Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 104 - 19 juin 2013

Une occasion d'infliger une défaite aux politiques
néolibérales en Colombie-Britannique

Une enseignante à l'élémentaire se présente contre Christy Clark à l'élection partielle

Une occasion d'infliger une défaite aux politiques
néolibérales en Colombie-Britannique

Une enseignante à l'élémentaire se présente contre Christy Clark à l'élection partielle - Charles Boylan
Christy Clark est-elle en train de pousser la Colombie-Britannique vers un précipice avec son gaz naturel liquéfié?

Les relations États-Unis-Japon
L'alliance nippo-américaine depuis 1945 - Critique de livre
 


Une occasion d'infliger une défaite aux politiques
néolibérales en Colombie-Britannique

Une enseignante à l'élémentaire se présente contre Christy Clark à l'élection partielle

L'enseignante à l'élémentaire de Kelowna Carole Gordon sera candidate aux élections partielles de Westside-Kelowna contre la candidate parachutée de Vancouver, la première ministre de Colombie-Britannique Christy Clark. Bien qu'elle soit devenue première ministre à l'élection du 14 mai en tant que chef du Parti libéral, Clark a perdu son propre siège de Grey Point par 1 063 votes. La marge de votes par laquelle elle a été défaite dans son comté le 14 mai était presque deux fois plus élevée que sa marge de victoire lorsqu'elle a été élue à l'élection partielle de mai 2011. Craignant de se présenter dans la grande région de Vancouver où elle risque de perdre, Clark se défile et se présente dans un comté que son parti considère comme sûr.

Carole Gordon qui vit à Kelowna avait été défaite comme candidate néodémocrate dans Westside-Kelowna à l'élection du 14 mai. Elle vit depuis 39 ans dans la région, y ayant fait ses études primaires et secondaires et ses études universitaires au Collège d'Okanagan central où elle a obtenu son brevet d'enseignement en 1993. Elle enseigne présentement en 4e et 5e année à l'école primaire de Bankhead à Kelowna. Elle est militante syndicale au sein de l'Association des enseignants et enseignantes d'Okanagan sud, déléguée de sa section locale à la Fédération des enseignants et enseignantes de la Colombie-Britannique et membre du comité du régime de retraite. Elle est déléguée au Conseil du Travail d'Okanagan nord depuis 2006 et elle en a été élue présidente en avril 2011. Elle est un fervent supporter de Success at 6, une organisation dédiée au développement des habiletés sociales et pédagogiques et au bien-être des enfants du préscolaire en Colombie-Britannique. La feuille de route de Gordon et son expérience, dont son engagement actif dans les affaires de la communauté, en font une candidate de poids contre le programme d'austérité de coupures dans les programmes sociaux de Christy Clark.

La première ministre, pour sa part, a inscrit son fils à une école privée de Vancouver pour les bien nantis et les privilégiés. Les frais d'inscription à ces écoles privées sont exorbitants et en plus le privé est en partie subventionné par les fonds publics.

L'opposition de Clark et de son Parti libéral à l'augmentation des investissements en éducation, en soins de santé, en soins pour les aînés, en logements sociaux et en culture au nom de l' « équilibre budgétaire » est une fraude d'un bout à l'autre. En 2001, lorsque les libéraux ont pris le pouvoir, la dette provinciale représentait un endettement de 8000 $ par résident et ce fardeau atteint facilement 40 000 $ aujourd'hui. La dette provient en grande partie des manoeuvres concoctées pour payer les riches qui permettent de donner en cadeau des centaines de millions de dollars aux banquiers, aux monopoles d'extraction des ressources, aux compagnies privées d'hydroélectricité et aux spéculateurs immobiliers. Sous le règne libéral, au-delà d'une dette provinciale directe de 70 milliards $, les contrats hydroélectriques privés et les ententes d'infrastructure sous forme de partenariats publics-privés (PPP) ont créé sous le boisseau une « obligation publique » de plus de 170 milliards $.

