Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 111 - 1er juillet 2013

Loi matraque contre les travailleurs de la construction

Condamnons tous la loi spéciale de retour au travail! Non à l'extorsion! Non à la criminalisation de la lutte des travailleurs pour leurs droits!


Loi matraque contre les travailleurs de la construction
Condamnons tous la loi spéciale de retour au travail! Non à l'extorsion! Non à la criminalisation de la lutte des travailleurs pour leurs droits!
La voix manquante des travailleurs du Québec à l'Assemblée nationale
De frauduleuses prémisses idéologiques pour justifier la criminalisation de la lutte des travailleurs
Le besoin d'élever le niveau de conscience et d'organisation à un nouveau niveau – discutons-en!

À titre d'information
L'Association de la construction présente la loi spéciale et ses efforts d'extorsion comme une lutte à la corruption
Le Conseil du patronat demande l'adoption d'une loi spéciale pour pousser la restructuration antiouvrière de l'industrie

Note aux lecteurs


Loi matraque contre les travailleurs de la construction

Condamnons tous la loi spéciale de retour au travail! Non à l'extorsion! Non à la criminalisation de la lutte des travailleurs pour leurs droits!

Peu après minuit le 1er juillet, convoquée en « séance extraordinaire » par la première ministre Pauline Marois, l'Assemblée nationale du Québec a adopté la loi 54, la Loi sur la reprise des travaux dans l'industrie de la construction, qui force les travailleurs de la construction en grève dans le secteur institutionnel/commercial et industriel (ICI) à reprendre le travail demain mardi 2 juillet à 6 heures 30, sous peine de lourdes pénalités pour les travailleurs individuels, les représentants syndicaux et les syndicats. La loi considère les syndicats comme étant responsables de tout ce qui serait considéré par un tribunal comme un préjudice causé par des travailleurs suite à la violation de la loi et la loi prévoit que toute personne estimant avoir subi un préjudice dans ce contexte peut s'adresser à un tribunal pour obtenir réparation. Les pénalités monétaires sont de 100 à 500 $ pour un travailleur individuel, de 7000 à 35 000 $ pour un dirigeant ou représentant syndical et de 25 000 à 125 000 $ pour un syndicat. À cela s'ajoutent, a déclaré la ministre du Travail Agnès Maltais, les sévères pénalités déjà inscrites dans la loi R-20, la loi qui régit les relations de travail dans l'industrie de la construction, pour « intimidation » de la part des travailleurs.

Le projet de loi 54 tel que déposé par le gouvernement péquiste a été modifié suite à un amendement proposé par les libéraux et adopté avec le vote conjoint des libéraux et des caquistes. Le projet de loi initial prévoyait l'extension des conventions collectives dans le secteur de l'ICI jusqu'au 30 avril 2017 avec des augmentations de salaires annuelles de 2 %, 2,1 %, 2,2 % et 2,3 %. La loi telle qu'amendée prolonge maintenant la convention collective dans l'ICI jusqu'au 30 juin 2014 et fixe l'augmentation de salaire à 2 % pour la période de l'extension.

Le Marxiste-Léniniste s'oppose fermement à cette loi spéciale qui criminalise la juste lutte des travailleurs de la construction pour des conditions de travail qui correspondent au travail qu'ils font et qu'ils jugent acceptables. Non seulement cette loi criminalise-t-elle la lutte des travailleurs, mais elle perpétue la fraude que le gouvernement « donne une chance » à la négociation. De la négociation, il n'y en a pas eu de la part de l’Association de la construction du Québec. Il y a eu uniquement des demandes d'extorsion, sous menace de loi spéciale, des reculs sur des choses que les travailleurs ont obtenues de haute lutte au fil d'années. Et maintenant on aura des demandes d'extorsion dans les conditions de la loi spéciale où les travailleurs sont privés de la possibilité légale de faire la grève et de prendre toute action qui ralentirait le travail sous la menace d'une autre loi spéciale l'an prochain. C'est cela qu'on appelle à l'Assemblée nationale « donner une nouvelle chance à la négociation » et « permettre aux travailleurs de reprendre le travail » – en se fermant complètement aux problèmes sérieux relatifs aux conditions de travail que les travailleurs de la construction ont voulu souligner et ont cherché à résoudre par leur grève. On dit aux travailleurs que non seulement les efforts d'extorsion se poursuivront cette fois sous le plein poids de la loi, mais que leurs demandes pour une amélioration de leurs conditions de travail, des conditions dont ils ont besoin pour effectuer le dur travail qu'ils font, ne sont d'aucun intérêt pour le gouvernement.

