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Numéro 104 - 19 juin
2013
Une occasion d'infliger une
défaite aux politiques
néolibérales en Colombie-Britannique
Une enseignante à
l'élémentaire se présente contre Christy Clark
à l'élection partielle
 
Une
occasion d'infliger une défaite aux politiques
néolibérales en Colombie-Britannique
• Une enseignante à
l'élémentaire se présente contre Christy Clark
à l'élection partielle - Charles Boylan
• Christy Clark est-elle en train de pousser la
Colombie-Britannique vers un précipice avec son gaz naturel
liquéfié?
Les relations
États-Unis-Japon
• L'alliance nippo-américaine depuis 1945
- Critique de livre
Une occasion d'infliger une
défaite aux politiques
néolibérales en Colombie-Britannique
Une enseignante à l'élémentaire se
présente contre Christy Clark à l'élection
partielle
- Charles Boylan -
L'enseignante à l'élémentaire de
Kelowna Carole Gordon sera candidate aux élections partielles de
Westside-Kelowna contre la candidate parachutée de Vancouver, la
première ministre de Colombie-Britannique Christy Clark. Bien
qu'elle soit devenue première ministre à
l'élection du 14 mai en tant que chef du Parti
libéral, Clark a perdu son propre siège de Grey Point par
1 063 votes. La marge de votes par laquelle elle a
été défaite dans son comté le 14 mai
était presque deux fois plus élevée que sa marge
de victoire lorsqu'elle a été élue à
l'élection partielle de mai 2011. Craignant de se
présenter dans la grande région de Vancouver où
elle risque de perdre, Clark se défile et se présente
dans un comté que son parti considère comme sûr.
Carole Gordon qui vit à Kelowna avait
été défaite comme candidate
néodémocrate dans Westside-Kelowna à
l'élection du 14 mai. Elle vit depuis 39 ans dans la
région, y ayant fait ses études primaires et secondaires
et ses études universitaires au Collège d'Okanagan
central où elle a obtenu son brevet d'enseignement en 1993. Elle
enseigne présentement en 4e et 5e année à
l'école primaire de Bankhead à Kelowna. Elle est
militante syndicale au sein de l'Association des enseignants et
enseignantes d'Okanagan sud, déléguée de sa
section locale à la Fédération des enseignants et
enseignantes de la Colombie-Britannique et membre du comité du
régime de retraite. Elle est déléguée au
Conseil du Travail d'Okanagan nord depuis 2006 et elle en a
été élue présidente en avril 2011. Elle est
un fervent supporter de Success at 6, une organisation
dédiée au développement des habiletés
sociales et pédagogiques et au bien-être des enfants du
préscolaire en Colombie-Britannique. La feuille de route de
Gordon et son expérience, dont son engagement actif dans les
affaires de la communauté, en font une candidate de poids contre
le programme d'austérité de coupures dans les programmes
sociaux de Christy Clark.
La première ministre, pour sa part, a inscrit son
fils à une école privée de Vancouver pour les bien
nantis et les privilégiés. Les frais d'inscription
à ces écoles privées sont exorbitants et en plus
le privé est en partie subventionné par les fonds publics.
L'opposition de Clark et de son
Parti libéral à l'augmentation des investissements en
éducation, en soins de santé, en soins pour les
aînés, en logements sociaux et en culture au nom de l'
« équilibre budgétaire » est une
fraude d'un bout à l'autre. En 2001, lorsque les libéraux
ont pris le pouvoir, la dette provinciale représentait un
endettement de 8000 $ par résident et ce fardeau atteint
facilement 40 000 $ aujourd'hui. La dette provient en grande
partie des manoeuvres concoctées pour payer les riches qui
permettent de donner en cadeau des centaines de millions de dollars aux
banquiers, aux monopoles d'extraction des ressources, aux compagnies
privées d'hydroélectricité et aux
spéculateurs immobiliers. Sous le règne libéral,
au-delà d'une dette provinciale directe de 70 milliards $,
les contrats hydroélectriques privés et les ententes
d'infrastructure sous forme de partenariats publics-privés (PPP)
ont créé sous le boisseau une « obligation
publique » de plus de 170 milliards $.
