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Numéro 119 - 19
juillet 2013
Huit spectacles en un jour pour
Lac-Mégantic
Tous se retrouvent à
Montréal et
donnent le meilleur d'eux-mêmes
Au théâtre Le National à
Montréal en fin de tournée, en soirée du 17
juillet.
Huit
spectacles
en
un jour pour Lac-Mégantic
• Tous se retrouvent à Montréal
et donnent le meilleur d'eux-mêmes
23e anniversaire de la
crise d'Oka
• Une manifestation dénonce la violation
des droits autochtones par les monopoles pétroliers et gaziers
Élection
partielle en Colombie-Britannique
• Le vote confirme encore une fois que le
peuple doit prendre ses affaires en main
• Résultats de l'élection
partielle dans Westside-Kelowna
• L'opposition organisée à
l'ordre du jour politique néolibéral fait des
progrès - Charles Boylan
• Réflexion sur les élections et
sur la nécessité du renouveau démocratique
- Edith Cohen
Huit spectacles en un jour pour
Lac-Mégantic
Tous se retrouvent à Montréal et
donnent le meilleur d'eux-mêmes
Le groupe Samajam à Lac-Mégantic le
matin du 17 juillet, première escale de la tournée de 8
villes.
Dans le cadre des efforts qui sont faits dans tout le
Québec et dans le reste du Canada pour soutenir la population de
Lac-Mégantic dans sa terrible épreuve,
un spectacle bénéfice a eu lieu le mercredi 17 juillet au
Théâtre National, à Montréal,
événement organisé par deux résidentes de
Lac-Mégantic, Katy Cloutier
et Stéphanie Girardeau.
Le spectacle était le point culminant d'une
tournée de 8 villes du Québec en 10 heures par une
vingtaine d'artistes du groupe de percussions Samajam. Son
président et fondateur, Louis Bellemarre a dit : « Il
était important pour nous et nos artistes de participer à
l'effort collectif. À l'invitation des organisatrices du
spectacle Unis pour Lac-Mégantic, nous avons choisi de faire un
trait d'union de coeur en musique entre Montréal et
Lac-Mégantic. C'est un grand défi humain
et logistique, mais nos artistes et nos équipes ont
l'énergie et la mobilisation pour réussir ce défi.
» À Lac-Mégantic, d'où la tournée de
Samajam est partie, une
minute de silence a été observée et la
gérante du Musi-Café a ensuite pris la parole à la
mémoire des artistes, clients et amis du Musi-Café
touchés par la
tragédie.
À Montréal, plus de
700 personnes ont accueilli vers 20 h l'arrivée de Samajam
à l'intérieur du Théâtre National. Tout au
long de la soirée, plus de 50 artistes
et humoristes provenant de différentes régions dont
l'Abitibi, la ville de Québec, et le Nouveau-Brunswick ont
exprimé leur fierté de contribuer à ce que la
communauté de Lac-Mégantic se relève de la
tragédie qui l'a frappée. Plusieurs ont souligné
comment, dès qu'ils ont entendu parler du spectacle, ils se sont
assurés de pouvoir y participer. À la grande
émotion de la salle, le jeune chanteur Francis
Bédard-Pétrin, un ami proche de Geneviève Breton,
jeune artiste
disparue lors de l'explosion, lui a dédié sa chanson.
Les spectateurs ont eu la chance d'entendre beaucoup de
jeunes interprètes et musiciens issus de la relève
musicale mettant leurs talent au service du succès
de l'événement. Deux de ces derniers, membres du
comité organisateur du spectacle ont dit : « Ça a
explosé chez nous, au Québec. C'est notre monde, notre
peuple, donc il faut mettre la main à la pâte pour les
aider. » On n'a pas manqué de souligner la grande
qualité des prestations, malgré le peu de temps de
répétition
dont les artistes et les techniciens ont
bénéficié. Des interprètes dont la
renommée n'est plus à faire, comme Zachary Richard,
Robert Charlebois et Claude
Dubois ont aussi tenu à être présents et à
donner le meilleur d'eux mêmes sur scène. Lors de la
dernière chanson, interprétée par Claude Dubois,
des photos
des disparus de Lac-Mégantic ont été
projetées sur un immense écran. Ce fut un grand moment
d'émotion pour les participants, dont beaucoup venaient de
Lac-Mégantic.