Le Marxiste-Léniniste réitère sa ferme opposition à cette loi matraque de retour au travail. L'opposition des travailleurs de la construction à l'extorsion et leur insistance à obtenir amélioration de leurs conditions de travail est toujours aussi juste et d'actualité et demande satisfaction. C'est un problème que tous les travailleurs mettent sur la table pour solution, de défendre et garantir les droits des travailleurs. Ils ont maintenant un an pour résoudre comment y arriver. Il n’y a pas de temps à perdre.

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La voix manquante des travailleurs du Québec
à l'Assemblée nationale

Lors du débat de plus de douze heures sur le projet de loi, la voix de la classe ouvrière n'était pas là pour défendre la position de principe que les travailleurs de la construction créent une énorme quantité de richesse sociale qui se voit tangiblement dans les infrastructures publiques, centres de santé et maisons d'éducation, établissements commerciaux et complexes industriels, et qu'en conséquence ils ont une juste réclamation à la valeur qu'ils produisent pour l'économie. Il n'y avait pas la voix de la classe ouvrière pour dire que les travailleurs ont le droit de se battre pour des conditions de travail qui leur sont acceptables, pour dire que les demandes des travailleurs pour des conditions de travail et salaires décents, la santé et sécurité, du travail en région pour tous, une bonne formation pour la main-d'oeuvre, sont bonnes pour l'économie et que tous les travailleurs devraient avoir de telles conditions. Personne non plus ne s'est levé pour montrer du doigt où est la corruption, qui n’est pas le fait des travailleurs et de leurs syndicats. Surtout, personne n'a dénoncé la fraude selon laquelle cette assemblée « extraordinaire » aurait eu quoi que ce soit à voir avec la défense du droit et de l'intérêt public. Cette session extraordinaire est en fait devenue l'ordinaire parce que c'est la norme maintenant de criminaliser les luttes des travailleurs au nom de l'intérêt national et de l'économie du Québec. Il n'y a jamais de session extraordinaire pour prendre des mesures pour assurer la santé et la sécurité sur les chantiers de construction ou pour soulager la plaie béante de la pauvreté et de l'exclusion sociale.

Les travailleurs voient une fois de plus à la lumière de ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale qu'ils ne peuvent pas s'appuyer sur les partis de l'Assemblée nationale pour avoir gain de cause. Ils doivent développer leur propre force, leur propre capacité d'influencer l'ordre des choses pour eux-mêmes et pour la société. Il n'y a pas là matière à être pessimiste parce que tout au Québec est en mal de renouveau, y compris l'Assemblée nationale dont la crise de légitimité ne vient que de s'approfondir avec la loi spéciale.

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De frauduleuses prémisses idéologiques pour justifier la criminalisation de la lutte des travailleurs

Les prémisses idéologiques qui sont mises de l'avant pour adopter la loi spéciale de retour au travail et pour rendre les luttes des travailleurs de la construction illégales de façon générale sont frauduleuses d'un bout à l'autre. L'une d'entre elles est que l'existence des syndicats et de conditions de travail décentes force le patronat à faire des choses illégales. Le Conseil du patronat et l'Association de la construction du Québec avancent cette fraude de façon très ouverte. Selon eux, des conditions de travail décentes qui sont mises en oeuvre par les syndicats mettent les entrepreneurs en faillite et les forcent à engager des travailleurs sans papier et à payer des travailleurs réguliers en dessous de la table. L'exploitation éhontée et les abus de toutes sortes contre les travailleurs sans papier sont mis sur le dos des travailleurs et de leurs syndicats et les travailleurs syndiqués sont considérés comme étant la cause de la corruption !

Une autre version de cette fraude est celle qui dit que le problème dans la construction est ce qu'on appelle « le monopole syndical », le fait que la main-d'oeuvre de la construction est une main-d'oeuvre syndiquée. Selon cette fraude, les syndicats seraient en position de faire de la distorsion au sein des principes du marché libre du travail, les entrepreneurs seraient intimidés et poussés à engager plus de travailleurs qu'ils n'en ont besoin et forcés de payer plus cher que ce dont ils sont capables. Les entrepreneurs seraient forcés d'entrer dans des relations avec les syndicats les plus puissants et cela constituerait de la corruption du fait que les entrepreneurs doivent se soumettre aux syndicats et les maintenir dans leurs privilèges. La loi 33, la réforme de l'industrie de la construction qui a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale à la fin décembre 2011, était justement basée sur cette fraude à l'effet que par la violence et l'intimidation les travailleurs rendent impossible aux entrepreneurs d'exercer leur droit de gérance et les forcent à entrer dans une relation corrompue avec les syndicats et même à faire des choses illégales !

