Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 101 - 14 juin 2013

Pour une alternative aux politiques d'austérité

La première ministre de la Colombie-Britannique
peut être battue à l'élection partielle de juillet

Pour une alternative aux politiques d'austérité
La première ministre de la Colombie-Britannique peut être battue à l'élection partielle de juillet - Charles Boylan
Nous avons besoin de gouvernements qui défendent le droit public et non le droit de monopole

Discussion des alternatives au programme d'austérité
Des données faussées qui servent à manipuler l'opinion publique - Peggy Morton


Pour une alternative aux politiques d'austérité

La première ministre de la Colombie-Britannique
peut être battue à l'élection partielle de juillet

Pleine mobilisation contre la régression néolibérale

Le candidat néodémocrate Devid Eby a défait la chef du Parti libéral de la Colombie-Britannique dont le parti a remporté la majorité à l'élection générale du 14 mai. Il a battu Christy Clark dans le comté de Point Grey à Vancouver par 1064 voix, portant un coup important à la politique néolibérale. Cette victoire a montré qu'avec la mobilisation politique de masse, les citoyens peuvent être motivés à agir politiquement dans leurs propres intérêts et dans l'intérêt public. Ils peuvent mettre des bâtons dans les roues des intérêts monopolistes privés qui ont placé au pouvoir le parti de la politique néolibérale en Colombie-Britannique.

Pour pouvoir être la première ministre de la politique néolibérale à l'assemblée législative, Christy Clark doit remporter un siège dans une élection partielle. Suite à la démission du député libéral Ben Stewart le 5 juin, qui veut céder sa place à la première ministre, il y aura une élection partielle dans Westside-Kelowna en juillet et le Parti libéral prétend pouvoir la remporter facilement.

Clark et les médias de masse laissent entendre que son élection est assurée puisque cette circonscription a toujours voté ou bien libéral, ou bien créditiste. Or, comme on l'a vu récemment à l'élection partielle de Kitchener-Waterloo en Ontario et à l'élection générale au Québec, quand les électeurs s'organisent pour intervenir pour défendre leurs intérêts, l'histoire peut changer. Si l'historique des circonscriptions était coulé dans le béton comme on le prétend, Clark n'aurait pas perdu dans Point Grey et le référendum demandé par les libéraux sur l'imposition d'une nouvelle taxe de vente harmonisée n'aurait pas été battu, dans une grande mesure grâce à l'intervention des gens de la vallée de l'Okanagan.

Les forces opposées aux politiques régressives des libéraux peuvent, en déployant tous les efforts nécessaires, bouleverser les plans des monopoles de l'immobilier bien retranchés dans la vallée du bas Fraser et des monopoles de l'énergie, des mines et des forêts qui font la loi le long de la côte et dans la région intérieure. Les gens de l'Okanagan peuvent envoyer un message clair qu'ils ne sont pas d'accord avec les politiques destructives et les projets néolibéraux des monopoles les plus puissants et leur représentante politique Christy Clark.


Des employés du secteur public en grève à Kelowna
le 5 septembre 2012

Westside-Kelowna est une grande circonscription dont la moitié de la population réside dans la municipalité de West Kelowna, une population de classe ouvrière. Le quart de la main-d'oeuvre de la municipalité est employé dans la production de biens, un pourcentage plus important que dans la vallée de l'Okanagan et que la moyenne générale pour la province. Les deux secteurs les plus importants sont la construction et l'activité manufacturière. Des entreprises de construction de métiers spécialisés sont parmi les plus grands employeurs de la région. Le secteur manufacturier comprend notamment la transformation du bois et la fabrication d'équipements de transport. Un des grands employeurs de Westside-Kelowna est la scierie Gorman Brothers.

La majeure partie des travailleurs, soit 73 %, sont dans l'industrie des services. La majorité travaille dans la vente au détail, les services de santé et les services sociaux, comme c'est le cas pour l'ensemble de la Colombie-Britannique. Le pourcentage d'employés de bureau est environ la moitié de la moyenne provinciale. Une majorité de travailleurs vivant dans la communauté de Westbank travaillent à Kelowna ou même plus loin encore. Aux limites de la ville il y a de nombreuses fermes et vignobles.

La circonscription comprend la première nation de Westbank, qui est très organisée et très d'affaires. Elle a un gouvernement autonome, suivant les principes d'une petite municipalité.

