Le Marxiste-Léniniste

Numéro 119 - 19 juillet 2013

Huit spectacles en un jour pour Lac-Mégantic

Tous se retrouvent à Montréal et
donnent le meilleur d'eux-mêmes


Au théâtre Le National à Montréal en fin de tournée, en soirée du 17 juillet.

Huit spectacles en un jour pour Lac-Mégantic
Tous se retrouvent à Montréal et donnent le meilleur d'eux-mêmes

23e anniversaire de la crise d'Oka
Une manifestation dénonce la violation des droits autochtones par les monopoles pétroliers et gaziers

Élection partielle en Colombie-Britannique
Le vote confirme encore une fois que le peuple doit prendre ses affaires en main
Résultats de l'élection partielle dans Westside-Kelowna
L'opposition organisée à l'ordre du jour politique néolibéral fait des progrès - Charles Boylan
Réflexion sur les élections et sur la nécessité du renouveau démocratique - Edith Cohen


Huit spectacles en un jour pour Lac-Mégantic

Tous se retrouvent à Montréal et
donnent le meilleur d'eux-mêmes


Le groupe Samajam à Lac-Mégantic le matin du 17 juillet, première escale de la tournée de 8 villes.

Dans le cadre des efforts qui sont faits dans tout le Québec et dans le reste du Canada pour soutenir la population de Lac-Mégantic dans sa terrible épreuve, un spectacle bénéfice a eu lieu le mercredi 17 juillet au Théâtre National, à Montréal, événement organisé par deux résidentes de Lac-Mégantic, Katy Cloutier et Stéphanie Girardeau.

Le spectacle était le point culminant d'une tournée de 8 villes du Québec en 10 heures par une vingtaine d'artistes du groupe de percussions Samajam. Son président et fondateur, Louis Bellemarre a dit : « Il était important pour nous et nos artistes de participer à l'effort collectif. À l'invitation des organisatrices du spectacle Unis pour Lac-Mégantic, nous avons choisi de faire un trait d'union de coeur en musique entre Montréal et Lac-Mégantic. C'est un grand défi humain et logistique, mais nos artistes et nos équipes ont l'énergie et la mobilisation pour réussir ce défi. » À Lac-Mégantic, d'où la tournée de Samajam est partie, une minute de silence a été observée et la gérante du Musi-Café a ensuite pris la parole à la mémoire des artistes, clients et amis du Musi-Café touchés par la tragédie.

À Montréal, plus de 700 personnes ont accueilli vers 20 h l'arrivée de Samajam à l'intérieur du Théâtre National. Tout au long de la soirée, plus de 50 artistes et humoristes provenant de différentes régions dont l'Abitibi, la ville de Québec, et le Nouveau-Brunswick ont exprimé leur fierté de contribuer à ce que la communauté de Lac-Mégantic se relève de la tragédie qui l'a frappée. Plusieurs ont souligné comment, dès qu'ils ont entendu parler du spectacle, ils se sont assurés de pouvoir y participer. À la grande émotion de la salle, le jeune chanteur Francis Bédard-Pétrin, un ami proche de Geneviève Breton, jeune artiste disparue lors de l'explosion, lui a dédié sa chanson.

Les spectateurs ont eu la chance d'entendre beaucoup de jeunes interprètes et musiciens issus de la relève musicale mettant leurs talent au service du succès de l'événement. Deux de ces derniers, membres du comité organisateur du spectacle ont dit : « Ça a explosé chez nous, au Québec. C'est notre monde, notre peuple, donc il faut mettre la main à la pâte pour les aider. » On n'a pas manqué de souligner la grande qualité des prestations, malgré le peu de temps de répétition dont les artistes et les techniciens ont bénéficié. Des interprètes dont la renommée n'est plus à faire, comme Zachary Richard, Robert Charlebois et Claude Dubois ont aussi tenu à être présents et à donner le meilleur d'eux mêmes sur scène. Lors de la dernière chanson, interprétée par Claude Dubois, des photos des disparus de Lac-Mégantic ont été projetées sur un immense écran. Ce fut un grand moment d'émotion pour les participants, dont beaucoup venaient de Lac-Mégantic.

