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Numéro 118 - 18
juillet 2013
Cinq élections partielles en
Ontario le 1er août
Battons les libéraux et les
conservateurs!
Que chaque vote compte!
Cinq
élections partielles en Ontario le 1er août
• Battons les libéraux et les
conservateurs! Que chaque vote compte! Tous avec la campagne 5 pour 3!
• Windsor-Tecumseh et London Ouest -
Fédération des enseignantes et enseignants du secondaire
de l'Ontario, district 9
• Ottawa-Sud
• Etobicoke-Lakeshore et Scarborough-Guildwood
• Cynisme et opportunisme des libéraux
et conservateurs - Laura Chesnik
Répression des
prisonniers et des travailleurs fédéraux aux
États-Unis
• Grève massive de la faim de
prisonniers en Californie
• «Menace interne» - Obama
criminalise les travailleurs fédéraux - Voice
of Revolution
Cinq élections partielles en
Ontario le 1er août
Battons les libéraux et les conservateurs! Que
chaque vote compte! Tous avec la campagne 5 pour 3!
Il y aura cinq
élections partielles en Ontario le 1er août et pour les
travailleurs et l'ensemble des Ontariens, c'est une occasion de montrer
leur opposition au programme néolibéral et antiouvrier de
fausse austérité défendu par les libéraux
et les progressistes-conservateurs au niveau provincial et par le
gouvernement Harper au niveau fédéral.
Différentes forces s'organisent dans les
différentes circonscriptions avec comme thème commun de
saisir l'occasion offerte pour continuer de se battre pour les droits
de tous et créer une opinion publique qui contribuera
éventuellement à renverser la vapeur face à
l'offensive antisociale et offrira à la classe ouvrière
une alternative prosociale.
LML lance un appel à tous à
participer à ces efforts où que vous soyez pour que
chaque vote compte en opposition au programme d'austérité
antisocial et en appui aux droits des travailleurs. Toute contribution
est importante. Nous invitons tous nos lecteurs en Ontario à
participer à la campagne du « 5 pour 3 »
lancée par les enseignants et travailleurs de l'éducation
à Windsor-Tecumseh et London Ouest (voir ci-dessous).
Il est présentement possible de voter au bureau du directeur de
scrutin de chaque circonscription. Voir le site
d'Élections Ontario pour de plus amples informations.

Windsor-Tecumseh et London Ouest
- Fédération des
enseignantes et enseignants du secondaire de l'Ontario, district 9, le
15 juillet 2013 -
Les enseignants et les travailleurs de
l'éducation manifestent contre le projet de loi 115 devant le
bureau de circonscription de Windsor-Tecumseh, de l'ancien ministre des
Finances, Dwight Duncan, le 14 septembre à Windsor.
Le district 9 de la Fédération des
enseignantes et enseignants des écoles secondaires de l'Ontario
(FEESO), basé à Windsor-Essex, en appelle à tous
les électeurs de dire Non!aux libéraux et aux
progressistes-conservateurs lors des élections partielles du 1er
août.
Une défaite pour les libéraux et les
progressistes-conservateurs enverrait un message clair à tous
les niveaux de gouvernement -- provincial, fédéral et
municipal -- que les enseignants et tous ceux qui travaillent ont des
droits et que ces gouvernements ne peuvent les attaquer
impunément.
Nous lançons cette campagne « 5 pour 3
» par laquelle nous vous invitons à communiquer avec au
moins cinq personnes que vous connaissez dans les circonscriptions de
Windsor-Tecumseh ou de London et à demander à chacune
d'elles de convaincre trois amis, parents ou voisins d'aller voter
contre les libéraux et les progressistes-conservateurs. Il est
présentement possible de voter au bureau du directeur de
scrutin.
