Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 107 - 25 juin 2013

Pas de loi spéciale pour briser la grève de la construction!

Défendons le droit des travailleurs de se battre pour des conditions de travail qu'ils jugent acceptables!

Pas de loi spéciale pour briser la grève de la construction!
Défendons le droit des travailleurs de se battre pour des conditions de travail qu'ils jugent acceptables! - Parti marxiste-léniniste du Québec
Sur la situation dans la construction au Québec - Lettre à la rédaction

Développements récents
L'Alliance syndicale réitère sa demande d'un règlement négocié qui satisfasse les travailleurs
Pauline Marois nomme un médiateur spécial sur fonds de menace d'une loi de retour au travail
L'Association de la construction du Québec multiplie les provocations
Manifestations le 21 juin à Gatineau et à Québec


Pas de loi spéciale pour briser la grève de la construction!

Défendons le droit des travailleurs de se battre pour des conditions de travail qu'ils jugent acceptables!

Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) appuie fermement la demande des travailleurs de la construction en grève depuis le 17 juin pour une entente négociée qui leur est acceptable. Du même souffle, le PMLQ condamne la menace du gouvernement péquiste d'adopter une loi spéciale avec l'appui des libéraux et de la Coalition Avenir Québec qui impose un retour au travail et des conditions de travail non négociées. Le gouvernement menace de forcer les travailleurs des deux secteurs toujours en grève à retourner au travail s'il n'y a pas d'entente d'ici la fin de la semaine, sans que ne soit résolu aucun des problèmes soulevés par les travailleurs. Plutôt que de négocier, les employeurs maintiennent leurs demandes de concessions et attendent la loi spéciale. Lorsque les travailleurs disent non aux concessions, le gouvernement intervient pour aider les employeurs à obtenir ce qu'ils veulent et c'est inacceptable. Le PMLQ appelle tous les travailleurs à dénoncer la menace d'une loi spéciale pour imposer par la force des concessions que les grands entrepreneurs de la construction et les grands monopoles n'ont pas été capables d'obtenir des travailleurs par d'autres moyens.

La méthode utilisée pour nier les droits des travailleurs est maintenant bien connue. On a d'une part les grands entrepreneurs et les grands monopoles de la production et de l'extraction qui insistent sur des demandes de concessions qu'ils savent inacceptables pour les travailleurs. Il n'y a pas de négociations. Il n'y a que le diktat qu'ou bien les travailleurs acceptent les concessions, ou bien il n'y a pas d'entente. C'est une fraude de parler de négociation dans ces conditions-là. Les travailleurs n'ont d'autre choix que d'aller en grève et les associations d'entrepreneurs poussent leurs membres à maintenir le plus de chantiers possible ouverts pendant la grève, utilisant la menace de congédier les travailleurs qui refusent de travailler pendant la grève, ce qui leur est facilité par le fait qu'il n'y a pas de sécurité d'emploi dans la construction. L'Association de la construction du Québec (ACQ) et la Commission de la construction du Québec (CCQ), l'agence gouvernementale chargée entre autres de l'application des conventions collectives, viennent chacune d'émettre un communiqué dans lequel elles disent que maintenir les chantiers ouverts pendant la grève est légal et que les travailleurs qui veulent faire respecter leur vote de grève seront accusés d'intimidation ! Tout incident réel ou inventé est immédiatement utilisé par les employeurs et les médias pour « prouver » que les travailleurs intimident les travailleurs et les entrepreneurs qui veulent garder les chantiers ouverts.

Il y a aussi beaucoup de désinformation à l'effet que les travailleurs en grève causent de grandes pertes dans l'économie. Le but de la désinformation est de briser la force organisée des travailleurs afin que les entrepreneurs réussissent à imposer leurs demandes. Les riches et leurs médias se trouvent à avouer que les travailleurs jouent un rôle important dans la construction du Québec mais pas dans le sens de conclure que le droit des travailleurs à des conditions de travail qui correspondent au travail qu'ils font devrait être reconnu. Au contraire, ils le font pour demander une détérioration des conditions de travail sur les chantiers! C'est inacceptable de la part du gouvernement de menacer d'adopter une loi spéciale en invoquant que le secteur de la construction est un secteur « névralgique » pour l'économie du Québec. Qui va prendre la responsabilité de la détérioration des conditions sur les chantiers ?