Clark prétend que l'économie est sa
priorité première, mais seule une petite élite
privilégiée bénéficie de ses politiques
économiques dangereusement unilatérales consistant
à exporter des ressources à l'état brut et
à se dévouer à la spéculation
immobilière. Entre-temps, c'est le public qui se retrouve avec
les factures. Clark se dit pour « des emplois, des emplois
et des emplois ». Comment expliquer alors un taux de
chômage dépassant les 7 % dans la circonscription de
Westside-Kelowna ? Pourquoi y a-t-il tant de
« travailleurs étrangers temporaires » en
Colombie-Britannique dont les droits sont niés ? Clark dit
au mouvement syndical de la Colombie-Britannique qu'elle va
créer des milliers d'emplois syndiqués et bien
rémunérés, mais la réalité est bien
différente. Le nombre de travailleurs syndiqués dans le
secteur privé est en chute libre depuis que les libéraux
sont au pouvoir, ayant chuté aussi bas que 9 %. Ce sont
autant d'emplois bien rémunérés qui se sont
envolés. Environ 30 000 travailleurs syndiqués du secteur
forestier en Colombie-Britannique ont perdu leur emploi et ont vu les
usines se faire fermer suite aux changements imposés à la
politique forestière par les libéraux comme cette mesure
par exemple permettant aux monopoles forestiers d'exporter des billots
de bois bruts à volonté. Les petits moulins à bois
indépendants sont sous forte pression parce qu'ils manquent
d'approvisionnement et souffrent des effets négatifs de l'Accord
sur le bois d'oeuvre qui rend plus facile aux grandes entreprises
d'exporter les billots et de les transformer dans leurs usines aux
États-Unis, mais impose des tarifs au bois d'oeuvre canadien
transformé.
Clark fait tout pour convaincre les travailleurs des
régions de l'intérieur de la Colombie-Britannique que sa
politique d'exportation des ressources va créer des emplois.
Tout comme ses rengaines sur le budget et la dette, son délire
à l'effet que le gaz naturel va éliminer la dette
provinciale et même la taxe de vente provinciale est dangereux
pour le peuple de la province. Il n'y aura pas d'Eldorado provenant de
l'Asie bâti sur le gaz naturel liquéfié (GNL). Les
gens de Colombie-Britannique vont encore une fois être
accablés d'un lourd fardeau de dette envers le capital
financier, de façon très semblable à ce qui se
passe en Grèce.
Le boom de la fracturation du gaz de schiste qui affecte
aussi le nord-est de la Colombie-Britannique n'est pas restreint
à l'Amérique du Nord. Des gisements de gaz de schiste
puisé par fracturation existent maintenant partout dans le
monde, les plus grandes réserves potentielles se trouvant en
Chine. De nouveaux gisements de gaz naturel sont découverts
à tous les jours, comme cet immense gisement au large de la
côte pacifique du Japon. Mais cette réalité importe
peu aux politiciens néolibéraux que sont Clark, Harper et
Redford (Alberta) qui en font fi et disent à peu près
n'importe quoi pour imposer leur programme d'austérité et
pour servir les monopoles mondiaux de l'énergie, de la finance
et de l'immobilier.
Les propositions de Clark de dépenser des
milliards de dollars à même les fonds publics, dont la
plus grande partie proviendra d'emprunts, pour permettre la
construction de gazoducs et d'usines GNL n'augurent rien de bon pour
l'avenir de la Colombie-Britannique. Les gens de Colombie-Britannique
devront en assumer la facture, comme ils devront assumer la facture
quand les rivières de la province sont mises à la
disposition des producteurs privés d'électricité
qui ont obtenu des contrats de 40 milliards $ en
hydroélectricité qu'ils vendent à prix
gonflé à BC Hydro. Le peuple a payé le prix de la
bulle du charbon dans les années 80 lorsque le projet de
4 milliards $ de fonds publics qui devait servir à
construire le pont Tumbler ainsi qu'un tunnel de 18 km de BC Rail
à même une montagne est tout simplement tombé
à l'eau.
