Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 103 - 18 juin 2013

Grève générale dans la construction au Québec

Appuyons les travailleurs de la construction
et leurs demandes légitimes

Grève générale dans la construction au Québec
Appuyons les travailleurs de la construction et leurs demandes légitimes - Pierre Chénier
Les travailleurs rejettent les concessions et défendent leur dignité - Entrevue avec Yves Ouellet, porte-parole de l'Alliance syndicale de la construction -

Offensive contre les travailleurs de la construction au Canada
Révisions secrètes du Code du travail au service des monopoles - Peggy Askin
Les conservateurs de l'Ontario en guerre contre les travailleurs de la construction - Rob Woodhouse
L'industrie de la construction: un développement économique inégal - Jim Nugent


Grève générale dans la construction au Québec

Appuyons les travailleurs de la construction
et leurs demandes légitimes

À minuit, le 17 juin, tels qu'ils l'avaient annoncé, les près de 175 000 travailleurs de la construction du Québec ont déclenché une grève générale qui touche tous les chantiers dans tous les secteurs : industriel, institutionnel/commercial, résidentiel et génie civil/voirie. Ils ont monté leurs lignes de piquetage devant les grands chantiers de construction à l'échelle du Québec.

La grève est dirigée contre les demandes de concessions inacceptables des organisations patronales, surtout de l'Association de la construction du Québec qui représente le secteur institutionnel/commercial et industriel. Elle vise aussi à obtenir satisfaction de demandes notamment en matière de salaires et d'indemnisation pour frais de déplacement, qui peut parfois atteindre 100 kilomètres de route par jour. Les concessions exigées par les organisations patronales concernent notamment : la plage horaire, c'est-à-dire la période pendant laquelle les travailleurs doivent être disponibles ; le travail à temps simple le samedi pour remplacer les heures perdues pendant la semaine pour cause d'intempérie ; la demande de pouvoir augmenter la mobilité des travailleurs à l'échelle de la province au détriment de l'embauche de travailleurs locaux ; et la réduction de temps double à temps simple des 8 premières heures de temps supplémentaire.

Les travailleurs de la construction créent une valeur immense dans l'économie socialisée et sont au centre de la construction des infrastructures et des grandes institutions publiques de l'éducation, de la santé et autres secteurs de même qu'au centre de la construction des grands établissements industriels et commerciaux. Leur rôle cependant n'est pas reconnu par les employeurs et autorités en place qui les considèrent comme des coûts de production devant être réduits. De plus, les conditions de santé et de sécurité sur les chantiers se sont gravement dégradées au fil des années, mais les blessures et décès sont considérés par ces autorités comme des dommages collatéraux inévitables qui font partie des particularités de ce secteur.

Les travailleurs de la construction demandent des salaires et des conditions qui correspondent au travail qu'ils font et ils veulent de meilleures conditions de santé et sécurité. Les travailleurs du Québec et de tout le Canada doivent les appuyer fermement par tous les moyens qu'ils peuvent.

Dans ce conflit, non seulement les associations patronales refusent-elles de reconnaître la justesse des demandes des travailleurs, mais elles cherchent à abaisser leurs conditions. Derrière elles se profilent les demandes des grands monopoles qui font faire des travaux de construction et cherchent à démanteler les conditions de travail dans ce secteur comme ils le font dans les autres secteurs. Ils partent de la conception du monde centrée sur le capital qui voit ceux qui produisent la richesse comme un simple coût de production et c'est pourquoi ils exigent des concessions au nom de la flexibilité et des circonstances dites non conventionnelles. Les demandes des travailleurs de la construction sont considérées comme étant la cause de la précarité économique alors que s'attaquer à eux serait penser à l'avenir des industries !

Qu'on en juge plutôt à ces commentaires faits lors de la conférence de presse du Conseil du patronat le 11 juin dernier.

« Alors que l'industrie mondiale de l'aluminium est en phase critique à travers le monde avec un prix de l'aluminium sous la moyenne des coûts de production, et des inventaires sans précédent, l'industrie québécoise déjà affectée par des coûts d'énergie maintenant parmi les plus élevés sur la planète ne peut se permettre d'ajouter à cette précarité en augmentant ses coûts de construction déjà supérieurs à la moyenne mondiale », a dit Jean Simard, président-directeur général de l'Association de l'aluminium du Canada.

Ou celui-ci de Josée Méthot, PDG de l'Association minière du Québec : « Nous espérons grandement que les parties sauront s'entendre et que les propositions qui seront adoptées tiendront compte de la réalité de nos membres qui doivent composer avec des situations non conventionnelles, en particulier pour le développement de projets dans le Nord québécois. En effet, l'Association minière du Québec est d'avis que les nouvelles conventions doivent permettre une flexibilité, notamment sur le plan des horaires de travail. Notre industrie évolue dans un monde où des horaires fixes de 40 heures par semaine, du lundi au vendredi, ne sont pas toujours envisageables. Nos projets se déroulent souvent en milieux très éloignés et il faut en tenir compte dans la négociation. »

« Situations non conventionnelles », c'est ce qu'on invoque depuis longtemps pour s'attaquer à la juste réclamation des travailleurs de la construction et pour démanteler leurs conditions de travail. C'est le prétexte qu'on utilise aussi pour préparer le terrain à la désyndicalisation du secteur à cause de conditions dites spéciales.

