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Numéro 106 -
21 juin
2013
Manifestations des
travailleurs de la
construction
«Non aux reculs dans nos
conditions de travail!», disent les
travailleurs à
l'unisson
Manifestations
des
travailleurs
de
la construction
• «Non aux reculs
dans nos conditions de
travail!», disent les travailleurs
à l'unisson
• Ce que les travailleurs
avaient à dire
À la
défense des droits de tous
• Résistance aux
coupures dans les
services sociaux à la jeunesse et
à leur famille
- Geneviève Royer
• Deuxième
Journée nationale pour
le droit des réfugiés à des
soins de santé
• Délai d'attente
discriminatoire dans
les soins de santé aux nouveaux arrivants
- Serge
Lachapelle
• Manifestation pour le
droit au logement
à Trois-Rivières
• Note
aux
lecteurs
Manifestations des travailleurs de
la
construction
«Non aux reculs dans nos conditions de
travail!»,
disent les travailleurs à l'unisson

Le 20 juin à Jonquière
(gauche) et
Rimouski
Toutes associations syndicales confondues, les
travailleurs de la construction du Québec,
en grève
depuis le 17 juin, ont manifesté
à Montréal,
Rimouski et Jonquière le 20 juin. À
Montréal,
près de 4000 travailleurs ont marché
devant les bureaux
de l'Association provinciale des constructeurs
d'habitations du
Québec (APCHQ), puis de
l'Association des entrepreneurs en construction du
Québec (AECQ)
et enfin de l'Association de la construction du
Québec (ACQ),
l'association patronale qui représente le
secteur
institutionnel/commercial et industriel, celle des
associations
patronales qui fait le plus de demandes de
concessions et agit de la
façon la plus provocatrice.
Les quelque 250 travailleurs qui ont
manifesté
à Rimouski se sont rassemblés devant
les bureaux de l'ACQ
et ont marché vers le chantier de
construction du futur magasin
Target au Carrefour Rimouski. Les travailleurs du
Saguenay ont
marché dans les rues de Jonquière
pour eux aussi aller
manifester devant les bureaux de l'ACQ.
Partout les
manifestants
arboraient les pancartes de l'Alliance syndicale
de la construction,
l'organisation qui regroupe les
représentants des cinq syndicats
de la construction pour les fins des
négociations pour une
nouvelle convention collective. Sur les pancartes
se lisait
l'opposition des travailleurs de la construction
aux diverses demandes
de
concessions que les associations patronales
essaient de leur extorquer.
Maintenant cette tentative d'extorsion se fait
sous la menace d'une loi
spéciale que le gouvernement du
Québec menace de passer
dans le courant de la semaine prochaine
après avoir dit qu'il
laisserait les parties en arriver à une
entente
négociée.
Pendant les plus de 2 heures qu'a
duré la
marche à Montréal, les 4000
travailleurs ont
exprimé leur exigence à l'effet que
les associations
patronales et surtout l'ACQ retirent leurs
demandes de concessions, que
ce soit l'extension de la plage horaire de
travail, qui serait
maintenant de 5 heures 30 à
19 heures, l'obligation de
travailler le samedi à temps simple pour
compenser pour les
heures perdues pendant la semaine pour cause
d'intempéries,
l'élimination du temps double pour les
8 premières
heures de temps supplémentaire, la demande
patronale de
mobilité provinciale totale de la main
d'oeuvre, ce qui
priverait d'emplois les travailleurs des
régions, et
d'autres encore. Les travailleurs de
Montréal portaient aussi un
madrier auquel était suspendue une pancarte
disant :
« Nous bâtissons le
Québec ». Ils le
portaient avec émotion pour
démontrer le fardeau pour
leur corps et leur vie que représente le
travail ardu qu'ils
font et la fierté qu'ils ont de le faire,
cette fierté
qui est
attaquée par les demandes de concessions
intenables qu'on
cherche à leur extorquer.


