Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 98 - 11 juin 2013

Libérez les cinq patriotes cubains emprisonnés aux États-Unis!

Militante journée d'action à Washington
pour exiger la libération des Cinq


Libérez les cinq patriotes cubains emprisonnés aux États-Unis!
Militante journée d'action à Washington pour exiger la libération des Cinq

La stratégie du gouvernement Harper pour les Amériques
Un marchand de mort à la défense des intérêts des monopoles canadiens
Les griffes néolibérales s'enfoncent davantage dans le Pérou
Harper en Colombie
La commis-voyageur d'équipments de «sécurité» au Guatemala

Négociations de paix en Colombie
Entre le ciel et la terre - Déclaration des Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée populaire (FARC-EP)


Libérez les cinq patriotes cubains emprisonnés aux États-Unis!

Militante journée d'action à Washington
pour exiger la libération des Cinq

Dans le cadre des « Cinq Jours pour les Cinq » à Washington du 30 mai au 5 juin, une vigoureuse ligne de piquetage a été organisée devant la Maison Blanche le samedi 1er juin pour exiger la libération des cinq anti-terroristes cubains injustement emprisonnés aux États-Unis pour le « crime » d'avoir informé les autorités américaines de complots terroristes planifiés à partir de Miami. Des activistes de différentes organisations et comités pour la libération des Cinq en provenance entre autres de Washington, New York et Chicago aux États-Unis ainsi que du Canada, du Québec, d'Italie, d'Espagne, de Suède et de Porto Rico ont exprimé leur ferme appui au peuple cubain et exigé que justice soit faite. Pendant près de 3 heures, sous un soleil torride, les activistes ont scandé « Libérez les cinq héros cubains ! » et « Obama donne-moi les Cinq ! ».


La délégation montréalaise avant de quitter pour Washington, et leurs supporteurs, 31 mai 2013.

Le piquetage a été ainsi suivi par des interventions de représentants d'organisations sur l'avenue Pennsylvania devant la Maison Blanche. D'une seule voix, ils ont exigé la libération des cinq héros cubains et la levée du blocus contre Cuba et défendu les principes de relations d'égal à égal et d'avantage réciproque entre les peuples, et de non-ingérence. La politique de deux poids deux mesures des États-Unis qui permet aux terroristes notoires tel Luis Posada Carriles de circuler librement alors que les cinq antiterroristes cubains sont emprisonnés depuis plus de 15 ans a été dénoncée. Le président Obama utilise un pouvoir de décider qui doit vivre et qui doit être tué au nom de la lutte contre le terrorisme, a dit un représentant, se référant aux attaques ciblées par les drones contre des populations civiles. Le représentant de la délégation portoricaine a parlé de la lutte qui unit les Cinq aux prisonniers politiques portoricains emprisonnés aux États-Unis, dont le patriote portoricain Oscar Lopez Riviera en prison depuis 32 ans, qui s'opposent au diktat étatsunien contre leur peuple.

Pour les manifestants, même si René Gonzalez, un des Cinq, a été libéré, la lutte demeure entière pour libérer non pas un, deux, trois ou quatre héros, mais pour libérer les Cinq, soit : Gerardo Hernandez, Ramon Labañino, Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez, en plus de René Gonzalez.

En soirée, plus de 200 personnes ont participé à l'activité culturelle et oecuménique organisée pour les Cinq à l'église Saint Stephen. La vidéo de René Gonzalez s'adressant au peuple américain a été présentée et de nombreux représentants d'organisations religieuses et autres ont pris la parole pour réitérer leur appui au peuple cubain, le tout entrecoupé de chansons en hommage aux Cinq.

Justice pour les cinq anti-terroristes cubains !






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La stratégie du gouvernement Harper pour les Amériques

Un marchand de mort à la défense des intérêts des monopoles canadiens

Du 21 au 23 mai, le premier ministre du Canada Stephen Harper était en Amérique latine pour bien positionner les intérêts de certains des plus grands monopoles miniers canadiens aux dépens des peuples latino-américains. Les monopoles miniers canadiens sont continuellement impliqués dans des cas de violations des droits humains contre les peuples, y compris le meurtre d'activistes par des agences de sécurité privées.