En entrevue après le spectacle, Dubois a tenu
à souligner : « Je trouve ça épouvantable
qu'on permette à des matières dangereuses de traverser
des
centres-villes, et ce, sans avoir la décence de s'occuper de la
sécurité du public. On a un gros problème. »
Un encan silencieux a aussi eu lieu tout au long de la
soirée avec des objet donnés par des personnalités
des domaines du sport et du spectacle.

23e anniversaire de la crise d'Oka
Une manifestation dénonce la violation des
droits autochtones par les monopoles pétroliers et gaziers
Le 11 juillet en avant midi, près d'une centaine
d'autochtones et leurs alliés ont participé dans le parc
d'Oka à une action vigoureuse visant à souligner le
23e anniversaire de la crise d'Oka. Les femmes dont plusieurs
accompagnées de leurs enfants étaient en grand nombre.
Les drapeaux, pancartes et bannières
ont fait ressortir que ce territoire était un territoire mohawk
et qu'il y avait une nécessité urgente de protéger
la Terre Mère.
Avant les prises de parole, les participants ont eu
droit à une émouvante cérémonie au son des
tambours. En tant que porte-parole lors de la crise d'Oka
en 1990, Ellen Gabriel a invité tout le monde à prendre
la parole. Elle a souligné que la crise d'Oka avait
été à la base d'une grave violation des droits
humains.
Tous les intervenants avaient à l'esprit la
terrible tragédie qui frappe la ville de Lac-Mégantic, et
ce, au moment où plane sur Oka le projet de pipeline de
la compagnie Enbridge. On pouvait d'ailleurs lire sur une pancarte:
« Enbridge 804 déversements en 11 ans, 132 000
barils». Comme l'a souligné un intervenant:
« Nous devons nous poser la question à savoir dans quelle
société nous voulons vivre ». Plusieurs ont
dénoncé la diversion à savoir que la question est
de choisir
entre le transport du pétrole par train ou pipeline. On a
souligné entre autre que les déversements par pipeline
sont plus nombreux que par train.
Comme le mentionne la
déclaration: « Le développement des compagnies
comme Enbridge, Gazoduc, et GDB Contruction, viole les droits
territoriaux des
Mohawks de Kanehsatà:ke et menace la santé et
l'environnement. Cette dernière année a été
témoin de plusieurs catastrophes environnementales comme les
bris de pipeline et plus récemment sur la rivière
Athabaska et au Lac Mégantic, etc., validant ainsi nos
inquiétudes sur les industries extractives qui menacent
la sécurité et le bien-être de toutes nos
relations. »
Rappelons que le Rapporteur Spécial des Nations
Unies sur les droits des peuples autochtones, James Anaya, a
déclaré au Conseil des droits humains des
Nations Unies: « Dans sa forme dominante, le modèle qui
tend à vouloir avancer dans l'extraction des ressources
naturelles dans les territoires autochtones
apparait comme aller à l'encontre de l'autodétermination
des peuples autochtones dans les sphères politiques, sociales et
économiques. »
« Notre but est de préserver, promouvoir et
protéger la Terre-Mère pour les présentes et
futures générations, conclut la déclaration
émise pour la
manifestation. Le développement se doit d'être durable et
laisser l'environnement aussi en santé et prospère
qu'à ses débuts. En tant que Nation Haudenosaunee,
nous sommes obligés sous nos lois de nous assurer de faire
respecter ce droit sacré. Notre action, aujourd'hui, donne
exemple de cette obligation. »

Élection partielle en
Colombie-Britannique
Le vote confirme encore une fois que
le peuple doit prendre ses affaires en main
Les élections sont censées traduire la
volonté populaire de la majorité en une volonté
légale dans la forme d'une assemblée législative,
laquelle est censée
être une instance décisionnelle souveraine qui
établit la primauté du droit. Elle comprend le parti au
pouvoir et le parti de l'opposition qui ensemble ou
séparément proposent des lois, en débattent et les
adoptent. C'est dans ce sens que les élections sont le moyen de
conférer la légitimité au parti qui forme le
gouvernement et qui reçoit un mandat pour mettre son programme
à l'oeuvre. Or, si on regarde l'élection
générale du 14 mai puis l'élection partielle
du
10 juillet dernier pour permettre à la première ministre
Christy Clark d'avoir un siège à l'assemblée, il
est évident que ce n'est pas ce qui se passe en
pratique.
