|
Numéro 96 - 7
juin
2013
Opposition à l'assaut
contre
les conditions de vie et de travail
À la défense des
droits de
tous
Près de
300
représentatns syndicaux du Québec
se sont
rassemblés à Drummundville le 27
mai pour planifier la
mobilisation contre les demandes de concessions
des compagnies de la
construction. (FTQ-Construction)
Opposition
à
l'assaut
contre les conditions de vie et de travail
• Les travailleurs de la
construction rejettent
les demandes de concessions et réclament
des
améliorations à leurs conditions
de travail
• Les camionneurs
rejettent la destruction
nationale et la logique insensée des
concessions -
Normand Chouinard
• Les travailleurs des
concessionnaires
automobiles du Saguenay-Lac-St-Jean entament
leur troisième mois
de lockout
• Les ouvriers
spécialisés du
secteur public du Québec exigent des
correctifs salariaux
Opposition à l'assaut
contre les
conditions de vie et de travail
Les travailleurs de la construction rejettent
les
demandes de concessions et réclament des
améliorations
à leurs conditions de travail


|
Lors d'une conférence de presse le 30 mai
dernier, l'Alliance syndicale de la construction,
qui représente
les cinq syndicats de la construction du
Québec, a
annoncé que les 175 000 travailleurs
de la construction
entreront en grève le 17 juin prochain
s'il n'y a pas
signature d'une convention collective qui soit
acceptable pour les
travailleurs. Les négociations dans le
secteur de la
construction comprennent le renouvellement de
quatre conventions
collectives sectorielles pour les secteurs
industriel, institutionnel
et commercial, génie civil et voirie et
résidentiel, et
une convention collective commune à tous
les travailleurs avec
des clauses comme les assurances et les
régimes de
retraite. Les cinq syndicats de la construction,
qui sont
regroupés pour les fins de la
négociation dans l'Alliance
syndicale de la construction, sont le Conseil
provincial du
Québec des métiers de la
construction (International), la
FTQ-Construction, la CSN-Construction, la
CSD-Construction
et le Syndicat québécois de la
construction. Les
conventions collectives sont échues depuis
le 30 avril et la
période légale de droit de
grève et lockout a
débuté le premier juin. Les cinq
syndicats de la
construction ont obtenu de forts mandats de
grève et
l'Association de la construction du
Québec (ACQ), qui représente les
propriétaires des
secteurs industriel et commercial/institutionnel,
a obtenu un mandat de
lockout en début de juin.
Lors du point de presse, l'alliance syndicale a
annoncé que les négociations
achoppent à la fois
sur les demandes inacceptables de concessions que
font les associations
patronales et leur refus d'accéder aux
justes demandes des
travailleurs pour améliorer leurs
conditions, en particulier en
ce qui concerne la demande de revoir à la
hausse le
remboursement des frais de déplacement qui
grugent une part de
plus en plus importante du salaire des
travailleurs de la construction.
Le salaire moyen annuel des travailleurs de la
construction au
Québec est d'environ 35 000 $ par
année (un
salaire horaire moyen de 35,94 $ de l'heure
pour en moyenne
seulement 980 heures de
travail par année, l'équivalent
d'environ
25 semaines de 40 heures). Les demandes de
concessions des
associations patronales visent en particulier
l'augmentation de la
durée de la journée et de la semaine
de travail, ce que
les travailleurs de la construction associent
à un retour de
plusieurs décennies en arrière et
à l'aggravation
des conditions
de santé et de sécurité dans
l'industrie qui sont
déjà très mauvaises.
L'Alliance appelle les associations patronales
à
négocier de bonne foi pour en arriver
à des conventions
collectives qui soient acceptables pour les
travailleurs, plutôt
que de présenter des demandes de
concessions qui font reculer
les conditions de vie et de travail et de se
préparer au
lockout. Chaque jour qui passe sans que les
conventions
collectives soient signées prive les
travailleurs d'environ
53 $ par semaine selon l'alliance parce que
dans l'industrie de la
construction, les augmentations de salaire qui
sont accordées en
vertu du nouveau contrat ne sont pas
rétroactives au moment
où la convention est échue.
Le Marxiste-Léniniste appelle
tous les
travailleurs à s'informer de la situation
qui fait face aux
travailleurs de la construction et à
appuyer leur juste lutte
contre les concessions et pour des conditions de
travail qui
correspondent au travail qu'ils font.
