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Numéro 93 - 4
juin
2013
Le gouvernement du Canada
plongé dans le scandale
La trahison de
l'intérêt
public
Le
gouvernement du Canada plongé dans le
scandale
• La trahison de
l'intérêt public
Opposition
à
l'offensive antisociale en Alberta
• C'est au peuple
albertain de décider
de la direction des affaires en éducation
- Dougal
MacDougal
• Manifestation au
congrès d'orientation
des progressistes-conservateurs
Le gouvernement du Canada
plongé
dans le scandale
La trahison de l'intérêt public
Aujourd'hui la trahison de l'intérêt
public
en faveur du droit de monopole se fait si
effrontément et la
concurrence pour le butin du pouvoir est si
intense
que les scandales se succèdent et
s'empilent plus rapidement que
jamais. Même le tout-puissant Stephen Harper
sera incapable de
les maintenir sous contrôle.
Il peut se complaire à l'idée que
les scandales qu'il vit
présentement ne sont rien comparés
au scandale des
commandites qui a fini par avoir raison du
gouvernement de Jean Chrétien,
malgré les tentatives de
réforme de la loi électorale, mais
il s'illusionne. Les
scandales ont habituellement quelque chose
à voir
avec un chantage, alors Harper, ses courtisans et
les médias
monopolisés nous cachent-ils quelque
chose ? Nous pensons
que oui. Les choses finissent
par se savoir et plus on tente d'étouffer
la
vérité plus le spectacle est
grossier et sordide.
Le débat sur l'avenir du Sénat
montre que
les
Canadiens doivent prendre leurs affaires en main
Le récent scandale impliquant des
sénateurs
nommés par Stephen Harper accusés
d'avoir fait de fausses
réclamations de dépenses
était déjà
un scandale de trop en ce qui concerne le peuple.
Les gens voient
très bien qu'un scandale sert à
détourner
l'attention d'un autre secret encore plus
dommageable pas encore
divulgué. Où est passé, par
exemple, l'argent
alloué
à la conception de vaisseaux pour la garde
côtière
qui n'a de toute évidence pas
été
utilisé ? Ce secret n'a pas encore
faire les manchettes. On
nous sert
plutôt le scandale de la corruption des
sénateurs
nommés par Harper et même ces
révélations ne
permettent pas aux Canadiens de démettre le
responsable,
puisqu'ils sont immédiatement
entraînés dans une
diversion sur le besoin d'abolir le Sénat
ou d'en faire une
instance élue.
La chose est traitée comme un lieu commun,
comme
si, qu'on le veuille ou non aujourd'hui, le
Sénat n'était
pas une institution fondamentale de la
gouvernance au Canada qui ne peut être aboli
ou changé
sans répercussions importantes sur les
autres fonctions du
gouvernement. Le fait est que le Canada
a besoin d'une constitution entièrement
nouvelle qui permette
aux Canadiens d'exercer un contrôle sur
leurs affaires en
garantissant leurs droits. Cela comprend
une refonte globale du processus électoral
pour que le droit
d'élire et d'être élu de
chacun soit
réalisé en pratique. Pour l'instant
le processus
électoral porte au
pouvoir des partis politiques corrompus qui se
livrent une
rivalité féroce pour le butin du
pouvoir pour le compte
d'intérêts monopolistes. Ils foulent
aux pieds
l'intérêt public et ne sont pas aptes
à gouverner.
Il faut aussi une constitution moderne pour
défendre l'indépendance
économique et politique du
Canada ; le droit du Québec à
l'autodétermination,
y compris la sécession si telle est sa
volonté ; les
droits ancestraux des Premières Nations
fondés sur un
rapport de nation à nation ; et les
droits
de citoyenneté pour tous les membres du
corps politique sans
égard à la race, à l'origine
nationale, à
la richesse ou à toute considération
intéressée formulée
par un gouvernement qui a usurpé le pouvoir
par la fraude.