Tout cela est pathétique à l'extrême. Dans aucune société moderne basée sur la primauté du droit, un tel argument qui ne fait que justifier les activités de voyous n'a-t-il sa place. Le gouvernement Marois, en sanctionnant un tel argument avec sa loi spéciale de retour au travail, ne fait qu'ouvrir la porte toute grande aux activités de voyous du patronat. Les travailleurs et le peuple ne sont pas des voyous ; ils ne sont pas corrompus et ils ne veulent pas non plus d'approche dite équilibrée pour imposer le comportement. C'est l'avenir de la société qui est en jeu quand on a des prémisses idéologiques qui sont de façon aussi outrageantes en faveur du patronat et qui justifient la criminalisation des travailleurs pour le crime de prendre partie pour des principes modernes de justice et de conduite en société. Rien de bon ne va sortir de cette tentative de briser les syndicats et de criminaliser la défense organisée des droits des travailleurs. C'est certain que les travailleurs vont tirer la conclusion qui s'impose à l'effet que la classe ouvrière a besoin de nouvelles formes pour élever son niveau de conscience et d'organisation — des formes qui permettent aux travailleurs de ne pas être dépendants de l'État ou du patronat.

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Le besoin d'élever le niveau de conscience et d'organisation à un nouveau niveau — discutons-en!

Les événements récents dans la construction enseignent une nouvelle fois aux travailleurs que le vieux régime de négociations est fini. Le côté patronal refuse de négocier, tout ce qu'il fait c'est demander des concessions et il sait très bien que le gouvernement va intercéder en sa faveur en disant que :

1. la grève nuit à l'économie ;

2. la loi est « équitable » et « équilibrée ».

Il n'y a rien « d'équitable » et « d'équilibré » dans le fait de briser la grève des travailleurs de la construction pour des conditions de travail qui correspondent au travail qu'ils font et contre des concessions à un seul sens qui visent à briser les syndicats et à transformer des travailleurs salariés en une nouvelle forme de travailleurs asservis.

L'équilibre dans la société est détruit lorsque l'État applique le droit de monopole et refuse de soutenir le droit public. Le gouvernement a la responsabilité sociale de défendre le droit public au lieu de mener la guerre de classe du côté du patronat et de déclarer que les travailleurs doivent penser comme le patronat parce c'est ainsi qu'on défend le bien de l'économie et de la sécurité nationale, sinon il faut criminaliser quiconque ne pense pas comme le patronat.

Où est la discussion qui va donner lieu à une nouvelle façon de négocier, en commençant par établir que la voix des travailleurs pèse autant que la voix du patronat, sinon plus puisque sans les travailleurs il n'y a pas de travail ? Pourquoi est-ce que permettre à des travailleurs de travailler dans leurs régions, à des salaires décents et à des conditions saines et sécuritaires, en leur garantissent une vie familiale saine et en formant adéquatement la main-d'oeuvre, pourquoi est-ce que tout cela serait-il mauvais pour l'économie ? De quelle économie parle-t-on ? De l'économie corrompue de SNC-Lavalin ou des firmes et entrepreneurs du Centre universitaire de santé McGill ? Les arguments mis de l'avant par le patronat et le gouvernement sont frauduleux et tout le monde le sait.

Comment les travailleurs vont-ils acquérir la force de faire prévaloir une argumentation raisonnable ? Ils doivent d'abord se donner les instruments dont ils ont besoin pour être capables de développer leur propre argumentation, un nouveau fondement pour la société qui défende les droits de tous. Ils doivent bâtir leurs organisations pour faire progresser cette nouvelle argumentation et les fortifier afin qu'ils puissent trouver comment priver le patronat du pouvoir d'imposer des comportements voyous au nom de grands idéaux

Il ne faut pas que l'argumentation frauduleuse passe. Le vieil équilibre est fini. Il n'y a pas de doute là-dessus. Le nouveau régime que le patronat et l'État sont en train d'imposer en criminalisant les travailleurs ne peut pas être le fondement sur lequel on bâtit une société qui a de l'avenir. Il n'y a pas de doute là-dessus non plus. C'est cela le problème que les travailleurs doivent prendre en main. C'est le temps maintenant de reconnaître la nécessité d'élever la conscience et l'organisation à un nouveau niveau. Discutons-en !