Les libéraux et les progressistes-conservateurs
ont adopté la loi 115, la Loi donnant priorité aux
élèves (un euphémisme), laquelle loi a servi
à imposer des contrats aux enseignants et aux travailleurs de
l'éducation sans leur consentement. Elle a aussi permis
d'arracher 1 milliard $ à l'éducation publique. La
Commission des relations de travail a ensuite déclaré que
le fait de ne plus participer sur une base bénévole aux
activités parascolaires en guise de protestation constituait
désormais une grève illégale.
Le gouvernement a ensuite abrogé le projet de loi
115 sans toucher aux contrats illégitimes qu'il avait
imposés. Le fait de cacher l'arme du crime ne change pas qu'un
crime a été commis. Le fait de ne pas toucher aux
contrats a ouvert la porte à la Commission des relations de
travail pour qu'elle endosse les attaques contre notre droit à
la négociation collective lui permettant aussi de
s'ingérer dans nos horaires et dans notre choix de faire ou non
des activités bénévoles.
Qui sera le prochain ? Le reste des travailleurs du
secteur public ? Disons Non ! dès maintenant.
Il faut défaire les libéraux et les
progressistes-conservateurs!
Pour de plus amples informations, ou pour participer et
contribuer à la campagne appeler le 519-991-5516 ou visiter le
site Web du district 9 de la fédération: www.osstf9.com

Ottawa-Sud
Les enseignants et les travailleurs de
l'éducation manifestent devant l'Assemblée annuelle du
Parti libéral à Ottawa le 28 septembre 2012.
Dans Ottawa-Sud, l'ancienne circonscription du premier
ministre démissionnaire McGuinty, les enseignants et les
travailleurs de l'éducation membres de la
Fédération des enseignantes et enseignants du primaire
d'Ottawa-Carleton sont en action pour faire élire la candidate
néodémocrate. La candidate est une commissaire
d'école qui a fait campagne au sein de la Commission scolaire
publique d'Ottawa-Carleton pour faire adopter une motion le
23 octobre 2012 exigeant « la révision ou
l'abrogation du projet de loi 115 ». Les activistes expliquent
qu'ils veulent faire élire cette candidate
néodémocrate pour sa prise de position contre le projet
de loi 115.

Etobicoke-Lakeshore et Scarborough-Guildwood
Deux élections partielles auront lieu dans la
région du Grand Toronto : dans Etobicoke-Lakeshore et dans
Scarborough-Guildwood. Toronto est un front majeur de la bataille pour
l'Ontario puisque tant les libéraux que les
progressistes-conservateurs prétendent représenter les
intérêts de Toronto avec de nouvelles magouilles pour
payer les riches, en particulier sur la question du transport en
commun. Selon les médias, Toronto est une
« forteresse libérale » que les
progressistes-conservateurs sont prêts à
« saisir ». Pour les harpériens aussi, Toronto
est un pion majeur dans leur stratégie pour remporter les
prochaines élections fédérales. En ce sens, saisir
l'occasion des élections partielles pour affirmer l'opposition
de la classe ouvrière de Toronto à ces partis, à
leur corruption, à leurs magouilles et à leur programme
antiouvrier est en fait une urgente nécessité pour tous
ceux qui veulent arrêter Harper en 2015. Pour Harper, toute
avance des progressistes-conservateurs en Ontario, en particulier
à Toronto, et toute division au sein de la classe
ouvrière, sont autant d'atouts favorables à sa
réélection. LML appelle tous les travailleurs
et tous les résidents de la région de Toronto de fermer
la porte une fois pour toutes aux harpériens !
Les enseignants et leurs supporteurs manifestent
contre le projet de loi 115 devant le bureau de la ministre de
l'Éducation Laurel Broten, le 9 novembre 2012.