Interventions à la manifestation de
Montréal, de gauche à droite, de
haut en bas: Yves
Ouellet, porte-parole de l'Alliance syndicale de
la construction;
Sylvain Morissette, porte-parole de l'Alliance
syndicale pour
le secteur institutionnel/commercial et
industriel; Sylvain Boivin,
porte-parole de la section locale 711 du Conseil
provincial du
Québec des métiers de la
construction (International); un
membre de la section locale 711
interprétant une chanson
écrite pour la grève.
Le ton des interventions des orateurs, des
pancartes et
des discussions était nettement à
l'opposition totale des
travailleurs aux demandes de concessions qu'on
essaie de leur arracher
et qu'on a l'audace d'appeler de la
négociation. Les
travailleurs sont unanimes à dire que ces
concessions font
reculer toutes leurs conditions de travail et sont
complètement incompatibles avec le travail
qu'ils font et le
besoin qu'ils ont de participer à la vie
sociale et d'avoir une
vie de famille digne de ce nom. Plusieurs
travailleurs avaient choisi
d'illustrer leur opposition en amenant leurs
jeunes enfants avec eux et
en tenant des pancartes qui montraient
l'absurdité de la demande
d'élargir la plage
horaire de travail depuis les petites heures du
matin jusqu'à
19 heures.
Dans leurs interventions, les
représentants de
l'Alliance syndicale ont exprimé que les
travailleurs de la
construction se tiennent debout, ne veulent rien
savoir de l'extorsion
de concessions qu'on veut leur imposer et
demandent une entente
négociée qui est acceptable pour
eux. Des travailleurs
ont chanté une chanson qu'ils ont
composée et qui
est en train de devenir populaire parmi les
travailleurs de la
construction. La chanson dit entre autres que la
présidente de
l'ACQ Lyne Marcoux ne réussira pas à
leur couper le cou
et que le maire Labeaume de Québec va
devoir attendre pour son
amphithéâtre que les travailleurs
aient signé une
entente qui leur soit acceptable.
À Rimouski et à Jonquière,
les
travailleurs ont mis l'accent sur leur opposition
à la
mobilité totale provinciale qui risque de
priver d'emplois les
travailleurs des régions qui affrontent
déjà de
hauts taux de chômage. Ils font remarquer
par ailleurs qu'il
s'agit d'une mesure irresponsable et très
provocatrice pour
créer des conflits parmi les
travailleurs.
Partout, les actions des travailleurs de la
construction
se sont mérité l'appui des gens sur
les routes et les
trottoirs. Lorsque la manifestation de
Montréal a longé
le boulevard Métropolitain, c'était
impressionnant
d'entendre le concert de klaxons de conducteurs
qui exprimaient leur
appui et saluaient de la main. Les travailleurs de
la construction,
que les gouvernements et les médias ont
tenté de salir et
tentent encore de salir pour essayer de les
soumettre aux attaques
contre leurs droits, en étaient fiers.
Les actions se sont très bien
passées et
les travailleurs ont quitté, résolus
à
défaire ces demandes de concessions et
à améliorer
leurs conditions.

Ce que les travailleurs avaient à dire
Voici des commentaires que les travailleurs de la
construction ont faits sur les lignes de piquetage
et à la
manifestation de Montréal le 20 juin, tels
que recueillis par
les distributeurs du Forum ouvrier.
Sur les demandes de concessions
• « Notre grève, c'est d'abord et
avant
tout
contre les reculs. Pourquoi on laisserait aller ce
qu'on a ? Ce qu'on a,
on l'a gagné, on l'a négocié.
On a laissé
tomber autre chose en échange dans les
négociations. On
travaille dans des températures de -30
l'hiver. On a le triste
record dans la
construction du plus grand nombre de
décès à
l'ouvrage de tous les secteurs de
l'économie. On a beaucoup de
blessures aussi. mais si on les rapporte, si on se
plaint, on se fait
discipliner et même congédier. C'est
facile pour les
entrepreneurs parce qu'on n'a aucune
sécurité d'emploi
dans la construction. À 50 ans. nos corps
sont fatigués
parce que
c'est un travail dur physiquement. Ce qu'on a, on
le mérite, on
l'a gagné. On ne l'a pas volé. On ne
peut pas en dire
autant de tout le monde. En plus, lors du dernier
contrat, on a fait
des concessions. On n'était pas uni entre
nous. Ça a
créé beaucoup de problèmes.
