Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 113 - 11 juillet 2013

En Alberta depuis le début juin

Inondations, déraillement du Canadien Pacifique
et gigantesque déversement de pétrole


Inondations
La solidarité sociale pour bloquer les intérêts monopolistes privés
Plein soutien à la première nation Siksika
L'opportunisme crasse des intérêts monopolistes privés

Déraillement de train
Le déraillement du Canadien Pacifique montre la nécessité d'un contrôle public

Déversements de pétrole
Le droit de monopole à l'origine du plus grand déversement de l'histoire récente au Canada - George Allen


Inondations

La solidarité sociale pour bloquer
les intérêts monopolistes privés

Alors que les efforts de nettoyage et de reconstruction se poursuivent à Calgary, à High River et dans d'autres communautés du sud de l'Alberta suite aux pires inondations de l'histoire de la province, les Albertains continuent de s'entraider. Des milliers de personnes se portent volontaires tout simplement pour aider à nettoyer les dégâts et, par une multitude de gestes semblables, ils expriment un profond sens de solidarité sociale. Les Premières Nations ont pris l'initiative dans l'organisation des nécessités immédiates pour la nation Siskita qui a été durement éprouvée par les inondations. L'aide est venue de tous les coins du Canada, de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique. On constate l'immense valeur créée par les travailleurs du secteur public quand on est témoin de ce travail inlassable pour restaurer et maintenir les services essentiels.

Dans son discours du 1er juillet sur la colline du parlement à Ottawa, le premier ministre Stephen Harper a déclaré : « Alors que les inondations ont fait fuir un nombre incalculable de gens de leur demeure, les communautés ont répondu à l'appel, les voisins se sont entraidés et certains ont offert leur hospitalité à de parfaits inconnus. »

Harper a omis de mentionner la responsabilité du gouvernement qui est censé faire partie de cette solidarité sociale. Un grand nombre de travailleurs sont privés de revenu puisque leur lieu de travail a été fermé suite aux inondations. Les 2000 travailleurs de l'usine de transformation de boeuf de Cargill près de High River se sont retrouvés temporairement sans travail à cause d'une pénurie d'eau potable pour alimenter l'usine. Des clauses de la convention collective de la section locale des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce stipulent que les travailleurs ont droit à 50 % de leur salaire dans des cas comme celui-là. Le président de la section locale 1118, Albert Johnson, a dit au LML que tous les travailleurs affectés par les inondations dans le sud de l'Alberta devraient bénéficier de l'assurance-emploi et qu'on devrait laisser tomber la période d'attente pour tous ceux qui ne peuvent travailler suite aux inondations. À présent, chaque cas est étudié à la pièce. Il relève des gouvernements d'assumer leur responsabilité sociale et d'assurer une source de revenu par le biais du fonds de l'assurance-emploi. Comme si vivre avec la moitié de leur salaire n'était pas suffisant, plus de 300 travailleurs de High River ont été forcés d'abandonner leur maison et de trouver refuge dans des centres de secours ou chez des amis ou des parents.

Les gens de Calgary et d'ailleurs ont montré qu'ils veulent faire partie de la solution. Des résidents de High River, exaspérés par cette marginalisation, ont dit qu'ils voulaient être ni écartés, ni criminalisés. Ils réclament leur droit de participer aux prises de décisions. Beaucoup de résidents de High River ont exprimé leur frustration de n'être pas intégrés aux efforts de secours et de reconstruction. La ville entière avait été barricadée et personne n'y était autorisé. Les gens se faisaient refuser l'accès même dans les sections asséchées, sauf les individus désignés personnel d'urgence. Lors de manifestations quotidiennes aux barricades qui, elles, étaient contrôlées par la GRC, les résidents ont exigé qu'on cesse de les traiter comme s'ils faisaient partie du problème. La colère a débordé quand ils ont appris que la GRC entrait par infraction dans leurs demeures endommagées par l'inondation pour y saisir des armes à feu.

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Plein soutien à la première nation Siksika

Résidences inondées de la communauté Siksika; des bénévoles font le triage des dons matériels.

Les membres des communautés Siksika riveraines de la rivière Bow à 100 km à l'est de Calgary sont en état d'urgence depuis le 20 juin. Plus de 1 000 personnes ont dû quitter leurs maisons dont au moins 170 ont été détruites. Les premières nations Stoney Nakoda et Tsuu T'ina ainsi que les gens vivant dans les réserves de Bighorn et d'Eden Valley tentent aussi de prendre le dessus sur les graves conséquences de l'inondation.