Cette tentative méprisable d'abaisser les conditions de vie et de travail dans la construction s'inscrit dans l'offensive antisociale des riches et des gouvernements contre les travailleurs et leurs organisations. Tous les travailleurs doivent soutenir la lutte et la grève légitime des travailleurs de la construction parce que cela veut dire défendre leurs propres intérêts, car notre sécurité est dans la défense des droits de tous !

Plein succès à la grève des travailleurs de la construction ! Pour le retrait immédiat des demandes de concessions et la satisfaction des demandes des travailleurs !

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Les travailleurs rejettent les concessions
et défendent leur dignité

Le Marxiste-Léniniste : Quels sont les principaux points en litige dans ce conflit ?

Yves Ouellet : Il y a deux mois les patrons ont déposé les demandes patronales. L'Association de la construction du Québec (ACQ) a demandé toute une série de reculs. Les autres associations patronales avaient elles aussi des demandes mais elles sont tombées tranquillement les unes après les autres, mais pas celles de l'ACQ.

Un de ces reculs c'est d'élargir la plage horaire de travail actuelle qui est entre 6 heures 30 et 17 heures à une plage horaire qui est entre 5 heures 30 et 19 heures. On ne nous demande pas de travailler plus d'heures mais de faire nos heures à l'intérieur de ces heures-là. Ça n'a pas de bon sens. Nous, on a des demandes pour la conciliation travail-famille, mais eux veulent faire rentrer nos membres à 5 heures 30 du matin dans le but d'être plus productifs. Les travailleurs québécois de la construction sont parmi les plus productifs au monde. Ce sont aussi des êtres humains à part entière qui ont des familles et qui ont droit à une vie de famille.

Ils nous demandaient aussi d'enlever les 8 premières heures de temps supplémentaire qu'on avait en temps double et de les payer temps et demi. Ils nous ont demandé la mobilité provinciale accrue, pour amener un plus grand nombre de travailleurs de partout au Québec dans d'autres régions que la leur. On leur a dit non, on ne laissera pas tomber les travailleurs des régions. Ils demandaient que nos travailleurs, s'il y a une journée d'intempéries pendant la semaine, puissent la reprendre le samedi à temps simple. Maintenant ils disent que cela pourrait être fait sur une base volontaire. Dans la construction, ça n'existe pas le volontaire. Ils vont dire au travailleur que « si tu ne rentres pas le samedi, alors tu ne reviens plus. »

LML : Comment cela s'est-il passé à la table de négociations ?

YO : Cela fait deux mois qu'on négocie. En début mai, les médiateurs nommés par la ministre ont décidé de ne pas prolonger leur mandat. La ministre a alors dit qu'elle nous laisserait quand même les médiateurs à la table cette fois dans le rôle de conciliateurs pour aider aux négociations. L'ACQ a dit non, qu'au lieu de négocier elle entreprenait une tournée pour aller chercher un mandat de lockout. Pendant ce temps-là on n'avait toujours pas d'offre sur la table. La première offre de l'ACQ, on l'a obtenue samedi, 36 heures avant la date butoir du 17 juin. On nous a offert quelque chose dans les 1 % d'augmentation salariale par année ! C'est un manque de respect total. Dans le secteur institutionnel/commercial, on nous a dit si que si nous acceptions les reculs on nous offrait 1 %, 1,6 % puis 2 % par année. C'était à prendre ou à laisser.

Nous leur avons dit que nos travailleurs ont déjà voté un mandat de grève de plus de 90 % contre ces reculs. Ça n'est pas une base de négociation Alors on leur a dit qu'ils n'ont qu'à nous rappeler s'ils ont quelque chose d'acceptable pour les travailleurs à mettre sur la table. C'est clair, ils veulent qu'on aille en grève. On ne peut pas accepter ça, qu'on doit accepter leurs reculs sinon il n'y a pas d'entente.

LML : Vous vous battez à la fois contre les demandes de concessions et pour des demandes qui vont améliorer les salaires et conditions de travail.

YO : Nous voulons que nos travailleurs gardent leur pouvoir d'achat. Nous voulons regarder la question des frais de déplacement. Notre problématique c'est que nos travailleurs peuvent changer des dizaines de fois de place de travail dans l'année, ils ne peuvent pas déménager pour être près de leur endroit de travail. C'est fréquent chez nous d'avoir à faire plus de 100 km en voiture chaque jour pour se rendre au travail et en revenir.