Les électeurs de Westside-Kelowna ont bien
exposé les manigances de la taxe de vente harmonisée de
Gordon Campbell. C'était là aussi une manoeuvre pour
payer les riches en siphonnant l'argent des travailleurs et des petites
entreprises pour le donner en cadeau aux plus gros monopoles. Mais le
peuple a dit non. De la même façon les électeurs de
Westside-Kelowna peuvent dire Non ! aux politiques
rétrogrades de Christy Clark. Une chance en or se
présente aux gens de cette circonscription pour exiger des
comptes des libéraux pour leur feuille de route
déplorable de plus de 12 ans qui détruit
l'économie de la Colombie-Britannique et les programmes
sociaux ! Électeurs de Westside-Kelowna, élisez un
député qui est un des vôtres !
Débarrassez-vous de Christy Clark et faites-lui bien comprendre
qu'il n'y a pas de comté sûr pour elle !

Christy Clark est-elle en train de pousser
la Colombie-Britannique vers un précipice
avec son gaz naturel liquéfié?
Ce sont les prix
réduits du gaz naturel et non une « bulle
bitumineuse »
qui ont fait chuter les redevances de l'Alberta.
En Alberta, le gouvernement Redford
prétend que c'est une « bulle
bitumineuse » qui a fait chuter les redevances provenant des
monopoles de l'énergie ce qui l'a forcé à adopter
un budget d'austérité et d'avoir recours à des
compressions en éducation et dans d'autres programmes sociaux.
La bulle bitumineuse de Redford est aussi bidon que les promesses de
Christy Clark au sujet du gaz naturel liquéfié (GNL).
S'il est vrai que les prix du pétrole sont
légèrement en deçà des niveaux records de
2008 et de 2011, ils sont toujours supérieurs aux prix
moyens du pétrole qui ont eu cours pendant cette
décennie. Le déclin des redevances de l'Alberta est une
conséquence directe de la chute des prix du gaz naturel. Avant
l'essor du gaz de schiste par fracturation, les redevances en gaz
naturel de l'Alberta étaient de 8,4 milliards $ en
2005-2006 et de 5,9 milliards $ en 2006-2007. En
2011 et 2012, les redevances en gaz naturel étaient de
seulement 1,3 milliards $, une réduction de plus de
7 milliards $ annuellement. Cette chute abrupte des
redevances est due à la chute des prix du gaz naturel qui sont
passés d'approximativement 14 $ le millier de pieds cubes
à environ 3,50 $.
L'essor du gaz de schiste par fracturation et son
éventuel effondrement, scénario qui s'applique aussi au
nord-est de la Colombie-Britannique, devrait être encore plus
intense au fur et à mesure qu'il se propage en Asie et en
Amérique latine. Le surplus de gaz naturel ira en grandissant
à mesure qu'on développera de nouveaux gisements, ce qui
exercera une pression à la baisse constante sur le prix du
marché.