Objectivement, la majorité des électeurs de Westside-Kelowna ont toutes les raisons de s'opposer aux politiques néolibérales des libéraux. Il y a les coupures à l'éducation et à la santé qui provoquent la colère, le démantèlement de BC Hydro qui va entraîner des hausses importantes des tarifs d'électricité dans les années qui viennent. Clark et les médias disent que la communauté est solidement dans le camp des monopoles de l'énergie, mais une opposition bien organisée et bien articulée peut très bien faire valoir qu'un développement rationnel des ressources, d'une transformation locale et d'une base manufacturière, avec un vibrant secteur public, a beaucoup plus de chance de créer la stabilité d'emploi et un avenir de prospérité.

La mobilisation politique de masse de la classe ouvrière avec une discussion sur l'importance de défaire les politiques néolibérales en pratique pourrait encourager les électeurs à voter plus que d'habitude dans une élection partielle, le taux de participation moyen aux partielles étant présentement de moins du tiers du taux pour une élection générale. Clark compte sur la participation de moins de 15 000 électeurs dans une élection partielle estivale. La classe ouvrière organisée et armée de conviction doit lui montrer qu'elle a tort, encore une fois.

L'opposition doit avancer des arguments politiques solides pour persuader les citoyens, surtout les travailleurs, les jeunes et les gens des Premières Nations, qu'ils peuvent faire une différence et battre les libéraux. Ce serait une affirmation du désir du peuple qui veut une alternative à l'offensive antisociale des libéraux contre les programmes sociaux et les services publics, BC Hydro et contre le vol des ressources et des terres de la province par les monopoles principalement étrangers de l'énergie, des ressources de l'immobilier et de la finance.

Il est possible de créer une opposition effective à la destruction néolibérale et à la direction générale que les libéraux ont donnée à l'économie depuis qu'ils sont au pouvoir en mettant la province à la disposition des monopoles mondiaux au détriment du secteur manufacturier, des programmes sociaux et des services publics. Cela peut se faire en proposant au peuple une alternative convaincante et en mobilisant les gens là où ils travaillent et vivent, par le biais des organisations existantes ainsi que dans le porte-à-porte, comme durant la campagne pour faire échec à la nouvelle taxe sur la valeur ajoutée. Les activistes doivent engager les électeurs dans une discussion et les mobiliser contre l'offensive en éducation, l'endettement des étudiants du postsecondaire, les coupures dans la santé et les services aux aînés, la destruction de l'appareil de contrôle public de l'industrie forestière, la destruction de BC Hydro, sans parler de la corruption entourant la vente de BC Rail qui a terni l'image de Christy Clark personnellement.

Les gens de Westside-Kelowna ont prouvé qu'ils veulent être les décideurs, surtout qu'ils ne veulent pas que les décisions qui affectent leur avenir soient prises dans les conseils d'administration des grands monopoles mondiaux, où les intérêts des communautés n'ont aucun impact et où c'est l'intérêt privé qui décide de tout.

Malgré tout le discours de Christy Clark à propos de « a création d'emplois », plus de 7 % des résidents de la circonscription sont sans emploi. Il faut des mesures pour renforcer le secteur manufacturier et pour mettre en valeur les avantages naturels de l'agriculture locale. De nouveaux emplois peuvent également être créés en augmentant l'investissement dans les programmes sociaux et les services publics, ainsi qu'en améliorant les services sociaux et culturels et l'infrastructure publique requise par la communauté.

L'élection partielle doit être un appel au champ de bataille pour les enseignants, les travailleurs de la santé, les syndicalistes de tous les secteurs, les gens préoccupés par l'environnement et la direction de l'économie, les petites entreprises et les organisateurs professionnels. Appliquons les leçons de la défaite de Clark et de la politique néolibérale à Point Grey à l'élection partielle de Westside-Kelowna ! Si nous parvenons à donner un autre siège à l'opposition et à forcer l'entourage antisocial et la coterie d'agents des monopoles mondiaux à se trouver une autre circonscription, ce sera une importante victoire pour le peuple et pour une alternative prosociale. Montrons de quel bois sont faits les travailleurs de la Colombie-Britannique, comme nous l'avons fait au référendum sur la TVA et à l'élection générale à Point Grey.

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Nous avons besoin de gouvernements qui défendent le droit public et non le droit de monopole

Le 11 juin, le budget illégitime du gouvernement Wynne en Ontario qui impose 4 autres années d'austérité a été adopté en troisième lecture grâce à l'appui du NPD. Ce budget qui paie les riches a été adopté par un vote de 64 à 36. Afin de détourner l'attention de leur propre ordre du jour antisocial et de leurs propres propositions anti-ouvrières, les conservateurs de Tim Hudak ont dit voter contre le budget en raison de la corruption libérale. Le jour même où le budget a été adopté, la crise de légitimité dans laquelle le gouvernement libéral minoritaire est plongé s'est encore approfondie quand on a annoncé que l'ex-premier ministre Dalton McGuinty s'apprêterait à démissionner de son siège dans Ottawa South.