En entrevue après le spectacle, Dubois a tenu à souligner : « Je trouve ça épouvantable qu'on permette à des matières dangereuses de traverser des centres-villes, et ce, sans avoir la décence de s'occuper de la sécurité du public. On a un gros problème. »

Un encan silencieux a aussi eu lieu tout au long de la soirée avec des objet donnés par des personnalités des domaines du sport et du spectacle.


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23e anniversaire de la crise d'Oka

Une manifestation dénonce la violation des droits autochtones par les monopoles pétroliers et gaziers

Le 11 juillet en avant midi, près d'une centaine d'autochtones et leurs alliés ont participé dans le parc d'Oka à une action vigoureuse visant à souligner le 23e anniversaire de la crise d'Oka. Les femmes dont plusieurs accompagnées de leurs enfants étaient en grand nombre. Les drapeaux, pancartes et bannières ont fait ressortir que ce territoire était un territoire mohawk et qu'il y avait une nécessité urgente de protéger la Terre Mère.

Avant les prises de parole, les participants ont eu droit à une émouvante cérémonie au son des tambours. En tant que porte-parole lors de la crise d'Oka en 1990, Ellen Gabriel a invité tout le monde à prendre la parole. Elle a souligné que la crise d'Oka avait été à la base d'une grave violation des droits humains.


Tous les intervenants avaient à l'esprit la terrible tragédie qui frappe la ville de Lac-Mégantic, et ce, au moment où plane sur Oka le projet de pipeline de la compagnie Enbridge. On pouvait d'ailleurs lire sur une pancarte: « Enbridge 804 déversements en 11 ans, 132 000 barils». Comme l'a souligné un intervenant: « Nous devons nous poser la question à savoir dans quelle société nous voulons vivre ». Plusieurs ont dénoncé la diversion à savoir que la question est de choisir entre le transport du pétrole par train ou pipeline. On a souligné entre autre que les déversements par pipeline sont plus nombreux que par train.

Comme le mentionne la déclaration: « Le développement des compagnies comme Enbridge, Gazoduc, et GDB Contruction, viole les droits territoriaux des Mohawks de Kanehsatà:ke et menace la santé et l'environnement. Cette dernière année a été témoin de plusieurs catastrophes environnementales comme les bris de pipeline et plus récemment sur la rivière Athabaska et au Lac Mégantic, etc., validant ainsi nos inquiétudes sur les industries extractives qui menacent la sécurité et le bien-être de toutes nos relations. »

Rappelons que le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, James Anaya, a déclaré au Conseil des droits humains des Nations Unies: « Dans sa forme dominante, le modèle qui tend à vouloir avancer dans l'extraction des ressources naturelles dans les territoires autochtones apparait comme aller à l'encontre de l'autodétermination des peuples autochtones dans les sphères politiques, sociales et économiques. »

« Notre but est de préserver, promouvoir et protéger la Terre-Mère pour les présentes et futures générations, conclut la déclaration émise pour la manifestation. Le développement se doit d'être durable et laisser l'environnement aussi en santé et prospère qu'à ses débuts. En tant que Nation Haudenosaunee, nous sommes obligés sous nos lois de nous assurer de faire respecter ce droit sacré. Notre action, aujourd'hui, donne exemple de cette obligation. »

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Élection partielle en Colombie-Britannique

Le vote confirme encore une fois que
le peuple doit prendre ses affaires en main


Les élections sont censées traduire la volonté populaire de la majorité en une volonté légale dans la forme d'une assemblée législative, laquelle est censée être une instance décisionnelle souveraine qui établit la primauté du droit. Elle comprend le parti au pouvoir et le parti de l'opposition qui ensemble ou séparément proposent des lois, en débattent et les adoptent. C'est dans ce sens que les élections sont le moyen de conférer la légitimité au parti qui forme le gouvernement et qui reçoit un mandat pour mettre son programme à l'oeuvre. Or, si on regarde l'élection générale du 14 mai puis l'élection partielle du 10 juillet dernier pour permettre à la première ministre Christy Clark d'avoir un siège à l'assemblée, il est évident que ce n'est pas ce qui se passe en pratique.