Cette fois, on est
uni et on a beaucoup d'appui de la population. On
continue
jusqu'au bout et on lâche pas. Ces
reculs-là, il faut
qu'ils les enlèvent. »
• «
L'extension de la plage
horaire ça n'a aucun sens. On a
déjà des accords
de flexibilité dans les horaires selon les
secteurs et les
conditions spécifiques. Ils veulent empirer
tout ça.
C'est une porte ouverte pour détruire nos
heures. C'est une
porte ouverte pour qu'ils nous disent par exemple
que demain le
matériel dont on a besoin va arriver en
retard, alors pourquoi tu ne rentrerais pas plus
tard. Et dans la
construction, tous les métiers se tiennent,
alors s'ils
demandent à un métier de rentrer
à 5 heures 30
du matin, ils vont demander aux autres de faire la
même chose
parce que les travaux se font en séquence.
»
• « Ce n'est parce que nous sommes des
travailleurs
de la construction que nous n'avons pas droit
à une vie de
famille. Comment on trouve une garderie pour nos
enfants ou une
gardienne à 5 heures du matin, surtout si
on l'apprend la
veille, et comment on fait pour passer du temps en
famille si on finit
trop tard le soir ? »
• « La concession sur la plage horaire
c'est pour
chambouler les heures et éviter de nous
payer les primes du
travail le soir. C'est fait pour éliminer
les
délimitations des quarts de travail. Avec
cela, vous pouvez
travailler le soir mais ne pas être
considéré comme
un travailleur sur un quart de travail le soir,
alors vous perdez votre
prime. »
• « Ces concessions-là, ça
vient des
Rio Tinto et des autres grands de ce monde qui
veulent faire baisser le
prix de leurs contrats de construction. Selon ces
gens-là, le
travailleur manufacturier c'est un fardeau pour
l'économie mais
pour nous c'est le contraire. Abaisser le niveau
de vie du travailleur
manufacturier, c'est s'en prendre à
l'économie. »
• « Cette demande-là sur la
mobilité
provinciale totale, ça n'a aucun sens. Cela
va enlever de
l'emploi dans les régions alors que
l'emploi est
déjà faible dans les régions.
En plus, c'est
complètement irresponsable parce que
ça va créer
des tensions parmi les travailleurs. »
Sur la corruption dans la construction
• « On en sait quelque chose de la
corruption dans la
construction, mais ce ne sont pas les travailleurs
qui sont corrompus.
C'est impossible que ça soit nous autres
qui faisons de la
corruption parce que nous ne contrôlons rien
dans la façon
dont les travaux sont faits. Nous, on fait le
travail de la
façon dont ça nous est
demandé. Je travaille au
CUSM, le Centre universitaire de santé
McGill, et il n'y a pas
une journée qui se passe sans qu'on me dise
que le travail que
j'ai fait la veille, il faut le refaire d'une
autre manière, les
plans sont mauvais, etc. Pas surprenant que les
coûts montent en
flèche et il y en a qui se graissent avec
ça en haut,
des firmes qui se battent pour les contrats et qui
changent tout.
»
• « Quand on écoute la Commission
Charbonneau,
est-ce que ce sont des travailleurs qu'on voit qui
font de la
corruption ? Absolument pas et pourtant ça
nous est mis sur le
dos. Nous ici on le voit bien comment la
corruption fonctionne, comment
les coûts dépassent toutes les
prévisions. On se
fait changer les plans constamment par les
entrepreneurs et malgré cela les
médias disent qu'on doit
faire attention avec notre grève parce que
notre
réputation est déjà mauvaise.