L'élection partielle dans Etobicoke-Lakeshore
offre une occasion unique pour exiger des comptes des libéraux
et des progressistes-conservateurs. Jusqu'à sa démission,
la députée de la circonscription était Laurel
Broten, anciennement ministre de l'Éducation du gouvernement
McGuinty. En tant que ministre, Broten a mis en place le projet de loi
115, Loi donnant priorité aux élèves. Ce
projet de loi, adopté avec l'appui des
progressistes-conservateurs, a retiré aux enseignants et aux
travailleurs de l'éducation leur droit à la
négociation collective. Les travailleurs de tous les secteurs
ont mené la lutte tout au long de l'année contre le
projet de loi 115 et n'ont tout simplement pas le coeur de voir
une députée libérale disgraciée être
tout bonnement remplacée par un autre libéral.
Les libéraux espèrent remplacer Broten par
Peter Milczyn, leur candidat dans Etobicoke-Lakeshore. Milczyn est un
politicien municipal antiouvrier notoire qui a participé
à la campagne du maire de Toronto, Rob Ford, pour réduire
les services municipaux et attaquer le droit de négociation
collective des travailleurs municipaux et des employés de la
Commission du transport en commun de Toronto.
Etobicoke-Lakeshore est l'une des nombreuses
circonscriptions de Toronto sur lesquelles les conservateurs de Harper
ont réussi à mettre le grappin aux dernières
élections fédérales, pour finalement obtenir une
majorité au parlement canadien. Le Parti progressiste
conservateur de l'Ontario avec à sa tête Tim Hudak qui n'a
aucun siège dans la région de Toronto tentera de percer
à Etobicoke-Lakeshore. Ouvrir une brèche dans la
région de Toronto pour les conservateurs ontariens est devenu le
projet conjoint des conservateurs fédéraux, provinciaux
et municipaux. C'est le « tour du chapeau » qu'ils
veulent réussir dans leur campagne antiouvrière et
antisociale, c'est-à-dire, établir le pouvoir
conservateur aux trois paliers de gouvernement.
Les conservateurs présentent Doug Holyday,
l'adjoint du maire Ford. Holyday a une longue feuille de route comme
politicien antiouvrier à titre de maire d'Etobicoke, avant la
fusion avec la ville de Toronto. En tant que président du
Comité des relations de travail de l'administration Ford,
Holyday a imposé des ententes truffées de concessions aux
travailleurs municipaux et il a eu massivement recours à la
sous-traitance des emplois municipaux. Le ministre
fédéral des Finances Jim Flaherty, le chef
progressiste-conservateur de l'Ontario Tim Hudak et le maire de Toronto
Rob Ford ont tous visité la circonscription pour appuyer Holyday
dans sa campagne.
Pour marginaliser les travailleurs dans cette
élection partielle, les médias ne cessent de
déclarer que Milczyn et Holyday sont des « candidats
vedettes » et sont « assurés de la victoire
». Mais l'expérience de la classe ouvrière dans les
élections partielles de Kitchener-Waterloo l'an dernier
démontre que les libéraux et les conservateurs ne
représentent aucunement la volonté populaire. Ces
déclarations des médias ne veulent rien dire quand les
gens s'organisent à la base pour faire sortir le vote et
défaire les libéraux et les conservateurs.
Dans Etobicoke-Lakeshore, il est possible d'affirmer
haut et fort l'opposition aux candidats antiouvriers des
libéraux et des conservateurs en mobilisant les travailleurs de
la circonscription pour qu'ils convainquent tous les gens qu'ils
connaissent de voter contre les libéraux et les
progressistes-conservateurs. Pour participer à la mobilisation,
écrire à ontario@cpcml.ca

Cynisme et opportunisme des libéraux et
conservateurs
- Laura Chesnik -
Les actions qui se
mènent pour défaire tant les libéraux que les
conservateurs aux élections partielles ont beaucoup
d'importance. Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne a fait
l'impossible pour empêcher toute délibération sur
le sujet dans le mouvement organisé de la classe ouvrière
et dans la population en général, surtout pour
empêcher les gens de penser à ce qui est
véritablement en jeu et d'exprimer une volonté populaire
collective.