Le point qu'il faut comprendre c'est qu'on ne pouvait pas négocier avec eux. Pour eux, on accepte les reculs sinon pas de négociation, pas d'entente si on ne prend pas les reculs. On leur a dit d'oublier ça leur liste d'épicerie de reculs. Ce qu'on a, on l'a négocié par les années passées, sans doute en échange d'autre chose qu'on a laissé tomber à ce moment-là. Ils ont pris ce qu'on leur a donné puis maintenant ils veulent reprendre ce qu'on avait obtenu en échange. Cela dénote un manque de respect total pour les travailleurs.

LML : Que veux-tu dire en conclusion ?

YO : Ce n'est pas un problème qui s'applique juste à nous autres. On fait face à la droite, ça ne fait pas de doute. Peut-être c'est une occasion qu'ils jugent bonne pour eux parce qu'ils disent qu'avec notre grève on nuit à l'image de la construction, que l'image de la construction est déjà mal en point et qu'on lui nuit encore plus en faisant la grève. Peut-être qu'on n'écoute pas le même poste de télévision mais moi quand j'écoute la Commission Charbonneau je ne vois pas de travailleurs. Ceux qui nuisent à l'image de la construction ce ne sont pas les travailleurs. On nous dit que ça nuit à l'image, que ça va coûter cher à l'industrie, mais ce sont des centaines de millions de dollars qui ont fait l'objet de fraude, ce ne sont pas les travailleurs qui ont fraudé. Ils essaient de mettre l'odieux sur les travailleurs. Ces gens-là sont tellement arrogants qu'ils ne se sentent jamais coupables de rien.

C'est une lutte importante dans laquelle on est engagé. Ce qu'on vit ce ne sont plus des négociations comme avant. Maintenant ce qu'on cherche à faire c'est de nous couper ce qu'on a. Ils nous demandent des clauses de recul et c'est la même chose qu'on voit pas juste dans la construction mais au Québec et dans tout le Canada. Ils cherchent à briser les conventions collectives et à faire passer les travailleurs pour des voleurs. Selon eux, la négociation ça passe par des reculs qu'ils nous imposent. On ne peut pas se laisser faire. On ne se bat pas uniquement pour nous autres.

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Dans l'industrie de la construction au Canada

Révisions secrètes du Code du travail au service
des monopoles de la construction

Lors d'un point de presse tenu par la Fédération du Travail de l'Alberta (FTA) et NPD-Alberta le 25 avril, ceux-ci ont révélé le rôle joué par les cadres supérieurs de l'industrie de la construction non syndiquée de l'Alberta et leur organisation antisyndicale, la Coalition pour une industrie de la construction concurrentielle (CCC)[1], dans la révision secrète des lois régissant les relations de travail en Alberta. Ayant eu accès à une certaine correspondance suite à une requête déposée en vertu de la Loi sur l'accès à l'information et la protection de la vie privée, les plaignants ont pu constater que ce n'est pas « business as usual » en Alberta. Jadis, les changements affectant le Code du travail étaient le fruit d'une procédure de révision publique au cours de laquelle les syndicats, la Fédération du Travail, les employeurs et autres présentaient des mémoires et mettaient de l'avant sur la place publique leurs prises de position et leurs propositions. Les conditions entre le Travail et le Capital étaient loin d'être équitables, mais le processus reflétait tout de même un équilibre où le gouvernement agissait, du moins en apparence, au nom de l'intérêt public, et où le Code du travail était l'expression d'un compromis entre les travailleurs et les détenteurs du capital.

Ceci est chose du passé. Même les apparences sont tombées et il n'y a plus de prétention à l'effet qu'il relève de la responsabilité du gouvernement de servir l'intérêt public. Et voilà que les institutions qui ont évolué en ce sens sont maintenant la cible du boulet de démolition des conservateurs. Les documents révèlent qu'un cadre supérieur d'une des principales compagnies de construction a nettement dit au gouvernement Redford que les compagnies de construction non syndiquées avaient appuyé sa campagne ainsi que le Parti progressiste-conservateur en versant des dons importants[2], et que l'heure était maintenant venue pour un retour de l'ascenseur sous forme de nouvelles lois en matière de relations de travail. La correspondance en question liait de façon explicite ces importants dons politiques aux engagements politiques envers une révision du Code du travail albertain. De telles attentes de la part des monopoles ne font que confirmer la prise de contrôle totale des gouvernements par les intérêts privés. Selon la FTA, ces contracteurs auraient bénéficié de plus d'un milliard de dollars en subventions et en contrats gouvernementaux.

En 2011, le gouvernement albertain a procédé à une révision secrète du Code du travail à la demande de la CCC. L'objectif de ces employeurs est d'obtenir une industrie de la construction sans syndicats afin de pouvoir attaquer les salaires et les conditions de travail et mettre la main sur une plus grande part de la richesse créée par les travailleurs. Un aspect de cette offensive est de faciliter la tâche à l'Association chrétienne du Travail du Canada (CLAC) pour qu'elle puisse s'insinuer sur les chantiers et se servir de ses nombreuses manoeuvres pour obtenir un statut légal en tant qu'agent de négociation et ainsi empêcher les efforts de syndicalisation menés par des syndicats légitimes. Le mémoire contient aussi des demandes visant à restreindre le piquetage de sorte à empêcher, à toute fin pratique, la tenue même de lignes de piquetage. La CCC propose aussi l'équivalent d'une interdiction pure et simple de prises de position syndicales sur des questions d'ordre politique et social touchant de près ses membres et la société en général.

