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En annonçant son nouveau cabinet, Harper a tenté de cacher la manoeuvre en disant que le gouvernement « restera concentré sur la création d'emplois, la croissance et la prospérité durable, dans toutes les régions du Canada ». Ce, alors que le taux de chômage est élevé, que les gens font la queue pour des emplois au salaire minimum et que dans toutes les régions du pays, il y a une opposition grandissante à la destruction nationale et aux attaques contre les droits des travailleurs. Harper dit que son nouveau Conseil des ministres est jeune, mais comprend aussi « des gens d'expérience » (et quatre femmes de plus). Par un tour de prestidigitation il veut donner un air de nouveau et de jeunesse à quelque chose de corrompu et de pourrissant. « Avec les changements apportés, le Conseil des ministres compte maintenant à la fois des députés plus jeunes, prêts à relever de nouveaux défis, et des gens d'expérience, qui continueront à faire preuve d'un leadership solide dans des portefeuilles clés, a dit le premier ministre. Je suis particulièrement fier d'accueillir à la table du Cabinet quatre nouvelles ministres, qui sont fortes et capables. » Fait remarquable, le Conseil des ministres ne contient pas de représentant du Sénat. Cela veut dire que personne ne représente officiellement le Conseil des ministres au Sénat. Cela s'inscrit peut-être dans les tentatives continuelles d'ingérence du gouvernement Harper dans le fonctionnement du Sénat pour usurper son pouvoir et le concentrer entre ses propres mains, dans le Bureau du premier ministre. Le remaniement ministériel ne peut être qu'une autre tentative de faire croire aux Canadiens qu'ils ne peuvent rien faire devant la corruption, les scandales et la destruction des institutions nationales de ce gouvernement. C'est une affirmation arrogante que c'est Stephen Harper et personne d'autre qui décidera quand et quels changements seront permis au Canada. La réalité est que les Canadiens ne sont pas impuissants. On le voit dans les actions menées pour vaincre l'offensive antisociales néolibérale aux niveaux provincial et fédéral partout au pays. Il est très peu probable que Harper parvienne à se remettre de ces scandales parce qu'à la base, il y a une corruption véritable, pas un simple problème d'image. Les ministres qui ne font plus partie du CabinetUn certain nombre de ministres ont annoncé qu'ils démissionnent ou qu'ils ne se présenteront plus aux prochaines élections fédérales avant l'annonce du remaniement. Le ministre de la Sécurité publique de Harper, Vic Toews, a annoncé qu'il quittait la vie politique en date du 9 juillet 2013. On s'attend à ce qu'il soit nommé juge. La ministre des Affaires étrangères (Amérique latine), Diane Ablonczy a annoncé qu'elle ne présentera pas au scrutin de 2015. Elle n'a pas été retenue pour un poste ministériel au Cabinet. Le secrétaire d'État aux finances, Ted Menzies, a aussi annoncé qu'il ne se présentera pas au scrutin en 2015. Il n'a pas aussi été retenu pour un poste ministériel au Cabinet. Le ministre des Pêches et des Océans, Keith Ashfield, a été récemment diagnostiqué pour un cancer lymphatique de Hodgkin, et a demandé que son nom soit retiré du Cabinet. Le 4 juillet, Marjory LeBreton, la chef des conservateurs au Sénat, a annoncé qu'elle va démissionner de son poste de leader au Sénat. Le nouveau CabinetLa liste des membres du nouveau Cabinet a été fournie par le bureau du Conseil privé qui a déclaré que les noms sont énumérés par ordre de préséance. Le site Web du Parlement du Canada explique l'ordre de préséance ainsi : « L'ordre suivant lequel la liste des membres du Conseil des ministres est présentée dans les publications de la Chambre des communes. En général, l'ordre de préséance est déterminé selon la date de nomination au Conseil privé. Cependant, le premier ministre est toujours placé au premier rang et les ministres passent devant les ministres d'État. Lorsqu'il y a nomination au Conseil privé de plus d'un ministre ou ministre d'État à la même date, le classement se fait alors selon la date à laquelle la personne a été élue à la Chambre des communes pour la première fois. Les ministres ou ministres d'État qui n'ont pas été élus et ont été nommés au Conseil