Avant l'élection générale, la
volonté populaire était très défavorable au
Parti libéral au pouvoir. Le corps politique avait
déjoué l'attaque surprise du
référendum sur l'impopulaire Taxe de vente
harmonisée. Le sentiment populaire était contre les
mesures régressives du gouvernement libéral dans le
réseau de
santé public, dans l'éducation et dans les programmes
sociaux, contre la privatisation de BC Rail, de BC Hydro et des
traversiers. Une odeur de corruption et
de capitulation à de puissants intérêts
privés enveloppait le gouvernement libéral.
La plupart des commentateurs officiels
prédisaient que la volonté populaire contre le Parti
libéral se traduirait en volonté légale avec la
formation d'un
gouvernement néo-démocrate. Mais ce n'est pas ce qui
s'est produit, bien que la première ministre ait perdu son
siège. Elle l'a repris avec une élection partielle
spéciale dans Westside-Kelowna.
Le NPD n'a pas su transformer la volonté
populaire anti-libérale en votes. Tant à
l'élection générale qu'à l'élection
partielle les néo-démocrates et leurs
supporters n'ont pas su mobiliser la volonté populaire
anti-libérale. Cette volonté populaire a fait place
à la déception, tant à l'intérieur du
processus électoral
parmi ceux qui avaient espéré l'élection d'un
gouvernement NPD qu'à l'extérieur, où la
déception s'explique par l'absence d'une alternative aux
politiques
économiques néolibérale et à la destruction
sociale. La volonté populaire anti-libérale n'a pas
joué de façon significative dans ces élections. Le
Parti libéral a
conservé la volonté légale à
l'assemblée avec, comme c'est devenu la norme, moins de
30 % du vote inscrit.
Pourquoi la volonté populaire
anti-libérale ne s'est-elle pas matérialisée en
votes pour un parti de l'alternative ? Une partie de la
réponse est dans la
réalité que les élections sont devenues une farce.
Elles ne sont plus vues comme représentant autre chose qu'une
manipulation de l'électorat par l'élite politique.
Les riches et les puissants, y compris les médias de masse de la
Colombie-Britannique, voulaient que le Parti libéral reste au
pouvoir et ils se sont organisés
pour le faire en dépit de la volonté populaire. On n'a
pas permis à une alternative de se développer, pas de
façon significative. Le pouvoir de l'argent et les
médias de masse, notamment par la publicité, ont
joué un rôle important, tout autant que le chantage
économique avec les prédictions socialement
irresponsables
de richesses incalculables à tirer de l'exportation
déréglementée des matières brutes. Ces
prédictions n'ont pas encore été
véritablement contestées de façon
significative.
Pour ce qui est du NPD, son hésitation à
assumer le rôle d'alternative dans les conditions actuelles a
été un facteur de sa défaite. Il n'a pas su et n'a
pas
cherché à donner une force politique à la
volonté populaire anti-libérale pour dire que le NPD
était en effet le représentant de cette volonté en
ce moment. Son
manque de conviction s'est traduit en une incapacité à
surmonter la division dans le mouvement ouvrier entre ceux qui ont des
illusions à propos des promesses
du Parti libéral sur la braderie des ressources et ceux qui s'y
opposent.
La même vérité s'applique à
l'Opposition ouvrière. À l'élection
générale, elle a hésité et ne s'est pas
lancée dans la bataille pour bâtir une alternative pour
la Colombie-Britannique. C'est ce qui a fait que l'élection est
devenue une farce. C'est devenu la norme dans les élections qui
se tiennent sous l'égide d'un
système de cartel de partis. Durant cette période de
régression massive et de destruction sociale par les
élites dominantes, les coups électoraux sont devenus
coutumiers.
Par contre à l'élection partielle
l'Opposition ouvrière a assumé un caractère tout
à fait différent et bien qu'elle soit relativement faible
en ce moment elle
a établi une façon entièrement nouvelle de faire
les choses. Les perspectives sont bonnes pour que les électeurs
prennent le contrôle de l'élection en développant
cette façon de faire où tous sont appelés à
donner une expression à leur conscience en contestant les
prétentions des champions des détestées politiques
néolibérales. Ils peuvent occuper l'espace du changement.