Extraits des remarques de Donald Fortin, le
porte-parole de l'Alliance syndicale de la
construction au point de
presse du 30 mai
« Voici quelques-unes des demandes
patronales
qui sont inacceptables :
« La semaine de travail potentielle
sur
6 jours. L'Association de la
construction du Québec
(ACQ) demande de pouvoir faire travailler les
employés le samedi
à temps simple s'ils n'ont pas
complété leurs 40
heures du lundi à vendredi pour cause
d'intempéries.
N'oublions pas que l'intempérie est
déterminée par
l'employeur.
« La mobilité provinciale.
Les
patrons désirent obtenir une
mobilité provinciale quasi
complète (de la main-d'oeuvre — ndlr).
Cette mesure
enlèverait des milliers d'emplois aux
travailleurs à
l'extérieur des grands centres. Ces
régions ont besoin
d'emplois et méritent de profiter des
investissements
effectués chez
elles.
« Modification de la plage-horaire.
C'est un des éléments essentiels des
demandes patronales.
« L'ACQ propose de modifier la
plage
horaire. Actuellement les travailleurs font
leurs 8 heures
à l'intérieur d'un horaire entre
6 heures le matin
et 17 heures 30. La partie patronale demande
de ramener cela entre
5 heures 30 le matin jusqu'à
19 heures le soir, pour
faire le 8 heures à
l'intérieur de cela. Il existe
déjà dans les
conventions actuelles des modalités si on a
des besoins
spéciaux pour modifier l'horaire de
travail, si par exemple on
veut travailler sur un pont et on veut être
là avant
l'heure de grande circulation, etc. il existe des
procédures
dans les conventions collectives. Vous savez, en
2013, on ne peut pas
jouer avec
les travailleurs de la construction comme cela, en
disant que demain
matin tu rentreras à 5 heures et
demie, ou bien on annonce
du mauvais temps alors tu commenceras à
11 heures. Les
travailleurs ont besoin d'un encadrement pour
savoir où ils s'en
vont. Ce qui est sur la table, c'est quelque chose
sans queue ni
tête au choix de
l'entrepreneur. Encore pire, on nous dit que s'il
y a
intempérie, alors le travailleur se fera
payer à partir
de 5 heures et demie, puis à
7 heures, l'employeur
décide qu'il y a intempérie, il
demande au travailleur de
rentrer chez lui et de revenir le samedi pour
finir sa semaine, on
revient aux années 1970.
« L'abolition du temps double.
Les
employeurs désirent imposer le temps et
demi pour les heures
supplémentaires effectuées la
semaine ou le samedi. Cette
mesure pourrait coûter jusqu'à
3000 $ par
année pour les travailleurs de certains
secteurs
« De notre côté, les
demandes
syndicales en ce qui a trait aux salaires et
avantages sociaux
représentent un montant de 1,40 $
l'heure. Ce montant
calculé de façon annuelle
représente environ
1400 $ pour la moyenne des heures
travaillées par
employé soit 980 heures.
« Quant aux demandes de remboursement
des
frais de transport, il faut comprendre que les
travailleurs de la
construction sont des travailleurs
itinérants. Ils sont sujets
à des déplacements fréquents
et variés
dépendamment de l'emplacement des
chantiers. Posséder un
véhicule n'est pas un choix pour nos
membres, mais une
obligation. Nos
demandes ont pour seul objectif de nous assurer
que le système (des
remboursements
pour
frais de déplacement — ndlr)
réponde à la réalité
actuelle des
coûts de l'essence et de l'utilisation d'un
véhicule.
« Une des priorités pour
l'alliance
syndicale c'est de revoir la formule de calcul des
frais de transport.
Cette formule-là, cela fait 30 ans qu'on a
la même,
peut-être que c'était applicable
quand les coûts de
l'essence étaient raisonnables. Mais avec
des coûts de
l'essence à 1,40 $ le litre, ne pas
savoir d'avance si tu
vas travailler cette
journée-là ou pas, être
obligé de revenir la
semaine d'après, ça n'a pas de sens.