En octobre dernier, le gouvernement de Dalton McGuinty
avait déclenché une élection partielle dans
Kitchener-Waterloo à peine quelques jours après avoir
déclenché, de concert avec les conservateurs, une
campagne massive contre les enseignants, les travailleurs et leurs
syndicats. Et maintenant, Kathleen Wynne qui a remplacé McGuinty
avec les airs d'un « nouveau » gouvernement, utilise
à son tour des élections partielles pour saper, ou
plutôt tenter de saper, la capacité des gens de s'exprimer.
Le gouvernement a déclenché les cinq
partielles comme une attaque surprise le 3 juillet, soit
exactement quatre semaines avant le vote, alors qu'il savait pourtant
depuis longtemps que des élections devaient avoir lieu dans ces
cinq circonscriptions. Les élections précipitées
ont forcé les partis à imposer des candidats puisque dans
plusieurs circonscriptions, il n'y avait pas eu de nomination encore.
Cela contribue à la tendance générale à la
concentration du pouvoir entre les mains du chef et à
l'invalidation des comités de circonscription. Ainsi, même
les membres du Parti libéral et du Parti progressiste
conservateur sont écartés du processus
décisionnel, sans parler de l'électorat
général.
En plus, les élections auront lieu à la
veille d'une longue fin de semaine, lorsque beaucoup de gens seront
occupés avec leurs familles. Dans Windsor-Tecumseh, par exemple,
l'élection partielle aura lieu en plein milieu d'un arrêt
de production chez Chrysler et Ford, les deux principaux employeurs de
la région, ce qui veut dire que beaucoup de travailleurs seront
en vacances.
Les élections partielles ont également
lieu en plein milieu d'une négociation « permise
» aux enseignants de l'élémentaire par le
gouvernement Wynne, ce qui veut dire que beaucoup d'organisateurs
syndicaux seront occupés à défendre les droits de
leurs membres auprès des commissions scolaires.
Le cynisme est tel que le gouvernement libéral ne
s'est même pas donné la peine de publier une plate-forme
électorale malgré toutes ses prétentions
d'être nouveau et différent. Il est évident qu'il
ne veut tout simplement pas être tenu responsable de quoi que ce
soit et qu'il espère que de beaux discours sur
l'« équité » et l'« approche
équilibrée » suffiront à épater les
travailleurs.
La réponse méritée à cette
manoeuvre cynique pour empêcher les travailleurs d'être une
force dans ces élections est de garantir que chaque vote
devienne une déclaration contre le cynisme et la corruption des
politiciens antiouvriers du Parti libéral et du Parti
progressiste conservateur.

Répression des prisonniers et des
travailleurs fédéraux aux États-Unis
Grève massive de la faim de prisonniers en
Californie
Appui à la
grève de la faim des prisonniers en 2011
Près de 30 000 prisonniers californiens ont
recours à la grève de la faim pour contester leurs
conditions inhumaines. Comme les responsables de la prison
d'État reconnaissent la justesse de ce nombre, il y a lieu de
croire que celui-ci est encore plus élevé. La
grève de la faim a été déclenchée le
8 juillet quand les responsables de l'administration
pénitentiaire n'ont pas respecté les engagements qu'ils
avaient pris pour arrêter la grève de la faim de 2011. La
principale revendication des prisonniers est qu'on cesse de les placer
dans des cellules d'isolement et qu'on cesse de leur imposer un
chantage à l'effet de devenir informateurs ou de rester en
isolement. Le programme est à toutes fins pratiques le
même que le programme de « menace interne » mis
en place par le président Obama à l'intention des
travailleurs fédéraux (voir l'article ci-dessous), qui
semble s'inspirer du programme carcéral. Les deux programmes
sont appliqués au nom de la sécurité. Les
détenus sont tenus de repérer l' « affiliation
à un gang » tandis que les travailleurs
fédéraux doivent repérer des
« comportements suspects ». Il s'agit dans les deux
cas de forcer les gens à devenir informateurs sous peine
d'être eux-mêmes châtiés.