McGuinty est le membre le plus récent de ce gouvernement à abandonner le navire en raison des scandales gouvernementaux. Ces scandales sont le produit naturel d'un ordre du jour qui sert les intérêts privés étroits au détriment de l'intérêt public, et ils sont monnaie courante pour les partis politiques cartels qui sont au service de ces intérêts privés et doivent se maintenir au pouvoir à tout prix. Le caractère illégitime et corrompu de ce budget a été révélé avant même son adoption quand l'ancien banquier de RBC Investment maintenant ministre des Finances Charles Sousa a dit que le budget doit satisfaire les agences de crédit. « Elles (les agences de crédit) ont besoin de stabilité et de savoir que nous nous en tenons à notre plan », a dit Sousa. Il est crucial que le budget soit adopté, a-t-il ajouté. Il n'a pas expliqué pourquoi il est crucial de satisfaire les agences de crédit. Ces agences sont connues pour leurs attaques contre les pays et les provinces visant à forcer les gouvernements à verser des milliards de dollars aux capitalistes financiers dont elles font elles-mêmes partie.

Sousa n'avait rien à dire à ce sujet. Les intérêts qu'ils représentent se contentent de dire que nous n'avons pas le choix. Alors que le budget d'austérité et les dommages qu'il cause aux travailleurs et aux familles de l'Ontario sont présentés comme quelque chose « d'équilibré » et « d'équitable » et une preuve que le gouvernement minoritaire est capable de fonctionner, les travailleurs parlent en leur nom en s'opposant à l'ordre du jour illégitime qui ne sert pas l'intérêt public. En plus d'être la date de l'adoption du budget, le 11 juin était aussi le jour anniversaire du 9e mois de l'adoption par les libéraux et les conservateurs de la loi 115, la Loi donnant la priorité aux élèves qui enlève aux enseignants et aux travailleurs de l'éducation le droit à la négociation collective. Le sentiment des dizaines de milliers d'enseignants et de travailleurs de l'éducation a bien été représenté par la manifestation organisée par ceux de Windsor pour marquer l'anniversaire. Les orateurs y ont averti tous les partis de leur détermination à poursuivre leur lutte à la défense de leurs droits et de l'éducation publique. La semaine d'avant, les métallos, les enseignants et travailleurs de l'éducation et d'autres travailleurs du secteur public ont tenu une manifestation militante devant le bureau de comté de Tim Hudak à Beamsville. Ces actions montrent bien que les travailleurs n'accueillent pas le budget avec un sentiment de pessimisme. Au contraire, ils augmentent le tempo et l'ampleur de leurs actions à la défense des droits.

Ceci est très important parce que c'est seulement en disant NON ! à ce frauduleux ordre du jour d'austérité et en refusant d'accepter qu'il n'y a pas d'alternative au vol de la valeur que les travailleurs produisent afin de payer les riches qu'on peut et qu'on va bâtir une alternative. Nous avons besoin de gouvernements qui défendent le droit public, pas le droit de monopole.


Des travailleurs de la région du Niagara et de Hamilton à leur ligne de piquetage mensuelle contre les politiques
d'austérité devant les bureaux du chef du Parti conservateur de l'Ontario Tim Hudak à Beamsville le 7 juin 2013

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Discussion des alternatives au programme d'austérité

Des données faussées qui servent à manipuler l'opinion publique

Le 4 juin, le chef néodémocrate de l'Alberta, Brian Mason, a fait parvenir une lettre à la première ministre Alison Redford appelant les progressistes-conservateurs à reprendre les travaux de l'Assemblée législative afin d'adopter un nouveau budget permettant d'en finir avec les compressions dans les services publics. Mason soutient qu'il ne fait plus aucun doute que les revenus gouvernementaux sont plus élevés qu'on ne le prétend.

