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Numéro 98 - 11
juin 2013
Libérez les cinq
patriotes cubains emprisonnés aux
États-Unis!
Militante journée d'action
à Washington
pour exiger la libération des Cinq
Libérez les cinq patriotes cubains
emprisonnés aux États-Unis!
• Militante journée
d'action à Washington pour exiger la
libération des Cinq
La
stratégie du gouvernement Harper pour les
Amériques
• Un marchand de mort
à la défense des
intérêts des monopoles canadiens
• Les griffes
néolibérales s'enfoncent davantage
dans le Pérou
• Harper en Colombie
• La commis-voyageur
d'équipments de
«sécurité» au
Guatemala
Négociations
de paix en Colombie
• Entre le ciel et la
terre - Déclaration des Forces
armées révolutionnaires de
Colombie - Armée populaire (FARC-EP)
Libérez les cinq patriotes
cubains emprisonnés aux États-Unis!
Militante journée d'action à
Washington
pour exiger la libération des Cinq
Dans le cadre des « Cinq Jours pour
les Cinq » à Washington du 30
mai au 5 juin, une vigoureuse ligne de
piquetage a été organisée
devant la Maison Blanche le samedi 1er juin pour
exiger la libération des cinq
anti-terroristes cubains injustement
emprisonnés aux États-Unis pour le
« crime » d'avoir
informé les autorités
américaines de complots terroristes
planifiés à partir de Miami. Des
activistes de différentes organisations et
comités pour la libération des Cinq
en provenance entre autres de Washington, New York
et Chicago aux États-Unis ainsi que du
Canada, du Québec, d'Italie, d'Espagne, de
Suède et de Porto Rico ont exprimé
leur ferme appui au peuple cubain et exigé
que justice soit faite. Pendant près de
3 heures, sous un soleil torride, les
activistes ont scandé
« Libérez les cinq héros
cubains ! » et « Obama
donne-moi les Cinq ! ».
La délégation
montréalaise avant de quitter pour
Washington, et leurs supporteurs, 31 mai 2013.
Le piquetage
a été ainsi suivi par des
interventions de représentants
d'organisations sur l'avenue Pennsylvania devant
la Maison Blanche. D'une seule voix, ils ont
exigé la libération des cinq
héros cubains et la levée du blocus
contre Cuba et défendu les principes de
relations d'égal à égal et
d'avantage réciproque entre les peuples, et
de non-ingérence. La politique de deux
poids deux mesures des États-Unis qui
permet aux terroristes notoires tel Luis Posada
Carriles de circuler librement alors que les cinq
antiterroristes cubains sont emprisonnés
depuis plus de 15 ans a été
dénoncée. Le président Obama
utilise un pouvoir de décider qui doit
vivre et qui doit être tué au nom de
la lutte contre le terrorisme, a dit un
représentant, se référant aux
attaques ciblées par les drones contre des
populations civiles. Le représentant de la
délégation portoricaine a
parlé de la lutte qui unit les Cinq aux
prisonniers politiques portoricains
emprisonnés aux États-Unis, dont le
patriote portoricain Oscar Lopez Riviera en prison
depuis 32 ans, qui s'opposent au diktat
étatsunien contre leur peuple.
Pour les manifestants, même si René
Gonzalez, un des Cinq, a été
libéré, la lutte demeure
entière pour libérer non pas un,
deux, trois ou quatre héros, mais pour
libérer les Cinq, soit : Gerardo
Hernandez, Ramon Labañino, Antonio
Guerrero, Fernando Gonzalez, en plus de
René Gonzalez.
En soirée, plus de 200 personnes ont
participé à l'activité
culturelle et oecuménique organisée
pour les Cinq à l'église Saint
Stephen. La vidéo de René Gonzalez
s'adressant au peuple américain a
été présentée et de
nombreux représentants d'organisations
religieuses et autres ont pris la parole pour
réitérer leur appui au peuple
cubain, le tout entrecoupé de chansons en
hommage aux Cinq.
Justice pour les cinq
anti-terroristes cubains !
 

 
 


La stratégie du
gouvernement Harper pour les Amériques
Un marchand de mort à la défense
des intérêts des monopoles canadiens
Du 21 au 23 mai, le premier ministre du
Canada Stephen Harper était en
Amérique latine pour bien positionner les
intérêts de certains des plus grands
monopoles miniers canadiens aux dépens des
peuples latino-américains. Les monopoles
miniers canadiens sont continuellement
impliqués dans des cas de violations des
droits humains contre les peuples, y compris le
meurtre d'activistes par des agences de
sécurité privées.