Clark prétend que l'économie est sa priorité première, mais seule une petite élite privilégiée bénéficie de ses politiques économiques dangereusement unilatérales consistant à exporter des ressources à l'état brut et à se dévouer à la spéculation immobilière. Entre-temps, c'est le public qui se retrouve avec les factures. Clark se dit pour « des emplois, des emplois et des emplois ». Comment expliquer alors un taux de chômage dépassant les 7 % dans la circonscription de Westside-Kelowna ? Pourquoi y a-t-il tant de « travailleurs étrangers temporaires » en Colombie-Britannique dont les droits sont niés ? Clark dit au mouvement syndical de la Colombie-Britannique qu'elle va créer des milliers d'emplois syndiqués et bien rémunérés, mais la réalité est bien différente. Le nombre de travailleurs syndiqués dans le secteur privé est en chute libre depuis que les libéraux sont au pouvoir, ayant chuté aussi bas que 9 %. Ce sont autant d'emplois bien rémunérés qui se sont envolés. Environ 30 000 travailleurs syndiqués du secteur forestier en Colombie-Britannique ont perdu leur emploi et ont vu les usines se faire fermer suite aux changements imposés à la politique forestière par les libéraux comme cette mesure par exemple permettant aux monopoles forestiers d'exporter des billots de bois bruts à volonté. Les petits moulins à bois indépendants sont sous forte pression parce qu'ils manquent d'approvisionnement et souffrent des effets négatifs de l'Accord sur le bois d'oeuvre qui rend plus facile aux grandes entreprises d'exporter les billots et de les transformer dans leurs usines aux États-Unis, mais impose des tarifs au bois d'oeuvre canadien transformé.

Clark fait tout pour convaincre les travailleurs des régions de l'intérieur de la Colombie-Britannique que sa politique d'exportation des ressources va créer des emplois. Tout comme ses rengaines sur le budget et la dette, son délire à l'effet que le gaz naturel va éliminer la dette provinciale et même la taxe de vente provinciale est dangereux pour le peuple de la province. Il n'y aura pas d'Eldorado provenant de l'Asie bâti sur le gaz naturel liquéfié (GNL). Les gens de Colombie-Britannique vont encore une fois être accablés d'un lourd fardeau de dette envers le capital financier, de façon très semblable à ce qui se passe en Grèce.

Le boom de la fracturation du gaz de schiste qui affecte aussi le nord-est de la Colombie-Britannique n'est pas restreint à l'Amérique du Nord. Des gisements de gaz de schiste puisé par fracturation existent maintenant partout dans le monde, les plus grandes réserves potentielles se trouvant en Chine. De nouveaux gisements de gaz naturel sont découverts à tous les jours, comme cet immense gisement au large de la côte pacifique du Japon. Mais cette réalité importe peu aux politiciens néolibéraux que sont Clark, Harper et Redford (Alberta) qui en font fi et disent à peu près n'importe quoi pour imposer leur programme d'austérité et pour servir les monopoles mondiaux de l'énergie, de la finance et de l'immobilier.

Les propositions de Clark de dépenser des milliards de dollars à même les fonds publics, dont la plus grande partie proviendra d'emprunts, pour permettre la construction de gazoducs et d'usines GNL n'augurent rien de bon pour l'avenir de la Colombie-Britannique. Les gens de Colombie-Britannique devront en assumer la facture, comme ils devront assumer la facture quand les rivières de la province sont mises à la disposition des producteurs privés d'électricité qui ont obtenu des contrats de 40 milliards $ en hydroélectricité qu'ils vendent à prix gonflé à BC Hydro. Le peuple a payé le prix de la bulle du charbon dans les années 80 lorsque le projet de 4 milliards $ de fonds publics qui devait servir à construire le pont Tumbler ainsi qu'un tunnel de 18 km de BC Rail à même une montagne est tout simplement tombé à l'eau.

Les électeurs de Westside-Kelowna ont bien exposé les manigances de la taxe de vente harmonisée de Gordon Campbell. C'était là aussi une manoeuvre pour payer les riches en siphonnant l'argent des travailleurs et des petites entreprises pour le donner en cadeau aux plus gros monopoles. Mais le peuple a dit non. De la même façon les électeurs de Westside-Kelowna peuvent dire Non ! aux politiques rétrogrades de Christy Clark. Une chance en or se présente aux gens de cette circonscription pour exiger des comptes des libéraux pour leur feuille de route déplorable de plus de 12 ans qui détruit l'économie de la Colombie-Britannique et les programmes sociaux ! Électeurs de Westside-Kelowna, élisez un député qui est un des vôtres ! Débarrassez-vous de Christy Clark et faites-lui bien comprendre qu'il n'y a pas de comté sûr pour elle !

