Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 92 - 3 juin 2013

Souveraineté Oui! Annexion non!

Les peuples d'Amérique latine et des Caraïbes
s'opposent à l'ingérence américaine et
affirment leur droit d'être


À la défense du droit de Cuba à l'indépendance
Le 6e Congrès du Réseau canadien pour Cuba réaffirme la solidarité et l'amitié - Communiqué
«Cinq journées pour les Cinq Cubains à Washington»

Puerto Rico
32e anniversaire de l'arrestation d'Oscar Lopez Riviera

Venezuela
Le peuple continue de défendre la révolution bolivarienne contre le plan des impérialistes pour un coup d'État

Colombie
Annonce d'un accord sur le premier point en discussion à la table permanente de négociation de paix à La Havane, Cuba
Communiqué conjoint

Paraguay
Importante avancée des forces progressistes malgré le retour au pouvoir du Parti Colorado


À la défense du droit de Cuba à l'indépendance

Le 6e Congrès du Réseau canadien pour Cuba réaffirme la solidarité et l'amitié

Des délégués de tous les coins du pays ont participé au 6e Congrès du Réseau canadien pour Cuba (RCC) du 18 au 20 mai et réaffirmé leur détermination à approfondir et renforcer le mouvement de solidarité et d'amitié avec Cuba au Canada. Aux représentants des 21 organisations membres réunis à l'Hôtel de Ville de Toronto se sont joints des observateurs et invités spéciaux, dont Son Excellence l'ambassadeur de Cuba au Canada Julio Garmendia Peña, le président de l'Institut cubain d'amitié entre les peuples (ICAP) Kenia Serrano, le Consul général de Cuba au Canada Javier Domokos et d'autres invités cubains.

Le congrès s'est ouvert avec un hommage au défunt président du Venezuela Hugo Chavez Frias. Les délégués ont entendu un poème émouvant à sa mémoire écrit par Brian Gordon Sinclair, scénariste et acteur connu internationalement, et visionné une vidéo sur les rapports d'amitié personnelle entre Fidel Castro et Hugo Chavez centrée sur le chant El Regresso de Amigo (Le retour d'un ami). Plus tard, les délégués ont également observé un moment de silence à la mémoire de Marvin Glass, membre fondateur du RCC et son coprésident de 2002 à 2008.

Ensuite le président de l'ICAP Kenia Serrano et Son Excellence Julio Garmendia Peña ont parlé de l'importance du mouvement de solidarité Canada-Cuba dans les rapports entre les deux peuples et deux pays et de sa contribution à fonder ces rapports sur le respect mutuel et l'égalité. Kenia Serrano a également souligné l'importance de la 3e Conférence mondiale de solidarité avec Cuba qui aura lieu à La Havane du 27 au 31 octobre 2014. Des messages de salutations ont par ailleurs été reçus de la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba et du National Network on Cuba des États-Unis qui ont souhaité plein succès aux délégués dans leurs délibérations.

Sur le sujet des rapports entre le Canada et Cuba, John Kirk, de l'Université de Dalhousie, a brossé un tableau d'ensemble des liens développés au fil des années. Il s'est dit inquiet de l'attitude du régime Harper envers Cuba, qui est contraire à celle des Canadiens qui ont une grande estime pour Cuba. Jorge Garcia Orgales du Syndicat des Métallos et Dave Bleakney du Syndicat canadien des travailleurs et travailleuses des postes ont parlé de l'importance de la solidarité avec Cuba parmi les syndicats canadiens, et en particulier en ce qui concerne la lutte pour la libération des Cinq Héros cubains. Ils ont parlé de leur très proche collaboration avec les syndicats cubains et ont encouragé les organisations de solidarité Cuba-Canada à continuer de développer les activités communes avec les syndicats canadiens.

Deux sessions du congrès ont été consacrées aux mesures économiques et sociales adoptées à Cuba. Isaac Saney de l'Université de Dalhousie a fait un exposé détaillé des rénovations en cours dans l'économie cubaine après quoi Miguel Figueroa, dirigeant national du Parti communiste du Canada, a parlé de sa récente visite à Cuba. Les invités cubains ont enrichi la discussion en expliquant que les nouvelles mesures dans l'économie cubaine doivent être vues dans le contexte du renouvellement et de la continuité du projet socialiste et révolutionnaire cubain.