Le syndrôme de l'État de siège dont
souffre l'administration Obama révèle l'ampleur de la
dissension interne aux États-Unis mêmes. Dans un discours
du 23 mai livré à l'Université de la
Défense nationale des États-Unis, Obama a
spécifiquement invoqué le danger que représentent
les terroristes « locaux ». Cela met aussi en
lumière l'incapacité des institutions traditionnelles
à gérer la concurrence interne pour les postes de
pouvoir, ce qui pose un défi de taille au Président et
à son habileté à inciter les différentes
factions les unes contre les autres et à contrôler les
factions dans leur lutte pour le pouvoir.
LML appuie résolument les prisonniers
étasuniens et leur résistance qui n'est rien de moins
qu’héroïque. Les conditions auxquelles sont assujettis ces
prisonniers, dont la plupart sont issus de minorités nationales,
sont des violations flagrantes des droits de la personne. Ces
prisonniers sont aussi assujettis à des expérimentations
en torture psychologique et autres par les États-Unis, ce qui
constitue des crimes contre l'humanité. Ces violations des
droits de la personne placent les États-Unis au premier rang des
pays ayant recours à la torture et aux violations des droits. Se
poursuit aussi la grève de la faim à la base tortionnaire
de Guantánamo Bay. Les conditions auxquelles y sont assujettis
les prisonniers témoignent de la profonde
dégénérescence du système étasunien,
mais aussi de la détermination de l'esprit humain à
lutter pour son droit d'être et triompher.
Pete Colins, un
prisonnier du pénitencier de Millhaven en Ontario a fait ce
dessin d'un pélican censuré pour illustrer la
torture et la censure qui ont forcé les prisonniers de Pelican
Bay en Californie à déclencher une grève de la
faim en 2011,
à laquelle ont participé quelque 12 000 prisonniers
californiens.
Revendications des prisonniers californiens en
cellules d'isolement
Les prisonniers de l'Unité de logements à
haute sécurité (SHU), ou cellules d'isolement, à
la prison d'État de Pelican Bay (Californie) et à la
prison d'État de Corcoran et dans d'autres SHU ont entamé
une grève de la faim indéfinie depuis le 8 juillet
2013 afin de contester les conditions cruelles et inhumaines de
leur incarcération. C'est la continuation des grèves
massives de la faim commencées en 2011 alors que les
grévistes avaient élaboré cinq demandes de base,
lesquelles sont restées lettre morte. Le site Web California
Watch résume ainsi ces revendications :
1. La fin des sanctions collectives. Les remplacer
par la reddition de comptes individuelle.
Lorsqu’un prisonnier individuel enfreint les
règles, les responsables de la prison imposent souvent des
sanctions à tout un groupe de prisonniers de la même
minorité nationale. Cette politique vise à garder les
prisonniers dans les SHU indéfiniment et à rendre les
conditions de plus en plus difficiles.
2. L'abolition de la politique de débreffage
et la modification des critères définissant un membre de
gang actif ou non-actif.
On accuse les prisonniers d'être des membres
actifs ou non-actifs de gangs de prison sur la base de preuves fausses
ou peu fiables pour ensuite les envoyer en isolement à long
terme (SHU). Ils peuvent se retirer de ces conditions de torture
seulement en acceptant de « débreffer »,
c'est-à-dire, fournir de l'information sur des activités
de gangs. De tels débreffages donnent lieu à de fausses
informations, les prisonniers se trouvant dans les SHU sur la base de
faussetés, dans un cercle vicieux sans fin. Ces
débreffages font aussi en sorte que la vie des prisonniers qui
s'y prêtent ainsi que celle de leurs familles est mise à
risque.
3. Se conformer aux recommandations de la Commission
des États-Unis sur la sécurité et les abus dans
les prisons (2006) visant à mettre fin à l'isolement
à long terme.