On veut revoir la
formule de remboursement pour qu'elle soit plus
équitable pour
l'ensemble des travailleurs. Si un travailleur
fait 100 km par jour,
cela fait 500 kilomètres par semaine et il
prend l'argent sur
son chèque de paie. »

Les camionneurs rejettent la destruction
nationale et
la logique insensée des concessions
- Normand Chouinard -
La destruction manufacturière des
dernières années avec notamment les
fermetures massives
d'usines de production dans tous les secteurs
clé de
l'économie, particulièrement depuis
la crise
financière de 2008 qui a grandement
aggravé la situation,
a mis énormément de pression sur les
travailleurs de
l'industrie du transport, spécialement ceux
en
première ligne, les camionneurs.
Le transport
de biens
manufacturés est
nécessairement lié aux nombreux
domaines de la production
industrielle moderne. Le transport de masse des
marchandises, de pair
avec le développement d'infrastructures
routières
modernes, permettent une circulation continue des
biens
manufacturés et représentent une
condition vitale
à la création de la
richesse. Sans nul doute dans leur esprit, les
camionneurs jouent un
rôle très important dans
l'économie et la
société. C'est essentiellement pour
cette raison que la
crise du secteur manufacturier provoque une
détérioration
rapide de leurs conditions de travail et de leur
niveau de vie.
Malgré tout un tapage médiatique et
une
désinformation constante depuis les dix
dernières
années à l'effet qu'une
pénurie de chauffeurs
menace la santé de l'économie, dans
les faits les
camionneurs vivent une compétition
effrénée entre
eux pour l'ouvrage disponible. Cette
compétition est
orchestrée de toutes pièces par : 1.
les grands
monopoles toujours plus intéressés
à
transférer dans leurs coffres une part plus
grande de la valeur
créée par les camionneurs, 2. les
plus grandes compagnies
de transport qui se font concurrence pour les
grands contrats mais qui dans les faits sont
très unies à abaisser les salaires
et
conditions de travail des camionneurs, 3. la
complicité des
gouvernements qui facilitent la
déréglementation du
transport, refusent de renouveler les lois de
l'industrie pour garantir
les droits des camionneurs et ne prennent aucune
mesure pour freiner la
destruction nationale des monopoles.
Le calcul est simple : une usine relativement
productive
ferme et c'est du travail en moins pour les
camionneurs. Comment
peut-on parler de pénurie de chauffeurs
quand on connaît
l'ampleur de la destruction manufacturière
? Les départs
à la retraite des vieux chauffeurs
n'expliquent pas tout. Au
contraire, l'insécurité
économique actuelle
force ces mêmes chauffeurs à conduire
beaucoup plus
longtemps qu'ils l'auraient pensé. La
réponse se trouve
dans la destruction continue de cette force
productive que
représentent les camionneurs, c'est
à dire les attaques
constantes contre leurs conditions de travail et
leur niveau de vie qui
engendrent une instabilité permanente dans
l'industrie du
transport au profit des monopoles. Ceux-ci forcent
les grandes
compagnies de transport (comme les plus petites)
à soumissionner
aux plus bas prix possible, puis se tournent de
bord et exigent des
concessions de plus en plus grandes à leurs
chauffeurs.
La crise manufacturière des
dernières
années a fait en sorte que les chauffeurs
se font
littéralement submerger dans un trou
béant de concessions
et se font demander par la suite à quelle
profondeur ils veulent
se faire enterrer. Ce sont de véritables
« blitzkrieg
» de concessions qui visent ni plus ni moins
qu'à faire
perdre la boussole aux
travailleurs pour les convaincre qu'aucune autre
alternative n'est
possible.
En
même temps que se
mène cette offensive,
leur dignité est mise à rude
épreuve parce qu'on
leur nie le rôle important qu'ils jouent
dans l'économie.
À ce titre, les cercles dirigeants des
monopoles, des grandes
compagnies de transport et des gouvernements n'ont
jamais rien fait
pour que soit reconnu professionnellement le
métier de
camionneur dans la société et dans
l'industrie tandis que
les différents corps de métiers de
la construction par
exemple sont reconnus professionnellement. (La
question d'un
décret national balisant les conditions de
travail du
métier est ce qui revient le plus souvent,
entre autres choses,
dans la discussion parmi les camionneurs.)