Programme pour la période qui vient

Des rapports très détaillés de l'exécutif du RCC et des organisations membres couvrant les deux années et demi écoulées depuis le dernier congrès ont permis d'illustrer l'ampleur des activités de solidarité avec Cuba, de Vancouver à Halifax. Le mouvement de solidarité avec Cuba au Canada est très diversifié et touche à plusieurs domaines, comme l'activité auprès des parlementaires et syndicalistes, les nombreux spectacles et festivals et les campagnes continuelles d'information sur Cuba.

Les délégués ont résolu de continuer les efforts pour mobiliser l'opinion publique et politique pour mettre fin au blocus économique de l'île par les États-Unis et briser le mur de silence et contester la désinformation concernant les Cinq Héros cubains. Plusieurs résolutions ont été adoptées pour réaffirmer la détermination des délégués à poursuivre la lutte pour la libération de tous les Cinq Héros cubains injustement incarcérés aux États-Unis pour avoir défendu leur pays contre le terrorisme. Parmi les autres domaines d'activités revus par le congrès, il y a l'envoi de la Brigade de travail Ernesto Che Guevara et la Campagne cubaine d'aide à Haïti suite aux ravages de l'ouragan, qui ont toutes deux remporté beaucoup de succès. Le congrès s'est par ailleurs engagé à soutenir le symposium « La guerre inconnue de l'Afrique : la terreur de l'apartheid, Cuba et la libération de l'Afrique australe » qui aura lieu à l'Université de Toronto les 27 et 28 septembre prochains et à organiser une participation vigoureuse à la 3e Conférence mondiale de solidarité avec Cuba à La Havane du 27 au 31 octobre 2014.

Les délégués ont élu un nouvel exécutif pour mettre en application des décisions du congrès et réaliser le plan de travail pour 2013-2015. Il s'agit de Laura Chesnik, Vincent Guihan, Julio Fonseca, Elizabeth Hill, Peter Noble, Isaac Saney et Saleh Waziruddin. L'exécutif a par la suite désigné encore une fois Élizabeth Hill et Isaac Saney co-présidents de l'organisation. Isaac Saney demeure le porte-parole national, Laura Chesnik demeure secrétaire et Élizabeth Hill demeure trésorière.

Les trois journées de délibérations ont bien reflété la richesse et le dynamisme du mouvement de solidarité et d'amitié avec Cuba qui existe depuis plus de cinquante ans, un mouvement enraciné dans le très grand respect des Canadiens pour le droit de Cuba à l'indépendance et l'autodétermination et leur grande admiration pour ce que le peuple cubain a accompli malgré l'agression incessante des États-Unis. Ce respect et cette admiration ont forgé des liens solides d'amitié et de solidarité entre les peuples canadien et cubain.

Pour plus d'information communiquer avec :

Isaac Saney
Porte-parole national
Réseau canadien pour Cuba
902-449-4967
isaney@hotmail.com

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«Cinq journées pour les Cinq Cubains à Washington»

René Gonzalez, un des cinq héros cubains, s'adresse
au peuple américain pour la première fois.


La délégation du Québec aux actions pour les Cinq Cubains à Washington le 31 mai 2013

Depuis le 30 mai et jusqu'au 5 juin, des représentants de 22 pays tiennent des activités pour demander que les États-Unis changent leur politique envers Cuba et demander la libération des 5 héros cubains. Les événements ont débuté par une conférence de presse le 30 mai à laquelle René Gonzalez a participé par voie de conférence vidéo.

René Gonzalez, l'un des Cinq Cubains, a été libéré en octobre 2011 mais devait rester aux États-Unis pour trois années de plus en probation supervisée. Tout récemment, lors d'une visite autorisée de deux semaines à son père mourant, Gonzalez a été autorisé à demeurer à Cuba après avoir renoncé à sa citoyenneté américaine. Incarcérés dans les prisons américaines depuis 1998, les cinq Cubains maintenant connus internationalement sont venus aux États-Unis dans les années 1990 pour surveiller les groupes de droite anticubains responsables d'actes terroristes contre Cuba qui ont causé la mort de près de 3500 personnes depuis 1959. Les quatre autres Cubains sont toujours en prison aux États-Unis.

Voici une vidéo de la conférence de presse d'ouverture des événements de Washington, DC, au National Press Club le 30 mai et la liste des événements d'ici le 5 juin.

Lundi 3 juin

9 h : Activités de lobbying. Les parlementaires d'autres pays qui ont confirmé leur participation sont : le Père Miguel d'Escoto (Nicaragua), Maria León (Venezuela), Joan Josep Nuit (Espagne), Yeidckol Polevensky (ex-vice-président du sénat mexicain), Nidia Diaz (El Salvador), Noam Paech (Allemagne).