Résultats de l'élection partielle
dans Westside-Kelowna
Le 10 juillet, la première ministre Christy Clark
a remporté l'élection partielle dans Westside-Kelowna
avec le vote de 23,36 % des
45 649 électeurs inscrits. Seulement
17 012 personnes ont voté. C'est 5231 de moins
que les 22 243 électeurs qui
ont voté dans cette circonscription à l'élection
générale du 14 mai.
Christy Clark (Libéral) a obtenu 10
666 votes (62,7 % des votes), suivie de Carole Gordon (NPD)
avec 5045 votes (29,66 %),
du candidat conservateur avec 989 votes (5,81 %) et du Parti
vision et trois candidats indépendants avec au total
269 votes
(1,58 %).
Malgré le faible taux de participation, indiquant
une absence marquée d'enthousiasme pour le processus
électoral, les médias monopolisés ont
proclamé en
gros titre : Clark l'emporte facilement ! Ils ont omis de
dire qu'en tant que première ministre de la province elle
disposait non seulement des sommes
permises par candidat mais aussi d'une somme égale pour le
parti et une publicité des plus favorables de la part des
médias monopolisés.

L'opposition organisée à l'ordre du jour
politique néolibéral fait des progrès
- Charles Boylan -

Forum politique à Westside-Kelowna le 6 juillet
La veille de l'élection partielle du 10 juillet
dans la
circonscription de Westside-Kelowna, j'ai écrit un article
intitulé
« Le mouvement pour défaire
Christy Clark dans Westside-Kelowna prend de
l'élan. » Clark a quand
même gagné l'élection partielle mais tout de
même avec un nombre de
votes
inférieur à ce que le candidat libéral avait
obtenu lors de l'élection
provinciale du 14 mai.
J'avait écrit que Clark n'était pas une
candidate populaire. Les
électeurs de Westside-Kelowna , y compris ceux qui votent pour
le parti
libéral, n'avaient
pas apprécié que leur siège ait été
usurpé par une décision prise dans
le dos des électeurs par les libéraux Christy Clark et
Ben Stewart ( le
député de la
circonscription qui avait laissé son siège pour que
celle-ci puisse se
présenter). Il y a certainement eu une entente quelconque pour
que cela
se fasse mais rien
n'en a été révélé. C'est comme cela
que les choses se font dans la
politique cartel de partis. Pas étonnant que tant de gens soient
dégôutés quand ils entendent
le mot politique.
Pendant la campagne, Christy Clark n'allait nulle part
sans Ben
Stewart. Les médias évidemment couvraient toutes ces
sorties au point
que lorsque CTV
a fait une nouvelle sur la préparation des travailleurs
d'élection de
la candidate du NPD Carole Gordon, la photo qui accompagnait le
reportage était celle de
Christy Clark tout sourire !
Certains électeurs pensent que d'avoir la
première ministre comme
députée va faire en sorte que la politique de faveurs
données faveurs
rendues va peut-être
amener quelque chose à la communauté, une raison de plus
pour laquelle
les gens détestent ce qu'on appelle « la
politique ». Clark a dit
qu'elle
va « réfléchir » à la
question d'avoir un deuxième pont sur le Lac
Okanagan. Une fois pressée de questions, elle a admis que la
décision à
son sujet
pourrait prendre 10 ans. Il faut qu'il y ait une enquête
indépendante
pour établir le rôle qu'un nouveau pont va jouer dans le
contexte de
l'extraction et de
l'exportation des ressources et d'une intégration plus
poussée nord-
sud avec les États-Unis.
Ceux qui ne voulaient pas qu'on mène campagne
contre Clark diront
peut-être : « Vous voyez, cela n'a rien
donné. » En fait on a accompli
quelque chose. Carole Gordon, une enseignante bien au fait des efforts
de Clark pour mettre en pièces un programme social qui est
essentiel à
la province, a
pris fermement position contre les coupures dans les programmes
sociaux. Juste le fait d'exprimer bien haut l'opposition populaire sur
cette question est déjà
un accomplissement.