Au cours de la campagne à la chefferie du Parti conservateur, Alison Redford avait adopté les principaux thèmes du programme de la CCC. Depuis ce temps, le PC a organisé une nouvelle révision secrète de connivence avec la CCC. Aucun rapport de ces révisions n'a été rendu public.

« Les Albertains méritent un gouvernement qui prend des décisions à l'abri des abus d'influence et ils méritent des élus officiels dont le pouvoir est favorable à l'intérêt public et non aux amis et supporteurs politiques représentant les intérêts privés, » a dit le président de la FTA, Gil McGowan. « Avons-nous un gouvernement qui représente les citoyens, ou un gouvernement qui représente les grandes entreprises et qui agit en leur faveur ? »

Compte-tenu du contenu des documents, la FTA exige que la révision du Code du travail soit abandonnée immédiatement ainsi que la tenue d'une enquête indépendante.

Notes

1. La Coalition pour une industrie de la construction concurrentielle est composée des compagnies et des organisations suivantes : le bureau d'avocats antisyndical McLennan Ross, les contracteurs PCL, Peter Kiewit Sons Co., JV Driver, Fllint Energy, Ledcor, l'Association des contracteurs Merit ainsi que l'Association des contracteurs progressistes du Canada (PSAC).

2. Il est estimé que des membres de la CCC ont offert en dons 121 800 $ aux campagnes de leadership du Parti conservateur ainsi que 186 750 $ au Parti conservateur depuis 2009.

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Les conservateurs de l'Ontario en guerre
contre les travailleurs de la construction

Le 16 mai, les conservateurs en Ontario ont continué de peaufiner leur offensive antiouvrière et antisyndicale à l'Assemblée législative. En une journée, ils ont déposé deux autres projets de loi d'initiative parlementaire pour attaquer les travailleurs et leurs organisations. C'est maintenant au tour des travailleurs de la construction et de leurs syndicats de subir les attaques des conservateurs, après les enseignants et les travailleurs du secteur public. Michael Harris (député de Kitchener-Conestoga) a déposé le projet de loi 73, Loi de 2013 pour des appels d'offres équitables et ouverts (relations de travail chez certains employeurs du secteur public dans l'industrie de la construction, 2013). De son côté, Monte McNaughton (député de Sarnia-Lambton) a déposé le projet de loi 74, Loi de 2013 sur l'équité et la compétitivité dans l'industrie ontarienne de la construction, 2013.

L'objectif de chacun de ces projets de loi du Parti conservateur de Tim Hudak est de permettre aux monopoles de la construction et à leurs entrepreneurs de violer les droits des travailleurs, en particulier le droit de pouvoir se prononcer sur leurs salaires et sur leurs conditions de travail. On tente de donner libre cours aux monopoles pour qu'ils puissent plus facilement mettre la main sur les milliards de dollars qui sont versés dans les infrastructures publiques par tous les niveaux de gouvernement. Les deux projets de loi attaquent la reconnaissance des syndicats des travailleurs de la construction et leurs droits de négociation collective qui existent depuis plus de 40 ans.

Le projet de loi 73, Loi des appels d'offre équitables et ouverts, vise les conventions collectives qui régissent les relations entre divers syndicats des métiers du bâtiment, les conseils des syndicats des métiers du bâtiment et les employeurs du secteur public large tel que les commissions scolaires et les municipalités. Les ententes collectives en place sont de deux catégories : les contrats pour travailleurs à l'emploi direct des entreprises du secteur public et les contrats signés par les employeurs du secteur public avec les syndicats et les conseils syndicaux exigeant l'embauche de travailleurs syndiqués pour les projets.

Avec le projet de loi Hudak, ces contrats se retrouveraient tout simplement à la poubelle. Selon le projet de loi : « Le jour de l'entrée en vigueur du présent article, sont résiliées toutes les conventions collectives conclues [selon les articles de la Loi des relations de travail en matière d'industrie de la construction] entre, d'une part, un employeur du secteur public et, d'autre part, un syndicat ou un conseil de syndicats représentant des employés de l'employeur qui sont employés dans l'industrie de la construction. »

Selon le projet de loi 73, les syndicats des travailleurs de la construction embauchés directement par un employeur du secteur public conserveraient leur certification. Cependant ces organisations seraient exclues des dispositions de la Loi sur les relations de travail en ce qui a trait à l'industrie de la construction, comme par exemple les négociations provinciales entre des conseils d'employeurs définis en termes géographiques et les conseils syndicaux des métiers du bâtiment. Les travailleurs de la construction à l'emploi d'entreprises du secteur public seraient divisés en unités de négociation par métier et seraient par conséquent régis par les dispositions générales contenues dans la Loi sur les relations du travail.