En établissant la norme professionnelle du
métier, les camionneurs eux-mêmes
pourraient stipuler,
dans le cadre de ce décret national par
exemple, les exigences
minimum du camionnage en termes de salaires et de
conditions de vie
correspondant à un standard canadien. Les
chauffeurs pourraient
par la suite demander des comptes aux
différents
niveaux de gouvernements pour qu'ils
légifèrent pour
protéger le métier de camionneur et
l'industrie du
transport en général. Ce
décret ferait partie
intégrante de leur programme politique pour
décider de
leur avenir et serait un excellent point de
départ pour
résoudre les problèmes auxquels ils
sont
confrontés et ainsi donner une nouvelle
direction à
l'industrie du transport.
Le décret pourrait aussi intégrer
des
clauses qui facilitent l'organisation collective
des chauffeurs. Le
placement syndical de la main-d'oeuvre peut
être également
une avenue que les chauffeurs pourraient explorer.
Cela pourrait leur
permettre d'avoir un oeil sur l'application du
décret. D'autres
mesures facilitant la viabilité des petites
entreprises
de transport via un système de subventions
aux PME peuvent aussi
être envisagées, soit par des
programmes d'aide aux
employés ou par des crédits
d'impôt aux
entreprises. Bref, toutes sortes de mesures
alternatives susceptibles
de donner une nouvelle direction à
l'industrie peuvent
être mises à l'ordre du jour de la
discussion.
L'important est de trouver des solutions
concrètes. La première condition
pour y arriver par
contre est de limiter le droit des monopoles de
toujours siphonner dans
leurs coffres une plus grande partie de la valeur
créée
par les camionneurs. Ces derniers prennent
position individuellement et
collectivement pour s'opposer aux fermetures des
usines et pour défendre leurs
intérêts. Ils
résistent du mieux qu'ils peuvent aux
assauts
répétés qu'ils confrontent et
vont de l'avant. Il
y a une alternative à la destruction
manufacturière,
à la crise et aux concessions permanentes.
Les gouvernements
doivent rendre des comptes et protéger les
camionneurs contre
les attaques des monopoles visant à les
réduire à l'esclavage.
A titre d'information
Les conditions de travail des camionneurs du
Québec
Voici à titre d'information certaines
réalités de la vie quotidienne des
camionneurs et les
nombreuses demandes de concessions qui leur sont
faites d'année
en année. Le camionnage étant une
industrie très
diversifiée, les conditions de chaque
secteur sont
relatives à chacun mais tous connaissent un
dénominateur
commun : les concessions permanentes.
- En 2011,
le quart (25,3 %)
des 150
878 salariés de l'industrie du
transport et de
l'entreposage au Québec étaient
rattachés au
sous-secteur du transport par camion.
Malgré cette part
importante, depuis 2007 le nombre de
salariés de ce secteur a
diminué en moyenne de 2,6 % par
année. Le
sous-secteur du transport en
commun et du transport terrestre de voyageurs est
le deuxième
plus important au Québec en 2011 ; il
accapare presque le
quart (23,9 %) des salariés de
l'industrie du transport et
de l'entreposage. Au Canada, cette part est
moindre, soit de
17,8 %. Entre 2007 et 2011, la baisse la
plus remarquable du
nombre de salariés est
survenue dans le sous-secteur du transport
ferroviaire au
Québec, la diminution moyenne ayant
été de
9,1 % par année.
- Le camionnage d'aujourd'hui se modernise
rapidement,
les systèmes informatiques modernes
d'aujourd'hui facilitent et
accélèrent le volume des
transactions effectuées
par les camionneurs. La surveillance
électronique des chauffeurs
permet d'intensifier toujours plus le tempo du
travail des chauffeurs
et rend aussi les équipements plus
efficaces et permet des économies de
carburant. Par
conséquent, les camionneurs n'ont jamais
été aussi
productifs. Dans la plupart des secteurs du
camionnage, les chauffeurs
sont dorénavant soumis aux mêmes
rigueurs et à la
même discipline que les ouvriers de
production industrielle.
- La baisse des volumes de production dans les
usines et
la disparition de la production liées aux
fermetures des usines
manufacturières ont entraîné
inévitablement
une baisse des volumes de marchandises en
circulation dans les camions
qui assurent les livraisons quotidiennes dans tout
le Québec.