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Christy Clark est-elle en train de pousser
la Colombie-Britannique vers un précipice
avec son gaz naturel liquéfié?

Ce sont les prix réduits du gaz naturel et non une « bulle bitumineuse »
qui ont fait chuter les redevances de l'Alberta
.

En Alberta, le gouvernement Redford prétend que c'est une « bulle bitumineuse » qui a fait chuter les redevances provenant des monopoles de l'énergie ce qui l'a forcé à adopter un budget d'austérité et d'avoir recours à des compressions en éducation et dans d'autres programmes sociaux. La bulle bitumineuse de Redford est aussi bidon que les promesses de Christy Clark au sujet du gaz naturel liquéfié (GNL).

S'il est vrai que les prix du pétrole sont légèrement en deçà des niveaux records de 2008 et de 2011, ils sont toujours supérieurs aux prix moyens du pétrole qui ont eu cours pendant cette décennie. Le déclin des redevances de l'Alberta est une conséquence directe de la chute des prix du gaz naturel. Avant l'essor du gaz de schiste par fracturation, les redevances en gaz naturel de l'Alberta étaient de 8,4 milliards $ en 2005-2006 et de 5,9 milliards $ en 2006-2007. En 2011 et 2012, les redevances en gaz naturel étaient de seulement 1,3 milliards $, une réduction de plus de 7 milliards $ annuellement. Cette chute abrupte des redevances est due à la chute des prix du gaz naturel qui sont passés d'approximativement 14 $ le millier de pieds cubes à environ 3,50 $.

L'essor du gaz de schiste par fracturation et son éventuel effondrement, scénario qui s'applique aussi au nord-est de la Colombie-Britannique, devrait être encore plus intense au fur et à mesure qu'il se propage en Asie et en Amérique latine. Le surplus de gaz naturel ira en grandissant à mesure qu'on développera de nouveaux gisements, ce qui exercera une pression à la baisse constante sur le prix du marché.

Le Département de l'Énergie des États-Unis, par le biais de son Administration de l'information sur l'énergie (AIE) a publié une nouvelle évaluation le 10 juin.[1] Le rapport indique que, selon les plus récents estimés de 2011, le volume de gaz récupérable à partir de formations de schistes a accru les ressources de gaz naturel de 47 % ou 22 882 billions de pieds cubes. On lit dans le rapport : « Selon l'évaluation des ressources de gaz de schiste notée dans ce rapport, combinée aux estimés antérieurs des ressources de gaz de schiste aux États-Unis faits par l'AIE, il faut ajouter approximativement 47 % aux 15 583 billions de pieds cubes de ressources de gaz naturel techniquement récupérables autres que le schiste, confirmés et non confirmés. »

Classement

Pays

Gaz de schiste (en billions de pieds2)

1

China

1,115

 

2

Argentine

802

 

3

Algérie

707

 

4

États-Unis

665


5

Canada

573

 

6

Mexique

545

 

7

Australie

437

 

8

Afrique du Sud

390

 

9

Russie

285

 

10

Brésil

245

 

 

Total mondial

7,299


L'AIE affirme aussi : « Alors que ce rapport prend en compte un plus grand nombre de formations de schistes que les rapports précédents, il n'a toujours pas évalué un grand nombre de formations de schistes potentielles comme celles qui sont sous-jacentes aux immenses champs de pétrole au Moyen-Orient et dans la région caspienne. À l'avenir, nous pouvons nous attendre à des évaluations plus élaborées et à une augmentation du nombre de formations évaluées.[...] On a manifesté de l'intérêt ou encore des activités d'exploration ont été entreprises dans de nombreux pays, dont l'Algérie, l'Argentine, l'Australie, la Chine, l'Inde, le Mexique, la Pologne, la Roumanie, la Russie, l'Arabie saoudite, la Turquie, l'Ukraine et le Royaume-Uni. Tous ceux qui veulent suivre l'évolution des marchés mondiaux des combustibles liquides doivent absolument évaluer l'ampleur et le volume des ressources récupérables à même les formations de schistes. »