Gordon a perdu un peu de ses votes de la dernière
élection mais en a
gardé la plus grande partie. Le soir de l'élection alors
que ceux qui
avaient fait
campagne étaient tous rassemblés, les conversations
portaient sur la
nécessité de continuer à bâtir la politique
de résistance à l'ordre du
jour antisocial. Adrian
Dix, le chef du NPD, a dit que Gordon a agi avec
intégrité en soulevant
des questions comme le BC Hydro, en s'opposant à des nouveaux
frais
d'usagers pour
les gens âgés qui utilisent des chaises roulantes dans les
résidences
pour aînés, en dénonçant les augmentations
de salaires des gens de
l'équipe de Clark et en
prenant d'autres positions du genre. Gordon a dit qu'il faut
intensifier la résistance contre les politiques
régressives de Clark et
elle a salué tous ceux et celles
qui ont participé à sa campagne, ce qui vraiment est un
coup porté au
sectarisme.
Pendant l'élection partielle, un très bon
tract qui critiquait la
feuille de route des libéraux a été
distribué dans la circonscription
par ceux qui ont appelé les
électeurs à utiliser l'élection partielle pour
prendre publiquement
position contre la destruction néolibérale de la
Colombie-Britannique.
Ils ont notamment invité
les électeurs à participer à un forum politique
qui s'est tenu le
6 juillet. Plusieurs personnes qui ont lu le tract ont dit qu'il
représentait une bouffée d'air
frais parce qu'il invitait les gens à discuter et à
présenter leur
opinion sur la direction dans laquelle la province est engagée
et
qu'elle devrait prendre. Plusieurs
discussions ont été tenues dans le porte-à-porte
en plus de la
discussion au forum.
Le forum politique du
6 juillet a été très vivant. En en faisant le
bilan par après, les organisateurs ont dit que le forum
correspondait
très bien à ce
que le tract disait qu'il serait. C'est-à-dire que tous ont eu
pleine
opportunité de donner leur point de vue. Lors d'une
réunion tenue après
l'élection, les
organisateurs ont dit qu'il faut organiser plus de discussions
politiques comme celle là. Ils ont fait remarquer à quel
point c'est
une bonne chose que les participants
au forum se joignent à la discussion autant que les orateurs
invités.
Les activistes sont d'avis qu'il faut traiter des
affaires
politiques sur une base régulière si l'on veut que les
gens sachent ce
que font les politiciens. Il faut
que les députés tant fédéraux que
provinciaux rendent des comptes de
leurs activités. Clark s'en est pris à ce concept selon
lequel les
députés provinciaux doivent
rendre le gouvernement redevable de ses actions au nom des
résidents de
Kelowna et que c'est la façon de les représenter. Lors
d'un débat de
tous les candidats,
Clark a ridiculisé la position de Gordon à l'effet
qu'elle va demander
des comptes au gouvernement au nom du corps politique.
« Qu'est-ce que
vous
préférez ?, a-t-elle dit, quelqu'un comme elle qui
va demander des
comptes ou un premier ministre qui va accomplir des
choses ? »
Cela montre de sa part un mépris grossier pour le
système de
gouvernement qui est basé sur un parti au pouvoir et un parti
dans
l'opposition dont le travail
est d'assurer que le gouvernement est redevable de ses actions. C'est
un refrain que les électeurs se font toujours dire, que s'ils ne
votent
pas pour le parti au
pouvoir, leur circonscription va étre négligée
quand viendra le temps
pour le gouvernement de financer des projets locaux. Cela montre bien
à
quel point le
gouvernement se sert des fonds publics pour acheter les
électeurs et
rembourser les intérêts privés.
Les gens veulent que leurs représentants forcent
les autorités à
être redevables. Ils ne veulent pas que les
néolibéraux de Christy
Clark aient le pouvoir de
faire tout ce qu'ils veulent. Amener les gouvernements à rendre
des
comptes pave la voie à une plus grande participation du peuple
à la
politique et à la
gouvernance. Cela amène les gens à participer
eux-mêmes à décider d'un
ordre du jour prosocial et à combattre pour s'assurer qu'il est
appliqué. Pour accomplir
cela, l'Opposition a besoin de conscience et d'organisation. Elle doit
continuer à organiser des actions avec analyse et à en
faire le bilan.
