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Numéro 110 - 28 juin
2013
Grève de la construction au
Québec
Non à l'extorsion! Non à
la criminalisation
des travailleurs de la construction!
Montréal le 20 juin 2013
Grève
de
la
construction au Québec
• Non à l'extorsion! Non à la
criminalisation des travailleurs de la construction! - Pierre
Chénier
• Les travailleurs de la construction à
Vancouver appuient avec enthousiasme la grève des travailleurs
du Québec
Ontario
• Un projet de loi cible les travailleurs de la
construction - Rob Woodhouse
Grève de la construction au
Québec
Non à l'extorsion! Non à la
criminalisation des travailleurs de la construction!
- Pierre Chénier -
Près de la moitié des 175 000
travailleurs de la construction au Québec sont toujours en
grève. Ce sont les travailleurs du secteur
institutionnel/commercial et industriel, communément
appelé l'ICI. Des ententes de principe ont été
conclues entre l'Alliance syndicale de la construction (ASC) et les
associations patronales dans les secteurs
résidentiel et génie civil/voirie. Les travailleurs de
ces secteurs sont de retour au travail et les votes de ratification se
tiendront dans les prochaines semaines.
À l'heure actuelle, un scénario
précis se dessine. Selon les médias, aucune entente ne
serait en vue dans le secteur de l'ICI, l'Association de la
construction du Québec (ACQ) refusant de reculer sur ses
demandes de reculs, notamment l'extension de la plage horaire pendant
laquelle les travailleurs doivent être disponibles pour le
travail, le
travail à temps simple le samedi pour reprendre des heures
perdues dans la semaine pour intempérie et la réduction
de temps double à temps et demi des 8 premières
heures de temps supplémentaire. L'ACQ a d'ailleurs dit dans un
communiqué le 24 juin
qu'aucune entente n'est possible en ce moment dans le secteur et
qu'elle en
appelle à une loi spéciale.
Le scénario serait de convoquer
l'Assemblée nationale mardi le 2 juillet, le lendemain de
la Fête du Canada et de faire adopter une loi spéciale
forçant le retour au travail. Le gouvernement pourra dire qu'il
a tout fait pour rapprocher les parties, qu'une entente était
vraiment impossible, et qu'au nom de l'économie du Québec
la grève
doit être brisée. À mesure que le scénario
se précise, les médias sonnent l'alarme à l'effet
que « le temps presse » et que ce sont les
« négociations de la dernière
chance » puisque les deux parties connaissent l'ultimatum du
gouvernement.
Dans
tout
cela,
on détourne l'attention des questions essentielles du
conflit. Ce qui est en question ici, c'est la tentative de
déclarer de facto ces travailleurs « service
essentiel » au nom de l'économie du Québec, de
criminaliser leurs luttes en invoquant l'intérêt national
dans le cadre de l'offensive antisociale et les attaques contre les
droits de tous. C'est une direction centrale de l'offensive antisociale
contre tous les travailleurs et c'est aussi quelque chose de
très spécifique qui a été fait contre les
travailleurs de la construction avec la loi 33, la campagne de
propagande à l'effet qu'ils sont violents pour détourner
l'attention de la corruption des entrepreneurs et des
gouvernements etc. Les travailleurs de la construction ont vaincu cette
propagande en pratique et ont réussi à changer la donne
à cet égard, mais cette tentative de maintenant utiliser
le parlement pour illégaliser leur résistance ne doit pas
passer. Les travailleurs ont le droit de négocier des salaires
et des conditions de travail qu'ils jugent acceptables.
Les riches et leurs représentants politiques parlent de
« services essentiels » quand il s'agit
d'écraser la résistance des travailleurs à
l'assaut des monopoles mais parlent de « manque
d'argent » et du besoin de « payer la
dette » quand il s'agit d'allouer les fonds
nécessaires pour les programmes et services
essentiels pour le peuple. C'est une fraude qu'on perpétue pour
donner préséance au droit de monopole sur le droit public.