Dans son communiqué du 15 juin, la ministre du Travail Agnès Maltais écrivait :

« Nul besoin de vous rappeler l'importance des enjeux et le fait que ni les entrepreneurs, ni les travailleurs et encore moins la population n'ont envie d'un conflit de travail dans ce secteur névralgique. Le contexte a changé et le conflit ouvert n'est plus un mode de résolution des différends. »

Est-ce qu'on doit comprendre que le contexte changé, c'est celui où les riches et leurs gouvernements peuvent déclencher des conflits ouverts contre les travailleurs, mais ceux-ci doivent se voir nier leurs droit légal d'y résister ?

Les demandes de concessions, monétaires et autres, qu'on essaie d'extorquer aux travailleurs représentent un transfert massif de richesse des mains des travailleurs vers celles des grands entrepreneurs et des monopoles qui font faire des travaux de construction, en plus de causer une grave détérioration de la vie sur les chantiers. Où va aller cette richesse ? Elle va aller aux tractations entre les grands entrepreneurs, les monopoles de l'extraction et de la production manufacturière, les firmes d'ingénierie et les gouvernements, pour se partager et se disputer le butin que représente cette richesse extorquée aux travailleurs. Cela va intensifier la fraude et la corruption des riches et des gouvernements qui fait déjà ses ravages non seulement dans l'industrie de la construction mais dans l'ensemble de l'économie du Québec.

Il ne faut pas laisser le gouvernement du Québec criminaliser la lutte des travailleurs et se faire l'instrument des demandes de concessions au nom de « l'économie du Québec ».

Avec l'adoption par le gouvernement Charest de la loi 33 qui attaquait les travailleurs de la construction et leurs syndicats au nom de la lutte à la corruption, les gouvernements et les médias ont lancé une campagne d'hystérie pour salir les travailleurs de la construction et les accuser d'intimidation et de corruption. Maintenant, avec les provocations au lieu de négociations et la menace de loi spéciale, l'espace légal dans lequel les travailleurs peuvent agir est de beaucoup réduit. C'est ce qui se produit aussi dans les autres secteurs de l'économie. Cela montre que le vieil équilibre a été rompu et que les travailleurs doivent continuer de faire valoir leur cause politiquement pour s'assurer qu'un nouvel équilibre soit établi sur la base de la reconnaissance de leurs droits. La lutte des travailleurs pour leurs droits est présentée comme étant une lutte contre l'intérêt national alors que l'intérêt privé monopoliste devient l'intérêt national. Cela crée une situation dangereuse pour les travailleurs et la société dans son ensemble et c'est pourquoi la résistance unie de tous et le projet d'édification nationale sur la base de la défense des droits de tous sont si cruciaux.

Le PMLQ appelle tous les travailleurs à dénoncer fermement la menace et l'utilisation de la loi spéciale contre les travailleurs de la construction. Le gouvernement du Parti Québécois doit retirer sa menace. Si le gouvernement va de l'avant avec sa loi spéciale, les députés du Parti Québécois et d'autres députés doivent s'y opposer et refuser de jouer le rôle de briseurs de grève au service de l'extorsion de concessions antiouvrières.

Pas de loi spéciale dans la construction !
Défendons le droit des travailleurs de la construction de lutter
pour des conditions de travail qui correspondent au travail qu'ils font !


Une des assemblées générales où les mandats de grève ont été votés à majorité écrasante.

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Lettre à la rédaction

Sur la situation dans la construction au Québec

Il y a environ 175 000 travailleurs de la construction au Québec, sans compter tous ces Québécois qui, pour une raison ou une autre, ont dû trouver du travail dans leur métier hors du Québec. Lundi le 17 juin, ces travailleurs ont entamé une grève générale. La raison est claire : le patronat exige des concessions affectant les normes et les conditions de travail sur toute la ligne. On voudrait établir des critères de mobilité totale pour les travailleurs, allant jusqu'à les forcer à voyager une heure pour se rendre au travail. On désire les forcer à travailler à temps simple le samedi. On désire aussi les forcer à travailler les 8 premières heures supplémentaires à temps et demi. En ce qui concerne les augmentations de salaire horaire, ce que l'ACQ propose ne couvre même pas le taux d'inflation, ce qui signifie une perte réelle de revenu pour les travailleurs.

