partie de la dernière décennie.
En 2004, en marge des discussions entourant
l'accord sur
la santé, les provinces et le gouvernement
fédéral
avaient aussi commencé à discuter
des soins
à domicile et des soins continus. Il est
essentiel qu'un
progrès soit accompli sur
l'élaboration d'une
stratégie nationale en matière de
soins à domicile
et de soins
continus pour plus d'un million de Canadiens
contraints de faire des
dépenses considérables pour les
soins post-hospitaliers.
Lorsque la Loi canadienne sur la santé
a
été rédigée, les
hôpitaux prenaient
soin des personnes malades et les maisons de soins
infirmiers et
les soins à domicile s'occupaient des
personnes fragiles. Tout a
changé.
En Ontario seulement, 18 500 lits
d'hôpital
ont été fermés depuis 1990,
ce qui a coupé
de moitié la capacité d'accueil des
hôpitaux pour
les cas aigus
et chroniques. Les patients ayant des services de
santé
complexes
et lourds sont désormais renvoyés
des hôpitaux vers
des maisons de soins infirmiers et les
soins à domicile. Alors que les services de
santé
changent,
l'engagement des Canadiens à l'égard
des services de
santé, basé sur les besoins et non
la richesse, reste
fort. Mais notre législation n'a pas suivi.
La Loi canadienne sur la santé couvre
les
services d'hôpital et de médecin
nécessaires
sur le plan médical. Lorsque les patients
quittent
l'hôpital,
ils ne sont plus protégés par le
régime public
d'assurance-maladie à une vitesse. Ils sont
contraints de payer
pour leurs propres médicaments. Ils se
heurtent
à de longs délais d'attente, un
piètre
accès et des frais modérateurs pour
les soins à
domicile, la réadaptation et les soins de
longue durée.
Trop souvent, ces
services publics ont été
privatisés au
bénéfice de compagnies à but
lucratif qui
maximisent les frais modérateurs afin de
maximiser leur marge de
rendement.
Une stratégie nationale visant à
rétablir la couverture de ces services est
essentielle afin
d'assurer que lorsque ces patients quittent
l'hôpital, ils ne
sont pas
expulsés de la couverture publique des
services de santé.
Le
gouvernement Harper n'a rien fait pour
étendre les principes de
l'assurance-maladie afin de couvrir
les soins à domicile et les soins continus.
En fait, l'antipathie du gouvernement
conservateur
fédéral à l'endroit de
l'assurance-maladie
publique devient de plus en plus évidente.
Non seulement
s'est-il
retiré des discussions entourant la mise
sur pied d'un programme
national d'assurance médicaments et de
soins à domicile,
mais il a aussi ouvertement refusé
de rencontrer les gouvernements provinciaux au
sujet du renouvellement
de la formule de financement des services de
santé. À la
place, le gouvernement fédéral
prévoit réduire le financement des
prévisions
actuelles de 36 milliards $ au cours des
prochaines
années, renversant les gains accomplis dans
le
cadre de l'Accord sur la santé. Dans le
dernier budget, le
gouvernement a coupé le financement du
Conseil de la
santé du Canada, de même que les
services
de santé pour les vétérans et
les
réfugiés. Le ministre
fédéral de la
santé n'a rien fait pour mettre en oeuvre
la Stratégie
nationale sur la santé mentale et n'a
pris aucune mesure pour maintenir un régime
d'assurance-maladie
à une vitesse devant l'évidence de
pratiques de
surfacturation des cliniques privées, comme
en Colombie-Britannique.
Cet été, le débat sur les
services
de santé va se corser alors que les
coalitions de la
santé
de partout au Canada mobilisent des milliers de
Canadiens pour
participer à des rassemblements et à
un sommet
fantôme lors des réunions du Conseil
de la
fédération à
Niagara-on-the-Lake. S'ils laissent
passer l'expiration
de l'Accord sur la santé sans commentaire,
les premiers
ministres provinciaux et territoriaux vont manquer
une importante
occasion de prendre position pour
le régime public d'assurance-maladie.
Les Canadiens doivent savoir ce qui est en jeu et
les
premiers ministres ont une occasion de l'exprimer.
Le premier ministre devrait revenir à la
table de
discussion. Les Canadiens de toutes les
affiliations politiques
soutiennent les valeurs de base du régime
public d'assurance-maladie et s'attendent à
un leadership
fédéral fort pour le maintenir.

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