La journée précédente, le 3 juin, le Calgary Herald publiait un article : « Des perspectives économiques plutôt optimistes pour l'Alberta : des perspectives dans l'industrie de l'énergie qui pourraient rapporter gros au trésor provincial ». Pour soutenir cette prédiction le Herald cite une augmentation des prix de l'énergie, un marché immobilier en forte activité économique, une baisse du dollar canadien et une augmentation du revenu hebdomadaire des Albertains comme autant de signes d'un redressement économique qui augmenterait les revenus fiscaux du gouvernement Redford. En même temps, on reconnaît que ce redressement est incertain et on rappelle les déclarations du ministre des Finances, Doug Horner, à l'effet qu'il n'a aucune intention de réviser son budget. L'auteur de l'article cite ensuite ARC Financial Corp., lequel prédit une année record pour les entreprises de l'énergie, affirmant à tort que les monopoles de l'énergie ont connu des difficultés en 2012 et qu'ils sont présentement en train de les surmonter.

Le Herald a alors répété comme il l'a fait à satiété que les revenus d'ensemble pour cette année sont prévus à 38,6 milliards $, 5 milliards $ de moins que les prédictions budgétaires de 2012. Selon le gouvernement,cette baisse de revenus serait due aux prix réduits demandés pour le bitumineux brut de l'Alberta menant à une baisse de 6,2 milliards $ en redevances -- ce que serait l'effet de ce qu'on appelle la bulle bitumineuse.

La bulle bitumineuse est une invention pure et simple des conseils d'administration du capital financier, des intérêts fusionnés des banques et des cartels mondiaux de l'énergie. La thèse d'une bulle bitumineuse est d'abord apparue en mars 2012. La banque CIBC prétendait alors qu'une double réduction des prix faisait perdre au Canada de 50 millions $ à 100 millions $ par jour. La double réduction serait d'abord due à la différence entre le prix mondial du pétrole (Brent) et son prix nord-américain (le West Texas Intermediate ou WTI), mais aussi à la différence entre le WTI et le prix du bitume dilué (Western Canadian Select ou WCS). Cette fausseté a été reprise par le Canada West Foundation, la Chambre de commerce du Canada, Enbridge, Cenovus, le ministre des Ressource naturelles du Canada, Joe Oliver, et le ministre des Finances de l'Alberta, Doug Horner.

Le remède à la double réduction des prix et à la bulle bitumineuse, selon ces propagateurs de faussetés, serait de bâtir des oléoducs à peu près partout pour expédier la production grandissante de sables bitumineux. Les prix nord-américains à la baisse et en particulier le prix de marché du bitume seraient affectés par une stagnation du pétrole due au recours grandissant à la fracturation du gaz de schiste en plusieurs endroits ainsi qu'aux sables bitumineux. On ne réussirait pas non plus à expédier le bitume en Asie. Et voilà que la solution qu'on privilégie est d'augmenter la production du bitume et de l'expédier dans son état brut via oléoducs vers un marché qui serait lui-même saturé. Les propagateurs de faussetés prétendent que la demande provenant des Chinois et d'autres clients asiatiques pour le pétrole et le gaz naturel est illimitée. Ainsi, les oléoducs Keystone XL, Northern Gateway et Kinder Morgan, avec leurs plans visant à expédier le bitume dilué, les usines de gaz naturel liquéfié sur la côte ouest et les oléoducs de gaz naturel deviennent des incontournables sur le plan national. Sont déclarés ennemis jurés du Canada tous ceux qui s'opposent à ces oléoducs pour des raisons environnementales ou pour défendre les droits des Premières Nations, ceux qui soutiennent que les Canadiens devraient décider directement du développement des ressources naturelles et en bénéficier au moyen d'un contrôle public et d'une entreprise publique, ou encore ceux qui voudraient tout simplement discuter d'alternatives plutôt que d'accepter aveuglément d'exporter les ressources naturelles.

L'économiste britanno-colombienne Robyn Allen a mené une enquête sur la question de la double réduction et a conclu qu'il s'agit d'une histoire fabriquée faite de chiffres inventés sans sources ni données complémentaires. En fait, il n'y a pas de double réduction. Elle arrive à la conclusion qu'une telle invention relève de la fraude publique.[1]

Le gouvernement Redford a été bien servi par cette fraude publique. En février 2012, le gouvernement albertain a mis de l'avant un budget pré-électoral avec des prévisions d'augmentation en flèche des prix du WTI et du WCS. Un mois plus tard, voilà que l'histoire de la double réduction a pris le dessus. Comment ces prétentions contradictoires pouvaient-elles être véridiques ? L'élite politique et économique dans son ensemble a fait fi des incongruités qui ont d'abord facilité l'élection du régime Redford pour ensuite mettre de l'avant le programme d'austérité.