Les
travailleurs
de
la construction créent une valeur immense pour
l'économie du Québec en construisant les infrastructures
et les institutions publiques, les résidences et les
établissements commerciaux et industriels. Ils ne sont pas un
coût de production pour les entrepreneurs, les grands monopoles
de l'extraction et de la production
manufacturière ou pour les gouvernements. Ce n'est que dans la
conception centrée sur le capital qu'ils peuvent être
considérés comme un coût de production. Dans la
conception centrée sur l'être humain, ils sont les
créateurs de grandes quantités de richesse sociale et ils
ont leur juste réclamation à la richesse qu'ils
produisent. Ils ont le droit à des
salaires et des conditions de travail qui correspondent au travail
qu'ils font et ils ont le droit de demander et de se battre pour des
conditions de travail qu'eux-mêmes jugent acceptables. Par leur
lutte, ils ont obtenu certaines conditions qu'on veut maintenant leur
enlever en refusant de négocier avec eux et sous la menace d'une
loi spéciale. Jamais
de leur plein gré les travailleurs ne consentiraient à
ces reculs. C'est de l'extorsion.
Les travailleurs de la construction ont eux-mêmes,
l'ensemble de la classe ouvrière et tous ceux et celles qui
s'opposent à l'offensive antisociale sur qui compter pour
défaire cette tentative de criminaliser et illégaliser la
résistance à la dégradation des conditions de vie
et de travail en faveur des riches. Notre avenir est dans la
défense des droits
de tous !
Défendons le droit des travailleurs de la
construction de négocier des salaires et des conditions de
travail qui correspondent au travail qu'ils font et qu'ils jugent
acceptables ! Non à une loi de retour au travail au service
des riches1 Le droit de monopole ne doit pas supplanter le droit
public !

Les travailleurs de la construction
à Vancouver appuient avec enthousiasme
a grève des travailleurs du Québec
Dans
la
matinée
du 21 juin, l'équipe des
journalistes/distributeurs du Marxiste-Léniniste est
allée distribuer le numéro du journal saluant la
grève générale de la construction au Québec
à des travailleurs de la construction sur un chantier de
Vancouver. Les travailleurs se sont empressés de prendre le
journal et ont fait plusieurs
commentaires en appui à la grève, lui souhaitant tout le
succès possible. C'était pour la plupart de jeunes
travailleurs. Ce chantier est non syndiqué, comme c'est si
souvent le cas à Vancouver où des dizaines de grands
projets de construction sont en cours de construction pour remplir les
poches d'entrepreneurs immobiliers et des oligarques
financiers.
Un des travailleurs du chantier a dit que ce
site, qui est un projet de rénovation d'un vieil immeuble en un
complexe résidentiel et commercial, est un vrai cirque. Aucune
formation en sécurité n'est offerte aux travailleurs.
L'administration est très mauvaise et les changements de plans
pour des questions financières sont continuels.
Personne ne sait qui finance quoi et s'il y a de la corruption.
Personne n'a l'air de savoir quels plans se trament dans le dos des
travailleurs parce que cela fait déjà 3 ans que le site
est en construction.
Tous les métiers, les électriciens,
plombiers, monteurs d'acier, poseurs de gypse ont leurs propres
contracteurs. Un jeune travailleur de Montréal, heureux de voir
les travailleurs du Québec sur les lignes de piquetage, a dit
être venu à Vancouver parce qu'il ne se trouvait pas
d'emploi à Montréal. Il a dénoncé le haut
niveau de corruption dont la
Mafia, les autres employeurs et les politiciens profitent au
Québec en parasitant sur le travail des ouvriers. À la
fin de la conversation, plusieurs de ses camarades l'ont entouré
et l'un d'eux,
lui donnant l'accolade, a dit : « On a toujours un travailleur du
Québec sur le chantier pour montrer qu'on est des vrais
Canadiens. »
Un autre travailleur, dans la début vingtaine, a
dit en cassant son
anglais qu'il vient tout juste d'arriver de la République
tchèque comme « travailleur étranger temporaire
» ayant obtenu son permis à l'étranger. Un des
monteurs d'acier a dit que l'école de formation des monteurs
d'acier à l'Institut de
technologie de Colombie-Britannique, un institut post-secondaire public
où les enseignants sont syndiqués, a fermé le
programme faute d'étudiants. Il a dit que l'école a
maintenant été privatisée et que les jeunes
désirant apprendre le métier doivent payer une fortune
avant d'être certifiés.