La pemière nation Siksika nous informe que certains des sinistrés campent sur des terrains plus élevés à proximité de leur maison tandis que d'autres ont été accueillis par des membres de la famille et d'autres encore sont hébergés dans des hôtels dans les villes environnantes. Le centre sportif de Deerfoot a aussi été transformé en un centre de réception où les sinistrés peuvent se reposer, prendre une douche, se nourrir et obtenir de l'information. La première nation Siksika a obtenu des roulottes qui peuvent servir d'abris temporaires ainsi que des maisons mobiles qu'on avait fait parvenir à Slave Lake pour subvenir aux besoins des sinistrés grandement éprouvés par des incendies forestiers.

La première ministre de l'Alberta, Alison Redford, s'est enfin rendue à Siksika le 2 juillet, alors que les inondations duraient déjà depuis deux semaines. Le premier ministre Stephen Harper n'a pas visité Siksika lors de sa tournée des sites sinistrés dans le sud de l'Alberta. Cette conduite inacceptable de Redford et de Harper est aux antipodes du mouvement de solidarité des Premières Nations qui n'épargnent aucun effort pour assister les personnes touchées par l'inondation. Plusieurs personnes des Premières Nations et des communautés environnantes se portent volontaires pour aider du mieux qu'elles le peuvent. Les Siksika ont annoncé que les dons en vêtements ont été tels qu'on demande maintenant seulement des dons financiers pour répondre aux besoins persistants des sinistrés.

Diverses Premières Nations organiseront une levée de fonds de grande envergure le 27 juillet.

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L'opportunisme crasse des intérêts
monopolistes privés

En plus des dangers qu'amène le déferlement des rivières déchaînées qui ont envahi les rues, les maisons et les communautés, les gens sont confrontés à une autre menace immédiate encore plus sournoise. En effet, cette inondation est une occasion en or pour les intérêts monopolistes privés, ce qui fait qu'il devient d'autant plus urgent de mettre à contribution l'esprit de s'organiser en tant que corps politique pour trouver des solutions, esprit qui a caractérisé les Albertains depuis le début de cette épreuve. C'est ainsi qu'ils peuvent empêcher les intérêts privés d'utiliser cette catastrophe naturelle pour poursuivre la désagrégation du tissu social.

La première ministre Alison Redford a déclaré que « le monde a changé » le jour où les inondations ont commencé. La Fédération des contribuables de l'Alberta lance déjà l'appel à l'imposition d'un budget d'austérité encore plus punitif, exigeant que des fonds soient retirés des programmes sociaux pour aider à réparer les dégâts. En fait, il s'agit encore une fois d'un appel à utiliser les fonds publics dans des stratagèmes pour payer les riches, qui est considéré comme le « moteur » du développement économique. Le modèle a déjà été donné par le gouvernement Harper avec son chantage à l'effet que les communautés qui désirent recevoir un financement fédéral doivent être disposées à bâtir les infrastructures en « partenariats public-privé ».

Les intérêts monopolistes privés voient l'inondation comme une occasion d'accroître leur contrôle des infrastructures publiques, qui doivent selon eux être non seulement conçues et bâties par des intérêts privés mais aussi gérées et entretenues par eux, comme moyen d'accaparer les fonds publics. Une autre couche parasitaire est ainsi ajoutée aux infrastructures publiques, motivée par le gain privé. Pour satisfaire cette réclamation additionnelle au produit social, on retire le financement des communautés, des institutions publiques et des programmes sociaux. C'est essentiellement ce que demandent Harper et la Fédération des contribuables de l'Alberta.

La valeur créée par les travailleurs du secteur public qui bâtissent, entretiennent et opèrent les infrastructures publiques, c'est-à-dire la valeur que sont les infrastructures publiques, est réclamée par eux-mêmes et par l'entreprise publique, ou le gouvernement. Avec la privatisation, les travailleurs deviennent des employés d'entreprises privées dont le droit de propriété ajoute une nouvelle réclamation à la valeur créée, réduisant celle réclamée par le public. L'argent qui sert à payer les riches doit venir de quelque part ; il viendra principalement du retrait de fonds publics des programmes sociaux et services publics et de l'augmentation des frais d'usager. Ça ne doit pas passer !

Un autre aspect de la privatisation des infrastructures publiques est que cela amène la corruption. Ces entreprises qui rivalisent pour les contrats lucratifs, comme on le voit partout au Canada, se livrent à des manoeuvres de toutes sortes et entraînent les représentants de l'État dans le marais avec elles. Il ne faut pas permettre que la responsabilité sociale et la solidarité soient ainsi noyées dans ce marais de l'avidité monopoliste privée.