Le gouvernement Redford n'a pas arrêté de répéter ses prédictions voulant que le prix du pétrole grimpe en flèche. Les élections provinciales de l'Alberta ont pris l'allure d'un concours entre les progressistes-conservateurs, d'une part, qui eux réussiraient à « équilibrer les budgets » sans s'en prendre aux programme sociaux, et le Wildrose qui pour sa part éliminerait carrément les programmes sociaux. Suite aux élections, lorsque les prédictions exagérées au sujet du prix à la hausse du pétrole et du bitume sont restées lettre morte, le gouvernement s'est alors mis à répandre la fausseté au sujet de la double réduction tout en y ajoutant un sous-thème portant sur la bulle bitumineuse, ce qui est vite devenu un prétexte pour mener une vaste offensive contre les droits et pour infliger encore plus de dommage à l'économie socialisée par le biais d'un programme d'austérité et d'autres manoeuvres pour payer les riches et mettre en valeur les incontournables oléoducs.

Allen a fait valoir que même cette question de double réduction reste trompeuse et frauduleuse peu importe la véracité des chiffres puisqu'il faut tenir compte des améliorations en aval et de l'affinage du bitume par ces mêmes monopoles. Plus encore, puisque les redevances sont fondées sur le prix du bitume, une réduction du prix du bitume a pour conséquence de réduire les redevances, augmentant par le fait même la part de revenu réclamée par ces monopoles de l'énergie ayant les capacités d'amélioration et d'affinage. Ils achètent donc leur propre bitume, versent moins de redevances à l'Alberta, vendent le pétrole amélioré à plein prix tout en déclarant des profits records. Pendant ce temps-là, les Albertains sont invités à se serrer la ceinture par austérité et à gober la fraude de la double réduction et de la bulle bitumineuse. Qui plus est, les craintes et les préoccupations du peuple face au programme d'austérité sont manipulées pour mettre de l'avant un déluge d'oléoducs et l'exportation massive des ressources naturelles sans discuter le moindrement d'une alternative.

Au niveau provincial aussi bien que fédéral, les politiciens représentant les monopoles de l'énergie répètent sans questionner des statistiques et des conclusions frauduleuses qui ne sont rien de moins qu'une trahison de l'intérêt public en faveur du droit de monopole. Cette pratique frauduleuse fait partie du bagage de l'oligarchie financière lui permettant d'orchestrer des coups électoraux et de faire en sorte que la volonté populaire ne devienne pas volonté populaire via les élections. Elles rendent illégitime la fraude des victoires électorales des progressistes-conservateurs en Alberta et des libéraux en Colombie-Britannique.

Les gens se battent présentement contre le programme antisocial de ceux-là mêmes qui ont usurpé le pouvoir et qui s'en servent pour imposer un programme antisocial, anti-ouvrier et antinational. Il existe une alternative à la destruction de l'économie et aux attaques contre les droits. En s'engageant dans l'action avec analyse et discussion, les travailleurs de l'Alberta peuvent développer leur propre pensée indépendante, leur programme et leur politique leur permettant d'exercer un contrôle sur leurs vies et de renouveler la démocratie afin d'habiliter le peuple et d'établir une nouvelle direction pour l'économie.

Note

1. Dans son étude « La fraude de la grande réduction du bitume et la folie des oléoducs au Canada : une analyse économique et financière », Allen fait valoir que le premier document à prétendre une telle chose provenait du CIBC et a été publié dans le Globe and Mail le 12 mars 2012. On notait à ce moment-là que le synthétique brut (SCO) subissait une réduction de 23 $ le baril et les niveaux du Western Canada Select (WCS) une réduction de 35,50 $ US par rapport à West Texas Intermediate (WTI). Cette constatation s'est avérée véridique la durée d'une journée en février. Seulement cinq jours plus tard, la différence n'était que de 1,00 $. En fait, le SCO se vend souvent à des prix supérieurs au WTI, comme c'est le cas depuis quelques semaines. Pour ce qui est du bitume dilué (le Western Canada Select sert habituellement à fixer le prix du bitume), la différence entre le bitume et le WTI était légèrement plus élevé que le bas prix naturel lié à la qualité établi depuis huit ans. Le WCS doit être amélioré et ne sera jamais vendu au même prix que le WTI. Toute comparaison n'est possible qu'entre le pétrole amélioré (SCO) et le WTI, et non entre le WTI et le bitume. Le 7 juin, le pétrole synthétique brut se vendait à 5 $ le baril plus cher que le WTI (101,62 $ pour le SCO relativement à 96,03 $ pour le WTI) et quelque peu inférieur aux prix Brent de 104,56 $. Le Western Canada Select s'est vendu à 82,73 $ le baril.

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