Cette baisse de volume se répercute sur le
temps
de travail des chauffeurs qui voient leurs
salaires amputés et
vivent une insécurité quasi
permanente. Selon l'Institut
de la statistique du Québec, le nombre de
chauffeurs de camion
est passé de 42 476 en
2007 à 38 193 en 2011.
- Depuis 2008, bon nombre de compagnies de
transport ont
gelé le salaire de leurs chauffeurs ou
encore consenti à
des augmentations de salaires risibles en-dessous
de l'inflation. Ils
ont également supprimé ou
réduit certains
« avantages » tels le linge
de travail, les
bottines de sécurité, les outils,
les gants de travail,
etc. Ils ont
également ciblé les temps de travail
pour les inspections
mécaniques, réduit le temps des
pauses et des repas, le
temps pour remplir la paperasserie, les temps de
toilette, etc.
- Certaines entreprises de transport vont
même
jusqu'à négliger l'entretien
mécanique de leur
propre flotte pour diminuer leurs coûts,
espaçant les
entretiens requis par les fabricants (changements
d'huile, graissage,
changements de pneu, etc.)
- Les agences de personnel à bas prix qui
misent
sur une main d'oeuvre à bon marché
non syndiquée
(femmes, immigrants, jeunes) sont
omniprésentes dans la plupart
des compagnies de transport qui les utilisent pour
intensifier la
concurrence entre les chauffeurs pour le travail
disponible. Cette
situation compliquée mine la
résistance organisée
et unie des travailleurs de cette industrie.
- L'industrie du transport est composée
d'une
myriade de petites, moyennes et grandes
entreprises. Cela fait suite
aux déréglementations successives
des années 90 et
2000 contre lesquelles les chauffeurs
indépendants ont
mené de grandes luttes qui ont rapidement
été
criminalisées par l'État. Même
dans les grandes
entreprises, il existe plusieurs
unités plus ou moins indépendantes
(départements,
terminaux, chauffeurs autonomes, agences). Cette
situation rend
très difficile la communication entre les
chauffeurs qui se
retrouvent forcément chacun dans son
« coin ».
- La crise de 2008 a durement touché
le
camionnage. La baisse des exportations et des
importations a fait
chuter de manière drastique le transport
inter modal
(camion-train-bateaux). Les terminaux ferroviaires
ne fonctionnent pas
du tout à plein régime, ils n'ont
jamais retrouvé
le niveau de circulation d'avant 2007. Le nombre
de salariés
au Québec dans le secteur ferroviaire est
passé de
10 129 à 6912 de
2007 à 2011. Le volume des
conteneurs transportés par camion est
très instable. Les
chauffeurs attitrés à ce secteur
font partie des
travailleurs les plus vulnérables de
l'industrie du transport.
- L'investissement public des dernières
années au Québec pour moderniser les
infrastructures
routières, les viaducs et les ponts a
permis aux chauffeurs des
entreprises privés ou publiques oeuvrant
dans ce domaine d'avoir
une relative sécurité d'emploi. Les
camionneurs
travaillant dans les secteurs publics connaissent
généralement de meilleures
conditions de travail que ceux des entreprises
privées.
- La crise manufacturière a affecté
durement les camionneurs dans les régions
du Québec. Les
régions plus ou moins
éloignées des grands centres
sont les endroits où les salaires des
chauffeurs et leurs
conditions se sont le plus
détériorés. Dans
certaines villes, il n'est pas rare de voir des
chauffeurs de camion
travailler pour 12-14 dollars
l'heure alors que la moyenne à
Montréal est d'environ
17-18 dollars l'heure. Les chauffeurs de
camion dans les
régions se retrouvent totalement à
la merci des
compagnies de transport qui sont souvent les seuls
employeurs qu'ils
peuvent trouver.
- Les chauffeurs de camions ont rarement
l'occasion de
connaître un horaire stable leur permettant
de profiter de leur
vie familiale, politique, sportive ou sociale.
- Les
compagnies de transport se
sont liguées
contre le temps payé en temps
supplémentaire. Elles
veulent ainsi forcer les chauffeurs à
abandonner leur droit
d'être payés à temps
supplémentaire
après leur semaine normale de travail. Leur
intention est
d'affamer les chauffeurs pour qu'ils acceptent de
travailler un plus
grand nombre d'heures à
temps régulier et éliminer ainsi la
notion du droit
à du temps supplémentaire.