Le 21 mai, Stephen Harper a fait la toute première visite d'un premier ministre canadien au Pérou, après quoi il s'est rendu à Cali, en Colombie, les 22 et 23 mai pour rencontrer les représentants de l'Alliance pacifique, constituée de la Colombie, du Pérou, du Mexique et du Chili.

Il y a une tendance qui ressort de cette visite et des visites passées de Stephen Harper dans les Amériques. Le gouvernement du Canada continue de consolider les intérêts des monopoles du secteur minier et d'autres secteurs par des accords de libre-échange et d'autres moyens. Cela comprend différentes activités pour saper les gouvernements démocratiquement élus pour mieux imposer le commerce néolibéral et les intérêts des monopoles. La réaction du Canada au coup d'État militaire au Honduras en 2009 fut pour le moins mitigée et il a continué de donner une « aide » militaire et de sécurité au gouvernement du coup d'État, blâmant le président démis Manuel Zelaya pour la violence du coup. En 2011, il a conclu un accord de libre-échange néolibéral avec le gouvernement antinational de ce pays. Et la plus notoire des interventions canadiennes dans cette région fut la participation du Canada au coup d'État qui a renversé le président Jean-Bertrand Aristide en Haïti en 2004 pour installer un régime de la démocratie des escadrons de la mort. Pendant des années les monopoles canadiens ont brutalement exploité le peuple haïtien et ils s'apprêtent maintenant à piller ses minéraux. Telle est la nouvelle contribution du Canada à la paix et à la démocratie dans les Amériques. Il n'est pas surprenant donc que la plupart des pays du continent voient le Canada et son partenaire les États-Unis comme un obstacle au progrès et au développement en Amérique latine.

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Les griffes néolibérales s'enfoncent
davantage dans le Pérou

Le 21 mai Harper a rencontré le président péruvien Ollanta Humala. Dans un communiqué conjoint suivant la rencontre, les deux chefs d'État ont noté que depuis 2009, lorsque sont entrés en vigueur les Accords de libre-échange et de coopération dans les domaines du travail et de l'environnement entre les deux pays, les échanges commerciaux bilatéraux ont augmenté de 48,8 %, atteignant plus de 4,2 milliards $ en 2012.

Compte-tenu du rôle du Pérou dans l'Alliance du Pacifique et dans le Partenariat transpacifique que reluquent les monopoles canadiens, le premier ministre Harper a annoncé « l'appui du Canada aux efforts déployés par le Pérou pour améliorer les processus d'étude d'impact environnemental des projets miniers et énergétiques ainsi que l'appui à la gouvernance des ressources naturelles ». Le fait que le gouvernement Harper usurpe le contrôle du pouvoir réglementaire en matière d'évaluations environnementales au Canada, c'est-à-dire accélérer le processus autorisant les projets exigés par les monopoles en déshabilitant les Premières Nations, est une bonne indication de ses visées au Pérou.

Harper a aussi annoncé « l'appui du Canada aux petites entreprises dans les régions extractives pour encourager la diversification économique ». Les deux dirigeants ont aussi discuté du récent Institut canadien international pour les industries extractives et le développement. Pour sa part le président Humala « a reconnu l'importance de cet Institut et le potentiel d'un partenariat avec celui-ci à l'avenir ».

De cette façon, l'aide offerte aux pays des Amériques sert clairement à faciliter le rôle des monopoles miniers et d'autres extractions de ressources dans ces pays, leur permettant de récolter des profits capitalistes maximum. L'idée d'offrir de l'aide aux pays en développement sur la base de l'avantage réciproque n'entre pas dans la tête des conservateurs puisque leur conception dominioniste ne leur permet pas de concevoir d'autres pays comme étant faits d'êtres humains luttant pour affirmer leurs droits. Ils les conçoivent plutôt comme des sources de richesse et des ressources humaines et naturelles qui ne demandent qu'à être exploitées sur le marché mondial.