Un travailleur de 25 ans d'expérience a dit que
l'industrie de la construction à Vancouver est dans un
très piteux état à cause de l'assaut continuel
contre les salaires, la santé et sécurité et les
conditions de travail, tout cela depuis que de grandes attaques contre
la syndicalisation ont commencé avec le diktat de Jim Pattison.
Cet individu est le
milliardaire de la Colombie-Britannique, un homme qui « s'est
fait tout seul », qui était responsable de la construction
d'Expo 86. Il avait dit au premier ministre du crédit social de
l'époque Bill Bennett de passer une loi contre toute
perturbation des travaux par les syndicats de la construction (au point
d'interdire la grève) si le chantier comprenait
des entrepreneurs non syndiqués. La criminalisation des actions
que les travailleurs prennent pour se défendre a ouvert la porte
toute grande à la désyndicalisation. Une fois que les
entrepreneurs non syndiqués ont été
autorisés à engager des travailleurs sur les grands
chantiers côte-à-côte avec des entrepreneurs
syndiqués, ils ont commencé à baisser
les salaires, les avantages sociaux et les conditions de travail, ce
qui a miné la position des entrepreneurs syndiqués. Des
entrepreneurs syndiqués ont mis sur pied des compagnies-bidon
avec des travailleurs non syndiqués. La course à
l'abîme a commencé et on y a ajouté l'intervention
du syndicat de compagnie, un syndicat jaune comme on
l'appelle, l'Association chrétienne du travail du Canada, ou
CLAC.
Pattison est lui même devenu un gros entrepreneur.
Les travailleurs de la construction sont en train de convertir ses
immeubles qui abritaient des concessionnaires automobiles en un projet
immobilier appelé Burrard Gateway qui comprend deux tours
résidentielles, l'une de 36 étages et l'autre de 48
étages, abritant 810 condominiums. Une
troisième tour, une tour à bureaux, en est au stade de la
planification. Le chantier est déjà tristement
célèbre parce qu'on y a mis à pied des
travailleurs canadiens non syndiqués pour engager des «
travailleurs étrangers temporaires » irlandais
payés 15 % de moins que les travailleurs non syndiqués !
Le travailleur vétéran a dit qu'il y a
« une vraie course vers l'abîme » à Vancouver
et qu'il craignait pour la sécurité des
générations futures de travailleurs. Il a dit que la
plupart des chantiers de construction sont des « désastres
en puissance ». Il a ajouté qu'avec la
dé-qualification et le dénigrement des travailleurs de la
construction (la
province possède le taux le plus bas au Canada de formation
d'apprentis non complétée), la qualité des
immeubles se détériore. Il a dit que les acheteurs de
nouveaux condos, qui poussent comme des champignons, dans la
région métropolitaine de Vancouver, devraient se
méfier avant d'acheter. Il y a quelques années, il y a eu
un scandale de
milliards de dollars de défauts de construction dans les condos
dans la région et, dans le plupart des cas, ce sont les
acheteurs qui en ont payé la note.