Mais ce débat sur l'avenir du Sénat
sert
un but important, soit de détourner
l'attention de l'objectif
caché du gouvernement de s'arroger encore
plus de
pouvoirs absolus en changeant la Constitution sans
avoir recours
à la formule d'amendement. Il a
déjà
demandé à la Cour suprême de
donner son opinion sur
sa proposition. Il est maintenant évident
que lui et son
gouvernement et son parti vont compter sur le
mécontentement des
Canadiens face aux manigances de
sénateurs non élus et corrompus pour
avancer cet objectif
caché. Cela ne doit pas passer. Le
gouvernement Harper doit
être forcé de démissionner.
Ce sera la réponse méritée
des
Canadiens aux tentatives de manipuler chaque
nouvelle situation en
faveur des intérêts monopolistes les
plus puissants contre
la volonté populaire et le droit public.
Les scandales et
manigances montrent que dans les conditions de
l'actuel gouvernement
dit représentatif et ses institutions,
le peuple n'a aucun pouvoir sur les
décisions qui l'affectent.
C'est le problème posé et à
résoudre :
comment prendre le contrôle de ses affaires
pour que
cette crise soit résolue à son
avantage plutôt
qu'à la faveur d'un autre arrangement qui
ne change rien
à sa situation.
Que cache le scandale entourant le chef de
cabinet de
Stephen Harper ?
Le premier ministre ne manque jamais l'occasion
de dire
que
ce que lui et son gouvernement font est dans
l'intérêt
public. Aussi antidémocratiques,
corrompues, antisociales,
proguerre, protorture et pro-annexion que soient
les actions de son gouvernement, Harper
prétend que la
majorité au parlement lui donne le droit de
dire que la jour est
la nuit et que le noir est blanc. Ce que
dit celui qui a une majorité doit
être tenu comme vrai.
Pourquoi Nigel Wright, le chef de cabinet de
Stephen
Harper, a-t-il fait un
« cadeau » de 90
000 $ à Mike Duffy, nommé
sénateur par
Harper lui-même, pour qu'il rembourse le
gouvernement pour les
frais de résidence injustifiées
qu'il a
réclamés, et ce au moment où
Duffy et d'autres
sénateurs
font l'objet d'une enquête sur des demandes
de remboursement non
justifiés de frais de
résidence ? Pourquoi, en plein
milieu d'une enquête pour
déterminer si le sénateur a
porté atteinte
à l'intérêt public en abusant
de son poste pour
soutirer des fonds publics, un homme aussi
grassement payé pour
gérer
les affaires du premier ministre du Canada
donne-t-il un cadeau de 90
000 $ à Mike Duffy ?
Le sénateur Duffy a été
reporteur
parlementaire la majeure partie de sa vie. Cela
veut dire qu'il
connaît les secrets bien gardés de
beaucoup d'élus.
Devons-nous croire que cela n'a rien à voir
avec ce qui se
passe ?
Ce que les Canadiens pensent n'a pas d'importance
pour
celui qui cherche par tous les moyens à
cacher la
vérité. Il faut voir l'arrogance de
ce gouvernement
qui croit que le peuple n'est pas en position de
faire quoi que ce
soit. Mais les scandales ont leur façon de
faire tomber les
gouvernements et ce n'est pas vrai
que le peuple est impuissant. Sa force est dans la
conscience et
l'organisation qu'on bâtit à la
défense des droits
de tous. C'est cette alternative qui aura raison
de l'arrogance du gouvernement Harper.
Qui décide ce qu'est
l'intérêt
public ?
En réponse à la démission de
Nigel
Wright après qu'il fut
révélé qu'il avait
versé 90 000 $
au sénateur Mike Duffy, le premier ministre
a émis un
communiqué dans lequel il dit :
« C'est avec beaucoup de regret que
j'ai
accepté la démission de Nigel Wright
à titre de
chef de cabinet. J'accepte que Nigel ait cru qu'il
agissait dans
l'intérêt public, mais je comprends
la décision
qu'il a prise de démissionner. Je souhaite
remercier Nigel pour
sa formidable contribution à notre
gouvernement
au cours des deux dernières années
et
demie. » Dans un échange avec
les journalistes plus
tard, après être parti pour le
Pérou, le premier
ministre a
déclaré :
« M. Wright l'a aidé [Mike
Duffy]
parce qu'il voulait que les contribuables soient
remboursés.