C'est du salissage
pour faire croire aux gens que nous ne sommes pas
des travailleurs
comme les autres qui se battent pour les
mêmes choses que les
autres. C'est ça qui est bon avec notre
grève, que nous
montrons que nous sommes des travailleurs qui
revendiquent les
mêmes choses et les concessions qu'on nous
demande c'est à
tous les travailleurs qu'on les demande. »
• « Ils nous prennent pour des idiots quand
ils
disent que les concessions monétaires
qu'ils nous demandent,
c'est pour améliorer l'industrie, mieux
servir les clients. En
fait ce qu'ils veulent faire c'est nous prendre
notre argent pour se
graisser avec, pour faire leurs 'deals' entre eux,
entre les
entrepreneurs et les grands donneurs d'ouvrages,
au
sujet de leurs contrats. Ça aussi c'est de
la corruption .
»
Sur la menace d'une loi spéciale
• « On
n'en veut pas de loi
spéciale. On veut négocier nos
conditions. Ce sont nos
conditions de travail, c'est nous qui allons
devoir travailler dans ces
conditions alors on a le droit de les
négocier. On a le droit de
faire pression sur les employeurs avec notre
rapport de force pour
avoir de bonnes
conditions. »
• « C'est vraiment incroyable. Quand nous,
on a
à affronter les pires conditions, qu'on a
des morts sur les
chantiers, qu'on est dans le trouble, qui est-ce
qui s'occupe de nous ?
Maintenant qu'on est en grève et qu'on a
juste fait trois jours
de grève, alors d'un seul coup on devient
essentiel à
l'économie du Québec ! C'est juste
maintenant qu'ils
viennent de se rendre compte que c'est nous qui
bâtissons le
Québec ? C'est un peu fort non ? C'est
juste pour nous imposer une
loi spéciale, pour nous imposer nos
conditions ! »
• « Pas question de loi spéciale.
Imaginez-vous, déjà même avec
notre vote de
grève massif, notre unité
au-delà des affiliations
syndicales, l'appui grandissant de la population,
l'ACQ refuse de
négocier. Vous croyez qu'ils sentent une
pression pour
négocier maintenant avec la menace de loi
spéciale ?
Pourquoi est-ce qu'ils négocieraient ! On a
déjà eu la loi 33 contre nous ,
maintenant le refus de
négocier de la part de l'ACQ pour nous
imposer leurs concessions
et maintenant une loi spéciale parce qu'on
ose se
défendre ? C'est le salissage contre nous
qui se poursuit. Pas
de loi spéciale. Laissez-nous faire notre
rapport de force et
négocier ! »

À la défense des
droits de
tous
Résistance aux coupures dans les services
sociaux à la jeunesse et à leur
famille
- Geneviève Royer -
Manifestation
du 17
juin à Montréal contre les
compressions au Centre
jeunesse de Montréal
Refusant la logique que la déshumanisation
des
services publics est une réponse valable
à un budget
équilibré, les intervenants du
Centre jeunesse de
Montréal et leur syndicat ont
manifesté le 17 juin
dernier. En plus des coupures de 11 millions de
dollars imposées
depuis trois ans, Sylvie Théorêt,
présidente
du syndicat des travailleuses et travailleurs du
centre a
dénoncé celles qui viennent: «
Les intervenants
sont dépassés et ce sont les jeunes
qui en font les
frais.
Comme si ce n'était pas suffisant, l'Agence
de Montréal a
annoncé d'autres compressions de 20,9
millions dont on ne
connaît pas encore la répartition.
Depuis
2010, c'est près de 150 postes qui ont
été
sabrés dans les secteurs technique et de
soutien, clinique et
administratif, de même qu'un certain nombre
de postes
de cadres. Toutes ces compressions ont des effets
directs sur les
conditions de vie des jeunes et mettent en
péril le travail qui
est fait auprès d'eux et de leurs
familles pour les accompagner et les encadrer au
quotidien. »
Les travailleurs des Centres jeunesses ont la
responsabilité d'accueillir et de donner
des soins à des
jeunes qui sont retirés de façon
temporaire ou non de
leur famille, afin de s'assurer que leur
développement ne soit
pas compromis. Ils doivent faire le lien entre le
jeune et sa famille,
s'assurer qu'il fréquente l'école,
le rendre capable de se faire à manger,
faire un budget, vivre
en appartement, et s'assurer qu'il fasse des
activités afin de
développer son potentiel. Les jeunes
avec lesquels ils travaillent ont souvent
vécu beaucoup de
souffrance mentale et/ou physique et ont besoin
d'une présence
stable et chaleureuse qui les aide afin
d'être en mesure de faire leur contribution
à la
société. Le suivi auprès de
leur famille n'est pas
à négliger, le lien entre les
intervenants des centres et
les familles
est essentiel afin que le jeune puisse retourner
vivre avec la sienne.
Les
années d'offensive
antisociale sont telles que le nombre de
signalements a augmenté
de façon significative, selon le syndicat.
« On a vu des
salles de
téléphones et de conférence
converties en chambres
provisoires, avant que la direction ne puisse
ouvrir des unités
d'urgence pour accueillir nos jeunes... De plus,
lorsque des postes sont abolis ou à la
suite de départs
pour maladie, on ne remplace pas les intervenants
», a
ajouté Sylvie Théorêt. La
charge de travail devient
ainsi impossible à soutenir. « Il est
même question,
dès l'été, que les
préposés à
l'entretien ménager soient appelés
à intervenir
auprès de jeunes en situation
de crise. Ces salariés ne se sentent
absolument pas en mesure de
procéder à de telles interventions.
On ne peut
tolérer ça », a encore
affirmé Sylvie
Théorêt
en soulignant que les risques de blessure sont
importants tant pour le
jeune que pour le salarié.
Jeff Begley, président de la
Fédération de la santé et des
services
sociaux-CSN, a quant à lui
déclaré que « Au
Québec, on a une des plus belles lois sur
la protection de la jeunesse, mais on n'a pas les
ressources pour
l'appliquer pleinement. Pourtant, la
prévention a
déjà fait ses preuves, tant sur
l'amélioration
de la qualité de vie des jeunes que sur la
question des
économies budgétaires à long
terme. On ne se donne
pas les moyens de nos ambitions et ce sont les
jeunes
et leurs familles qui écopent. La situation
est critique, il
faut y remédier immédiatement.
»
Le 23 mai passé, c'était au tour du
personnel administratif du Centre jeunesse de
Montréal de
manifester contre les coupures qui se sont
traduites par
l'abolition de 60 postes pour 2013-2014,
soulignant que ces abolitions
s'ajoutent à des dizaines d'autres
survenues dans l'institution
depuis l'adoption du projet
de loi 100 par le gouvernement libéral en
2010.

Le 23 mai
2013
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Le président du syndicat local (SCFP
4628),
Pierre-Paul Tessier, a affirmé qu'il est
« faux de croire
que de couper dans le personnel administratif
constitue
un moindre mal, car celui-ci soutient
quotidiennement le travail des
intervenants et des intervenantes et contribue
grandement à la
mission du centre ». Selon
lui, dans un contexte de restrictions
budgétaires et de demandes
croissantes en besoins cliniques, il «
craint que le personnel
administratif qu'il représente soit
de plus en plus une cible de choix pour les
dirigeants politiques...les
employés ne croient pas qu'il soit possible
de "faire plus avec
moins" sans compromettre
la qualité des services à la
population et le
bien-être des travailleurs et des
travailleuses. La
détresse psychologique est grande et elle
se fait de plus en
plus
sentir parmi les employés. Jusqu'où
irons-nous ?
».
L'imposition d'une vision centrée sur le
capital
dans les services sociaux faisant des ravages,
Marco Lutfy,
président du Conseil provincial des
affaires
sociales (CPAS), a ajouté que « Les
compressions sauvages
comme celles appliquées au Centre jeunesse
ou encore les projets
unilatéraux d'optimisation du
genre méthode Proaction dans le
réseau public, nuisent
considérablement aux services à la
population. Ces
décisions mal avisées contribuent
grandement à
l'essoufflement des travailleurs du réseau
public. »
Arrêtez de payer les
riches!
Des investissements dans les programmes sociaux
maintenant!

Deuxième Journée nationale pour le
droit
des réfugiés à des soins de
santé
Le 17 juin, le groupe Médecins
canadiens
pour les soins aux réfugiés a tenu
une deuxième
Journée nationale d'action pour porter
à l'attention du
public
les conséquences des compressions du
gouvernement
fédéral dans les soins de
santé pour les
réfugiés et a lancé l'appel
à tous de se
joindre à lui pour
« montrer au gouvernement
fédéral que les
Canadiens vont défendre les plus
vulnérables d'entre
nous ». Il y a eu des manifestations
dans
22 villes canadiennes, dont Victoria,
Vancouver, Calgary,
Edmonton, Saskatoon, Winnipeg, Thunder Bay,
Sudbury, Windsor, London,
Kitchener, Guelph,
Hamilton, Toronto, Kingston, Ottawa,
Montréal, Halifax et
Saint-Jean de Terre-Neuve.
Une note envoyée aux étudiants de
médecine de l'Université McGill les
informant des
événements explique l'historique de
la journée
d'action :
« Le groupe Médecins canadiens
pour les soins aux
réfugiés a été
créé au
printemps 2012 en tant que groupe de
défense se consacrant
spécifiquement à persuader le
gouvernement
fédéral d'annuler les graves
compressions dans les soins
de santé pour les demandeurs de statut de
réfugiés
au terme
du Programme fédéral de santé
intérimaire.
Le groupe est également un plaideur dans la
contestation
juridique des coupures aux termes de la Charte des
droits
et libertés. Avant l'entrée en
vigueur des compressions
le 30 juin 2012 et depuis 1957, le programme
de santé
intérimaire offrait une assurance aux
demandeurs du statut de réfugiés
pour toute la gamme des
services de santé et des médicaments
et
l'équivalent de ce que reçoivent les
bénéficiaires de l'aide
sociale. Médecins canadiens pour les soins
aux
réfugiés veut renverser les
compressions ou les changer
de sorte que les bénéfices de base
soient rétablis
pour les demandeurs du statut de
réfugiés. »
La note est signée par 21 associations
professionnelles
regroupant des médecins et travailleurs de
la
santé opposés à ces coupures.

Calgary le
15
juin 2013
|
Reconnaissant que l'école de
médecine ne
pouvait prendre une position politique sur les
coupures, les auteurs de
la note font toutefois remarquer la pertinence
de la participation des étudiants dont la
formation comprend
également la défense des droits des
patients. Une note
semblable a été envoyée
à l'école de
médecine
de l'Université de Toronto et les deux
écoles ont pris
les dispositions nécessaires pour que les
étudiants
participent à la journée d'action.
Le 13 juin, Médecins canadiens pour
les
soins aux réfugiés a émis un
communiqué
annonçant que des dizaines de
personnalités canadiennes,
dont
des comédiens, auteurs, cinéastes et
musiciens, ont
signé une déclaration appelant le
gouvernement
fédéral à annuler ses
compressions dans le
Programme fédéral
de santé intérimaire.
« En tant que médecin et en
tant que
Canadien, pour moi il est inacceptable que des
réfugiés
ayant besoin de services de santé se les
voient
refuser », écrit l'auteur et
médecin Vincent
Lam. « Je me joins fièrement
à mes
collègues de la communauté
médicale et de la
communauté artistique
pour demander au gouvernement
fédéral de revoir ses
compressions aux conséquences
néfastes. »
Parmi les signataires de la déclaration,
il y a
les auteurs Margaret Atwood, Yann Martel et
Robinton Mistry, les
comédiens Shirley Douglas et Kiefer
Sutherland, le musicien Jian Ghomeshi et
l'ex-gouverneure
générale Adrienne Clarkson et son
mari, l'écrivain
John Ralston Saul.
La déclaration se lit en partie :
« Les réfugiés qui
viennent au Canada, souvent
pour fuir la guerre, la violence ou la famine,
arrivent parfois
avec rien de plus que les vêtements qu'ils
portent.
L'accès à des services de
santé de base leur est
garanti par la Charte ; les soins leur sont
accordés parce
que c'est la chose correcte à faire.
« Maintenant, à cause de ces
compressions, beaucoup de réfugiés,
futurs citoyens de ce
pays, se voient refuser les services, y compris
des enfants
et des femmes enceintes. [...] Les compressions
fédérales
ont également créé de la
confusion dans notre
système de santé, limité
davantage l'accès
aux soins
pour les réfugiés et
entraîné des
coûts inutiles pour les gouvernements
provinciaux.
« Ce n'est pas ainsi qu'on fait les
choses au
Canada.
« Nous demandons au gouvernement
fédéral d'annuler ces compressions
et de rétablir
la tradition humanitaire de ce pays envers les
réfugiés. »

Délai d'attente discriminatoire dans
les soins de santé aux nouveaux arrivants
- Serge Lachapelle -
La Commission des droits de la personne et des
droits de
la jeunesse estime que le délai de carence
pour avoir
accès à des soins de santé,
auquel doit se
conformer toute personne désirant
s'installer ou se
réinstaller au Québec, va à
l'encontre de la
Charte des droits et libertés de la
personne du Québec.
Dans un avis rendu public le 27 mai, la
Commission
précise que cette exclusion est
indirectement fondée sur
l'origine nationale ou ethnique puisque
la vaste majorité des nouveaux arrivants
qui la subissent ne
sont pas des citoyens canadiens. Ce délai
d'accès
à des soins de santé abordables
porte atteinte au
droit à la sûreté, à
l'intégrité et à la
dignité des personnes,
des droits protégés par la Charte.
Malgré
certaines exceptions prévues, notamment
pour les personnes
qui ont obtenu le statut de réfugié,
plusieurs personnes,
dont la plupart des nouveaux résidents
permanents qui
s'installent au Québec, ne
bénéficient pas de la
couverture.
On se rappellera que c'est à la demande de
l'Alliance des communautés culturelles pour
l'égalité dans la santé et
les services sociaux
(ACCÉSSS) que la
Commission s'est penchée sur cette question
et a transmis ses
conclusions au ministre de la Santé et des
Services sociaux
Réjean Hébert et au
président-directeur
général de la Régie de
l'assurance maladie du
Québec (RAMQ) Marc Giroux. La Commission,
à l'instar de
plusieurs professionnels de la santé,
demande que
le délai de carence soit abrogé.
À défaut,
une couverture temporaire à un coût
raisonnable devrait
être offerte par la RAMQ aux nouveaux
arrivants.
Pour l'ensemble de la période 2002-2012,
la
proportion de nouveaux arrivants au Québec
qui sont soumis
à un délai de carence et qui ne sont
pas citoyens
canadiens s'élevait à 86,03 %.
En contrepartie, la
proportion de citoyens canadiens soumis à
ce délai n'a
connu qu'une faible hausse. À la
lumière de son
analyse, la Commission conclut que ce traitement
différentiel
est indirectement fondé sur l'origine
ethnique ou nationale, un
motif de discrimination prohibé
par l'article 10 de la Charte.
Instaurée en 2001, la règle du
délai de carence avait été
conçue comme une
mesure de rationalisation dont l'objet est de
diminuer les coûts
associés à
l'utilisation de l'assurance maladie du
Québec et
d'éviter l'utilisation soi-disant abusive
des services par des
personnes qui viennent temporairement au
Québec
pour bénéficier des soins de
santé gratuitement.
Le terme « délai de
carence »
désigne une période de deux à
trois mois durant
laquelle les personnes
qui arrivent au Québec pour y
résider, ou après
avoir passé un long moment à
l'extérieur du pays,
sauf exceptions, ne bénéficient pas
de l'assurance
maladie
offerte dans le cadre de la Loi sur l'assurance
maladie du
Québec.
Le principal effet négatif du délai
de
carence pour les personnes qui le subissent
souligne la Commission est
le report des consultations médicales et
les
conséquences que cela peut entraîner.