Avant l'élection générale, la volonté populaire était très défavorable au Parti libéral au pouvoir. Le corps politique avait déjoué l'attaque surprise du référendum sur l'impopulaire Taxe de vente harmonisée. Le sentiment populaire était contre les mesures régressives du gouvernement libéral dans le réseau de santé public, dans l'éducation et dans les programmes sociaux, contre la privatisation de BC Rail, de BC Hydro et des traversiers. Une odeur de corruption et de capitulation à de puissants intérêts privés enveloppait le gouvernement libéral.

La plupart des commentateurs officiels prédisaient que la volonté populaire contre le Parti libéral se traduirait en volonté légale avec la formation d'un gouvernement néo-démocrate. Mais ce n'est pas ce qui s'est produit, bien que la première ministre ait perdu son siège. Elle l'a repris avec une élection partielle spéciale dans Westside-Kelowna.

Le NPD n'a pas su transformer la volonté populaire anti-libérale en votes. Tant à l'élection générale qu'à l'élection partielle les néo-démocrates et leurs supporters n'ont pas su mobiliser la volonté populaire anti-libérale. Cette volonté populaire a fait place à la déception, tant à l'intérieur du processus électoral parmi ceux qui avaient espéré l'élection d'un gouvernement NPD qu'à l'extérieur, où la déception s'explique par l'absence d'une alternative aux politiques économiques néolibérale et à la destruction sociale. La volonté populaire anti-libérale n'a pas joué de façon significative dans ces élections. Le Parti libéral a conservé la volonté légale à l'assemblée avec, comme c'est devenu la norme, moins de 30 % du vote inscrit.

Pourquoi la volonté populaire anti-libérale ne s'est-elle pas matérialisée en votes pour un parti de l'alternative ? Une partie de la réponse est dans la réalité que les élections sont devenues une farce. Elles ne sont plus vues comme représentant autre chose qu'une manipulation de l'électorat par l'élite politique. Les riches et les puissants, y compris les médias de masse de la Colombie-Britannique, voulaient que le Parti libéral reste au pouvoir et ils se sont organisés pour le faire en dépit de la volonté populaire. On n'a pas permis à une alternative de se développer, pas de façon significative. Le pouvoir de l'argent et les médias de masse, notamment par la publicité, ont joué un rôle important, tout autant que le chantage économique avec les prédictions socialement irresponsables de richesses incalculables à tirer de l'exportation déréglementée des matières brutes. Ces prédictions n'ont pas encore été véritablement contestées de façon significative.

Pour ce qui est du NPD, son hésitation à assumer le rôle d'alternative dans les conditions actuelles a été un facteur de sa défaite. Il n'a pas su et n'a pas cherché à donner une force politique à la volonté populaire anti-libérale pour dire que le NPD était en effet le représentant de cette volonté en ce moment. Son manque de conviction s'est traduit en une incapacité à surmonter la division dans le mouvement ouvrier entre ceux qui ont des illusions à propos des promesses du Parti libéral sur la braderie des ressources et ceux qui s'y opposent.

La même vérité s'applique à l'Opposition ouvrière. À l'élection générale, elle a hésité et ne s'est pas lancée dans la bataille pour bâtir une alternative pour la Colombie-Britannique. C'est ce qui a fait que l'élection est devenue une farce. C'est devenu la norme dans les élections qui se tiennent sous l'égide d'un système de cartel de partis. Durant cette période de régression massive et de destruction sociale par les élites dominantes, les coups électoraux sont devenus coutumiers.

Par contre à l'élection partielle l'Opposition ouvrière a assumé un caractère tout à fait différent et bien qu'elle soit relativement faible en ce moment elle a établi une façon entièrement nouvelle de faire les choses. Les perspectives sont bonnes pour que les électeurs prennent le contrôle de l'élection en développant cette façon de faire où tous sont appelés à donner une expression à leur conscience en contestant les prétentions des champions des détestées politiques néolibérales. Ils peuvent occuper l'espace du changement.