C'est une bonne motivation, mais tout de
même, ce
n'était pas correct que cette
décision soit prise et mise
à exécution sans que je sois au
courant et sans
transparence auprès du public. »
Nous voyons encore une fois à l'oeuvre un
des
traits les plus répugnants du gouvernement
Harper, qui est qu'il
croit pouvoir donner aux mots une
signification que lui et les administrateurs du
Parti conservateur
choisissent selon leurs fins.
Ce qu'est l'intérêt public n'est pas
une
affaire d'opinion personnelle. Qu'un
représentant du bureau du
premier ministre paie secrètement un autre
représentant
du même gouvernement, cette fois un
sénateur, pour
rembourser des fonds publics qui sont sous
enquête, cela ne peut
d'aucune manière être
interprété comme
étant fait par souci de
l'intérêt public.
L'enquête était censée
déterminer si l'intérêt public
a été
violé, et non pas seulement obtenir un
remboursement. La
prétention de Harper qu'il accepte que
Nigel Wright a agi dans l'intérêt
public est absurde.
C'est à se demander si le but du premier
ministre ne serait pas
d'humilier le public, convaincu qu'il est
intouchable puisque son bureau contrôle tout
le pouvoir politique
et économique et que le public est
incapable de le
déloger. Il croit qu'il peut
redéfinir
l'intérêt
public suivant sa définition
intéressée, à
savoir que le droit public signifie
enchâsser le droit de
monopole.
La leçon du conte d'Andersen
La
leçon du conte Les
habits neufs de l'empereur a
été apprise il y
a plus de 150 ans. Le roi vêtu d'une
« robe » invisible
était nu, mais tous ses
courtisans lui disaient quel bel habit il portait,
jusqu'à ce
qu'un petit
garçon s'exclame :
« L'empereur est
nu ! » C'était pour
démontrer à
quel point l'empereur peut prétendre ce
qu'il veut seulement
dans
la mesure où le peuple est dépourvu
de pouvoir.
Pour éviter l'exposition, les courtisans
du roi
Harper ont cru qu'en remboursant l'argent mal
acquis, le scandale
disparaîtrait. Or, d'un conte pour enfants
à
l'autre :
Humpty
Duffy
sur un muret perché
Humpty Duffy par terre s'est écrasé.
Ni les sujets du Roi, ni ses chevaux
Ne purent jamais recoller les morceaux.
Alors ne désespérons pas! Le peuple
n'est
pas impuissant. Il peut exiger la démission
de Stephen Harper.
Il peut lutter pour le renouveau
démocratique et
dire : Oui au droit public ! Non au
droit de monopole !

Opposition à l'offensive
antisociale en Alberta
C'est au peuple albertain de décider
de la direction des affaires en éducation
- Dougal MacDougal -

Manifestation à Calgary dans le cadre
de la journée
d'action contre les coupures à
l'enseignement postsecondaire.
Le régime Redford continue de
prétendre
que ses compressions draconiennes dans les
budgets destinés aux
programmes sociaux sont nécessaires et
inévitables à cause de la chute
des profits des monopoles
de l'énergie « durement
éprouvés », en
particulier les monopoles des
sables bitumineux.
Cette situation elle-même serait due aux
bas prix du
pétrole brut de l'Alberta par rapport aux
prix mondiaux. Sur la
base de cet énoncé, le montant des
recettes
de l'exploitation des ressources
réclamé aux monopoles
dans le budget provincial du 7 mars
2013 était
inférieur de 4,1 milliards $ au
budget de l'an dernier. Cette crise des recettes
inventée sert
à proposer des non-solutions au
sous-financement des programmes
sociaux, c'est-à-dire des
« solutions »
centrées sur le capital
telles des hausses d'impôt pour les
particuliers, une
réduction d'investissements en
éducation, en soins de
santé
et dans les services sociaux et par
conséquent de nouvelles
réductions aux réclamations faites
aux monopoles pour les
besoins des programmes sociaux.
