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Numéro 99 - 12
juin
2013
À la défense des
droits de tous
Postes Canada doit s'acquitter de
ses
obligations envers le régime de retraite
Journée d'action pour les droits des
travailleurs
accidentés en Ontario, à Toronto
le 1er juin 2013.
À
la
défense
des droits de tous
• Postes Canada doit
s'acquitter de ses
obligations envers le régime de retraite
- Louis Lang
• Les travailleurs
accidentés de
l'Ontario réclament justice -
Jim Nugent
• La nuit de veille,
symbole des nuits blanches
des travailleurs accidentés
• Grande manifestation en
Grande-Bretagne
à la défense du système de
santé national - Workers'
Weekly
• Actions de masse des
pêcheurs de homard
dans les provinces atlantiques
• Journée mondiale
contre Monsanto
À la défense des
droits de
tous
Postes Canada doit s'acquitter de ses
obligations
envers le régime de retraite
- Louis Lang -
De
récentes
déclarations de la part de Postes Canada
laissent entendre que
le régime de retraite à prestations
déterminées de la
société d'État est
en proie à une grave crise et que cette
crise menace sa
viabilité financière.
Récemment dans un bulletin sur le
régime
des retraités on affirmait :
« Il n'y a pas que la réduction
du
volume. Le déficit de solvabilité du
Régime de
retraite de Postes Canada ayant augmenté de
4,7 milliards $ à
5,9 milliards $ exerce une
pression encore plus grande sur la capacité
financière de
Postes Canada. »
Dans le Rapport annuel de 2012, le
président de
Postes Canada, Deepak Chopra,
déclare :
« Du point de vue des coûts,
nous
sommes aux prises avec un déficit sur le
plan de la
solvabilité du régime de retraite
sans
précédent occasionné par une
période
prolongée de faibles taux
d'intérêt et d'un
rendement instable du capital investi. Ensemble,
ces deux forces, soit
la concurrence et les coûts,
déclenchent la tempête
parfaite.
Nous devons repenser entièrement nos
activités. »
Tout comme la discussion sur
l'« érosion sans
précédent du
courrier », Postes Canada en donne
plein la vue avec un
scénario apocalyptique visant à
cacher aux Canadiens
où en est vraiment rendu le régime
de retraite ainsi que
la situation d'ensemble de Postes Canada au sein
de l'économie
canadienne.
Le programme du gouvernement Harper en est un de
privatisation et de déréglementation
accélérées de Postes Canada
menant à
d'importantes compressions au niveau des services
et à de
nouvelles attaques contre les droits et les
avantages sociaux des
travailleurs, tout comme lors de la
dernière ronde de
négociations. Le régime de retraite
à
prestations déterminées est de toute
évidence le
prochain à subir cet assaut.
En examinant de près le Rapport annuel de
2012,
on se rend vite compte que la
société d'État n'a
aucune intention d'assumer ses
responsabilités face au
sous-financement actuel. Au contraire, elle ne
versera toujours pas sa
part requise et elle continuera d'exacerber la
situation avec la ferme
intention d'éventuellement rejeter le
fardeau financier
sur le dos des travailleurs des Postes.
Les projets de Postes Canada en matière de
régimes de pension sont
énumérés dans le
Rapport annuel de 2012 et on ne peut qu'en
conclure que la
société d'État n'a aucune
intention de tenir une
discussion publique et informée sur ces
projets.