Le Québec possède d'énormes richesses, en commençant avec la classe ouvrière, une classe éduquée et bien qualifiée. Le Québec possède des ressources naturelles fabuleuses et, dans le cas de l'énergie hydroélectrique, quasi inépuisables. Posons-nous la question alors : pourquoi cette demande de concessions sur toute la ligne ? En premier lieu, les concessions ne sont pas une solution aux problèmes économiques du Québec et ne le seront jamais. En réalité, les concessions sont un trou sans fond. Les travailleurs du secteur privé, comme ceux du secteur public au Québec, comme au Canada, se sont vu forcés de faire des concessions dans le passé sans que cela ne solutionne un seul des problèmes économiques auxquels la nation est confrontée. Au contraire, notre expérience nous démontre que les concessions faites aux employeurs ont préparé le terrain pour de nouvelles concessions, encore pires.

Puisque c'est nous, les travailleurs, qui produisons tous les biens et fournissons tous les services dont la société a besoin, pourquoi sommes-nous attaqués quand nous présentons notre réclamation à la richesse que nous produisons ? Quelque chose « ne tourne pas rond ». Il semble évident que ces demandes de l'Association de la construction du Québec (ACQ) et des autres organisations patronales ont pour but de se donner une position plus favorable vis-a-vis la force organisée des travailleurs de la construction.

Il semble que les patrons ont manoeuvré pour en venir exactement à la situation que nous visons en ce moment :

1- attendre que le décret de la construction soit terminé ; 2- présenter des demandes aux travailleurs qui sont clairement inacceptables pour eux ; 3- provoquer une grève générale ; 4- laisser le gouvernement Marois adopter une loi spéciale, invoquant le caractère essentiel de l'industrie de la construction pour l'économie du Québec ; 5- utiliser l'arbitrage pour obtenir gain de cause sur un bon nombre de leurs demandes de concessions.

Les associations patronales qui demandent les concessions sont les instruments des grandes compagnies minières internationales qui se sont établies au Québec pour s'accaparer des richesses naturelles qui appartiennent au peuple. Nous devons examiner de près les rapports qui existent entre d'une part les compagnies minières comme Rio Tinto et Arcelor-Mittal et l'Association minière du Québec et d'autre part les organisations patronales comme l'ACQ. Les Québécois connaissent très bien le caractère rapace de Rio Tinto et il semble très possible que ces grandes entreprises minières soient à l'origine des demandes de concessions aux travailleurs de la construction, puisqu'elles parlent déjà de la nécessité d'établir de nouvelles normes qui correspondent à ce qu'elles appellent les nouvelles réalités. Bien sûr, elles font allusion aux conditions nécessaires à l'exploitation intensifiée de nos richesses, particulièrement dans le Nord du Québec.

Marois commence déjà à faire des menaces comme quoi, si les deux parties ne peuvent pas en arriver a une entente négociée, elle sera forcée d'intervenir avec sa loi spéciale. Demandons-nous : nos droits à nous, comment seront-ils respectés ? Des droits, ce ne sont pas des privilèges, qui peuvent être enlevés lorsque l'exercice de ces droits nuit aux patrons. Rejetons toutes ces manigances, ces machinations et ces intrigues ! Le gouvernement de Pauline Marois doit défendre le droit public, pas le droit de monopole.

La nation, c'est nous et en défendant nos propres intérêts et notre niveau de vie, nous défendons les intérêts de la nation.

Non à la loi spéciale ! Notre avenir est dans la défense des droits de tous !

(Signé)

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L'Alliance syndicale réitère sa demande d'un règlement négocié qui satisfasse les travailleurs

En point de presse en après-midi du 24 juin, l'Alliance syndicale de la construction a réitéré sa demande pour l'obtention d'une nouvelle convention collective négociée et non imposée qui satisfasse les demandes des travailleurs de la construction en grève depuis le 17 juin.

Après avoir salué la mobilisation des travailleurs à la défense de leurs droits qu'il a qualifiée d'exemplaire, le porte-parole de l'Alliance Yves Ouellet a parlé de la situation en ce qui concerne les négociations.


Le porte-parole de l'Alliance syndicale de la construction Yves Ouellet lors du point de presse le 24 juin.

« Ce travail a porté fruit ce matin car dans le secteur génie civil qui comprend 41 000 travailleurs une entente a été conclue. Cette entente va être soumise aux membres pour approbation. Cela prouve qu'en négociant, on arrive tout le temps à quelque chose... Du côté résidentiel les discussions ont encore cours mais je peux vous dire que ce sont des discussions cordiales. Ce n'est pas fini et ça continue à négocier. Malheureusement on ne peut pas en dire autant du secteur institutionnel/commercial et industriel... La patrie patronale a clairement démontré sa mauvaise foi dans la négociation. À la table, contrairement à ce qu'ils annoncent aujourd'hui, les demandes patronales sont restées intactes. Le travail le samedi, l'élargissement de la plage horaire, le temps et demi et la mobilité provinciale sont inacceptables pour nos travailleurs. Nous le disons depuis des mois et nous le réitérons aujourd'hui. »

Suite à la décision de la première ministre de nommer un médiateur spécial aux tables, l'Alliance se déclare prête à coopérer avec lui pour en arriver à un règlement négocié satisfaisant pour ses membres.