Cette commission bipartite avait spécifiquement
recommandé que « l'isolement ne serve que de recours
ultime » et qu'on mette fin « aux conditions
d'isolement ». Malgré ces recommandations, depuis mai
2011, la Californie a gardé 3 259 prisonniers en
isolement et des centaines d'autres en confinement administratif en
attendant que des places se libèrent en SHU. Certains
prisonniers se trouvent en isolement depuis plus de trente ans.
4. Répondre aux besoins alimentaires.
Les prisonniers font part de conditions malsaines et de
portions alimentaires non conformes aux règlements des prisons.
Il y a ni reddition de compte ni contrôle indépendant de
la qualité.
5. Des programmes constructifs et des
privilèges pour les détenus en isolement indéfini.
Les grévistes de la faim exigent de pouvoir
« participer à des programmes éducatifs,
religieux, d'autothérapie ainsi qu'à d'autres
activités productives... ». En ce moment, ces besoins leur
sont sans cesse refusés, même si les détenus
offrent de payer eux-mêmes les frais des cours par correspondance.
Voici des exemples de privilèges que demandent
les détenus : un appel téléphonique par
semaine (les détenus en isolement n'ont pas droit à un
seul appel !), la permission d'avoir des survêtements
sportifs et une tuque. Souvent les vêtements chauds sont
refusés alors qu'il peut faire extrêmement froid dans les
cellules et dans la cellule d'entraînement physique. Tous les
privilèges dont il est ici question sont acceptés dans
les prisons à sécurité maximale du système
carcéral fédéral ainsi que dans d'autres
États.

«Menace interne » - Obama criminalise
les travailleurs fédéraux
- Voice of Revolution, 5 juillet 2013 -
Comme partie intégrante d'accorder officiellement
des pouvoirs policiers illimités au pouvoir exécutif tout
en bloquant toute opposition à de tels pouvoirs,
l'administration Obama vient de décréter son «
Programme de menace interne ». Il s'agit d'une offensive
gouvernementale exigeant des employés fédéraux
qu'ils espionnent leurs collègues de travail et qu'ils
rapportent toutes « suspicions » au sujet de «
menaces potentielles » ou d'« indices » englobant des
questions aussi personnelles que les divorces, les pépins
financiers, le niveau de stress d'un individu, les voyages à
l'étranger, les plaintes formulées, etc. Des millions de
travailleurs et d'entrepreneurs fédéraux sont
appelés à surveiller et à rapporter toutes «
personnes ou comportements à risque élevé »
perçus parmi leurs collègues de travail. Les sanctions
liées à toute résistance au programme ou à
tout refus de se prêter à l'espionnage et de
dénoncer ses collègues varient, mais elles peuvent aller
jusqu'au congédiement et aux accusations criminelles. Des fuites
aux médias et autres révélations sont
interprétées comme étant rien de moins que de
l'espionnage, ce qui peut mener à la peine de mort.
Un plan stratégique pour le programme
annoncé par le ministère de la Défense le 1 juin
2012, dit : « Il faut se rendre à l'évidence... les
fuites, c'est comme venir en aide aux ennemis des États-Unis.
»
Le plan du Pentagone « exige » aussi des
gestionnaires de la Sécurité qu'ils réprimandent
les travailleurs ou qu'ils révoquent la cote de
sécurité de tous ceux qui commettraient une seule
infraction grave ou un ensemble d'atteintes mineures à la
sécurité, menant évidemment au congédiement
ou à la fin de leur carrière au gouvernement. Il affirme
: « Il faut pénaliser toute hésitation à
rapporter les infractions et les violations à la
sécurité, y compris tout laxisme en termes
d'auto-rapport. »
Quels actes constituent une « menace » ou
une « infraction » est tout à fait arbitraire, les
définitions vagues de « menace interne » accordant
une grande latitude aux gestionnaires individuels et aux chefs de
départements, leur permettant de punir quelqu'un selon leurs
propres critères. La divulgation non autorisée
d'informations, pas seulement d'informations classifiées, peut
constituer une « menace ». Près de cinq millions de
personnes ont accès à des informations dites
classifiées et plusieurs autres millions à des
informations dites non classifiées.