Le budget du 7 mars a été
particulièrement dur pour l'enseignement
postsecondaire, dont
les subventions pour dépenses courantes aux
vingt-six
universités, collèges et
écoles techniques de la
province ont été réduites de
7,2 %, soit
143 millions $, malgré
l'engagement antérieur
du
régime Redford d'augmenter le financement
de ces
établissements de 2 %, augmentation en
elle-même fort
inadéquate. Ce désinvestissement
brutal en
éducation postsecondaire sert maintenant
d'instrument de
chantage contre les établissements
postsecondaires pour les
forcer à imposer des compressions
budgétaires néfastes qui se
traduisent par des
mises-à-pied, l'élimination de
certains programmes et un
plus grand assujettissement de ces
établissements aux
monopoles. Dans cette perspective, le ministre de
l'Entreprise et des
Études supérieures tente de vendre
l'idée que ces
établissements devraient se financer
à
même les profits obtenus sur la base des
recherches que
mènent ces établissements au service
des monopoles,
laissant ainsi entendre que l'objectif à
long terme
du ministre serait de réduire à
zéro la
réclamation faite aux monopoles.
Cette prétention que le gouvernement a
dû
réduire sa réclamation faite aux
monopoles
« durement
éprouvés » a
été réfutée plus d'une
fois. Par
exemple, certaines sources, dont les monopoles
eux-mêmes,
affirment, chiffres à l'appui, que les
profits des monopoles de
l'énergie sont en excellente santé
du
fait de leur secteur d'aval tel le raffinage, et
qu'en plus ces
monopoles bénéficient des prix
à la baisse du
pétrole brut de l'Alberta qu'ils refilent
comme matière
première à être
transformée dans leurs
raffineries. Cet état de fait est
révélé
sans ambages dans le bilan financier du premier
trimestre de
2013 de divers
monopoles. Par exemple, le monopole des sables
bitumineux Suncor Energy
confirme que la compagnie a connu, grâce
à son secteur
d'aval, un bénéfice
d'opération de 1,367 milliard $
pour le premier
trimestre, alors que ce bénéfice
était de
1,318 milliard $ pour le premier
trimestre de
2012.
D'autres
chiffres tendent
à réfuter les prétentions du
régime Redford
à l'effet que les monopoles de
l'énergie sont
« durement
éprouvés ». On
peut les trouver dans le numéro du Report
on Business du Globe and
Mail et son Top 1000. Le titre
d'un des tableaux
en dit long sur l'état financier de ces
monopoles : La
série éliminatoire des profits (juin
2013, p.20).
Le tableau indique que depuis au-delà
d'une décennie, 19 compagnies se
retrouvent parmi les 50
compagnies ayant fait le plus de profits pour
chacune de ces
années. Parmi ces
19 compagnies (et bénéfices
cumulés sur une
période de 10 ans) se trouvent presque tous
les monopoles
importants dans les domaines des sables
bitumineux et de l'énergie qui sont actifs
principalement en
Alberta : Imperial Oil
(27,4 milliards $), Suncor Energy
(23,5 milliards $), Husky Energy
(20,6 milliards $), Canadian Natural
Resources Limited
(20,4 milliards $), TransCanada
Corporation (12,4 milliards $), Talisman
Energy
(11,8 milliards $), Nexen
(8,6 milliards $),
Enbridge
(8,6 milliards $) et Canadian Oil Sands
(8,5 milliards $). L'ensemble des
bénéfices
pour ces neuf monopoles atteint 140
milliards $. Si l'énergie et les
ressources appartiennent
au peuple, alors pourquoi ces
bénéfices ne sont-ils pas
investis dans l'intérêt public et
pour le bien
public plutôt que de disparaître dans
les poches de
propriétaires privés dont plusieurs
ne vivent même
pas en Alberta ?
La situation en Alberta où les monopoles
de
l'énergie exercent leur diktat sur tout par
le biais de leur
gouvernement conservateur au pouvoir
révèle encore
une fois comment la coalition politique des
intérêts
privés, dirigée par les
sociétés les plus
puissantes de l'énergie, a
accédé au pouvoir
dictatorial en contrôlant
les exécutifs de divers gouvernements au
Canada. Le
régime Redford, la dictature Harper au
fédéral et
le gouvernement réélu de Clark en
Colombie-Britannique
ont été installés au pouvoir
en tant que champions
des monopoles, en particulier les monopoles de
l'énergie. Une
fois au pouvoir ces gouvernements assistent
et paient ces monopoles privés pour qu'ils
mènent un
assaut contre la société et contre
les droits de tous par
leur stratégie irrationnelle consistant
à piller avec
frénésie les ressources de
l'énergie et à
exporter ces ressources,
généralement dans leur
état brut. Cette braderie monumentale des
ressources est une
source
incroyable de profits pour les
propriétaires de monopoles. Par
contre, elle ne contribue en rien à
bâtir une
économie et une société qui
servent
l'intérêt et le bien
publics mais contribue au contraire à un
plus grand
démantèlement de la
société.
L'éducation, et l'éducation
postsecondaire ne fait pas exception, est un droit
qui doit être
garanti. C'est donc dire que ce droit ne peut pas
être
retiré du
simple fait qu'on invoque une prétendue
crise économique,
une chute des prix des produits ou toute autre
excuse. La
société doit être
organisée de sorte
à ce
que le droit à l'éducation puisse
être garanti peu
importe les circonstances. On doit ainsi financer
le système de
façon adéquate et toujours davantage
afin de
répondre aux besoins d'une
société moderne. En
Alberta les étudiants, les enseignants, le
personnel de soutien
et leurs alliés s'opposent avec
détermination aux
attaques gouvernementales contre les
établissements postsecondaires et ont
organisé de nombreuses actions efficaces
dans toute la province. Ils rejettent la
prétention néolibérale
à l'effet qu'il n'ya
pas d'alternative aux mises-à-pied et aux
compressions
budgétaires. Tous les établissements
postsecondaires et
leurs
alliés se doivent de joindre cette
opposition et exiger d'une
seule voix que le gouvernement provincial augmente
les investissements
en éducation postsecondaire
et garantisse le droit à l'éducation
pour tous. Le peuple
de l'Alberta doit décider de la direction
de l'éducation
en Alberta et non les monopoles privés de
l'énergie
et leur champion, le régime Redford.

Manifestation au congrès d'orientation
des
progressistes-conservateurs

« Le
gouvernement albertain menace de couper
des millions de dollars dans
le budget de plusieurs services importants
aux personnes
handicapées.
Honte à lui ! »
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Le 25 mai, plus de 500 travailleurs,
étudiants, aînés et leurs
familles se sont
rassemblés à l'extérieur du
congrès
d'orientation des progressistes-conservateurs (PC)
de l'Alberta
à Edmonton. L'action portait le nom de
« Block (the)
Party » (un « block
party »
étant une fête de
quartier) exprimant la volonté des
organisateurs de
défaire les PC qui sont présentement
au pouvoir. L'esprit
était militant en dépit de la pluie,
du vent et d'un
temps froid, une indication de la
détermination du peuple
à se prononcer en faveur d'un programme
prosocial et contre le
programme antihumain, antisocial
et antiouvrier du gouvernement Redford.
Le contingent le plus important du rassemblement
était celui des travailleurs du secteur
public qui ont
démontré encore une fois qu'ils sont
la principale
force agissant à la défense de la
santé, de
l'éducation et des programmes sociaux. Les
étudiants qui
luttent contre les compressions à
l'éducation
postsecondaire
et pour leur droit à l'éducation se
sont joints à
eux, ainsi que des enseignants, des gens ayant des
incapacités
et leur famille, des aînés et des
gens de tous
les niveaux de la société venus
élever leur voix
contre le programme d'austérité et
à la
défense des droits de tous.
Des travailleurs sont venus de Calgary, de Red
Deer, de
Lethbridge, de Grande Prairie, de Hinton et
d'autres villes partout en
Alberta. Parmi ces travailleurs
il y avait les travailleurs des collèges de
la province, des
agents correctionnels qui ont fait une
grève spontanée
récemment à la défense de
leur droit de travailler
dans des conditions sécuritaires, des
travailleurs de la
santé, des travailleurs sociaux et des
préposés
aux soins en établissement pour personnes
handicapées
ainsi
que plusieurs autres. Les familles des
résidents du Centre
Michener sont venues de Red Deer.
S'il y a présentement des compressions
budgétaires affectant les programmes, il y
a aussi des mises
à pied et des mesures de réduction
du personnel. En
même temps, le gouvernement exige des
travailleurs qui dispensent
les programmes sociaux et les services publics
qu'ils acceptent les
concessions et les attaques
contre leurs conditions de vie et de travail. Ces
attaques ont des
conséquences directes sur la
capacité des travailleurs
à prodiguer leurs soins et à
dispenser leurs
services aux personnes qui dépendent d'eux.