Un autre danger qui guette un grand nombre de personnes est le pouvoir qu'ont les monopoles du secteur immobilier d'imposer des augmentations de loyers exagérées en profitant du fait que les logis à louer, déjà extrêmement rares, deviennent presqu'impossible à trouver.

Tous ces problèmes et beaucoup d'autres montrent la nécessité pour les gens de continuer à consolider la solidarité sociale, à discuter de la situation et à décider quelles actions s'imposent. Un point de départ serait de ne pas permettre que les riches se servent de ces catastrophes pour s'enrichir aux dépens des travailleurs et de la population par la privatisation des infrastructures publiques et autres moyens.

Les fonds nécessaires aux opérations de secours, de nettoyage et de reconstruction pourraient venir d'une perception imposée aux monopoles, notamment les monopoles mondiaux du secteur de l'énergie, qui s'emparent d'une partie toujours plus grande de la valeur ajoutée créée par les travailleurs et qui déclarent des profits records. Une autre façon serait que le gouvernement établisse un contrôle du commerce du gros, à commencer par le secteur de l'énergie. La plupart des pays grands producteurs d'énergie exercent un contrôle public à la fois sur la production et sur la vente de leurs produits énergétiques, duquel ils tirent d'importants revenus publics. Près de 89 % de tous les produits du secteur de l'énergie dans le monde proviennent d'entreprises publiques.

Le secteur de la vente du gros (et de la production) tel qu'il existe au Canada aujourd'hui est non seulement très lucratif pour les monopoles privés mais aussi une source intarissable de corruption. La plupart des monopoles vendent le pétrole brut de l'Alberta à leurs propres raffineries aux États-Unis, à un prix fixé par eux-mêmes, puis les produits du pétrole sont ensuite revendus aux Albertains. Ils tondent le mouton deux fois.

Pas un sou ne doit provenir des programmes sociaux et des services publics existants, dont la demande s'accroît quand les communautés sont victimes de catastrophes naturelles.

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Déraillement de train

Le déraillement du train du Canadien Pacifique
montre la nécessité d'un contrôle public


Le pont ferroviaire de Bonnybrook (à l'avant-plan), le 29 juin 2013.

Le 26 juin, six wagons d'un train du Canadien Pacifique (CPR) ont déraillé sur la partie effondrée du pont Bonnybrook traversant la rivière Bow, gonflée par les eaux près de Calgary. Le pont, construit en 1912, a cédé après que la plupart des 75 wagons du train l'aient traversé. Les wagons ont été chargés avec du diluant, un produit inflammable utilisé pour diluer le bitume des sables bitumineux. [1] L'effondrement du pont a forcé l'évacuation dans une zone d'un kilomètre autour du pont. Le chef des pompiers par intérim de Calgary a déclaré qu'aucun diluant n'a été libéré dans la rivière mais les choses auraient pu être bien pires, y compris des blessés ou des morts, les fuites provenant des wagons ou des wagons tombés dans la rivière. Le train a été manoeuvré vers un endroit sécuritaire et le diluant des voitures a été vidé dans un autre train sur un pont stable adjacent.

Le CPR est de compétence fédérale et la ville n'a rien à dire sur la façon dont le pont et les voies ferrées sont maintenus. Cependant, au lieu d'accepter la responsabilité de l'accident, le pdg du CPR Hunter Harrison a déclaré que le pont avait été inspecté 18 fois depuis l'inondation et a donné la piètre excuse que les inspections ont pu être entravées par « la visibilité réduite ». Il a également déclaré que l'incident est un « événement extraordinaire », rejetant la faute entièrement sur les eaux de crue qui ont balayé le gravier à la base des piliers du pont. Cette situation est paradoxale puisque c'est en premier lieu la vente des terrains du CPR qui a donné naissance à l'emplacement actuel de la ville de Calgary sur la plaine inondable de la rivière Bow !

L'arrogance de Harrison à vouloir défendre ainsi l'impunité de son monopole vis-à-vis l'intérêt public n'a pourtant rien de surprenant. En tant que pdg du Canadien National de 2003 à 2009, Harrison a été responsable du licenciement massif de milliers de travailleurs, en utilisant des briseurs de grève pendant la grève de 2007, et en amenant le gouvernement Harper à légiférer le retour au travail des grévistes en 2007 et 2009. [2] Depuis son arrivée à la direction du CPR en juin 2012, il a promis de licencier le quart des travailleurs du CP.

Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, a mis en doute les inspections du pont par le CPR et contesté l'affirmation que la ville n'a pas voix au chapitre sur les affaires du chemin de fer. « Comment se fait-il que nous n'avons pas de pouvoir réglementaire [sur le CP Rail], alors que ce sont mes gars qui risquent leur vie là-bas pour le réparer ? », a-t-il demandé, ajoutant que le CPR n'a cessé d'être une source « de frustration constante pour toutes les municipalités du pays ». Il a demandé une révision de la réglementation régissant le système du réseau ferroviaire. « Il s'agit d'une entreprise privée et les autres entreprises privées sont soumises à la réglementation », a-t-il dit.

Les événements entourant l'effondrement du pont à Calgary montrent une fois encore que le pouvoir de prendre des décisions qui affectent la société a été usurpé par des monopoles tels que le CPR pour servir leurs propres intérêts privés étroits. Mais c'est le peuple et la défense de l'intérêt public qui doivent présider aux décisions sur tous les aspects de l'environnement social et naturel. Les gens doivent trouver les moyens, par des actions avec analyse, de restreindre le droit de monopole et le contrôle monopoliste sur des aspects essentiels tels que le transport ferroviaire. Pour que la société progresse, le droit public doit supplanter le droit de monopole.

Notes

1. Le diluant est mélangé au bitume pour former du bitume dilué qui est acheminé par oléoduc aux États-Unis en vue d'y être raffiné, ce qui est contraire aux intérêts de la classe ouvrière et du peuple canadiens.

2. Pendant des années, les travailleurs du CN ont lutté contre la détérioration de leurs conditions de travail qui sont inextricablement liées à la sécurité du peuple canadien. Ces travailleurs sont responsables du transport de chargements lourds de marchandises à travers le Canada, ce qui inclut souvent des matériaux industriels dangereux, tout en traversant des voies d'eau et des zones habitées. Durant les grèves de 2007 et 2009, les travailleurs se sont battus pour des conditions de travail saines et sécuritaires. Les charges de travail se sont accrues en raison des compressions sévères dans les effectifs alors que les revendications des travailleurs pour un repos et des temps de pause adéquats visent à assurer leur bien-être et empêcher l'entreprise d'imposer des conditions qui rendent le risque d'accident plus probable. Les compressions massives du personnel et le mépris des entreprises pour l'entretien et la sécurité de base ont coïncidé avec un certain nombre d'importants déraillements ces derniers temps, y compris les déversements de déchets toxiques dans les cours d'eau et les décès de travailleurs de chemin de fer. En 2005, le CN a eu un nombre record d'accidents. Les travailleurs soulignent la grave détérioration de leurs conditions de travail depuis la déréglementation du CN en 1996. Pendant ce temps, lorsque les blessures et les accidents se produisent, ce sont les travailleurs qui sont mis en cause et disciplinés par l'entreprise.

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Déversements de pétrole

Le droit de monopole à l'origine du plus grand déversement de l'histoire récente au Canada

Le 11 juin on apprenait que la rupture d'un pipeline opéré par la société Apache Canada, dont le siège social est au Texas, a entraîné le déversement de 9,5 millions de litres de déchets toxiques dans des marécages à 20 km au nord de Zama City, dans le nord de l'Alberta. La compagnie dit qu'environ 20 hectares de terres marécageuses sont touchées et que la fuite a été réparée mais refuse de donner plus de détails. Selon des données recueillies par la nation Dene Tha, les déchets déversés contiennent des hydrocarbures, beaucoup de sel, des composés sulfureux, des métaux et des matières radioactives naturelles, en plus de solvants et d'adjuvants utilisés dans l'industrie pétrolière. « Toutes les plantes et tous les arbres du secteur sont morts », dit le chef James Ahnassay.

L'ampleur des dégâts dépasse tous les récents déversements vécus en Amérique du Nord de l'histoire récente. Le déversement s'est produit le 1er juin mais ni la compagnie ni la Commission de conservation des ressources énergétiques (CCRE) du gouvernement provincial n'en ont soufflé mot pendant dix jours, soit jusqu'au 11 juin. Et, drôle de coïncidence, le 11 juin est le jour où un individu a révélé à une émission de radio avoir été témoin des dégâts. La raison donnée par la CCRE pour retenir l'information est qu'elle n'avait pas encore tous les faits sur l'ampleur du déversement. Le fait que cela se soit produit dans une région éloignée et inhabitée porte à croire qu'on a tenté de cacher l'affaire délibérément.