Le Pentagone a établi sa propre
définition, très large, de ce qu'est une « menace
interne ». Il s'agirait d'un employé ayant une cote de
sécurité et qui, de façon « volontaire ou
pas », nuit aux « intérêts de la
sécurité nationale » par « la divulgation non
autorisée, la modification de données, l'espionnage, le
terrorisme ou des actes cinétiques résultant en une perte
ou en une dégradation de ressources ou d'habiletés
». Un haut responsable du Pentagone a avoué : «
Personne ne peut proposer un modèle de ces menaces internes qui
sont très floues. » Il a ajouté qu'au sein du
Pentagone, « beaucoup de hauts dirigeants ont leur propre ordre
du jour ».
Le Pentagone a aussi mis sur pied une unité dont
la tâche est de surveiller les nouvelles quotidiennes pour y
repérer les fuites d'information touchant à la
défense et qui seraient classifiées. Il offre une
nouvelle formation permettant aux employés de repérer les
« risques à la sécurité », y compris
les « risques élevés » et les comportements
« perturbateurs » entre collègues de travail. Un
responsable du Pentagone l'a expliqué ainsi : « Il s'agit
de cerner les profils des gens, leurs approches au travail, comment ils
interagissent avec les patrons », quels sites ils visitent sur
l'internet, etc.
Le ministère de l'Éducation a dit à
ses employés que certains collègues en proie à
« diverses expériences de vie... pourraient en influencer
d'autres à devenir une menace interne ». Ces
expériences, selon un manuel de formation informatisé,
pourraient être dues « au stress, au divorce, aux
difficultés financières », ou à des «
frustrations manifestées à l'égard de
collègues ou de l'organisation ».
Le ministère de l'Agriculture et de
l'Administration océanique et atmosphérique nationale
offre un tutoriel en ligne du nom de « Trahison 101 ». Il
prétend enseigner aux travailleurs comment repérer le
profil psychologique d'espions. L'Administration des aliments et des
drogues (FDA) a justifié la surveillance des courriels
personnels de ses scientifiques et des ses docteurs en évoquant
la nécessité de déceler les fuites d'information
non-classifiée.
Avec cette ampleur et touchant aux informations
classifiées et non classifiées, ses définitions
larges et ses pouvoirs arbitraires permettant de punir et d'exiger des
collègues de travail qu'ils s'espionnent l'un l'autre et qu'ils
puissent être sanctionnés ou licenciés pour leur
refus de le faire, le « Programme de menace interne » n'est
pas conçu pour repérer ou pour régler de
véritables menaces à la sécurité. Il sert
plutôt à créer un climat d'humiliation, de peur et
de vengeance parmi les travailleurs du gouvernement, forçant les
gens à agir les uns contre les autres, faisant la promotion du
profilage et des chasses aux sorcières en même temps qu'il
empêche le public d'avoir accès à l'information
dont il a besoin sur des questions aussi fondamentales que la guerre et
la paix, l'environnement, la sécurité alimentaire et
l'éducation. Le droit public d'être informé est
attaqué, laissant libre cours au pouvoir exécutif de
procéder sur la base de pouvoirs policiers illimités, qui
sont des instruments visant à imposer une plus grande
répression et à commettre encore d'autres crimes au pays
et à l'étranger.
Partout aux États-Unis, le 4 juillet, le jour de
l'Indépendance, a été souligné par des
manifestations dénonçant le programme gouvernemental
massif d'espionnage domestique et international.