Le 21 mai, Stephen Harper a fait la toute
première visite d'un premier ministre
canadien au Pérou, après quoi il
s'est rendu à Cali, en Colombie, les
22 et 23 mai pour rencontrer les
représentants de l'Alliance pacifique,
constituée de la Colombie, du Pérou,
du Mexique et du Chili.
Il y a une tendance qui ressort de cette visite
et des visites passées de Stephen Harper
dans les Amériques. Le gouvernement du
Canada continue de consolider les
intérêts des monopoles du secteur
minier et d'autres secteurs par des accords de
libre-échange et d'autres moyens. Cela
comprend différentes activités pour
saper les gouvernements démocratiquement
élus pour mieux imposer le commerce
néolibéral et les
intérêts des monopoles. La
réaction du Canada au coup d'État
militaire au Honduras en 2009 fut pour le
moins mitigée et il a continué de
donner une « aide »
militaire et de sécurité au
gouvernement du coup d'État, blâmant
le président démis Manuel Zelaya
pour la violence du coup. En 2011, il a conclu un
accord de libre-échange
néolibéral avec le gouvernement
antinational de ce pays. Et la plus notoire des
interventions canadiennes dans cette région
fut la participation du Canada au coup
d'État qui a renversé le
président Jean-Bertrand Aristide en
Haïti en 2004 pour installer un
régime de la démocratie des
escadrons de la mort. Pendant des années
les monopoles canadiens ont brutalement
exploité le peuple haïtien et ils
s'apprêtent maintenant à piller ses
minéraux. Telle est la nouvelle
contribution du Canada à la paix et
à la démocratie dans les
Amériques. Il n'est pas surprenant donc que
la plupart des pays du continent voient le Canada
et son partenaire les États-Unis comme un
obstacle au progrès et au
développement en Amérique latine.

Les griffes néolibérales
s'enfoncent
davantage dans le Pérou
Le
21 mai Harper a rencontré le
président péruvien Ollanta Humala.
Dans un communiqué conjoint suivant la
rencontre, les deux chefs d'État ont
noté que depuis 2009, lorsque sont
entrés en vigueur les Accords de
libre-échange et de coopération dans
les domaines du travail et de l'environnement
entre les deux pays, les échanges
commerciaux bilatéraux ont augmenté
de 48,8 %, atteignant plus de
4,2 milliards $ en 2012.
Compte-tenu du rôle du Pérou dans
l'Alliance du Pacifique et dans le Partenariat
transpacifique que reluquent les monopoles
canadiens, le premier ministre Harper a
annoncé « l'appui du Canada aux
efforts déployés par le Pérou
pour améliorer les processus d'étude
d'impact environnemental des projets miniers et
énergétiques ainsi que l'appui
à la gouvernance des ressources
naturelles ». Le fait que le
gouvernement Harper usurpe le contrôle du
pouvoir réglementaire en matière
d'évaluations environnementales au Canada,
c'est-à-dire accélérer le
processus autorisant les projets exigés par
les monopoles en déshabilitant les
Premières Nations, est une bonne indication
de ses visées au Pérou.
Harper a aussi annoncé
« l'appui du Canada aux petites
entreprises dans les régions extractives
pour encourager la diversification
économique ». Les deux
dirigeants ont aussi discuté du
récent Institut canadien international pour
les industries extractives et le
développement. Pour sa part le
président Humala « a reconnu
l'importance de cet Institut et le potentiel d'un
partenariat avec celui-ci à
l'avenir ».
De cette façon, l'aide offerte aux pays
des Amériques sert clairement à
faciliter le rôle des monopoles miniers et
d'autres extractions de ressources dans ces pays,
leur permettant de récolter des profits
capitalistes maximum. L'idée d'offrir de
l'aide aux pays en développement sur la
base de l'avantage réciproque n'entre pas
dans la tête des conservateurs puisque leur
conception dominioniste ne leur permet pas de
concevoir d'autres pays comme étant faits
d'êtres humains luttant pour affirmer leurs
droits. Ils les conçoivent plutôt
comme des sources de richesse et des ressources
humaines et naturelles qui ne demandent
qu'à être exploitées sur le
marché mondial.