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Résultats de l'élection partielle
dans Westside-Kelowna

Le 10 juillet, la première ministre Christy Clark a remporté l'élection partielle dans Westside-Kelowna avec le vote de 23,36 % des 45 649 électeurs inscrits. Seulement 17 012 personnes ont voté. C'est 5231 de moins que les 22 243 électeurs qui ont voté dans cette circonscription à l'élection générale du 14 mai.

Christy Clark (Libéral) a obtenu 10 666 votes (62,7 % des votes), suivie de Carole Gordon (NPD) avec 5045 votes (29,66 %), du candidat conservateur avec 989 votes (5,81 %) et du Parti vision et trois candidats indépendants avec au total 269 votes (1,58 %).

Malgré le faible taux de participation, indiquant une absence marquée d'enthousiasme pour le processus électoral, les médias monopolisés ont proclamé en gros titre : Clark l'emporte facilement ! Ils ont omis de dire qu'en tant que première ministre de la province elle disposait non seulement des sommes permises par candidat mais aussi d'une somme égale pour le parti et une publicité des plus favorables de la part des médias monopolisés.

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L'opposition organisée à l'ordre du jour
politique néolibéral fait des progrès


Forum politique à Westside-Kelowna le 6 juillet

La veille de l'élection partielle du 10 juillet dans la circonscription de Westside-Kelowna, j'ai écrit un article intitulé « Le mouvement pour défaire Christy Clark dans Westside-Kelowna prend de l'élan. » Clark a quand même gagné l'élection partielle mais tout de même avec un nombre de votes inférieur à ce que le candidat libéral avait obtenu lors de l'élection provinciale du 14 mai.

J'avait écrit que Clark n'était pas une candidate populaire. Les électeurs de Westside-Kelowna , y compris ceux qui votent pour le parti libéral, n'avaient pas apprécié que leur siège ait été usurpé par une décision prise dans le dos des électeurs par les libéraux Christy Clark et Ben Stewart ( le député de la circonscription qui avait laissé son siège pour que celle-ci puisse se présenter). Il y a certainement eu une entente quelconque pour que cela se fasse mais rien n'en a été révélé. C'est comme cela que les choses se font dans la politique cartel de partis. Pas étonnant que tant de gens soient dégôutés quand ils entendent le mot politique.

Pendant la campagne, Christy Clark n'allait nulle part sans Ben Stewart. Les médias évidemment couvraient toutes ces sorties au point que lorsque CTV a fait une nouvelle sur la préparation des travailleurs d'élection de la candidate du NPD Carole Gordon, la photo qui accompagnait le reportage était celle de Christy Clark tout sourire !

Certains électeurs pensent que d'avoir la première ministre comme députée va faire en sorte que la politique de faveurs données faveurs rendues va peut-être amener quelque chose à la communauté, une raison de plus pour laquelle les gens détestent ce qu'on appelle « la politique ». Clark a dit qu'elle va « réfléchir » à la question d'avoir un deuxième pont sur le Lac Okanagan. Une fois pressée de questions, elle a admis que la décision à son sujet pourrait prendre 10 ans. Il faut qu'il y ait une enquête indépendante pour établir le rôle qu'un nouveau pont va jouer dans le contexte de l'extraction et de l'exportation des ressources et d'une intégration plus poussée nord- sud avec les États-Unis.

Ceux qui ne voulaient pas qu'on mène campagne contre Clark diront peut-être : « Vous voyez, cela n'a rien donné. » En fait on a accompli quelque chose. Carole Gordon, une enseignante bien au fait des efforts de Clark pour mettre en pièces un programme social qui est essentiel à la province, a pris fermement position contre les coupures dans les programmes sociaux. Juste le fait d'exprimer bien haut l'opposition populaire sur cette question est déjà un accomplissement.

