Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 99 - 12 juin 2013

À la défense des droits de tous

Postes Canada doit s'acquitter de ses obligations envers le régime de retraite

   

Journée d'action pour les droits des travailleurs accidentés en Ontario, à Toronto le 1er juin 2013.

À la défense des droits de tous
Postes Canada doit s'acquitter de ses obligations envers le régime de retraite - Louis Lang
Les travailleurs accidentés de l'Ontario réclament justice - Jim Nugent
La nuit de veille, symbole des nuits blanches des travailleurs accidentés
Grande manifestation en Grande-Bretagne à la défense du système de santé national - Workers' Weekly
Actions de masse des pêcheurs de homard dans les provinces atlantiques
Journée mondiale contre Monsanto


À la défense des droits de tous

Postes Canada doit s'acquitter de ses obligations envers le régime de retraite

De récentes déclarations de la part de Postes Canada laissent entendre que le régime de retraite à prestations déterminées de la société d'État est en proie à une grave crise et que cette crise menace sa viabilité financière.

Récemment dans un bulletin sur le régime des retraités on affirmait :

« Il n'y a pas que la réduction du volume. Le déficit de solvabilité du Régime de retraite de Postes Canada ayant augmenté de 4,7 milliards $ à 5,9 milliards $ exerce une pression encore plus grande sur la capacité financière de Postes Canada. »

Dans le Rapport annuel de 2012, le président de Postes Canada, Deepak Chopra, déclare :

« Du point de vue des coûts, nous sommes aux prises avec un déficit sur le plan de la solvabilité du régime de retraite sans précédent occasionné par une période prolongée de faibles taux d'intérêt et d'un rendement instable du capital investi. Ensemble, ces deux forces, soit la concurrence et les coûts, déclenchent la tempête parfaite. Nous devons repenser entièrement nos activités. »

Tout comme la discussion sur l'« érosion sans précédent du courrier », Postes Canada en donne plein la vue avec un scénario apocalyptique visant à cacher aux Canadiens où en est vraiment rendu le régime de retraite ainsi que la situation d'ensemble de Postes Canada au sein de l'économie canadienne.

Le programme du gouvernement Harper en est un de privatisation et de déréglementation accélérées de Postes Canada menant à d'importantes compressions au niveau des services et à de nouvelles attaques contre les droits et les avantages sociaux des travailleurs, tout comme lors de la dernière ronde de négociations. Le régime de retraite à prestations déterminées est de toute évidence le prochain à subir cet assaut.

En examinant de près le Rapport annuel de 2012, on se rend vite compte que la société d'État n'a aucune intention d'assumer ses responsabilités face au sous-financement actuel. Au contraire, elle ne versera toujours pas sa part requise et elle continuera d'exacerber la situation avec la ferme intention d'éventuellement rejeter le fardeau financier sur le dos des travailleurs des Postes.

Les projets de Postes Canada en matière de régimes de pension sont énumérés dans le Rapport annuel de 2012 et on ne peut qu'en conclure que la société d'État n'a aucune intention de tenir une discussion publique et informée sur ces projets.

À la page 34 du Rapport annuel, dans le chapitre « Aperçus pour 2013 », il est dit :

« Les coûts liés aux prestations de retraite et aux autres avantages sociaux futurs demeureront un défi important. La plupart des régimes à prestations déterminées au pays font face à d'importants défis à l'égard de leur capitalisation en raison des changements démographiques et d'une période prolongée marquée par de faibles taux d'intérêt et de rendements volatils sur le capital investi. Les répondants de régimes, comme Postes Canada, sont tenus d'éliminer ces manques à gagner liés à la capitalisation au cours des années, et ils examinent les options novatrices qui s'offrent à eux pour résoudre la crise, dont celle d'un allégement réglementaire possible. À court terme,

Postes Canada prévoit continuer à recourir à la législation qui permet aux sociétés d'État de mieux gérer leurs obligations en matière de capitalisation et demander de nouveau l'approbation d'un allégement en 2013, afin de réduire ses paiements de solvabilité spéciaux. Toutefois, étant donné que, selon la loi en vigueur, la limite de l'allégement est fixée à 15 % des actifs du régime, nous prévoyons atteindre cette limite au début de 2014. »

Dans la section « Activités opérationnelles » du Rapport on affirme que les entrées de trésorerie ont augmenté de 196 millions $ en 2011 à 310 millions $ en 2012, augmentation qui serait principalement attribuable à la diminution des paiements effectués au titre des prestations du régime de retraite, des autres avantages postérieurs à l'emploi et des autres avantages à long terme. En avril 2011, des modifications à la Loi de 1985 sur les normes de prestation de pension sont entrées en vigueur qui ont permis aux entreprises ayant des régimes de retraite sous réglementation fédérale de réduire leurs paiements si un accord ministériel est conclu.