« Nous ne changerons pas notre position. C'est celle de nos travailleurs et celle de leurs familles. Nous espérons également que cette médiation sera de courte durée. Cela fait maintenant des mois que la partie patronale fait tout pour obtenir une loi spéciale... Nous avons toujours et conservons tout le temps notre objectif d'en arriver à une entente négociée. »

Après avoir dit que les travailleurs ne vont pas lâcher et ne vont pas laisser les associations patronales faire reculer les travailleurs, leurs familles et l'industrie de plus de 30 ans, il s'en est pris aux méthodes de provocations des associations patronales pour éliminer la possibilité d'un règlement négocié qui soit acceptable aux travailleurs.

« Les employeurs encouragent les travailleurs à briser le droit de grève. Ce geste est une preuve claire de l'arrogance de la patrie patronale. Leur objectif est de confronter les travailleurs au lieu de négocier de façon civilisée. Nous vous appelons à poursuivre la grève dans deux secteurs et à vous mobiliser dans le calme et sans violence. Nous ne répondrons pas à la provocation. Continuons la lutte pour tous les travailleurs du Québec ! »

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Pauline Marois nomme un médiateur spécial
sur fonds de menace d'une loi de retour au travail

Lors d'un point de presse le 24 juin, la première ministre du Québec Pauline Marois, flanquée de la ministre du Travail Agnès Maltais, a annoncé la nomination d'un médiateur spécial à la table institutionnelle-commerciale et industrielle (ICI). Le mandat du médiateur spécial selon Pauline Marois est d'amener les employeurs et les syndicats de l'ICI à conclure une entente avant la fin de la semaine. Elle a dit que l'entente de principe signée le jour même dans le secteur génie civil et voirie montre qu'un règlement négocié est possible.

Lorsque les médias lui ont demandé ce qu'elle fera si l'intervention du médiateur ne conduit pas à une entente, elle a répondu que l'adoption d'une loi spéciale sera à l'ordre du jour en fin de semaine ou au début de la semaine prochaine.

« Il y a quelques jours qui sont encore disponibles d'ici la fin de la semaine pour négocier une entente....J'ai dit au départ qu'une quinzaine de jours (de grève -- ndlr) était le maximum à mon point de vue, ce qui donnera à peu près cela si on arrive à la fin de la semaine. Évidemment j'ai pesé sur le crayon vendredi en souhaitant, comme on avait 4 jours devant nous, qu'on puisse aller le plus loin possible. Cela a fonctionné. 41 000 travailleurs seront au travail demain matin. [S'il devait y avoir une loi spéciale ], cela serait pendant la fin de semaine ou la semaine prochaine. C'est certain qu'après une dizaine de jours de grève, une dizaine de jours ouvrables on s'entend, c'est absolument le délai à ne pas dépasser. »

Elle a dit souhaiter la conclusion d'une entente négociée parce que « mieux vaut une entente négociée que l'imposition d'une loi spéciale. Nous souhaitons qu'il y ait la paix sur les chantiers, que les gens rentrent dans la bonne humeur et qu'il puisse y avoir ainsi une meilleure productivité. »

« Je demande formellement aux parties de mettre de côté leurs différends pour en arriver rapidement à un compromis, pour le bénéfice de l'ensemble de la population », a ajouté la ministre du Travail, Agnès Maltais.

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L'Association de la construction du Québec
multiplie les provocations

L'Association de la construction du Québec (ACQ) qui représente les employeurs des secteurs institutionnel/commercial et industriel a publié un communiqué des plus provocateurs le 24 juin suite à la rupture des pourparlers dans la nuit du 24 juin avec les représentants syndicaux.

L'ACQ ne fait pas mystère de son diktat à exiger des concessions des travailleurs plutôt que de négocier avec eux en reconnaissant leur grande contribution à l'économie du Québec.