11 h : Rencontre avec des avocats et des juristes des États-Unis et d'ailleurs. Convoquée par Martin Garbus, avocat de l'équipe légale des Cinq Cubains avec la présence d'avocats des États-Unis et d'autres pays. Parrainée par la National Lawyers' Guild. Se tient au George Town Legal Center, 600 New Jersey Avenue, N.W., Washington, DC.

18 h : Rencontre syndicale comprenant des travailleurs des États-Unis et d'autres pays.

Postal Service Union Hall, 6139 Chillum place NE, Washington, DC. Invitée d'honneur: Dolores Huerta.

19 h : Panel d'intellectuels avec Ignacio Ramonet, Saul Landau, Salim Lamrani, Miguel Barnet et Jane Franklin. Se tient au Busboys and Poets, 2021 - 14th street, N.W.

Mardi le 4 juin

9 h : Poursuite du lobbying

11 h : Réception sur la colline du Capitole donnée par un membre du Congrès pour donner la bienvenue aux parlementaires des autres pays.

18 h : Présentation de nouveaux livres sur les Cinq et sur Cuba de Fernando Morais, Arnold August et Stephen Kimber, avec comme invité spécial Danny Glover. Célébration de l'anniversaire de naissance de Gerardo Hernandez. Au Busboys and Poets, 2021 - 14th street, NW.

Mercredi le 5 juin

9 h : Poursuite du lobbying.

13 h : Événement de clôture. Conférence vidéo avec les familles des Cinq Cubains. Avec le père Miguel d'Escoto, Dolores Huerta, Maria León, Fernando Morais, Ignacio Ramonet. À l'ambassade de la République bolivarienne du Venezuela au Bolivarian Hall, 2443 Massachusetts Avenue, NW, Washington, DC. Information : www.thecuban5.org

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Puerto Rico

32e anniversaire de l'arrestation d'Oscar Lopez Riviera


San Juan, à Porto Rico, le 28 avril 2013. « Il reviendra ! »

Oscar Lopez Rivera

Le 29 mai 2013 était le 32e anniversaire de l'arrestation du patriote portoricain Oscar Lopez Riviera. Depuis 32 ans, Oscar est détenu comme prisonnier politique aux États-Unis pour avoir défendu le droit de Porto Rico et de son peuple à l'autodétermination et à l'indépendance face aux États-Unis. En 1981, ses activités patriotiques ont été jugées par l'État étasunien colonial comme étant une conspiration séditieuse et il purge depuis ce temps une peine de 70 ans. Oscar est demeuré inébranlable dans sa dénonciation du crime que constitue le colonialisme étasunien et dans sa défense du droit des Portoricains à lutter pour l'indépendance.

Un large front uni d'organisations portoricaines, comprenant notamment des groupes de défense des droits humains, des organisations étudiantes et anti-guerre et divers groupes politiques continuent d'exhorter le président Obama à pardonner ou gracier inconditionnellement Oscar. En préparation de l'anniversaire de cette année, la juste demande pour la libération d'Oscar a été représentée artistiquement par une exposition interactive communautaire appelée « 32 jours pour 32 ans ». Les organisateurs écrivent : « C'est le but de cette exposition : attirer l'attention sur cette incarcération injuste et qui se poursuit toujours. Il est le prisonnier politique portoricain détenu le plus longtemps dans toute l'histoire de Puerto Rico et de l'Amérique latine. Le Réseau national des droits humains Boricua a simulé son isolement en recréant une cellule de 6 pieds par 9 pieds dans laquelle Oscar vit depuis 32 ans. Un participant par jour s'est porté volontaire pour vivre, manger et dormir dans cet espace pendant 24 heures. Ainsi 32 participants en plus des gardes et des traiteurs vont vivre ces conditions pour un peu plus d'un mois. Plus de 100 membres de la communauté vont manifester pour exiger la libération d'Oscar. »



Exposition interactive «32 jours pour 32 ans »

Depuis 1898, les États-Unis ont colonisé Porto Rico en ne ménageant aucun effort pour écraser la lutte pour l'indépendance, par des assassinats, des emprisonnements et la violence contre la résistance. Ils ont imposé une telle pauvreté sur le pays que des millions de Portoricains viennent aux États-Unis pour y vivre. Mais comme Oscar, qui est venu à l'âge de douze ans, leurs coeurs demeurent avec la lutte pour l'indépendance de Porto Rico.