Un autre point fort de la visite a
été le renforcement de la position
du Canada en tant que vendeur de produits
militaires et de sécurité à
certains régimes d'Amérique latine,
sans doute pour aider ces derniers à
« protéger » les
investissements canadiens dans ces pays. Dans le
communiqué conjoint, il est dit que les
deux dirigeants ont « souligné
également l'importance du protocole
d'entente signé entre le ministère
de la Défense du Pérou et la
Corporation commerciale canadienne (CCC), une
société d'État du
gouvernement du Canada, qui facilitera les
transactions de services ou d'exigences militaires
et de défense pour le gouvernement du
Pérou grâce à une entente de
gouvernement à gouvernement ».
Un autre sujet de la réunion a
été l'effort pour venir en aide
à l'Organisation des États
américains et son plan d'ingérence
dans les affaires des pays de l'Amérique
latine sous les auspices de la Charte
démocratique interaméricaine.
« Les dirigeants ont partagé
leur vision commune du rôle qu'ils
attribuent à l'Organisation des
États américains et l'importance de
renforcer la Charte démocratique
interaméricaine. Les dirigeants se sont
engagés à renforcer l'Organisation
des États américains, le processus
du Sommet et le système
interaméricain des droits humains afin
d'améliorer leurs
capacités. »
Le contexte de la visite de Harper au
Pérou
Le Pérou est devenu le deuxième
partenaire commercial le plus important du Canada
en Amérique latine et dans les
Caraïbes. L'année dernière
l'investissement direct du Canada au Pérou
était de 6,9 milliards $, la
majorité de ces investissements ayant
été consacrés aux industries
minières, pétrolières et
gazières. Le Pérou est le plus grand
producteur de cuivre, d'argent et d'or.
Le Pérou est aussi un pays d'importance en
termes de l'aide bilatétale canadienne
depuis 2009. Il a reçu
28 millions $ par le biais de l'Agence
canadienne de développement international
en 2011-2012 seulement. La majorité
des fonds d'aide doit servir à promouvoir
les projets de développement liés
aux industries minières et à
l'éducation.
Des entreprises minières comme Pan
American Silver Corp. et Barrick Gold Corp.
exploitent des mines au Pérou. Selon Jose
de Echave, ancien vice-ministre de l'Environnement
du premier cabinet du président
Humala : « Un grand nombre
d'anciens et d'actuels conflits miniers au
Pérou sont liés à des
entreprises canadiennes. »
Le plus récent de ces conflits implique
Copper Candente, une entreprise établie
à Vancouver, qui cherche à
établir une mine de cuivre dans les
forêts tropicales au nord du Pérou.
Les dirigeants des communautés autochtones
du Canaris disent qu'une telle mine
détruirait leur source d'eau et leur moyen
de subsistance. L'an dernier la communauté
a tenu un référendum et 95 % de
la population a voté contre la mine, mais
la compagnie et le gouvernement n'ont pas tenu
compte des résultats et sont allés
de l'avant avec le projet. Le gouvernement
péruvien tente présentement de nier
le statut autochtone de la communauté en
dépit du fait que les Canaris ont une
certification formelle du gouvernement confirmant
leur statut de communauté autochtone. Il
semblerait bien que c'est ce problème
épineux que l'aide canadienne cherche
à régler sous la bannière de
la « gouvernance des ressources
naturelles ».
La violence a éclaté en janvier
lorsqu'une manifestation pacifique contre la mine
a été attaquée par la police
péruvienne. La police a attaqué
environ 400 cultivateurs en utilisant des gaz
lacrymogènes. Selon des témoignages
au moins 25 personnes ont été
blessées, quatre d'entre elles ayant subi
des blessures graves suite à des tirs de
fusil et de balles de caoutchouc. Un processus de
dialogue s'est ensuivi, composé de
représentants de la compagnie, du
gouvernement péruvien et de
communautés locales. Cependant, les grands
absents de ce processus sont les
représentants des Canaris qui se sont vus
refuser de participer aux récents
dialogues.
Une autre entreprise minière
présentement en conflit avec le peuple
péruvien est la Macusani Yellowcake, une
compagnie établie à Toronto et qui
est impliquée dans le premier projet
d'uranium du Pérou. Le projet de mine a
été approuvé en avril.