Un autre point fort de la visite a été le renforcement de la position du Canada en tant que vendeur de produits militaires et de sécurité à certains régimes d'Amérique latine, sans doute pour aider ces derniers à « protéger » les investissements canadiens dans ces pays. Dans le communiqué conjoint, il est dit que les deux dirigeants ont « souligné également l'importance du protocole d'entente signé entre le ministère de la Défense du Pérou et la Corporation commerciale canadienne (CCC), une société d'État du gouvernement du Canada, qui facilitera les transactions de services ou d'exigences militaires et de défense pour le gouvernement du Pérou grâce à une entente de gouvernement à gouvernement ».

Un autre sujet de la réunion a été l'effort pour venir en aide à l'Organisation des États américains et son plan d'ingérence dans les affaires des pays de l'Amérique latine sous les auspices de la Charte démocratique interaméricaine. « Les dirigeants ont partagé leur vision commune du rôle qu'ils attribuent à l'Organisation des États américains et l'importance de renforcer la Charte démocratique interaméricaine. Les dirigeants se sont engagés à renforcer l'Organisation des États américains, le processus du Sommet et le système interaméricain des droits humains afin d'améliorer leurs capacités. »

Le contexte de la visite de Harper au Pérou

Le Pérou est devenu le deuxième partenaire commercial le plus important du Canada en Amérique latine et dans les Caraïbes. L'année dernière l'investissement direct du Canada au Pérou était de 6,9 milliards $, la majorité de ces investissements ayant été consacrés aux industries minières, pétrolières et gazières. Le Pérou est le plus grand producteur de cuivre, d'argent et d'or.

Le Pérou est aussi un pays d'importance en termes de l'aide bilatétale canadienne depuis 2009. Il a reçu 28 millions $ par le biais de l'Agence canadienne de développement international en 2011-2012 seulement. La majorité des fonds d'aide doit servir à promouvoir les projets de développement liés aux industries minières et à l'éducation.

Des entreprises minières comme Pan American Silver Corp. et Barrick Gold Corp. exploitent des mines au Pérou. Selon Jose de Echave, ancien vice-ministre de l'Environnement du premier cabinet du président Humala : « Un grand nombre d'anciens et d'actuels conflits miniers au Pérou sont liés à des entreprises canadiennes. »

Le plus récent de ces conflits implique Copper Candente, une entreprise établie à Vancouver, qui cherche à établir une mine de cuivre dans les forêts tropicales au nord du Pérou. Les dirigeants des communautés autochtones du Canaris disent qu'une telle mine détruirait leur source d'eau et leur moyen de subsistance. L'an dernier la communauté a tenu un référendum et 95 % de la population a voté contre la mine, mais la compagnie et le gouvernement n'ont pas tenu compte des résultats et sont allés de l'avant avec le projet. Le gouvernement péruvien tente présentement de nier le statut autochtone de la communauté en dépit du fait que les Canaris ont une certification formelle du gouvernement confirmant leur statut de communauté autochtone. Il semblerait bien que c'est ce problème épineux que l'aide canadienne cherche à régler sous la bannière de la « gouvernance des ressources naturelles ».

La violence a éclaté en janvier lorsqu'une manifestation pacifique contre la mine a été attaquée par la police péruvienne. La police a attaqué environ 400 cultivateurs en utilisant des gaz lacrymogènes. Selon des témoignages au moins 25 personnes ont été blessées, quatre d'entre elles ayant subi des blessures graves suite à des tirs de fusil et de balles de caoutchouc. Un processus de dialogue s'est ensuivi, composé de représentants de la compagnie, du gouvernement péruvien et de communautés locales. Cependant, les grands absents de ce processus sont les représentants des Canaris qui se sont vus refuser de participer aux récents dialogues.

Une autre entreprise minière présentement en conflit avec le peuple péruvien est la Macusani Yellowcake, une compagnie établie à Toronto et qui est impliquée dans le premier projet d'uranium du Pérou. Le projet de mine a été approuvé en avril. « Le gouvernement agit envers ce projet comme envers n'importe quel projet minier, sans aucune restriction tenant compte du fait qu'il s'agit d'une mine d'uranium », dit Jose de Echave. Il ajoute : « En plus, la communauté locale ne connaît aucunement l'ampleur des répercussions possibles. » Le projet a lieu dans le département Puno au Pérou, où des cultivateurs parlant la langue quechua gagnent leur vie au moyen de moyens de subsistance de base tels l'élevage de lamas et la culture de patates.