Les camionneurs syndiqués se voient
imposer des
clauses orphelines qui créent deux
catégories de
chauffeurs au sein d'une même entreprise. La
non-acceptation de
ces clauses se transforme en menace de fermeture
de la compagnie ou de
mises à pied.
- Les compagnies de transport exigent toujours
une plus
grande flexibilité de leur main-d'oeuvre et
des semaines de
travail toujours plus grandes.
- Les programmes d'assurances collectives sont
charcutés ainsi que les REER collectifs et
autres programmes
gouvernementaux.

Les travailleurs des concessionnaires
automobiles
du Saguenay-Lac-Saint-Jean entament
leur troisième mois de lockout
Quelque 450
travailleurs chez
26 concessionnaires
automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont en
lockout depuis fin
février début mars et les
travailleurs d'un 27e
concessionnaire sont en grève. Ces
travailleurs sont membres du
Syndicat démocratique des employés
de garage du
Saguenay-Lac-Saint-Jean affilié à la
Centrale des syndicats
démocratiques (CSD). Selon le syndicat, les
travailleurs font
face à des demandes de concessions qui
équivalent
à toutes fins pratiques au
démantèlement de leur
convention collective et ils font face aussi
à une attitude de
provocation de la part de la Corporation des
concessionnaires
automobiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui
dénote une tentative
de briser le syndicat.
« Il y a trois points majeurs en
litige
à mon avis, a dit Gilles Prud'homme,
conseiller syndical du
Syndicat National des employés de garage du
Québec (CSD),
au Marxiste-Léniniste. Le
premier point, c'est la
garantie de travail. Ces gens-là qui se
rendent au travail le
lundi matin savent qu'ils vont faire leur semaine
complète
de travail de 36 heures. Ce que l'employeur
aimerait c'est de
pouvoir dire au travail que 'demain tu ne rentres
pas parce que je n'ai
pas d'ouvrage, peut-être que tu reviendras
mercredi. L'autre est
l'utilisation de la sous-traitance, un point
majeur pour le syndicat.
Les employeurs voudraient qu'une pièce qui
ne provient pas du
manufacturier
puisse être envoyée et posée
en sous-traitance.
«Le troisième point en litige c'est
la
semaine de travail. Depuis une douzaine
d'années au
Saguenay-Lac-Saint-Jean, les travailleurs ont une
semaine de travail de
4 jours, 9 heures par jour, pour un
total de 36 heures
par semaine. Ce n'est pas un arrangement du genre
4 jours pour
36 heures payé 40 heures. Ils
travaillent 36 heures et sont payés
pour 36 heures.
L'employeur veut enlever la semaine de travail de
4 jours et la
remplacer par une semaine de 5 jours avec 40
heures de
travail. »
Le syndicat estime que si la semaine de travail
est
changée de cette manière, une
centaine de
mécaniciens à l'emploi des
concessionnaires pourraient
perdre leur emploi. La Corporation des
concessionnaires ne fait pas de
mystère sur son intention de
réécrire de fond en
comble la convention collective actuelle qu'elle
estime
inadaptée aux réalités
du marché et elle refuse tout simplement de
discuter avec le
syndicat sur une base autre que le
démantèlement de leur
convention collective.
Selon le syndicat, le lockout a été
organisé de longue date. La Corporation des
concessionnaires a
notamment préparé le terrain depuis
plus d'un an en
transformant des employés en cadres, leur
demandant
d'émettre des avis disciplinaires
réguliers qu'il y ait
matière ou non afin de consolider
« légalement » leur
position en tant que
cadres qui feront donc le travail des travailleurs
une fois le lockout
décrété. Le syndicat dit
aussi que les
concessionnaires ont mis de l'argent de
côté depuis un bon
moment (50 $ par voiture vendue) pour se
préparer au
lockout.
Les travailleurs ont été
frappés
d'injonctions dès les premiers jours du
lockout. Les
concessionnaires avaient mis des murs de
béton et des
chaînes devant les endroits de travail pour
créer
l'impression que les travailleurs s'en prendraient
physiquement aux
installations et ils ont immédiatement
obtenu des injonctions
qui limitent à cinq le
nombre des piqueteurs à chaque place de
travail et interdisent
le piquetage devant les entrées.