Peut-être qu'on pourrait faire parvenir ce rapport de l'AIE à Clark et lui dire d'y penser deux fois avant d'engager la province sur une nouvelle pente de grandes dépenses publiques pour l'infrastructure d'exportation du GNL. On estime que le prix du transport du GNL vers l'Asie est d'approximativement 10 $ par mille pieds cubes. Or le prix du marché qui stagne autour de 3,50 $ par mille pieds cubes ne peut aucunement répondre aux coûts de production. À la lumière de l'augmentation probable de la production de gaz naturel en Asie même, il ne faut pas prévoir la moindre bonification des prix asiatiques. La demande des Chinois, des Japonais, des Indiens et d'autres importants consommateurs de gaz naturel pour le GNL canadien sur le marché asiatique a peut-être comme but de maintenir le prix du GNL le plus bas possible pour des décennies à venir.

Le peuple demande une discussion publique et que les cartes soient mises sur la table pour clarifier les ramifications à long terme des propositions de Clark au sujet du GNL. Il doit aussi y avoir des évaluations environnementales et économiques ainsi que des discussions élaborées avec les Premières Nations. Il ne faut pas se laisser pousser dans un précipice avec le GNL !

Note

1. Rapport AIE : « Les ressources de pétrole et de gaz de schiste techniquement récupérables : une évaluation de 137 formations de schistes dans 41 pays à l'extérieur des États-Unis », le 10 juin 2013. Http ://www.eia.gov/analysis/studies/worldshalegas/

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Les relations États-Unis-Japon

L'alliance nippo-américaine depuis 1945

Nous commençons ce qui se veut un résumé du livre d'Ukeru Magosaki, La vérité au sujet de l'histoire du Japon d'après-guerre, de 1945 à 2012, avec des commentaires du LML. L'objectif est d'analyser l'alliance nippo-américaine conclue à la suite de la défaite militaire du militarisme japonais en 1945 qui continue de faire des ravages dans le monde. La classe ouvrière doit aborder ces questions à partir de son propre point de vue et de sa propre conception du monde, ce qui comprend sa propre historiographie.

Le bellicisme actuel de l'impérialisme étasunien en Asie de l'est constitue une menace pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC), la Chine et d'autres pays, entretenant le stratagème du « pivot militaire vers le Pacifique occidental », stratagème qui est appuyé par l'impérialisme japonais de par son alliance avec les États-Unis. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, cette alliance a incité l'impérialisme étasunien à commettre des agressions dans toute l'Asie en commençant par l'occupation et la division de la Corée en 1945, le déclenchement de la guerre de Corée en 1950 dans le but de prendre le contrôle de la péninsule coréenne en entier, de pénétrer l'est de la Chine jusqu'en Union Soviétique, ainsi que ses guerres et ses atrocités intermittentes en Asie jusqu'à ce jour. Les peuples du Japon, des États-Unis et du Canada devraient être reconnaissants envers l'héroïque peuple coréen pour avoir brisé sous la conduite de Kim Il-Sung l'élan de l'impérialisme étasunien dans la péninsule coréenne. Les peuples du monde se rassembleront cet été à Pyongyang pour célébrer le 60e anniversaire de la défense courageuse de la patrie par le peuple coréen, nommée guerre victorieuse de libération de la patrie, du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953.

L'auteur, Ukeru Magosaki, qui fait partie de l'élite dominante au Japon, a occupé le poste de chef des renseignements au ministère des Affaires étrangères. Dans son livre, il révèle des contradictions au sein de l'élite dominante sur la question de l'alliance nippo-américaine ainsi que les machinations des agents du gouvernement étasunien pour isoler et éliminer toute opposition à l'influence impérialiste étasunienne dans les affaires politiques, économiques et sociales du Japon. Ces révélations ne sont guère surprenantes puisque les capitalistes monopolistes d'un même pays entrent en conflit et en collusion les uns avec les autres ainsi qu'avec les capitalistes monopolistes d'autres pays. Lorsque le conflit entre eux atteint le point d'une guerre inter-impérialiste ou d'une guerre civile réactionnaire, c'est le peuple qui en souffre et l'histoire doit attendre, puisque le système n'a pas réussi à passer à la prochaine étape, sauf si ces guerres sont transformées en révolution, comme la Grande révolution socialiste d'octobre 1917 en Russie.