Pour accomplir cela, il faut continuer à porter
attention au besoin
du peuple en conscience et en organisation. C'est un fait que
l'Opposition n'a accompli
que de petites choses dans cette élection partielle. Avec du
travail
continu, le mouvement pour défaire l'ordre du jour
néolibéral en
Colombie-Britannique va
à coup sûr résoudre la crise qui devient plus aigue
en faveur du peuple
et non des riches.

Réflexion sur les élections et sur
la nécessité du renouveau démocratique
- Edith Cohen -
Une discussion sur tous les aspects des récentes
élections générales et de l'élection
partielle du 10 juillet en Colombie-Britannique s'impose. Ayant
exigé
la démission du libéral fraîchement élu dans
Westside-Kelowna, la première ministre Clark s'est
désignée elle-même candidate pour l'élection
partielle, sur la
base qu'elle avait perdu son siège à Point Grey. Le 10
juin, Carole Gordon a été acclamée par le NPD dans
une réunion d'investiture dans Westside-Kelowna.
Ensuite le Parti conservateur a annoncé la candidature de Sean
Upshaw, qui s'était présenté aux récentes
élections provinciales dans Pencticton.
Le 5 juillet, le Parti vert a émis un
communiqué de presse à l'effet qu'il ne
présenterait pas de candidat aux élections partielles
pour la raison suivante :
« La première ministre mérite d'être à
l'Assemblée législative et nous maintenons la tradition
qui consiste à respecter la volonté des électeurs
en ce sens.» On
serait tenté de demander au Parti vert quels électeurs
exactement voulaient que Clark soit à l'Assemblée
législative? Certainement pas les électeurs de Point
Grey qui l'ont rejetée. La « tradition» en question,
qui est la tradition du système multipartite, veut qu'un parti
politique, et non les électeurs et leurs
représentants, décide qui sera premier ministre. Qui plus
est, les partis politiques qui ont l'appui des médias de masse
et de l'argent de l'establishment, comme
ce fut le cas dans ces élections partielles, décident des
candidats, et non les électeurs. L'élection sans
sélection est une « tradition» dans laquelle le
processus
politique est embourbé.
Au terme de la période de mise en candidature,
huit candidats se trouvaient sur le bulletin de vote pour les
élections partielles. Trois de ces candidats (libéral,
NPD
et conservateur) avaient été choisis par leur parti avant
même l'annonce officielle des élections. La loi
électorale de la Colombie-Britannique reconnaît
les « candidatures permanentes», c'est-à-dire les
candidats déjà en place avant le déclenchement des
élections. Il reste que les partis participant n'ont eu recours
à aucun processus de mise en candidature. Sitôt la
démission libérale annoncée, les chefs de parti
ont plutôt choisi d'immédiatement passer par les
médias pour
annoncer leurs candidats.
Les autres candidats étaient Jag Bhandari du
Vision Party et quatre candidats indépendants, soit John Marks,
Siverado Brooks Socrates, Dayleen Van Ryswyk
et Korry Zepik. Van Ryswyk était en fait la candidate
désignée du NPD pour Kelowna-Mission lors des
élections du 14 mai, mais elle a été
retirée de la course
au cours de la première semaine de sa campagne après
qu'elle aurait publié sur Internet des propos jugés
racistes.
Ce que l'on peut constater est que la «
période de mise en candidature», qui doit en principe se
dérouler pendant les dix premiers jours du processus
électoral,
a été courtcircuitée. Un élément
premier du processus électoral est de concrètement faire
valoir le droit d'élire et d'être élu tel que
garanti par la Constitution --
l'article 3 de la Charte. Ce droit se résume en une phrase de
l'article 3, sous l'entête : « Les droits
démocratiques des citoyens».
Plus de vingt ans d'interprétation judiciaire des
droits énoncés dans l'article 3 ont eu comme
résultat d'élaborer sur ce droit d'élire et
d'être élu, et on a
rajouté le droit à une représentation «
efficace» ainsi que le droit à un « vote
éclairé».
Des décisions judiciaires ont aussi
tranché à l'effet que les droits électoraux ne
comprenaient pas la proportionnalité. Ainsi on a renversé
une contestation
juridique du système majoritaire uninominal, tout en limitant la
portée de ce que doit être une représentation
efficace et un vote éclairé.