En tant qu'unités de négociation par métier au sein d'entreprises publiques, celles-ci seraient soumises aux mêmes mesures d'austérité qui sont présentement imposées aux autres travailleurs du secteur public telles les gels de salaires, la sous-traitance et la privatisation. Le fait de se débarrasser des ententes entre les entreprises publiques et les conseils syndicaux qui protègent l'embauche de travailleurs syndiqués pour divers projets ouvre la porte à des soumissions déloyales de la part des contracteurs à deux volets, c'est-à-dire les contracteurs ayant recours à des travailleurs syndiqués et non syndiqués, ainsi que de la part de contracteurs antisyndicaux. Une telle situation exercerait une pression à la baisse sur tous les salaires liés à la construction, donnerait lieu à des conditions de travail dangereuses et affecterait la formation des apprentis.

Le projet de loi déposé par McNaughton, le projet de loi 74, va dans le même sens. Il permettrait aux monopoles de la construction de se débarrasser des ententes conclues avec les organisations des travailleurs de la construction. Dans la note explicative, on peut lire : « Le projet de loi modifie la Loi de 1995 sur les relations de travail pour mettre fin au droit de négocier reconnu et conféré par certains accords de fait conclus avant le 1er mai 1979 entre un employeur et un conseil de syndicats. » Le projet de loi Hudak mentionne spécifiquement l'accord de fait conclu entre The Ellis-Don Limited et The Building and Construction Trades Council of Sarnia and Lambton County en date du 24 octobre 1958 ». On y trouve des mesures de nature spécifique visant à rendre nonobstant l'obligation contractuelle d'EllisDon.[1]

Ce projet de loi Hudak tente de répondre aux demandes depuis longtemps énoncées par l'ensemble des entrepreneurs généraux de l'Ontario à l'effet de mettre en place des lois permettant aux monopoles de mieux manipuler le système de négociations provincial à leur avantage. Le gouvernement Harris-Eves dans les années 1990 avait fait un pas important dans cette direction en amendant la Loi sur les relations du travail. Le président d'Ellis-Don, Don Smith, a participé aux audiences du comité législatif pour appuyer ce projet et a exigé d'autres mesures qui, selon lui, permettraient aux entrepreneurs généraux de « se débarrasser de l'entente des métiers du bâtiment en Ontario ».

Les ententes dont Smith et d'autres entrepreneurs généraux veulent « se débarrasser » ainsi que les droits de négociation auxquels le projet de loi Hudak veut mettre fin proviennent de lois établies en 1979 qui ont fait en sorte qu'il y a eu négociations dans l'industrie de la construction à l'échelle de la province.[2] Ces lois provinciales en matière de négociation faisaient en sorte que les syndicats de la construction ainsi que les employeurs de la construction s'organisaient en conseils afin de négocier des ententes qui devenaient par le fait même obligatoires dans toute la province. Alors que ce sont les entrepreneurs généraux qui ont exigé la négociation provinciale et qu'ils en ont largement bénéficié, depuis des années ils s'en prennent à une des conséquences d'une négociation provinciale : les obligations contractuelles stipulant l'embauche de travailleurs syndiqués uniquement dans toute la province.

Avant la négociation provinciale de 1979, un grand nombre d'entrepreneurs généraux avaient conclu des ententes avec des syndicats ou des conseils syndicaux de Toronto et dans d'autres municipalités les liant à l'embauche de sous-traitants syndiqués pour divers projets.[3] L'adoption d'un processus de négociations à l'échelle de la province a fait en sorte que tous les entrepreneurs de la province devaient se conformer à ces obligations contractuelles de reconnaissance syndicale et de sécurité syndicale.

Les entrepreneurs généraux s'objectent à cet état de fait et à toute restriction à l'embauche d'entrepreneurs non syndiqués, ce qui les empêche d'exploiter pleinement la pénurie chronique de travail qui afflige les travailleurs de la construction dans plusieurs régions de la province ainsi que les crises périodiques affectant tout le secteur. Pour les travailleurs et leurs organisations, ce genre d'arrangement est préférable puisque les ateliers fermés restreignent la concurrence liée aux salaires dans le secteur de la construction. Tout ce que les travailleurs peuvent faire pour ralentir les rouages du marché du travail a comme effet d'atténuer la pression constante vers le bas exercée par le marché du travail sur les salaires et les conditions de travail. Les ententes d'ateliers fermés font aussi en sorte que les travailleurs puissent stabiliser leurs organisations de défense dans un secteur où l'insécurité d'emploi fait loi.

L'industrie de la construction est un lieu de conflit ardu sur la question de la sécurité syndicale. Le bras de fer entre les entrepreneurs et les syndicats déterminera qui des deux aura le dernier mot sur l'existence des syndicats ou pas. Les conservateurs de Hudak sont au service des monopoles de la construction dans ce conflit.