Il est intéressant de noter par ailleurs que la docile CCRE sera bientôt remplacée par une autre entité, encore plus malléable, soit l'Alberta Energy Regulator, dont le but déclaré sera d'« accélérer le processus d'approbation des nouveaux projets de l'industrie du pétrole, du gaz et du charbon ». Le président de la nouvelle commission est un des fondateurs de l'Association canadienne des producteurs de pétrole, un groupe de pression pour l'industrie de l'énergie, et le président actuel de la CCRE siégera également sur son conseil d'administration.

Le gigantesque déversement d'Apache suit de près deux autres déversements importants en Alberta. Le 19 mai, 800 000 litres d'un mélange pétrole-eau de la Pace Oil and Gas Ltd ont été déversés près de Rainbow Lake dans le nord-ouest de High Level. Le 29 avril 2011, 3,5 millions de litres de pétrole se sont échappés d'un pipeline de la Plains Midstream Canada près du territoire de la première nation crie de Woodland, au nord-ouest de la rivière de la Paix. Suite à cela, la nation dénée a demandé à la CCRE d'exiger l'installation de dispositifs de surveillance de la pression et du volume ainsi qu'une soupape de fermeture sur les infrastructures vieillies. Rien n'a été fait et maintenant avec le déversement d'Apache la demande est répétée. « Nous ne croyons pas que le gouvernement fait suffisamment d'effort pour assurer l'entretien et l'amélioration des lignes », dit le chef de la nation dénée.

Il y a une absence remarquable d'imputabilité des monopoles de l'énergie et du gouvernement albertain en ce qui concerne la protection de l'environnement. Pour citer un autre exemple récent, le 12 juin la CCRE a révélé qu'entre 2010 et 2012 pas un seul monopole des sables bitumineux n'a respecté les règles provinciales concernant le nettoyage des bassins de décantation. Les bassins de décantation sont des lacs artificiels où sont accumulés les déchets produits par l'extraction du bitume des sables. Les règles prévoient que les entreprises des sables bitumineux réduisent les particules qui se ramassent dans les bassins de 20 % d'ici 2011, de 30 % d'ici 2012 et de 50 % d'ici 2013. De plus, les bassins doivent pouvoir être remis à l'état naturel cinq ans après qu'ils ont cessé d'être utilisés. Au lieu d'imposer des amendes aux monopoles qui ne respectent pas les normes, la CCRE a annoncé le 12 juin que rien ne pourra être fait parce que les entreprises « font des efforts », mais la réglementation est « trop optimiste ».

Les dommages continuels causés à l'environnement par les monopoles des sables bitumineux confirment encore une fois que le gouvernement Redford en Alberta est le défenseur des monopoles plutôt que d'être le représentant du peuple. Les seuls véritables efforts pour arrêter les dommages causés à l'environnement par l'exploitation des sables bitumineux sont ceux des groupes de recherche financés par des institutions publiques, comme ceux établis par l'Université de l'Alberta et l'Université de Calgary. Le régime Redford a d'ailleurs annoncé dans son budget que la recherche universitaire doit servir directement les intérêts des monopoles, et cela comprend redorer leur image auprès du public. Tous les travaux de recherche publique qui permettent de mettre au point de nouveaux procédés pour alléger les dommages à l'environnement seront remis aux monopoles presque gratuitement. C'est ce qui s'est produit par exemple avec le procédé de drainage par gravité au moyen de vapeur. Les monopoles peuvent ainsi causer des dommages à l'environnement et exiger non seulement que le gouvernement nettoie les dégâts mais leur fournissent aussi pour presque rien les procédés de contrôle de la pollution.

La protection de l'environnement naturel se résume à deux questions : Qui décide ? et Qui contrôle les ressources ? Le pouvoir de décider en ce qui concerne les sables bitumineux a été usurpé par les monopoles de l'énergie, qui sont guidés par l'intérêt étroit. Leurs pratiques destructrices et socialement irresponsables, fidèles à l'objectif privé étroit, violent les droits des Premières Nations, répriment le facteur humain/conscience sociale dans une économie moderne et se font aux dépens de la vie de ceux qui habitent les régions affectées et des milliers de travailleurs qui produisent la richesse par la transformation des produits de la Terre Mère en valeur d'usage. Pour résoudre les problèmes environnementaux, il faut priver les monopoles du droit de priver le peuple de ses droits, surtout du droit de décider et d'exercer un contrôle sur l'économie socialisée.

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