(Sources : The Tyee, Cabinet du premier ministre)

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Harper en Colombie

Le 23 mai, le premier ministre a participé pour la première fois à une réunion de l'Alliance pacifique. Ce bloc latino-américain centré sur le libre-échange et l'intégration économique regroupe la Colombie, le Pérou, le Mexique et le Chili. Selon l'Organisation mondiale du commerce, les pays de cette alliance ont exporté environ 534 milliards $ en 2011. Elle a été créée en 2012. Présentement le Canada a des ententes de libre-échange avec le Mexique, la Colombie et le Chili et est en négociation avec le Pérou. Il a le statut d'observateur à l'Alliance.

Pour donner un sens de la nature politique de ce que le Canada appelle le « libre-échange » en Amérique latine, les échanges commerciaux entre le Canada et les quatre pays de l'alliance ont totalisé 39 milliards $ en 2012, comparativement à 9,7 milliards $ avec les pays du MERCOSUR, qui regroupe l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay, le Venezuela et la Bolivie.

En Colombie, Harper a annoncé son soutien pour aider les jeunes des départements de Cauca et Nariño à avoir un meilleur accès à l'éducation. « L'une des priorités de développement du Canada en Colombie et dans les Amériques est d'aider les jeunes à aller à l'école et à y demeurer afin de s'assurer un meilleur avenir, a déclaré Stephen Harper. Le projet annoncé aujourd'hui aidera les enfants et les jeunes vulnérables du sud-ouest de la Colombie à recevoir l'éducation dont ils ont besoin pour réussir. » La prétention que c'est pour aider les jeunes à avoir un meilleur accès à l'école est difficile à croire quand on sait que le gouvernement canadien refuse obstinément de remédier aux problèmes d'accès à l'éducation des jeunes des Premières Nations dans le nord canadien, qui sont forcés de quitter leur communauté s'ils veulent s'instruire.

Alberto Acevedo du journal Voz fait remarquer que la région du Cauca « est un corridor stratégique qui donne l'accès le plus rapide possible à la côte pacifique et à l'Équateur. Le fait qu'elle se trouve dans les Andes veut dire qu'elle possède une grande variété de minéraux et de ressources naturelles.

« Au Cauca, il y a différents types de minéraux qui ont été découverts et amplement enquêtés par les agences de développement et les services du renseignement américains via satellite qui s'intéressent à livrer cette information à de grandes entreprises désirant piller nos ressources naturelles. »

« Nous savons que sous la surface de cette terre sacrée pour les populations autochtones il y a de l'or, du pétrole, du platine, du cuivre, du coltan et d'autres minéraux stratégiques. De grandes sociétés multinationales, notamment américaines, ont l'oeil sur les régions agricoles du Cauca, du Putumayo, de Caqueta et de Nariño depuis longtemps, depuis qu'ils forment une unité géographique. »

C'est un autre exemple de l'utilisation de l'aide par le gouvernement Harper pour saper la résistance des communautés locales aux activités des monopoles miniers canadiens. De grandes populations autochtones vivent dans les départements du Cauca et de Nariño, et plusieurs dans des régions littéralement autonomes. On y trouve aussi un grand nombre d'Afro-Colombiens avec une tradition minière artisanale. La soi-disant aide du Canada vise sans doute à mettre en action différentes ONG pour briser la cohérence de ces régions. L'initiative, qui a l'appui de l'Agence canadienne de développement international et du gouvernement de la Colombie, sera mise en oeuvre sur une période de cinq ans (2013-2018) par un consortium constitué d'Aide à l'enfance Canada et du Conseil norvégien pour les réfugiés.

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La commis-voyageur d'équipements
de «sécurité» au Guatemala

Le 3 juin, Diane Ablonczy, ministre d'État des Affaires étrangères (Amériques et Affaires consulaires), a annoncé la livraison de matériel financé par le Canada qui « améliorera la sécurité et la stabilité au Guatemala et dans l'ensemble de la région ».