En tant que combattant pour l'indépendance de Porto Rico face au colonialisme étasunien, Oscar a le droit de résister à l'occupation par les États-Unis. Ce n'est pas de la sédition lorsque le but est de mettre fin au colonialisme. C'est le colonialisme qui est criminel et ceux qui vivent l'occupation ont le droit de résister. C'est précisément parce qu'Oscar continue de mener cette lutte avec courage et intégrité que le gouvernement américain le punit. La nature politique et revancharde de son maintien en détention se voit entre autres choses au fait qu'il continue de se voir refuser une libération conditionnelle, même s'il en remplit toutes les conditions. Malgré ses 30 années en prison, dont plusieurs en isolement, Oscar demeure inflexible dans sa position pour l'indépendance de Porto Rico et les droits de tous.

LML lance l'appel à tous de soutenir la juste demande pour la libération immédiate d'Oscar Lopez Rivera et de soutenir les demandes des organisations portoricaines patriotiques pour 1) la décontamination de l'île de Vieques (utilisée comme un terrain d'essais d'armes par la marine des États-Unis) ; 2) la libération des autres prisonniers politiques portoricains ; 3) la fin de la répression politique continue et de la criminalisation de la communauté portoricaine.

Porto Rico aux Portoricains ! Les États-Unis doivent se retirer de Porto Rico !



Le 29 mai 2013: la ProLibertad Freedom Campaign tient une vigile en solidarité avec les actions à travers Porto Rico devant la murale du prisonnier politique portoricain à Harlem à New York

(Photos: Boricua National Human Rights Network)


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Venezuela

Le peuple continue de défendre la révolution
bolivarienne contre le plan des impérialistes
pour un coup d'État


Le président Nicolas Maduro inaugure le Plan pour la sécurité de la nation le 13 mai 2013 pour garantir le bien-être du peuple et défendre la nation contre les efforts de l'opposition pour la déstabiliser.

Chaque jour qui passe depuis l'élection présidentielle du 14 avril dernier démontre le haut niveau d'irresponsabilité, de frustration et de désespoir de l'opposition dirigé par le candidat néolibéral Henrique Capriles Radonski et de son allié l'impérialisme étatsunien. Tout le masque de son prétendu intérêt pour l'avenir du peuple vénézuélien est tombé, emporté par la coulée de sang des personnes assassinées par ses supporteurs et toutes les actions qui ont suivi depuis. Il est devenu clair pour tous que l'intention du candidat de la réaction n'était pas de participer de manière démocratique au processus électoral et d'en accepter les résultats, mais plutôt d'utiliser cette élection comme d'un tremplin pour un coup d'État à être réalisé peu importe son coût en vies humaines, en manque de nourriture, en sabotage économique et en privation d'argent pour le peuple.

La première étape de ce plan de coup d'État a été la non-reconnaissance des résultats électoraux annoncés par le Conseil national électoral au soir du 14 avril, la création du doute sur l'intégrité de l'organisme constitutionnel, l'appel à un recomptage et l'incitation à ses partisans à manifester dans tout le pays leur refus de reconnaître Maduro comme président élu. Le but recherché était de provoquer un niveau d'instabilité tel que la chose justifierait une intervention étrangère pour soi-disant ramener l'ordre dans le pays. Malgré l'action criminelle de l'opposition qui s'est soldée par l'assassinat de neuf personnes et des blessures infligées à 78 autres, ce plan n'a pas fonctionné. L'armée, la police et les forces armées bolivariennes ont défendu la constitution et la révolution et empêché le dérapage souhaité.

L'élection a été considérée comme s'étant bien déroulée, et l'élection de Maduro comme président a été confirmée par les délégations d'observateurs de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR) et l'Union interaméricaine des organismes électoraux (UNIORE) et par les gouvernements du monde entier - à l'exception des États-Unis et du Canada. L'opposition a quand même poursuivi son plan de coup d'État et déposé sa demande de recomptage. Le Conseil national électoral a accepté la requête et, en accord avec les parties intéressées, a établi que le recomptage se ferait sur les 46 % des votes n'ayant pas fait l'objet de vérification le soir de l'élection et s'étendrait sur une période de 30 jours avec la présence de représentants de toutes les parties impliquées.