La citation suivante tirée de la page 55 du Rapport expose comment la loi a permis à Postes Canada de se dérober à son obligation de verser des cotisations spéciales visant à éliminer le manque à gagner du Régime :

« Selon l'évaluation actuarielle attendue, les cotisations spéciales sont estimées à environ 28 millions $ pour 2013. La société a l'intention de solliciter l'accord des ministres pour prendre les mesures permises par la loi au-delà de juin 2013 en vue d'obtenir une réduction des cotisations spéciales sur le plan de la solvabilité de 2013. Sans ces mesures d'allégement, les cotisations de la société augmenteraient d'environ 1,2 milliards $. Le montant total de l'allégement à la fin de 2013 devrait atteindre 2,4 milliards $. Le plafond de l'allégement est limité à 15 % des actifs du régime. La société prévoit atteindre ce plafond au début de 2014, ce qui exercera une importante contrainte sur la trésorerie de la société. Nous sommes à examiner toutes les options qui s'offrent à nous, dont l'allégement réglementaire et la modification du régime, afin de relever ces défis. »

Ainsi Postes Canada n'a pas été tenue de verser sa part obligatoire de cotisations au régime de retraite grâce à des modifications législatives. Avant la fin de 2013, donc, le fait que la société d'État refuse de payer sa part attendue de cotisations aggravera le manque à gagner du régime de 2,4 milliards $. Le fait que la société d'État ne s'est pas acquittée de ses responsabilités au cours de l'année 2012 illustre bien cette situation. Selon le Rapport annuel, en 2012 Postes Canada a subi une perte actuarielle de 780 millions $, mais elle se servira d'un échappatoire législatif pour payer une cotisation spéciale de 28 millions $ seulement, ce qui aggravera l'état du régime de retraite.

Qui plus est, le budget omnibus notoire de Harper, le projet de loi C-45 (Loi sur l'emploi et la croissance économique) assiste la société d'État à rejeter davantage le fardeau du déficit du régime de retraite sur le dos des travailleurs. Dès le 1er janvier 2013, le projet de loi permet l'augmentation de la cotisation de l'employé de 40 à 50 %. À la page 55 du Rapport annuel on affirme que « Postes Canada prévoit partager les coûts pour services rendus avec les employés (50 %-50 %) ». Ce projet n'a jamais été discuté ni même rendu public.

Postes Canada prétend peser toutes les options pour surmonter les problèmes qui affligent le régime de retraite, mais de toute évidence le fait d'assumer ses responsabilités en tant que répondant du régime en y payant des cotisations spéciales pour remédier au manque à gagner ne fait pas partie de ces « options ». C'est pure hypocrisie puisque c'est la société d'État elle-même ainsi que d'autres grandes sociétés d'État qui ont incité le gouvernement libéral dans les années 90 à adopter des lois les autorisant à investir les fonds des régimes de retraite de la Fonction publique ainsi que du Régime de pensions du Canada sur les marchés boursiers. Par conséquent des milliards de dollars ont déjà été transférés des régimes de pension aux coffres des sociétés monopolistes.

Postes Canada n'a pas hésité non plus à saisir des centaines de millions de dollars du régime de retraite dans les années où le régime présentait un excédent.

Le Rapport annuel de Postes Canada démontre clairement que l'assaut mené contre le régime de retraite à prestations déterminées est une composante importante de l'offensive menant à l'intensification de la privatisation et à la déréglementation des Postes. La prétendue crise financière affectant le régime de retraite des travailleurs des Postes n'est pas le résultat d'une quelconque tendance économique mais bien d'un assaut concerté et organisé de la part de la société d'État et du gouvernement contre le droit des travailleurs à un revenu stable à leur retraite digne d'une société moderne.

Le Rapport annuel répète à satiété que la société d'État compte assurer ses profits en réduisant le revenu versé au régime de retraite et en le transférant aux comptes généraux où elle en disposera comme bon lui semble. Tout le verbiage au sujet de « déficits de solvabilité » et de « rendements volatils sur le capital investi » ne sert qu'à cacher le fait que Postes Canada détourne des fonds qui devraient être versés au régime de retraite.