Lorsque les impérialistes entrent en collusion les uns avec les autres, c'est quand même le peuple qui en souffre puisque le capital monopoliste amasse des forces dans le but de supprimer la classe ouvrière et la souveraineté de nations vulnérables. Il est primordial que le peuple soit à l'avant-scène de l'histoire, qu'il affirme ses droits et sa souveraineté et qu'il mette fin à la fois à la collusion et à la concurrence entre les capitalistes monopolistes.

Cette étude examine la nécessité pour la classe ouvrière de développer ses propres politiques, ses propres organisations et ses propres théories indépendantes et pour le peuple d'être à l'avant-scène de l'histoire. Ce n'est pas la conclusion que l'on peut tirer du livre de Magosaki. Cette conclusion vient des divisions que l'on retrouve au sein de l'élite dominante sur les questions de politique à suivre et de direction et qui peuvent servir à la classe ouvrière pour défendre ses droits et pour régler ses comptes avec sa propre bourgeoisie. Il faut bien sûr que la classe ouvrière développe ses habiletés organisationnelles sous forme de politique pratique, qu'elle crée sa propre théorie et qu'elle saisisse clairement son objectif en termes de mettre fin aux privilèges de classes et à l'exploitation des êtres humains par les êtres humains, sans quoi la direction de l'économie demeurera essentiellement entre les mains de l'élite dominante et de leurs membres les plus puissants et dominants.

Pour ce qui est du Japon, la section de l'élite dominante ayant bénéficié d'un point de vue matériel de son alliance et de sa collusion avec l'impérialisme étasunien est restée au pouvoir depuis 1945, en dépit de manifestations momentanées d'opposition. La section de l'élite dominante dont les perspectives d'avenir ne se trouvent pas dans l'alliance et qui veut concurrencer l'impérialisme étasunien a des liens et des intérêts d'affaires avec la Chine, la Corée, l'Europe et d'autres liens et intérêts qui dépassent ceux des États-Unis et qui entrent directement en conflit avec les intérêts étasuniens. Dans un chapitre, Magosaki montre comment les États-Unis ont supplanté les intérêts japonais dan les champs pétroliers de l'Iran en faveur de la Chine.

La section de l'élite dominante qui s'oppose à l'alliance compte aussi dans ses rangs des militaristes ayant des liens qui ont été tissés avant la guerre, lorsque le capital monopoliste japonais était en concurrence avec les États-Unis et l'impérialisme européen dans l'ensemble de l'Asie, en lutte pour des sphères d'influence, des matières premières, des marchés et des travailleurs à exploiter. Cette section est composée de revanchards qui veulent établir à nouveau la domination impérialiste japonaise sur l'Asie en entrant directement en conflit avec les impérialistes étasuniens et en les forçant à quitter la région.

Un thème cher aux capitalistes monopolistes est celui d'affirmer que leurs intérêts privés sont les mêmes que les intérêts de la nation. Il s'agit de la politique de « la nation une et une seule » du premier ministre canadien Harper, du président des États-Unis Obama et du premier ministre japonais Abe. La classe ouvrière du monde entier rejette catégoriquement cette politique des impérialistes et affirme que les intérêts individuels et collectifs du peuple et les intérêts généraux de la société constituent l'avenir de l'humanité et que ces intérêts ne peuvent être servis qu'en restreignant le droit de monopole, en défendant le droit public et en luttant pour le renouveau démocratique. Cela ne peut se faire sans le front prolétarien pouvant affronter toutes les sections de l'élite dominante et ouvrir la voie pour le progrès de l'histoire en surmontant l'obstacle dressé par l'impérialisme.


Le 3 mai 2013 était le 66e anniversaire de la constitution du Japon. La journée a été soulignée par des manifestations partout au pays en opposition aux changements que le gouvernement compte apporter à l'article 96 qui définit les critères permettant d'amender la constitution, et l'article 9 qui affirme que le Japon renonce à la guerre et déclare illégal tout déploiement de troupes japonaises à l'étranger.