L'équipement, y compris des caméras numériques, des radios, des jumelles et des ordinateurs, va être utilisé pour « permettre de faire des enquêtes plus approfondies sur des crimes majeurs, comme les activités criminelles transnationales et le trafic des stupéfiants. Le projet s'inscrit dans le Programme d'aide au renforcement des capacités de lutte contre la criminalité (PARCLC) et appuie directement les méthodes particulières d'enquêtes menées par le Bureau de la procureure générale du Guatemala. »

Est-ce que ce sont les genres de méthodes spéciales que le Canada soutient au Guatemala, conformément aux « méthodes particulières » du gouvernement Harper de donner à l'État toutes sortes de pouvoir pour violer les droits au nom de la lutte contre la criminalité, le terrorisme ou la pornographie infantile ? Est-ce que la notion de sécurité qu'il favorise au Guatemala s'inscrit dans le cadre des soi-disant valeurs canadiennes utilisées pour justifier la violation des droits nationaux et des soi-disant valeurs universelles de justice, de démocratie et de droits de l'homme pour justifier la violation des lois et des normes de relations internationales à l'étranger ?

En répandant parmi les Amériques la notion falsifiée du gouvernement Harper « d'agir de manière ferme face au crime, sauf le nôtre », une dépêche gouvernementale précise : « Dans le cadre de son engagement dans les Amériques, le Canada est déterminé à collaborer avec ses voisins de l'ensemble de la région afin d'améliorer la sécurité de tous ceux qui se disent fiers d'être des citoyens des Amériques », a déclaré la ministre Ablonczy. « L'appui du Canada aidera les autorités guatémaltèques à lutter contre le crime transnational, à en traduire en justice les responsables et à améliorer la sécurité de la population du Guatemala. »

Les projets relèvent de l'Initiative canadienne pour la sécurité en Amérique centrale lancée par le gouvernement Harper à l'occasion de l'assemblée de l'Organisation des États américains tenue l'année dernière à Carthagène, en Colombie.

Cette annonce est intervenue à la veille de la réunion de la 43e Assemblée générale de l'Organisation des États américains au Guatemala, tenue du 4 au 6 juin. L'Assemblée générale a réuni la ministre Ablonczy, au nom du Canada, et le secrétaire d'État John Kerry pour le compte des États-Unis, ainsi que les ministres des Affaires étrangères de 32 des pays des Caraïbes et d'Amérique latine -- tous les pays des Amériques sauf Cuba. La sécurité et le trafic de drogues en Amérique latine et dans les Caraïbes ont été les deux thèmes abordés par l'OÉA en dépit de l'expérience des peuples des Amériques que le plus grand consommateur de drogues sont les États-Unis mêmes qui sont aussi le centre des cartels de la drogue qui causent la mort et la destruction dans les pays d'Amérique latine et des Caraïbes. Que le Canada se joigne aux États-Unis dans la fourniture de matériel militaire au Guatemala, où les États-Unis ont parrainé de violentes atteintes aux droits humains qui ont conduit à une décennie d'une sale guerre, est inacceptable.

(Documents provenant des Affaires étrangères et commerce international, Canada)

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Négociations de paix en Colombie

Entre le ciel et la terre

Les dialogues à La Havane sont dans l'impasse à cause de celui qui veut passer à l'histoire comme le président qui a réalité la paix en Colombie.

La protestation légitime de la République bolivarienne du Venezuela devant le fait que le président Juan Manuel Santos reçoive le chef de l'opposition Capriles au palais de Nariño a des échos très sentis.

Beaucoup croient que la visite à Bogota de Joe Biden, vice-président des États-Unis, est à l'origine de ce spectacle donné par Santos. Et ils le lient au plan de Washington avec à sa tête un cheval de Troie appelé « Alliance pacifique » qui, dirigée de Washington, vise à déstabiliser et à faire dérailler les gouvernements populaires comme ceux du Venezuela, de l'Équateur, de la Bolivie et de l'Uruguay. Qu'est-ce qui motiverait Santos à annoncer l'entrée fantaisiste de la Colombie dans l'OTAN ? De pouvoir menacer le Venezuela, le Brésil ?