privé à la même date sont classés en ordre alphabétique. » Stephen Joseph Harper (Calgary-Sud-Ouest, Alberta) — premier ministre Bernard Valcourt (Madawaska--Restigouche, Nouveau-Brunswick) — ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord Robert Douglas Nicholson (Niagara Falls, Ontario) — ministre de la Défense nationale Peter Gordon MacKay (Nova-Centre, Nouvelle-Écosse) — ministre de la Justice et Procureur général du Canada Rona Ambrose (Edmonton-Spruce-Grove, Alberta) -- ministre de la Santé Diane Finley (Haldimand-Norfolk, Ontario) — ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux John Baird (Ottawa-Ouest-Nepean, Ontario) — ministre des Affaires étrangères Tony Clement (Parry Sound-Muskoka, Ontario) — président du Conseil du Trésor James Michael Flaherty (Whitby-Oshawa, Ontario) -- ministre des Finances Peter Van Loan -- (York-Simcoe, Ontario) leader du gouvernement à la Chambre des communes Jason Kenney (Calgary-Sud-Est, Alberta) — ministre de l'Emploi et du Développement social Gerry Ritz (Battlefords-Lloydminster, Saskatchewan) — ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire Christian Paradis (Mégantic-L'Érable, Québec) — ministre du Développement international et ministre de la Francophonie James Moore (Port Moody-Westwood-Port Coquitlam, Colombie-Britannique) — ministre de l'Industrie Denis Lebel (Roberval--Lac-Saint-Jean, Québec) — ministre de l'Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales et ministre de l'Agence du développement économique du Canada pour les régions du Québec Leona Aglukkaq (Nunavut, Nunavut) — ministre de l'Environnement, ministre de l'Agence canadienne du développement économique des régions nordiques et ministre du Conseil de l'Arctique Lisa Raitt (Halton, Ontario) — ministre du Transport Gail Shea (Egmont, Île-du-Prince-Édouard) — ministre des Pêches et des Océans Julian Fantino (Vaughan, Ontario) — ministre des Anciens combattants Steven Blaney (Lévis-Bellechasse, Québec) — ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile Edward Fast (Abbotsford, Colombie-Britannique) — ministre du Commerce international Joe Oliver -- (Eglinton-Lawrence, Ontario) ministre des Ressources naturelles Kerry-Lynne D. Findlay (Delta-Richmond-Est, Colombie-Britannique) — ministre du Revenu national Shelly Glover (Saint-Boniface, Manitoba) — ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles Chris Alexander (Ajax-Pickering, Ontario) — ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration Kellie Leitch (Simcoe-Grey, Ontario) —ministre du Travail et ministre de la Condition féminine Maxime Bernier (Beauce, Québec) — ministre d'État (Petite Entreprise et Tourisme, et Agriculture) Lynne Yelich (Blackstrap, Saskatchewan) — ministre d'État (Affaires étrangères et consulaires) Gary Goodyear (Cambridge, Ontario) — ministre d'État (Agence fédérale de Développement économique pour le Sud de l'Ontario) Rob Moore (Fundy-Royal, Nouveau-Brunswick) — ministre d'État (Agence de promotion économique du Canada atlantique) John Duncan (Île-de-Vancouver-Nord, Colombie-Britannique) — ministre d'État et whip en chef du gouvernement Tim Uppal. ministre d'État (Multiculturalisme) Alice Wong, ministre d'État (Aînés) Bal Gosal, ministre d'État (Sports) Kevin Sorenson, ministre d'État (Finances) Pierre Poilièvre, ministre d'État (Réforme démocratique) Candice Bergen, ministre d'État (Développement social) Greg Rickford, ministre d'État (Sciences et Technologie, et Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l'Ontario) Michelle Rempel, ministre d'État
(Diversification
de l'économie de l'Ouest) Nombre de ministres par province ou territoire
|
| Colombie-Britannique |
5 |
| Alberta | 5 |
| Saskatchewan | 2 |
| Manitoba | 2 |
| Ontario |
15 |
| Québec | 4 |
| Nouveau-Brunswick | 2 |
| Nouvelle-Écosse |
1 |
| Île-du-Prince-Édouard |
1 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 0 |
| Nunavut | 1 |
| Territoires
du
Nord-Ouest |
0 |
| Yukon | 0 |
| Total
(excluant le
premier ministre) |
38 |
Le Canada a besoin d'un gouvernement anti-guerre



Le 9 juillet, le ministre de la défense Peter MacKay a inauguré « la Veille du monument de l'Afghanistan » sur la colline du parlement canadien. Malgré son nom, le monument n'est pas dédié à l'Afghanistan, loin de là.