Le Département de l'Énergie des
États-Unis, par le biais de son Administration de l'information
sur l'énergie (AIE) a publié une nouvelle
évaluation le 10 juin.[1] Le rapport indique que, selon les plus
récents estimés de 2011, le volume de gaz
récupérable à partir de formations de schistes a
accru les ressources de gaz naturel de 47 % ou
22 882 billions de pieds cubes. On lit dans le rapport :
« Selon l'évaluation des ressources de gaz de schiste
notée dans ce rapport, combinée aux estimés
antérieurs des ressources de gaz de schiste aux
États-Unis faits par l'AIE, il faut ajouter approximativement
47 % aux 15 583 billions de pieds cubes de ressources de
gaz naturel techniquement récupérables autres que le
schiste, confirmés et non confirmés. »
|
Classement
|
Pays
|
Gaz de schiste (en billions de pieds2)
|
|
1
|
China
|
1,115
|
|
|
2
|
Argentine
|
802
|
|
|
3
|
Algérie
|
707
|
|
|
4
|
États-Unis
|
665
|
|
|
5
|
Canada
|
573
|
|
|
6
|
Mexique
|
545
|
|
|
7
|
Australie
|
437
|
|
|
8
|
Afrique du Sud
|
390
|
|
|
9
|
Russie
|
285
|
|
|
10
|
Brésil
|
245
|
|
|
|
Total mondial
|
7,299
|
|
L'AIE affirme aussi : « Alors que ce
rapport prend en compte un plus grand nombre de formations de schistes
que les rapports précédents, il n'a toujours pas
évalué un grand nombre de formations de schistes
potentielles comme celles qui sont sous-jacentes aux immenses champs de
pétrole au Moyen-Orient et dans la région caspienne.
À l'avenir, nous pouvons nous attendre à des
évaluations plus élaborées et à une
augmentation du nombre de formations évaluées.[...] On a
manifesté de l'intérêt ou encore des
activités d'exploration ont été entreprises dans
de nombreux pays, dont l'Algérie, l'Argentine, l'Australie, la
Chine, l'Inde, le Mexique, la Pologne, la Roumanie, la Russie, l'Arabie
saoudite, la Turquie, l'Ukraine et le Royaume-Uni. Tous ceux qui
veulent suivre l'évolution des marchés mondiaux des
combustibles liquides doivent absolument évaluer l'ampleur et le
volume des ressources récupérables à même
les formations de schistes. »
Peut-être qu'on pourrait faire parvenir ce rapport
de l'AIE à Clark et lui dire d'y penser deux fois avant
d'engager la province sur une nouvelle pente de grandes dépenses
publiques pour l'infrastructure d'exportation du GNL. On estime que le
prix du transport du GNL vers l'Asie est d'approximativement 10 $
par mille pieds cubes. Or le prix du marché qui stagne autour de
3,50 $ par mille pieds cubes ne peut aucunement répondre
aux coûts de production. À la lumière de
l'augmentation probable de la production de gaz naturel en Asie
même, il ne faut pas prévoir la moindre bonification des
prix asiatiques. La demande des Chinois, des Japonais, des Indiens et
d'autres importants consommateurs de gaz naturel pour le GNL canadien
sur le marché asiatique a peut-être comme but de maintenir
le prix du GNL le plus bas possible pour des décennies à
venir.
Le peuple demande une discussion publique et que les
cartes soient mises sur la table pour clarifier les ramifications
à long terme des propositions de Clark au sujet du GNL. Il doit
aussi y avoir des évaluations environnementales et
économiques ainsi que des discussions élaborées
avec les Premières Nations. Il ne faut pas se laisser pousser
dans un précipice avec le GNL !
Note
1. Rapport AIE : « Les ressources
de pétrole et de gaz de schiste techniquement
récupérables : une évaluation de
137 formations de schistes dans 41 pays à
l'extérieur des États-Unis », le 10 juin 2013.
Http ://www.eia.gov/analysis/studies/worldshalegas/

Les relations États-Unis-Japon
L'alliance nippo-américaine depuis 1945
- Critique de livre -
Nous commençons ce qui se veut un
résumé du livre d'Ukeru Magosaki, La
vérité au sujet de l'histoire du Japon
d'après-guerre, de 1945 à 2012, avec des
commentaires du LML. L'objectif est d'analyser l'alliance
nippo-américaine conclue à la suite de la défaite
militaire du militarisme japonais en 1945 qui continue de faire
des ravages dans le monde. La classe ouvrière doit aborder ces
questions à partir de son propre point de vue et de sa propre
conception du monde, ce qui comprend sa propre historiographie.