Le projet que l'équipe du LML a
visité est situé à quelques coins de rue de deux
grandes stations de Translink. Le Conseil de ville a modifié le
zonage afin de permettre aux grands complexes immobiliers de profiter
de la manne de l'investissement dans les aérotrains pour
lesquels les investisseurs immobiliers et l'oligarchie
financière dans son ensemble ne paient presque rien, alors que
la réalisation de l'investissement dans le transport en commun
est transférée dans les frais aux usagers et les taxes
foncières individuelles.
La communauté de l'endroit a été
prise de court par la décision récente du Conseil de
ville dominé par le Vision Party qui est bien connu pour
être au service des investisseurs de l'immobilier et des autres
capitalistes financiers. Plutôt que de comprendre des immeubles
modestes de 4 étages, le plan qui est en place prévoit la
construction de
hauts immeubles à condos, ce qui va causer beaucoup de
congestion automobile dans le quartier, sans parler de la hausse des
loyers résidentiels et commerciaux, de l'apparition des grands
chaînes de magasins et de la transformation radicale de
l'ambiance dans les quartiers.
La visite aux travailleurs de la construction avec le LML
sur la grève au Québec amène deux
commentaires. Le premier, c'est que les travailleurs de la construction
de Vancouver savent qu'ils sont exploités et cherchent une voie
vers l'avant. La deuxième est que les spéculateurs, les
capitalistes financiers et les investisseurs
immobiliers n'auraient pas un sou pour mener leur vie de
privilège et de luxe sans le travail collectif et très
productif que font chaque jour les travailleurs de la construction,
ceux-là mêmes que les capitalistes dénigrent comme
étant un « coût de production ».

Ontario
Un projet de loi cible les travailleurs de la
construction
- Rob Woodhouse -
Les travailleurs de la construction de l'Ontario suivent
de près les événements au Québec où
les travailleurs de la construction résistent à l'effort
concerté
du gouvernement et des monopoles de la construction pour réduire
leurs salaires et conditions de travail. C'est qu'ils se
préparent eux-mêmes à affronter une
nouvelle offensive du gouvernement libéral de l'Ontario qui,
agissant de concert avec l'opposition conservatrice, se prépare
à adopter un projet de loi éliminant
l'obligation d'un des plus grands monopoles de la construction de
l'Ontario, EllisDon, d'embaucher des travailleurs syndiqués.
Le projet de loi 74, Loi sur l'équité
et la compétitivité dans l'industrie de la construction,
déposé
le
16 mai par Monte McNaughton, le
débuté conservateur de Sarnia-Lambton, a progressé
plus rapidement que tous les autres projets de loi émanant de
députés conservateurs. Il s'agit d'un service
rendu spécifiquement à EllisDon, un des plus grands
entrepreneurs de la construction au Canada. La conséquence
pratique du projet de loi sera que EllisDon
ne sera plus tenu d'embaucher des syndiqués sur les chantiers
à l'extérieur du Toronto métropolitain.
Durant la session en cours, les libéraux ont
voté contre la plupart des projets de loi antiouvriers
émanant de députés conservateurs. Ils ont dit que
ces projets
de loi n'étaient pas nécessaires et étaient
« trop contraignants ». Cela leur a permis de
dire que leur approche est plus équilibrée que les
conservateurs
et de maintenir la prétention de
« partenariat » avec les travailleurs, telle que
déclarée par la nouvelle première ministre
Kathleen Wynne quand
elle a remplacé le démissionnaire Dalton McGuinty. Le
projet de loi 74 est la première exception à cette
concertation libérale-conservatrice. La raison
en est que le Parti libéral a depuis longtemps des liens
étroits avec EllisDon. Il semble y avoir eu une entente de
coulisse entre conservateurs et libéraux pour
répondre à cette demande du monopole de la construction
dans les plus brefs délais.
Le projet de loi 74 s'en prend
spécifiquement au contrat entre EllisDon et le Conseil des
métiers de la construction et du bâtiment de Sarnia. Si le
projet de loi est adopté le contrat sera de facto
annulé pour la région de Sarnia mais du même coup
cela éliminera pour EllisDon l'obligation
d'employer des travailleurs syndiqués ailleurs en Ontario, sauf
dans la région de Toronto.