Les projets de loi 73 et 74 seront défaits en deuxième lecture comme l'ont été d'autres projets de loi antiouvriers et antisyndicaux. Mais cela ne leur importe peu puisque ces projets de loi ont comme but de définir les positions politiques des conservateurs. Ils pourront entre autres prétendre qu'ils ont un mandat pour ce genre de politique advenant qu'ils puissent organiser un coup électoral comme a pu le faire Stephen Harper. Aussi, les conservateurs, par le biais de leur programme législatif, s'annoncent en tant que les champions idéaux pour l'élite dominante qui ne méritent rien de moins que de se faire confier les leviers du pouvoir. Les propositions législatives antiouvières et antisyndicales des conservateurs de Hudak s'adressent aux riches. Elles leur indiquent que les conservateurs soutiennent de façon éhontée le droit des monopoles de faire comme bon leur semble et qu'ils sont prêts à criminaliser toute action collective des travailleurs et de leurs organisations dont le but est de résister à une telle offensive.

Notes

1. EllisDon est basé en Ontario. Il est arrivé au rang de l'un des monopoles de la construction les plus puissants en politisant avec succès ses intérêts privés. EllisDon a grimpé les échelons des entrepreneurs généraux lorsque le gouvernement libéral de David Peterson lui a accordé le contrat du Skydome en 1985. Don Smith, le président d'EllisDon, était président du Parti libéral de l'Ontario lorsque le contrat a été accordé. Le contrat initial de 275 million $ a rapidement atteint les 600 millions $, un beau coup d'argent pour EllisDon. Ces dernières années, EllisDon est le principal bénéficiaire des milliards de dollars versés par le gouvernement libéral pour les hôpitaux, les prisons et autres projets institutionnels. EllisDon a aussi été bien servi par le Parti conservateur. Au cours des années Harris, EllisDon a mené la charge des monopoles de la construction pour soutenir des mesures antiouvrières et antisyndicales de Harris. Les conservateurs de Harris ont imposé le projet de loi antigrève que préconisait EllisDon et d'autres entrepreneurs généraux et ils ont imposé en partie des lois permettant l'embauche de travailleurs syndiqués et non-syndiqués de la part des entrepreneurs généraux. Le projet de loi 74 compléterait en quelque sorte l'oeuvre des conservateurs de Harris.

2. Les monopoles et les entrepreneurs de la construction exigeaient une négociation provinciale du fait que de nombreuses grèves avaient éclaté dans les années 70 sur la question de la reconnaissance syndicale, de l'augmentation du coût de la vie et d'autres questions.

3. Les entrepreneurs généraux signaient des ententes avec les syndicats et les conseils syndicaux de certaines localités, en particulier des ententes volontaires de reconnaissance syndicale. Cela a été le cas en particulier dans la région du Grand Toronto où les périodes de boom de la construction ont fait en sorte que le besoin de travailleurs a été très élevé. Les entrepreneurs concluent des ententes avec les syndicats dans les régions où la demande pour des travailleurs est élevée afin de s'assurer un approvisionnement continu de travailleurs qualifiés et d'expérience en provenance des bureaux d'embauchage syndical. Il est rare que les syndicats aillent expédier des travailleurs sans qu'il n'y ait entente ferme.

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L'industrie de la construction:
un développement économique inégal

L'industrie de la construction dans tous les domaines représente une grande partie de l'activité économique au Canada. Cette activité est encore plus importante dans ces secteurs de l'économie qui produisent des biens matériels. Selon les informations récemment publiées par Reid Construction Data, la mise en chantier de nouveaux projets de construction au Canada au cours de 2012 représentait une valeur de 281 milliards $. Ce montant comprend la valeur transférée des matériaux et de l'équipement consommés ou installés en plus de la valeur ajoutée produite par les travailleurs dans le cours de la construction. Les réclamations à même la valeur ajoutée comprennent l'intérêt sur les sommes empruntées par les compagnies de construction et les réclamations des travailleurs en salaires, ainsi que celles des gouvernements en impôts et celles des compagnies en profits.

À 281 milliards $, la valeur de nouveaux chantiers de construction représente un peu plus de 18 % du produit intérieur brut (PIB), qui, selon Statistique Canada, se situe à 1 566 milliards $[1]. Autrement dit, pour chaque dollar de valeur générée au Canada, environ 18 cents sont générés par de nouvelles mises en chantier. Cette valeur nouvelle est composée à la fois de la valeur ajoutée produite par les travailleurs de la construction et de la valeur transférée provenant des matériaux et de l'équipement qui ont servi à la construction. Il faut noter que la valeur transférée ne provient pas nécessairement du Canada ni a-t-elle nécessairement été produite au cours de la même année.

L'activité du secteur de la construction est, de façon générale, divisée en deux grandes catégories, le résidentiel et le non-résidentiel. Les nouvelles mises en chantier dans le secteur de la construction pour 2012 représentaient 105 milliards $, donc 37 % de l'ensemble de l'activité économique. Les mises en chantier non résidentielles étaient de 176 milliards $, 63 % de l'ensemble. Les données disponibles touchant à l'industrie de la construction selon les lieux géographiques et les secteurs révèlent un important déséquilibre dans cette industrie pour l'ensemble du pays proportionnellement à la population régionale. Ce déséquilibre proportionnel touche l'Alberta, l'Ontario et le Québec, alors que dans les autres provinces, règle générale, le pourcentage d'activité correspond à peu près à la population de chacune de ces provinces.