Avant même que le Conseil national électoral ne débute le recomptage, Capriles a de nouveau changé de plan. Il a décidé de ne pas envoyer de représentants au recomptage qu'il avait lui-même exigé. Il a déposé une requête en annulation de l'élection devant le Tribunal suprême de justice mettant en cause la crédibilité du Conseil national électoral, du processus électoral et de la constitutionalité de l'élection elle-même. Ce changement de tactique est survenu tout juste après qu'Obama le chef de file des impérialistes étatsuniens ait refusé de reconnaître l'élection du président Maduro et déclaré le 26 avril, à partir de Mexico, que des informations portaient à croire que les principes de base des droits de la personne, de la démocratie, de la liberté de presse et de la liberté d'assemblée n'avaient pas été respectés au Venezuela à la suite de l'élection. Le dimanche suivant, Henrique Capriles annonçait qu'il n'accepterait pas les résultats du recomptage en cours et les 2 et 7 mai déposait ses requêtes en annulation devant le Tribunal suprême de justice.

Entre temps, le 2 mai des députés de l'opposition ont cumulé provocation sur provocation lors d'une session à l'Assemblée nationale provoquant bagarre et chaos. Ces actions marquaient une deuxième étape du plan de coup d'État soit celle de discréditer toutes les institutions démocratiques et constitutionnelles du pays en fomentant le désordre et en colportant le tout à l'échelle internationale. D'ailleurs Capriles a déjà annoncé en conférence de presse le 16 mai dernier que si la requête en annulation de l'élection présidentielle est rejetée par le Tribunal suprême de justice, il portera sa cause devant des instances internationales comme le Système interaméricain des droits de l'homme. Cet organisme est une entité à part entière de l'Organisation des États Américain, l'OEA, bien connue pour être entièrement au service des intérêts impérialistes des États-Unis et de ses alliés.

Tout en poursuivant les actions pour tenter de discréditer les institutions démocratiques et la présidence du pays, Capriles et son organisation, La Table d'unité démocratique, maintiennent les activités déstabilisatrices dans le pays. Parmi celles-ci on trouve, en plus du sabotage de la production d'électricité, la volonté d'affamer le peuple vénézuélien en faisant en sorte que les denrées alimentaires n'arrivent pas sur les tablettes des commerçants. Ainsi le 19 mai a été rendue publique, vidéo à l'appui, une dénonciation de l'avocat colombien Aurelio Jiménez, à l'effet qu'au cours de l'année 2011, l'ex président de Colombie, Alvaro Uribe Vélez a eu une rencontre dans la ville de Bogota avec l'opposition vénézuélienne pour lui demander de s'assurer que les producteurs et importateurs du Venezuela n'importent pas de produits colombiens. Le but était de vider les supermarchés du pays comme arme électorale contre le président Chavez et la stratégie a été reconduite lors de l'élection du 14 avril dernier. Par ces actions, l'opposition souhaite rendre mécontente une partie importante de la population et favoriser la déstabilisation économique et politique du pays.

Loin de se laisser intimider par les agissements de l'opposition, le gouvernement vénézuélien dirigé par le président Maduro a mis en oeuvre toute une série d'actions afin d'assurer la défense de la Constitution, des institutions démocratiques, de la révolution bolivarienne et pour garantir la paix et la sécurité à tout le peuple. Des appels précis ont été faits par le Président Maduro aux forces armées, aux policiers, aux organisations de travailleurs, aux organisations de la jeunesse, aux conseils communaux et à toutes les instances gouvernementales de ne pas tomber dans les provocations de l'opposition mais de travailler dans l'unité pour garantir la souveraineté du pays, la Constitution, la paix et la sécurité. Tous les centres de production et de distribution d'électricité ont été déclarés zone de sécurité nationale et l'armée y a été déployée pour en assurer la protection et ainsi mettre un terme au sabotage orchestré par l'opposition.

D'autre part, suite à la rencontre entre le président Maduro et le Conseil des partis politiques du Grand pôle patriotique, a été annoncée la création du Conseil de sécurité alimentaire. Cet organisme fait le lien, regroupe et coordonne diverses instances et institutions qui ont à voir avec la sécurité et la chaîne alimentaire. Il mettra en oeuvre des politiques et leur suivi sur tout ce qui a trait au problème de distribution, de la contrebande, du commerce des produits subventionnés par l'État et l'accaparement des denrées alimentaires de la production privée. Depuis son entrée en fonction, le président Maduro et les 36 ministres de son gouvernement ont entrepris de sillonner tout le pays, allant dans chacun des États, y rencontrant les élus de tous les niveaux, les organisations, les associations et tout autre intervenant afin de s'enquérir de la situation économique et sociale et, de concert avec tous les intervenants, prendre les dispositions pour assurer la mise en oeuvre immédiate de solutions permettant de résoudre les difficultés identifiées.

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Colombie

Annonce d'un accord sur le premier point
en discussion à la table permanente de négociation
de paix à La Havane, Cuba

Le dimanche 26 mai, les délégations des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP) et du gouvernement colombien ont annoncé qu'un accord était intervenu entre les deux parties sur le thème agraire, premier des six points en discussion à la table de négociation de paix installée à La Havane, Cuba.