En effet, en 1979 le gouvernement ontarien a
adopté une loi qui mettait fin à des années de
conflit dans l'industrie de la construction en amendant
la Loi sur les relations de travail. Il s'agissait d'un
compromis : en échange de l'acceptation d'une
négociation provinciale par les syndicats,
la reconnaissance syndicale dans un endroit était étendue
à la reconnaissance syndicale pour l'ensemble de la province.
Cet arrangement est resté en
place jusqu'à ce qu'il soit renversé dans le cadre de
l'offensive antiouvrière du gouvernement conservateur de Mike
Harris dans
les années 1990. En 2000, le gouvernement conservateur a
adopté la loi 69 qui amendait plusieurs articles de la loi
sur les relations de travail concernant
le secteur de la construction, avec notamment pour effet d'annuler la
reconnaissance syndicale au niveau provincial pour tous les
entrepreneurs de la construction
sauf ceux du Toronto métropolitain. Or, le contrat entre
EllisDon et les métiers de la construction à Sarnia fut
exceptionnellement maintenu et le monopole devait
donc continuer de faire affaire avec les syndicats.
EllisDon est le seul entrepreneur général
couvert par les arrangements antérieurs et donc le seul
lié par la reconnaissance syndicale au niveau provincial.
Il se bat depuis des années devant les tribunaux pour faire
annuler cette disposition.
En février 2012 la Commission des relations
de travail de l'Ontario a rendu un jugement défavorable à
EllisDon. Elle a maintenu que la loi 69 de
2000 n'invalidait pas l'entente entre EllisDon et les métiers de
la construction et du bâtiment de Sarnia. Elle reconnaissait par
ailleurs que puisque l'entente de
Sarnia était maintenue, les dispositions antérieures de
la loi sur la reconnaissance syndicale au niveau provincial restaient
en vigueur et s'appliquaient à tous
les travaux de EllisDon. EllisDon a donc l'obligation d'employer des
travailleurs syndiqués.
Mais la Commission des relations de
travail accordait un
délais de deux ans à EllisDon pour se conformer à
son jugement pour lui donner la chance de
« faire pression sur le gouvernement » pour un
projet de loi annulant l'entente avec les métiers de la
construction de Sarnia. EllisDon a donc pressé
les libéraux et conservateurs de déposer un projet de loi
en sa faveur, et c'est ce qu'ils ont fait.
Le fait que les libéraux acceptent de faire une
exception à leur opposition aux projets de loi conservateurs
pour faire adopter le projet de loi 74 montre
encore une fois que les travailleurs ne peuvent pas compter sur les
partis politiques des riches pour les représenter et
défendre leurs intérêts. La prétention des
libéraux d'être plus enclins à respecter les droits
des travailleurs était donc de la frime. Les travailleurs ne
peuvent pas compter sur les partis politiques des riches
pour se défendre contre l'offensive antisociale,
antiouvrière et antisyndicale parce qu'ils sont les instruments
de cette offensive.
Les libéraux invoquent les dizaines de milliards
de dollars qu'ils ont investis dans les infrastructures depuis qu'ils
sont au pouvoir pour soutenir leur
prétention d'être les amis des travailleurs de
métier. Mais c'est également durant le régime
libéral qu'on a vu l'industrie de la construction s'ouvrir comme
jamais
auparavant aux entrepreneurs non syndiqués. Durant ses huit
années d'offensive antisociale débridée en
Ontario, le gouvernement conservateur de Mike Harris
n'avait jamais même rêvé à une telle
expansion antisyndicale dans la construction. La réalité
est que la collaboration entre conservateurs et libéraux est la
règle
plutôt que l'exception. L'appui des libéraux à la
campagne ouvertement antisyndicale de EllisDon montre qui sont leurs
amis dans le secteur de la
construction.

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