Gordon a perdu un peu de ses votes de la dernière élection mais en a gardé la plus grande partie. Le soir de l'élection alors que ceux qui avaient fait campagne étaient tous rassemblés, les conversations portaient sur la nécessité de continuer à bâtir la politique de résistance à l'ordre du jour antisocial. Adrian Dix, le chef du NPD, a dit que Gordon a agi avec intégrité en soulevant des questions comme le BC Hydro, en s'opposant à des nouveaux frais d'usagers pour les gens âgés qui utilisent des chaises roulantes dans les résidences pour aînés, en dénonçant les augmentations de salaires des gens de l'équipe de Clark et en prenant d'autres positions du genre. Gordon a dit qu'il faut intensifier la résistance contre les politiques régressives de Clark et elle a salué tous ceux et celles qui ont participé à sa campagne, ce qui vraiment est un coup porté au sectarisme.

Pendant l'élection partielle, un très bon tract qui critiquait la feuille de route des libéraux a été distribué dans la circonscription par ceux qui ont appelé les électeurs à utiliser l'élection partielle pour prendre publiquement position contre la destruction néolibérale de la Colombie-Britannique. Ils ont notamment invité les électeurs à participer à un forum politique qui s'est tenu le 6 juillet. Plusieurs personnes qui ont lu le tract ont dit qu'il représentait une bouffée d'air frais parce qu'il invitait les gens à discuter et à présenter leur opinion sur la direction dans laquelle la province est engagée et qu'elle devrait prendre. Plusieurs discussions ont été tenues dans le porte-à-porte en plus de la discussion au forum.

Le forum politique du 6 juillet a été très vivant. En en faisant le bilan par après, les organisateurs ont dit que le forum correspondait très bien à ce que le tract disait qu'il serait. C'est-à-dire que tous ont eu pleine opportunité de donner leur point de vue. Lors d'une réunion tenue après l'élection, les organisateurs ont dit qu'il faut organiser plus de discussions politiques comme celle là. Ils ont fait remarquer à quel point c'est une bonne chose que les participants au forum se joignent à la discussion autant que les orateurs invités.

Les activistes sont d'avis qu'il faut traiter des affaires politiques sur une base régulière si l'on veut que les gens sachent ce que font les politiciens. Il faut que les députés tant fédéraux que provinciaux rendent des comptes de leurs activités. Clark s'en est pris à ce concept selon lequel les députés provinciaux doivent rendre le gouvernement redevable de ses actions au nom des résidents de Kelowna et que c'est la façon de les représenter. Lors d'un débat de tous les candidats, Clark a ridiculisé la position de Gordon à l'effet qu'elle va demander des comptes au gouvernement au nom du corps politique. « Qu'est-ce que vous préférez ?, a-t-elle dit, quelqu'un comme elle qui va demander des comptes ou un premier ministre qui va accomplir des choses ? »

Cela montre de sa part un mépris grossier pour le système de gouvernement qui est basé sur un parti au pouvoir et un parti dans l'opposition dont le travail est d'assurer que le gouvernement est redevable de ses actions. C'est un refrain que les électeurs se font toujours dire, que s'ils ne votent pas pour le parti au pouvoir, leur circonscription va étre négligée quand viendra le temps pour le gouvernement de financer des projets locaux. Cela montre bien à quel point le gouvernement se sert des fonds publics pour acheter les électeurs et rembourser les intérêts privés.

Les gens veulent que leurs représentants forcent les autorités à être redevables. Ils ne veulent pas que les néolibéraux de Christy Clark aient le pouvoir de faire tout ce qu'ils veulent. Amener les gouvernements à rendre des comptes pave la voie à une plus grande participation du peuple à la politique et à la gouvernance. Cela amène les gens à participer eux-mêmes à décider d'un ordre du jour prosocial et à combattre pour s'assurer qu'il est appliqué. Pour accomplir cela, l'Opposition a besoin de conscience et d'organisation. Elle doit continuer à organiser des actions avec analyse et à en faire le bilan.