Un monument dédié au peuple afghan serait certainement de mise, quand on connaît la destruction que les États-Unis et les autres pays de l'OTAN, dont le Canada, lui ont infligée. La mort, la destruction et la torture subie par les Afghans étaient censément en réponse à un crime commis en sol américain, censément à l'instigation d'un homme d'Arabie saoudite dont la base d'opération se trouvait censément en Afghanistan, toujours selon les États-Unis. Au lieu de traiter la chose comme un crime punissable par le droit international, par la voie diplomatique, les pays de l'OTAN sous commandement américain ont déclenché une guerre d'agression meurtrière contre ce pays.
Le ministre MacKay a tenté de faire croire lors du dévoilement du monument que la destruction de l'Afghanistan était une façon d'aider le pays à se rebâtir. Détruire pour rebâtir et détruire encore, telle est la contribution du Canada. Non seulement les États-Unis, le Canada et les autres membres de la coalition meurtrière ont-il enlevé des vies et provoqué la destruction matérielle en Afghanistan, mais leurs hommes politiques détruisent le langage, enlevant aux mots leur signification.
MacKay
est allé
jusqu'à prétendre que les Canadiens
ont apporté la
stabilité et la sécurité aux
Afghans. Onze
années d'occupation, de contrôle
étranger et
de bombardement constant auraient amené la
sécurité et la stabilité,
selon le ministre. La
sécurité pour les Afghans serait
d'avoir chez eux des
soldats étrangers
qui sont libres d'éliminer quiconque ils
croient être un
terroriste et de se livrer à toutes sortes
d'activités
criminelles, comme la torture, le viol,
l'emprisonnement
et le meurtre de civils. Les Afghans jouiraient de
la
sécurité quand les drones d'Obama
survolent leurs terres
agricoles et leurs villages, prêts à
larguer des
missiles à tout instant, par une simple
commande informatique
sur un ordinateur situé dans une base
américain à
des milliers de kilomètres de là.
Dans la logique
tortueuse du ministre MacKay, la
sécurité c'est quand on
est soumis à la terreur constante et quand
on se fait enlever
ses droits, tandis que la stabilité c'est
quand
la terreur réussit à vous convaincre
de coopérer
avec l'occupant assassin.
« La Veille du monument de l'Afghanistan représente plus d'une décennie de dévouement et de sacrifice de la part des braves membres des Forces armées canadiennes », a dit le ministre MacKay. « Les sacrifices de nos troupes ont empêché que l'Afghanistan ne redevienne un refuge pour les terroristes, ils ont apporté stabilité et sécurité aux Afghans, et leur ont permis de développer et de rebâtir leur pays. Nous remercions les membres des Forces armées canadiennes pour leur service inébranlable, ainsi que leur famille, leurs amis et tous les Canadiens qui ont appuyé notre mission en Afghanistan ».
Au lieu d'un monument à l'Afghanistan pour que les Canadiens puissent être informés de la destruction causée par nos forces armées, la Veille du monument de l'Afghanistan commémore 161 Canadiens et 40 Américains qui étaient sous commandement canadien au moment de leur mort. Même l'idée que cela pourrait être un monument aux militaires pour faire oublier la mort de milliers d'Afghans ne tient pas puisque parmi les commémorés se trouvent un entrepreneur civil, un journaliste et un diplomate.
Le monument est constitué de 190 plaques commémoratives représentant 201 personnes décédées durant la guerre contre l'Afghanistan : 158 membres des Forces armées canadiennes, un diplomate canadien, un entrepreneur civil canadien, un journaliste canadien et 40 membres des forces armées américaines qui étaient « sous commandement militaire canadien ».