La prétention d'innocence du président est difficile à croire car Santos n'est pas un imbécile. En tant qu'homme d'État, il doit mesurer l'effet de ses actions.

Juan Manuel Santos savait que sa provocation contre le gouvernement légitime du Venezuela ferait des étincelles à la table de dialogue à La Havane, parce que la question du Venezuela, compagnon et facilitateur du processus, est très sensible pour les FARC qui voient le Venezuela comme le principal facteur de confiance et par conséquent le moteur du processus de paix.

Pour toutes ces raisons et parce que cela arrive précisément au moment où le désir de paix a planté son drapeau sur l'Everest de la réconciliation colombienne, encouragé par la conclusion d'un accord partiel sur la question des terres, le coeur du conflit, l'invitation que Santos a tendue à Capriles laisse perplexe. Le geste a dégonflé l'optimisme, le climat favorable à la paix bâti avec tant d'efforts à La Havane. Tout se résume dans le fait que sans le Venezuela les pourparlers de paix dans la capitale cubaine n'auraient pas lieu.

Il est contradictoire, lamentablement incohérent, d'aspirer à passer à l'histoire comme le président qui a réalisé la paix quand on lance des attaques en rafale contre la paix. Le meurtre de sang froid d'Alfonso Cano, le commandant et champion de la réconciliation, est maintenant une tache indélébile. Par ailleurs personne ne peut comprendre pourquoi le gouvernement rejette le nécessaire cessez-le-feu bilatéral proposé par les FARC depuis le début des pourparlers, si ce que nous voulons c'est arrêter la guerre. Au cours des six derniers mois, le ministre de la Défense a agi comme un tireur d'élite contre le processus, donnant l'impression qu'il n'y pas unité de pensée de la part du gouvernement. Le président lui-même ne rate pas une occasion de discréditer les participants avec des accusations non fondées et des menaces de rompre le dialogue.

Il y a aussi d'autres facteurs qui influent sur le dialogue et la construction d'un accord, comme l'irritant crack du fouet du gouvernement pour accélérer la cadence. Quel est l'empressement ? De précipiter un mauvais accord, une paix mal ficelée ? La progression d'un tel accord ne doit pas être bousculée par une élection ou un échéancier législatif. Parallèlement aux sessions à la table de négociation, quelqu'un orchestre une campagne médiatique en haut lieu, répandant avec une certaine perfidie l'idée que d'un côté il y a l'agresseur, la guérilla, et de l'autre l'État angélique, flottant innocemment, sans responsabilité historique pour la violence et le terrorisme institutionnels.

Un gouvernement qui veut réellement la paix ne tire pas toujours des lignes rouges de son intransigeance, il agit avec magnanimité pour faciliter la bonne entente. Où est la bonne volonté, où est le bon jugement ? Nous voyons ici une grande incohérence. Et aussi de l'avarice quand on base sa défense sur des arguments obstinés et des privilèges exorbitants. Ces attitudes n'aident pas à établir un climat de paix. Pourquoi les dialogues alors ?

Comprenez que ce n'est pas un processus de soumission, mais de paix. Le but n'est pas d'incorporer l'insurrection au système politique actuel, tel qu'il est, sans aucun changement favorisant les majorités exclues. Pourquoi nous sommes-nous battus alors ? Le meilleur épilogue de cette guerre doit se conclure avec des changements structuraux de nature politique, économique et sociale qui permettront de surmonter la pauvreté et l'inégalité.

Nous devons défendre ce processus de paix, cet espoir. Après des décennies de confrontation militaire nous devons combiner nos volontés résolument, tout le monde, le gouvernement, les guérillas des FARC et les organisations sociales et politiques du pays, pour atteindre la réconciliation souhaitée avec justice sociale. Qu'importent les Uribe et les Fedegan [Fédération colombienne des agriculteurs] si nous sommes résolus à réaliser la paix ?

Secrétariat de l'état-major général des FARC-EP
Montagnes de la Colombie, le 7 juin 2013

(Traduction : LML)

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