La vérité au sujet de l'histoire
du Japon d'après- guerre, 1945-2012

((Traduction et résumé de l'original japonais par LML. L'ouvrage n'est pas disponible en français ou en anglais. Les doubles parenthèses indiquent les commentaires.))

Avant-propos

La force motrice ayant exercé son influence sur l'histoire d'après-guerre du Japon est le fait de deux approches diplomatiques envers les États-Unis.

((Il s'agit d'un préjugé nourri par l'élite dominante qui croit que la vie débute et prend fin au gré de leurs faits et gestes et que la classe ouvrière n'a aucun mot à dire en la matière. Les contradictions qui sévissent au sein de l'élite dominante sur la question de l'alliance nippo-américaine d'après-guerre ont une base matérielle et ce sont les intérêts de classe. Par contre, ces intérêts de classe matériels qui génèrent des contradictions au sein des détenteurs du capital à la fois au pays et entre capitalistes monopolistes de différents pays donnent aussi naissance à la collusion servant leurs intérêts de classe réciproques en opposition à la classe ouvrière et visant à réprimer celle-ci et à soutirer des avantages au sein du système impérialiste d'États.

Dans le monde dévasté du Japon d'après-guerre, plusieurs des capitalistes monopolistes ayant dominé le Japon avant la guerre et qui avaient été en conflit sans merci avec les États-Unis ont reconnu dans les États-Unis un allié qui a sans tarder facilité leur restauration et maintenu la classe ouvrière japonaise dans la servitude. La collusion entre les élites dominantes du Japon et celles des États-Unis a toujours été un atout certain contre l'opposition, alors que les monopoles japonais ont tiré avantage du fait d'approvisionner les guerres d'agression des États-Unis dont la guerre de Corée, et du fait d'avoir un accès grandissant aux marchés d'après-guerre des États-Unis et de l'Europe. Cependant cette situation se transforme rapidement dû au développement du capitalisme en Chine, en Inde et dans d'autres pays, à la nouvelle ruée vers les ressources africaines et aux crises économiques persistantes aux États-Unis et en Europe.))

Ce livre parle de l'histoire du Japon d'après-guerre, mettant en relief la pression exercée par les États-Unis. Il s'agit du premier livre traitant d'un tel sujet puisque tout débat au sujet des intentions des États-Unis vis-à-vis le Japon a toujours été interdit dans la presse japonaise.

J'ai commencé à travailler pour le ministère des Affaires étrangères en 1966. J'ai d'abord travaillé à l'école militaire de la Grande-Bretagne où j'ai étudié le russe, après quoi j'ai été en poste en URSS pour cinq ans, en Irak pour trois ans et en Iran pour trois ans.

((Avant l'Irak en 1985, Magosaki a été en poste à l'ambassade japonaise de Washington en tant que conseiller et recherchiste à l'université de Harvard. En 1989, il a été ambassadeur du Japon au Canada, de 1993 à 1996 ambassadeur en Ouzbékistan en tant qu'envoyé supérieur et de 1997 à 1999 ambassadeur pour le Japon en Iran. Son poste officiel de 1999 à 2002 était celui de Chef des renseignements et du service d'analyse du ministère des Affaires étrangères.))

À Tokyo, j'ai travaillé principalement dans le domaine des renseignements et j'ai été nommé chef du bureau des renseignements. En 2002, j'ai été professeur à l'Académie de défense nationale où j'ai eu l'occasion d'étudier l'histoire diplomatique du Japon d'après-guerre.

((Depuis 2009, il est professeur à l'université internationale Josai et à l'université de Tsubuka, une université nationale, où il écrit des essais, des critiques et des livres tout en voyageant partout au Japon pour prononcer des conférences.))

J'ai pu constater que la force motrice la plus importante à influencer la diplomatie japonaise venait de la pression exercée par les États-Unis et d'une ligne qui était centrée sur les intérêts propres au Japon et d'une ligne voulant que la direction vienne des États-Unis.

((La question des intérêts est centrale au livre et à l'impérialisme. L'élite dominante place les intérêts des monopoles privés sur un pied d'égalité avec ceux de la nation, du peuple et du gouvernement. Ceci est une source de chauvinisme et prépare le peuple à des guerres à la défense des intérêts de la nation, qui sont précisément conformes aux intérêts des monopoles privés les plus puissants.