Le bellicisme actuel de l'impérialisme
étasunien en Asie de l'est constitue une menace pour la
République populaire démocratique de Corée (RPDC),
la Chine et d'autres pays, entretenant le stratagème du
« pivot militaire vers le Pacifique occidental »,
stratagème qui est appuyé par l'impérialisme
japonais de par son alliance avec les États-Unis. Depuis la
Deuxième Guerre mondiale, cette alliance a incité
l'impérialisme étasunien à commettre des
agressions dans toute l'Asie en commençant par l'occupation et
la division de la Corée en 1945, le déclenchement de la
guerre de Corée en 1950 dans le but de prendre le contrôle
de la péninsule coréenne en entier, de
pénétrer l'est de la Chine jusqu'en Union
Soviétique, ainsi que ses guerres et ses atrocités
intermittentes en Asie jusqu'à ce jour. Les peuples du Japon,
des États-Unis et du Canada devraient être reconnaissants
envers l'héroïque peuple coréen pour avoir
brisé sous la conduite de Kim Il-Sung l'élan de
l'impérialisme étasunien dans la péninsule
coréenne. Les peuples du monde se rassembleront cet
été à Pyongyang pour célébrer le 60e
anniversaire de la défense courageuse de la patrie par le peuple
coréen, nommée guerre victorieuse de libération de
la patrie, du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953.
L'auteur, Ukeru Magosaki, qui fait partie de
l'élite dominante au Japon, a occupé le poste de chef des
renseignements au ministère des Affaires
étrangères. Dans son livre, il révèle des
contradictions au sein de l'élite dominante sur la question de
l'alliance nippo-américaine ainsi que les machinations des
agents du gouvernement étasunien pour isoler et éliminer
toute opposition à l'influence impérialiste
étasunienne dans les affaires politiques, économiques et
sociales du Japon. Ces révélations ne sont guère
surprenantes puisque les capitalistes monopolistes d'un même pays
entrent en conflit et en collusion les uns avec les autres ainsi
qu'avec les capitalistes monopolistes d'autres pays. Lorsque le conflit
entre eux atteint le point d'une guerre inter-impérialiste ou
d'une guerre civile réactionnaire, c'est le peuple qui en
souffre et l'histoire doit attendre, puisque le système n'a pas
réussi à passer à la prochaine étape, sauf
si ces guerres sont transformées en révolution, comme la
Grande révolution socialiste d'octobre 1917 en Russie.
Lorsque les impérialistes entrent en collusion
les uns avec les autres, c'est quand même le peuple qui en
souffre puisque le capital monopoliste amasse des forces dans le but de
supprimer la classe ouvrière et la souveraineté de
nations vulnérables. Il est primordial que le peuple soit
à l'avant-scène de l'histoire, qu'il affirme ses droits
et sa souveraineté et qu'il mette fin à la fois à
la collusion et à la concurrence entre les capitalistes
monopolistes.
Cette étude examine la nécessité
pour la classe ouvrière de développer ses propres
politiques, ses propres organisations et ses propres théories
indépendantes et pour le peuple d'être à
l'avant-scène de l'histoire. Ce n'est pas la conclusion que l'on
peut tirer du livre de Magosaki. Cette conclusion vient des divisions
que l'on retrouve au sein de l'élite dominante sur les questions
de politique à suivre et de direction et qui peuvent servir
à la classe ouvrière pour défendre ses droits et
pour régler ses comptes avec sa propre bourgeoisie. Il faut bien
sûr que la classe ouvrière développe ses
habiletés organisationnelles sous forme de politique pratique,
qu'elle crée sa propre théorie et qu'elle saisisse
clairement son objectif en termes de mettre fin aux privilèges
de classes et à l'exploitation des êtres humains par les
êtres humains, sans quoi la direction de l'économie
demeurera essentiellement entre les mains de l'élite dominante
et de leurs membres les plus puissants et dominants.