Les concessions imposées à la classe ouvrière ne sont pas des solutions. Tous les actifs de la société d'État, y compris le régime de retraite, viennent de la valeur produite par les travailleurs des Postes qui ont le droit de s'attendre à ce que le régime de retraite à prestations déterminées soit financé et maintenu de façon adéquate.

Postes Canada doit s'acquitter de ses obligations envers les travailleurs !

Haut de page


Les travailleurs accidentés de l'Ontario
réclament justice

Le 1er juin, des centaines de travailleurs accidentés et leurs supporters se sont rassemblés devant l'Assemblée législative de l'Ontario pour réclamer justice pour les travailleurs blessés et pour les familles des travailleurs qui ont été tués au travail. L'action était organisée pour marquer la journée annuelle de travailleurs accidentés. Le rassemblement a exprimé la détermination de la classe ouvrière à ne jamais accepter que les employeurs et les gouvernements piétinent le droit des travailleurs et de leur famille à une juste compensation quand ils sont blessés ou tués au travail. Ils se sont unis pour dire « Non ! » à l'appauvrissement et à la marginalisation des travailleurs blessés.

C'était la trentième année que des actions sont organisés à l'occasion de la Journée annuelle des travailleurs accidentés à Queen's Park. Le 1er juin est la date anniversaire de l'action menée par trois mille travailleurs accidentés à Queens Park le 1er juin 1983, le point culminant d'une mobilisation à l'échelle provinciale en faveur des droits des travailleurs accidentés et qui a empêché l'adoption de modifications antiouvrières au système d'indemnisation proposées par le gouvernement de l'époque.

Le rassemblement de cette année était organisé dans les conditions d'une offensive antiouvrière nationale des riches, qui inclut une pression énorme pour démanteler les systèmes d'indemnisation pour blessures et accidents au travail. Des actions par les organisations des travailleurs accidentés telles que celles organisées en Ontario à cette date chaque année sont un front essentiel de résistance de la classe ouvrière canadienne à l'assaut tous azimuts contre ses droits par l'élite dirigeante et ses représentants politiques.

Les événements de la journée annuelle des travailleurs accidentés à Queen's Park ont été organisés par le Réseau du regroupement des travailleurs accidentés (ONIWG) et des organisations alliées. Des travailleurs accidentés et des militants des organisations de travailleurs accidentés à travers la province y ont pris part, dont des délégués venus d'aussi loin que Thunder Bay et Ottawa. Les membres des groupes de travailleurs accidentés de Toronto, Hamilton et d'autres villes du sud de l'Ontario étaient présents en grand nombre. Certains des nouveaux groupes de travailleurs accidentés qui se sont formés en réponse à l'intensification des attaques de la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance ont participé pour la première fois à la manifestation annuelle, notamment le regroupement des travailleurs accidentés de Ste-Catherine et de Niagara Falls.

Au premier rang des délégations de syndicats appuyant l'action, il y avait la section locale 1005 du Syndicat des métallos de Hamilton. La délégation de la section locale 1005 comprenait des métallos accidentés, retraités et actifs. Parmi les autres organisations syndicales présentes à l'action, il y avait la Fédération des travailleurs de l'Ontario (FTO), le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO), les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), le Conseil de la région de Toronto du Syndicat des métallos, la section locale 707 (Oakville) des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) et la section locale 1750 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les employés de la commission des accidents de travail.

Tous les orateurs ont déclaré que la lutte pour une juste indemnisation est une lutte de tous les travailleurs de l'Ontario. Ils se sont engagés à mettre tout le poids de leurs organisations en appui à la résistance des travailleurs accidentés au démantèlement du système d'indemnisation.

Durant tout le rassemblement, des chansons et des pièces de théâtre ont été utilisés pour transmettre l'information sur la lutte des travailleurs accidentés. L'un des thèmes de la manifestation de cette année a été l'opposition de la classe ouvrière à la rétrogression antisociale de la minorité privilégiée qui tente de l'imposer à toute la société grâce à son pouvoir politique. Cette opposition des organisations s'exprime par la défense de ce que l'on appelle les principes de Meredith qui sous-tendent les systèmes de compensation des travailleurs accidentés au Canada. Le contenu des chansons et des sketches, accompagnés par des costumes et des accessoires hautement élaborés, reflétait la défense des principes de Meredith et a été le thème de la plupart des discours prononcés par les représentants des organisations de travailleurs accidentés et leurs alliés.