Il est peu probable qu'il y ait sur le monument une mention du fait que les premières pertes du Canada en Afghanistan furent quatre soldats tués par un pilote américain. Les soldats Richard Green et Nathan Smith, le caporal Ainsworth Dyer et le sergent Marc Léger furent tués et huit autres furent blessés lorsqu'un avion de combat F-16 de l'armée américaine a largué une bombe guidée au laser de 225 km sur des soldats canadiens qui effectuaient un exercice dans un village près de Kandahar. La chose a été balayée sous le tapis à l'époque parce que les pilotes américains ont dit qu'ils se croyaient pris dans une embuscade, comme si tout aurait été parfaitement excusable si c'était des Afghans au sol. C'est ainsi que sont cachés des crimes de guerre et que la vie humaine est placée sur une échelle de valeurs.
Le nouveau monument vise à cacher les crimes commis par l'impérialisme américain en Afghanistan en présentant la mort de soldats et de civils canadiens et de soldats américains comme quelque chose à commémorer en dehors du contexte et sans expliquer ce qu'ils faisaient vraiment si loin de chez eux. Il n'y a pratiquement aucune référence aux milliers d'Afghans qui ont perdu la vie sur le site web du monument.
Un autre aspect significatif de ce monument est qu'il commémore 40 soldats américains parce qu'ils étaient « sous commandement militaire canadien ». Les soldats américains ne sont pratiquement jamais sous commandement étranger. Certains ont pu se trouver sous un commandement opérationnel commandé par un officier canadien dans le cadre d'opérations intégrées. En inscrivant le nom des soldats américains sur le monument, les conservateurs font du bourrage de crâne : ils veulent bien ancrer dans nos pensées la notion d'une seule armée des États-Unis des Monopoles d'Amérique du Nord, une tentative crasse de normaliser l'intégration des forces armées canadiennes aux forces américaines à l'intérieur de l'OTAN ou de NORAD, c'est-à-dire sous commandement américain.
Les Canadiens doivent accueillir avec tout le mépris qu'elle mérite cette dernière tentative des conservateurs pro-guerre de présenter l'occupation armée et les crimes de guerre comme une contribution à la paix et à la sécurité. Le monument ne reflète pas leur sentiment que toute vie humaine est importante et qu'aucun pays ou regroupement mafieux de pays n'a le droit d'imposer sa volonté aux autres, peu importe le prétexte.
Au
nom de l'innovation et
de la commercialisation de même que de
l'établissement de
« partenariats », le
gouvernement Harper cherche
à donner
aux militaires et aux monopoles de la production
de guerre une grande
présence dans les universités
canadiennes et à
militariser son approche envers les jeunes.
Au lieu d'offrir un brillant avenir aux jeunes, le
gouvernement
Harper veut les transformer en recherchistes pour
la production
d'équipement militaire ou en
soldats pour le front.
Le 8 juillet, le gouvernement Harper a lancé « Le projet pilote civilo-militaire en matière de leadership » à l'Université de l'Alberta. C'est un programme « qui permettra simultanément aux participants d'obtenir un diplôme universitaire et d'acquérir de l'expérience en leadership au sein de la Réserve des Forces armées canadiennes (FAC). » Il sera « codirigé par l'Université de l'Alberta et les FAC » et créera un programme conjoint civil/militaire dans l'université. L'objectif est de faire du projet-pilote albertain un banc d'essai pour le développement de programmes similaires dans d'autres universités canadiennes.
Les participants au programme devront s'inscrire dans un programme de leur choix à l'Université de l'Alberta et feront partie d'une unité locale de la Réserve. Pour obtenir un certificat attestant leur participation au programme, ils seront tenus d'atteindre les objectifs universitaires et de satisfaire aux exigences militaires en matière d'instruction.
Les officiers et les militaires du rang peuvent s'inscrire au programme. Les étudiants doivent poser leur candidature à l'université et à l'une des unités locales de la Réserve séparément puis être admis.
Le service militaire devient donc avec ce programme une composante d'un programme universitaire spécifique. Le gouvernement fédéral finance et supervise déjà le Collège militaire royal de Saint-Jean qui enseigne aux cadets militaires et aux officiers. Le collège a obtenu l'autorisation de donner des diplômes en 1959, 14 ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Avec ces nouveaux projets pilotes, le gouvernement Harper semble vouloir tenter d'établir de nouveaux arrangements afin de militariser les collèges civils comme ce fut le cas en temps de guerre dans le passé.