Pour les tribunaux, le processus électoral tel
qu'il est ne comporte aucune faille fondamentale. Au contraire, des
jugements de la cour, même ceux qui
prétendent défendre les droits constitutionnels à
la base du processus électoral, discutent souvent de la
signification de ces droits démocratiques, mais dans
l'abstrait. Ils s'avèrent extrêmement timides lorsqu'il
s'agit d'élargir la portée du droit d'élire et
d'être élu d'un point de vue pratique. Ceci met en relief
la
nécessité de profonds changements constitutionnels pour
assurer de façon pratique le renouveau démocratique et le
droit d'élire et d'être élu.
Sur la question du droit à un vote
éclairé, Élections Colombie-Britannique a
établi le plafonnement des dépenses électorales
pour les élections partielles
à 73 342, 18$ pour les partis et un montant équivalent
pour les candidats, établissant ainsi un plafonnement de 146
000$ pour Christy Clark et pour son Parti
libéral. Le Parti libéral serait le seul parti à
avoir passé proche d'atteindre cette limite. Comment un
système cartel de partis qui arrose copieusement d'argent
des candidats triés sur le volet et traités comme des
vedettes par les médias peut-il mener à un vote
éclairé? Élections Colombie-Britannique a la
responsabilité
d'informer l'électorat des candidats et de leurs programmes de
façon équitable.
Le fait que l'argent privé soit un aspect si
important du processus électoral est un autre facteur exacerbant
les crises et ternissant son image. Des sommes
faramineuses dépensées en publicités
télévisées ont cherché à fixer le
ton de la campagne électorale générale avant
même que l'élection ne soit déclenchée. Les
néolibéraux ont financé un blitz publicitaire
faisant de la personnalité du chef néodémocrate,
Adrian Dix, la question dans ces élections, détournant
ainsi les
préoccupations de l'électorat des nombreux
problèmes affligeant la province et du type de programme requis
pour les surmonter. L'ingérence des gros sous dans
l'élection a exposé les failles du processus, à la
fois son aspect désuet et la nécessité de
renouveau.
La marginalisation de l'électeur du processus de
mise en candidature est sans doute la principale faille en politique
contemporaine, car elle impose à
l'électorat des oeillères qui l'empêchent de
participer activement au processus de se gouverner lui-même.
Puisque les choix semblent faits d'avance avant même
l'annonce officielle des élections, plusieurs personnes
perçoivent le processus électoral comme leur étant
extérieur et hors de leur contrôle. Pour d'autres qui
participent selon leurs propres perspectives tout en tentant de «
faire sortir le vote», l'engagement politique mène parfois
à la frustration et au cynisme. Un
véritable gouffre s'installe entre ceux qui participent au
processus pour des raisons intéressées ou à des
fins carriéristes et ceux qui sont aliénés,
sachant très
bien ce qu'ils n'aiment pas du processus mais se sentant impuissants
à y changer quelque chose.
Une discussion s'impose au sujet du processus de mise en
candidature. Le processus de mise en candidature ne peut se limiter
à une brève période de dix
jours qui représente la période officielle de mise en
candidature. Comment choisir les candidats est une question qui
mérite d'être discutée et débattue tout le
temps. Cette question est la cheville ouvrière du système
électoral actuel dominé par les partis, et elle est un
mécanisme qui permet l'exclusion de la vaste
majorité du peuple de la participation active et consciente lui
permettant de se gouverner elle-même.
La raison d'être des partis politiques est
d'organiser l'électorat pour qu'il participe au processus
politique selon une vision qui lui est propre et non pour
gouverner à sa place. Le processus de mise en candidature se
doit d'être un exercice d'habilitation selon lequel les
électeurs débattent entre eux de quel
programme est nécessaire pour la circonscription, la province ou
le pays, et, suite à ce débat, choisissent parmi leurs
pairs la personne qui défendra le mieux
ce programme.
Aujourd'hui, à quelques exception près,
tout le monde peut voter, bien que seulement près de la
moitié s'acquittent de ce droit. Ce problème en soi
expose
les nombreuses failles qui affligent le système électoral
actuel que toute personne politique doit affronter et discuter afin
d'élaborer une nouvelle direction menant
au renouveau démocratique.
Place à la discussion sur quels changements au
processus électoral sont nécessaires pour résoudre
le problème des difficultés d'habilitation de la
citoyenneté!

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