Les travailleurs des concessionnaires continuent
leur
juste lutte pour leurs conditions de travail et la
défense du
syndicat. Ils reçoivent de précieux
appuis pour les aider
à combattre le lockout et à tenir le
temps voulu. Le
syndicat estime que si les concessionnaires ont
fait un lockout au
printemps, qui avec l'automne est leur saison la
plus
achalandée, c'est qu'ils veulent soumettre
les travailleurs
à un long siège. Le 25 avril,
une quinzaine de
représentants syndicaux de diverses
affiliations syndicales ont
tenu une réunion où ils ont
donné leur appui, y
compris financier, aux lockoutés. Il y
avait des
représentants du Syndicat des travailleurs
d'Alma, du Conseil
central de la CSN
pour la région, du conseil régional
de la FTQ, du
Syndicat des métiers d'Hydro-Québec,
de la
Fédération interprofessionnelle de
la santé du
Québec et de plusieurs autres syndicats,
notamment des
employés de garage de la région de
Québec, aussi
de la CSD, qui ont connu un long lockout en 2002.
Une forme d'appui qui
est en train de se
généraliser c'est le refus des
travailleurs de franchir
les lignes de piquetage des employés des
concessionnaires, ce
qui veut dire ne pas y acheter ou faire
réparer de voitures tant
que le conflit n'est pas réglé.
Les travailleurs des concessionnaires
apprécient
l'aide y compris monétaire qui arrive
à point et
espèrent que cela va amener les
concessionnaires à
fléchir et à revenir à la
table pour retirer leurs
demandes de concessions et signer une convention
collective qui leur
est acceptable.

Les ouvriers spécialisés du
secteur
public du Québec exigent des correctifs
salariaux
Près
de 200 ouvriers
spécialisés du secteur public du
Québec ont
manifesté au Parc Émilie-Gamelin le
30 avril, pour
accentuer la pression sur le Conseil
du trésor afin que puissent se boucler les
travaux,
amorcés en 2010, sur les problèmes
de rareté de
main-d'oeuvre dans les réseaux de
l'éducation et de la
santé
et des services sociaux ainsi que dans la fonction
publique. Ils
désirent notamment que des correctifs
salariaux soient
apportés afin de combler les écarts
grandissants entre les salaires accordés
dans le secteur
privé et ceux du secteur public.
Ainsi, un électricien gagne en moyenne 22
$
l'heure dans le secteur public, alors que le
salaire moyen au
privé se situe à 33 $. Pour les
menuisiers, les
machinistes et les mécaniciens, les
salaires du secteur public accusent
également un retard de 11 $ l'heure
comparativement au privé. Pour les
travailleurs, cet
écart salarial explique en grande partie
les difficultés
de recrutement que vivent les
établissements publics des
réseaux de l'éducation et de la
santé et des
services
sociaux.
« Avec des salaires aussi bas, plus
personne ne
veut travailler dans le secteur public. Les
directions doivent avoir
recours à des sous-traitants, à des
coûts
faramineux. Il est urgent qu'on règle la
question de la
rémunération des ouvriers
spécialisés :
nous pourrons ainsi conserver l'expertise dans le
réseau public
et économiser des sommes importantes en
cessant de faire
constamment appel à des sous-traitants au
moindre petit
problème », ont déclaré
les porte-parole des
différentes organisations syndicales.
On se rappellera que lors de la
négociation du
secteur public de 2010, le gouvernement et les
centrales syndicales
s'entendaient pour mettre sur pied un
comité de travail afin d'analyser la
situation d'environ 7000
ouvriers spécialisés dans le secteur
public et de
proposer des solutions.
Environ 7000 ouvriers spécialisés
(électriciens, plombiers, tuyauteurs,
frigoristes,
mécaniciens, etc.) travaillent dans les
établissements
publics du Québec.
Ils sont représentés par la
Fédération de
la santé et des services sociaux (CSN), la
Fédération des employées et
employés des
services publics (CSN), le Syndicat
québécois des employées et
employés de
services (FTQ), le Syndicat canadien de la
fonction publique (FTQ), le
Syndicat des employées et employés
professionnels-les et de bureaux (FTQ) l'Union des
employées et
employés de services (FTQ), la Centrale des
syndicats du
Québec (CSQ) et le Syndicat de
la fonction publique et parapublique du
Québec (SFPQ).

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca
|