Pour accomplir cela, il faut continuer à porter attention au besoin du peuple en conscience et en organisation. C'est un fait que l'Opposition n'a accompli que de petites choses dans cette élection partielle. Avec du travail continu, le mouvement pour défaire l'ordre du jour néolibéral en Colombie-Britannique va à coup sûr résoudre la crise qui devient plus aigue en faveur du peuple et non des riches.

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Réflexion sur les élections et sur
la nécessité du renouveau démocratique

Une discussion sur tous les aspects des récentes élections générales et de l'élection partielle du 10 juillet en Colombie-Britannique s'impose. Ayant exigé la démission du libéral fraîchement élu dans Westside-Kelowna, la première ministre Clark s'est désignée elle-même candidate pour l'élection partielle, sur la base qu'elle avait perdu son siège à Point Grey. Le 10 juin, Carole Gordon a été acclamée par le NPD dans une réunion d'investiture dans Westside-Kelowna. Ensuite le Parti conservateur a annoncé la candidature de Sean Upshaw, qui s'était présenté aux récentes élections provinciales dans Pencticton.

Le 5 juillet, le Parti vert a émis un communiqué de presse à l'effet qu'il ne présenterait pas de candidat aux élections partielles pour la raison suivante : « La première ministre mérite d'être à l'Assemblée législative et nous maintenons la tradition qui consiste à respecter la volonté des électeurs en ce sens.» On serait tenté de demander au Parti vert quels électeurs exactement voulaient que Clark soit à l'Assemblée législative? Certainement pas les électeurs de Point Grey qui l'ont rejetée. La « tradition» en question, qui est la tradition du système multipartite, veut qu'un parti politique, et non les électeurs et leurs représentants, décide qui sera premier ministre. Qui plus est, les partis politiques qui ont l'appui des médias de masse et de l'argent de l'establishment, comme ce fut le cas dans ces élections partielles, décident des candidats, et non les électeurs. L'élection sans sélection est une « tradition» dans laquelle le processus politique est embourbé.

Au terme de la période de mise en candidature, huit candidats se trouvaient sur le bulletin de vote pour les élections partielles. Trois de ces candidats (libéral, NPD et conservateur) avaient été choisis par leur parti avant même l'annonce officielle des élections. La loi électorale de la Colombie-Britannique reconnaît les « candidatures permanentes», c'est-à-dire les candidats déjà en place avant le déclenchement des élections. Il reste que les partis participant n'ont eu recours à aucun processus de mise en candidature. Sitôt la démission libérale annoncée, les chefs de parti ont plutôt choisi d'immédiatement passer par les médias pour annoncer leurs candidats.

Les autres candidats étaient Jag Bhandari du Vision Party et quatre candidats indépendants, soit John Marks, Siverado Brooks Socrates, Dayleen Van Ryswyk et Korry Zepik. Van Ryswyk était en fait la candidate désignée du NPD pour Kelowna-Mission lors des élections du 14 mai, mais elle a été retirée de la course au cours de la première semaine de sa campagne après qu'elle aurait publié sur Internet des propos jugés racistes.

Ce que l'on peut constater est que la « période de mise en candidature», qui doit en principe se dérouler pendant les dix premiers jours du processus électoral, a été courtcircuitée. Un élément premier du processus électoral est de concrètement faire valoir le droit d'élire et d'être élu tel que garanti par la Constitution -- l'article 3 de la Charte. Ce droit se résume en une phrase de l'article 3, sous l'entête : « Les droits démocratiques des citoyens».

Plus de vingt ans d'interprétation judiciaire des droits énoncés dans l'article 3 ont eu comme résultat d'élaborer sur ce droit d'élire et d'être élu, et on a rajouté le droit à une représentation « efficace» ainsi que le droit à un « vote éclairé».

Des décisions judiciaires ont aussi tranché à l'effet que les droits électoraux ne comprenaient pas la proportionnalité. Ainsi on a renversé une contestation juridique du système majoritaire uninominal, tout en limitant la portée de ce que doit être une représentation efficace et un vote éclairé.