En 1913, une commission présidée par le juge Meredith a mis en lumière les principes qui sont devenus connus comme les principes de Meredith reflétant le consensus social qu'il est immoral et inacceptable dans une société moderne que des employeurs jettent à la rue les travailleurs accidentés qui doivent subvenir à leurs propres besoins. Elle a proposé un programme social pour les travailleurs, mis en place par le gouvernement et financé entièrement et collectivement par les employeurs. Le programme serait un système d'indemnisation intégrale sans responsabilité et un soutien médical pour les travailleurs accidentés ou tués au travail.

Aujourd'hui, les travailleurs accidentés luttent contre les tentatives des employeurs et des gouvernements de retourner en arrière, contre le démantèlement de ce programme social qui a été conçu pour protéger les travailleurs, contre sa transformation en un régime d'assurance à faible coût qui sert les employeurs. Les travailleurs accidentés ont exprimé leur détermination à bloquer les employeurs et leurs représentants politiques de mettre de l'avant cette rétrogression antisociale et immorale.

Une autre caractéristique du rassemblement a été la participation directe des travailleurs accidentés. Beaucoup de travailleurs ont décrit les pratiques inhumaines utilisées par la CSPAAT pour refuser et supprimer les réclamations et comment cela les appauvrit, eux et leur famille. Ils ont également exprimé leur détermination à ne jamais abandonner leurs revendications pour une juste indemnisation.

Un des travailleurs accidentés qui a parlé était Kostas Purlanis, qui a fait partie de la grande mobilisation des travailleurs accidentés à Queen's Park le 1er juin 1983 et qui est revenu à chaque année pour la journée annuelle. Il a partagé avec les jeunes travailleurs de son expérience des travailleurs accidentés qui ont été trompés au cours de ces 30 ans par les gouvernements du NPD, des partis libéral et conservateur. « Ils sont tous des partenaires qui travaillent contre les travailleurs accidentés, a-t-il dit. Je vous le dis du fond du coeur, ils sont tous des menteurs. Ils promettent et promettent. C'est tout ce qu'ils ont pour les travailleurs. »

Un fait saillant de la manifestation a été la distribution de la troisième édition du journal Justice pour les travailleurs accidentés, publié par le Réseau du regroupement des travailleurs accidentés de l'Ontario, grâce à l'aide de Voice of Steel Productions. Les travailleurs accidentés ont circulé parmi la foule distribuant fièrement des exemplaires du journal, confiants qu'ils vont trouver le moyen de rompre le silence au sujet de leur lutte pour la justice et mettre fin à leur marginalisation.

Haut de page


La nuit de veille, symbole des nuits blanches des travailleurs accidentés


Comme c'est la tradition depuis les huit dernières années, la célébration de la Journée annuelle des travailleurs accidentés a débuté la veille du rassemblement du 1er juin par une nuit de veille, à Queen's Park, organisée par le Groupe de femmes d'inspiration des travailleurs accidentés. Le comité de femmes du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario et les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) ont aussi appuyé la nuit de veille. Le but de la nuit de veille est de symboliser les nuits blanches que vivent les travailleurs accidentés à cause des douleurs résultant des accidents de travail ainsi que l'insécurité et l'appauvrissement qui en résultent parce qu'ils se font refuser une juste indemnisation.

D'autres travailleurs accidentés et supporters ont visité les marches de l'assemblée législative de l'Ontario où se tient la nuit de veille afin d'encourager les militantes et se joindre aux vives discussions à propos des luttes actuelles des travailleurs accidentés. Comme c'est le cas à chaque année, la nuit de veille est une occasion pour répéter le spectacle planifié pour la Journée annuelle des travailleurs accidentés alors que les femmes d'inspiration présentent des chansons et des sketchs évoquant les luttes des travailleurs accidentés.

Haut de page


Actions de masse des pêcheurs de homard dans les provinces atlantiques


Rallye sur l'Îledu-Prince-Édouard au début de la grève des pêcheurs de homard au début mai.

Depuis le début mai, des milliers de pêcheurs de homard de l'Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse mènent différentes actions pour améliorer leurs conditions. Pendant plusieurs jours, ils ont laissé leur bateau à quai, refusant d'aller pêcher, ils ont organisé des manifestations devant les usines de transformation, devant les bureaux de courtiers qui achètent leur poisson et les bureaux des ministères provinciaux des pêches. Des homardiers des Îles-de-la-Madeleine ont aussi tenu des actions en appui aux pêcheurs des provinces atlantiques.