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À titre d'information

L'Association de la construction présente
la loi spéciale et ses efforts d'extorsion comme
une lutte à la corruption

Dans une lettre adressée le 29 juin à la première ministre Pauline Marois, l'Association de la construction du Québec (ACQ), qui représente les employeurs du secteur institutionnel/commercial et industriel, le secteur où les travailleurs étaient toujours en grève à cette date, présente ses demandes face à la loi spéciale du gouvernement. L'association commence par blâmer les conventions collectives des travailleurs comme une source de problèmes pour l'économie québécoise.

« À l'égard de certains sujets importants, les conventions collectives sont demeurées pratiquement intactes au cours des 20 dernières années. Pourtant, la réalité québécoise a énormément changé durant cette période. L'inflexibilité des conventions constitue un frein au développement économique du Québec et tend à réduire les investissements en construction. Quatre autres années de paralysie au niveau du contenu de nos conventions collectives ne feraient que contribuer à ce phénomène de ralentissement. »

L'ACQ présente ses efforts d'extorsion à la lumière de la frauduleuse lutte à la corruption dans l'industrie qui est une façon d'attaquer ses travailleurs et les syndicats.

« C'est devant certains constats de la Commission Charbonneau, devant la lutte visant à contrer le travail au noir et devant les lois récemment votées à l'Assemblée nationale que la négociation des conventions collectives de l'industrie de la construction a commencé le 20 mars 2013. »

Par exemple, sur la question de la demande d'élimination du temps double pour les 8 premières heures travaillées en temps supplémentaire et leur paiement à temps et demi, l'ACQ prétend que cette demande vise à éliminer le travail au noir, l'exploitation sans restriction de travailleurs privés de tous droits.

« Après avoir étudié les données sur l'ensemble des heures travaillées à temps supplémentaire de 2008 à 2012 inclusivement, nous avons constaté que seulement 2 % du temps de travail dans le secteur institutionnel-commercial est effectué à temps supplémentaire. Il est déraisonnable de croire qu'un salarié qui effectue 1000 heures de travail réalise seulement 20 heures à temps supplémentaire. Une visite ad hoc sur les chantiers le samedi ou le soir durant la semaine saurait convaincre même les plus sceptiques. Devant cette réalité, les entrepreneurs proposent de payer les huit premières heures de temps supplémentaire à taux et demi, car ils sont convaincus qu'ils pourraient ainsi déclarer l'ensemble des heures travaillées par leurs salariés tout en remettant une facture raisonnable au client. Ils pourraient de plus conserver une marge bénéficiaire convenable et contrer le fléau des enveloppes d'argent comptant distribuées aux salariés. »

L'ACQ réitère le même frauduleux argument de lutte à la corruption pour justifier sa demande de faire reprendre les heures de temps perdues pour cause d'intempérie le samedi à temps simple.

« Les métiers de la construction exécutant des travaux à l'extérieur sont sujets aux aléas des conditions climatiques. Par exemple, s'il y a trois jours de pluie durant la semaine, le salarié n'effectuera que 16 heures de travail cette semaine-là. Considérant que les travaux extérieurs sont saisonniers, bien des salariés souhaitent avoir la possibilité de récupérer le temps perdu le samedi ou en semaine. Malheureusement, il est impossible pour un employeur de rentabiliser un contrat s'il doit payer son salarié à taux double, et ce, spécialement dans le secteur commercial et dans le secteur industriel non lourd. Celui-ci, la plupart du temps, est contraint de faire travailler des salariés le samedi sans le déclarer aux autorités fiscales. La solution que les entrepreneurs proposent est la reprise des travaux à taux simple la semaine ou le samedi, sur une base volontaire. De cette façon, les heures seront déclarées, les salariés auront droit à leurs avantages sociaux sur les heures travaillées et les gouvernements pourront percevoir les impôts à payer par les salariés. Pour leur part, les entrepreneurs pourront respecter les règles fiscales provinciales et fédérales, remettre une facture raisonnable à leurs clients et conserver une marge bénéficiaire convenable sur leurs contrats. »

L'ACQ termine en affirmant que la loi spéciale doit imposer ses demandes et blâme à nouveau les travailleurs pour la corruption des entrepreneurs.