En faisant l'annonce, Peter MacKay, alors ministre de la Défense, s'est exprimé ainsi : « Ce nouveau programme pilote conjoint constitue un exemple de la collaboration exceptionnelle qui existe entre le ministère de la Défense nationale, les Forces armées canadiennes et l'Université de l'Alberta. Il renouvelle un partenariat entre l'université et les militaires canadiens qui date de la Première Guerre mondiale. De plus, ce programme respecte la tradition du Corps-école d'officiers canadiens mis sur place sur des campus partout au Canada jusqu'en 1968. »
MacKay essaie de détruire notre mémoire collective en niant le fait que la jeunesse révolutionnaire et le mouvement étudiant de l'après-guerre ont joué un grand rôle dans la démilitarisation des campus à l'échelle du Canada. La réintégration des militaires dans les universités d'une façon aussi ouverte marque une régression et cela ne doit pas passer.
Martin Ferguson-Pell, le vice-recteur intérimaire de l'Université de l'Alberta, a dit que la participation de son établissement est étroitement liée à son désir de contribuer au développement de notre société et de ses institutions. « Nous sommes ravis de renforcer les liens entre les Forces armées canadiennes et notre institution », a-t-il déclaré. L'Université de l'Alberta occupe une place idéale pour l'élaboration et l'essai de ce programme, compte tenu du soutien important que notre région apporte aux Forces armées, de la présence considérable des forces régulières et de la Réserve et de l'engagement continu de notre institution à l'égard de la création d'occasions d'apprentissage et de leadership sans pareil pour nos étudiants. »
Selon le gouvernement Harper, le programme « vise à produire des citoyens-leaders en offrant aux participants, dans le cadre du programme d'études et à l'extérieur de celui-ci, des occasions propices à l'enrichissement de leur expérience qui leur permettront de devenir des dirigeants compétents et disciplinés. »
On n'a pas expliqué lors de l'annonce pourquoi le programme est nécessaire maintenant et pourquoi le gouvernement Harper s'affaire à faire revivre les arrangements du temps où le Canada était en guerre. Le gouvernement Harper est-il en train de mettre en place des arrangements de temps de guerre sur une base permanente au Canada ? Le peuple canadien veut savoir ce que ce gouvernement est en train de préparer.
Le 10 juillet, Rona Ambrose, alors ministre des Travaux publics, a annoncé lors de la conférence WestDef, une conférence de grande envergure de l'industrie militaire, le lancement par le gouvernement canadien du « Programme d'innovation Construire au Canada ». Selon Ambrose, le programme prévoit un montant supplémentaire de 95 millions $ sur trois ans, à compter de 2013—2014, et un montant de 40 millions $ par année par la suite pour rendre permanent le programme pilote, anciennement appelé Programme canadien pour la commercialisation des innovations (PCCI).
Le fait que le gouvernement canadien ait fait cette annonce lors de la conférence WestDef montre clairement quel est le but du financement et qui en sont les bénéficiaires. La conférence WestDef qui est « la plus prestigieuse conférence sur la défense tenue dans l'Ouest canadien, rassemble un vaste échantillon représentatif d'intervenants au sein des industries de la défense, de la sécurité et de l'aérospatiale, y compris des propriétaires de petites et moyennes entreprises, des fabricants, des fonctionnaires et des utilisateurs finaux. »
Dans le communiqué de presse au sujet du lancement, le gouvernement estime que « chaque milliard de dollars consacré à la défense et à la sécurité crée ou maintient 18 000 emplois et contribue 710 millions de dollars au produit intérieur brut. Les industries canadiennes de la défense et de la sécurité emploient, directement et indirectement, plus de 109 000 Canadiens.»
Le gouvernement essaie de justifier ce versement massif de fonds publics aux industries de guerre canadiennes de la façon suivante: « L'appui à l'innovation permettra aux innovateurs canadiens de croître et de créer des emplois supplémentaires de qualité et d'établir les conditions nécessaires pour le succès continu des entreprises qui forment les assises de la prospérité du pays.»