À la page 34 du Rapport annuel, dans
le
chapitre « Aperçus pour
2013 », il est
dit :
« Les coûts liés aux
prestations
de retraite et aux autres avantages sociaux futurs
demeureront un
défi important. La plupart des
régimes à
prestations déterminées au pays font
face à
d'importants défis à l'égard
de leur
capitalisation en raison des changements
démographiques et d'une
période prolongée marquée par
de faibles taux
d'intérêt et de rendements volatils
sur le capital
investi. Les répondants de régimes,
comme Postes Canada,
sont tenus d'éliminer ces manques à
gagner liés
à la capitalisation au cours des
années, et ils examinent
les options novatrices qui s'offrent à eux
pour résoudre
la crise, dont celle d'un allégement
réglementaire
possible. À court terme,
Postes Canada
prévoit
continuer à recourir à la
législation qui permet
aux sociétés d'État de mieux
gérer leurs
obligations en matière de capitalisation et
demander de nouveau
l'approbation d'un allégement en 2013, afin
de réduire
ses paiements de solvabilité
spéciaux. Toutefois,
étant donné que, selon la loi en
vigueur, la limite de
l'allégement
est fixée à 15 % des actifs du
régime, nous
prévoyons atteindre cette limite au
début de
2014. »
Dans la section « Activités
opérationnelles » du Rapport on
affirme que les
entrées de trésorerie ont
augmenté de
196 millions $ en 2011 à 310
millions $ en
2012, augmentation qui serait principalement
attribuable à la
diminution des paiements effectués au titre
des prestations du
régime de retraite, des
autres avantages postérieurs à
l'emploi et des autres
avantages à long terme. En avril 2011, des
modifications
à la Loi de 1985 sur les normes de
prestation de pension
sont entrées en vigueur qui ont permis aux
entreprises ayant des
régimes de retraite sous
réglementation
fédérale de réduire leurs
paiements si un accord
ministériel est
conclu.
La citation suivante tirée de la page
55 du
Rapport expose comment la loi a permis à
Postes Canada de se
dérober à son obligation de verser
des cotisations
spéciales visant à éliminer
le manque à
gagner du Régime :
« Selon l'évaluation
actuarielle
attendue, les cotisations spéciales sont
estimées
à environ 28 millions $ pour
2013. La
société a l'intention de solliciter
l'accord des
ministres pour prendre les mesures permises par la
loi au-delà
de juin 2013 en vue d'obtenir une
réduction des cotisations
spéciales sur le plan de la
solvabilité de 2013. Sans ces
mesures d'allégement, les cotisations de la
société augmenteraient d'environ
1,2 milliards $. Le montant total de
l'allégement
à la fin de 2013 devrait atteindre
2,4 milliards $. Le plafond de
l'allégement est
limité à 15 % des actifs du
régime. La
société prévoit atteindre ce
plafond au
début de 2014, ce qui exercera une
importante contrainte sur la
trésorerie de la société.
Nous sommes à
examiner toutes les options qui s'offrent à
nous, dont
l'allégement réglementaire et la
modification du régime, afin de relever ces
défis. »
Ainsi Postes Canada n'a pas été
tenue de
verser sa part obligatoire de cotisations au
régime de retraite
grâce à des modifications
législatives. Avant la
fin de 2013, donc, le fait que la
société d'État
refuse de payer sa part attendue de cotisations
aggravera le manque
à gagner du régime de
2,4 milliards $. Le fait
que la société d'État
ne s'est pas acquittée de ses
responsabilités au cours de
l'année 2012 illustre bien cette
situation. Selon le
Rapport annuel, en 2012 Postes Canada a subi
une perte actuarielle
de 780 millions $, mais elle se servira d'un
échappatoire
législatif pour payer une cotisation
spéciale de
28 millions $ seulement, ce qui
aggravera l'état du régime de
retraite.
Qui plus est, le budget omnibus notoire de
Harper, le
projet de loi C-45 (Loi sur l'emploi et
la croissance
économique) assiste la
société d'État
à rejeter davantage le fardeau du
déficit du
régime de retraite sur le dos des
travailleurs. Dès le
1er janvier 2013, le projet de loi permet
l'augmentation de la
cotisation de
l'employé de 40 à 50 %.
À la page 55 du
Rapport annuel on affirme que « Postes
Canada prévoit
partager les coûts pour services rendus avec
les employés
(50 %-50 %) ». Ce projet n'a
jamais
été discuté ni même
rendu public.
Postes Canada prétend peser toutes les
options
pour surmonter les problèmes qui affligent
le régime de
retraite, mais de toute évidence le fait
d'assumer ses
responsabilités en tant que
répondant du régime en
y payant des cotisations spéciales pour
remédier au
manque à gagner ne fait pas partie de ces
« options ». C'est pure
hypocrisie puisque c'est la société
d'État
elle-même ainsi que d'autres grandes
sociétés
d'État qui ont incité le
gouvernement libéral dans
les années 90 à adopter des lois les
autorisant à
investir les fonds des régimes de retraite
de la Fonction
publique ainsi que du Régime de pensions du
Canada sur les
marchés boursiers. Par conséquent
des milliards de
dollars ont déjà été
transférés des
régimes de pension aux coffres des
sociétés
monopolistes.
Postes Canada n'a pas hésité non
plus
à saisir des centaines de millions de
dollars du régime
de retraite dans les années où le
régime
présentait un excédent.
Le Rapport annuel de Postes Canada
démontre
clairement que l'assaut mené contre le
régime de retraite
à prestations déterminées est
une composante
importante de l'offensive menant à
l'intensification de la
privatisation et à la
déréglementation des Postes.
La prétendue crise financière
affectant le régime
de retraite des travailleurs des Postes
n'est pas le résultat d'une quelconque
tendance
économique mais bien d'un assaut
concerté et
organisé de la part de la
société d'État et
du gouvernement contre le droit des travailleurs
à un revenu
stable à leur retraite digne d'une
société moderne.
Le Rapport annuel répète à
satiété que la société
d'État compte
assurer ses profits en réduisant le revenu
versé au régime de retraite et en le
transférant aux comptes
généraux où elle en disposera
comme bon lui
semble. Tout le verbiage au sujet de
« déficits de
solvabilité » et de
« rendements volatils
sur le capital
investi » ne sert qu'à cacher le
fait que Postes
Canada détourne des fonds qui devraient
être versés
au régime de retraite.
Les concessions imposées à la
classe
ouvrière ne sont pas des solutions. Tous
les actifs de la
société d'État, y compris le
régime de
retraite, viennent de la valeur produite par les
travailleurs des
Postes qui ont le droit de s'attendre à ce
que le régime
de retraite à prestations
déterminées soit
financé et maintenu de façon
adéquate.
Postes Canada doit s'acquitter de ses obligations
envers
les travailleurs !

Les travailleurs accidentés de l'Ontario
réclament justice
- Jim Nugent -
Le 1er
juin, des centaines
de travailleurs
accidentés et leurs supporters se sont
rassemblés devant
l'Assemblée législative de l'Ontario
pour réclamer
justice pour les travailleurs blessés et
pour les familles des
travailleurs qui ont été tués
au travail. L'action
était organisée pour marquer la
journée annuelle
de travailleurs accidentés. Le
rassemblement a exprimé la
détermination de la classe
ouvrière à ne jamais accepter que
les employeurs et les
gouvernements piétinent le droit des
travailleurs et de leur
famille à une juste compensation quand ils
sont blessés
ou tués au travail. Ils se sont unis pour
dire
« Non ! » à
l'appauvrissement et
à la marginalisation des
travailleurs blessés.
C'était la trentième année
que des
actions sont organisés à l'occasion
de la Journée
annuelle des travailleurs accidentés
à Queen's Park. Le
1er juin est la date anniversaire de l'action
menée par trois
mille travailleurs accidentés à
Queens Park le 1er juin
1983, le point culminant d'une mobilisation
à l'échelle
provinciale en faveur des droits des
travailleurs accidentés et qui a
empêché l'adoption
de modifications antiouvrières au
système d'indemnisation
proposées par le gouvernement de
l'époque.
Le rassemblement de cette année
était
organisé dans les conditions d'une
offensive antiouvrière
nationale des riches, qui inclut une pression
énorme pour
démanteler les systèmes
d'indemnisation pour blessures et
accidents au travail. Des actions par les
organisations des
travailleurs accidentés telles que celles
organisées en
Ontario à cette date
chaque année sont un front essentiel de
résistance de la
classe ouvrière canadienne à
l'assaut tous azimuts contre
ses droits par l'élite dirigeante et ses
représentants
politiques.
Les événements de la journée
annuelle des travailleurs accidentés
à Queen's Park ont
été organisés par le
Réseau du regroupement
des travailleurs accidentés (ONIWG) et des
organisations
alliées. Des travailleurs accidentés
et des militants des
organisations de travailleurs accidentés
à travers la
province y ont pris part, dont des
délégués venus
d'aussi loin que Thunder Bay et Ottawa. Les
membres des groupes de
travailleurs accidentés de Toronto,
Hamilton et d'autres villes
du sud de l'Ontario étaient présents
en grand nombre.
Certains des nouveaux groupes de travailleurs
accidentés qui se
sont formés en réponse à
l'intensification des
attaques de la Commission de la
sécurité
professionnelle et de l'assurance ont
participé pour la
première fois à la manifestation
annuelle, notamment le
regroupement des travailleurs accidentés de
Ste-Catherine et de
Niagara Falls.
Au premier rang des délégations de
syndicats appuyant l'action, il y avait la section
locale 1005 du
Syndicat des métallos de Hamilton. La
délégation
de la section locale 1005 comprenait des
métallos
accidentés, retraités et actifs.
Parmi les autres
organisations syndicales présentes à
l'action, il y avait
la Fédération des travailleurs de
l'Ontario (FTO), le Syndicat des employés
de la fonction
publique de l'Ontario (SEFPO), les Travailleurs
unis de l'alimentation
et du commerce (TUAC), le Conseil de la
région de Toronto du
Syndicat des métallos, la section locale
707 (Oakville) des
Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) et la
section locale 1750
du Syndicat
canadien de la fonction publique (SCFP), qui
représente les
employés de la commission des
accidents de travail.
Tous les orateurs ont déclaré que
la lutte
pour une juste indemnisation est une lutte de tous
les travailleurs de
l'Ontario. Ils se sont engagés à
mettre tout le poids de
leurs organisations en appui à la
résistance des
travailleurs accidentés au
démantèlement du
système d'indemnisation.
Durant tout le rassemblement, des chansons et des
pièces de théâtre ont
été
utilisés pour transmettre l'information sur
la lutte des
travailleurs accidentés. L'un des
thèmes de la
manifestation de cette année a
été l'opposition de
la classe ouvrière à la
rétrogression antisociale
de la minorité privilégiée
qui tente de l'imposer
à toute la
société grâce à son
pouvoir politique. Cette
opposition des organisations s'exprime par la
défense de ce que
l'on appelle les principes de Meredith qui
sous-tendent les
systèmes de compensation des travailleurs
accidentés au
Canada. Le contenu des chansons et des sketches,
accompagnés par
des costumes et des accessoires hautement
élaborés,
reflétait la défense des principes
de Meredith et a
été le thème de la plupart
des discours
prononcés par les représentants des
organisations de
travailleurs accidentés et leurs
alliés.
En 1913, une commission présidée
par le
juge Meredith a mis en lumière les
principes qui sont devenus
connus comme les principes de Meredith
reflétant le consensus
social qu'il est immoral et inacceptable dans une
société
moderne que des employeurs jettent à la rue
les travailleurs
accidentés qui doivent subvenir à
leurs propres besoins.
Elle
a proposé un programme social pour les
travailleurs, mis en
place par le gouvernement et financé
entièrement et
collectivement par les employeurs. Le programme
serait un
système d'indemnisation intégrale
sans
responsabilité et un soutien médical
pour les
travailleurs accidentés ou tués au
travail.
Aujourd'hui, les travailleurs accidentés
luttent
contre les tentatives des employeurs et des
gouvernements de retourner
en arrière, contre le
démantèlement de ce
programme social qui a été
conçu pour
protéger les travailleurs, contre sa
transformation en un
régime d'assurance à faible
coût qui sert les
employeurs. Les travailleurs accidentés ont
exprimé leur détermination à
bloquer les
employeurs et leurs représentants
politiques de mettre de
l'avant cette rétrogression
antisociale et immorale.
Une autre caractéristique du rassemblement
a
été la participation directe des
travailleurs
accidentés. Beaucoup de travailleurs ont
décrit les
pratiques inhumaines utilisées par la
CSPAAT pour refuser et
supprimer les réclamations et comment cela
les appauvrit, eux et
leur famille. Ils ont également
exprimé leur
détermination à ne jamais
abandonner leurs revendications pour une juste
indemnisation.
Un des travailleurs accidentés qui a
parlé
était Kostas Purlanis, qui a fait partie de
la grande
mobilisation des travailleurs accidentés
à Queen's Park
le 1er juin 1983 et qui est revenu à
chaque année
pour la journée annuelle. Il a
partagé avec les jeunes
travailleurs de son expérience des
travailleurs
accidentés qui ont été
trompés au cours
de ces 30 ans par les gouvernements du NPD, des
partis libéral
et conservateur. « Ils sont tous des
partenaires qui
travaillent contre les travailleurs
accidentés, a-t-il dit. Je
vous le dis du fond du coeur, ils sont tous des
menteurs. Ils promettent
et promettent. C'est tout ce qu'ils ont pour les
travailleurs. »
Un fait saillant de la manifestation a
été
la distribution de la troisième
édition du journal Justice
pour
les
travailleurs accidentés,
publié par le
Réseau du regroupement des travailleurs
accidentés de
l'Ontario, grâce à l'aide de Voice
of Steel
Productions. Les travailleurs
accidentés ont circulé
parmi la foule distribuant
fièrement des exemplaires du journal,
confiants qu'ils vont
trouver le moyen de rompre le silence au sujet de
leur lutte pour la
justice et mettre fin à leur
marginalisation.

La nuit de veille, symbole des nuits blanches
des
travailleurs accidentés
Comme c'est la tradition depuis les huit
dernières années, la
célébration de la Journée
annuelle des travailleurs accidentés a
débuté la veille du rassemblement
du 1er juin par une
nuit de veille, à Queen's Park,
organisée par le Groupe
de femmes d'inspiration des travailleurs
accidentés. Le
comité de femmes du Syndicat des
employés de la
fonction publique de l'Ontario et les
Travailleurs unis de
l'alimentation et du commerce (TUAC) ont aussi
appuyé la nuit de
veille. Le but de la nuit de veille est de
symboliser les nuits
blanches que vivent les travailleurs
accidentés à cause
des douleurs résultant des accidents de
travail ainsi que
l'insécurité et l'appauvrissement
qui en résultent
parce qu'ils se font refuser une juste
indemnisation.
D'autres travailleurs accidentés et
supporters
ont visité les marches de
l'assemblée législative
de l'Ontario où se tient la nuit de veille
afin d'encourager les
militantes et se joindre aux vives discussions
à propos des
luttes actuelles des travailleurs
accidentés. Comme c'est le cas
à chaque année, la nuit de veille
est une occasion pour
répéter le
spectacle planifié pour la Journée
annuelle des
travailleurs accidentés alors que les
femmes d'inspiration
présentent des chansons et des sketchs
évoquant les
luttes des travailleurs accidentés.

Actions de masse des pêcheurs de homard
dans les
provinces atlantiques
Rallye sur l'Îledu-Prince-Édouard
au début de la grève des
pêcheurs de homard au début mai.
Depuis le début mai, des milliers de
pêcheurs de homard de
l'Île-du-Prince-Édouard, du
Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse
mènent différentes
actions pour améliorer leurs conditions.
Pendant plusieurs jours,
ils ont laissé leur bateau à quai,
refusant d'aller
pêcher, ils ont organisé des
manifestations devant
les usines de transformation, devant les bureaux
de courtiers qui
achètent leur poisson et les bureaux des
ministères
provinciaux des pêches. Des homardiers
des Îles-de-la-Madeleine ont aussi tenu des
actions en appui aux
pêcheurs des provinces atlantiques.
La revendication des pêcheurs concerne le
prix
qu'ils touchent pour leur prise. Le prix cette
année se situe
à environ 3 $ la livre dans les provinces
atlantiques
alors que les homardiers estiment qu'ils ont
besoin d'un prix d'environ 5 $ la livre simplement
pour se maintenir à flot, payer leur
licence, leur carburant, leurs
appâts, leurs employés, l'entretien
et la
réparation de leurs navires.
Le Marxiste-Léniniste s'est
entretenu
récemment avec Ian MacPherson, le directeur
exécutif de
l'Association des pêcheurs de
l'Île-du-Prince-Édouard. «
Juste pour vous donner un
exemple, a-t-il dit, le prix d'aujourd'hui
d'environ 3 $ la livre,
c'est le prix qu'on recevait en 1991. À ce
moment-là le prix de l'appât
était de 0,07 $ la
livre pas 1 $ comme aujourd'hui. Le carburant
coûtait 0,30 $ le
litre tandis qu'aujourd'hui il est à plus
d'un dollar.
Les coûts de main-d'oeuvre, d'entretien ont
eux aussi beaucoup
augmenté. La situation pour nos
pêcheurs est vraiment
dramatique. » MacPherson dit que le
système de prix en vogue dans les provinces
atlantiques est
dysfonctionnel.
« Il y a plusieurs facteurs qui entrent en
jeu. Il
n'y pas de prix plancher pour le homard que
pêchent les
homardiers. Les gens vont en mer et c'est
seulement
une fois qu'ils ont pêché qu'ils sont
informés du
prix qu'ils vont obtenir pour leur homard. Ils ont
des dépenses
à rencontrer mais ils n'ont aucune
idée du revenu
qu'ils vont toucher. Il y a aussi le
problème des courtiers,
a-t-il ajouté. Jusqu'à il y a 10-12
ans, les
pêcheurs traitaient directement avec les
usines. Maintenant
ils traitent avec des courtiers qui siphonnent une
partie de l'argent
qui devrait aller aux pêcheurs. Notre
revendication principale
c'est un prix plancher pour les
prises qui est connu par les homardiers avant
qu'ils prennent la mer et
qui leur permet de vivre et rester dans leurs
métier. Au prix
actuel ce n'est pas possible.
»
Les homardiers doivent composer avec une
situation des
plus difficiles. Par exemple, s'ils font un revenu
très bas
pendant leur saison de travail, et que
l'assurance-emploi les force à trouver un
emploi pendant la
saison morte à 70 % d'un salaire
déjà en baisse,
cela n'a plus de sens pour eux de demeurer
pêcheurs.
« C'est un des principaux problèmes
que
nous avons, de pouvoir continuer dans notre
métier de
pêcheurs indépendants avec licence
individuelle. Il y en
a des milliers dans les provinces atlantiques, dit
MacPherson. Si nos
pêcheurs quittent leur métier, leurs
licences vont
être rachetées par des grandes
entreprises
propriétaires de flottilles de grands
bateaux qui n'ont aucune
attache avec la communauté. C'est tout un
mode de vie qui fait
vivre les régions rurales qui sera
en danger. Déjà on voit la
concentration de la
propriété des usines de
transformation dans un plus petit
nombre de mains alors que plusieurs petites usines
ont
fermé. »
Vers la mi-mai, presque tous les pêcheurs
avaient
repris la mer mais ils avaient brisé le
silence sur leurs
conditions et ils continuent leur lutte pour
obtenir
un prix pour leur prise qui leur permette de vivre
décemment.
Les ministres des pêches de
l'Île-du-Prince-Édouard,
de Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick
se sont engagés à établir un
panel d'experts qui
va étudier la question d'un prix plancher
acceptable pour les
homardiers. Les pêcheurs refusent de se
faire
déraciner et ils exigent de pouvoir vivre
et travailler dans des
conditions décentes dans leur
région. Ils sont fiers
d'avoir reçu l'appui de la population pour
leur
lutte et leurs actions de masse et en particulier
du fait qu'ils ont
organisé des actions en commun dans les
trois provinces.
« Nous avons reçu un très
grand
appui des gens qui comprennent notre situation, a
dit MacPherson. En
plus, c'est la première fois depuis des
années que
les pêcheurs des trois provinces s'unissent
dans des actions
communes pour améliorer leurs conditions.
C'est très
encourageant. »

Journée mondiale contre Monsanto
Le 25 mai 2013, des centaines de personnes
ont pris
la rue dans les villes de Montréal,
Québec et Sherbrooke,
dans le cadre de la Journée mondiale
contre Monsanto. Les organisateurs rapportent que
plus de deux millions
de personnes ont marché dans plus de
cinquante pays.
La firme américaine Monsanto est l'une des
plus
grandes compagnies de semences et produits
chimiques au monde. Elle a
conçu une souche de canola
résistante au Roundup, un herbicide que la
compagnie a aussi
créé. Les agriculteurs
achètent les semences
Monsanto et l'herbicide Monsanto puisque d'autres
herbicides peuvent endommager les plants et
l'herbicide Roundup peut
tuer les semences qui sont non
génétiquement
conçues (GC). Ils doivent signer un contrat
d'achat des semences GC de Monsanto, ce qui les
empêche
d'utiliser les semences GC récoltées
pour semer
l'année suivante.