« Le gouvernement agit envers ce projet
comme envers n'importe quel projet minier, sans
aucune restriction tenant compte du fait qu'il
s'agit d'une mine d'uranium », dit Jose
de Echave. Il ajoute : « En plus,
la communauté locale ne connaît
aucunement l'ampleur des répercussions
possibles. » Le projet a lieu dans le
département Puno au Pérou, où
des cultivateurs parlant la langue quechua gagnent
leur vie au moyen de moyens de subsistance de base
tels l'élevage de lamas et la culture de
patates.

Harper en Colombie
Le 23 mai, le premier ministre a
participé pour la première fois
à une réunion de l'Alliance
pacifique. Ce bloc latino-américain
centré sur le libre-échange et
l'intégration économique regroupe la
Colombie, le Pérou, le Mexique et le Chili.
Selon l'Organisation mondiale du commerce, les
pays de cette alliance ont exporté environ
534 milliards $ en 2011. Elle a
été créée en 2012.
Présentement le Canada a des ententes de
libre-échange avec le Mexique, la Colombie
et le Chili et est en négociation avec le
Pérou. Il a le statut d'observateur
à l'Alliance.
Pour donner un sens de la nature politique de ce
que le Canada appelle le
« libre-échange » en
Amérique latine, les échanges
commerciaux entre le Canada et les quatre pays de
l'alliance ont totalisé
39 milliards $ en 2012, comparativement
à 9,7 milliards $ avec les pays
du MERCOSUR, qui regroupe l'Argentine, le
Brésil, le Paraguay, l'Uruguay, le
Venezuela et la Bolivie.
En Colombie, Harper a annoncé son soutien
pour aider les jeunes des départements de
Cauca et Nariño à avoir un meilleur
accès à l'éducation.
« L'une des priorités de
développement du Canada en Colombie et dans
les Amériques est d'aider les jeunes
à aller à l'école et à
y demeurer afin de s'assurer un meilleur avenir, a
déclaré Stephen Harper. Le projet
annoncé aujourd'hui aidera les enfants et
les jeunes vulnérables du sud-ouest de la
Colombie à recevoir l'éducation dont
ils ont besoin pour réussir. »
La prétention que c'est pour aider les
jeunes à avoir un meilleur accès
à l'école est difficile à
croire quand on sait que le gouvernement canadien
refuse obstinément de remédier aux
problèmes d'accès à
l'éducation des jeunes des Premières
Nations dans le nord canadien, qui sont
forcés de quitter leur communauté
s'ils veulent s'instruire.
Alberto Acevedo du journal Voz fait
remarquer que la région du Cauca
« est un corridor stratégique
qui donne l'accès le plus rapide possible
à la côte pacifique et à
l'Équateur. Le fait qu'elle se trouve dans
les Andes veut dire qu'elle possède une
grande variété de minéraux et
de ressources naturelles.
« Au
Cauca, il y a différents types de
minéraux qui ont été
découverts et amplement
enquêtés par les agences de
développement et les services du
renseignement américains via satellite qui
s'intéressent à livrer cette
information à de grandes entreprises
désirant piller nos ressources
naturelles. »
« Nous savons que sous la surface de
cette terre sacrée pour les populations
autochtones il y a de l'or, du pétrole, du
platine, du cuivre, du coltan et d'autres
minéraux stratégiques. De grandes
sociétés multinationales, notamment
américaines, ont l'oeil sur les
régions agricoles du Cauca, du Putumayo, de
Caqueta et de Nariño depuis longtemps,
depuis qu'ils forment une unité
géographique. »
C'est un autre exemple de l'utilisation de l'aide
par le gouvernement Harper pour saper la
résistance des communautés locales
aux activités des monopoles miniers
canadiens. De grandes populations autochtones
vivent dans les départements du Cauca et de
Nariño, et plusieurs dans des
régions littéralement autonomes. On
y trouve aussi un grand nombre d'Afro-Colombiens
avec une tradition minière artisanale. La
soi-disant aide du Canada vise sans doute à
mettre en action différentes ONG pour
briser la cohérence de ces régions.
L'initiative, qui a l'appui de l'Agence canadienne
de développement international et du
gouvernement de la Colombie, sera mise en oeuvre
sur une période de cinq ans (2013-2018) par
un consortium constitué d'Aide à
l'enfance Canada et du Conseil norvégien
pour les réfugiés.

La commis-voyageur d'équipements
de «sécurité» au
Guatemala
Le 3 juin, Diane Ablonczy, ministre
d'État des Affaires
étrangères (Amériques et
Affaires consulaires), a annoncé la
livraison de matériel financé par le
Canada qui « améliorera la
sécurité et la stabilité au
Guatemala et dans l'ensemble de la
région ».