La moitié de toute nouvelle construction a lieu dans les quatre provinces situées à l'ouest de l'Ontario où l'on retrouve un peu plus de 30 % de la population. L'autre moitié se trouve en Ontario, au Québec et dans les provinces maritimes, où l'on retrouve 70 % de la population. La presque totalité de ce déséquilibre vient de la distribution des mises en chantier non résidentielles. Quant au pourcentage de construction résidentielle dans chaque région, il est à peu près proportionnel à la population de ces provinces.

Le niveau de construction non résidentielle dans les provinces de l'ouest canadien dépasse de loin les populations respectives de chacune de ces provinces. Tandis que celles-ci représentent 31 % de la population nationale, le niveau de construction non résidentielle dans ces provinces représente 57 % de l'activité nationale. En Alberta, en particulier, la construction non résidentielle est à 31 % tandis que la population est à 11 % du taux national. Pour le Québec et l'Ontario, par contre, le déséquilibre va dans le sens contraire. La population du Québec représente 23 % de la population nationale tandis que l'industrie de la construction non résidentielle est à 15 % du taux national. La population de l'Ontario représente 39 % de la population, mais son taux de mise en chantier non résidentielle est à 21 %.

Ces tendances sont évidentes dans les deux principaux secteurs de la construction non résidentielle, soit la construction en ingénierie et la construction industrielle, commerciale et institutionnelle (ICI), mais en particulier dans la construction en ingénierie. Celle-ci est de 43 % en Alberta tandis qu'au Québec elle n'est que de 13 % et qu'en Ontario elle est seulement de 16 %. Les projets de construction en ingénierie en Alberta en 2012 étaient 3,5 fois plus importants qu'en Ontario. Les travaux d'ingénierie comprennent les grands travaux d'ingénierie civile tels les pipelines, le raccordement aux services publics, les projets de chemins de fer et de rapibus, les projets d'aqueduc, de routes et d'autoroutes, de barrages et de lignes de communication et de transmission d'électricité.

Les travaux de construction ICI sont aussi plus importants en Alberta, mais les pourcentages au niveau national sont plus équilibrés : l'Alberta, 17 % ; le Québec, 21 % ; l'Ontario, 35 %. Le secteur ICI comprend la construction immobilière touchant à l'entreposage et au commerce de détail, aux édifices à bureaux, aux usines industrielles et structures connexes, aux écoles, aux hôpitaux et aux autres structures institutionnelles.

L'information présentée par Reid Construction Data soulève plusieurs questions pour les travailleurs, surtout en ce qui concerne la direction de l'économie. L'importante concentration d'activité économique dans le secteur de la construction en soi soulève des questions. Rappelons que les données se limitent aux nouvelles mises en chantier. Il faut rajouter un autre 15 % pour les travaux de réparation et de maintenance, ce qui ferait en sorte que l'industrie de la construction atteindrait en fait presque 20 % du total national. Alors qu'une si grande proportion de l'économie socialisée sert à la construction, la classe ouvrière est en droit de se demander : Qu'est-ce qu'on construit et qui en bénéficie ? Un tel niveau de mises en chantier sert-il à consolider l'économie ? Le développement est-il trop à sens unique en termes des régions et des types de projets d'ingénierie mis en place ?

D'autres questions viennent à l'esprit devant le développement inégal des différentes régions du pays tel que reflété dans les données. Alors qu'une telle activité économique est concentrée en un seul secteur (les travaux d'ingénierie) dans une seule région du pays, qu'advient-t-il des autres régions, en particulier ces régions où la grande majorité de la population vit et travaille ainsi que ces régions aux prises avec un sous-développement chronique ? Puisqu'un grand nombre de projets d'ingénierie sont concentrés en Alberta, probablement en extraction de ressources, quelle en est la conséquence pour la capacité manufacturière de l'économie des différentes régions y compris l'Alberta et pour l'ensemble du pays ? Ce développement représente-t-il un projet d'édification nationale ou plutôt de destruction nationale ?

Cette information soulève aussi des questions sur la nature de l'ordre du jour du gouvernement Harper touchant aux questions de la construction, des métiers spécialisés et des pénuries de main-d'oeuvre, de manipulation des règles touchant à l'Assurance-emploi et des fonds destinés à la formation contrôlés par le fédéral. Les données révèlent que les tendances mentionnées sont déjà bien établies et sont là pour rester. L'hystérie récente entretenue par les conservateurs au sujet d'un urgent besoin de main-d'oeuvre spécialisée et de la nécessité d'amener des travailleurs spécialisés en provenance des régions du Canada et du monde entier vers l'ouest canadien n'est pas fondée et fait partie de la destruction nationale.