Il peut s'ensuivre
alors des problèmes en matière de
médecine
préventive, dans le suivi des maladies
chroniques et une
aggravation des problèmes de santé
mentale,
précise la Commission dans son avis.
La Commission rappelle aussi l'importance de
protéger le droit à la santé,
un droit qui n'est
pas reconnu spécifiquement ni par la Charte
canadienne, ni par
la Charte québécoise. En 1981, elle
a recommandé
que le droit à la santé soit
enchâssé dans
la Charte, recommandation
réitérée, dans son bilan
des 25 ans
de la Charte des droits et libertés de la
personne.
Par ailleurs, l'instauration d'un délai de
carence, lequel n'existait pas avant 2001,
pourrait être
considérée, en l'absence d'une
justification suffisante,
comme
une mesure rétrograde contrevenant aux
engagements
internationaux du Québec en matière
de droits
économiques, sociaux et culturels et en
particulier en ce
qui concerne le droit à la santé.

Manifestation pour le droit
au logement à Trois-Rivières
Le jeudi 23 mai, près de deux cent
personnes ont
répondu à l'appel du Regroupement
des comités
logement et associations de locataires du
Québec
(RCLALQ) et manifesté devant le bureau de
la Régie du
logement à Trois-Rivières. Les
locataires voulaient
dénoncer le dysfonctionnement de la
Régie. La
problématique des délais
dépasse l'entendement.
« Il faut attendre pas moins de 20 mois en
moyenne avant
d'obtenir une première audience à la
Régie du
logement » s'indigne France Émond,
porte-parole du RCLALQ.
« Ces délais excessifs ne sont
malheureusement pas les
seuls obstacles à l'accessibilité
»
précise-t-elle.
Parmi les
griefs soulevés,
on note des loyers hors de contrôle. Selon
les données de
la Société canadienne
d'hypothèque et de logement,
les loyers au Québec
ont augmenté de 29 % au Québec dans
la dernière
décennie. De plus, les logements sont en
mauvais état et
continuent de se détériorer. Selon
une enquête
récente
de la Société d'habitation du
Québec (2012),
près de 45 % des logements auraient besoin
de réparations
contrairement à 27 % en 2006.
Également, le RCLALQ
déplore que des milliers de ménages
soient jetés
à la rue de manière
expéditive sans pouvoir de
défense. Et pour ajouter l'insulte à
l'injure, les
propriétaires
immobiliers discriminent et abusent
impunément.
Quelques locataires sont entrés dans les
bureaux
de la Régie du logement et ont
déposé une pile de
formulaires de plaintes décrivant leurs
problèmes. Les
locataires ont l'impression que recourir à
la Régie est
devenu un vrai casse-tête: non seulement les
délais avant
une première audience sont
décourageants mais
en plus les préposés donnent de
mauvaises informations,
les régisseurs ont des partis pris durant
les audiences, les
décisions comportent des erreurs, etc..
«
D'ailleurs pour les ménages les plus
démunis, le
coût d'ouverture d'un dossier, un montant
qui peut atteindre 70
$, est en soi un obstacle insurmontable »
ajoute
la porte-parole du RCLALQ.
Pour le RCLALQ, l'heure est au changement.
« Nous
demandons que toutes les causes soient entendues
sur la base du premier
arrivé, premier servi et à
l'intérieur de 3 mois; que toutes les
causes urgentes
(impliquant la santé et la
sécurité ) soient
entendues à l'intérieur de 72 heures
»
précise la porte-parole du
RCLALQ. De plus le RCLALQ demande que
l'accès au service de la
Régie soit gratuit; que le personnel soit
mieux formé et
encadré dans son mandant
d'information sur les droits et obligations des
propriétaires et
locataires; que les régisseurs
prêtent plus d'attention et
d'assistance aux locataires qui décident ou
sont obligés de se défendre seuls
devant la Régie
du logement. En fin, le RCLALQ déplore le
peu de leadership de
la Régie pour faire avancer le droit au
logement.

Note aux lecteurs
Le
Marxiste-Léniniste ne publiera pas
le lundi 24 juin en
raison de la Fête nationale du
Québec.

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