Pour ce qui est du Japon, la section de l'élite
dominante ayant bénéficié d'un point de vue
matériel de son alliance et de sa collusion avec
l'impérialisme étasunien est restée au pouvoir
depuis 1945, en dépit de manifestations momentanées
d'opposition. La section de l'élite dominante dont les
perspectives d'avenir ne se trouvent pas dans l'alliance et qui veut
concurrencer l'impérialisme étasunien a des liens et des
intérêts d'affaires avec la Chine, la Corée,
l'Europe et d'autres liens et intérêts qui
dépassent ceux des États-Unis et qui entrent directement
en conflit avec les intérêts étasuniens. Dans un
chapitre, Magosaki montre comment les États-Unis ont
supplanté les intérêts japonais dan les champs
pétroliers de l'Iran en faveur de la Chine.
La section de l'élite dominante qui s'oppose
à l'alliance compte aussi dans ses rangs des militaristes ayant
des liens qui ont été tissés avant la guerre,
lorsque le capital monopoliste japonais était en concurrence
avec les États-Unis et l'impérialisme européen
dans l'ensemble de l'Asie, en lutte pour des sphères
d'influence, des matières premières, des marchés
et des travailleurs à exploiter. Cette section est
composée de revanchards qui veulent établir à
nouveau la domination impérialiste japonaise sur l'Asie en
entrant directement en conflit avec les impérialistes
étasuniens et en les forçant à quitter la
région.
Un thème cher aux capitalistes monopolistes est
celui d'affirmer que leurs intérêts privés sont les
mêmes que les intérêts de la nation. Il s'agit de la
politique de « la nation une et une seule » du
premier ministre canadien Harper, du président des
États-Unis Obama et du premier ministre japonais Abe. La classe
ouvrière du monde entier rejette catégoriquement cette
politique des impérialistes et affirme que les
intérêts individuels et collectifs du peuple et les
intérêts généraux de la
société constituent l'avenir de l'humanité et que
ces intérêts ne peuvent être servis qu'en
restreignant le droit de monopole, en défendant le droit public
et en luttant pour le renouveau démocratique. Cela ne peut se
faire sans le front prolétarien pouvant affronter toutes les
sections de l'élite dominante et ouvrir la voie pour le
progrès de l'histoire en surmontant l'obstacle dressé par
l'impérialisme.

Le 3 mai 2013 était le 66e
anniversaire de la constitution du Japon. La journée a
été soulignée par des manifestations partout au
pays en opposition aux changements que le gouvernement compte apporter
à l'article 96 qui définit les critères
permettant d'amender la constitution, et l'article 9 qui affirme
que le Japon renonce à la guerre et déclare
illégal tout déploiement de troupes japonaises à
l'étranger.
La vérité au sujet de l'histoire
du Japon d'après- guerre, 1945-2012
- Ukeru Magosaki -
((Traduction et résumé de l'original
japonais par LML. L'ouvrage n'est pas disponible en
français ou en anglais. Les doubles parenthèses indiquent
les commentaires.))
Avant-propos
La force motrice ayant exercé son influence sur
l'histoire d'après-guerre du Japon est le fait de deux approches
diplomatiques envers les États-Unis.
((Il s'agit d'un préjugé nourri par
l'élite dominante qui croit que la vie débute et prend
fin au gré de leurs faits et gestes et que la classe
ouvrière n'a aucun mot à dire en la matière. Les
contradictions qui sévissent au sein de l'élite dominante
sur la question de l'alliance nippo-américaine
d'après-guerre ont une base matérielle et ce sont les
intérêts de classe. Par contre, ces intérêts
de classe matériels qui génèrent des
contradictions au sein des détenteurs du capital à la
fois au pays et entre capitalistes monopolistes de différents
pays donnent aussi naissance à la collusion servant leurs
intérêts de classe réciproques en opposition
à la classe ouvrière et visant à réprimer
celle-ci et à soutirer des avantages au sein du système
impérialiste d'États.
Dans le monde dévasté du Japon
d'après-guerre, plusieurs des capitalistes monopolistes ayant
dominé le Japon avant la guerre et qui avaient été
en conflit sans merci avec les États-Unis ont reconnu dans les
États-Unis un allié qui a sans tarder facilité
leur restauration et maintenu la classe ouvrière japonaise dans
la servitude. La collusion entre les élites dominantes du Japon
et celles des États-Unis a toujours été un atout
certain contre l'opposition, alors que les monopoles japonais ont
tiré avantage du fait d'approvisionner les guerres d'agression
des États-Unis dont la guerre de Corée, et du fait
d'avoir un accès grandissant aux marchés
d'après-guerre des États-Unis et de l'Europe. Cependant
cette situation se transforme rapidement dû au
développement du capitalisme en Chine, en Inde et dans d'autres
pays, à la nouvelle ruée vers les ressources africaines
et aux crises économiques persistantes aux États-Unis et
en Europe.))
Ce livre parle de l'histoire du Japon
d'après-guerre, mettant en relief la pression exercée par
les États-Unis. Il s'agit du premier livre traitant d'un tel
sujet puisque tout débat au sujet des intentions des
États-Unis vis-à-vis le Japon a toujours
été interdit dans la presse japonaise.
J'ai commencé à travailler pour le
ministère des Affaires étrangères en 1966. J'ai
d'abord travaillé à l'école militaire de la
Grande-Bretagne où j'ai étudié le russe,
après quoi j'ai été en poste en URSS pour cinq
ans, en Irak pour trois ans et en Iran pour trois ans.
((Avant l'Irak en 1985, Magosaki a été en
poste à l'ambassade japonaise de Washington en tant que
conseiller et recherchiste à l'université de Harvard. En
1989, il a été ambassadeur du Japon au Canada, de
1993 à 1996 ambassadeur en Ouzbékistan en tant
qu'envoyé supérieur et de 1997 à
1999 ambassadeur pour le Japon en Iran. Son poste officiel de
1999 à 2002 était celui de Chef des
renseignements et du service d'analyse du ministère des Affaires
étrangères.))
À Tokyo, j'ai travaillé principalement
dans le domaine des renseignements et j'ai été
nommé chef du bureau des renseignements. En 2002, j'ai
été professeur à l'Académie de
défense nationale où j'ai eu l'occasion d'étudier
l'histoire diplomatique du Japon d'après-guerre.
((Depuis 2009, il est professeur à
l'université internationale Josai et à
l'université de Tsubuka, une université nationale,
où il écrit des essais, des critiques et des livres tout
en voyageant partout au Japon pour prononcer des conférences.))
J'ai pu constater que la force motrice la plus
importante à influencer la diplomatie japonaise venait de la
pression exercée par les États-Unis et d'une ligne qui
était centrée sur les intérêts propres au
Japon et d'une ligne voulant que la direction vienne des
États-Unis.
((La question des intérêts est centrale au
livre et à l'impérialisme. L'élite dominante place
les intérêts des monopoles privés sur un pied
d'égalité avec ceux de la nation, du peuple et du
gouvernement. Ceci est une source de chauvinisme et prépare le
peuple à des guerres à la défense des
intérêts de la nation, qui sont précisément
conformes aux intérêts des monopoles privés les
plus puissants.
Le chauvinisme et les mots d'ordre à la
défense de la nation japonaise et de ses intérêts
étaient au coeur de la mobilisation du peuple pour les guerres
de conquête avant la Deuxième Guerre mondiale et du
déclenchement de la guerre désastreuse avec
l'impérialisme étasunien.