L'équipement, y compris des caméras
numériques, des radios, des jumelles et des
ordinateurs, va être utilisé pour
« permettre de faire des enquêtes
plus approfondies sur des crimes majeurs, comme
les activités criminelles transnationales
et le trafic des stupéfiants. Le projet
s'inscrit dans le Programme d'aide au renforcement
des capacités de lutte contre la
criminalité (PARCLC) et appuie directement
les méthodes particulières
d'enquêtes menées par le Bureau de la
procureure générale du
Guatemala. »
Est-ce que ce sont les genres de méthodes
spéciales que le Canada soutient au
Guatemala, conformément aux
« méthodes
particulières » du gouvernement
Harper de donner à l'État toutes
sortes de pouvoir pour violer les droits au nom de
la lutte contre la criminalité, le
terrorisme ou la pornographie infantile ?
Est-ce que la notion de sécurité
qu'il favorise au Guatemala s'inscrit dans le
cadre des soi-disant valeurs canadiennes
utilisées pour justifier la violation des
droits nationaux et des soi-disant valeurs
universelles de justice, de démocratie et
de droits de l'homme pour justifier la violation
des lois et des normes de relations
internationales à l'étranger ?
En répandant parmi les Amériques la
notion falsifiée du gouvernement Harper
« d'agir de manière ferme face
au crime, sauf le nôtre », une
dépêche gouvernementale
précise : « Dans le cadre
de son engagement dans les Amériques, le
Canada est déterminé à
collaborer avec ses voisins de l'ensemble de la
région afin d'améliorer la
sécurité de tous ceux qui se disent
fiers d'être des citoyens des
Amériques », a
déclaré la ministre Ablonczy.
« L'appui du Canada aidera les
autorités guatémaltèques
à lutter contre le crime transnational,
à en traduire en justice les responsables
et à améliorer la
sécurité de la population du
Guatemala. »
Les projets relèvent de l'Initiative
canadienne pour la sécurité en
Amérique centrale lancée par le
gouvernement Harper à l'occasion de
l'assemblée de l'Organisation des
États américains tenue
l'année dernière à
Carthagène, en Colombie.
Cette annonce est intervenue à la veille
de la réunion de la 43e Assemblée
générale de l'Organisation des
États américains au Guatemala, tenue
du 4 au 6 juin. L'Assemblée
générale a réuni la ministre
Ablonczy, au nom du Canada, et le
secrétaire d'État John Kerry pour le
compte des États-Unis, ainsi que les
ministres des Affaires étrangères de
32 des pays des Caraïbes et
d'Amérique latine -- tous les pays des
Amériques sauf Cuba. La
sécurité et le trafic de drogues en
Amérique latine et dans les Caraïbes
ont été les deux thèmes
abordés par l'OÉA en dépit de
l'expérience des peuples des
Amériques que le plus grand consommateur de
drogues sont les États-Unis mêmes qui
sont aussi le centre des cartels de la drogue qui
causent la mort et la destruction dans les pays
d'Amérique latine et des Caraïbes. Que
le Canada se joigne aux États-Unis dans la
fourniture de matériel militaire au
Guatemala, où les États-Unis ont
parrainé de violentes atteintes aux droits
humains qui ont conduit à une
décennie d'une sale guerre, est
inacceptable.

Négociations de paix en
Colombie
Entre le ciel et la terre
- Déclaration des Forces
armées révolutionnaires de Colombie
- Armée populaire (FARC-EP), 7 juin 2013 -
Les dialogues à La Havane sont dans
l'impasse à cause de celui qui veut passer
à l'histoire comme le président qui
a réalité la paix en Colombie.
La protestation légitime de la
République bolivarienne du Venezuela devant
le fait que le président Juan Manuel Santos
reçoive le chef de l'opposition Capriles au
palais de Nariño a des échos
très sentis.
Beaucoup croient que la visite à Bogota de
Joe Biden, vice-président des
États-Unis, est à l'origine de ce
spectacle donné par Santos. Et ils le lient
au plan de Washington avec à sa tête
un cheval de Troie appelé
« Alliance pacifique » qui,
dirigée de Washington, vise à
déstabiliser et à faire
dérailler les gouvernements populaires
comme ceux du Venezuela, de l'Équateur, de
la Bolivie et de l'Uruguay. Qu'est-ce qui
motiverait Santos à annoncer
l'entrée fantaisiste de la Colombie dans
l'OTAN ? De pouvoir menacer le Venezuela, le
Brésil ?