Le chauvinisme et les mots d'ordre à la défense de la nation japonaise et de ses intérêts étaient au coeur de la mobilisation du peuple pour les guerres de conquête avant la Deuxième Guerre mondiale et du déclenchement de la guerre désastreuse avec l'impérialisme étasunien.

On peut entendre de tels mots d'ordre provenant de la puissance impérialiste la plus dominante aujourd'hui, les États-Unis, et son allié ès armes la dictature Harper. Par ces hauts-cris, on prétend défendre la sécurité nationale, les intérêts nationaux et les valeurs de l'Occident, qui sont identiques aux intérêts privés des monopoles les plus puissants et de leurs riches patrons.))

La politique des États-Unis vis-à-vis le Japon change au gré des changements qui affectent la stratégie mondiale étasunienne.

Les États-Unis sont devenus le pays le plus fort après la Deuxième Guerre mondiale. Ils ont une stratégie bien définie visant à contrôler et à gérer le monde. Cette stratégie consiste aussi à trouver les moyens de se servir d'autres pays dont le Japon. Nous entendons souvent deux points de vue : l'un prétend que le Japon est important pour les États-Unis en tant qu'allié ; l'autre prétend que le Japon n'est rien de plus qu'un pion utile à la diplomatie étasunienne. Les deux points de vue sont erronés. La vérité est que la relation entre le Japon et les États-Unis change au gré des conditions ambiantes.

((On croit entendre le pragmatisme étroit et intéressé de Lord Palmerston, premier ministre britannique du XIXe siècle. Le commentaire de Palmerston au sujet des intérêts et de la politique étrangère est bien connu :

« Je prétends que c'est une politique sans envergure que de supposer que ce pays ou un autre doit être qualifié d'allié éternel ou d'ennemi perpétuel de l'Angleterre. Nous n'avons pas d'alliés éternels ou d'ennemis perpétuels. Il n'y a que nos intérêts qui sont éternels et perpétuels et il est de notre devoir de ne suivre que ces intérêts. »))

Comment le Japon doit-il gérer ses affaires alors que pour les États-Unis, le Japon n'est qu'un pion à manipuler à volonté ? Une méthode consiste à obéir et à tenter d'obtenir tout ce qu'il est possible d'obtenir. L'autre est de défendre l'idée à l'effet que le Japon a ses propres valeurs qui ne sont pas toujours les mêmes que celles des États-Unis, et qu'il faut persister dans ces valeurs même si, pour ce faire, il faut s'opposer aux États-Unis.

J'adhère à la deuxième position et, parce que je suis confiant que le Japon peut persister dans ses propres valeurs contre des États-Unis énormément puissants, cette persistance est devenue la question la plus importante pour nous en ce moment.

J'espère que vous serez nombreux à lire ce livre et que vous tiendrez compte des futures relations entre le Japon et les États-Unis. Lorsque l'information contenue dans ce livre deviendra monnaie courante pour les Japonais, un nouveau Japon pourra s'éclore.

((Voilà l'illusion que la classe ouvrière doit surmonter. Le leadership d'un Japon nouveau et d'un changement de direction pour le Japon ou de tout autre pays capitaliste monopoliste ne peut venir que d'une classe ouvrière organisée et politique ayant sa propre conception du monde, ses propres opinions, sa propre politique et, plus important encore, sa propre théorie et organisation. Seule la classe ouvrière peut diriger le peuple dans l'affirmation de sa souveraineté, y compris la souveraineté de la nation, car le peuple ne peut être souverain qu'au sein d'une nation souveraine. Sans cela la persistance de l'élite dominante à affirmer les valeurs et les intérêts de ses propres capitalistes monopolistes pourrait avoir des résultats désastreux telle une guerre inter-impérialiste ou encore une guerre civile réactionnaire avec comme constante l'oppression de la classe ouvrière.

Il appartient à la classe ouvrière de bâtir le Front prolétarien afin de façonner une nation moderne qui investit le peuple de sa souveraineté, qui réorganise les relations humaines en harmonie avec l'économie socialisée moderne, qui élimine le privilège de classe et l'exploitation et qui vit en paix et en harmonie avec les peuples du monde.))

À suivre

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