On peut entendre de tels mots d'ordre provenant de la
puissance impérialiste la plus dominante aujourd'hui, les
États-Unis, et son allié ès armes la
dictature Harper. Par ces hauts-cris, on prétend défendre
la sécurité nationale, les intérêts
nationaux et les valeurs de l'Occident, qui sont identiques aux
intérêts privés des monopoles les plus puissants et
de leurs riches patrons.))
La politique des États-Unis vis-à-vis le
Japon change au gré des changements qui affectent la
stratégie mondiale étasunienne.
Les États-Unis sont devenus le pays le plus fort
après la Deuxième Guerre mondiale. Ils ont une
stratégie bien définie visant à contrôler et
à gérer le monde. Cette stratégie consiste aussi
à trouver les moyens de se servir d'autres pays dont le Japon.
Nous entendons souvent deux points de vue : l'un prétend
que le Japon est important pour les États-Unis en tant
qu'allié ; l'autre prétend que le Japon n'est rien
de plus qu'un pion utile à la diplomatie étasunienne. Les
deux points de vue sont erronés. La vérité est que
la relation entre le Japon et les États-Unis change au
gré des conditions ambiantes.
((On croit entendre le pragmatisme étroit et
intéressé de Lord Palmerston, premier ministre
britannique du XIXe siècle. Le commentaire de Palmerston au
sujet des intérêts et de la politique
étrangère est bien connu :
« Je prétends que c'est une politique
sans envergure que de supposer que ce pays ou un autre doit être
qualifié d'allié éternel ou d'ennemi
perpétuel de l'Angleterre. Nous n'avons pas d'alliés
éternels ou d'ennemis perpétuels. Il n'y a que nos
intérêts qui sont éternels et perpétuels et
il est de notre devoir de ne suivre que ces
intérêts. »))
Comment le Japon doit-il gérer ses affaires alors
que pour les États-Unis, le Japon n'est qu'un pion à
manipuler à volonté ? Une méthode consiste
à obéir et à tenter d'obtenir tout ce qu'il est
possible d'obtenir. L'autre est de défendre l'idée
à l'effet que le Japon a ses propres valeurs qui ne sont pas
toujours les mêmes que celles des États-Unis, et qu'il
faut persister dans ces valeurs même si, pour ce faire, il faut
s'opposer aux États-Unis.
J'adhère à la deuxième position et,
parce que je suis confiant que le Japon peut persister dans ses propres
valeurs contre des États-Unis énormément
puissants, cette persistance est devenue la question la plus importante
pour nous en ce moment.
J'espère que vous serez nombreux à lire ce
livre et que vous tiendrez compte des futures relations entre le Japon
et les États-Unis. Lorsque l'information contenue dans ce livre
deviendra monnaie courante pour les Japonais, un nouveau Japon pourra
s'éclore.
((Voilà l'illusion que la classe ouvrière
doit surmonter. Le leadership d'un Japon nouveau et d'un changement de
direction pour le Japon ou de tout autre pays capitaliste monopoliste
ne peut venir que d'une classe ouvrière organisée et
politique ayant sa propre conception du monde, ses propres opinions, sa
propre politique et, plus important encore, sa propre théorie et
organisation. Seule la classe ouvrière peut diriger le peuple
dans l'affirmation de sa souveraineté, y compris la
souveraineté de la nation, car le peuple ne peut être
souverain qu'au sein d'une nation souveraine. Sans cela la persistance
de l'élite dominante à affirmer les valeurs et les
intérêts de ses propres capitalistes monopolistes pourrait
avoir des résultats désastreux telle une guerre
inter-impérialiste ou encore une guerre civile
réactionnaire avec comme constante l'oppression de la classe
ouvrière.
Il appartient à la classe ouvrière de
bâtir le Front prolétarien afin de façonner une
nation moderne qui investit le peuple de sa souveraineté, qui
réorganise les relations humaines en harmonie avec
l'économie socialisée moderne, qui élimine le
privilège de classe et l'exploitation et qui vit en paix et en
harmonie avec les peuples du monde.))
À suivre

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Marxiste-Léniniste
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