Les discussions sur cet agenda ont débuté le 19 novembre 2012 à la table permanente de négociation de paix installée à La Havane, Cuba. Elles réunissent en plus de la délégation du gouvernement colombien et de celle des FARC-EP, des représentants du gouvernement cubain et norvégien qui agissent comme garant du processus et des délégations du Chili et du Venezuela qui agissent comme accompagnatrices des parties en négociations.

Intitulé « Vers une nouvelle campagne colombienne : Réforme rurale intégrale », l'accord contient six points :

- L'accès et l'usage de la terre. Les terres improductives, une officialisation de la propriété, une frontière agricole et une protection des zones de réserve

- Des programmes de développements qui mettent l'accent sur l'aspect territorial

- L'infrastructure et l'adéquation des terres

- Le développement social : en santé, en éducation, pour le logement et l'éradication de la pauvreté

- La stimulation de la production agricole et l'économie solidaire et coopérative, l'assistance technique, les allocations et crédits, la génération de revenus, la commercialisation et la reconnaissance du travail

- Une politique alimentaire et nutritionnelle

Tout en se réjouissant et en qualifiant ce premier accord d'avance importante dans les négociations en cours, chacune des parties a rappelé que, selon le principe établi qu'il n'y a pas d'accord sans un accord sur tout, la mise en oeuvre de l'accord sur le thème agraire débutera une fois qu'un accord global sera intervenu sur l'ensemble de l'agenda contenu dans l'Accord général pour la terminaison du conflit et la construction d'une paix stable et durable.

Dans ce sens, les discussions à la table permanente de négociation de paix reprendront le 11 juin prochain et porteront sur la participation politique, deuxième point de l'agenda en discussion. Rappelons que les autres points en discussion qui suivront sont le trafic illégal de drogues, l'attention aux victimes, la fin du conflit armé et les mécanismes de surveillance et application des accords.

Les FARC-EP ont célébré l'accord en rappelant qu'au terme de cette neuvième ronde de discussions, il appartient au peuple colombien de se mobiliser en fonction de défendre la fin d'un conflit armée de cinq décennies. Dans un communiqué lu par leur chef de délégation, Ivan Marquez, les FARC-EP expriment leurs préoccupations pour « la capture de l'État de la part de groupes de pouvoir qui approuvent des lois et des règles qui favorisent seulement leur égoïsme ; tandis que leur mépris de l'intérêt commun accentue l'inégalité et les portent à une défense violente de leurs capitaux. » Ils poursuivent en affirmant qu'au sein de la nation règnent la corruption et l'impunité, éléments qui « aujourd'hui obstruent la possibilité de construire une alternative de solution différente à la guerre ». Dans ce sens, les FARC-EP appellent à des changements structuraux dans le pays afin de matérialiser la paix.

Parlant de l'accord intervenu, le président de Colombie Juan Manuel Santos a de son côté mentionné qu'il s'agit d'un pas fondamental pour mettre fin à plus d'un demi-siècle de conflit et que le processus en cours se poursuivra de manière prudente et responsable. Pour sa part, Humberto de la Calle, chef de la délégation du gouvernement colombien a déclaré :

« Il suffit de dire en ce moment qu'il y a une vision intégrale de transformation de la campagne capable de créer un cercle vertueux de bien-être et de stabilité dans le secteur rural colombien » et de mentionner que la réforme sera réalisée dans le plein respect de la propriété privée et l'État de droit et que « les propriétaires légaux n'ont rien à craindre ».

Ce premier accord obtenu à la table permanente de négociation de paix a été salué par plusieurs groupes d'intervenants politiques colombiens, dont le représentant au sénat du Pôle démocratique, l'ex-sénatrice et dirigeante du mouvement pour la paix en Colombie Piedad Cordoba. Ont également salué l'accord plusieurs organisations internationales et dirigeants de pays dont le président de Bolivie, Evo Morales, le président Nicolas Maduro du Venezuela et le chancelier Ricardo Patino d'Équateur. Le président Maduro a dit : « ... maintenant nous sommes plus optimistes que plus tôt que tard, nous pourrons voir régner la paix en Colombie. » Dans un communiqué publié par les Nations unies, le secrétaire général, Ban Ki-mon dit qu'il s'agit d'une « réussite significative » .

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Communiqué conjoint

Les délégués du gouvernement et ceux des FARC-EP, informent que :

Nous sommes arrivés à un accord sur le premier point de l'agenda contenu dans « L'accord général pour la fin du conflit et la construction d'une paix stable et durable ».

Nous sommes d'accord pour l'intituler « Vers une nouvelle campagne colombienne : Réforme rurale intégrale ».

Lors du prochain cycle de conversations, nous présenterons le premier rapport périodique de la Table.

Nous avons construit des accords sur les thèmes suivants :

- l'accès et l'usage de la terre, les terres improductives, une officialisation de la propriété, une frontière agricole et une protection des zones de réserve

- des programmes de développement qui mettent l'accent sur l'aspect territorial

- l'infrastructure et l'adéquation des terres

- le développement social : en santé, en éducation, pour le logement et l'éradication de la pauvreté

- la stimulation de la production agricole et l'économie solidaire et coopérative, l'assistance technique, les allocations et crédits, la génération de revenus, la commercialisation et la reconnaissance du travail

- une politique alimentaire et nutritionnelle.

Ce que nous avons convenu dans cet accord sera le début de transformations radicales de la réalité rurale et agraire de Colombie, avec équité et démocratie. Il est centré sur les gens, le petit producteur, l'accès et la distribution des terres, la lutte contre la pauvreté, la stimulation de la production agricole et la réactivation de l'économie rurale.

Il vise à ce que le plus grand nombre possible d'habitants de la campagne sans terres ou avec une quantité de terres insuffisantes, puissent accéder à celles-ci via la création d'un Fonds des terres pour la paix.

Le Gouvernement national formalisera progressivement, avec fixation à l'ordonnance constitutionnelle et légale, tous les domaines qu'occupent ou possèdent les paysans en Colombie.

Sont créés des mécanismes pour résoudre des conflits d'utilisation et une juridiction agraire pour la protection des droits de propriété avec prévalence du bien commun.

Il est accompagné de plans d'habitation, d'eau potable, d'assistance technique, de formation, d'éducation, pour une adéquation de terres, d'infrastructure et pour la récupération des sols.

L'accord cherche à renverser les effets du conflit et que soient restituées les victimes de la dépossession et du déplacement forcé.

Il inclut la formation et l'actualisation de l'information rurale pour l'actualisation du cadastre respectif, en cherchant une sécurité juridique et une meilleure et plus efficace information.

Pensant aux générations de Colombiens à venir, l'accord délimite la frontière agricole, protégeant les aires environnementales d'intérêts spéciales.

Éradiquer la faim à travers un système d'alimentation et de nutrition dans le but de créer une campagne avec protection sociale.

Ce qui est convenu jusqu'à maintenant fait partie d'un accord plus large, lequel contient six points, et que nous espérons établir dans les prochains mois.

À partir du prochain cycle de négociations qui débutera le 1er juin, nous commencerons à finaliser la discussion du deuxième point de l'agenda contenu dans « l'Accord général » de La Havane, appelé : Participation politique.

Un des principes qui guident ces négociations est que « rien n'est convenu jusqu'à ce que le tout soit convenu ». Cela signifie que les accords que nous avons construits sont conditionnels à ce que nous arrivons à un accord sur l'ensemble de l'agenda et aussi qu'à mesure qu'avance la discussion il soit possible d'ajuster et de compléter les accords sur chacun des points secondaires.

Nous voulons préciser que durant ces six mois de négociations nous n'avons pas seulement discuté le thème agraire. Dans ce laps de temps nous avons donné vie au processus de négociations, établi la manière de travailler en plénière, en commissions ou séparément et mis en marche des mécanismes distincts de participation et de consultation citoyenne pour recevoir propositions et opinions de citoyens et organisations sociales. Ces mécanismes et procédés de travail et de participation sont actuellement en marche, et nous espérons que dans le futur nous avancerons avec meilleure célérité dans la recherche d'accords.

Nous soulignons l'apport de l'Office des Nations unies en Colombie et le Centre de pensée pour la paix de l'Université nationale dans l'organisation des forums qui ont été réalisés à Bogota sur les sujets agraires et de la participation politique. Nous incluons également les apports des tables régionales organisées par les Commissions de paix du Sénat et la Chambre de représentants de Colombie.

Nous remercions les milliers de Colombiennes et Colombiens et les organisations sociales qui, à travers les forums, la page web ou les formulaires qui sont disponibles dans les mairies et offices gouvernementales, nous ont fait parvenir leurs opinions et propositions sur les points de l'agenda. Toutes et chacune de ces propositions ont été reçues par les délégations à La Havane. À la table de négociation, elles sont prises en compte et une procédure a été mise en place pour les recevoir dans l'ordre, les classifier et les avoir disponibles sur un médium électronique.

Nous désirons remercier de manière spéciale Cuba et la Norvège, pays garants de ce processus, pour leur appui permanent et pour l'atmosphère de confiance qu'ils favorisent. La présence de leurs représentants à la Table de négociation est un facteur fondamental pour le développement de cette dernière. Nous remercions également le Chili et le Venezuela, pays accompagnateurs, à qui les délégations informent de manière périodique de l'état de la marche des négociations.

Ces quatre pays forment un groupe de nations amies du processus que nous apprécions de manière spéciale ; de même nous remercions les expressions d'appuis d'autres nations, organismes et dirigeants internationaux qui fortifient la confiance dans le chemin que nous parcourons.

(Traduit de l'espagnol par LML)

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Paraguay

Importante avancée des forces progressistes
malgré le retour au pouvoir du Parti Colorado

Selon les données officielles annoncées par le Tribunal supérieur de la justice électorale du Paraguay le 10 mai dernier, les forces progressistes réunies dans le parti du Frente Guazu (FG) et dirigé par l'ex-président Fernando Lugo, forment, au terme des élections générales du 21 avril, la troisième force politique du pays. Le candidat à la présidence du FG, Anibal Carrillo, récolte 5,88 % des votes, alors qu'au Sénat, le parti récolte près de 10 % des votes permettant ainsi l'élection de 5 sénateurs dont l'ex-président Fernando Lugo. Le FG a également fait élire un représentant au parlement sud-américain.

Commentant les résultats électoraux du front de gauche, Fernando Lugo a mentionné que « le Frente Guazu est là pour rester, il représente la troisième force politique, dans certains départements la deuxième et dans quelques districts la première ». « Il n'y a pas de doute que la composition massive est dans les secteurs populaires, les mouvements sociaux et paysans et cela donne un caractère particulier au front de gauche, celui de réunir différentes forces politiques distinctes du style du Frente Amplio uruguayen. » Parlant de l'agenda politique du FG au Sénat, Lugo a mentionné que dans l'immédiat, l'agenda parlementaire du Frente Guazu sera axé sur les projets de loi qui supportent les moins favorisés du pays : « les soins médicaux, le droit aux citoyens d'être soignés de la meilleure manière possible, la Loi des ressources naturelles et le droit à l'eau, garantir l'utilisation et l'accès à l'eau potable à toute la population », sont quelques-uns des items soulevés par le nouveau sénateur.

La présidence a été remportée par le candidat du parti Colorado, Horacio Cartes, qui a obtenu 35,76 % des votes, suivi par le parti Libéral Radical (parti putchiste dont le parti Colorado fut l'allié pour la destitution du président Lugo) avec 24,36 %. Le parti Colorado qui a gouverné sans interruption pendant 60 ans et qui fut chassé du pouvoir en 2008 revient donc au pouvoir mais avec un gouvernement minoritaire. En effet, des 45 sénateurs élus, le parti Colorado en compte 19, le parti Libéral Radical 12, le Frente Guazu 5, le parti Avanza Pais 2, le Parti Democratico Progresista 3, le Parti Encuentro Nacional 1, le parti Unace 2 et le parti Patria Querida 1. De par son pourcentage de vote obtenu, le Frente Guazu obtient le droit d'avoir un représentant à la présidence du Sénat.

Un total de 68,57 % des 3 516 275 électeurs inscrits se sont prévalus de leur droit de vote. La bonne marche des élections a été saluée par la délégation d'observateurs de l'Union européenne et par celle de l'UNASUR qui ont toutes deux félicité le peuple paraguayen pour sa grande participation au scrutin et Cartes pour son élection à titre de président. D'ailleurs ce dernier, encouragé par les messages de félicitations reçus de la présidente d'Argentine Cristina Fernàndez, la présidente du Brésil Dilma Rousseff, le président d'Uruguay José Mujica et le président du Venezuela Nicolàs Maduro, a mentionné que la réintégration de son pays au Mercosur et à l'UNASUR était sa priorité. Faisant référence à sa conversation téléphonique avec le président Maduro du Venezuela, il a précisé : « Nous n'avons pas de problème avec ce pays, le président Maduro m'a téléphoné avec la meilleure intention et m'a fait savoir son intérêt pour que tout puisse se régler ». Faisant clairement référence au gouvernement sortant, il a poursuivi : « Et j'espère que le Paraguay fasse le moins de bruit possible mais obtienne des résultats. »

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