Le gouvernement n'explique pas comment payer les entreprises pour produire des armes qui détruisent les peuples, les territoires, les ressources et industries d'autres pays peut être considéré comme un fondement de la prospérité du Canada et comment tout cela serait socialement responsable. Ambrose a en fait essayé de présenter cet « investissement » dans la destruction comme quelque chose de bon pour les travailleurs canadiens et leur famille comme si les travailleurs canadiens ne demandaient pas mieux que de fabriquer des armes qui sont utilisées contre d'autres peuples.
« La priorité absolue de notre gouvernement est l'économie. Nous comprenons que le fait d'aider à la croissance et à la réussite des entreprises canadiennes profite directement aux familles et aux travailleurs canadiens en créant des emplois et en favorisant la croissance économique et la prospérité », a déclaré Ambrose. « En appuyant l'innovation conçue ici même, nous aidons ces entreprises à faire un pas de plus vers l'avant en mettant leurs innovations sur les marchés national et international. »
Pendant ce temps, les médias ont rapporté que Arthur Porter, l'ancien chef, nommé par le gouvernement Harper, de l'agence d'espionnage du Service canadien du renseignement de sécurité aurait laissé en plan un petit fabricant d'armes canadien après lui avoir promis des millions de dollars d'investissements pour faire fructifier son entreprise de fusils d'assaut à autorisation restreinte. Arthur Porter est accusé d'être le fraudeur au centre du scandale qui a frappé le mégaprojet du Centre universitaire de santé McGill d'une valeur de 1,3 milliard $. Il est présentement détenu au Panama sous des accusations de fraude et il cherche à éviter son extradition au Canada. Il semble que la fraude, l'espionnage et l'utilisation de fonds publics pour promouvoir et payer des entreprises de production de guerre vont main dans la main avec différents échelons du gouvernement Harper.
Source: National Post et ministère des Travaux publics
Le 12 juillet, le gouvernement Harper a annoncé de nouvelles nominations diplomatiques. L'une d'entre elle était la nomination au poste d'ambassadeur du chef de l'unité de sécurité personnelle de Stephen Harper, le surintendant de la GRC Bruno Saccomani. Il a été nommé ambassadeur au Royaume hachémite de Jordanie avec accréditation simultanée auprès de la République d’Irak.
Selon la biographie qui a été fournie par le gouvernement, Saccomani n'a aucune expérience dans le domaine des affaires étrangères et il n'a jamais été membre du Service extérieur. C'est un agent de sécurité de carrière qui a travaillé avec des forces policières et militaires internationales, surtout aux États-Unis. Un rapport interne de la GRC dont Radio-Canada a obtenu copie l'an dernier faisait référence à des actes d'intimidation qu'il aurait commis.
On lit dans sa biographie: « Il a amorcé sa carrière en 1985 comme enquêteur criminel en Colombie-Britannique. Il a également travaillé à la Section antidrogue de la GRC et occupé le poste d'enquêteur principal avant de joindre les rangs de l'équipe de sécurité du premier ministre à Ottawa en 1996. Après une affectation comme enquêteur spécial à la Direction de l'immigration et des passeports, M. Saccomani a été promu au grade d'inspecteur puis d'agent responsable des voyages du premier ministre. En plus d'exercer les fonctions d'agent de liaison adjoint en Italie et en Thaïlande, il a participé à l'étranger à d'importants projets internationaux, notamment à la coordination des activités policières en vue du Sommet du G-8 en Italie. Il a également travaillé avec divers partenaires étrangers pour mettre en place un plan d'intervention cohérent à la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Dernièrement, M. Saccomani était l'agent chargé de l'équipe de protection du premier ministre. M. Saccomani succède à M. Mark Gwozdecky. »
La nomination de Saccomani montre que le gouvernement Harper s'attaque à la profession du Service extérieur en y nommant des gens qui sont étroitement liés à sa sécurité personnelle et aux services de sécurité des États-Unis. Le gouvernement cherche vraisemblablement à mettre de côté les vétérans du Service extérieur et à y mettre en place des gens qui vont suivre les ordres de Harper et agir comme espions plutôt que selon les normes des relations internationales et des affaires étrangères. C'est un exemple de plus de la direction dangereuse que prend le gouvernement Harper à l'échelle internationale.
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