La prétention d'innocence du
président est difficile à croire car
Santos n'est pas un imbécile. En tant
qu'homme d'État, il doit mesurer l'effet de
ses actions.
Juan Manuel Santos savait que sa provocation
contre le gouvernement légitime du
Venezuela ferait des étincelles à la
table de dialogue à La Havane, parce que la
question du Venezuela, compagnon et facilitateur
du processus, est très sensible pour les
FARC qui voient le Venezuela comme le principal
facteur de confiance et par conséquent le
moteur du processus de paix.
Pour toutes ces raisons et parce que cela arrive
précisément au moment où le
désir de paix a planté son drapeau
sur l'Everest de la réconciliation
colombienne, encouragé par la conclusion
d'un accord partiel sur la question des terres, le
coeur du conflit, l'invitation que Santos a tendue
à Capriles laisse perplexe. Le geste a
dégonflé l'optimisme, le climat
favorable à la paix bâti avec tant
d'efforts à La Havane. Tout se
résume dans le fait que sans le Venezuela
les pourparlers de paix dans la capitale cubaine
n'auraient pas lieu.
Il est contradictoire, lamentablement
incohérent, d'aspirer à passer
à l'histoire comme le président qui
a réalisé la paix quand on lance des
attaques en rafale contre la paix. Le meurtre de
sang froid d'Alfonso Cano, le commandant et
champion de la réconciliation, est
maintenant une tache indélébile. Par
ailleurs personne ne peut comprendre pourquoi le
gouvernement rejette le nécessaire
cessez-le-feu bilatéral proposé par
les FARC depuis le début des pourparlers,
si ce que nous voulons c'est arrêter la
guerre. Au cours des six derniers mois, le
ministre de la Défense a agi comme un
tireur d'élite contre le processus, donnant
l'impression qu'il n'y pas unité de
pensée de la part du gouvernement. Le
président lui-même ne rate pas une
occasion de discréditer les participants
avec des accusations non fondées et des
menaces de rompre le dialogue.
Il y a aussi d'autres facteurs qui influent sur
le dialogue et la construction d'un accord, comme
l'irritant crack du fouet du gouvernement pour
accélérer la cadence. Quel est
l'empressement ? De précipiter un
mauvais accord, une paix mal ficelée ?
La progression d'un tel accord ne doit pas
être bousculée par une
élection ou un échéancier
législatif. Parallèlement aux
sessions à la table de négociation,
quelqu'un orchestre une campagne médiatique
en haut lieu, répandant avec une certaine
perfidie l'idée que d'un côté
il y a l'agresseur, la guérilla, et de
l'autre l'État angélique, flottant
innocemment, sans responsabilité historique
pour la violence et le terrorisme institutionnels.
Un gouvernement qui veut réellement la
paix ne tire pas toujours des lignes rouges de son
intransigeance, il agit avec magnanimité
pour faciliter la bonne entente. Où est la
bonne volonté, où est le bon
jugement ? Nous voyons ici une grande
incohérence. Et aussi de l'avarice quand on
base sa défense sur des arguments
obstinés et des privilèges
exorbitants. Ces attitudes n'aident pas à
établir un climat de paix. Pourquoi les
dialogues alors ?
Comprenez que ce n'est pas un processus de
soumission, mais de paix. Le but n'est pas
d'incorporer l'insurrection au système
politique actuel, tel qu'il est, sans aucun
changement favorisant les majorités
exclues. Pourquoi nous sommes-nous battus
alors ? Le meilleur épilogue de cette
guerre doit se conclure avec des changements
structuraux de nature politique, économique
et sociale qui permettront de surmonter la
pauvreté et l'inégalité.
Nous devons défendre ce processus de paix,
cet espoir. Après des décennies de
confrontation militaire nous devons combiner nos
volontés résolument, tout le monde,
le gouvernement, les guérillas des FARC et
les organisations sociales et politiques du pays,
pour atteindre la réconciliation
souhaitée avec justice sociale.
Qu'importent les Uribe et les Fedegan
[Fédération colombienne des
agriculteurs] si nous sommes résolus
à réaliser la paix ?
Secrétariat de l'état-major
général des FARC-EP
Montagnes de la Colombie, le 7 juin 2013

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
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