La revendication des pêcheurs concerne le prix qu'ils touchent pour leur prise. Le prix cette année se situe à environ 3 $ la livre dans les provinces atlantiques alors que les homardiers estiment qu'ils ont besoin d'un prix d'environ 5 $ la livre simplement pour se maintenir à flot, payer leur licence, leur carburant, leurs appâts, leurs employés, l'entretien et la réparation de leurs navires.

Le Marxiste-Léniniste s'est entretenu récemment avec Ian MacPherson, le directeur exécutif de l'Association des pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard. « Juste pour vous donner un exemple, a-t-il dit, le prix d'aujourd'hui d'environ 3 $ la livre, c'est le prix qu'on recevait en 1991. À ce moment-là le prix de l'appât était de 0,07 $ la livre pas 1 $ comme aujourd'hui. Le carburant coûtait 0,30 $ le litre tandis qu'aujourd'hui il est à plus d'un dollar. Les coûts de main-d'oeuvre, d'entretien ont eux aussi beaucoup augmenté. La situation pour nos pêcheurs est vraiment dramatique. » MacPherson dit que le système de prix en vogue dans les provinces atlantiques est dysfonctionnel.

« Il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu. Il n'y pas de prix plancher pour le homard que pêchent les homardiers. Les gens vont en mer et c'est seulement une fois qu'ils ont pêché qu'ils sont informés du prix qu'ils vont obtenir pour leur homard. Ils ont des dépenses à rencontrer mais ils n'ont aucune idée du revenu qu'ils vont toucher. Il y a aussi le problème des courtiers, a-t-il ajouté. Jusqu'à il y a 10-12 ans, les pêcheurs traitaient directement avec les usines. Maintenant ils traitent avec des courtiers qui siphonnent une partie de l'argent qui devrait aller aux pêcheurs. Notre revendication principale c'est un prix plancher pour les prises qui est connu par les homardiers avant qu'ils prennent la mer et qui leur permet de vivre et rester dans leurs métier. Au prix actuel ce n'est pas possible. »

Les homardiers doivent composer avec une situation des plus difficiles. Par exemple, s'ils font un revenu très bas pendant leur saison de travail, et que l'assurance-emploi les force à trouver un emploi pendant la saison morte à 70 % d'un salaire déjà en baisse, cela n'a plus de sens pour eux de demeurer pêcheurs.

« C'est un des principaux problèmes que nous avons, de pouvoir continuer dans notre métier de pêcheurs indépendants avec licence individuelle. Il y en a des milliers dans les provinces atlantiques, dit MacPherson. Si nos pêcheurs quittent leur métier, leurs licences vont être rachetées par des grandes entreprises propriétaires de flottilles de grands bateaux qui n'ont aucune attache avec la communauté. C'est tout un mode de vie qui fait vivre les régions rurales qui sera en danger. Déjà on voit la concentration de la propriété des usines de transformation dans un plus petit nombre de mains alors que plusieurs petites usines ont fermé. »

Vers la mi-mai, presque tous les pêcheurs avaient repris la mer mais ils avaient brisé le silence sur leurs conditions et ils continuent leur lutte pour obtenir un prix pour leur prise qui leur permette de vivre décemment. Les ministres des pêches de l'Île-du-Prince-Édouard, de Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick se sont engagés à établir un panel d'experts qui va étudier la question d'un prix plancher acceptable pour les homardiers. Les pêcheurs refusent de se faire déraciner et ils exigent de pouvoir vivre et travailler dans des conditions décentes dans leur région. Ils sont fiers d'avoir reçu l'appui de la population pour leur lutte et leurs actions de masse et en particulier du fait qu'ils ont organisé des actions en commun dans les trois provinces.

« Nous avons reçu un très grand appui des gens qui comprennent notre situation, a dit MacPherson. En plus, c'est la première fois depuis des années que les pêcheurs des trois provinces s'unissent dans des actions communes pour améliorer leurs conditions. C'est très encourageant. »

Haut de page


Journée mondiale contre Monsanto


Le 25 mai 2013, des centaines de personnes ont pris la rue dans les villes de Montréal, Québec et Sherbrooke, dans le cadre de la Journée mondiale contre Monsanto. Les organisateurs rapportent que plus de deux millions de personnes ont marché dans plus de cinquante pays.