À Montréal, c'est plus de 400
personnes
qui se sont rassemblées sous une pluie
battante à
14 heures dans le centre-ville. Pour les
organisateurs, c'est un
beau succès : « Les
Québécoises et
les Québécois se sont
mobilisés pour
défendre leurs droits. »
« On peut faire de l'agriculture
autrement.
De plus en plus d'études scientifiques
mettent en
évidence la pertinence des méthodes
sans OGM et sans
pesticides. Celles-ci permettraient de
développer nos
régions et de subvenir aux besoins
alimentaires de l'ensemble de
la population tout en respectant les
écosystèmes et la santé
humaine », a
dit Benoit Girouard, président de l'Union
paysanne.
« Monsanto possède 90 %
des
brevets pour les cultures OGM. C'est une des
compagnies les plus
puissantes de la planète dans le domaine de
l'agroalimentaire. Elle produit notamment des
semences OGM
conçues pour résister à son
herbicide vedette, le
Roundup, afin de vendre les deux ensemble.
Les gouvernements du Québec et du Canada
doivent mettre fin
à ce contrôle quasi monopolistique
des multinationales
comme Monsanto », a mentionné
pour sa part Dominique Bernier des AmiEs de la
Terre de Québec.
« Si on ne veut pas que des
multinationales
comme Monsanto décident à notre
place ce qu'on met dans
nos assiettes et ce qu'on plante dans nos
champs, il est temps de se mobiliser et de
demander à nos
élus d'encourager un système
alimentaire durable,
diversifié et équitable. Cela
implique un système
agricole qui favorise le commerce équitable
ici au Québec
et qui soutient la richesse du patrimoine agricole
régional et
local. Il faut renforcer les politiques
qui redonnent confiance aux consommateurs et aux
citoyens, pas celles
qui donnent plus de pouvoir à ceux qui en
ont déjà
trop », a ajouté Elisabeth
Abergel, du département de sociologie de
l'UQAM.

Grande manifestation en Grande-Bretagne
à la défense du système de
santé national
- Workers' Weekly -
Le samedi 18 mai, au-delà de 7000
personnes
ont défilé dans les rues
de Londres à partir de South Bank pour un
rassemblement militant
devant
Downing Street.
La manifestation était appelée par
une
coalition sans précédent des
habitants de Londres, du personnel médical,
des syndicats et des
militants en faveur de la santé à
Londres. Grâce
à des campagnes
locales, des milliers de personnes ont
été
mobilisées dans les rues de
leur quartier pour défendre les
hôpitaux locaux contre
les menaces de
fermeture et de déclassement.
En prévision de cette manifestation, une
grande
mobilisation a eu
lieu à Lewisham, Ealing, Hammersmith et
Whittington grâce
aux campagnes
en faveur du système de santé
national (NHS) ainsi que la
présence de
contingents importants de syndicats avec leurs
bannières. De
nombreux
travailleurs de la santé se sont
également joints
à la
marche.
Fait sans précédent, une
plate-forme a
été érigée en face
à la
résidence du premier ministre à
Downing Street et des
milliers de
manifestants ont organisé un rassemblement
avec des intervenants
représentant les travailleurs de la
santé, leurs
syndicats et les
campagnes locales, ainsi qu'un certain nombre de
députés
qui reflètent
le sentiment de
leurs électeurs à lutter pour
préserver l'avenir
du NHS. La bannière
représentant la campagne pour sauvegarder
l'hôpital de
Lewisham a été
placée en tête de la marche et Louise
Irvine,
médecin et présidente de
la campagne, a prononcé le discours
d'ouverture. Son appel a
été pour
l'unité militante de tous afin de donner au
mouvement une
cohérence nationale à la
défense du NHS et contre
sa privatisation.
Pendant les discours une pétition a
été remise à la
résidence du premier
ministre, au 10 Downing Street.
La manifestation représente un pas
important pour
faire valoir le
sentiment de la classe ouvrière et du
peuple dans leur lutte
pour
changer la direction du système de
santé public.

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Marxiste-Léniniste
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