Obama a déjà recours à l'espionnage
massif pour épier les citoyens au pays et à
l'étranger, y compris les journalistes. Son ministère de
la Justice a déjà condamné deux fois plus de
« dénonciateurs » aux termes de la loi sur
l'espionnage que tous les présidents avant lui. Il exige que le
programme de « menace interne » soit appliqué avec
plus de vigueur. En novembre, il a approuvé des «
standards minimaux », laissant aux ministères et aux
agences toute la latitude de développer leurs programmes. Il a
ordonné qu'ils ne devaient pas seulement repérer les
« auteurs de fuites » mais aussi les personnes qui
pourraient avoir recours à des « actes de violence contre
le gouvernement et le pays » et possiblement à l'«
espionnage ». De cette façon, comme c'est le cas pour les
attaques préventives menées au nom du « terrorisme
», on peut cibler des gens du fait qu'ils pourraient
représenter des menaces « potentielles » sans qu'il
n'y ait de véritable menace ou de crime.
Ce qui confirme davantage que l'objectif du programme
est de contrôler les travailleurs actifs et de bloquer toute
opposition aux crimes du gouvernement est qu'Obama a mis à
exécution le « Programme de menace interne » en
octobre 2011 après que le soldat Bradley Manning eut
publié des vidéos exposant les crimes de guerre des
États-Unis en Irak. Manning a aussi dévoilé des
milliers de documents et de vidéos exposant l'ampleur de
l'espionnage des États-Unis et de leurs attaques contre la
souveraineté et les droits des peuples à l'échelle
mondiale. Manning a été détenu pendant trois ans,
ayant été placé en isolement, avant d'être
jugé. Son procès devant la cour martiale a lieu
présentement et l'accusation principale qui pèse contre
lui est celle d'« aider l'ennemi ». Il pourrait être
condamné à l'emprisonnement à vie si jugé
coupable. Le « Programme de menace interne » n'a pas non
plus empêché les toutes récentes « fuites
» commises par l'ancien agent de la CIA et contracteur pour le
NSA, Edward Snowden, qui a exposé la cueillette massive de
données personnelles sur le peuple étasunien et sur les
peuples et les gouvernements à l'étranger.
Le programme établit une encore plus grande base
pour étiqueter et sanctionner les travailleurs gouvernementaux
qui refusent tout simplement de devenir des espions et des
informateurs. Ainsi les travailleurs sont criminalisés parce
qu'ils résistent mais aussi pour des questions de comportement
et de problèmes d'ordre personnel, qu'on peut qualifier de
« menace potentielle ». Dès qu'un tel programme est
imposé aux travailleurs fédéraux, il sera
imposé par la suite à tous les travailleurs dits «
essentiels » à la sécurité nationale, par
exemple les travailleurs du transport, de l'alimentation, de
l'énergie, etc.
Aussi, essentiellement, le programme transforme le
public en une entité qu'on ne peut informer sous peine d'«
aider l'ennemi ». La notion même d'un public ayant un mot
à dire en gouvernance doit être éliminée.
L'exécutif doit avoir le pouvoir illimité de
décider ce qui constitue ou non une « menace ».
Entre-temps, le public doit être désinformé et ceux
qui s'y opposent doivent être sanctionnés. Les
travailleurs ne doivent pas défendre leurs droits et s'opposer
au gouvernement pour ses crimes, mais doivent accepter d'être une
force docile, humiliée, qui accepte de tels crimes. Les
travailleurs aux États-Unis ont une longue tradition de
s'opposer à de telles mesures antiouvrières. Les
travailleurs fédéraux ont été les premiers
à s'opposer aux serments d'allégeance qui leur furent
imposés comme partie intégrante des croisades
anticommunistes au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale,
alors qu'un vaste soulèvement antifasciste des peuples
était à l'oeuvre. On ne peut que penser que les attaques
d'Obama aujourd'hui seront combattues et que le peuple s'organisera non
seulement pour défendre ses droits collectifs, mais aussi pour
défendre le droit public et mener à bien de nouvelles
institutions qui lui sont propres et qui défendent le public.

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