« Bien que nous ayons mis toute notre volonté lors de la négociation afin d'assainir notre industrie, il semble que les syndicats préfèrent le statu quo. Avec l'ensemble des pressions qui s'exercent sur notre industrie, les employeurs savent pertinemment qu'il est impensable de continuer ainsi. C'est la raison pour laquelle nous croyons qu'une loi spéciale, contenant des mesures sur le taux et demi et sur la reprise des travaux, demeure un incontournable. Il serait franchement paradoxal que le gouvernement s'attaque au travail au noir, tout en maintenant des conditions de travail qui sont insoutenables pour les employeurs et leurs clients. L'Alliance syndicale a d'ailleurs le même objectif que l'ACQ au niveau du travail au noir. Il est dommage que leur dogmatisme fasse en sorte de rendre l'honnêteté quasi impossible dans l'industrie. »

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Le Conseil du patronat demande l'adoption
d'une loi spéciale pour pousser la restructuration
antiouvrière de l'industrie

Dans une lettre adressée le 28 juin aux députés de l'Assemblée nationale, le Conseil du patronat du Québec demandait au gouvernement d'adopter une loi spéciale pour briser la grève de la construction.

« Dans ce contexte [l'absence d'entente dans le secteur de l'ICI- ndlr], alors que le Conseil du patronat du Québec préfère des ententes négociées, nous devons demeurer réalistes et pragmatiques. Nous estimons en effet que dans l'intérêt de l'économie du Québec et de l'ensemble des Québécois, les élus doivent dès maintenant discuter de l'adoption d'une loi spéciale pour faire en sorte que les travailleurs de la construction reviennent le plus tôt possible sur les chantiers. »

Le Conseil du patronat demande que la loi spéciale entérine l'extorsion par l'Association de la construction du Québec, au nom des entrepreneurs, des monopoles de l'extraction et de la production manufacturière et des gouvernements, des reculs sur les conditions que les travailleurs de la construction ont négociées par le passé.

« Cette loi spéciale, si elle devait fixer les conditions de travail au sein des secteurs restants pour les quatre prochaines années, ne devrait cependant pas le faire à n'importe quel prix. Il est en effet louable que les nouvelles conventions collectives protègent le pouvoir d'achat des travailleurs de la construction. Mais il est également essentiel qu'elles tiennent compte de la capacité de payer des donneurs d'ouvrage -- qui paient au bout du compte la facture — et que ces conventions contribuent à accroître la productivité dans l'organisation du travail. Il s'agit ici de permettre aux entrepreneurs de la construction dans ces secteurs de demeurer concurrentiels et de répondre aux besoins de leurs clients, dans un contexte où la croissance économique et les chantiers de construction dans ces secteurs risquent de ralentir au cours prochaines années. Une telle approche contribuerait à maintenir également un plus grand nombre d'heures travaillées pour les travailleurs de la construction. À ce titre, le Conseil du patronat du Québec réitère son ferme appui à l'Association de la construction du Québec, qui a entendu les préoccupations des donneurs d'ouvrage lors de la phase préparatoire des négociations collectives et les a défendues avec vigueur, tout en ayant proposé des solutions, lors des pourparlers avec la partie syndicale. »

Le Conseil du patronat déclare ouvertement que le diktat actuel des associations patronales appuyées par la menace de loi spéciale pave la voie à encore plus de restructuration antiouvrière de l'industrie et notamment à la désyndicalisation.

« Il est évident que le déroulement pour le moins chaotique des négociations pour le renouvellement des conventions collectives dans l'industrie de la construction cette année témoigne d'une problématique fondamentale à laquelle il faudra bien un jour trouver une solution. En effet, il faut se poser la question suivante : dans la société d'aujourd'hui, est-il souhaitable de maintenir un régime de relations du travail dans l'industrie de la construction basé sur une syndicalisation obligatoire, qui met aux prises dans un même processus une alliance des syndicats représentant tous les travailleurs dans quatre secteurs, soit l'équivalent d'un monopole ?

« Les quatre secteurs se retrouvent alors intimement liés par l'impact de l'un sur l'autre, alors que l'ensemble des clients à la fois dans le secteur public (les contribuables), les entreprises clientes donneurs d'ouvrage et les consommateurs sont ultimement pris en otage et héritent de la facture globale, et ce même si les associations spécifiques d'entrepreneurs en construction mettent tout en oeuvre pour protéger les intérêts de leurs clients. »

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Note aux lecteurs

Le Marxiste-Léniniste prend congé jusqu'au 9 juillet 2013.

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