Elles ont aussi des
répercussions dans toute la
communauté, en particulier
dans les petits centres et elles sont
néfastes pour l'économie. Le
rassemblement a
revendiqué d'une seule voix la
reconnaissance des droits de
tous, y compris le droit aux soins de
santé, à
l'éducation, à la
sécurité et la
dignité à la retraite, ainsi qu'une
vie dans la
dignité pour les personnes ayant un
handicap. Le message
était on ne peut plus clair
à l'effet que le gouvernement doit assumer
sa
responsabilité d'affirmer le droit de tous
les Albertains aux
services publics dont ils ont besoin.
Le rassemblement a débuté à
midi
avec un mot de bienvenue de Bill Moore-Kilgannon
de
l'Intérêt public de l'Alberta, un des
organisateurs de
l'évènement.
Parmi les orateurs il y avait Guy Smith,
président du Syndicat
des employés et employées
provinciaux de l'Alberta,
l'écrivain primé Lee Kvern des Amis
du
Centre Michener, Noel Somerville du Groupe de
travail des
aînés pour l'intérêt
public de l'Alberta, le
professeur de l'Université de l'Alberta
Carolyn Sale, une
porte-parole de Disability Action Hall et Gil
McGowan, président
de la Fédération du travail de
l'Alberta.
Un orateur après l'autre a exposé
le
ridicule de Redford et d'autres gouvernements dans
la poche des riches
et de leurs prétentions à l'effet
qu'il n'y a pas
d'alternative à l'austérité.
L'économie
doit être organisée de sorte à
ce que les droits
deviennent une réalité.
L'alternative n'est pas de donner
nos ressources
naturelles aux monopoles de l'énergie et de
refuser d'exiger que
ces monopoles versent les fonds nécessaires
au gouvernement pour
dispenser les programmes
sociaux. Il existe une alternative à payer
les riches à
coup de subventions et en remettant les avoirs
publics entre les mains
des intérêts privés. Les
investissements dans les soins de santé,
l'éducation et
les autres programmes sociaux ne sont pas un
coût, mais une partie
intégrante des investissements requis
pour bâtir une économie vibrante et
en santé.
Des prestations musicales ont été
offertes
par Boogie Patrol, Maria Dunn, les Raging Grannies
et Notre Dame des
Bananes. Il y avait aussi des kiosques
satiriques où on se moquait des
prétentions absurdes du
gouvernement à l'effet qu'il n'y a pas
d'alternative sauf
attaquer les services publics et un programme
d'austérité. Ces kiosques
permettaient de faire tomber un
étudiant du postsecondaire, de crever la
bulle de bitume, de
jouer au Jeopardy de la taxe fixe, de frapper
une promesse non tenue ou de jouer à
trouvez une chaise dans une
classe surpeuplée.
Plusieurs copies du Forum ouvrier ont
été
vendues et distribuées au cours de
l'évènement.
L'équipe de distribution a rapporté
que les travailleurs
ont exprimé
un sentiment profond de responsabilité,
responsabilité
qu'ils faisaient leur pour se dresser à la
défense des
services publics et des plus vulnérables.
Ils ont
expliqué que le gouvernement
progressiste-conservateur
était arrivé au pouvoir sur la base
de promesses à
l'effet qu'il défendrait les plus
vulnérables et qu'il
protégerait les services publics alors
qu'il a fait exactement
le contraire.
Cette expérience des travailleurs met en
relief
la question de comment tenir les gouvernements
responsables, une
question qui doit être résolue. Il
est clair
que le peuple ne peut se fier à des
gouvernements qui sont
à la solde des monopoles de
l'énergie qui organisent les
gouvernements sur la base de payer les
riches. L'esprit du rassemblement est une
expression de la
détermination des travailleurs, des
aînés, des
étudiants et de tous les activistes
à s'opposer au faux
programme d'austérité du
gouvernement, à affirmer
leurs droits et à s'organiser à la
défense des
droits de tous.

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