Pour les tribunaux, le processus électoral tel qu'il est ne comporte aucune faille fondamentale. Au contraire, des jugements de la cour, même ceux qui prétendent défendre les droits constitutionnels à la base du processus électoral, discutent souvent de la signification de ces droits démocratiques, mais dans l'abstrait. Ils s'avèrent extrêmement timides lorsqu'il s'agit d'élargir la portée du droit d'élire et d'être élu d'un point de vue pratique. Ceci met en relief la nécessité de profonds changements constitutionnels pour assurer de façon pratique le renouveau démocratique et le droit d'élire et d'être élu.

Sur la question du droit à un vote éclairé, Élections Colombie-Britannique a établi le plafonnement des dépenses électorales pour les élections partielles à 73 342, 18$ pour les partis et un montant équivalent pour les candidats, établissant ainsi un plafonnement de 146 000$ pour Christy Clark et pour son Parti libéral. Le Parti libéral serait le seul parti à avoir passé proche d'atteindre cette limite. Comment un système cartel de partis qui arrose copieusement d'argent des candidats triés sur le volet et traités comme des vedettes par les médias peut-il mener à un vote éclairé? Élections Colombie-Britannique a la responsabilité d'informer l'électorat des candidats et de leurs programmes de façon équitable.

Le fait que l'argent privé soit un aspect si important du processus électoral est un autre facteur exacerbant les crises et ternissant son image. Des sommes faramineuses dépensées en publicités télévisées ont cherché à fixer le ton de la campagne électorale générale avant même que l'élection ne soit déclenchée. Les néolibéraux ont financé un blitz publicitaire faisant de la personnalité du chef néodémocrate, Adrian Dix, la question dans ces élections, détournant ainsi les préoccupations de l'électorat des nombreux problèmes affligeant la province et du type de programme requis pour les surmonter. L'ingérence des gros sous dans l'élection a exposé les failles du processus, à la fois son aspect désuet et la nécessité de renouveau.

La marginalisation de l'électeur du processus de mise en candidature est sans doute la principale faille en politique contemporaine, car elle impose à l'électorat des oeillères qui l'empêchent de participer activement au processus de se gouverner lui-même. Puisque les choix semblent faits d'avance avant même l'annonce officielle des élections, plusieurs personnes perçoivent le processus électoral comme leur étant extérieur et hors de leur contrôle. Pour d'autres qui participent selon leurs propres perspectives tout en tentant de « faire sortir le vote», l'engagement politique mène parfois à la frustration et au cynisme. Un véritable gouffre s'installe entre ceux qui participent au processus pour des raisons intéressées ou à des fins carriéristes et ceux qui sont aliénés, sachant très bien ce qu'ils n'aiment pas du processus mais se sentant impuissants à y changer quelque chose.

Une discussion s'impose au sujet du processus de mise en candidature. Le processus de mise en candidature ne peut se limiter à une brève période de dix jours qui représente la période officielle de mise en candidature. Comment choisir les candidats est une question qui mérite d'être discutée et débattue tout le temps. Cette question est la cheville ouvrière du système électoral actuel dominé par les partis, et elle est un mécanisme qui permet l'exclusion de la vaste majorité du peuple de la participation active et consciente lui permettant de se gouverner elle-même.

La raison d'être des partis politiques est d'organiser l'électorat pour qu'il participe au processus politique selon une vision qui lui est propre et non pour gouverner à sa place. Le processus de mise en candidature se doit d'être un exercice d'habilitation selon lequel les électeurs débattent entre eux de quel programme est nécessaire pour la circonscription, la province ou le pays, et, suite à ce débat, choisissent parmi leurs pairs la personne qui défendra le mieux ce programme.

Aujourd'hui, à quelques exception près, tout le monde peut voter, bien que seulement près de la moitié s'acquittent de ce droit. Ce problème en soi expose les nombreuses failles qui affligent le système électoral actuel que toute personne politique doit affronter et discuter afin d'élaborer une nouvelle direction menant au renouveau démocratique.

Place à la discussion sur quels changements au processus électoral sont nécessaires pour résoudre le problème des difficultés d'habilitation de la citoyenneté!

(Avec la contribution de Dorothy-Jean O'Donnell)

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