Les prévisions de la croissance annuelle en construction (nationale) pour les cinq prochaines années sont de 5,2 % par année. Ce taux de croissance est inférieur à ce qu'il était antérieurement. En reculant de cinq ans, on constate que le taux de croissance annuel des mises en chantier de construction était de 6,1 %, et les chiffres antérieurs sont plus élevés encore. Même en Alberta, selon les données, le marché du travail est d'une grande flexibilité. Ce marché a été en mesure d'accommoder une augmentation du rendement de 36 % au cours de l'année qui a suivi la récession et a généré en 2010 une valeur nouvelle de 16 milliards $ supérieurs à 2009. Or la croissance totale en travaux de construction anticipée pour la période de 2012 à 2016 est de 15 milliards $, qui est inférieure à la croissance de 2010 seulement. Pourquoi donc toute cette hystérie au sujet de pénuries de main-d'oeuvre dans le domaine de la construction et dans d'autres métiers spécialisés ? S'agit-il d'une pénurie issue de l'imagination d'un capitaliste qui souhaiterait qu'il y ait vingt travailleurs qui se disputent un seul emploi plutôt que huit ?

Nouvelles mises en chantier par région (en milliards $)

Année

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

Atlan

11.27

11.38

12.86

12.99

14.62

15.15

17.24

18.46

19.46

20.70

Québec

32.39

36.48

39.98

40.25

44.21

46.34

50.87

50.67

53.02

55.82

Ontario

56.72

60.41

63.01

59.38

69.30

72.10

75.78

75.30

78.91

83.47

Manitoba

4.81

5.60

6.79

6.72

8.04

7.98

8.89

9.78

10.32

10.93

Sask.

6.76

7.60

10.49

10.81

12.94

14.39

14.38

14.22

14.91

15.76

Alberta

52.99

59.77

65.16

44.71

61.03

68.73

76.61

77.60

81.51

85.92

CB*

30.82

32.99

37.01

30.51

33.73

35.45

37.12

37.59

39.36

41.84

Total

196

214

235

205

244

260

281

284

297

314

%

12.7%

9.4%

9.8%

-12.7%

18.7%

6.7%

8.0%

1.0%

4.9%

5.7%

* inclut le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon



Comparaison des mises en chantier par région

% de la population régionale du total national

Pourcentage de l'industrie de la construction régionale par rapport au total national


2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

Atlan.

6.8

5.8

5.3

5.5

6.3

6.0

5.8

6.1

6.5

6.5

6.6

Québec

23.1

16.5

17.0

17.0

19.6

18.1

17.8

18.1

17.9

17.8

17.8

Ontario

38.7

29.0

28.2

26.8

28.9

28.4

27.7

27.0

26.6

26.5

26.5

Manitoba

3.6

2.5

2.6

2.9

3.3

3.3

3.1

3.2

3.4

3.5

3.5

Sask.

3.1

3.5

3.5

4.5

5.3

5.3

5.5

5.1

5.0

5.0

5.0

Alberta

11.1

27.1

27.9

27.7

21.8

25.0

26.4

27.3

27.4

27.4

27.3

CB

13.6

15.7

15.4

15.7

14.9

13.8

13.6

13.2

13.3

13.2

13.3



Mises en chantier par secteur et par région en 2010 (en milliards $)

% de la population régionale par rapport à la population nationale

Industrie de la construction dans son ensemble

Résidentielle

ICI

Ingénierie


value

% total

value

% total

value

% total

value

% total

Atlan.

6.8

17.2

6%

6.0

6%

3.8

7%

7.5

6%

Québec

23.1

50.9

18%

23.7

23%

10.7

21%

16.5

13%

Ontario

38.7

75.8

27%

38.5

37%

17.9

35%

19.4

16%

Manitoba

3.6

8.9

3%

3.2

3%

1.8

4%

3.9

3%

Sask.

3.1

14.4

5%

3.6

3%

2.8

5%

8.0

6%

Alberta

11.1

76.6

27%

14.7

14%

8.9

17%

53.1

43%

CB

13.6

37.1

13%

14.9

14%

6.1

12%

16.2

13%

Total

----

280.9

---

104.5

----

51.9

----

124.5

-----

Note

1. Le PIB est calculé selon les dépenses. Le PIB est calculé de façon non-scientifique par Statistique Canada et le chiffre mis de l'avant ici est à titre indicatif pour démontrer l'ampleur relative des mises en chantier de la construction. Pour le front prolétarien, la valeur doit avoir une définition moderne. Les données et les statistiques mises de l'avant par Reid et Statistique Canada peuvent servir à mettre en relief certaines tendances si on s'en sert avec prudence.

Les données de Reid Construction ne catégorisent pas la valeur transférée et la valeur ajoutée de façon scientifique mais considère la valeur comme un tout issu principalement des coûts encourus par les propriétaires de compagnies de construction. Une certaine valeur ajoutée, surtout en ce qui touche à la machinerie nécessaire à la construction, ne serait pas générée au Canada et ne devrait pas être calculée en tant que nouvelle valeur canadienne dans les données de Reid ou en tant que PIB canadien.

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