La firme américaine Monsanto est l'une des plus grandes compagnies de semences et produits chimiques au monde. Elle a conçu une souche de canola résistante au Roundup, un herbicide que la compagnie a aussi créé. Les agriculteurs achètent les semences Monsanto et l'herbicide Monsanto puisque d'autres herbicides peuvent endommager les plants et l'herbicide Roundup peut tuer les semences qui sont non génétiquement conçues (GC). Ils doivent signer un contrat d'achat des semences GC de Monsanto, ce qui les empêche d'utiliser les semences GC récoltées pour semer l'année suivante.

À Montréal, c'est plus de 400 personnes qui se sont rassemblées sous une pluie battante à 14 heures dans le centre-ville. Pour les organisateurs, c'est un beau succès : « Les Québécoises et les Québécois se sont mobilisés pour défendre leurs droits. »

« On peut faire de l'agriculture autrement. De plus en plus d'études scientifiques mettent en évidence la pertinence des méthodes sans OGM et sans pesticides. Celles-ci permettraient de développer nos régions et de subvenir aux besoins alimentaires de l'ensemble de la population tout en respectant les écosystèmes et la santé humaine », a dit Benoit Girouard, président de l'Union paysanne.

« Monsanto possède 90 % des brevets pour les cultures OGM. C'est une des compagnies les plus puissantes de la planète dans le domaine de l'agroalimentaire. Elle produit notamment des semences OGM conçues pour résister à son herbicide vedette, le Roundup, afin de vendre les deux ensemble. Les gouvernements du Québec et du Canada doivent mettre fin à ce contrôle quasi monopolistique des multinationales comme Monsanto », a mentionné pour sa part Dominique Bernier des AmiEs de la Terre de Québec.

« Si on ne veut pas que des multinationales comme Monsanto décident à notre place ce qu'on met dans nos assiettes et ce qu'on plante dans nos champs, il est temps de se mobiliser et de demander à nos élus d'encourager un système alimentaire durable, diversifié et équitable. Cela implique un système agricole qui favorise le commerce équitable ici au Québec et qui soutient la richesse du patrimoine agricole régional et local. Il faut renforcer les politiques qui redonnent confiance aux consommateurs et aux citoyens, pas celles qui donnent plus de pouvoir à ceux qui en ont déjà trop », a ajouté Elisabeth Abergel, du département de sociologie de l'UQAM.




(Sources : LML, Nature Québec).

Haut de page


Grande manifestation en Grande-Bretagne
à la défense du système de santé national


Le samedi 18 mai, au-delà de 7000 personnes ont défilé dans les rues de Londres à partir de South Bank pour un rassemblement militant devant Downing Street.

La manifestation était appelée par une coalition sans précédent des habitants de Londres, du personnel médical, des syndicats et des militants en faveur de la santé à Londres. Grâce à des campagnes locales, des milliers de personnes ont été mobilisées dans les rues de leur quartier pour défendre les hôpitaux locaux contre les menaces de fermeture et de déclassement.

En prévision de cette manifestation, une grande mobilisation a eu lieu à Lewisham, Ealing, Hammersmith et Whittington grâce aux campagnes en faveur du système de santé national (NHS) ainsi que la présence de contingents importants de syndicats avec leurs bannières. De nombreux travailleurs de la santé se sont également joints à la marche.

Fait sans précédent, une plate-forme a été érigée en face à la résidence du premier ministre à Downing Street et des milliers de manifestants ont organisé un rassemblement avec des intervenants représentant les travailleurs de la santé, leurs syndicats et les campagnes locales, ainsi qu'un certain nombre de députés qui reflètent le sentiment de leurs électeurs à lutter pour préserver l'avenir du NHS. La bannière représentant la campagne pour sauvegarder l'hôpital de Lewisham a été placée en tête de la marche et Louise Irvine, médecin et présidente de la campagne, a prononcé le discours d'ouverture. Son appel a été pour l'unité militante de tous afin de donner au mouvement une cohérence nationale à la défense du NHS et contre sa privatisation.

Pendant les discours une pétition a été remise à la résidence du premier ministre, au 10 Downing Street.

La manifestation représente un pas important pour faire valoir le sentiment de la classe ouvrière et du peuple dans leur lutte pour changer la direction du système de santé public.




(Workers' Weekly est une publication du Parti communiste révolutionnaire de Grande-Bretagne (marxiste-léniniste), édition du 19 mai 2013.)

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca