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Numéro 103 -
18 juin
2013
Grève
générale
dans la construction au Québec
Appuyons les travailleurs de la
construction
et leurs demandes légitimes

Grève
générale
dans la construction au Québec
• Appuyons les
travailleurs de la construction
et leurs demandes légitimes -
Pierre Chénier
• Les travailleurs
rejettent les concessions et
défendent leur dignité -
Entrevue avec Yves
Ouellet, porte-parole de
l'Alliance syndicale de la construction -
Offensive
contre les
travailleurs de la construction au Canada
• Révisions
secrètes du Code du
travail au service des monopoles -
Peggy Askin
• Les conservateurs de
l'Ontario en guerre
contre les travailleurs de la construction
- Rob Woodhouse
• L'industrie de la
construction: un
développement économique
inégal - Jim
Nugent
Grève
générale dans
la construction au Québec
Appuyons les travailleurs de la construction
et leurs demandes légitimes
- Pierre Chénier -
À minuit, le 17 juin, tels qu'ils
l'avaient
annoncé, les près de 175 000
travailleurs de la
construction du Québec ont
déclenché une
grève générale qui touche
tous les chantiers dans
tous les secteurs : industriel,
institutionnel/commercial,
résidentiel et génie civil/voirie.
Ils ont monté
leurs lignes de piquetage devant les grands
chantiers de construction à
l'échelle du Québec.
La grève est dirigée contre les
demandes
de concessions inacceptables des organisations
patronales, surtout de
l'Association de la construction du Québec
qui représente
le secteur institutionnel/commercial et
industriel. Elle vise aussi
à obtenir satisfaction de demandes
notamment en matière
de salaires et d'indemnisation pour frais de
déplacement, qui peut parfois atteindre 100
kilomètres de
route par jour. Les concessions exigées par
les organisations
patronales concernent notamment : la plage
horaire,
c'est-à-dire la période pendant
laquelle les travailleurs
doivent être disponibles ; le travail
à temps simple
le samedi pour remplacer les heures perdues
pendant la
semaine pour cause d'intempérie ; la
demande de pouvoir
augmenter la mobilité des travailleurs
à l'échelle
de la province au détriment de l'embauche
de travailleurs
locaux ; et la réduction de temps
double à temps
simple des 8 premières heures de temps
supplémentaire.
Les travailleurs de la construction créent
une
valeur immense dans l'économie
socialisée et sont au
centre de la construction des infrastructures et
des grandes
institutions publiques de l'éducation, de
la santé et
autres secteurs de même qu'au centre de la
construction des
grands établissements industriels et
commerciaux. Leur
rôle cependant n'est
pas reconnu par les employeurs et autorités
en place qui les
considèrent comme des coûts de
production devant
être réduits. De plus, les conditions
de santé et
de sécurité sur les chantiers se
sont gravement
dégradées au fil des années,
mais les blessures et
décès sont considérés
par ces
autorités comme des dommages
collatéraux
inévitables qui font
partie des particularités de ce secteur.
Les
travailleurs de la
construction demandent des salaires et des
conditions qui correspondent
au travail qu'ils font et ils veulent de
meilleures conditions de
santé et sécurité. Les
travailleurs du
Québec et de tout le Canada doivent les
appuyer fermement par
tous les moyens qu'ils peuvent.
Dans ce conflit, non seulement les associations
patronales refusent-elles de reconnaître la
justesse des demandes
des travailleurs, mais elles cherchent à
abaisser leurs
conditions. Derrière elles se profilent les
demandes des grands
monopoles qui font faire des travaux de
construction et cherchent
à démanteler les conditions de
travail dans ce
secteur comme ils le font dans les autres
secteurs. Ils partent de la
conception du monde centrée sur le capital
qui voit ceux qui
produisent la richesse comme un simple coût
de production et
c'est pourquoi ils exigent des concessions au nom
de la
flexibilité et des circonstances dites non
conventionnelles. Les
demandes des travailleurs de la
construction sont considérées comme
étant la cause
de la précarité économique
alors que s'attaquer
à eux serait penser à l'avenir des
industries !
Qu'on en juge plutôt à ces
commentaires
faits lors de la conférence de presse du
Conseil du patronat le
11 juin dernier.
« Alors que l'industrie mondiale de
l'aluminium est en phase critique à travers
le monde avec un
prix de l'aluminium sous la moyenne des
coûts de production, et
des inventaires sans précédent,
l'industrie
québécoise déjà
affectée par des
coûts d'énergie maintenant parmi les
plus
élevés sur la planète ne peut
se permettre
d'ajouter à cette
précarité en augmentant ses
coûts de construction
déjà supérieurs à la
moyenne
mondiale », a dit Jean Simard,
président-directeur
général de l'Association de
l'aluminium du Canada.
Ou celui-ci de Josée Méthot, PDG de
l'Association minière du
Québec : « Nous
espérons grandement que les parties sauront
s'entendre et que
les propositions qui seront adoptées
tiendront compte de la
réalité de nos membres qui doivent
composer avec des
situations non conventionnelles, en particulier
pour le
développement de
projets dans le Nord québécois. En
effet, l'Association
minière du Québec est d'avis que les
nouvelles
conventions doivent permettre une
flexibilité, notamment sur le
plan des horaires de travail. Notre industrie
évolue dans un
monde où des horaires fixes de 40 heures
par semaine, du lundi
au vendredi, ne sont pas toujours envisageables.
Nos
projets se déroulent souvent en milieux
très
éloignés et il faut en tenir compte
dans la
négociation. »
« Situations non
conventionnelles », c'est ce qu'on
invoque depuis longtemps
pour s'attaquer à la juste
réclamation des travailleurs
de la construction et pour démanteler leurs
conditions de
travail. C'est le prétexte qu'on utilise
aussi pour
préparer le terrain à la
désyndicalisation du
secteur à cause de conditions dites
spéciales.
Cette tentative méprisable d'abaisser les
conditions de vie et de travail dans la
construction s'inscrit dans
l'offensive antisociale des riches et des
gouvernements contre les
travailleurs et leurs organisations. Tous les
travailleurs doivent
soutenir la lutte et la grève
légitime des travailleurs
de la construction parce que cela veut dire
défendre leurs
propres intérêts, car notre
sécurité est
dans la défense des droits de tous !
Plein succès à la
grève des travailleurs de la
construction ! Pour le retrait
immédiat des demandes de concessions et la
satisfaction des
demandes des travailleurs !

Les travailleurs rejettent les concessions
et défendent leur dignité
- Entrevue avec Yves Ouellet,
porte-parole
de l'Alliance syndicale de la construction -
Le
Marxiste-Léniniste : Quels
sont les principaux
points en litige dans ce conflit ?
Yves Ouellet : Il y a deux
mois les patrons ont déposé les
demandes patronales.
L'Association de la construction du Québec
(ACQ) a
demandé toute une série de reculs.
Les autres
associations patronales avaient elles aussi des
demandes mais elles
sont tombées tranquillement les unes
après les autres,
mais pas celles
de l'ACQ.
Un de ces reculs c'est d'élargir la plage
horaire
de travail actuelle qui est entre 6 heures 30
et 17 heures
à une plage horaire qui est entre
5 heures 30 et
19 heures. On ne nous demande pas de
travailler plus d'heures mais
de faire nos heures à l'intérieur de
ces heures-là. Ça n'a pas de bon
sens. Nous, on a des
demandes pour la conciliation travail-famille,
mais eux veulent faire
rentrer nos membres à 5 heures 30 du
matin dans le but
d'être plus productifs. Les travailleurs
québécois
de la construction sont parmi les plus productifs
au monde. Ce sont
aussi des êtres humains à part
entière qui ont des
familles et qui ont droit à une vie de
famille.
Ils nous demandaient aussi d'enlever les
8 premières heures de temps
supplémentaire qu'on
avait en temps double et de les payer temps et
demi. Ils nous ont
demandé la mobilité provinciale
accrue, pour amener un
plus grand nombre de travailleurs de partout au
Québec dans
d'autres régions que la leur. On leur a dit
non, on ne laissera
pas tomber les travailleurs des régions.
Ils demandaient que nos
travailleurs, s'il y a une journée
d'intempéries pendant
la semaine, puissent la reprendre le samedi
à temps simple.
Maintenant ils disent que cela pourrait être
fait sur une base
volontaire. Dans la construction, ça
n'existe pas le volontaire.
Ils vont dire au travailleur que « si
tu ne
rentres pas le samedi, alors tu ne reviens
plus. »
LML : Comment cela
s'est-il
passé à la table de
négociations ?
YO : Cela fait deux
mois
qu'on négocie. En début mai, les
médiateurs
nommés par la ministre ont
décidé de ne pas
prolonger leur mandat. La ministre a alors dit
qu'elle nous laisserait
quand même les médiateurs à la
table cette fois
dans le rôle de conciliateurs pour aider aux
négociations.
L'ACQ a dit non, qu'au
lieu de négocier elle entreprenait une
tournée pour aller
chercher un mandat de lockout. Pendant ce
temps-là on n'avait
toujours pas d'offre sur la table. La
première offre de l'ACQ,
on l'a obtenue samedi, 36 heures avant la
date butoir du
17 juin. On nous a offert quelque chose dans
les 1 %
d'augmentation salariale par
année ! C'est un manque de respect
total. Dans le secteur
institutionnel/commercial, on nous a dit si que si
nous acceptions les
reculs on nous offrait 1 %, 1,6 % puis
2 % par
année. C'était à prendre ou
à laisser.
Nous leur avons dit que nos travailleurs ont
déjà voté un mandat de
grève de plus de
90 % contre ces reculs. Ça n'est pas
une base de
négociation Alors on leur a dit qu'ils
n'ont qu'à nous
rappeler s'ils ont quelque chose d'acceptable pour
les travailleurs
à mettre sur la table. C'est clair, ils
veulent qu'on aille en
grève. On ne peut pas
accepter ça, qu'on doit accepter leurs
reculs sinon il n'y a pas
d'entente.
LML : Vous vous
battez
à la fois contre les demandes de
concessions et pour des
demandes qui vont améliorer les salaires et
conditions de
travail.
YO : Nous voulons que nos
travailleurs gardent leur pouvoir d'achat. Nous
voulons regarder la
question des frais de déplacement. Notre
problématique
c'est que nos travailleurs peuvent changer des
dizaines de fois de
place de travail dans l'année, ils ne
peuvent pas
déménager pour être
près de leur endroit de
travail.
C'est fréquent chez nous d'avoir à
faire plus de 100 km
en voiture chaque jour pour se rendre au travail
et en revenir.
Le point qu'il faut comprendre c'est qu'on ne
pouvait
pas négocier avec eux. Pour eux, on accepte
les reculs sinon pas
de négociation, pas d'entente si on ne
prend pas les reculs. On
leur a dit d'oublier ça leur liste
d'épicerie de reculs.
Ce qu'on a, on l'a négocié par les
années
passées, sans doute en échange
d'autre chose qu'on a
laissé tomber
à ce moment-là. Ils ont pris ce
qu'on leur a donné
puis maintenant ils veulent reprendre ce qu'on
avait obtenu en
échange. Cela dénote un manque de
respect total pour les
travailleurs.
LML : Que veux-tu dire en
conclusion ?
YO : Ce n'est pas un
problème qui s'applique juste à nous
autres. On fait face
à la droite, ça ne fait pas de
doute. Peut-être
c'est une occasion qu'ils jugent bonne pour eux
parce qu'ils disent
qu'avec notre grève on nuit à
l'image de la construction,
que l'image de la construction est
déjà mal en point et
qu'on lui nuit
encore plus en faisant la grève.
Peut-être qu'on
n'écoute pas le même poste de
télévision
mais moi quand j'écoute la Commission
Charbonneau je ne vois pas
de travailleurs. Ceux qui nuisent à l'image
de la construction
ce ne sont pas les travailleurs. On nous dit que
ça nuit
à l'image, que ça va coûter
cher à
l'industrie, mais ce sont des centaines
de millions de dollars qui ont fait l'objet de
fraude, ce ne sont pas
les travailleurs qui ont fraudé. Ils
essaient de mettre l'odieux
sur les travailleurs. Ces gens-là sont
tellement arrogants
qu'ils ne se sentent jamais coupables de rien.
C'est une lutte importante dans laquelle on est
engagé. Ce qu'on vit ce ne sont plus des
négociations
comme avant. Maintenant ce qu'on cherche à
faire c'est de nous
couper ce qu'on a. Ils nous demandent des clauses
de recul et c'est la
même chose qu'on voit pas juste dans la
construction mais au
Québec et dans tout le Canada. Ils
cherchent
à briser les conventions collectives et
à faire passer
les travailleurs pour des voleurs. Selon eux, la
négociation
ça passe par des reculs qu'ils nous
imposent. On ne peut pas se
laisser faire. On ne se bat pas uniquement pour
nous autres.

Dans l'industrie de la
construction au
Canada
Révisions secrètes du Code du
travail au
service
des monopoles de la construction
- Peggy Askin -
Lors d'un point de presse tenu par la
Fédération du Travail de l'Alberta
(FTA) et NPD-Alberta
le 25 avril, ceux-ci ont
révélé le rôle
joué par les cadres supérieurs de
l'industrie de la
construction non syndiquée de l'Alberta et
leur organisation
antisyndicale, la Coalition pour une industrie de
la construction
concurrentielle (CCC)[1], dans
la révision secrète des lois
régissant les
relations de travail en Alberta. Ayant eu
accès à une
certaine correspondance suite à une
requête
déposée en vertu de la Loi sur
l'accès
à l'information et la protection de la
vie privée,
les plaignants ont pu constater que ce n'est pas
« business
as usual » en Alberta. Jadis, les
changements affectant le Code du travail
étaient le fruit d'une
procédure de révision publique au
cours de laquelle les
syndicats, la Fédération du Travail,
les employeurs et
autres présentaient des mémoires et
mettaient de l'avant
sur la place publique leurs prises de position et
leurs propositions.
Les conditions entre le Travail et le Capital
étaient loin
d'être équitables, mais le processus
reflétait tout
de même un équilibre où le
gouvernement agissait,
du moins en apparence, au nom de
l'intérêt public, et
où le Code du travail était
l'expression d'un compromis
entre les travailleurs et les détenteurs du
capital.
Ceci
est chose du
passé. Même les apparences sont
tombées et il n'y a
plus de prétention à l'effet qu'il
relève de la
responsabilité du gouvernement de servir
l'intérêt
public. Et voilà que les institutions qui
ont
évolué en ce sens sont maintenant la
cible du boulet de
démolition des conservateurs. Les documents
révèlent qu'un cadre
supérieur d'une
des principales compagnies de construction a
nettement dit au
gouvernement Redford que les compagnies de
construction non
syndiquées avaient appuyé sa
campagne ainsi que le Parti
progressiste-conservateur en versant des dons
importants[2], et que
l'heure était maintenant venue pour un
retour de l'ascenseur
sous forme de nouvelles lois en matière de
relations de travail.
La correspondance en question liait de
façon explicite ces
importants dons politiques aux engagements
politiques envers une
révision du Code du travail albertain. De
telles attentes de la part des monopoles ne font
que confirmer la prise
de contrôle totale des gouvernements par les
intérêts privés. Selon la FTA,
ces contracteurs
auraient bénéficié de plus
d'un milliard de
dollars en subventions et en contrats
gouvernementaux.
En 2011, le gouvernement albertain a
procédé à une révision
secrète du
Code du travail à la demande de la CCC.
L'objectif de ces
employeurs est d'obtenir une industrie de la
construction sans
syndicats afin de pouvoir attaquer les salaires et
les conditions de
travail et mettre la main sur une plus grande part
de la richesse
créée par les
travailleurs. Un aspect de cette offensive est de
faciliter la
tâche à l'Association
chrétienne du Travail du
Canada (CLAC) pour qu'elle puisse s'insinuer sur
les chantiers et se
servir de ses nombreuses manoeuvres pour obtenir
un statut
légal en tant qu'agent de
négociation et ainsi
empêcher les efforts de syndicalisation
menés par des
syndicats
légitimes. Le mémoire contient aussi
des demandes visant
à restreindre le piquetage de sorte
à empêcher,
à toute fin pratique, la tenue même
de lignes de
piquetage. La CCC propose aussi
l'équivalent d'une interdiction
pure et simple de prises de position syndicales
sur des questions
d'ordre politique et social touchant de
près ses membres et la
société en général.
Au cours de la campagne à la chefferie du
Parti
conservateur, Alison Redford avait adopté
les principaux
thèmes du programme de la CCC. Depuis ce
temps, le PC a
organisé une nouvelle révision
secrète de
connivence avec la CCC. Aucun rapport de ces
révisions n'a
été rendu public.
« Les Albertains méritent un
gouvernement qui prend des décisions
à l'abri des abus
d'influence et ils méritent des élus
officiels dont le
pouvoir est favorable à
l'intérêt public et non aux
amis et supporteurs politiques représentant
les
intérêts privés, »
a dit le
président de la FTA, Gil McGowan.
« Avons-nous un
gouvernement qui représente les citoyens,
ou un gouvernement qui
représente les grandes entreprises et qui
agit en leur
faveur ? »
Compte-tenu du contenu des documents, la FTA
exige que
la révision du Code du travail soit
abandonnée
immédiatement ainsi que la tenue d'une
enquête
indépendante.
Notes
1. La Coalition pour une industrie de la
construction concurrentielle est composée
des compagnies et des
organisations suivantes : le bureau
d'avocats antisyndical
McLennan Ross, les contracteurs PCL, Peter
Kiewit Sons Co., JV Driver,
Fllint Energy, Ledcor, l'Association des
contracteurs Merit ainsi que
l'Association des contracteurs progressistes du
Canada (PSAC).
2. Il est estimé que des membres de
la CCC
ont offert en dons 121 800 $ aux
campagnes de leadership du
Parti conservateur ainsi que 186 750 $
au Parti conservateur
depuis 2009.

Les conservateurs de l'Ontario en guerre
contre les travailleurs de la construction
- Rob Woodhouse -
Le 16 mai, les conservateurs en Ontario ont
continué de peaufiner leur offensive
antiouvrière et
antisyndicale à l'Assemblée
législative. En une
journée, ils ont déposé deux
autres projets de loi
d'initiative parlementaire pour attaquer les
travailleurs et leurs
organisations. C'est maintenant au tour des
travailleurs de la
construction et de leurs
syndicats de subir les attaques des conservateurs,
après les
enseignants et les travailleurs du secteur public.
Michael Harris
(député de Kitchener-Conestoga) a
déposé le
projet de loi 73, Loi de 2013 pour des
appels d'offres
équitables et ouverts (relations de
travail chez certains
employeurs du secteur public dans l'industrie de
la
construction, 2013). De son
côté, Monte
McNaughton (député de
Sarnia-Lambton) a
déposé le projet de loi 74, Loi
de 2013 sur
l'équité et la
compétitivité dans
l'industrie ontarienne de la construction, 2013.
L'objectif
de chacun de ces
projets de loi du Parti conservateur de Tim Hudak
est de permettre aux
monopoles de la construction et à leurs
entrepreneurs de violer
les droits des travailleurs, en particulier le
droit de pouvoir se
prononcer sur leurs salaires et sur leurs
conditions de travail. On
tente de donner libre cours aux monopoles pour
qu'ils
puissent plus facilement mettre la main sur les
milliards de dollars
qui sont versés dans les infrastructures
publiques par tous les
niveaux de gouvernement. Les deux projets de loi
attaquent la
reconnaissance des syndicats des travailleurs de
la construction et
leurs droits de négociation collective qui
existent depuis plus
de 40 ans.
Le projet de loi 73, Loi des appels d'offre
équitables et ouverts, vise les
conventions collectives
qui régissent les relations entre divers
syndicats des
métiers du bâtiment, les conseils des
syndicats des
métiers du bâtiment et les employeurs
du secteur public
large tel que les commissions scolaires et les
municipalités.
Les ententes
collectives en place sont de deux
catégories : les contrats
pour travailleurs à l'emploi direct des
entreprises du secteur
public et les contrats signés par les
employeurs du secteur
public avec les syndicats et les conseils
syndicaux exigeant l'embauche
de travailleurs syndiqués pour les projets.
Avec le projet de loi Hudak, ces contrats se
retrouveraient tout simplement à la
poubelle. Selon le projet de
loi : « Le jour de l'entrée
en vigueur du
présent article, sont
résiliées toutes les
conventions collectives conclues [selon les
articles de la Loi des
relations de travail en matière
d'industrie de la construction]
entre,
d'une
part, un employeur du secteur public et, d'autre
part, un
syndicat ou un conseil de syndicats
représentant des
employés de l'employeur qui sont
employés dans
l'industrie de la construction. »
Selon le projet de loi 73, les syndicats des
travailleurs de la construction embauchés
directement par un
employeur du secteur public conserveraient leur
certification.
Cependant ces organisations seraient exclues des
dispositions de la Loi
sur
les relations de travail en ce qui a trait
à
l'industrie de la construction, comme par exemple
les négociations provinciales entre des
conseils d'employeurs
définis en termes géographiques et
les conseils syndicaux
des métiers du bâtiment. Les
travailleurs de la
construction à l'emploi d'entreprises du
secteur public seraient
divisés en unités de
négociation par métier
et seraient par conséquent régis par
les dispositions
générales contenues dans
la Loi sur les relations du travail.
En tant qu'unités de négociation
par
métier au sein d'entreprises publiques,
celles-ci seraient
soumises aux mêmes mesures
d'austérité qui sont
présentement imposées aux autres
travailleurs du secteur
public telles les gels de salaires, la
sous-traitance et la
privatisation. Le fait de se débarrasser
des ententes entre les
entreprises publiques et les
conseils syndicaux qui protègent l'embauche
de travailleurs
syndiqués pour divers projets ouvre la
porte à des
soumissions déloyales de la part des
contracteurs à deux
volets, c'est-à-dire les contracteurs ayant
recours à des
travailleurs syndiqués et non
syndiqués, ainsi que de la
part de contracteurs antisyndicaux. Une telle
situation exercerait une
pression à la baisse sur tous les salaires
liés à
la construction, donnerait lieu à des
conditions de travail
dangereuses et affecterait la formation des
apprentis.
Le
projet de loi
déposé par McNaughton, le projet de
loi 74, va dans le
même sens. Il permettrait aux monopoles de
la construction de se
débarrasser des ententes conclues avec les
organisations des
travailleurs de la construction. Dans la note
explicative, on peut
lire : « Le projet de loi modifie
la Loi de
1995 sur les
relations de travail pour mettre fin au
droit de négocier
reconnu et conféré par certains
accords de fait conclus
avant le 1er mai 1979 entre un employeur et
un conseil de
syndicats. » Le projet de loi Hudak
mentionne
spécifiquement l'accord de fait conclu
entre The Ellis-Don
Limited et The Building and Construction Trades
Council of Sarnia and Lambton County en date du
24 octobre
1958 ». On y trouve des mesures de
nature spécifique
visant à rendre nonobstant l'obligation
contractuelle
d'EllisDon.[1]
Ce projet de loi Hudak tente de répondre
aux
demandes depuis longtemps énoncées
par l'ensemble des
entrepreneurs généraux de l'Ontario
à l'effet de
mettre en place des lois permettant aux monopoles
de mieux manipuler le
système de négociations provincial
à leur
avantage. Le gouvernement Harris-Eves dans les
années 1990 avait
fait un
pas important dans cette direction en amendant la
Loi sur les
relations du travail. Le président
d'Ellis-Don, Don Smith, a
participé aux audiences du comité
législatif pour
appuyer ce projet et a exigé d'autres
mesures qui, selon lui,
permettraient aux entrepreneurs
généraux de
« se débarrasser de l'entente
des métiers du
bâtiment
en Ontario ».
Les ententes dont Smith et d'autres entrepreneurs
généraux veulent « se
débarrasser » ainsi que les
droits de
négociation auxquels le projet de loi Hudak
veut mettre fin
proviennent de lois établies en
1979 qui ont fait en sorte
qu'il y a eu négociations dans l'industrie
de la construction
à l'échelle de la province.[2] Ces
lois
provinciales en matière de
négociation faisaient en sorte
que les syndicats de la construction ainsi que les
employeurs de la
construction s'organisaient en conseils afin de
négocier des
ententes qui devenaient par le fait même
obligatoires dans toute
la province. Alors que ce sont les entrepreneurs
généraux
qui ont exigé la négociation
provinciale et
qu'ils en ont largement
bénéficié, depuis des
années ils s'en prennent à une des
conséquences
d'une négociation provinciale : les
obligations
contractuelles stipulant l'embauche de
travailleurs syndiqués
uniquement dans toute la province.
Avant la négociation provinciale de 1979,
un
grand nombre d'entrepreneurs
généraux avaient conclu des
ententes avec des syndicats ou des conseils
syndicaux de Toronto et
dans d'autres municipalités les liant
à l'embauche de
sous-traitants syndiqués pour divers
projets.[3] L'adoption d'un
processus de négociations à
l'échelle de la
province a
fait en sorte que tous les entrepreneurs de la
province devaient se
conformer à ces obligations contractuelles
de reconnaissance
syndicale et de sécurité syndicale.
Les entrepreneurs généraux
s'objectent
à cet état de fait et à toute
restriction à
l'embauche d'entrepreneurs non syndiqués,
ce qui les
empêche d'exploiter pleinement la
pénurie chronique de
travail qui afflige les travailleurs de la
construction dans plusieurs
régions de la province ainsi que les crises
périodiques
affectant tout le secteur. Pour les
travailleurs et leurs organisations, ce genre
d'arrangement est
préférable puisque les ateliers
fermés
restreignent la concurrence liée aux
salaires dans le secteur de
la construction. Tout ce que les travailleurs
peuvent faire pour
ralentir les rouages du marché du travail a
comme effet
d'atténuer la pression constante vers le
bas exercée par
le marché du
travail sur les salaires et les conditions de
travail. Les ententes
d'ateliers fermés font aussi en sorte que
les travailleurs
puissent stabiliser leurs organisations de
défense dans un
secteur où l'insécurité
d'emploi fait loi.
L'industrie de la construction est un lieu de
conflit
ardu sur la question de la sécurité
syndicale. Le bras de
fer entre les entrepreneurs et les syndicats
déterminera qui des
deux aura le dernier mot sur l'existence des
syndicats ou pas. Les
conservateurs de Hudak sont au service des
monopoles de la construction
dans ce conflit.
Les projets de loi 73 et 74 seront
défaits en deuxième lecture comme
l'ont été
d'autres projets de loi antiouvriers et
antisyndicaux. Mais cela ne
leur importe peu puisque ces projets de loi ont
comme but de
définir les positions politiques des
conservateurs. Ils pourront
entre autres prétendre qu'ils ont un mandat
pour ce genre de
politique advenant qu'ils puissent organiser un
coup électoral
comme a pu le faire Stephen Harper. Aussi, les
conservateurs, par le
biais de leur programme législatif,
s'annoncent en tant que les
champions idéaux pour l'élite
dominante qui ne
méritent rien de moins que de se faire
confier les leviers du
pouvoir. Les propositions législatives
antiouvières et antisyndicales des
conservateurs de Hudak
s'adressent aux riches. Elles leur indiquent que
les conservateurs
soutiennent de façon éhontée
le droit des
monopoles de faire comme bon leur semble et qu'ils
sont prêts
à criminaliser toute action collective des
travailleurs et de
leurs organisations dont le but est de
résister à une
telle
offensive.
Notes
1. EllisDon est basé en Ontario. Il
est
arrivé au rang de l'un des monopoles de
la construction les plus
puissants en politisant avec succès ses
intérêts
privés. EllisDon a grimpé les
échelons des
entrepreneurs généraux lorsque le
gouvernement
libéral de David Peterson lui a
accordé le contrat du
Skydome en 1985. Don
Smith, le président d'EllisDon,
était président du
Parti libéral de l'Ontario lorsque le
contrat a
été accordé. Le contrat
initial de
275 million $ a rapidement atteint les
600 millions $,
un beau coup d'argent pour EllisDon. Ces
dernières années,
EllisDon est le principal
bénéficiaire des milliards de
dollars versés par le gouvernement
libéral pour les hôpitaux, les
prisons et autres projets
institutionnels. EllisDon a aussi
été bien servi par le
Parti conservateur. Au cours des années
Harris, EllisDon a
mené la charge des monopoles de la
construction pour soutenir
des mesures antiouvrières et
antisyndicales de Harris. Les
conservateurs de Harris ont imposé le
projet de loi
antigrève
que préconisait EllisDon et d'autres
entrepreneurs
généraux et ils ont imposé
en partie des lois
permettant l'embauche de travailleurs
syndiqués et
non-syndiqués de la part des
entrepreneurs
généraux. Le projet de loi
74 compléterait en
quelque sorte l'oeuvre des conservateurs de
Harris.
2. Les monopoles et les entrepreneurs de
la
construction exigeaient une négociation
provinciale du fait que
de nombreuses grèves avaient
éclaté dans les
années 70 sur la question de la
reconnaissance syndicale, de
l'augmentation du coût de la vie et
d'autres questions.
3. Les entrepreneurs
généraux
signaient des ententes avec les syndicats et les
conseils syndicaux de
certaines localités, en particulier des
ententes volontaires de
reconnaissance syndicale. Cela a
été le cas en
particulier dans la région du Grand
Toronto où les
périodes de boom de la construction ont
fait en sorte que le
besoin de travailleurs a été
très élevé. Les
entrepreneurs concluent des
ententes avec les syndicats dans les
régions où la
demande pour des travailleurs est
élevée afin de
s'assurer un approvisionnement continu de
travailleurs qualifiés
et d'expérience en provenance des bureaux
d'embauchage syndical.
Il est rare que les syndicats aillent
expédier des travailleurs
sans qu'il n'y ait
entente ferme.

L'industrie de la construction:
un développement économique
inégal
- Jim Nugent -
L'industrie de la construction dans tous les
domaines
représente une grande partie de
l'activité
économique au Canada. Cette activité
est encore plus
importante dans ces secteurs de l'économie
qui produisent des
biens matériels. Selon les informations
récemment
publiées par Reid Construction Data, la
mise en chantier de
nouveaux projets de
construction au Canada au cours de
2012 représentait une
valeur de 281 milliards $. Ce montant
comprend la valeur
transférée des matériaux et
de l'équipement
consommés ou installés en plus de la
valeur
ajoutée produite par les travailleurs dans
le cours de la
construction. Les réclamations à
même la valeur
ajoutée comprennent
l'intérêt sur les sommes
empruntées par les
compagnies de construction et les
réclamations des travailleurs
en salaires, ainsi que celles des gouvernements en
impôts et
celles des compagnies en profits.
À 281 milliards $, la valeur de
nouveaux chantiers de construction
représente un peu plus de
18 % du produit intérieur brut (PIB),
qui, selon
Statistique Canada, se situe à
1 566 milliards $[1]. Autrement
dit, pour chaque dollar
de valeur générée au Canada,
environ 18 cents
sont générés par de
nouvelles mises en chantier. Cette valeur nouvelle
est composée
à la fois de la valeur ajoutée
produite par les
travailleurs de la construction et de la valeur
transférée provenant des
matériaux et de
l'équipement qui ont servi à la
construction. Il faut
noter que la valeur transférée ne
provient pas
nécessairement du Canada ni a-t-elle
nécessairement
été
produite au cours de la même année.
L'activité du secteur de la construction
est, de
façon générale,
divisée en deux grandes
catégories, le résidentiel et le
non-résidentiel.
Les nouvelles mises en chantier dans le secteur de
la construction pour
2012 représentaient
105 milliards $, donc
37 % de l'ensemble de l'activité
économique. Les
mises en chantier non
résidentielles étaient de
176 milliards $,
63 % de l'ensemble. Les données
disponibles touchant
à l'industrie de la construction selon les
lieux
géographiques et les secteurs
révèlent un
important déséquilibre dans cette
industrie pour
l'ensemble du pays proportionnellement à la
population
régionale. Ce déséquilibre
proportionnel
touche l'Alberta, l'Ontario et le Québec,
alors que dans les autres provinces, règle
générale, le pourcentage
d'activité correspond
à peu près à la population de
chacune de ces
provinces.
La moitié de toute nouvelle construction a
lieu
dans les quatre provinces situées à
l'ouest de l'Ontario
où l'on retrouve un peu plus de 30 %
de la population.
L'autre moitié se trouve en Ontario, au
Québec et dans
les provinces maritimes, où l'on retrouve
70 % de la
population. La presque totalité de ce
déséquilibre
vient de la
distribution des mises en chantier non
résidentielles. Quant au
pourcentage de construction résidentielle
dans chaque
région, il est à peu près
proportionnel à
la population de ces provinces.
Le niveau de construction non
résidentielle dans
les provinces de l'ouest canadien dépasse
de loin les
populations respectives de chacune de ces
provinces. Tandis que
celles-ci représentent 31 % de la
population nationale, le
niveau de construction non résidentielle
dans ces provinces
représente 57 % de l'activité
nationale. En
Alberta, en particulier, la construction non
résidentielle est
à 31 % tandis que la population est
à 11 % du
taux national. Pour le Québec et l'Ontario,
par contre, le
déséquilibre va dans le sens
contraire. La population du
Québec représente 23 % de la
population nationale
tandis que l'industrie de la construction non
résidentielle
est à 15 % du taux national. La
population de l'Ontario
représente 39 % de la population, mais
son taux de mise en
chantier non résidentielle est à
21 %.
Ces tendances sont évidentes dans les deux
principaux secteurs de la construction non
résidentielle, soit
la construction en ingénierie et la
construction industrielle,
commerciale et institutionnelle (ICI), mais en
particulier dans la
construction en ingénierie. Celle-ci est de
43 % en Alberta
tandis qu'au Québec elle n'est que de
13 %
et qu'en Ontario elle est seulement de 16 %.
Les projets de
construction en ingénierie en Alberta en
2012 étaient 3,5 fois plus
importants qu'en Ontario.
Les travaux d'ingénierie comprennent les
grands travaux
d'ingénierie civile tels les pipelines, le
raccordement aux
services publics, les projets de chemins de fer et
de rapibus,
les projets d'aqueduc, de routes et d'autoroutes,
de barrages et de
lignes de communication et de transmission
d'électricité.
Les travaux de construction ICI sont aussi plus
importants en Alberta, mais les pourcentages au
niveau national sont
plus équilibrés : l'Alberta,
17 % ; le
Québec, 21 % ; l'Ontario,
35 %. Le secteur ICI
comprend la construction immobilière
touchant à
l'entreposage et au commerce de détail, aux
édifices
à
bureaux, aux usines industrielles et structures
connexes, aux
écoles, aux hôpitaux et aux autres
structures
institutionnelles.
L'information présentée par Reid
Construction Data soulève plusieurs
questions pour les
travailleurs, surtout en ce qui concerne la
direction de
l'économie. L'importante concentration
d'activité
économique dans le secteur de la
construction en soi
soulève des questions. Rappelons que les
données se
limitent aux nouvelles mises en chantier. Il
faut rajouter un autre 15 % pour les travaux
de réparation
et de maintenance, ce qui ferait en sorte que
l'industrie de la
construction atteindrait en fait presque 20 %
du total national.
Alors qu'une si grande proportion de
l'économie
socialisée sert à la construction,
la classe
ouvrière est en droit de se demander :
Qu'est-ce qu'on
construit et qui en bénéficie ?
Un tel niveau de
mises en chantier sert-il à consolider
l'économie ?
Le développement est-il trop à sens
unique en termes des
régions et des types de projets
d'ingénierie mis en
place ?
D'autres questions viennent à l'esprit
devant le
développement inégal des
différentes
régions du pays tel que
reflété dans les
données. Alors qu'une telle activité
économique
est concentrée en un seul secteur (les
travaux
d'ingénierie) dans une seule région
du pays,
qu'advient-t-il des autres régions, en
particulier ces
régions où la grande majorité
de la population vit et travaille ainsi que ces
régions aux
prises avec un sous-développement
chronique ? Puisqu'un
grand nombre de projets d'ingénierie sont
concentrés en
Alberta, probablement en extraction de ressources,
quelle en est la
conséquence pour la capacité
manufacturière de
l'économie des différentes
régions y compris
l'Alberta
et pour l'ensemble du pays ? Ce
développement
représente-t-il un projet
d'édification nationale ou
plutôt de destruction nationale ?
Cette information soulève aussi des
questions sur
la nature de l'ordre du jour du gouvernement
Harper touchant aux
questions de la construction, des métiers
spécialisés et des pénuries
de main-d'oeuvre, de
manipulation des règles touchant à
l'Assurance-emploi et
des fonds destinés à la formation
contrôlés
par le fédéral. Les données
révèlent
que les tendances mentionnées sont
déjà bien
établies et sont là pour rester.
L'hystérie
récente entretenue par les conservateurs au
sujet d'un urgent
besoin de main-d'oeuvre spécialisée
et de la
nécessité d'amener des travailleurs
spécialisés en provenance des
régions du Canada et
du monde entier vers l'ouest canadien n'est pas
fondée et fait
partie
de la destruction nationale.
Les prévisions de la croissance annuelle
en
construction (nationale) pour les cinq prochaines
années sont de
5,2 % par année. Ce taux de croissance
est inférieur
à ce qu'il était
antérieurement. En reculant de
cinq ans, on constate que le taux de croissance
annuel des mises en
chantier de construction était de
6,1 %, et les chiffres
antérieurs sont plus élevés
encore. Même en
Alberta, selon les données, le
marché du travail est
d'une grande flexibilité. Ce marché
a été
en mesure d'accommoder une augmentation du
rendement de 36 % au
cours de l'année qui a suivi la
récession et a
généré en 2010 une valeur
nouvelle de
16 milliards $ supérieurs
à 2009. Or
la croissance totale en travaux de construction
anticipée pour
la période de 2012 à
2016 est de
15 milliards $, qui est
inférieure à la
croissance de 2010 seulement. Pourquoi donc toute
cette hystérie
au sujet de pénuries de main-d'oeuvre dans
le domaine de la
construction et dans d'autres métiers
spécialisés ? S'agit-il
d'une pénurie issue de l'imagination d'un
capitaliste qui
souhaiterait qu'il y ait vingt travailleurs qui se
disputent un seul
emploi plutôt que huit ?
|
Nouvelles
mises en chantier par
région (en milliards $)
|
|
Année
|
2006
|
2007
|
2008
|
2009
|
2010
|
2011
|
2012
|
2013
|
2014
|
2015
|
|
Atlan
|
11.27
|
11.38
|
12.86
|
12.99
|
14.62
|
15.15
|
17.24
|
18.46
|
19.46
|
20.70
|
|
Québec
|
32.39
|
36.48
|
39.98
|
40.25
|
44.21
|
46.34
|
50.87
|
50.67
|
53.02
|
55.82
|
|
Ontario
|
56.72
|
60.41
|
63.01
|
59.38
|
69.30
|
72.10
|
75.78
|
75.30
|
78.91
|
83.47
|
|
Manitoba
|
4.81
|
5.60
|
6.79
|
6.72
|
8.04
|
7.98
|
8.89
|
9.78
|
10.32
|
10.93
|
|
Sask.
|
6.76
|
7.60
|
10.49
|
10.81
|
12.94
|
14.39
|
14.38
|
14.22
|
14.91
|
15.76
|
|
Alberta
|
52.99
|
59.77
|
65.16
|
44.71
|
61.03
|
68.73
|
76.61
|
77.60
|
81.51
|
85.92
|
|
CB*
|
30.82
|
32.99
|
37.01
|
30.51
|
33.73
|
35.45
|
37.12
|
37.59
|
39.36
|
41.84
|
|
Total
|
196
|
214
|
235
|
205
|
244
|
260
|
281
|
284
|
297
|
314
|
|
%
|
12.7%
|
9.4%
|
9.8%
|
-12.7%
|
18.7%
|
6.7%
|
8.0%
|
1.0%
|
4.9%
|
5.7%
|
|
*
inclut le Nunavut, les Territoires du
Nord-Ouest, le Yukon
|
|
Comparaison
des mises en chantier par
région
|
|
% de la population
régionale du total national
|
Pourcentage de
l'industrie de la construction
régionale par rapport au total
national
|
|
2006
|
2007
|
2008
|
2009
|
2010
|
2011
|
2012
|
2013
|
2014
|
2015
|
|
Atlan.
|
6.8
|
5.8
|
5.3
|
5.5
|
6.3
|
6.0
|
5.8
|
6.1
|
6.5
|
6.5
|
6.6
|
|
Québec
|
23.1
|
16.5
|
17.0
|
17.0
|
19.6
|
18.1
|
17.8
|
18.1
|
17.9
|
17.8
|
17.8
|
|
Ontario
|
38.7
|
29.0
|
28.2
|
26.8
|
28.9
|
28.4
|
27.7
|
27.0
|
26.6
|
26.5
|
26.5
|
|
Manitoba
|
3.6
|
2.5
|
2.6
|
2.9
|
3.3
|
3.3
|
3.1
|
3.2
|
3.4
|
3.5
|
3.5
|
|
Sask.
|
3.1
|
3.5
|
3.5
|
4.5
|
5.3
|
5.3
|
5.5
|
5.1
|
5.0
|
5.0
|
5.0
|
|
Alberta
|
11.1
|
27.1
|
27.9
|
27.7
|
21.8
|
25.0
|
26.4
|
27.3
|
27.4
|
27.4
|
27.3
|
|
CB
|
13.6
|
15.7
|
15.4
|
15.7
|
14.9
|
13.8
|
13.6
|
13.2
|
13.3
|
13.2
|
13.3
|
|
Mises
en chantier par secteur et par
région en 2010 (en
milliards $)
|
|
% de la population
régionale par rapport à la
population nationale
|
Industrie de la
construction dans son ensemble
|
Résidentielle
|
ICI
|
Ingénierie
|
|
value
|
% total
|
value
|
% total
|
value
|
% total
|
value
|
% total
|
|
Atlan.
|
6.8
|
17.2
|
6%
|
6.0
|
6%
|
3.8
|
7%
|
7.5
|
6%
|
|
Québec
|
23.1
|
50.9
|
18%
|
23.7
|
23%
|
10.7
|
21%
|
16.5
|
13%
|
|
Ontario
|
38.7
|
75.8
|
27%
|
38.5
|
37%
|
17.9
|
35%
|
19.4
|
16%
|
|
Manitoba
|
3.6
|
8.9
|
3%
|
3.2
|
3%
|
1.8
|
4%
|
3.9
|
3%
|
|
Sask.
|
3.1
|
14.4
|
5%
|
3.6
|
3%
|
2.8
|
5%
|
8.0
|
6%
|
|
Alberta
|
11.1
|
76.6
|
27%
|
14.7
|
14%
|
8.9
|
17%
|
53.1
|
43%
|
|
CB
|
13.6
|
37.1
|
13%
|
14.9
|
14%
|
6.1
|
12%
|
16.2
|
13%
|
|
Total
|
----
|
280.9
|
---
|
104.5
|
----
|
51.9
|
----
|
124.5
|
-----
|
Note
1. Le PIB est calculé selon les
dépenses.
Le PIB est calculé de façon
non-scientifique par
Statistique Canada et le chiffre mis de l'avant
ici est à titre
indicatif pour démontrer l'ampleur relative
des mises en
chantier de la construction. Pour le front
prolétarien, la
valeur doit avoir une définition moderne.
Les données et
les statistiques mises de l'avant par Reid et
Statistique Canada
peuvent servir à mettre en relief
certaines tendances si on s'en sert avec prudence.
Les données de Reid Construction ne
catégorisent pas la valeur
transférée et la valeur
ajoutée de façon scientifique mais
considère la
valeur comme un tout issu principalement des
coûts encourus par
les propriétaires de compagnies de
construction. Une certaine
valeur ajoutée, surtout en ce qui touche
à la machinerie
nécessaire à la construction,
ne serait pas générée au
Canada et ne devrait pas
être calculée en tant que nouvelle
valeur canadienne dans
les données de Reid ou en tant que PIB
canadien.

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Marxiste-Léniniste
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Courriel: redaction@cpcml.ca
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