« L'ACQ, au cours des discussions, a cherché des solutions pour répondre aux préoccupations des travailleurs telles que demandées par l'Alliance syndicale. Cependant, elle ne peut consentir à renforcer des mesures qui ne correspondent plus à l'évolution des marchés et des pratiques et qui n'auront pour conséquence que de préserver les intérêts de certains métiers. L'ACQ est toujours préoccupée par l'intérêt du plus grand nombre de travailleurs et refuse d'étendre la culture du secteur industriel au secteur institutionnel-commercial qui n'a pas la même réalité. »

Face à son incapacité à soutirer des concessions aux tables, l'ACQ présente son aveu à l'effet que ses demandes font partie de l'offensive d'ensemble de l'élite au pouvoir pour écraser les syndicats de la construction :

« Ce que nous avons vécu ces derniers jours avec les syndicats nous a permis de constater que ce conflit va bien au-delà d'un simple renouvellement des conventions collectives. L'Alliance a profité de cette conjoncture pour rétablir son rapport de force sur les employeurs, les donneurs d'ouvrage et le gouvernement tout en démontrant sa capacité à mobiliser les travailleurs. »

Face au refus des travailleurs d'accepter ses demandes de concessions, elle s'en remet à l'État pour en arriver à ses fins :

« Un règlement négocié n'est pas possible à ce moment-ci pour les secteurs IC/I de l'industrie de la construction... Force est de constater qu'une véritable négociation n'a jamais eu lieu et que tout le temps passé cette fin de semaine n'aura servi à rien. L'ACQ n'a plus le choix, elle doit envisager la pertinence d'une loi spéciale. »

Avec une irresponsabilité rien moins que criminelle, elle avoue que c'est par la provocation et la violence qu'elle en appelle à l'intervention de l'État pour briser la grève.

« Un retour au travail forcé, des conditions de travail imposées, pourront-ils contrebalancer les effets d'un conflit qui risque de s'envenimer au cours des prochains jours ? Les salariés pourront retourner au travail s'ils le désirent, car rien ne les oblige à respecter la ligne de piquetage. Ajoutons à cela l'impatience grandissante et justifiée des donneurs d'ouvrage et l'impact sur l'économie québécoise, tout en considérant que les travailleurs qui en seront à une 2e semaine sans salaire doivent être des facteurs à analyser. En fait, nous cherchons à éviter le chaos. »

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Manifestations le 21 juin à Gatineau et à Québec


À Gatineau le 21 juin

Le 21 juin, les travailleurs de la construction en grève ont encore une fois tenu des manifestations, cette fois à Gatineau et à Québec. À Gatineau, plus de 100 travailleurs ont manifesté devant les bureaux de l'Association de la construction du Québec qui représente les secteurs institutionnel/commercial et industriel (ICI). Ils arboraient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire leur opposition aux concessions et leurs demandes pour l'amélioration de leurs conditions de travail et scandaient des slogans tel « Nous sommes des professionnels, pas des criminels ! ». Ils insistaient aussi sur la nécessité d'obtenir un règlement négocié qui les satisfasse et non de se faire imposer un règlement. « Nous, on veut qu'il y ait négociation en bonne et due forme et que ça se passe bien. On veut éviter cette loi-là [une loi spéciale -- ndlr] », a dit une représentante syndicale aux médias locaux.

À Québec, les travailleurs ont organisé un événement familial devant le chantier de construction du futur amphithéâtre de Québec, avec BBQ et partie de hockey sur une patinoire construite par eux pour l'occasion. L'humour était au rendez-vous alors que les travailleurs entonnaient leur chanson qui dit entre autres : « Marcoux, oh Marcoux, tu nous couperas pas le cou. Labeaume ton Colisée, il te sera livré quand tout sera négocié. » ( Lyne Marcoux est la négociatrice en chef de l'ACQ et Régis Labeaume est le maire de Québec -- ndlr). Une fois de plus, les travailleurs de la construction y ont exprimé combien leurs demandes sont justes et qu'elles doivent être satisfaites. « Pensez-vous qu'on est en grève parce que ça nous fait plaisir ?, a dit l'un deux aux médias locaux. Est-ce que ça veut dire qu'il y a 175 000 imbéciles dans l'industrie qui ont décidé de prendre une semaine, deux semaines de vacances ? On s'en va là pour nos conditions. Il y a des pères de famille et des maris ici qui méritent ces conditions là. » « Des fois la désinformation des médias au sujet de notre grève ça ne nous aide pas, a ajouté un autre. On essaie de faire une bonne presse en passant de bons messages. »

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